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Accusé de corruption, le Premier ministre mongol perd un vote de confiance et démissionne

Le Premier ministre mongol Luvsannamsrain Oyun-Erdene a démissionné mardi, prenant acte d’une motion de censure approuvée par les députés mongols, après des semaines de manifestations dans la capitale contre la corruption présumée du dirigeant.”Ce fut un honneur de servir mon pays et mon peuple dans des périodes difficiles, (avec) notamment des pandémies, des guerres et des droits de douane”, a déclaré M. Oyun-Erdene après l’annonce du résultat du vote, en faisant référence à la pandémieCet ex-avocat de 44 ans restera Premier ministre intérimaire jusqu’à ce que son successeur soit nommé dans les 30 jours, indique un communiqué du Parlement.Lors de ce vote à bulletin secret, le dirigeant mongol n’a obtenu le soutien que de 44 députés, tandis que 38 ont voté contre lui. Il lui fallait une majorité de 64 voix pour l’emporter.La Mongolie, vaste pays de 3,4 millions d’habitants enclavé entre la Chine et la Russie, dispose de ressources naturelles abondantes mais est confrontée depuis des décennies à une corruption endémique qui gangrène ses institutions.Une partie de la population estime que les richesses issues de l’exploitation minière, notamment du charbon, sont accaparées par une élite politique et économique restreinte.Ces tensions ont ressurgi le mois dernier après des révélations sur les dépenses exubérantes du fils du Premier ministre, qui ont déclenché des manifestations dans la capitale, Oulan-Bator.Dans une déclaration à l’AFP, le bureau du Premier ministre avait affirmé en mai qu’il niait “avec véhémence” les allégations d’irrégularités, les qualifiant de “diffamation”.Sous la direction de M. Oyun-Erdene, au pouvoir depuis 2021, la Mongolie a dégringolé dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International.- Pression de la rue -La démission du Premier ministre mongol survient après plusieurs semaines de manifestations à Oulan-Bator qui réclamaient son départ.La veille du vote de confiance, des centaines de jeunes manifestants se sont réunis sur le parvis du Parlement en brandissant des pancartes clamant “Il est facile de démissionner”.”La raison pour laquelle je suis venu est que je souhaite une vie différente, une société différente”, a déclaré lundi à l’AFP Yroolt, un créateur de contenu âgé de 30 ans, n’acceptant de dévoiler que son prénom.”Nous savons tous que l’injustice est profondément ancrée dans notre société, mais il est temps que cela change”, a-t-il estimé.Ces soupçons de corruption font plus largement écho aux inquiétudes de la jeunesse quant à leurs perspectives économiques et à la hausse du coût de la vie.Le démission de M. Oyun-Erdene plonge le pays dans une grande incertitude.La Mongolie est dirigée depuis le scrutin de l’an dernier par un gouvernement de coalition à trois partis, mis en place après que le Parti du peuple mongol de Luvsannamsrain Oyun-Erdene a perdu une part importante de sa majorité.Mais le mois dernier, le PPM a exclu de la coalition la deuxième force politique, le Parti démocrate, après que certains de ses jeunes députés ont soutenu les appels à la démission du Premier ministre.Ce revirement avait accentué des divisions politiques déjà profondes.

