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Ukraine: nouvelle attaque russe de drones après l’avertissement de Trump

Une nouvelle attaque de drones russe a fait au moins cinq morts dans la nuit de mercredi à jeudi en Ukraine, au lendemain d’une conversation entre Donald Trump et Vladimir Poutine à l’issue de laquelle le président américain a estimé qu’il n’y aurait pas de “paix immédiate” entre Kiev et Moscou.Donald Trump a en effet prévenu que son homologue russe allait riposter à la spectaculaire attaque de drone lancée par l’Ukraine le week-end dernier sur plusieurs aérodromes russes, qui a détruit ou endommagé de nombreux avions militaires.L’attaque russe de drones a fait dans la nuit au moins cinq morts, a annoncé le chef de l’administration de la région de Tcherniguiv dans le nord de l’Ukraine.”Cinq personnes sont mortes, dont deux femmes et un enfant de un an” et “des maisons d’une zone résidentielle ont été endommagées”, a écrit Viatcheslav Tchaus sur Telegram.Mercredi, dans un message sur son réseau Truth Social, Donald Trump a dit avoir eu avec son homologue russe une “bonne conversation, mais pas une conversation qui va mener à une paix immédiate” en Ukraine.”Le président Poutine a dit, très fermement, qu’il allait devoir riposter aux récentes attaques” ukrainiennes sur plusieurs aérodromes russes, a ajouté le président américain, précisant que l’entretien avait duré “une heure et quinze minutes”.Rien ne perce dans le message de M. Trump de la frustration qu’il avait manifestée récemment contre Vladimir Poutine. Il avait jugé le 26 mai que son homologue russe était devenu “complètement fou”, à la suite d’attaques russes meurtrières contre l’Ukraine.Pour sa part, le Kremlin a qualifié de “positive” et “productive” la conversation téléphonique, ajoutant que les deux dirigeants avaient décidé de “rester en contact permanent”.Quelques heures après ce coup de fil, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé sur X à ne pas se montrer “faible” face au président russe. “Lorsqu’il (Poutine) ne ressent ni force ni pression, mais plutôt de la faiblesse, il commet toujours de nouveaux crimes”, a estimé le président ukrainien.- “Actions de sabotage” -A Pyongyang, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a promis un “soutien inconditionnel” à Moscou dans son conflit avec l’Ukraine déclenché en février 2022, a rapporté jeudi un média d’Etat.M. Kim a reçu mercredi le secrétaire du Conseil de sécurité russe Sergueï Choïgou, proche conseiller du Kremlin, qui effectuait sa deuxième visite dans la capitale nord-coréenne en moins de trois mois.Il a assuré que son gouvernement apporterait “son soutien inconditionnel à la position de la Russie et sa politique étrangère sur toutes les questions internationales cruciales, y compris le dossier ukrainien”, selon l’agence officielle nord-coréenne KCNA.Le numéro un nord-coréen a exprimé “sa conviction que la Russie allait, comme toujours, remporter la victoire dans sa cause sacrée de recherche de la justice”.Deux cycles de négociations menées à Istanbul entre Kiev et Moscou sur une trêve, encouragée par Washington, n’ont pas permis de rapprocher les positions.Au cours de la deuxième réunion, lundi sous médiation turque, la délégation russe a remis à Kiev une liste de demandes comprenant notamment le retrait de ses forces de quatre régions dont Moscou revendique l’annexion, la renonciation de l’Ukraine à intégrer l’Otan et la limitation de la taille de son armée.Des conditions qualifiées mercredi par Volodymyr Zelensky d'”ultimatums” inacceptables.Tandis que l’Ukraine est en difficulté sur le front, le président américain, de concert avec ses alliés européens, réclame depuis des semaines un cessez-le-feu inconditionnel.Mais le Kremlin considère qu’une telle initiative permettrait aux Ukrainiens de se réarmer avec l’aide des Occidentaux.- Discussions “utiles” -Le message de Donald Trump mercredi ne fait aucune mention de possibles sanctions supplémentaires contre la Russie, réclamées par l’Ukraine, et récemment évoquées par le président américain lui-même.Contrairement à l’Ukraine, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a insisté mercredi sur le fait que les discussions d’Istanbul étaient “utiles” et avaient conduit à des “résultats concrets”.Russes et Ukrainiens doivent procéder ce week-end à un nouvel échange de 500 prisonniers de guerre de chaque camp, après un précédent échange de 1.000 personnes de chaque côté en mai. Kiev et Moscou sont en outre convenus de remettre les corps de milliers de militaires tués.D’après le Kremlin, Donald Trump a affirmé à Vladimir Poutine lors de leur appel qu’il n’avait pas été “informé à l’avance” par Kiev de la spectaculaire attaque de drones du week-end dernier.

