AFP World

Municipales à Paris, Lyon, Marseille: désaveu en vue au Sénat pour la réforme du scrutin

Critiquée de toutes parts dans l’hémicycle du Sénat, la réforme du scrutin municipal pour Paris, Lyon et Marseille semble promise à un rejet massif mardi à la chambre haute, un contretemps majeur pour ses soutiens dont le gouvernement, à moins d’un an des élections.La droite y est hostile, l’immense majorité de la gauche aussi, et même le bloc central peine à y trouver son compte: la proposition de loi d’origine macroniste risque d’être très largement désavouée lors des débats, qui ont commencé dans l’après-midi au Palais du Luxembourg.Adoptée à l’Assemblée nationale début avril avec l’appui de l’exécutif, la réforme mettrait fin au mode de scrutin mis en place en 1982, en vertu duquel les électeurs à Paris, Lyon et Marseille votent dans chaque arrondissement pour une liste de conseillers, les élus du haut de la liste siégeant au conseil d’arrondissement et au conseil municipal.Elle prévoit à la place d’instaurer deux scrutins, l’un pour élire les conseillers d’arrondissement ou de secteur, l’autre pour élire ceux du conseil municipal, sur une circonscription unique. Le texte propose aussi d’abaisser à 25% la prime majoritaire pour la liste arrivée en tête, au lieu de 50%, comme c’est aujourd’hui le cas partout en France.Ces évolutions majeures sont justifiées par une formule très simple, argument-massue des soutiens du texte: “Un Parisien égale une voix, un Lyonnais égale une voix, un Marseillais égale une voix.”Devant les sénateurs, le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, a tenté de défendre un texte “important pour les communes et les habitants concernés”, appelant à franchir “un pas supplémentaire pour améliorer notre vitalité démocratique”.- LR et PS opposés -Derrière ces justifications se cachent également d’importants enjeux politiques, chaque parti ayant sorti la calculette pour essayer d’anticiper l’impact de la réforme sur son score aux municipales de mars 2026.Au Sénat, force est de constater que les calculs n’ont pas donné satisfaction. Le texte avait prospéré à l’Assemblée grâce à une majorité atypique composée du bloc central, des Insoumis et du Rassemblement national… Mais LFI ne compte aucun élu au Sénat, le RN seulement une poignée et le groupe macroniste une vingtaine.A la chambre haute, la balance semble au contraire pencher très largement pour un rejet, d’autant plus que le président du Sénat Gérard Larcher (Les Républicains) lui-même ne s’est pas privé pour dire tout le mal qu’il pensait de la démarche.”Est-ce bien sage de faire évoluer ainsi un mode de scrutin moins d’un an avant les élections municipales ?” a par ailleurs questionné Mathieu Darnaud, chef des sénateurs LR, première force de la Haute assemblée.Les socialistes, deuxième groupe du Sénat, ont la même vision, à l’exception de leurs élus marseillais. “C’est un texte mal écrit, qui mélange trois situations totalement différentes sur le plan juridique”, regrette leur chef de file Patrick Kanner.Les partisans du texte, rares au Sénat, ont eux aussi timidement tenté de faire entendre leur voix: “Ne pas voter cette proposition signifierait reporter le problème à plus tard”, s’est agacé le sénateur macroniste Bernard Buis, qui prône un “rééquilibrage démographique nécessaire et légitime”.- Texte en sursis -Le rejet probable du Sénat placerait le gouvernement dans une situation délicate sur ce texte. Convoquera-t-il une commission mixte paritaire (CMP), réunion de sept sénateurs et sept députés chargés de négocier pour aboutir à un texte commun ?”La logique serait de voir en CMP si un compromis est possible”, avance une source gouvernementale, refusant néanmoins de “se placer dans le cas de figure d’une issue défavorable” des débats dans l’hémicycle du Sénat.Si aucun accord n’émerge, l’exécutif peut également décider de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale… Mais il faudra l’assumer auprès de ses alliés. En effet, le Premier ministre François Bayrou avait assuré en février qu’il “n’imagin(ait) pas qu’un texte puisse être adopté sur ce sujet sans qu’il y ait accord de l’Assemblée nationale et du Sénat”.”Si le gouvernement veut aller au bout sur sa réforme, il va se fragiliser”, martèle auprès de l’AFP Lauriane Josende. “Je ne suis pas sûre que le jeu en vaille la chandelle”.