Russes et Ukrainiens vont échanger tous leurs prisonniers jeunes ou blessés

Russes et Ukrainiens sont convenus lundi, à l’issue de nouveaux pourparlers à Istanbul, d’échanger tous leurs prisonniers de guerre de moins de 25 ans ou grièvement blessés, ainsi que des milliers de corps de soldats tués, sans parvenir à s’accorder sur un cessez-le-feu.Ces discussions sous médiation turque n’ont duré qu’une heure au palais Ciragan d’Istanbul, mais l’Ukraine a proposé une nouvelle rencontre à la Russie “entre le 20 et le 30 juin”, a précisé le négociateur en chef ukrainien, le ministre de la Défense Roustem Oumerov.Lundi soir, le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau proposé de réunir en sommet les présidents russe, ukrainien et américain, “à Istanbul ou Ankara”. Aucun représentant américain n’a participé aux discussions de lundi, a indiqué un porte-parole du département d’Etat. Mais le président Donald Trump reste “prêt” à se rendre en Turquie, selon Karoline Leavitt, sa porte-parole.Cette deuxième session de négociations directes entre Kiev et Moscou intervenait au lendemain d’une attaque ukrainienne de drones d’une ampleur inédite contre l’aviation militaire russe, et l’explosion de deux ponts en Russie, qui ont provoqué des accidents de trains, dont l’un a fait sept morts.Résultat des pourparlers: les deux belligérants sont convenus “d’échanger tous les prisonniers de guerre grièvement blessés et gravement malades”, ainsi que “les jeunes soldats âgés de 18 à 25 ans”, a-t-il ajouté.M. Oumerov a aussi indiqué que Moscou et Kiev échangeraient “6.000 contre 6.000” corps de soldats tués au combat, ce qui a été confirmé par le négociateur russe Vladimir Medinski, qui a cependant dit ne pas savoir combien de dépouilles détenaient les Ukrainiens.La Russie a en revanche une nouvelle fois rejeté la proposition d’un cessez-le-feu inconditionnel, selon Kiev. Moscou estime qu’une telle initiative permettrait à l’Ukraine de se réarmer grâce aux livraisons d’armes occidentales avant de nouvelles hostilités.- “Avoir du répit” -M. Medinski a toutefois indiqué avoir proposé à l’Ukraine un cessez-le-feu partiel de “deux-trois jours” sur certaines portions du front.Une proposition critiquée par Volodymyr Zelensky sur X, soulignant que “tout l’objectif d’un cessez-le-feu, c’est de faire en sorte que les gens cessent de mourir en premier lieu”. “Pour eux, il s’agit juste d’une courte pause dans la guerre”, a-t-il déploré.La délégation russe a par ailleurs remis aux Ukrainiens un mémorandum sur “les moyens d’instaurer une paix durable” et “les mesures à prendre pour parvenir à un cessez-le-feu complet”, a précisé le négociateur russe.Selon ce mémorandum, publié par les agences de presse russes, Moscou demande à Kiev de retirer ses troupes des quatre régions d’Ukraine dont la Russie revendique l’annexion avant tout cessez-le-feu global.Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a salué sur X une “atmosphère constructive” pendant la réunion d’Istanbul. Les parties vont “commencer à travailler au niveau technique sur ces textes dans les prochains jours”, a-t-il ajouté.Enfin, l’Ukraine a indiqué avoir transmis à Moscou une liste de centaines d’enfants ukrainiens qui, selon Kiev, ont été “déportés” par la Russie et dont elle exige le rapatriement.Une première séance de pourparlers en Turquie le 16 mai avait déjà mené à un échange de prisonniers de 1.000 personnes dans chaque camp, sans aboutir à un cessez-le-feu.Près du front dans l’est de l’Ukraine, à Dobropillia, les habitants interrogés par l’AFP avaient confié n’avoir aucun espoir que les négociations d’Istanbul aboutissent à la paix.Volodymyr, 53 ans, n’aurait de toute façon nulle part où aller, son village situé près de Tchassiv Iar – une ville au cœur des combats depuis des mois – ayant été “réduit en cendres”.A Kramatorsk, la grande ville de la région, un militaire ukrainien pense aussi que la guerre “va continuer encore et encore”.”Ce serait formidable s’ils pouvaient se mettre d’accord pour arrêter, pour avoir une sorte de répit, afin que nous puissions récupérer nos gars, ceux qui sont morts, et que les gars cessent de mourir”, ajoute ce soldat, sous couvert d’anonymat lui aussi.- Positions inconciliables -Ces pourparlers interviennent au lendemain d’une attaque inédite contre quatre aérodromes militaires russes, lors de laquelle les Ukrainiens ont lancé des drones explosifs introduits clandestinement en Russie, détruisant ou endommageant de nombreux avions, y compris à des milliers de kilomètres du front.Dans certains secteurs du front en revanche, Kiev est à la peine, les troupes de Moscou ayant progressé ces derniers jours, notamment dans la région ukrainienne de Soumy (nord).Les deux parties sont très loin d’un accord, que ce soit une trêve ou un règlement à plus long terme.Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a martelé lundi que Vladimir Poutine ne devait “rien obtenir” de son invasion. Il souhaite également une rencontre directe avec son homologue russe, perspective que le Kremlin a repoussée plusieurs fois.”Nous attendons avec impatience des mesures fortes de la part des Etats-Unis”, a par ailleurs réagi sur X le chef de l’Etat ukrainien. Il avait exhorté la semaine dernière Washington à imposer de nouvelles sanctions contre Moscou.La Russie insiste de son côté pour régler les “causes profondes” du conflit. Elle exige notamment que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan.Ces conditions sont inacceptables pour Kiev, qui veut un retrait pur et simple des troupes russes de son territoire, ainsi que des garanties de sécurité concrètes, appuyées par les Occidentaux, comme la protection de l’Otan ou la présence de troupes occidentales sur le terrain, ce que Moscou exclut.