En Australie, des gamètes cryogénisées pour sauver la Grande Barrière de corail

Dans un zoo de Sydney, en Australie, des rangées de réservoirs remplies d’azote liquide forment le plus grand entrepôt mondial de coraux conservés cryogéniquement: des milliers de milliards de cellules collectées chaque année sur la Grande Barrière de corail doivent permettre de la régénérer.”J’espère que nos efforts collectifs permettront de préserver la belle diversité du récif”, témoigne auprès de l’AFP Justine O’Brien, responsable des sciences de la conservation à la Taronga Conservation Society Australia, en charge du parc animalier éponyme.Depuis le lancement du programme en 2011, la biobanque “CryoDiversity” de la Taronga Conservation Society Australia, intervient chaque année pendant la période de reproduction du récif, lorsque les coraux libèrent simultanément leurs oeufs et leurs spermatozoïdes dans l’eau.Les scientifiques collectent les gamètes des coraux et y ajoutent des cryoprotecteurs, qui empêchent l’eau de geler à l’intérieur des cellules, ce qui protège leur structure.Les oeufs contiennent trop d’eau et de graisse pour être congelés sans les abîmer avec les techniques actuelles, et ne peuvent donc pas encore être stockés. Mais d’autres types de cellules sont toutefois prélevées et conservées pour de la recherche.Tous les échantillons sont plongés dans de l’azote liquide à -196 degrés Celsius, dans des conditions très contrôlées pour éviter toute variation de température.”En fait, on a appuyé sur le bouton pause de leur horloge biologique”, raconte Mme O’Brien.”Vous pourriez les décongeler dans quelques années, quelques décennies ou des centaines d’années et ils auront conservé le même potentiel de fertilisation qu’ils avaient lorsqu’ils ont été initialement collectés et congelés”, ajoute-t-elle.- Blanchissement massif -A ce jour, la biobanque conserve des échantillons de 34 espèces de coraux sur les quelque 400 présentes dans la Grande Barrière de Corail. Elle donne la priorité aux espèces les plus importantes pour la structure et le bon fonctionnement du récif, avec l’objectif d’en stocker davantage à l’avenir.Ces échantillons ne servent pas seulement à la reproduction: ils permettent aussi de mener des recherches et de suivre l’impact du réchauffement des océans, de la surpêche et de la pollution — des menaces majeures pour les récifs coralliens dans le monde entier.Les scientifiques estiment que si la température mondiale augmente de 1,5 degré Celsius, entre 70 et 90% des récifs coralliens pourraient disparaître, ce qui serait désastreux pour les hommes et la planète.La surchauffe et l’acidification des mers, provoquées par les émissions de gaz à effet de serre, entraînent depuis deux ans un blanchissement massif des coraux, ce qui entraine leur mort.Près de 84% des récifs de la planète sont désormais endommagés.”Nous savons que la fréquence et la gravité des impacts actuels ne laissent pas suffisamment de temps au récif pour se rétablir”, souligne Mme O’Brien.Les récifs coralliens soutiennent non seulement la vie marine, mais aussi des centaines de millions de personnes vivant dans les communautés côtières, en leur fournissant de la nourriture, une protection contre les tempêtes et des moyens de subsistance grâce à la pêche et au tourisme.La semaine prochaine, 70 dirigeants mondiaux, dont le président brésilien Lula, et des milliers de délégués, scientifiques et représentants d’ONG convergeront vers Nice pour la troisième conférence de l’ONU sur les océans.Un consensus est difficile à atteindre, en raison de profonds désaccords entre les parties sur l’exploitation minière en eaux profondes, les déchets plastiques ou encore la surexploitation des ressources halieutiques.De rares initiatives comme celle de Sydney apportent néanmoins une lueur d’espoir.