Wilders fait tomber la coalition aux Pays-Bas

Le dirigeant d’extrême droite néerlandais Geert Wilders a fait tomber la fragile coalition à la tête des Pays-Bas en retirant du gouvernement son parti PVV, sur fond de désaccord sur l’immigration, ouvrant la voie à des élections anticipées.M. Wilders estime que le gouvernement prenait trop de temps à mettre en place la “politique d’immigration la plus stricte jamais vue” aux Pays-Bas voulue par la coalition après la victoire surprise de son parti aux élections de novembre 2023.”Pas de signature pour notre plan sur l’asile… Le PVV quitte la coalition”, a écrit M. Wilders sur le réseau social X, en référence à son programme visant à durcir la politique envers les immigrés et les demandeurs d’asile.Ce retrait ouvre une période d’incertitude politique dans le pays, cinquième économie et important exportateur de l’Union européenne, alors que les partis d’extrême droite progressent sur tout le continent.Les Pays-Bas accueillent par ailleurs le prochain sommet de l’Otan dans seulement quelques semaines.Mardi matin, les négociations de dernière minute ont duré à peine une demi-heure avant que les dirigeants des quatre partis de la coalition ne sortent de la salle dans un état d’esprit tendu.”Je viens d’informer le premier ministre que je vais retirer les ministres du PVV du cabinet et que nous ne pouvons plus en assumer la responsabilité”, a déclaré Geert Wilders. “J’ai signé pour la politique d’asile la plus stricte, pas pour la chute des Pays-Bas, et notre responsabilité pour ce cabinet s’arrête donc à ce moment”, a-t-il ajouté.Dilan Yesilgoz, leader du parti libéral VVD, s’est dite “très énervée” et a qualifié la décision de M. Wilders de “super irresponsable”, ajoutant qu’elle craignait qu’elle n’ouvre la porte aux partis de gauche.”C’est scandaleux” de provoquer une crise politique en cette période d’instabilité dans le monde, s’est aussi emporté Caspar Veldkamp, ministre des Affaires étrangères (NSC, centre droit).Il s’exprimait avant un conseil des ministres organisé d’urgence pour discuter de la marche à suivre.La tenue de nouvelles élections est “probable” mais après les vacances d’été, observe Sarah de Lange, professeure de pluralisme politique à l’Université d’Amsterdam. “Les élections anticipées aux Pays-Bas ne sont pas aussi rapides que dans d’autres pays”, explique-t-elle à l’AFP.- Patience à son comble -Les sondages indiquent que la formation politique de M. Wilders, le Parti de la liberté (PVV), reste le plus fort.L’écart avec ses plus proches rivaux s’est toutefois réduit. Son parti est suivi de près par l’alliance entre les Verts et les sociaux-démocrates de l’ancien vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans.Le VVD, traditionnellement un acteur majeur de la politique néerlandaise, figure également dans le haut du classement. Toute élection serait donc probablement très disputée.Fin mai, M. Wilders a convoqué une conférence de presse impromptue pour annoncer que sa patience était “à bout” envers le gouvernement du Premier ministre Dick Schoof.M. Wilders a menacé de torpiller la coalition si un nouveau plan en dix points visant à limiter l’immigration n’était pas mis en œuvre dans les semaines à venir.Son plan prévoyait la fermeture des frontières aux demandeurs d’asile, le renforcement des contrôles aux frontières et l’expulsion des personnes ayant la double nationalité et reconnues coupables d’un crime.Des experts politiques et juridiques ont aussitôt qualifié ces plans d’impraticables ou d’illégaux, certains suggérant que M. Wilders créait une crise pour faire tomber le gouvernement.M. Wilders a souvent été surnommé le “Trump néerlandais” en raison de ses opinions anti-immigrés et de sa coiffure blond platine.Ses ambitions de diriger son pays ont été contrariées après sa victoire électorale, ses partenaires de coalition ayant bloqué sa candidature au poste de Premier ministre, choisissant M. Schoof comme candidat du compromis.Les dirigeants des quatre partenaires de coalition ont convenu de ne pas occuper de postes ministériels, préférant diriger leurs partis à la tête du Parlement.M. Wilders a souvent déclaré que la seule façon de mettre en œuvre sa politique anti-immigrés était de devenir Premier ministre.Cependant, dans un système politique néerlandais fracturé, aucun parti ne peut obtenir la majorité absolue au Parlement, qui compte 150 sièges, et M. Wilders a besoin de partenaires.