Russes et Ukrainiens vont échanger tous leurs prisonniers jeunes ou blessés

Russes et Ukrainiens sont convenus lundi, à l’issue de nouveaux pourparlers à Istanbul, d’échanger tous leurs prisonniers de guerre de moins de 25 ans ou grièvement blessés, ainsi que des milliers de corps de soldats tués, sans parvenir à s’accorder sur un cessez-le-feu.Ces discussions sous médiation turque n’ont duré qu’une heure au palais Ciragan d’Istanbul, mais l’Ukraine a proposé une nouvelle rencontre à la Russie “entre le 20 et le 30 juin”, a précisé le négociateur en chef ukrainien, le ministre de la Défense Roustem Oumerov.Lundi soir, le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau proposé de réunir en sommet les présidents russe, ukrainien et américain, “à Istanbul ou Ankara”. Aucun représentant américain n’a participé aux discussions de lundi, a indiqué un porte-parole du département d’Etat. Mais le président Donald Trump reste “prêt” à se rendre en Turquie, selon Karoline Leavitt, sa porte-parole.Cette deuxième session de négociations directes entre Kiev et Moscou intervenait au lendemain d’une attaque ukrainienne de drones d’une ampleur inédite contre l’aviation militaire russe, et l’explosion de deux ponts en Russie, qui ont provoqué des accidents de trains, dont l’un a fait sept morts.Résultat des pourparlers: les deux belligérants sont convenus “d’échanger tous les prisonniers de guerre grièvement blessés et gravement malades”, ainsi que “les jeunes soldats âgés de 18 à 25 ans”, a-t-il ajouté.M. Oumerov a aussi indiqué que Moscou et Kiev échangeraient “6.000 contre 6.000” corps de soldats tués au combat, ce qui a été confirmé par le négociateur russe Vladimir Medinski, qui a cependant dit ne pas savoir combien de dépouilles détenaient les Ukrainiens.La Russie a en revanche une nouvelle fois rejeté la proposition d’un cessez-le-feu inconditionnel, selon Kiev. Moscou estime qu’une telle initiative permettrait à l’Ukraine de se réarmer grâce aux livraisons d’armes occidentales avant de nouvelles hostilités.- “Avoir du répit” -M. Medinski a toutefois indiqué avoir proposé à l’Ukraine un cessez-le-feu partiel de “deux-trois jours” sur certaines portions du front.Une proposition critiquée par Volodymyr Zelensky sur X, soulignant que “tout l’objectif d’un cessez-le-feu, c’est de faire en sorte que les gens cessent de mourir en premier lieu”. “Pour eux, il s’agit juste d’une courte pause dans la guerre”, a-t-il déploré.La délégation russe a par ailleurs remis aux Ukrainiens un mémorandum sur “les moyens d’instaurer une paix durable” et “les mesures à prendre pour parvenir à un cessez-le-feu complet”, a précisé le négociateur russe.Selon ce mémorandum, publié par les agences de presse russes, Moscou demande à Kiev de retirer ses troupes des quatre régions d’Ukraine dont la Russie revendique l’annexion avant tout cessez-le-feu global.Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a salué sur X une “atmosphère constructive” pendant la réunion d’Istanbul. Les parties vont “commencer à travailler au niveau technique sur ces textes dans les prochains jours”, a-t-il ajouté.Enfin, l’Ukraine a indiqué avoir transmis à Moscou une liste de centaines d’enfants ukrainiens qui, selon Kiev, ont été “déportés” par la Russie et dont elle exige le rapatriement.Une première séance de pourparlers en Turquie le 16 mai avait déjà mené à un échange de prisonniers de 1.000 personnes dans chaque camp, sans aboutir à un cessez-le-feu.Près du front dans l’est de l’Ukraine, à Dobropillia, les habitants interrogés par l’AFP avaient confié n’avoir aucun espoir que les négociations d’Istanbul aboutissent à la paix.Volodymyr, 53 ans, n’aurait de toute façon nulle part où aller, son village situé près de Tchassiv Iar – une ville au cœur des combats depuis des mois – ayant été “réduit en cendres”.A Kramatorsk, la grande ville de la région, un militaire ukrainien pense aussi que la guerre “va continuer encore et encore”.”Ce serait formidable s’ils pouvaient se mettre d’accord pour arrêter, pour avoir une sorte de répit, afin que nous puissions récupérer nos gars, ceux qui sont morts, et que les gars cessent de mourir”, ajoute ce soldat, sous couvert d’anonymat lui aussi.- Positions inconciliables -Ces pourparlers interviennent au lendemain d’une attaque inédite contre quatre aérodromes militaires russes, lors de laquelle les Ukrainiens ont lancé des drones explosifs introduits clandestinement en Russie, détruisant ou endommageant de nombreux avions, y compris à des milliers de kilomètres du front.Dans certains secteurs du front en revanche, Kiev est à la peine, les troupes de Moscou ayant progressé ces derniers jours, notamment dans la région ukrainienne de Soumy (nord).Les deux parties sont très loin d’un accord, que ce soit une trêve ou un règlement à plus long terme.Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a martelé lundi que Vladimir Poutine ne devait “rien obtenir” de son invasion. Il souhaite également une rencontre directe avec son homologue russe, perspective que le Kremlin a repoussée plusieurs fois.”Nous attendons avec impatience des mesures fortes de la part des Etats-Unis”, a par ailleurs réagi sur X le chef de l’Etat ukrainien. Il avait exhorté la semaine dernière Washington à imposer de nouvelles sanctions contre Moscou.La Russie insiste de son côté pour régler les “causes profondes” du conflit. Elle exige notamment que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan.Ces conditions sont inacceptables pour Kiev, qui veut un retrait pur et simple des troupes russes de son territoire, ainsi que des garanties de sécurité concrètes, appuyées par les Occidentaux, comme la protection de l’Otan ou la présence de troupes occidentales sur le terrain, ce que Moscou exclut.