- “Petite partie de la solution” -L’année dernière, des chercheurs de Taronga et de l’Australian Institute of Marine Science ont réussi à décongeler du sperme corallien pour fertiliser des oeufs frais, produisant ainsi des larves coralliennes viables qui ont été replacées sur le récif.Il s’agissait d’une première mondiale pour la Grande Barrière de Corail, et des études préliminaires montrent que les greffes ont bien poussé.Ces efforts, qui s’inscrivent dans le cadre d’un programme plus vaste allant de l’ombrage des coraux à la transplantation de variétés plus tolérantes à la chaleur, constituent une “petite partie de la solution à la crise mondiale des récifs coralliens”, selon Richard Leck, responsable des océans à WWF Australie.Mais il a prévenu qu’il fallait faire plus pour assurer la survie à long terme des coraux.”Les récifs sont incroyablement résistants, et ils s’en remettent remarquablement vite après des perturbations majeures”, a-t-il développé auprès de l’AFP.Et s'”il y a certainement une fenêtre pour sauver les récifs”, il est toutefois clair qu’elle “est en train de se refermer”.

Les fidèles musulmans prient sur le mont Arafat, étape phare du hajj

Plus d’un million et demi de musulmans vont prier jeudi sur le mont Arafat pour l’étape phare du grand pèlerinage à La Mecque, durant laquelle les autorités saoudiennes ont appelé les fidèles à ne pas s’exposer à l’extérieur pendant les heures les plus chaudes.Dès l’aube, des milliers de fidèles se sont rassemblés pour prier et réciter le Coran sur et autour de cette colline de 70 mètres de haut, située à environ 20 kilomètres de La Mecque, où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon. Munis d’ombrelles colorées, ils ont saisi les derniers instants de fraîcheur alors que le soleil du désert s’élevait rapidement dans le ciel.Une fois le soleil couché, les fidèles se rendront à Muzdalifah, où ils ramasseront des cailloux afin de procéder à la symbolique “lapidation du diable” vendredi.    “C’est quelque chose que je voyais chaque année à la télévision et je me disais toujours: +j’aimerais y être+”, raconte Ali, un pèlerin pakistanais de 33 ans, qui essaie de venir depuis trois ans et se sent “très chanceux”.Des centaines de pèlerins vêtus de blanc parsemaient la colline sainte, tandis qu’au pied du mont Arafat, d’autres priaient ou prenaient des photos, entre les brumisateurs et ventilateurs tournant à plein régime.- Technologies de pointe -Pour prévenir les coups de chaleur, les autorités ont appelé les fidèles à rester dans leurs tentes entre 10h et 16h. Il s’agit de l’une des nombreuses mesures prises pour éviter que ne se répète la tragédie de l’an dernier, quand plus de 1.300 fidèles avaient péri sous des températures ayant atteint 51,8 degrés. Le mercure a déjà dépassé les 40 degrés mercredi, au premier jour d’un des plus grands rassemblements religieux annuels, durant lequel se succèdent des rites codifiés à La Mecque et dans ses environs.”Je suis venu tôt pour éviter le soleil, plus tard je prierai dans ma tente”, affirme à l’AFP Adel Ismaïl, un Syrien de 54 ans. Mercredi, les pèlerins ont accompli le rite du “tawaf” qui consiste à tourner autour de la Kaaba, la structure cubique noire vers laquelle les musulmans du monde entier se tournent pour prier, au coeur de la Grande mosquée.Pour les protéger des chaleurs extrêmes, les zones ombragées ont été étendues de 50.000 mètres carrés, des milliers de soignants et secouristes supplémentaires mobilisés et plus de 400 points d’eau fraîche installés.Pour gérer les foules, les autorités utilisent les dernières technologies d’intelligence artificielle qui traitent données et images, notamment fournies par une nouvelle flotte de drones déployés à travers La Mecque.  – “Pas de hajj sans permis” -Elles ont aussi lancé une vaste campagne contre les pèlerins non munis d’autorisation, multipliant les opérations de police, la surveillance et des messages d’alerte pour les empêcher de rejoindre La Mecque. La consigne est martelée dans les centres commerciaux, les panneaux d’affichage et les médias: “pas de hajj sans permis”. Dimanche, les autorités ont annoncé avoir refoulé près de 270.000 personnes sans permis aux entrées de La Mecque. Les larmes aux yeux, Iman Abdel Khaleq confie qu’elle rêvait d’accomplir le hajj depuis dix ans et qu’elle a été submergée par l’émotion en arrivant à Arafat.”C’est un grand rêve pour moi, auquel j’avais presque renoncé”, raconte cette femme d’une cinquantaine d’années à l’AFP, au pied de la colline.Parallèlement, les amendes pour participation illégale ont été doublées, à 20.000 rials (4.720 euros), et sont assorties d’une interdiction d’entrée dans le royaume pendant dix ans.La gestion des foules durant le hajj s’est révélée un casse-tête par le passé. En 2015 notamment, une bousculade avait fait quelque 2.300 morts. L’Arabie saoudite, qui abrite les sanctuaires les plus sacrés de l’islam à La Mecque et à Médine, gagne chaque année des milliards de dollars grâce au hajj et aux pèlerinages, connus sous le nom d’Omra, entrepris à d’autres moments de l’année.   

Les fidèles musulmans prient sur le mont Arafat, étape phare du hajj

Plus d’un million et demi de musulmans vont prier jeudi sur le mont Arafat pour l’étape phare du grand pèlerinage à La Mecque, durant laquelle les autorités saoudiennes ont appelé les fidèles à ne pas s’exposer à l’extérieur pendant les heures les plus chaudes.Dès l’aube, des milliers de fidèles se sont rassemblés pour prier et réciter le Coran sur et autour de cette colline de 70 mètres de haut, située à environ 20 kilomètres de La Mecque, où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon. Munis d’ombrelles colorées, ils ont saisi les derniers instants de fraîcheur alors que le soleil du désert s’élevait rapidement dans le ciel.Une fois le soleil couché, les fidèles se rendront à Muzdalifah, où ils ramasseront des cailloux afin de procéder à la symbolique “lapidation du diable” vendredi.    “C’est quelque chose que je voyais chaque année à la télévision et je me disais toujours: +j’aimerais y être+”, raconte Ali, un pèlerin pakistanais de 33 ans, qui essaie de venir depuis trois ans et se sent “très chanceux”.Des centaines de pèlerins vêtus de blanc parsemaient la colline sainte, tandis qu’au pied du mont Arafat, d’autres priaient ou prenaient des photos, entre les brumisateurs et ventilateurs tournant à plein régime.- Technologies de pointe -Pour prévenir les coups de chaleur, les autorités ont appelé les fidèles à rester dans leurs tentes entre 10h et 16h. Il s’agit de l’une des nombreuses mesures prises pour éviter que ne se répète la tragédie de l’an dernier, quand plus de 1.300 fidèles avaient péri sous des températures ayant atteint 51,8 degrés. Le mercure a déjà dépassé les 40 degrés mercredi, au premier jour d’un des plus grands rassemblements religieux annuels, durant lequel se succèdent des rites codifiés à La Mecque et dans ses environs.”Je suis venu tôt pour éviter le soleil, plus tard je prierai dans ma tente”, affirme à l’AFP Adel Ismaïl, un Syrien de 54 ans. Mercredi, les pèlerins ont accompli le rite du “tawaf” qui consiste à tourner autour de la Kaaba, la structure cubique noire vers laquelle les musulmans du monde entier se tournent pour prier, au coeur de la Grande mosquée.Pour les protéger des chaleurs extrêmes, les zones ombragées ont été étendues de 50.000 mètres carrés, des milliers de soignants et secouristes supplémentaires mobilisés et plus de 400 points d’eau fraîche installés.Pour gérer les foules, les autorités utilisent les dernières technologies d’intelligence artificielle qui traitent données et images, notamment fournies par une nouvelle flotte de drones déployés à travers La Mecque.  – “Pas de hajj sans permis” -Elles ont aussi lancé une vaste campagne contre les pèlerins non munis d’autorisation, multipliant les opérations de police, la surveillance et des messages d’alerte pour les empêcher de rejoindre La Mecque. La consigne est martelée dans les centres commerciaux, les panneaux d’affichage et les médias: “pas de hajj sans permis”. Dimanche, les autorités ont annoncé avoir refoulé près de 270.000 personnes sans permis aux entrées de La Mecque. Les larmes aux yeux, Iman Abdel Khaleq confie qu’elle rêvait d’accomplir le hajj depuis dix ans et qu’elle a été submergée par l’émotion en arrivant à Arafat.”C’est un grand rêve pour moi, auquel j’avais presque renoncé”, raconte cette femme d’une cinquantaine d’années à l’AFP, au pied de la colline.Parallèlement, les amendes pour participation illégale ont été doublées, à 20.000 rials (4.720 euros), et sont assorties d’une interdiction d’entrée dans le royaume pendant dix ans.La gestion des foules durant le hajj s’est révélée un casse-tête par le passé. En 2015 notamment, une bousculade avait fait quelque 2.300 morts. L’Arabie saoudite, qui abrite les sanctuaires les plus sacrés de l’islam à La Mecque et à Médine, gagne chaque année des milliards de dollars grâce au hajj et aux pèlerinages, connus sous le nom d’Omra, entrepris à d’autres moments de l’année.   

Trump contre les universités: plus d’étudiants étrangers pour Harvard, pressions sur Columbia

Donald Trump a accentué mercredi sa vaste offensive contre les prestigieuses universités américaines en interdisant l’entrée aux Etats-Unis des étudiants étrangers devant intégrer Harvard et en menaçant de retirer à Columbia son accréditation, ce qui pourrait la priver de tout financement fédéral.Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump mène la charge contre des universités qu’il accuse de propager une idéologie “woke”, terme utilisé de manière péjorative par les conservateurs pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme un excès de militantisme en faveur notamment des minorités.”Je suis arrivé à la conclusion qu’il est nécessaire de restreindre l’entrée aux ressortissants étrangers qui cherchent à venir aux Etats-Unis pour participer, exclusivement ou en grande partie, à un programme d’études de l’université Harvard”, a déclaré le président américain dans un communiqué.Cette mesure, dont le gouvernement avait déjà menacé Harvard, s’applique immédiatement à l’encontre des “étrangers qui entrent ou tentent d’entrer aux Etats-Unis pour commencer à participer” à des programmes de l’université. Elle doit rester en vigueur pour six mois, sauf si elle est prolongée.Les étudiants étrangers actuellement inscrits à Harvard, l’université la plus ancienne des Etats-Unis et l’une des mieux classées au monde, feront l’objet d’un examen et pourraient voir leurs visas “révoqués”, selon le texte.Un porte-parole d’Harvard a dénoncé une “mesure de représailles illégale” prise “en violation” du Premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté d’expression. “Harvard continuera à protéger ses étudiants étrangers”, a-t-il ajouté à l’AFP.”J’en tremble. C’est scandaleux. Une nouvelle escalade”, a dit à l’AFP Karl Molden, un étudiant autrichien d’Harvard. Pour lui, Donald Trump “abuse de son pouvoir exécutif pour nuire à Harvard autant qu’il le peut”.- Accusations d’antisémitisme -Cette mesure survient le même jour que la menace par le gouvernement de retirer à l’université Columbia son accréditation. Grand soutien d’Israël, Donald Trump accuse Columbia, comme Harvard, de ne pas avoir suffisamment protégé des étudiants juifs pendant les manifestations étudiantes contre la guerre dévastatrice d’Israël dans la bande de Gaza.”Après les attaques terroristes du 7 octobre 2023 par le Hamas, la direction de Columbia a délibérément fait preuve d’indifférence face au harcèlement subi par les étudiants juifs”, a estimé la ministre de l’Education