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Le divorce entre Trump et Musk étalé en place publique

Les Américains s’interrogent vendredi sur les conséquences de la rupture publique spectaculaire entre Donald Trump et Elon Musk, le président des Etats-Unis ayant notamment menacé de rompre les contrats publics conclus avec les entreprises de l’homme le plus riche du monde.Les sites américains Politico et Axios ont cru percevoir un signal d’apaisement dans la nuit de jeudi à vendredi, après un court entretien accordé par le président républicain au premier média.”Oh, ce n’est pas grave”, a déclaré Donald Trump à Politico qui l’a interrogé sur la dispute. Toujours selon le site, un appel est prévu vendredi entre les deux anciens amis pour tenter de faire la paix.Les échanges acrimonieux entre les deux anciens amis se sont emballés jeudi. Le président américain a assuré sur son réseau Truth Social qu’Elon Musk était “devenu fou” à cause d’une décision défavorable aux véhicules électriques.”Le plus simple pour économiser des milliards et des milliards de dollars dans notre budget serait d’annuler les subventions et contrats gouvernementaux” du patron de Tesla et SpaceX, a menacé le président, en difficultés sur un projet de vaste loi budgétaire. Sur son réseau X, Elon Musk a déclaré en réponse que SpaceX “commencera immédiatement à mettre hors service son vaisseau spatial Dragon”, utilisé notamment par la Nasa pour acheminer des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS).Il a semblé, quelques heures plus tard, faire marche arrière, écrivant: “Bon, nous n’allons pas mettre Dragon hors service.”Entre-temps, la capitalisation de Tesla a fondu de dizaines de milliards de dollars de capitalisation à Wall Street, l’action clôturant jeudi à -14,26%.Depuis qu’Elon Musk a lancé la semaine dernière un tir de barrage contre le projet de loi budgétaire au coeur du début de mandat de Donald Trump, ce n’était sans doute qu’une question de temps avant que le divorce ne soit consommé.C’est pendant une réunion dans le Bureau ovale avec le chancelier allemand Friedrich Merz, réduit au rôle de figurant muet, que le président a acté jeudi la rupture.Pendant un échange avec les journalistes, retransmis en direct, Donald Trump s’est dit “très déçu”. “Elon et moi avions une bonne relation. Je ne sais pas si c’est encore le cas”, a-t-il lancé à propos de son ancien “conseiller spécial”, qui a quitté vendredi dernier la mission de réduction des dépenses publiques qu’il menait à la Maison Blanche.- “N’importe quoi” -“N’importe quoi”, écrit Elon Musk en commentaire d’une vidéo de Donald Trump affirmant, déjà, que sa colère était due à la perte de subventions pour les véhicules électriques.”Faux”, poste-t-il ensuite au-dessus d’un extrait dans lequel le président américain assure que l’entrepreneur connaissait par avance le contenu du texte. Une “grande et belle loi” selon Donald Trump, une “abomination” pour les finances publiques selon Elon Musk, dont l’adoption n’est pas garantie au Congrès. Le multimilliardaire, qui a très généreusement financé la campagne du républicain en 2024, assure que “Trump aurait perdu l’élection” sans lui et l’accuse d'”ingratitude”.Il a aussi affirmé, sans apporter de preuve, que le nom du président se trouvait dans le dossier Jeffrey Epstein, ce financier américain au coeur d’un vaste scandale de crimes et d’exploitation sexuels qui s’est suicidé en prison avant d’être jugé; des accusations “regrettables” pour la Maison Blanche.Dans le Bureau ovale, Donald Trump a dépeint son ancien allié en amoureux éconduit: “Il disait les choses les plus belles à mon propos”.  – “Nouveau parti politique” -Dès l’entrée tonitruante d’Elon Musk dans la campagne de Donald Trump l’an dernier, les doutes ont surgi sur la longévité de leur relation. Donald Trump avait défendu son allié face aux critiques et a même organisé une opération de promotion pour la marque Tesla à la Maison Blanche. Elon Musk avait lui qualifié le président de “roi” le jour de son investiture. Mais les tensions ont grandi entre le multimilliardaire et l’entourage du président. “Il faudrait lancer une enquête formelle sur son statut migratoire, car je crois fortement que c’est un étranger illégal et qu’il devrait être expulsé immédiatement”, a déclaré jeudi soir au New York Times l’ex-conseiller de Donald Trump et idéologue d’extrême droite Steve Bannon. Elon Musk est né en Afrique du Sud et a été naturalisé américain. Pour certains experts, ce qui pourrait avoir scellé le sort d’Elon Musk ne s’est pas passé à Washington, mais dans le Wisconsin, où il s’est fortement engagé, financièrement et personnellement, en faveur d’un juge conservateur candidat à la Cour suprême locale, qui a été battu.Donald Trump, qui déteste être associé à la défaite, aurait suivi avec attention cette première aventure politique en solo d’Elon Musk.Lequel n’a visiblement pas été dégoûté. Celui qui ne peut devenir président puisqu’il a été naturalisé, a demandé jeudi sur X s’il n’était pas “temps de créer un nouveau parti politique” aux Etats-Unis.