Wilders fait tomber la coalition aux Pays-Bas

Le dirigeant d’extrême droite néerlandais Geert Wilders a fait tomber la fragile coalition à la tête des Pays-Bas en retirant du gouvernement son parti PVV, sur fond de désaccord sur l’immigration, ouvrant la voie à des élections anticipées.M. Wilders estime que le gouvernement prenait trop de temps à mettre en place la “politique d’immigration la plus stricte jamais vue” aux Pays-Bas voulue par la coalition après la victoire surprise de son parti aux élections de novembre 2023.”Pas de signature pour notre plan sur l’asile… Le PVV quitte la coalition”, a écrit M. Wilders sur le réseau social X, en référence à son programme visant à durcir la politique envers les immigrés et les demandeurs d’asile.Ce retrait ouvre une période d’incertitude politique dans le pays, cinquième économie et important exportateur de l’Union européenne, alors que les partis d’extrême droite progressent sur tout le continent.Les Pays-Bas accueillent par ailleurs le prochain sommet de l’Otan dans seulement quelques semaines.Mardi matin, les négociations de dernière minute ont duré à peine une demi-heure avant que les dirigeants des quatre partis de la coalition ne sortent de la salle dans un état d’esprit tendu.”Je viens d’informer le premier ministre que je vais retirer les ministres du PVV du cabinet et que nous ne pouvons plus en assumer la responsabilité”, a déclaré Geert Wilders. “J’ai signé pour la politique d’asile la plus stricte, pas pour la chute des Pays-Bas, et notre responsabilité pour ce cabinet s’arrête donc à ce moment”, a-t-il ajouté.Dilan Yesilgoz, leader du parti libéral VVD, s’est dite “très énervée” et a qualifié la décision de M. Wilders de “super irresponsable”, ajoutant qu’elle craignait qu’elle n’ouvre la porte aux partis de gauche.”C’est scandaleux” de provoquer une crise politique en cette période d’instabilité dans le monde, s’est aussi emporté Caspar Veldkamp, ministre des Affaires étrangères (NSC, centre droit).Il s’exprimait avant un conseil des ministres organisé d’urgence pour discuter de la marche à suivre.La tenue de nouvelles élections est “probable” mais après les vacances d’été, observe Sarah de Lange, professeure de pluralisme politique à l’Université d’Amsterdam. “Les élections anticipées aux Pays-Bas ne sont pas aussi rapides que dans d’autres pays”, explique-t-elle à l’AFP.- Patience à son comble -Les sondages indiquent que la formation politique de M. Wilders, le Parti de la liberté (PVV), reste le plus fort.L’écart avec ses plus proches rivaux s’est toutefois réduit. Son parti est suivi de près par l’alliance entre les Verts et les sociaux-démocrates de l’ancien vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans.Le VVD, traditionnellement un acteur majeur de la politique néerlandaise, figure également dans le haut du classement. Toute élection serait donc probablement très disputée.Fin mai, M. Wilders a convoqué une conférence de presse impromptue pour annoncer que sa patience était “à bout” envers le gouvernement du Premier ministre Dick Schoof.M. Wilders a menacé de torpiller la coalition si un nouveau plan en dix points visant à limiter l’immigration n’était pas mis en œuvre dans les semaines à venir.Son plan prévoyait la fermeture des frontières aux demandeurs d’asile, le renforcement des contrôles aux frontières et l’expulsion des personnes ayant la double nationalité et reconnues coupables d’un crime.Des experts politiques et juridiques ont aussitôt qualifié ces plans d’impraticables ou d’illégaux, certains suggérant que M. Wilders créait une crise pour faire tomber le gouvernement.M. Wilders a souvent été surnommé le “Trump néerlandais” en raison de ses opinions anti-immigrés et de sa coiffure blond platine.Ses ambitions de diriger son pays ont été contrariées après sa victoire électorale, ses partenaires de coalition ayant bloqué sa candidature au poste de Premier ministre, choisissant M. Schoof comme candidat du compromis.Les dirigeants des quatre partenaires de coalition ont convenu de ne pas occuper de postes ministériels, préférant diriger leurs partis à la tête du Parlement.M. Wilders a souvent déclaré que la seule façon de mettre en œuvre sa politique anti-immigrés était de devenir Premier ministre.Cependant, dans un système politique néerlandais fracturé, aucun parti ne peut obtenir la majorité absolue au Parlement, qui compte 150 sièges, et M. Wilders a besoin de partenaires.

