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La Chine mène une deuxième journée de manoeuvres militaires autour de Taïwan

La Chine a lancé des roquettes et déployé des dizaines d’avions de combat et de navires autour de Taïwan mardi, pour une deuxième journée de manœuvres militaires simulant le blocus des ports de l’île dont le président a assuré ne pas souhaiter “aggraver les tensions”.Des journalistes de l’AFP présents à Pingtan, l’île chinoise la plus proche de l’île principale de Taïwan, ont vu une salve de roquettes exploser dans les airs vers 09H00 (01H00 GMT), laissant derrière elles des traînées de fumée blanche.Ils ont également vu des touristes se presser vers les barrières en bois surplombant la mer et sortir leurs téléphones pour prendre des photos et des vidéos de la dizaine de roquettes tirées à quelques secondes d’intervalle. “Unification de la mère patrie!”, a crié à l’unisson un groupe de femmes âgées qui posaient pour une photo. “A 09H30 (01H30 GMT), le 30 décembre, les forces terrestres du Commandement des zones orientales de l’APL ont mené des exercices de tir réel à longue portée dans les eaux au nord de l’île de Taïwan et ont obtenu les effets escomptés”, a indiqué l’armée chinoise dans un communiqué.Le ministère taïwanais de la Défense a déclaré mardi à 06H00 (22H00 GMT lundi) avoir détecté 130 avions militaires chinois ainsi que 22 navires autour de l’île en 24 heures. Il s’agit du nombre le plus élevé d’avions chinois signalés en une seule journée depuis le 15 octobre 2024.Le Commandement des zones orientales de l’armée chinoise a publié plus tôt une carte montrant les cinq espaces autour de Taïwan où sont prévus des “tirs à munitions réelles” jusqu’à 18H00 mardi (10H00 GMT).Ces exercices, nommés “Mission Justice 2025, sont “un sérieux avertissement adressé aux forces séparatistes de +l’indépendance de Taïwan+ et ils constituent une action légitime et nécessaire pour préserver la souveraineté et l’unité nationale de la Chine”, a jugé le colonel Shi Yi, porte-parole du Commandement chinois.Taïwan a pour sa part déclaré que certaines des zones désignées par la Chine pour ces manœuvres se trouvaient à moins de 12 milles nautiques (une vingtaine de kilomètres) de ses côtes.L’Administration de l’aviation civile taïwanaise a fait savoir que Pékin avait décrété une “zone de danger temporaire” pour une durée de dix heures mardi, “ce qui devrait perturber le trafic aérien dans la région”. Conséquence, selon elle, plus de 857 vols intérieurs, internationaux et de transit, seront affectés dans la journée.Des dizaines de vols à destination des îles taïwanaises de Kinmen et Matsu, situées tout proche des côtes chinoises, ont été annulés mardi, affectant environ 6.000 passagers, a ensuite ajouté la même source. – Ne pas “provoquer” -Les gardes-côtes taïwanais ont indiqué mardi avoir déployé 14 navires pour surveiller l’activité navale, “en employant une approche de suivi individuel afin de dissuader fermement les navires” chinois. Le président taïwanais Lai Ching-te a néanmoins promis mardi matin que Taïwan n’allait ni “provoquer” Pékin ni “aggraver les tensions”, dans un message publié sur Facebook.Lundi, Taïwan a “mené un exercice de riposte rapide”. Ces exercices militaires pilotés par le Parti communiste chinois au pouvoir sont “hautement provocateurs et imprudents”, a déclaré mardi un porte-parole du ministère de la Défense de Taipei, ajoutant qu’ils “compromettent gravement la paix et la stabilité régionales”.Le président américain Donald Trump a dit lundi ne pas être préoccupé par ces manœuvres, affirmant “ne pas croire” que son homologue chinois Xi Jinping puisse ordonner une invasion. La Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et menace de recourir à la force militaire pour s’en emparer.Les tensions dans le détroit ont été ravivées par une vente d’armes massive de Washington à Taipei mi-décembre, la deuxième depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour 11,1 milliards de dollars au total, soit le montant le plus important depuis 2001. “En réponse aux provocations continues des forces indépendantistes à Taïwan et aux ventes d’armes à grande échelle des Etats-Unis à Taïwan, nous devons bien sûr nous y opposer résolument et les contrer avec force”, a réagi mardi le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.S’exprimant lors d’une conférence annuelle sur les relations internationales à Pékin, Wang Yi a assuré que toute tentative visant à empêcher l’unification de la Chine et de Taïwan se solderait “inévitablement par un échec”.Le porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères, Park Il, a déclaré que Séoul appelait “à la paix et à la stabilité” et espérait que “les relations entre les deux rives du détroit se développeraient pacifiquement grâce au dialogue et à la coopération”.burs-je/abs/vgu/pz