Mort de deux enfants français à Gaza fin 2023: Israël visé à Paris par une plainte pour génocide

Une plainte contre X pour meurtre et génocide a été déposée vendredi en France par une grand-mère accusant les autorités israéliennes d’être responsables de la mort de ses deux petits-enfants français à Gaza en octobre 2023.Cette plainte avec constitution de partie civile, annoncée vendredi à l’AFP par l’avocat Arié Alimi et déposée le matin-même au pôle crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris, vise à obtenir la désignation d’un juge d’instruction. La Ligue des droits de l’Homme compte se constituer partie civile.Cette plainte pourrait avoir “des conséquences judiciaires, politiques et peut-être diplomatiques importantes”, en déclenchant des “mandats d’arrêts internationaux avec un effet dissuasif important sur les auteurs et complices de ces faits”, a dit espérer Me Alimi, lors d’une conférence de presse vendredi matin.”Ce n’est pas cette plainte qui va arrêter les chars”, a-t-il toutefois concédé, mais en déclenchant “la compétence directe de la juridiction française car il s’agit de victimes françaises”, elle pourrait amener la justice française à se prononcer sur ces accusations de “génocide”, catégoriquement rejetées par Israël comme “scandaleuses”.La plainte de 48 pages dénonce la mort de Janna et Abderrahim Abudaher, alors âgés de 6 et 9 ans, dans un bombardement israélien le 24 octobre 2023, 17 jours après l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien.Elle est déposée par Jacqueline Rivault, la grand-mère maternelle des enfants.Selon la plainte, les “bombardements réguliers” de l’armée israélienne ont amené la famille à se réfugier dans une maison “au nord de la bande de Gaza”, touchée par deux missiles, dont l’un est entré “directement dans la chambre où se trouvait la famille”.Abderrahim est mort “sur le coup”, et Janna peu après. “On ne leur a pas laissé le choix, si ce n’est d’être tués dans des circonstances atroces” a dit leur grand-mère Jacqueline Rivault. Leur petit frère, Omar, qui vient d’avoir cinq ans, également blessé, “ne comprend pas qu’il ne reverra plus jamais son frère et sa soeur”, selon la plaignante.Il vit toujours à Gaza, comme sa mère, Yasmine Z., également blessée et condamnée en 2019 en son absence à Paris pour financement du terrorisme pour avoir distribué de l’argent à Gaza à des membres du Jihad islamique et du Hamas entre 2012 et 2013. Elle est visée par un mandat d’arrêt.Déjà sollicité par l’AFP sur le cas de ces deux enfants, le parquet antiterroriste avait répondu pour la dernière fois fin 2024 n’avoir pas ouvert d’enquête.”Je ne suis pas sûr que ça aurait été le cas s’ils étaient morts ailleurs”, a lancé Me Alimi, tandis que son confrère Emmanuel Daoud, conseil de la LDH, a évoqué une décision “indigne” prise “pour ne pas embarrasser un allié indéfectible, l’Etat d’Israël”.- “Scandaleux” -“Nous estimons que ces enfants sont morts dans le cadre d’une politique délibérée, organisée, visant l’intégralité de la population de Gaza avec peut-être une intention génocidaire”, selon Me Alimi.La plainte contre X vise “les militaires qui ont tiré sur la maison en question” mais aussi, au titre de la “complicité”, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le gouvernement israélien ainsi que Tsahal (armée israélienne), soit “toutes celles et tous ceux qui ont donné des instructions”, a ajouté Me Daoud.Contactée vendredi par l’AFP, l’ambassade d’Israël n’a pas réagi à l’annonce de cette plainte dans l’immédiat.L’attaque déclenchée le 7 octobre 2023 par le Hamas a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils.En retour, Israël a lancé une campagne militaire de représailles qui a tué plus de 54.600 Palestiniens, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l’ONU.Israël fait face à une pression internationale