Nucléaire: Trump ne veut “aucun enrichissement d’uranium”, Téhéran exclut d’en être privé

Donald Trump s’est opposé lundi à tout “enrichissement d’uranium” dans le cadre d’un éventuel accord sur le nucléaire iranien, après que Téhéran a exclu de se voir privé de ses “activités pacifiques”, les négociations entre les deux pays butant sur ce point clé.”Nous n’autoriserons aucun enrichissement d’uranium dans le cadre d’un potentiel accord” avec l’Iran, a assuré Donald Trump sur son réseau Truth Social. Le message du président américain arrive après que le site Axios a révélé que la dernière proposition faite par les Américains, samedi, permettait aux Iraniens de procéder à un enrichissement d’uranium limité, ce que le gouvernement américain a toujours exclu jusqu’ici.L’Iran avait indiqué avoir reçu des “éléments” d’une proposition américaine pour un nouvel accord sur son programme nucléaire à l’issue de cinq cycles de négociations menés sous la médiation d’Oman. “Si l’objectif des négociations est de garantir que l’Iran ne cherche pas à se doter de l’arme nucléaire, alors un accord me semble possible”, a affirmé lundi le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.Mais si “le but est de priver l’Iran de ses activités pacifiques, alors il n’y aura certainement aucun accord”, a-t-il insisté au Caire, avant une réunion tripartite avec son homologue égyptien Badr Abelatty et le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi. Ce dernier a de son côté appelé l’Iran à “plus de transparence”. En vue d’un éventuel accord, Téhéran veut “des garanties que les sanctions soient bien levées”, a par ailleurs déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï. “Jusqu’à présent, la partie américaine n’a pas voulu clarifier cette question”. – “Rien à cacher” -Selon le New York Times, la proposition américaine prône la création d’un groupe régional pour produire de l’énergie nucléaire au bénéfice de l’Iran. Un projet “acceptable” et dans le “meilleur intérêt” des Iraniens, a estimé la Maison Blanche, citée samedi par les médias américains.Les pays occidentaux et Israël, ennemi juré de l’Iran et considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. L’Iran nie avoir de telles ambitions militaires mais insiste sur son droit au nucléaire civil notamment pour l’énergie, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.Après la divulgation samedi d’un rapport de l’AIEA montrant que l’Iran a intensifié sa production d’uranium enrichi à 60% – un niveau proche des 90% nécessaires à la fabrication d’armes atomiques – Abbas Araghchi a aussi affirmé au Caire que son pays n’avait “rien à cacher” sur son “programme nucléaire pacifique”. “Il faut plus de transparence – c’est très, très clair – en Iran, et rien ne nous apportera cette confiance (à part) des explications complètes d’un certain nombre d’activités”, venait d’affirmer Rafael Grossi. Il a défendu le rapport “impartial” de son agence, dont l’Iran avait rejeté les conclusions, les qualifiant de “politiques” et fondées sur des informations “non fiables et trompeuses”.- “Guerre régionale” -L’AIEA doit tenir du 9 au 13 juin à Vienne, en Autriche, un Conseil des gouverneurs, une importante réunion trimestrielle durant laquelle seront notamment passées en revue les activités nucléaires de l’Iran.Dénonçant des “pressions exercées sur l’Agence par certains pays européens”, Abbas Araghchi les avait menacés dimanche d'”une réponse proportionnée de la part de l’Iran”, s’ils voulaient “exploiter davantage ce rapport politique”. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont avec la Russie et la Chine membres de l’accord pour encadrer le programme nucléaire iranien conclu avec la République islamique en 2015. Les Etats-Unis s’en sont retirés unilatéralement trois ans plus tard durant le premier mandat de Donald Trump.Abbas Araghchi et Rafael Grossi ont tous deux rencontré lundi le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui, selon son porte-parole, a appelé à la “désescalade” pour éviter “une guerre régionale généralisée”.”La région en a assez des crises et des défis sécuritaires”, a aussi mis en avant le chef de la diplomatie égyptienne, alors que le président Donald Trump a à plusieurs reprises menacé l’Iran d’un recours à l’option militaire en cas d’échec des pourparlers sur ce dossier. 

“Fast fashion”: le Sénat resserre une loi pour freiner la mode “ultra éphémère”