Sur une île chinoise proche de Taïwan, les exercices militaires nourrissent les rêves d’unification

Sur l’île chinoise de Pingtan mardi, un groupe de touristes tournent autour d’un petit temple perché sur des rochers qui surplombent la mer, lorsqu’un bruit de tonnerre surgit depuis un îlot proche, laissant apercevoir une roquette dans le ciel bleu clair.Située à seulement 130 kilomètres des côtes taïwanaises, Pingtan se trouve en première ligne des exercices militaires chinois simulant une attaque de l’île de Taïwan.Plus bas, des passant se ruent vers l’océan et sortent leurs téléphones pour prendre une photo des projectiles, qui laissent un chemin de fumée après leur passage.”Notre pays devient de plus en plus fort et prospère (…) c’est pourquoi il a les moyens de le faire”, estime Mme Chen, une touriste de 63 ans, qui s’adresse à l’AFP après avoir assisté à la scène. Mme Chen, en visite depuis la province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine, a dit s’être rendue autrefois à Taïwan et espérer que “le résultat final” pour les deux parties sera une “unification pacifique”.Plus loin, un groupe de femmes pose pour une photo devant l’entrée du temple, avant de crier en chœur: “Unification de la patrie!” Elles sont venues spécialement du Sichuan (sud-ouest) pour visiter le point le plus proche de Taïwan en Chine. “Vu d’ici, même si on ne peut pas voir (l’île), on a l’impression d’être vraiment tout près”, a déclaré à l’AFP une femme de 59 ans, dont le nom de famille est Zhang.Pour elle, les manœuvres sont un “moyen de dissuasion” pour ceux qui prônent l’indépendance de Taïwan.”Si nous ne les dissuadons pas, ces séparatistes taïwanais continueront d’influencer leur peuple et de maintenir une attitude rebelle à notre égard et envers le Parti communiste chinois.”- “Paix” et “harmonie” -Pékin revendique l’île comme une partie intégrante de son territoire et menace de la reprendre par la force.Taïwan n’a jamais été gouvernée par la Chine communiste, mais Pékin estime que l’île a appartenu à la Chine depuis “des temps anciens”.Et bien que Taïwan se définisse comme une nation souveraine, le gouvernement n’a jamais déclaré formellement l’indépendance de l’île, ce qui serait considéré comme une ligne rouge pour la Chine.Des journalistes de l’AFP ont pu apercevoir mardi deux navires des garde-côtes dans les eaux près de Pingtan, ainsi que deux avions de chasse et un navire militaire la veille.Habitués ces dernières années aux avions de chasses pendant les exercices militaires, les habitants de Pingtan ont montré moins d’enthousiasme que les touristes face aux derniers événements.Dans un village sur la côte, certaines personnes tiraient de l’eau depuis un puits pendant que d’autres regardaient la télévision chez eux, refusant les demandes de l’AFP de parler de Taïwan.Un homme, qui a préféré parler sous couvert de l’anonymat, a fait les louanges de l’ancien président taïwanais Ma Ying-jeou qui durant son mandat (2008-2016), a promu des relations plus chaleureuses entre la Chine et Taïwan.”Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, nous sommes tous allés là-bas (près de Taïwan) pour pêcher”, mais la situation s’est tarie sous l’actuel dirigeant Lai Ching-te, soutient le sexagénaire de 65 ans.Une femme, qui n’a donné que son nom de famille, Nian, a indiqué qu’elle suivait parfois l’actualité concernant Taïwan, car sa soeur y vit avec son mari taïwanais. Si la Chine devait un jour prendre Taïwan par la force, ce serait “quelque chose qu’ils n’auraient pas d’autre choix que de faire”, a déclaré la femme de 58 ans à l’AFP devant son domicile.”Ce que nous avons toujours souhaité au fond de nous, c’est la paix et l’harmonie.”