croissante. M. Netanyahu et l’ex-ministre de la Défense Yoav Gallant sont visés par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité et crimes de guerre.En janvier 2024, la Cour internationale de justice a appelé Israël à prévenir tout acte de génocide. Le chef des opérations humanitaires de l’ONU a aussi a exhorté mi-mai les dirigeants mondiaux à “agir pour empêcher un génocide”.Un certain nombre d’actions judiciaires ont été entreprises en lien avec ce “génocide” imputé à Israël, par exemple en Suisse, aux Pays-Bas ou encore en Allemagne.Trois plaintes ont été déposées en France ces derniers mois contre des membres d’associations franco-israéliens ou un soldat de Tsahal, accusés de génocide ou de complicité.

Mort de deux enfants français à Gaza fin 2023: Israël visé à Paris par une plainte pour génocide

Une plainte contre X pour meurtre et génocide a été déposée vendredi en France par une grand-mère accusant les autorités israéliennes d’être responsables de la mort de ses deux petits-enfants français à Gaza en octobre 2023.Cette plainte avec constitution de partie civile, annoncée vendredi à l’AFP par l’avocat Arié Alimi et déposée le matin-même au pôle crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris, vise à obtenir la désignation d’un juge d’instruction. La Ligue des droits de l’Homme compte se constituer partie civile.Cette plainte pourrait avoir “des conséquences judiciaires, politiques et peut-être diplomatiques importantes”, en déclenchant des “mandats d’arrêts internationaux avec un effet dissuasif important sur les auteurs et complices de ces faits”, a dit espérer Me Alimi, lors d’une conférence de presse vendredi matin.”Ce n’est pas cette plainte qui va arrêter les chars”, a-t-il toutefois concédé, mais en déclenchant “la compétence directe de la juridiction française car il s’agit de victimes françaises”, elle pourrait amener la justice française à se prononcer sur ces accusations de “génocide”, catégoriquement rejetées par Israël comme “scandaleuses”.La plainte de 48 pages dénonce la mort de Janna et Abderrahim Abudaher, alors âgés de 6 et 9 ans, dans un bombardement israélien le 24 octobre 2023, 17 jours après l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien.Elle est déposée par Jacqueline Rivault, la grand-mère maternelle des enfants.Selon la plainte, les “bombardements réguliers” de l’armée israélienne ont amené la famille à se réfugier dans une maison “au nord de la bande de Gaza”, touchée par deux missiles, dont l’un est entré “directement dans la chambre où se trouvait la famille”.Abderrahim est mort “sur le coup”, et Janna peu après. “On ne leur a pas laissé le choix, si ce n’est d’être tués dans des circonstances atroces” a dit leur grand-mère Jacqueline Rivault. Leur petit frère, Omar, qui vient d’avoir cinq ans, également blessé, “ne comprend pas qu’il ne reverra plus jamais son frère et sa soeur”, selon la plaignante.Il vit toujours à Gaza, comme sa mère, Yasmine Z., également blessée et condamnée en 2019 en son absence à Paris pour financement du terrorisme pour avoir distribué de l’argent à Gaza à des membres du Jihad islamique et du Hamas entre 2012 et 2013. Elle est visée par un mandat d’arrêt.Déjà sollicité par l’AFP sur le cas de ces deux enfants, le parquet antiterroriste avait répondu pour la dernière fois fin 2024 n’avoir pas ouvert d’enquête.”Je ne suis pas sûr que ça aurait été le cas s’ils étaient morts ailleurs”, a lancé Me Alimi, tandis que son confrère Emmanuel Daoud, conseil de la LDH, a évoqué une décision “indigne” prise “pour ne pas embarrasser un allié indéfectible, l’Etat d’Israël”.