Linda McMahon dans un communiqué.Selon le ministère, l’université “viole les lois fédérales contre la discrimination”. Mme McMahon a déclaré qu’elle attendait de connaître les mesures prises à Columbia afin que l’université “se (conforme) aux conditions d’obtention de son accréditation”.Interrogé par l’AFP, un porte-parole de Columbia a assuré que l’université était “consciente des préoccupations” du ministère. “Nous prenons ce problème au sérieux et continuons de collaborer avec le gouvernement fédéral pour y remédier”, a-t-il ajouté. Le retrait de son accréditation pourrait notamment signifier pour Columbia la perte de toutes ses subventions fédérales. Le gouvernement Trump avait déjà supprimé début mars 400 millions de dollars de fonds fédéraux, dont 250 millions dans le domaine de la santé. Columbia a affirmé avoir lancé depuis des réformes drastiques demandées par l’administration pour tenter de récupérer ces fonds.- Président d’Harvard applaudi -De son côté, Harvard s’est particulièrement attiré les foudres de l’administration Trump qui lui a retiré quelque 2,7 milliards de dollars en subventions fédérales, notamment pour la recherche en santé.Le gouvernement avait déjà menacé de retirer à Harvard sa certification SEVIS (Student and Exchange Visitor), le principal système par lequel les étudiants étrangers sont autorisés à étudier aux Etats-Unis. Au cours des dernières semaines, la direction de Harvard avait assuré avoir pris des mesures pour s’assurer que ses étudiants et son personnel juifs ou israéliens ne se sentent ni exclus, ni intimidés sur le campus, tout en défendant le principe de la liberté académique et les droits des étudiants étrangers.Cette position a valu au président de l’université, Alan Garber, un concert d’applaudissements lors de la cérémonie de remise des diplômes la semaine dernière. A l’inverse, la présidente de Columbia avait été huée, lors d’une cérémonie similaire, par des étudiants qui lui reprochent de ne pas avoir agi pour empêcher l’arrestation de Mahmoud Khalil, figure du mouvement propalestinien arrêté dans une résidence de l’université et placé dans un centre de détention fédéral en Louisiane d’où il risque l’expulsion.

Kim Jong Un promet le “soutien inconditionnel” de la Corée du Nord à la Russie face à l’Ukraine

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a promis un “soutien inconditionnel” à Moscou dans son conflit avec l’Ukraine, et prédit le succès de l’offensive russe menée depuis plus de trois ans, a rapporté jeudi un média d’Etat.M. Kim a reçu mercredi à Pyongyang le secrétaire du Conseil de sécurité russe Sergueï Choïgou, proche conseiller du Kremlin, qui effectuait sa deuxième visite dans la capitale nord-coréenne en moins de trois mois.Il a assuré que son gouvernement apporterait “son soutien inconditionnel à la position de la Russie et sa politique étrangère sur toutes les questions internationales cruciales, y compris le dossier ukrainien”, selon le compte rendu publié par l’agence officielle nord-coréenne KCNA.Le numéro un nord-coréen a exprimé “sa conviction que la Russie allait, comme toujours, remporter la victoire dans sa cause sacrée de recherche de la justice”, est-il ajouté.Les deux parties sont convenues de “continuer de renforcer progressivement” leurs relations, selon KCNA.La visite en Corée du Nord de M. Choïgou, ancien ministre russe de la Défense, illustre le rapprochement accéléré entre Moscou et Pyongyang.Moscou et Pyongyang ont renforcé leur coopération militaire ces dernières années, la Corée du Nord fournissant des armes et des troupes pour soutenir la guerre de la Russie contre l’Ukraine.Les deux pays ont signé un accord de défense mutuelle à l’occasion d’une visite du président russe Vladimir Poutine en Corée du Nord l’an dernier.Le Conseil de sécurité russe, un important organe consultatif qui se réunit régulièrement autour