Yémen: la coalition menée par Ryad dit avoir visé des armements livrés des Emirats pour les séparatistes

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a annoncé mardi avoir ciblé des cargaisons d’armes et de véhicules au Yémen en provenance des Emirats arabes unis et destinées aux séparatistes, qui ont pris de vastes portions du pays ces dernières semaines.La coalition avait prévenu samedi qu’elle soutiendrait le gouvernement yéménite et riposterait à toute action militaire de ces derniers, les appelant à se retirer “pacifiquement” des provinces récemment conquises.”En raison des risques et de l’escalade que représentent ces armes, qui menacent la sécurité et la stabilité, les forces aériennes de la coalition ont mené ce matin une opération militaire limitée visant les armes et les véhicules de combat qui avaient été déchargés des deux navires dans le port d’al-Mukalla”, a rapporté l’agence officielle saoudienne SPA.”Les équipages de deux bateaux ont désactivé leurs systèmes de suivi et déchargé une grande quantité d’armes et de véhicules de combat pour soutenir les forces du Conseil de transition du Sud (STC)”, a ajouté l’agence, précisant que les navires étaient arrivés du port de Fujairah, sur la côte est des Emirats arabes unis.Selon la même source, l’opération n’a fait aucune victime, ni de dégât collatéral.Dans une vidéo d’images aériennes diffusée sur les réseaux sociaux par l’agence, on peut voir du mouvement sur des bateaux, puis des dizaines de véhicules circuler dans le port avant de se rassembler sur un terrain vague.Un responsable de l’infrastructure, qui a requis l’anonymat, a expliqué à l’AFP avoir reçu un appel à évacuer vers 04H00 (01H00 GMT), “un quart d’heure avant la frappe”.”L’évacuation s’est terminée et une frappe a eu lieu un quart d’heure plus tard sur un terrain vague à l’intérieur du port. Le feu brûle toujours. Nous n’avons pas pu amener des camions de pompiers par crainte d’explosions”, a-t-il poursuivi.Les autorités ont fermé les routes vers le port, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.- Conquêtes des séparatistes -Ces annonces interviennent après des frappes sur des positions des séparatistes, qui les avaient imputées au voisin saoudien, allié du gouvernement yéménite.Soutenu par les Emirats arabes unis, le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud (STC) s’est emparé ces dernières semaines de vastes portions de territoire notamment dans l’Hadramout, sans rencontrer de grande résistance. Et ses partisans l’appellent à rétablir un Etat dans le sud du Yémen, où une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990.Dans ce contexte tendu, le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale a demandé vendredi à la coalition militaire de prendre des “mesures” pour le soutenir.Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait appelé vendredi à la “retenue”, tout en évitant de prendre parti entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, deux partenaires clés de Washington.Ces nouvelles tensions pourraient fragiliser davantage encore le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, au coeur de rivalités régionales.Un conflit a éclaté en 2014 entre d’un côté, le gouvernement et ses alliés, dont le STC, et de l’autre, les rebelles houthis pro-iraniens, faisant des centaines de milliers de morts, morcelant le pays et provoquant l’une des pires crises humanitaires au monde. Une trêve conclue en 2022 est globalement respectée.La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, rivale de l’Iran, avait été créée en 2015 pour apporter son soutien au gouvernement yéménite. 