Ukraine: Moscou ne s’attend à aucune “avancée” rapide dans le règlement du conflit

Pas de solution “immédiate” à l’horizon: le Kremlin a écarté mardi tout règlement à court terme du conflit armé en Ukraine, au lendemain de nouveaux pourparlers russo-ukrainiens peu fructueux à Istanbul.Alors que l’armée russe, plus nombreuse et mieux équipée, a l’avantage sur le terrain, Kiev accuse depuis des mois la Russie de bloquer les négociations de paix, car Moscou refuse sa demande d’une trêve inconditionnelle, estimant qu’elle permettrait à l’Ukraine de reprendre des forces avec l’aide de ses alliés.”Il serait erroné d’attendre des décisions et des avancées immédiates”, a tranché mardi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. “La question du règlement est extrêmement complexe et comporte de nombreuses nuances”, a-t-il ajouté, rappelant que Moscou souhaitait avant tout “éliminer les causes profondes du conflit” pour parvenir à la paix.Moscou conditionne un arrêt des combats à un règlement de ces “causes profondes”: à savoir notamment le statut des territoires ukrainiens dont elle revendique l’annexion et la volonté de Kiev de rejoindre l’Otan, présentée par Moscou comme une menace existentielle.Depuis son lancement en février 2022, l’offensive russe à grande échelle de l’Ukraine (le pire conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale) a fait au moins des dizaines de milliers de victimes, civiles et militaires confondues, voire des centaines de milliers.Et les tractions diplomatiques initiées mi-février par le président américain Donald Trump pour mettre fin au conflit ne sont pas parvenues à faire taire les armes.- Exigences inconciliables -Lundi, Russes et Ukrainiens se sont retrouvés pour une deuxième fois en deux semaines en Turquie pour des discussions de paix directes, sous médiation turque. Mais Moscou a encore une fois refusé l’offre de trêve “inconditionnelle” faite par Kiev et soutenue par Washington et les Européens.Russes et Ukrainiens ont toutefois convenu, à l’issue de ces discussions, d’échanger tous leurs prisonniers de guerre de moins de 25 ans ou grièvement blessés, ainsi que des milliers de corps de soldats tués.En revanche, les exigences de chaque camp, sur le fond, semblent toujours aussi inconciliables.La délégation russe a remis aux Ukrainiens un mémorandum, publié par les agences de presse russes. Moscou y demande à Kiev de retirer ses troupes des quatre régions d’Ukraine dont la Russie revendique l’annexion, avant tout cessez-le-feu global.Ces conditions sont inacceptables pour l’Ukraine, qui veut un retrait pur et simple des troupes russes de son territoire, ainsi que des garanties de sécurité concrètes, appuyées par les Occidentaux, comme la protection de l’Otan ou la présence de troupes occidentales sur le terrain, ce que Moscou exclut totalement.Kiev appelle Washington et ses alliés occidentaux à sanctionner davantage Moscou pour la forcer à accepter une trêve globale, mais Donald Trump a refusé pour l’heure de prendre de telles mesures, disant ne pas vouloir faire échouer un accord.En l’état d’ailleurs, une rencontre entre Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky et Donald Trump est “peu probable” dans un avenir “proche”, selon M. Peskov.Une délégation de hauts responsables ukrainiens est arrivée néanmoins mardi à Washington pour discuter avec l’administration Trump du “soutien à la défense” de leur pays et de dossiers économiques, notamment le renforcement des sanctions contre Moscou, a annoncé Kiev.