du président Vladimir Poutine, avait fait savoir que la visite de M. Choïgou porterait sur “la mise en œuvre de certaines clauses” du traité de partenariat entre la Russie et la Corée du Nord, ainsi que sur un hommage aux “combattants coréens qui ont participé à la libération de la région de Koursk”.Un contingent de soldats nord-coréens a participé, aux côtés de l’armée russe, aux combats contre les forces ukrainiennes dans la région russe de Koursk, en partie occupée par les troupes de Kiev depuis l’été 2024 et dont la Russie a annoncé la libération fin avril.Quelque 600 soldats nord-coréens ont été tués et des milliers d’autres blessés dans ces combats, a indiqué le député sud-coréen Lee Seong-kweun, citant le service de renseignement du pays.En avril, Pyongyang a confirmé pour la première fois avoir déployé des troupes sur le front ukrainien aux côtés de l’armée russe.La Corée du Sud a accusé le Nord, doté de l’arme nucléaire, d’envoyer d’importantes livraisons d’armes, y compris des missiles, à la Russie pour soutenir son effort de guerre.Un organisme international de surveillance des sanctions de l’ONU contre Pyongyang a condamné la semaine dernière les relations “illégales” entre la Russie et la Corée du Nord. Selon le groupe, des navires russes de marchandises ont livré jusqu’à “neuf millions de cartouches d’artillerie et de munitions pour lance-roquettes multiples” de la Corée du Nord à la Russie l’année dernière. En retour, “il est estimé que la Russie a fourni à la Corée du Nord des équipements de défense aérienne et des missiles anti-aériens”, a-t-il déclaré.- Déclarations “imprudentes” de Macron -La rencontre entre Kim Jong Un et Sergueï Choïgou a eu lieu le jour de l’investiture en Corée du Sud du nouveau président Lee Jae-myung, qui s’est engagé, dans un discours, à tendre la main à la Corée du Nord, avec laquelle son pays est toujours officiellement en guerre.L’agence KCNA a fait état de l’investiture du nouveau dirigeant du pays voisin en deux lignes.Elle a également publié jeudi un article critiquant vertement le président français Emmanuel Macron pour des déclarations “imprudentes” sur les liens de Pyongyang avec Moscou.”Si la Chine ne veut pas que l’Otan soit impliquée en Asie du Sud-Est ou en Asie, elle doit empêcher clairement la Corée du Nord d’être impliquée sur le sol européen”, avait déclaré M. Macron vendredi à la conférence sur la défense et la sécurité Shangri-la Dialogue à Singapour, faisant référence aux soldats nord-coréens envoyés au combat aux côtés de la Russie contre l’Ukraine. Dans un article publié par KCNA, l’analyste nord-coréen en sécurité internationale Choe Ju Hyun a qualifié ces propos “d’inepties choquantes”.”Macron commet une erreur s’il pense pouvoir dissimuler l’intention agressive et malveillante de l’Otan de mettre ses chaussures militaires sales dans la région Asie-Pacifique en s’attaquant aux relations de coopération entre la RPDC (République populaire démocratique de Corée, ndlr) et la Russie”, a-t-il écrit.Alors que la Russie et la Corée du Nord resserrent leurs liens “Les perspectives de rétablissement des relations intercoréennes s’éloignent de plus en plus”, a déclaré à l’AFP Lim Eul-chul, professeur à l’Institut d’études de l’Extrême-Orient de l’université de Kyungnam.La nouvelle visite de M. Choïgu, intervient également quelques jours après que l’Ukraine a lancé une importante attaque de drones contre la Russie, ce qui “souligne l’urgence d’une coordination de haut niveau sur les questions de sécurité”.”Du point de vue de Pyongyang, une participation active à la lutte contre les menaces posées par les drones pourrait servir de tremplin pour renforcer ses capacités dans le domaine de la guerre moderne, ce qui laisse penser que la Corée du Nord pourrait jouer un rôle plus affirmé dans la coopération militaire avec la Russie”, a poursuivit M. Lim.