- “Scandaleux” -“Nous estimons que ces enfants sont morts dans le cadre d’une politique délibérée, organisée, visant l’intégralité de la population de Gaza avec peut-être une intention génocidaire”, selon Me Alimi.La plainte contre X vise “les militaires qui ont tiré sur la maison en question” mais aussi, au titre de la “complicité”, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le gouvernement israélien ainsi que Tsahal (armée israélienne), soit “toutes celles et tous ceux qui ont donné des instructions”, a ajouté Me Daoud.Contactée vendredi par l’AFP, l’ambassade d’Israël n’a pas réagi à l’annonce de cette plainte dans l’immédiat.L’attaque déclenchée le 7 octobre 2023 par le Hamas a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils.En retour, Israël a lancé une campagne militaire de représailles qui a tué plus de 54.600 Palestiniens, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l’ONU.Israël fait face à une pression internationale croissante. M. Netanyahu et l’ex-ministre de la Défense Yoav Gallant sont visés par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité et crimes de guerre.En janvier 2024, la Cour internationale de justice a appelé Israël à prévenir tout acte de génocide. Le chef des opérations humanitaires de l’ONU a aussi a exhorté mi-mai les dirigeants mondiaux à “agir pour empêcher un génocide”.Un certain nombre d’actions judiciaires ont été entreprises en lien avec ce “génocide” imputé à Israël, par exemple en Suisse, aux Pays-Bas ou encore en Allemagne.Trois plaintes ont été déposées en France ces derniers mois contre des membres d’associations franco-israéliens ou un soldat de Tsahal, accusés de génocide ou de complicité.

Ukraine: Moscou juge le conflit “existentiel” après avoir mené de nouvelles frappes mortelles

La Russie a qualifié vendredi sa guerre contre l’Ukraine de conflit “existentiel” après y avoir mené pendant la nuit de nouveaux bombardements massifs ayant fait au moins 3 morts, “une riposte” selon Moscou à de récentes attaques ukrainiennes d’ampleur.”Pour nous, c’est une question existentielle, une question de nos intérêts nationaux, de la sécurité, de notre avenir et de celui de nos enfants”, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son briefing quotidien.Alors que les pourparlers de paix relancés ces derniers mois par le président américain Donald Trump semblent désormais dans l’impasse, les frappes et les combats meurtriers se poursuivent inexorablement.Pendant la nuit, des alertes aériennes ont été déclenchées sur tout le territoire ukrainien et plusieurs régions ont signalé des frappes, notamment dans l’ouest, loin du front.”On a entendu un drone s’approcher très près et puis une explosion”, a raconté à l’AFP Ksennia, une habitante de Kiev, devant un immeuble résidentiel défiguré par un trou béant après l’attaque.”Nos fenêtres et nos vitres ont été soufflées, mais on s’en est sortis seulement avec un petit choc”, poursuit-elle, s’exprimant depuis une cour couverte de débris et de bouts de verre.A Kiev, selon un bilan actualisé des services d’urgence ukrainien, trois secouristes ont été tués lors des frappes, et 23 personnes blessées, dont 14 secouristes.En tout, au moins 49 personnes ont été blessées à travers le pays, avait affirmé plus tôt le président ukrainien Volodymyr Zelensky.- “Arrêter cette guerre” -“La Russie doit être tenue responsable. Dès les premières minutes de cette guerre, ils ont bombardé des villes et villages pour détruire des vies”, a fustigé Volodymyr Zelensky.”Maintenant, c’est le moment où l’Amérique, l’Europe et le monde peuvent arrêter ensemble cette guerre en faisant pression sur la Russie”, a-t-il ajouté, dans un message sur les réseaux sociaux.Depuis le début de l’invasion à grande échelle contre l’Ukraine, lancée en février 2022, des bombardements russes tuent des civils quasiment chaque jour.Hors de la capitale, plusieurs régions ont fait état vendredi d’importantes frappes russes.Selon M. Zelensky, elles ont touché neuf régions à travers tout le pays (Volyn, Lviv, Ternopil, Kiev, Soumy, Poltava, Tcherkassy, Tcherniguiv, Khmelnytsky).Selon l’armée de l’air ukrainienne, le pays a été attaqué par 407 drones d’attaque et drones leurres visant à saturer les défenses antiaériennes, ainsi que par 45 missiles russes.Les défenses ukrainiennes ont neutralisé 199 de ces drones, et 36 missiles, poursuit cette source, précisant que 13 endroits en Ukraine avaient été atteints par les bombardements, et 19 autres touchés par des chutes de débris de cibles abattues.Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a dit avoir ciblé des sites militaires ukrainiens, “en riposte” aux récentes attaques “terroristes” de Kiev en territoire russe.- Attaques contre des aérodromes russes -Ces derniers jours, la Russie avait fait savoir qu’elle comptait riposter à l’attaque audacieuse lancée le week-end dernier par l’Ukraine contre des bombardiers russes, jusqu’à des milliers de kilomètres de ses frontières.Moins d’une semaine après cette attaque, l’armée ukrainienne a affirmé vendredi avoir bombardé pendant la nuit “avec succès” deux autres bases aériennes en Russie, dans les régions de Saratov et Riazan, assurant avoir touché des dépôts de carburant.Moscou a également accusé mardi Kiev d’être à l’origine des explosions ayant provoqué le week-end dernier l’effondrement de deux ponts et des accidents de trains qui ont fait sept morts et plus de cent blessés, dont des enfants, dans les régions russes de Koursk et de Briansk, frontalières de l’Ukraine.En riposte aux frappes russes qui endeuillent l’Ukraine depuis 2022, Kiev mène également, quasiment chaque jour, des attaques aériennes en Russie.Pendant la nuit, l’armée russe a dit avoir neutralisé 174 drones ukrainiens lancés contre son territoire. Trois aéroports desservant Moscou ont été fermés provisoirement, selon l’agence chargée du transport aérien, qui a ensuite levé les restrictions.Les appels de l’Ukraine et des Occidentaux au cessez-le-feu immédiat et la pression exercée par le président américain Donald Trump pour engager des pourparlers et mettre fin au conflit n’ont pour l’heure pas apporté de résultats, alors que Moscou contrôle toujours environ 20% de ce pays voisin.Les deux cycles de négociations menées à Istanbul entre Kiev et Moscou sur une trêve, encouragée par Washington, n’ont pas permis de rapprocher les positions.Au cours de la deuxième réunion, lundi sous médiation turque, la délégation russe a remis à Kiev des demandes comprenant notamment le retrait de ses forces de quatre régions dont Moscou revendique l’annexion, la renonciation de l’Ukraine à intégrer l’Otan et la limitation de la taille de son armée.Des conditions qualifiées mercredi par Volodymyr Zelensky d'”ultimatums” inacceptables.

Ukraine: Moscou juge le conflit “existentiel” après avoir mené de nouvelles frappes mortelles

La Russie a qualifié vendredi sa guerre contre l’Ukraine de conflit “existentiel” après y avoir mené pendant la nuit de nouveaux bombardements massifs ayant fait au moins 3 morts, “une riposte” selon Moscou à de récentes attaques ukrainiennes d’ampleur.”Pour nous, c’est une question existentielle, une question de nos intérêts nationaux, de la sécurité, de notre avenir et de celui de nos enfants”, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son briefing quotidien.Alors que les pourparlers de paix relancés ces derniers mois par le président américain Donald Trump semblent désormais dans l’impasse, les frappes et les combats meurtriers se poursuivent inexorablement.Pendant la nuit, des alertes aériennes ont été déclenchées sur tout le territoire ukrainien et plusieurs régions ont signalé des frappes, notamment dans l’ouest, loin du front.”On a entendu un drone s’approcher très près et puis une explosion”, a raconté à l’AFP Ksennia, une habitante de Kiev, devant un immeuble résidentiel défiguré par un trou béant après l’attaque.”Nos fenêtres et nos vitres ont été soufflées, mais on s’en est sortis seulement avec un petit choc”, poursuit-elle, s’exprimant depuis une cour couverte de débris et de bouts de verre.A Kiev, selon un bilan actualisé des services d’urgence ukrainien, trois secouristes ont été tués lors des frappes, et 23 personnes blessées, dont 14 secouristes.En tout, au moins 49 personnes ont été blessées à travers le pays, avait affirmé plus tôt le président ukrainien Volodymyr Zelensky.