- Bombardements meurtriers -Sur le terrain, les frappes meurtrières se poursuivent.Selon les autorités ukrainiennes, un bombardement russe a tué mardi deux civils dans un village de la région de Kharkiv (nord-est), tandis qu’au moins trois autres sont morts lors d’une frappe de roquettes sur la ville de Soumy, qui a fait au moins 20 blessés (nord-est).”Il s’agit d’une attaque (russe) délibérée contre des civils”, a déploré Volodymyr Zelensky, concernant la frappe à Soumy.La région de Soumy, frontalière de la Russie, est soumise à une pression accrue depuis des semaines, Moscou disant vouloir y constituer une “zone tampon” pour prévenir des incursions ukrainiennes. Mardi, l’armée russe y a revendiqué la prise d’une nouvelle localité. La semaine dernière, M. Zelensky avait averti que Moscou massait plus de 50.000 soldats près de cette zone, en vue d’une possible offensive.L’armée ukrainienne continue néanmoins d’entreprendre des opérations offensives. Dimanche, elle a mené une attaque coordonnée de drones contre des aérodromes russes, jusqu’en Sibérie, assurant touché 41 avions russes, dont des bombardiers stratégiques.Après cette attaque d’une ampleur inédite, les autorités russes n’ont fait quasiment aucune déclaration. Interrogé mardi sur le sujet, Dmitri Peskov a botté en touche, se contentant d’appeler à attendre les “résultats de l’enquête” et à se référer aux communiqués du ministère russe de la Défense.

Ukraine: Moscou ne s’attend à aucune “avancée” rapide dans le règlement du conflit

Pas de solution “immédiate” à l’horizon: le Kremlin a écarté mardi tout règlement à court terme du conflit armé en Ukraine, au lendemain de nouveaux pourparlers russo-ukrainiens peu fructueux à Istanbul.Alors que l’armée russe, plus nombreuse et mieux équipée, a l’avantage sur le terrain, Kiev accuse depuis des mois la Russie de bloquer les négociations de paix, car Moscou refuse sa demande d’une trêve inconditionnelle, estimant qu’elle permettrait à l’Ukraine de reprendre des forces avec l’aide de ses alliés.”Il serait erroné d’attendre des décisions et des avancées immédiates”, a tranché mardi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. “La question du règlement est extrêmement complexe et comporte de nombreuses nuances”, a-t-il ajouté, rappelant que Moscou souhaitait avant tout “éliminer les causes profondes du conflit” pour parvenir à la paix.Moscou conditionne un arrêt des combats à un règlement de ces “causes profondes”: à savoir notamment le statut des territoires ukrainiens dont elle revendique l’annexion et la volonté de Kiev de rejoindre l’Otan, présentée par Moscou comme une menace existentielle.Depuis son lancement en février 2022, l’offensive russe à grande échelle de l’Ukraine (le pire conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale) a fait au moins des dizaines de milliers de victimes, civiles et militaires confondues, voire des centaines de milliers.Et les tractions diplomatiques initiées mi-février par le président américain Donald Trump pour mettre fin au conflit ne sont pas parvenues à faire taire les armes.- Exigences inconciliables -Lundi, Russes et Ukrainiens se sont retrouvés pour une deuxième fois en deux semaines en Turquie pour des discussions de paix directes, sous médiation turque. Mais Moscou a encore une fois refusé l’offre de trêve “inconditionnelle” faite par Kiev et soutenue par Washington et les Européens.Russes et Ukrainiens ont toutefois convenu, à l’issue de ces discussions, d’échanger tous leurs prisonniers de guerre de moins de 25 ans ou grièvement blessés, ainsi que des milliers de corps de soldats tués.En revanche, les exigences de chaque camp, sur le fond, semblent toujours aussi inconciliables.La délégation russe a remis aux Ukrainiens un mémorandum, publié par les agences de presse russes. Moscou y demande à Kiev de retirer ses troupes des quatre régions d’Ukraine dont la Russie