Décision clé attendue sur l’avenir de l’A69

Décision cruciale dans le dossier de l’A69: la justice administrative doit dire mardi si le chantier de l’autoroute contestée entre Toulouse et Castres, entamé en 2023, peut se poursuivre ou s’il doit être à nouveau arrêté, comme le demandent les militants écologistes.Les opposants à cette autoroute, devenue un emblème des luttes environnementales contre des projets jugés dépassés à l’heure du changement climatique, craignent que l’arrêt rendu par la cour administrative d’appel de Toulouse ne leur soit défavorable.Le rapporteur public, dont l’avis est en général suivi par les juridictions administratives, a effectivement recommandé la poursuite des travaux.Compte tenu de la “taille critique” du bassin de population et d’emploi des villes de Castres et de Mazamet, dans le sud du Tarn, il est “difficile de lui dénier la nécessité d’une liaison autoroutière” avec la métropole toulousaine, a estimé le rapporteur Frédéric Diard, lors de l’audience le 11 décembre.Le magistrat a donc demandé l’annulation du jugement du tribunal administratif de Toulouse qui, le 27 février, avait stoppé le chantier, mis en pause de fin février à fin mai.L’hiver dernier, le tribunal avait invalidé l’autorisation environnementale de l’A69, estimant que ce projet d’autoroute ne présentait pas de Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), impératif juridique justifiant les atteintes à l’environnement causées par ce type d’infrastructure.A la demande de l’État et du constructeur et futur concessionnaire Atosca, la cour administrative d’appel a néanmoins autorisé le 28 mai la reprise du chantier, en attendant de se prononcer sur le fond.”Le droit et les avis techniques plaident pour la confirmation de la décision de première instance”, a soutenu à l’audience, Me Julie Rover, avocate des associations d’opposants, pour qui “l’anomalie juridique” serait un arrêt de la cour conforme à la position du rapporteur public.- Dépassements du chantier -Dès l’issue des débats, le 11 décembre, les anti-A69 ne cachaient pas leur pessimisme vis-à-vis de la décision attendue ce mardi, mettant notamment en cause l’impartialité de la cour, présidée dans ce dossier par le même magistrat, Denis Chabert, ayant déjà autorisé la reprise des travaux en mai dernier.Ils espèrent néanmoins que les dépassements non autorisés du périmètre du chantier de l’autoroute, constatés en novembre, et reconnus par le constructeur lui-même pourront peut-être faire pencher la balance en leur faveur.”Si elle ne confirme pas l’annulation de l’autorisation du chantier, la cour doit au moins rouvrir le dossier pour analyser l’impact environnemental de ces emprises supplémentaires”, a ainsi déclaré à l’AFP un porte-parole de La Voie est libre (LVEL), collectif d’opposants au projet.Pour ces militants écologistes, “le sujet de ces emprises illégales a un impact sur la compensation du projet”, à savoir l’obligation pour le constructeur de “compenser” les impacts négatifs sur l’environnement du projet. De ce fait, “il a un impact sur la décision qui va être rendue” mardi, souligne ce porte-parole de LVEL, même si, lors de l’audience, M. Chabert avait bien pris soin de préciser que cette question n’était justement pas au coeur des débats.Dans une autre procédure entamée par ces opposants à l’A69, la justice pénale doit se prononcer le 12 janvier sur le sort de ces emprises non autorisées, le parquet ayant pointé “la gravité des atteintes à l’environnement relevées” et requis la suspension des travaux dans ces zones.”L’importance des dépassements d’emprise, ainsi que le caractère incomplet des documents adressés” par le futur concessionnaire Atosca qui supervise les travaux, ont d’ailleurs conduit le 19 décembre les préfets du Tarn et de la Haute-Garonne à “geler la situation du chantier pour les zones situées hors emprise de l’autorisation environnementale initiale”.Hormis “ces surfaces complémentaires utilisées de façon temporaire pour la logistique du chantier (…), les travaux se poursuivront sur la surface de référence de l’autoroute conformément à l’autorisation environnementale” portant sur 340 hectares, avait réagi le constructeur.Selon le calendrier convenu avec l’Etat, Atosca prévoit une inauguration de cette autoroute à l’automne 2026.