- “Arrêter cette guerre” -“La Russie doit être tenue responsable. Dès les premières minutes de cette guerre, ils ont bombardé des villes et villages pour détruire des vies”, a fustigé Volodymyr Zelensky.”Maintenant, c’est le moment où l’Amérique, l’Europe et le monde peuvent arrêter ensemble cette guerre en faisant pression sur la Russie”, a-t-il ajouté, dans un message sur les réseaux sociaux.Depuis le début de l’invasion à grande échelle contre l’Ukraine, lancée en février 2022, des bombardements russes tuent des civils quasiment chaque jour.Hors de la capitale, plusieurs régions ont fait état vendredi d’importantes frappes russes.Selon M. Zelensky, elles ont touché neuf régions à travers tout le pays (Volyn, Lviv, Ternopil, Kiev, Soumy, Poltava, Tcherkassy, Tcherniguiv, Khmelnytsky).Selon l’armée de l’air ukrainienne, le pays a été attaqué par 407 drones d’attaque et drones leurres visant à saturer les défenses antiaériennes, ainsi que par 45 missiles russes.Les défenses ukrainiennes ont neutralisé 199 de ces drones, et 36 missiles, poursuit cette source, précisant que 13 endroits en Ukraine avaient été atteints par les bombardements, et 19 autres touchés par des chutes de débris de cibles abattues.Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a dit avoir ciblé des sites militaires ukrainiens, “en riposte” aux récentes attaques “terroristes” de Kiev en territoire russe.- Attaques contre des aérodromes russes -Ces derniers jours, la Russie avait fait savoir qu’elle comptait riposter à l’attaque audacieuse lancée le week-end dernier par l’Ukraine contre des bombardiers russes, jusqu’à des milliers de kilomètres de ses frontières.Moins d’une semaine après cette attaque, l’armée ukrainienne a affirmé vendredi avoir bombardé pendant la nuit “avec succès” deux autres bases aériennes en Russie, dans les régions de Saratov et Riazan, assurant avoir touché des dépôts de carburant.Moscou a également accusé mardi Kiev d’être à l’origine des explosions ayant provoqué le week-end dernier l’effondrement de deux ponts et des accidents de trains qui ont fait sept morts et plus de cent blessés, dont des enfants, dans les régions russes de Koursk et de Briansk, frontalières de l’Ukraine.En riposte aux frappes russes qui endeuillent l’Ukraine depuis 2022, Kiev mène également, quasiment chaque jour, des attaques aériennes en Russie.Pendant la nuit, l’armée russe a dit avoir neutralisé 174 drones ukrainiens lancés contre son territoire. Trois aéroports desservant Moscou ont été fermés provisoirement, selon l’agence chargée du transport aérien, qui a ensuite levé les restrictions.Les appels de l’Ukraine et des Occidentaux au cessez-le-feu immédiat et la pression exercée par le président américain Donald Trump pour engager des pourparlers et mettre fin au conflit n’ont pour l’heure pas apporté de résultats, alors que Moscou contrôle toujours environ 20% de ce pays voisin.Les deux cycles de négociations menées à Istanbul entre Kiev et Moscou sur une trêve, encouragée par Washington, n’ont pas permis de rapprocher les positions.Au cours de la deuxième réunion, lundi sous médiation turque, la délégation russe a remis à Kiev des demandes comprenant notamment le retrait de ses forces de quatre régions dont Moscou revendique l’annexion, la renonciation de l’Ukraine à intégrer l’Otan et la limitation de la taille de son armée.Des conditions qualifiées mercredi par Volodymyr Zelensky d'”ultimatums” inacceptables.