Protection des océans: l’UE veut afficher son “leadership”, avant le sommet de l’ONU

L’Union européenne va présenter jeudi sa stratégie pour mieux protéger les océans du réchauffement climatique ainsi que de la pollution et afficher ses ambitions avant un grand sommet de l’ONU à Nice la semaine prochaine.”L’océan se réchauffe. Son niveau s’élève. Il s’acidifie. La pollution par les plastiques, les produits chimiques et le bruit altère les écosystèmes marins (…). Il est urgent d’agir”, souligne le commissaire européen Costas Kadis.Mais une première ébauche de ce “pacte” européen pour les océans avait fuité mi-mai et profondément déçu les organisations environnementales, en l’absence de mesures fortes.L’exécutif européen y reconnaissait la nécessité d’augmenter et de diversifier les financements, sans prendre d’engagements concrets.- Pas de big bang -Malgré “des avancées en matière d’application des lois existantes”, cette feuille de route “ne contient pas d’actions concrètes pour répondre aux menaces les plus urgentes”, avaient déploré les ONG Surfrider, WWF, ClientEarth ou Oceana.Dans les aires marines protégées, ces organisations réclament notamment l’interdiction immédiate du chalutage de fond, une technique de pêche critiquée pour son impact écologique destructeur.Mais ce sujet, sensible pour de nombreux Etats membres, divise les forces politiques, la droite et le centre plaidant pour une approche au “cas par cas”.Dans le document provisoire dévoilé mi-mai par le média Contexte, la Commission ne promettait pas de big bang en matière de protection de l’océan mais une série de mesures pour renforcer ou mieux appliquer la loi.L’exécutif européen voudrait par exemple réviser une “directive-cadre” sur les milieux marins, vieille de plus de 15 ans, et qui harmonise les règles concernant la protection de la biodiversité dans les 27 Etats membres.Bruxelles évoquait aussi pour 2026 un plan d’action sur le carbone bleu, afin de cartographier et d’étendre des écosystèmes marins capables de davantage capter le CO2.- 70% d’importations -La Commission promettait également de rendre plus efficace le système de surveillance par satellite CleanSeaNet, qui scrute les mers afin de détecter le plus vite possible des épisodes de pollution.Un récent rapport de la Cour des comptes européenne en a démontré les considérables lacunes.Au cours de la période 2022-2023, CleanSeaNet a repéré plus de 7.700 déversements potentiels d’hydrocarbures dans les mers européennes, notamment en Espagne (1.462), en Grèce (1.367) et en Italie (1.188).Mais selon cet audit, les Etats membres ont donné suite à moins de la moitié de ces alertes et n’ont confirmé la pollution que dans 7% des cas. En cause bien souvent, le décalage entre le moment où l’image satellite est prise et celui où le contrôle en mer est effectué.Mi-mai, la Commission avait insisté sur la version très provisoire du document de travail.Avec sa nouvelle stratégie, l’Union européenne promet d’accorder une attention particulière aux “petits pêcheurs” et aux “communautés côtières vulnérables”.Bruxelles souligne la place de la mer dans le quotidien des Européens. Environ 40% d’entre eux vivent à moins de 50 kilomètres des côtes. L’économie bleue” représente près de cinq millions d’emplois et contribue à hauteur de plus de 250 milliards d’euros au PIB annuel de l’UE.Mais paradoxalement, l’UE demeure encore dépendante : ses habitants importent 70% des produits de la mer qu’ils consomment.Le tout dans un monde où l’océan est confronté à la pression sans cesse grandissante du réchauffement climatique et de la pollution.Après la présentation à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ira défendre ce “pacte” lundi à Nice, dans le sud de la France, à la troisième conférence de l’ONU sur les océans.Les océans, qui couvrent 70,8% du globe, ont été victimes ces deux dernières années de canicules inédites qui menacent la survie des espèces marines. La conférence permettra “soit d’inverser le déclin des océans d’ici à 2030, soit de documenter l’échec de l’humanité à agir”, a prévenu Maritza Chan, l’ambassadrice à l’ONU du Costa Rica, le pays coorganisateur avec la France. Mme Chan dit attendre 100 milliards de dollars de nouveaux financements publics et privés en faveur du développement durable de l’océan. “C’est ce qui est différent cette fois-ci : zéro rhétorique, maximum de résultats”, veut-elle croire.