La Chine lance des manoeuvres militaires simulant un blocus des ports de Taïwan

La Chine a lancé lundi des manœuvres militaires simulant le blocus des ports de Taïwan, dans un contexte de tensions particulièrement fortes après une vente d’armes américaines massive à cette île qui a déployé ses propres forces en riposte et dénoncé l’”intimidation” de Pékin.L’armée chinoise “utilise des destroyers, des frégates, des chasseurs, des bombardiers et …

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Législatives en Côte d’Ivoire: écrasante victoire du parti au pouvoir

Le parti au pouvoir en Côte d’Ivoire a remporté une très large majorité aux élections législatives de samedi, consolidant un peu plus son hégémonie, deux mois après la réélection d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat. Fin octobre, M. Ouattara avait été réélu avec près de 90% des voix, lors d’un scrutin privé des deux grandes figures …

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Moscou accuse Kiev d’avoir attaqué la résidence de Poutine, Zelensky dénonce un “mensonge”

Moscou a accusé lundi Kiev d’avoir lancé dans la nuit une attaque de drones sur la résidence du président russe Vladimir Poutine, prévenant que sa position dans les négociations en cours pour mettre fin au conflit en Ukraine serait de ce fait “réexaminée”.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a aussitôt qualifié cette accusation de “mensonge” destiné …

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Tweets d’un militant égypto-britannique: Londres ordonne une enquête

La ministre britannique des Affaires étrangères a ordonné lundi une enquête urgente sur les “graves manquements à l’information” dans le cas d’un militant britanno-égyptien qui a obtenu la citoyenneté britannique malgré des publications passées jugées “odieuses” sur les réseaux sociaux.Le militant des droits humains Alaa Abdel Fattah, récemment rentré au Royaume-Uni après plusieurs années de …

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La Chine lance des manoeuvres militaires simulant un blocus des ports de Taïwan