A Reims, un incendie dans une tour HLM fait quatre morts, dont un enfant

Quatre personnes, dont un enfant, ont perdu la vie dans un incendie survenu dans la nuit de jeudi à vendredi dans un immeuble HLM à Reims et une enquête a été ouverte pour établir les causes du drame.Par ailleurs, un enfant est “pour l’instant considéré comme disparu”, selon le préfet de la Marne, Henri Prévost. “On ne sait pas s’il était présent dans l’appartement ou pas”, a-t-il précisé à l’AFP. “Ce sont les investigations complémentaires qui vont permettre de savoir où il est, s’il est encore vivant ou s’il est malheureusement à compter parmi les victimes”.Deux adultes gravement blessés, classés en urgence absolue, ont été transportés à l’hôpital. Douze autres personnes, enfants et adultes, ont été plus légèrement touchées.Le maire de Reims, Arnaud Robinet, avait indiqué dans la matinée que les pompiers n’avaient pas trouvé de corps supplémentaire lors de leurs opérations de reconnaissance.L’élu précise que les victimes appartiennent à des familles différentes. L’enfant a été retrouvé mort au quatrième étage, d’où serait parti le feu, deux autres personnes sont décédées par inhalation de fumée et la dernière s’est défenestrée, a-t-il indiqué.L’incendie, qui est terminé, s’est déclaré vers 00H30 au quatrième étage de cette tour de HLM et s’est rapidement propagé aux étages supérieurs, notamment par la façade, selon la préfecture. “On voyait tout le monde qui criait, qui était sur les fenêtres de l’immeuble en train d’appeler à l’aide, jusqu’au dernier étage, il y avait des personnes en danger, c’était assez impressionnant”, raconte un lycéen témoin des débuts de l’incendie, Yael Coché. “Au bout d’un moment, il y avait des explosions, je suppose de gaz, qui ont retenti et là, les flammes étaient énormes, ça montait jusqu’en haut des arbres, c’était impressionnant.”La préfecture a indiqué que “les sapeurs-pompiers ont pu effectuer une reconnaissance dans l’ensemble des appartements à l’exception d’un appartement situé au quatrième étage dans lequel les dégâts et les débris sont beaucoup plus importants”. Elle précise dans un communiqué diffusé à 7h que “le bilan définitif ne sera connu qu’à l’issue de la reconnaissance des dégâts”.”Il n’y a pas d’hypothèse pour la cause de l’incendie pour l’instant”, a indiqué le procureur de Reims François Schneider, ajoutant qu’une enquête était en cours pour la déterminer.- “Énorme courage” -Le quartier Croix-Rouge, mêlant hauts immeubles et maisons dans le sud-ouest de Reims, était entièrement bouclé en tout début de matinée, l’accès à la tour sinistrée interdit par de la rubalise, a constaté une journaliste de l’AFP sur place. Des fenêtres étaient entièrement noircies sur trois niveaux, et plus légèrement sur deux autres au-dessus.L’immeuble où le drame s’est produit compte 11 niveaux, comportant quatre appartements chacun. Selon Arnaud Robinet, il ne posait pas de problème de salubrité et avait fait l’objet d’un programme de rénovation thermique. L’immeuble voisin avait été touché par un incendie en février, causé par un “feu de cuisine”, selon le maire.Des policiers nationaux patrouillant dans ce quartier populaire pendant la nuit sont intervenus les premiers après le départ de feu et ont évacué des personnes qui se trouvaient dans les escaliers “avec un énorme courage”, a rapporté M. Robinet. Les pompiers sont ensuite arrivés rapidement sur les lieux.Sur place, l’intervention s’est révélée “difficile”, a précisé le préfet, en raison de la taille de l’immeuble, mais aussi des conditions météorologiques.”Il y avait beaucoup de vent sur Reims dans la nuit, et les fumées avaient tendance à se rabattre vers l’intérieur”, ce qui compliquait l’évacuation, a-t-il expliqué.Quinze véhicules de pompiers et 62 sapeurs-pompiers ont été mobilisés, ainsi que 20 policiers nationaux, 20 policiers municipaux et neuf soignants du Smur.Une quarantaine de personnes sinistrées ont été prises en charge par la Croix-Rouge dans un gymnase mis à disposition par la municipalité.Un résident de l’immeuble voisin, Cyril Gasnier, a raconté à l’AFP qu’il était au téléphone avec sa mère, vers minuit, quand il a entendu des gens hurler. Il est descendu dans la rue et a confié avoir eu peur pour son logement mais a ensuite pu rentrer chez lui.cor-bj-bbr-zl/cnp/vk