revendique l’annexion, avant tout cessez-le-feu global.Ces conditions sont inacceptables pour l’Ukraine, qui veut un retrait pur et simple des troupes russes de son territoire, ainsi que des garanties de sécurité concrètes, appuyées par les Occidentaux, comme la protection de l’Otan ou la présence de troupes occidentales sur le terrain, ce que Moscou exclut totalement.Kiev appelle Washington et ses alliés occidentaux à sanctionner davantage Moscou pour la forcer à accepter une trêve globale, mais Donald Trump a refusé pour l’heure de prendre de telles mesures, disant ne pas vouloir faire échouer un accord.En l’état d’ailleurs, une rencontre entre Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky et Donald Trump est “peu probable” dans un avenir “proche”, selon M. Peskov.Une délégation de hauts responsables ukrainiens est arrivée néanmoins mardi à Washington pour discuter avec l’administration Trump du “soutien à la défense” de leur pays et de dossiers économiques, notamment le renforcement des sanctions contre Moscou, a annoncé Kiev.- Bombardements meurtriers -Sur le terrain, les frappes meurtrières se poursuivent.Selon les autorités ukrainiennes, un bombardement russe a tué mardi deux civils dans un village de la région de Kharkiv (nord-est), tandis qu’au moins trois autres sont morts lors d’une frappe de roquettes sur la ville de Soumy, qui a fait au moins 20 blessés (nord-est).”Il s’agit d’une attaque (russe) délibérée contre des civils”, a déploré Volodymyr Zelensky, concernant la frappe à Soumy.La région de Soumy, frontalière de la Russie, est soumise à une pression accrue depuis des semaines, Moscou disant vouloir y constituer une “zone tampon” pour prévenir des incursions ukrainiennes. Mardi, l’armée russe y a revendiqué la prise d’une nouvelle localité. La semaine dernière, M. Zelensky avait averti que Moscou massait plus de 50.000 soldats près de cette zone, en vue d’une possible offensive.L’armée ukrainienne continue néanmoins d’entreprendre des opérations offensives. Dimanche, elle a mené une attaque coordonnée de drones contre des aérodromes russes, jusqu’en Sibérie, assurant touché 41 avions russes, dont des bombardiers stratégiques.Après cette attaque d’une ampleur inédite, les autorités russes n’ont fait quasiment aucune déclaration. Interrogé mardi sur le sujet, Dmitri Peskov a botté en touche, se contentant d’appeler à attendre les “résultats de l’enquête” et à se référer aux communiqués du ministère russe de la Défense.

Corée du Sud: triomphe du candidat de centre gauche Lee Jae-myung à la présidentielle, selon un sondage

Le candidat de centre gauche Lee Jae-myung arrive très largement en tête de l’élection présidentielle en Corée du Sud, selon un sondage sortie des urnes publié par les chaînes de télévision mardi à la clôture du scrutin.D’après ce sondage réalisé conjointement par les trois principales chaînes sud-coréennes (KBS, MBC et SBS), M. Lee obtient 51,7% des voix, contre 39,3% pour son rival conservateur Kim Moon-soo.Les Sud-Coréens se sont déplacés massivement dans les bureaux de vote pour désigner leur nouveau chef de l’Etat et mettre fin à six mois d’un chaos politique causé par la tentative ratée du précédent chef de l’Etat, Yoon Suk Yeol, d’imposer la loi martiale, six mois plus tôt jour pour jour.Le taux de participation s’établissait à 77,8% une heure environ avant la fin du vote.Lee Jae-myung, chef du Parti démocrate qui dispose déjà d’une confortable majorité au Parlement, était le grand favori de cette présidentielle à un tour.Lorsqu’à 20H00 précises (11H00 GMT) les écrans de télévision ont montré les résultats des sondages, des hurlements de joie et des applaudissements ont retenti dans la salle de réunion du Parti démocrate à l’Assemblée nationale, bientôt suivis du cri: “Lee Jae-myung ! Lee Jae-myung !”, selon un journaliste de l’AFP sur place.