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Un Salvadorien expulsé à tort ramené aux Etats-Unis, après des mois de bataille judiciaire

Un immigré salvadorien que l’administration Trump se disait dans l’incapacité de ramener malgré son expulsion “par erreur” au Salvador a été reconduit vendredi aux Etats-Unis où il devra répondre d’accusations de trafic de migrants, a annoncé la ministre de la Justice, Pam Bondi.Le cas de Kilmar Abrego Garcia, habitant du Maryland (est) marié à une Américaine, cristallise depuis près de trois mois l’opposition entre la justice fédérale, dont la Cour suprême, et l’exécutif, accusé d’obstruction et de mauvaise foi vis-à-vis des tribunaux qui contrarient sa politique d’expulsions massives.Il fait partie des plus de 250 hommes expulsés le 15 mars vers le Salvador, la plupart pour appartenance présumée au gang vénézuélien Tren de Aragua, déclaré organisation “terroriste” par Washington. Ils ont été incarcérés dans une prison de haute sécurité connue pour la dureté de ses conditions.L’administration Trump a ensuite reconnu en justice que la présence parmi eux de Kilmar Abrego Garcia résultait d’une “erreur administrative”, puisqu’un arrêté d’expulsion à son encontre vers le Salvador avait été définitivement annulé en 2019.Elle l’accuse en outre, malgré son absence de casier judiciaire, d’appartenir au gang salvadorien MS-13, également classé “terroriste” par les Etats-Unis en février.”Abrego Garcia a atterri aux Etats-Unis pour y faire face à la justice”, a déclaré la ministre Pam Bondi, faisant état de son inculpation par un grand jury du Tennessee (sud) en mai, rendue publique vendredi, pour trafic de migrants depuis 2016.”Nous voulons remercier le président (salvadorien Nayib) Bukele d’avoir accepté de le renvoyer aux Etats-Unis. Notre gouvernement a soumis au Salvador un mandat d’arrêt et ils ont accepté de le renvoyer dans notre pays”, a-t-elle ajouté.S’il est reconnu coupable, Kilmar Abrego Garcia purgera sa peine aux Etats-Unis avant d’être expulsé vers le Salvador, a indiqué Mme Bondi.- “Bafoué la Constitution” -Lors d’une rencontre à la Maison Blanche en avril, le président Donald Trump et son homologue salvadorien s’étaient pourtant déclarés dans l’incapacité de remédier à cette situation.M. Bukele a assuré vendredi sur X qu’il n’avait pas changé de position. “Mais nous travaillons avec l’administration Trump et s’ils demandent le retour d’un membre de gang pour faire face à la justice, bien sûr nous n’allons pas refuser”, a-t-il fait valoir.”Pendant des mois, l’administration Trump a bafoué l’autorité de la Cour suprême et notre Constitution”, a réagi dans un communiqué le sénateur démocrate Chris Van Hollen, qui avait pu rencontrer brièvement Kilmar Abrego Garcia en avril au Salvador.”Aujourd’hui, il semble qu’elle se soit enfin rendue à nos exigences de respecter les décisions de justice et les droits de se défendre accordés à quiconque aux Etats-Unis”, s’est-il félicité.Le sénateur avait précisé après la rencontre que Kilmar Abrego Garcia avait été transféré dans une autre prison aux conditions de détention moins rudes, mais toujours sans accès au monde extérieur ni contact avec sa famille.Donald Trump a érigé la lutte contre l’immigration clandestine en priorité absolue, évoquant une “invasion” des Etats-Unis par des “criminels venus de l’étranger” et communiquant abondamment sur les expulsions d’immigrés.Mais son programme d’expulsions massives a été contrecarré ou freiné par de multiples décisions de justice, y compris de la part de la Cour suprême, notamment au motif que les personnes visées devaient pouvoir faire valoir leurs droits.