Lieux juifs aspergés de peinture: les suspects serbes écroués, possible influence russe

Trois Serbes  ont été mis en examen et écroués à Paris, suspectés d’avoir dégradé des lieux juifs à Paris avec de la peinture verte le week-end dernier “dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère”, possiblement la Russie.Selon une source judiciaire, ces deux hommés nés en 1995 et un né en 2003 sont mis en cause pour dégradations commises en réunion, en raison de la religion ou de l’ethnie supposée, et pour servir les intérêts d’une puissance étrangère, ce qui est passible de 20 ans de détention criminelle et de 300.000 euros d’amende.Selon une source proche du dossier, les enquêteurs suspectent la Russie d’avoir instigué ces actions, mais le dossier est à ce stade dépourvu d’éléments sur cela, selon une autre source proche.La Serbie, où se sont installés plusieurs dizaines de Russes ces trois dernières années, n’a jamais coupé ses liens historiques et politiques avec la Russie et n’a imposé aucune sanction à Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Contactés par l’AFP, les ministères serbes de la Justice et des Affaires étrangères n’avaient pas répondu vendredi.Selon la source proche du dossier, les mis en cause auraient échangé des messages sur Telegram avec d’autres protagonistes qui n’auraient pas été interpellés à ce stade. Les trois hommes, présentés par cette source comme des exécutants simplement motivés par une rémunération mais sans conscience des enjeux géopolitiques, avaient été interpellés lundi dans les Alpes-Maritimes alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le territoire. Deux suspects ont été placés en détention provisoire, le troisième sera fixé en milieu de semaine prochaine, selon la source judiciaire.”Il y a une disproportion manifeste entre les faits reprochés et la qualification criminelle retenue pour tous, indifféremment du rôle de chacun”, a réagi Julia d’Avout d’Auerstaedt, avocate d’un des deux frères mis en cause.”Nous parlons uniquement de jets de peinture en contrepartie d’une somme d’argent dérisoire” a aussi déploré Reda Ghilaci, avocat d’un troisième homme établi en France depuis plusieurs années.”Mon client a immédiatement reconnu les faits et a par ailleurs manifesté un profond respect pour notre pays dans lequel il a des attaches (…). Il avait sa place en comparution immédiate, pas à l’instruction criminelle”, a-t-il ajouté.- Opération de déstabilisation -Dans la nuit de vendredi à samedi, ces trois hommes sont suspectés d’avoir aspergé de peinture verte le mur des Justes du Mémorial de la Shoah, deux synagogues et un restaurant de la communauté juive, situés dans le 4e arrondissement de la capitale, ainsi qu’une synagogue du 20e arrondissement.Les faits ont été découverts au petit matin par des policiers en patrouille.Les caméras de surveillance du Mémorial et de deux synagogues ont capté des images de plusieurs hommes vêtus de noir. Un filmait, un autre lançait de la peinture, selon une des sources proches.Aucun message ni revendication n’a été trouvé sur place.Ces actes ont été immédiatement condamnés par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, la maire de Paris Anne Hidalgo et l’ensemble du spectre politique et a provoqué la colère d’Israël.La piste d’une opération de déstabilisation venue de l’étranger a “dès le départ” été envisagée “compte tenu des similitudes avec le mode opératoire” utilisé pour les tags de mains rouges sur le mur des Justes du Mémorial, l’an dernier, a confié en début de semaine à l’AFP une source proche de l’enquête.Dans cette affaire, trois Bulgares, soupçonnés de les avoir peintes, ont été mis en examen et écroués fin 2024.Ces tags, symboles pouvant êtres liés au lynchage de soldats israéliens à Ramallah en 2000, ont été analysés par les services de sécurité comme une opération d’ingérence de la part de russophones.A l’automne 2023, deux Moldaves ont été interpellés pour avoir tagué des étoiles de David sur des façades d’immeubles parisiens, dans une autre opération présumée d’ingérence.Viginum, l’organisme français de lutte contre les ingérences numériques étrangères, a affirmé début mai que près de 80 opérations de désinformation avaient été menées en ligne entre fin août 2023 et début mars 2025 par “des acteurs russes” ciblant principalement le gouvernement ukrainien et les pays soutenant l’Ukraine, dont la France.