La Chine a lancé lundi des manœuvres militaires simulant le blocus des ports de Taïwan, dans un contexte de tensions particulièrement fortes après une vente d’armes américaines massive à cette île qui a déployé ses propres forces en riposte et dénoncé l'”intimidation” de Pékin.L’armée chinoise “utilise des destroyers, des frégates, des chasseurs, des bombardiers et des drones” dans le cadre de ces exercices, qui comprennent “des tirs à munitions réelles sur des cibles maritimes”, a déclaré son commandement pour la zone.Taïwan, qui a de son côté dit avoir “mené un exercice de riposte rapide”, a annoncé avoir détecté 89 avions militaires, ainsi que 28 navires de guerre et des garde-côtes chinois, à proximité de son territoire.Le président américain Donald Trump a dit lundi ne pas être préoccupé par ces manoeuvres, affirmant ne pas croire que son homologue chinois Xi Jinping puisse ordonner une invasion. “Je ne crois pas qu’il le fera”, a-t-il dit à des journalistes en parlant du président chinois, depuis sa résidence Mar-a-Lago, en Floride.Egalement interrogé pour savoir si les exercices lancés lundi par la Chine pour simuler le blocus des ports de Taïwan l’inquiétaient, le président américain a répondu: “Non, rien ne m’inquiète.”Il s’agit du nombre le plus élevé d’avions chinois signalés en une seule journée depuis le 15 octobre 2024.Le ministère taïwanais de la Défense, tout en qualifiant le Parti communiste chinois d'”agresseur”, a en outre fait état, sans autres précisions, d’une formation de navires d’assaut amphibie chinois opérant dans le Pacifique occidental.- Tensions internationales -“Toute manoeuvre malveillante visant à entraver la réunification de la Chine est vouée à l’échec”, a quant à lui assuré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, pendant une conférence de presse régulière.”Les forces extérieures qui tentent d’utiliser Taïwan pour contenir la Chine et d’armer Taïwan ne feront qu’encourager l’arrogance des partisans de l’indépendance et pousser le détroit de Taïwan dans une situation périlleuse de guerre imminente”, a-t-il mis en garde. La Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et menace de recourir à la force militaire pour s’en emparer.Les tensions dans le détroit ont été ravivées par une vente d’armes massive des Etats-Unis à Taipei mi-décembre, la deuxième depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour 11,1 milliards de dollars au total, soit le montant le plus important depuis 2001. La Chine a répondu la semaine dernière en infligeant des sanctions à 20 entreprises américaines du secteur de la défense.Cette démonstration de force à grande échelle intervient également après des semaines de disputes diplomatiques entre Pékin et Tokyo au sujet de Taïwan, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi ayant laissé entendre en novembre que son pays pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre cette île. Une déclaration qui a suscité l’ire de la Chine.- “Mission Justice 2025” -Des journalistes de l’AFP présents à Pingtan, l’île chinoise la plus proche de Taïwan, ont aperçu deux chasseurs en train de survoler la zone et un navire de guerre au loin. Des touristes présents sur les lieux, qui flânaient et prenaient des photos, ont dit tout ignorer des manoeuvres en cours. Une femme originaire de Mongolie-Intérieure, dans le nord de la Chine, Mme Guo, a confié à l’AFP être convaincue que la réunification n’était “qu’une question de temps”. “A partir du 29 décembre, le Commandement des zones orientales de l’APL (armée chinoise) déploie ses troupes de l’Armée de terre, de la Marine, de l’Armée de l’air et de la Force des missiles pour effectuer des exercices militaires conjoints baptisés +Mission Justice 2025+”, a expliqué en début de matinée dans un communiqué le colonel Shi Yi, le porte-parole du Commandement chinois.Les troupes chinoises se focaliseront sur “les patrouilles de préparation au combat air-mer, la saisie conjointe de la supériorité globale, le blocus de ports et de zones clés, ainsi que la dissuasion multidimensionnelle”, a souligné l’officier.Dans un communiqué séparé, une carte montre cinq zones autour de Taïwan où des “tirs à munitions réelles vont être organisés” de 08H00 à 18H00 mardi (00H00 à 10H00 GMT).- Trafic maritime et aérien perturbé -“Pour des raisons de sécurité, il est conseillé à tout navire ou avion non concerné de ne pas pénétrer dans les eaux et l’espace aérien susmentionnés”, est-il précisé.”En réponse au mépris des autorités chinoises pour le droit international et à leur utilisation de l’intimidation militaire pour menacer les pays voisins, Taïwan exprime sa ferme condamnation”, a réagi la porte-parole de la présidence de Taïwan, Karen Kuo.Les exercices de cette semaine sont “un sérieux avertissement adressé aux forces séparatistes de +l’indépendance de Taïwan+ et ils constituent une action légitime et nécessaire pour préserver la souveraineté et l’unité nationale de la Chine”, a jugé Shi Yi.Des navires chinois devraient “s’approcher de l’île de Taïwan à très courte distance en provenance de différentes directions”, a-t-il précisé.Taïwan a pour sa part déclaré que certaines des zones désignées par la Chine pour ces manoeuvres se trouvaient à moins de 12 milles marins de ses côtes.L’Administration de l’aviation civile taïwanaise a fait savoir que Pékin avait décrété une “zone de danger temporaire” pour une durée de dix heures mardi, “ce qui devrait perturber le trafic aérien dans la région”. Conséquence, selon elle, plus de 100.000 passagers répartis sur 857 vols intérieurs, internationaux et de transit, seront affectés ce jour-là.