Après le divorce entre Trump et Musk, des craintes de conséquences en cascade

Elon Musk ne figure certainement plus sur des listes d’invités aux galas de la Maison Blanche. Mais sa rupture brutale avec Donald Trump pourrait aller au-delà de la simple brouille et avoir de réelles répercussions pour les deux camps.”Sortez le popcorn”, a prévenu Chaim Siegel, analyste chez la société de conseil financier Elazar Advisors, après les échanges acrimonieux entre deux des personnalités les plus puissantes au monde, sur leurs réseaux sociaux.”Je n’ai jamais vu deux personnes de cette stature s’affronter aussi violemment depuis que je suis dans le métier. Ce n’est bon pour aucun des deux camps”, a-t-il dit.Les proches de Trump craignent que ce divorce très public entre le président et Musk -qui se sont accusés de “folie” pour l’un, “d’ingratitude” pour l’autre- ait des conséquences sur les prochaines élections, dès l’an prochain.Ils redoutent aussi qu’il abîme les liens entre l’administration et les milliardaires de la Silicon Valley, dont certains avaient embrassé la cause de Trump l’an dernier.Cet affrontement, qualifié de “Choc des Titans” par les médias américains, a d’ailleurs ébranlé la fragile coalition entre le mouvement “Maga” (“Make America Great Again”, “Rendre à l’Amérique sa grandeur”) de Trump et les “tech bros” favorables à Musk.Des trumpistes influents comme l’idéologue d’extrême droite Steve Bannon ont ainsi demandé d’enquêter sur le statut migratoire d’Elon Musk, quinquagénaire né en Afrique du Sud, sur son habilité à accéder à des informations confidentielles et sur sa consommation présumée de drogues.Au Congrès, des républicains ont appelé à un cessez-le-feu, craignant qu’Elon Musk ne cherche à se venger contre eux lors des élections de mi-mandat de novembre 2026, notamment avec sa fortune.C’est aussi le cas du milliardaire et financier Bill Ackman, qui demande aux deux hommes de “faire la paix pour le bien du pays”.- “Pour encore 40 ans” -Musk, l’homme le plus riche du monde, a contribué à hauteur de 290 millions de dollars à la campagne de Trump et d’autres républicains en 2024. Aujourd’hui, il considère que l’ex-magnat de l’immobilier “aurait perdu” la présidentielle sans lui.En récompense de son soutien financier, il avait obtenu de prendre la tête d’une commission gouvernementale chargée de tailler dans les dépenses publiques, limogeant des fonctionnaires à tour de bras.Ce rôle de tronçonneur en chef a toutefois plombé sa popularité et celle de ses Tesla, désormais menacées par la “grande et belle loi” budgétaire de Trump via la suppression du crédit d’impôts pour l’achat d’un véhicule électrique. Ce mégaprojet de loi est d’ailleurs à l’origine du divorce Trump/Musk.Le président menace maintenant de lui supprimer ses nombreux contrats avec le gouvernement, alors que son groupe aérospatial Space X bénéficie de plus de 22 milliards de dollars d’argent public.”SpaceX est très lié au gouvernement”, assure Dan Ives, analyste de Wedbush Securities. “Vous ne pouvez pas avoir un ennemi (à la Maison Blanche) qui était auparavant votre meilleur ami.” Si Donald Trump est souvent belliqueux dans ses prises de bec sur les réseaux sociaux, c’est lui qui s’est montré le plus modéré des deux ces derniers jours. Il craint peut-être que son ancien allié, gonflé par sa plateforme X, ne parvienne à convaincre le Congrès de saborder sa “grande et belle loi” adorée.Mais même s’ils ont d’abord accueilli Elon Musk -et ses millions- à bras ouverts, approuvant ses appels à la réduction drastique des dépenses fédérales, les parlementaires républicains -dont la plupart seront en campagne en 2026- se sont rangés derrière le président.Il faut dire que Donald Trump s’est fait une spécialité d’évincer ceux qui ne suivent pas sa ligne de conduite.”A chaque message (sur les réseaux sociaux), le public est plus en phase avec le président et (Musk) perd ses faveurs”, croit ainsi savoir Kevin Hern, un parlementaire républicain interrogé par le site d’information politique NOTUS.Mais Elon Musk a déjà prévenu son monde sur X: “Trump a encore trois ans et demi en tant que président. Moi, je serai là pour encore 40 ans.”