- “Chemin difficile” -“Le chemin a été difficile”, a déclaré à l’AFP Noh Min-young, 20 ans, qui a participé à de nombreuses manifestations pro-démocratie depuis décembre. “Je suis heureuse, j’ai l’impression qu’on a atteint le but pour lequel tant de gens se sont battus ces six derniers mois, en y consacrant leur temps, leur santé et leur argent dans la rue”.S’agissant d’un vote anticipé destiné à combler le vide à la tête de l’Etat, le vainqueur sera investi dès que la Commission électorale nationale aura certifié les résultats, probablement tôt mercredi matin. Une sobre cérémonie de prise de fonctions aura lieu en milieu de journée au Parlement.Les Sud-Coréens espèrent que ce scrutin leur permettra de tourner la page après six mois de chaos politique marqué par des manifestations massives, des rebondissements judiciaires et une succession inédite de présidents intérimaires.Les milieux d’affaires, pour leur part, attendent avec impatience l’arrivée d’un président stable pour piloter la quatrième économie d’Asie, très dépendante de ses exportations, dans un environnement troublé par les guerres commerciales du président américain Donald Trump.- Droite fracturée -“La victoire de Lee montre que les Coréens rejettent les mesures illibérales et antidémocratiques comme la loi martiale, et réaffirment leur attachement à la gouvernance démocratique”, a déclaré à l’AFP Gi-Wook Shin, professeur de sociologie à l’Université de Stanford.”Ce moment restera probablement dans les mémoires comme un tournant”, a-t-il ajouté.L’épisode de la loi martiale, qui a effaré les électeurs modérés et fracturé la droite, a fortement pesé sur le scrutin, selon Vladimir Tikhonov, professeur d’études coréennes à l’Université d’Oslo.Le Parti démocrate de M. Lee a “renforcé son emprise sur les hommes et femmes modérément conservateurs des zones urbaines, âgés de 30 à 40 ans, qui souhaitent simplement un peu de normalité et une amélioration progressive du système de protection sociale. La tentative de coup d’État de Yoon a effrayé ces personnes, et pour le moment, elles ne reviendront pas”, a-t-il dit à l’AFP.Lee Jae-myung, un ancien ouvrier de 60 ans, s’était distingué le soir de la loi martiale en diffusant en direct sa course effrénée vers le Parlement cerné par l’armée, où il avait réussi à se faufiler avec près de 200 autres députés pour voter une motion faisant échouer le coup de force de M. Yoon.Après avoir frôlé la mort l’an dernier lors d’une tentative d’assassinat, il a fait campagne en gilet pare-balles et prononcé ses discours derrière des vitres blindées.Les nombreuses poursuites judiciaires dont il fait l’objet, notamment pour des affaires de corruption, ne semblent pas avoir détourné de lui les électeurs.Ces affaires l’avaient pourtant “rendu profondément impopulaire auprès de nombreux électeurs lors de l’élection présidentielle de 2022″, a rappelé Minseon Ku, du William and Mary Global Research Institute.”Son accession à la présidence ne reflète donc peut-être pas sa popularité, mais plutôt les profonds bouleversements politiques que traverse la Corée du Sud” après la loi martiale, a-t-elle avancé.Le futur président du pays de 52 millions d’habitants devra faire face à une crise économique qui s’aggrave, à l’un des taux de natalité parmi les plus bas au monde et à la hausse du coût de la vie.Il devra également répondre à la menace de son imprévisible voisin nord-coréen, et se positionner dans l’affrontement entre les Etats-Unis, garant traditionnel de la sécurité du pays, et la Chine, son principal partenaire commercial.