Pénalités pour les entreprises polluantes, publicité interdite… Une proposition de loi pour freiner la “fast fashion” a été recentrée lundi au Sénat sur la mode “ultra express”, avec dans le viseur des sénateurs le géant Shein et ses vêtements expédiés à prix cassés depuis la Chine.Peu coûteux, de piètre qualité, faciles à commander, souvent très polluants et constamment renouvelés, ces produits textiles qui saturent le marché et concurrencent les acteurs historiques de cette industrie verront-ils leur afflux en France bientôt régulé ?C’est tout l’objet du texte de la députée Horizons Anne-Cécile Violland, une proposition de loi pour “réduire l’impact environnemental de l’industrie textile”. Adoptée en mars 2024 à l’Assemblée nationale, elle a enfin repris son parcours législatif avec son examen au Sénat lundi soir. Un vote solennel des sénateurs est prévu le mardi 10 juin sur l’ensemble du texte.Le phénomène inquiète. Entre 2010 et 2023, les vêtements mis sur le marché en France sont passés de 2,3 milliards à 3,2 milliards; plus de 48 vêtements par habitant sont mis sur le marché chaque année en France et 35 sont jetés chaque seconde dans le pays, selon l’Ademe, l’agence de l’environnement.Dénonçant une “invasion” de la mode “ultra éphémère”, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a promis à l’ouverture des débats de s’attaquer à un “triple fléau”: “l’incitation à la surconsommation, le désastre écologique et la menace pour nos entreprises”.Face à cette “vague irrésistible” de produits “qui ne durent pas”, la ministre a espéré que cette loi fera “bouger les lignes” ailleurs en Europe. Elle a promis que ce texte sera notifié à Bruxelles pour en sécuriser les contours avant son adoption définitive.- Viser “l’ultra express” -Les sénateurs, dominés par une alliance droite-centristes, ont apporté plusieurs modifications substantielles au texte, en le recentrant sur la mode “ultra éphémère” surtout symbolisée par les plateformes asiatiques Shein ou Temu et leurs centaines de milliers de références.Plus précisément, c’est la notion de “mode ultra express” qui a été retenue par la chambre haute dans le texte, là où l’Assemblée avait opté pour une définition large englobant de plus nombreux acteurs du secteur.Les entreprises concernées par cette définition auront des obligations, comme celle de sensibiliser les consommateurs à “l’impact environnemental” de leurs vêtements. Avec ces diverses modifications, le Sénat espère épargner les entreprises européennes ou françaises qui auraient pu être concernées par le texte voté à l’Assemblée, comme Kiabi, Zara ou H&M. “Je ne souhaite pas faire payer un euro aux entreprises qui disposent d’enseignes en France et qui contribuent ainsi à la vitalité économique de nos territoires”, a martelé la rapporteure Les Républicains Sylvie Valente Le Hir.La proposition de loi prévoit également des sanctions renforcées pour les acteurs de la “fast fashion” à travers un système de “bonus-malus” tenant compte de “l’affichage environnemental” des entreprises, une sorte “d’écoscore”. Malgré les réticences de la droite sénatoriale, ce dispositif touchera tous les acteurs de la “fast fashion”, et non seulement les géants asiatiques, selon la ministre Pannier-Runacher.Le montant des pénalités pour les mauvais élèves sera arrêté dans un “cahier des charges” ministériel, mais il a été encadré dans la loi: il sera au minimum de 5 euros par produit en 2025 et d’au moins 10 euros en 2030, dans la limite de 50% du prix hors taxe du produit.- Publicité interdite -Sur RTL, le porte-parole de Shein Quentin Ruffat a estimé lundi que l’encadrement de l’industrie textile ne fonctionnera “que si cette action est collective”, et pas “en visant un seul acteur”. Il a fustigé une loi qui ajoutera selon lui “une taxe de 10 euros par vêtement vendu d’ici 2030” et va “impacter le pouvoir d’achat” des Français.Ce recentrage du texte avait inquiété ces derniers jours les associations environnementales, qui ont regretté un “détricotage” du texte. Le sénateur écologiste Jacques Fernique a lui aussi craint de voir les débats accoucher d’une “coquille certes intéressante, mais un peu vide”.L’Union des industries textiles (UIT) a de son côté salué lundi “un premier pas”, appelant à ce que cette loi soit “adoptée rapidement”, “même si le texte n’est pas totalement conforme à nos attentes”.Les associations ont néanmoins pu se satisfaire d’une bonne surprise dans la soirée: alors que le Sénat avait supprimé en commission l’interdiction de la publicité pour les entreprises de la mode “ultra éphémère”, celle-ci a été rétablie à l’initiative du gouvernement, assortie d’un volet de sanctions dédié aux influenceurs.

Mali: attaques jihadistes présumées contre l’armée dimanche et lundi, lourd bilan