Législatives en Côte d’Ivoire: écrasante victoire du parti au pouvoir

Le parti au pouvoir en Côte d’Ivoire a remporté une très large majorité aux élections législatives de samedi, consolidant un peu plus son hégémonie, deux mois après la réélection d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat. Fin octobre, M. Ouattara avait été réélu avec près de 90% des voix, lors d’un scrutin privé des deux grandes figures d’opposition, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, radiées des listes électorales. Selon les résultats définitifs proclamés lundi par la Commission électorale indépendante (CEI), le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) rafle 197 des 255 sièges, soit 77%. C’est 34 sièges de plus que dans l’Assemblée sortante.  La participation est toutefois restée faible, à 35% (presque 3 points de moins qu’en 2021), après une présidentielle où un électeur sur deux s’était déjà abstenu.Comme prévu, le RHDP a fait le plein dans le nord du pays, son fief historique dominé par l’ethnie malinké du président Ouattara, où ses scores atteignent parfois 100%. Mais le parti a également consolidé son ancrage dans les zones du sud et de l’ouest, historiquement favorables à l’opposition. “RHDP: big respect! La Côte d’Ivoire en orange”, la couleur du parti, se réjouissait lundi le quotidien pro-pouvoir Le Patriote, tandis que le Nouveau Réveil (opposition) dénonçait “des fraudes” à sa une. Le vote s’est “globalement réalisé conformément aux lois et règlements en vigueur, nonobstant quelques faits de violences et irrégularités qui n’ont eu aucune incidence sur la sincérité des opérations électorales”, a déclaré lundi le président de la CEI, Ibrahime Kuibiert Coulibaly. – Opposition laminée -L’opposition ressort laminée de ce scrutin: le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation d’opposition dont le président Tidjane Thiam est hors du pays depuis mars, a subi un lourd revers. Son nombre de députés est divisé par deux et passe de 66 à 32.  Il résiste principalement dans la capitale économique Abidjan et dans des localités du centre, son bastion. L’autre grande formation d’opposition, le Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (PPA-CI) de l’ex-président Laurent Gbagbo, avait appelé au boycott et n’avait pas présenté de candidats. Il perd donc ses 18 élus de la mandature précédente. Enfin, une vingtaine de députés ont été élus en tant qu’indépendants, mais une grande partie d’entre eux sont des dissidents du RHDP qui pourraient voter avec la majorité lors des cinq prochaines années.Au pouvoir depuis 2011, M. Ouattara aura pour son quatrième mandat une mainmise totale sur les institutions du pays: son parti a une majorité encore plus large au Sénat et est à la tête de 80% des régions et deux tiers des communes. Ses supporters vantent le dynamisme économique du pays, premier producteur mondial de cacao, et la stabilité dans une région troublée par les putschs et les attaques jihadistes. Ses détracteurs dénoncent, eux, l’étouffement de l’opposition et la restriction des libertés. La question de la succession du président qui aura 84 ans jeudi et qui a promis “la transmission générationnelle” pour ce dernier mandat, devrait s’inviter dans les débats politiques ivoiriens. Tout remaniement éventuel sera particulièrement scruté après ces législatives où les grandes figures du RHDP ont toutes gagné. L’actuel dauphin constitutionnel, le vice-président Tiemoko Meyliet Koné a été élu avec 99,93% à Tafiré (nord), le puissant ministre de la Défense et frère du chef de l’Etat, Tene Birahima Ouattara a raflé la commune populaire abidjanaise d’Abobo avec 88%, tandis que le Premier ministre Robert Beugré Mambé a réuni 95% des voix à Songon (sud). Quant au président sortant de l’Assemblée nationale, le populaire Adama Bictogo, il a remporté la commune de Yopougon, à Abidjan, un ancien fief de Laurent Gbagbo, avec 68% des voix. Quelques ministres se démarquent aussi, notamment Mamadou Touré (Jeunesse) et Amadou Koné (Transports) qui se sont largement imposés dans les importantes villes de Daloa et Bouaké (centre). Du côté de l’opposition, tout est désormais à reconstruire et la question de l’avenir de Tidjane Thiam à la tête du PDCI pourrait se poser au sein du parti, après cet échec. Celui de Laurent Gbagbo devrait quant à lui s’écrire loin de l’arène politique. L’ancien chef de l’Etat a annoncé il y a deux mois qu’il allait quitter ses fonctions de président du parti.