Corée du Sud: triomphe du candidat de centre gauche Lee Jae-myung à la présidentielle, selon un sondage

Le candidat de centre gauche Lee Jae-myung arrive très largement en tête de l’élection présidentielle en Corée du Sud, selon un sondage sortie des urnes publié par les chaînes de télévision mardi à la clôture du scrutin.D’après ce sondage réalisé conjointement par les trois principales chaînes sud-coréennes (KBS, MBC et SBS), M. Lee obtient 51,7% des voix, contre 39,3% pour son rival conservateur Kim Moon-soo.Les Sud-Coréens se sont déplacés massivement dans les bureaux de vote pour désigner leur nouveau chef de l’Etat et mettre fin à six mois d’un chaos politique causé par la tentative ratée du précédent chef de l’Etat, Yoon Suk Yeol, d’imposer la loi martiale, six mois plus tôt jour pour jour.Le taux de participation s’établissait à 77,8% une heure environ avant la fin du vote.Lee Jae-myung, chef du Parti démocrate qui dispose déjà d’une confortable majorité au Parlement, était le grand favori de cette présidentielle à un tour.Lorsqu’à 20H00 précises (11H00 GMT) les écrans de télévision ont montré les résultats des sondages, des hurlements de joie et des applaudissements ont retenti dans la salle de réunion du Parti démocrate à l’Assemblée nationale, bientôt suivis du cri: “Lee Jae-myung ! Lee Jae-myung !”, selon un journaliste de l’AFP sur place.- “Chemin difficile” -“Le chemin a été difficile”, a déclaré à l’AFP Noh Min-young, 20 ans, qui a participé à de nombreuses manifestations pro-démocratie depuis décembre. “Je suis heureuse, j’ai l’impression qu’on a atteint le but pour lequel tant de gens se sont battus ces six derniers mois, en y consacrant leur temps, leur santé et leur argent dans la rue”.S’agissant d’un vote anticipé destiné à combler le vide à la tête de l’Etat, le vainqueur sera investi dès que la Commission électorale nationale aura certifié les résultats, probablement tôt mercredi matin. Une sobre cérémonie de prise de fonctions aura lieu en milieu de journée au Parlement.Les Sud-Coréens espèrent que ce scrutin leur permettra de tourner la page après six mois de chaos politique marqué par des manifestations massives, des rebondissements judiciaires et une succession inédite de présidents intérimaires.Les milieux d’affaires, pour leur part, attendent avec impatience l’arrivée d’un président stable pour piloter la quatrième économie d’Asie, très dépendante de ses exportations, dans un environnement troublé par les guerres commerciales du président américain Donald Trump.- Droite fracturée -“La victoire de Lee montre que les Coréens rejettent les mesures illibérales et antidémocratiques comme la loi martiale, et réaffirment leur attachement à la gouvernance démocratique”, a déclaré à l’AFP Gi-Wook Shin, professeur de sociologie à l’Université de Stanford.”Ce moment restera probablement dans les mémoires comme un tournant”, a-t-il ajouté.L’épisode de la loi martiale, qui a effaré les électeurs modérés et fracturé la droite, a fortement pesé sur le scrutin, selon Vladimir Tikhonov, professeur d’études coréennes à l’Université d’Oslo.Le Parti démocrate de M. Lee a “renforcé son emprise sur les hommes et femmes modérément conservateurs des zones urbaines, âgés de 30 à 40 ans, qui souhaitent simplement un peu de normalité et une amélioration progressive du système de protection sociale. La tentative de coup d’État de Yoon a effrayé ces personnes, et pour le moment, elles ne reviendront pas”, a-t-il dit à l’AFP.Lee Jae-myung, un ancien ouvrier de 60 ans, s’était distingué le soir de la loi martiale en diffusant en direct sa course effrénée vers le Parlement cerné par l’armée, où il avait réussi à se faufiler avec près de 200 autres députés pour voter une motion faisant échouer le coup de force de M. Yoon.Après avoir frôlé la mort l’an dernier lors d’une tentative d’assassinat, il a fait campagne en gilet pare-balles et prononcé ses discours derrière des vitres blindées.Les nombreuses poursuites judiciaires dont il fait l’objet, notamment pour des affaires de corruption, ne semblent pas avoir détourné de lui les électeurs.Ces affaires l’avaient pourtant “rendu profondément impopulaire auprès de nombreux électeurs lors de l’élection présidentielle de 2022″, a rappelé Minseon Ku, du William and Mary Global Research Institute.”Son accession à la présidence ne reflète donc peut-être pas sa popularité, mais plutôt les profonds bouleversements politiques que traverse la Corée du Sud” après la loi martiale, a-t-elle avancé.Le futur président du pays de 52 millions d’habitants devra faire face à une crise économique qui s’aggrave, à l’un des taux de natalité parmi les plus bas au monde et à la hausse du coût de la vie.Il devra également répondre à la menace de son imprévisible voisin nord-coréen, et se positionner dans l’affrontement entre les Etats-Unis, garant traditionnel de la sécurité du pays, et la Chine, son principal partenaire commercial.