Deux importantes attaques jihadistes présumées contre l’armée malienne en deux jours: un assaut coordonné a visé lundi un camp à Tombouctou ainsi que l’aéroport, au lendemain d’un raid sanglant qui a coûté la vie à au moins 30 soldats dans le centre du pays, selon plusieurs sources sécuritaires et locales. Dans un communiqué lundi soir, l’état-major malien a indiqué avoir “successivement déjoué une tentative d’infiltration des combattants terroristes au camp (…) et à l’aéroport de Tombouctou”, principale ville du nord que les jihadistes avaient occupée pendant plusieurs mois en 2012.L’attaque a été lancée lundi vers 10H00 (locales et GMT).Lundi soir, l’armée a annoncé avoir “neutralisé” 14 assaillants, sans préciser s’il y avait d’autres victimes.”Les terroristes ont été vite mis en déroute par la promptitude de la réaction des hommes”, affirme l’armée, ajoutant que “31 présumés terroristes” ont été “interpellés”.Le camp militaire a subi une “tentative d’infiltration” et des obus ont été lancés sur l’aéroport situé à deux kilomètres de la ville, avait précisé plus tôt le gouvernorat de Tombouctou, en affirmant par ailleurs sur Facebook que la situation était “sous contrôle”.Des tirs nourris ont été entendus dans la ville, selon l’armée, des responsables locaux et des habitants joints par l’AFP.Aucune indication sur d’éventuelles victimes militaires ou civiles n’était disponible dans l’immédiat.Une source sécuritaire avait affirmé dans l’après-midi à l’AFP que les opérations dans le camp étaient “déjà terminées” et que les assaillants étaient “partout dans la ville”.A l’aéroport, “ils n’ont pas fait d’incursion” car “les Russes sont là-bas”, “mais ils ont lancé des obus”, avait poursuivi cette même source.Selon un élu local, “les terroristes sont arrivés” lundi à Tombouctou “avec un véhicule bourré d’explosifs”, qui “a explosé vers le camp” militaire.Le Mali est en proie depuis 2012 aux violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique (EI), et de gangs communautaires. En 2012, Tombouctou avait vécu plusieurs mois sous le joug des jihadistes.”Ce matin, notre ville a été attaquée par des groupes terroristes. Des tirs ont été entendus au niveau du camp militaire et de l’aéroport”, avait décrit un journaliste local joint au téléphone.- Au moins 30 soldats tués à Boulkessi -Lorsqu’ils avaient occupé Tombouctou en 2012, les jihadistes avaient causé l’émoi par leurs exactions et la destruction d’une partie des mausolées de cette ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle avait été reprise sans combat fin janvier 2013 à la faveur de l’opération militaire française Serval pour enrayer la progression des jihadistes au Mali.En septembre dernier, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ont revendiqué une attaque d’une rare ampleur qui avait frappé à la fois une caserne de gendarmerie et un aéroport militaire dans la capitale Bamako, plutôt épargnée ces dernières années par les opérations d’envergure.L’attaque de Tombouctou est intervenue au lendemain d’un autre assaut d’ampleur contre l’un des principaux camps de l’armée dans le centre du pays, celui de Boulkessi, et dans lequel au moins 30 soldats maliens ont péri, ont indiqué lundi à l’AFP des sources sécuritaires et un élu local, qui ont dit craindre un bilan plus lourd.”Nos unités sur le terrain rapportent la mort de 30 personnes côté amis (…) Nos hommes se sont battus jusqu’au bout (…)”, a déclaré à l’AFP une source sécuritaire à Bamako, ajoutant que d’autres soldats étaient “portés disparus” depuis l’attaque. Un élu local, sous couvert d’anonymat, a lui fait état “d’au moins 60 militaires tués”. Une seconde source sécuritaire malienne interrogée par l’AFP a fait état d'”une soixantaine de victimes” – morts, disparus et pris en otage – du côté des forces maliennes. L’armée malienne avait annoncé dimanche l’attaque du camp de Boulkessi, sans donner de bilan.”Les FAMA (forces armées maliennes, NDLR) ont vigoureusement réagi à cette attaque avant de se replier” et “beaucoup d’hommes se sont battus, certains jusqu’à leur dernier souffle”, a-t-elle ajouté, affirmant que “des opérations ont permis de détruire plusieurs terroristes regroupés dans des lieux de repli”. Les groupes jihadistes, et les forces armées maliennes associées au groupe paramilitaire russe Wagner, sont régulièrement accusés d’exactions au Mali par des observateurs internationaux. Depuis qu’ils ont pris le pouvoir lors de coups d’État en 2020 et 2021 au Mali, les militaires ont rompu la vieille alliance avec l’ancienne puissance coloniale française et se sont ensuite tournés vers la Russie.str-bdi-sd-mk-lp/cls

Mali: attaques jihadistes présumées contre l’armée dimanche et lundi, lourd bilan

Deux importantes attaques jihadistes présumées contre l’armée malienne en deux jours: un assaut coordonné a visé lundi un camp à Tombouctou ainsi que l’aéroport, au lendemain d’un raid sanglant qui a coûté la vie à au moins 30 soldats dans le centre du pays, selon plusieurs sources sécuritaires et locales. Dans un communiqué lundi soir, l’état-major …

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