Olivier Faure réélu à la tête d’un PS à “rassembler” et à crédibiliser pour 2027

Réélu de justesse à la tête du Parti socialiste, Olivier Faure va devoir s’atteler à la lourde tâche de “rassembler” le parti, toujours divisé sur la ligne stratégique, et lui permettre de se poser en alternative crédible pour 2027, sur le projet et le candidat.Le patron des socialistes, réélu sur le fil dans la nuit de jeudi à vendredi, avec 50,9% des voix, contre 49,1% pour Nicolas Mayer-Rossignol, a dit sur TF1 vouloir “rassembler” sa famille politique, après plusieurs mois de campagne qui ont étalé de profondes divisions internes, mais aussi “rassembler la gauche et les écologistes” et “renverser la table” face à “l’internationale réactionnaire”. Un peu plus tôt, Nicolas Mayer-Rossignol l’a exhorté à répondre aux attentes de “changement”, d'”affirmation” et de “clarté” dans les alliances avec LFI, exprimées par une partie des électeurs.Le score serré oblige la direction sortante à donner “des gages”, a-t-il martelé lors d’une conférence de presse. Le député Philippe Brun a assuré qu’ils étaient “ouverts au rassemblement”, mais “nous n’irons pas dans une direction s’il n’y a pas de discussions sur le fond, ni de motion de synthèse”.Dans le camp d’Olivier Faure, on se dit disposé à travailler avec Boris Vallaud et Nicolas Mayer-Rossignol, mais “sur la base de la ligne qui a gagné le congrès”.Une gageure, d’autant que Nicolas Mayer-Rossignol a régulièrement accusé Olivier Faure de “gestion clanique”, de manque de travail et d'”ambiguïté” vis-à-vis de LFI.Le premier secrétaire a promis, comme ses concurrents, qu’il n’y aurait pas d’accords nationaux avec la formation mélenchoniste pour les prochaines échéances électorales. – Accords au cas par cas avec LFI-Mais le PS pourrait à nouveau discuter d’accords “au cas par cas” avec LFI pour contrer le Rassemblement national, a nuancé vendredi la maire de Nantes Johanna Rolland, proche d’Olivier Faure. M. Mayer-Rossignol a exigé “une clarté absolue sur le refus de ce type d’alliance”. Olivier Faure a répondu sur TF1 qu’il existait déjà des coalitions avec LFI dans certaines villes. “Partout où ça existe, je vois pas pourquoi on y renoncerait”.En début de nuit, les résultats provisoires avaient donné lieu à une querelle de chiffres, laissant craindre le même pugilat qu’au congrès de Marseille en 2023. Mais les deux concurrents ont eu à cœur de ne pas rejouer le même scénario, et Olivier Faure a finalement été annoncé vainqueur vers 4H00 du matin, son concurrent reconnaissant sa défaite. Les résultats seront officiellement validés lors d’un congrès à Nancy du 13 au 15 juin. Olivier Faure a bénéficié du soutien de Boris Vallaud, le troisième homme du congrès, qui n’avait pas donné de consigne de vote mais indiqué qu’il voterait pour lui. Le premier secrétaire doit désormais réconcilier un parti divisé notamment sur la stratégie pour la présidentielle.Lui, tout comme Boris Vallaud, prônent une candidature commune de la gauche non-mélenchoniste pour 2027, allant du leader de Place publique Raphaël Glucksmann à l’ex-député LFI François Ruffin.Nicolas Mayer-Rossignol défend pour sa part une candidature issue d'”un grand Parti socialiste” réunissant les socialistes et ceux qui gravitent autour, comme Bernard Cazeneuve ou Raphaël Glucksmann.       Sur LCI, le leader de Place Publique a adressé ses félicitations à Olivier Faure – avec qui il nourrit une relation en dents de scie – en rappelant qu’il était “allié” avec le PS. Bernard Cazeneuve, de son côté, a profité de ce scrutin pour inviter vendredi soir dans une vidéo ceux qui le souhaitent à le rejoindre, plaidant pour retrouver “l’esprit de responsabilité” pour gouverner.- Faire émerger un candidat –      A 56 ans, Olivier Faure va devoir donner un nouvel élan en vue des élections municipales puis présidentielle, alors qu’il dirige le parti depuis 2018.Il a déjà annoncé que les axes programmatiques seraient dévoilés lors des journées d’été du parti à Blois fin août, avant la présentation d’un projet fin novembre. Le camp Mayer-Rossignol réclame “une phase de six mois pour préparer un vrai programme”, qui ne sera pas “l’actualisation de celui du Nouveau Front populaire”.  Dans un parti de seulement 40.000 adhérents, et où ses concurrents ont répété à l’envi que le PS ne produisait plus d’idées, Olivier Faure devra en outre faire émerger un candidat socialiste potentiel.Beaucoup en interne sont persuadés qu’il souhaite endosser le costume, même s’il s’est gardé d’exprimer toute ambition. Tout juste a-t-il concédé qu’il ne se “déroberait” pas.”Sa légitimité pour une éventuelle candidature n’est pas renforcée par le résultat” du scrutin, a remarqué M. Mayer-Rossignol.

Un incendie dans une tour HLM fait quatre morts dont deux adolescents à Reims

Quatre personnes, dont deux adolescents, sont morts dans l’incendie d’un immeuble HLM de dix étages dans la nuit de jeudi à vendredi à Reims, un drame pour lequel la piste accidentelle est jugée “très probable”.Parmi les victimes se trouvent “probablement” deux frères âgés de 13 et 15 ans, qui vivaient dans un appartement avec leur beau-père, selon le procureur de Reims François Schneider.Le corps du plus jeune, qui s’était défenestré face à la furie des flammes, a été reconnu par sa famille. Un second corps, retrouvé calciné dans l’appartement, est probablement celui de son frère aîné mais n’a pas encore pu être “formellement identifié” pour l’instant, a détaillé le procureur.”Les deux autres victimes sont un homme âgé de 59 ans et sa mère de 87 ans asphyxiés tous les deux” a ajouté le magistrat, précisant que ces deux personnes habitaient aux étages supérieurs, aux 7e et au 10e.Deux blessés se trouvaient en urgence absolue: “possiblement” le beau-père des deux adolescents, “atteint de brûlures graves”, et une autre personne asphyxiée, toujours selon M. Schneider, qui a prévu une conférence de presse samedi matin à Reims.Selon les premiers éléments de l’enquête, une origine accidentelle de cet incendie est “très probable”, a-t-il encore déclaré.- “Les flammes étaient énormes” -Quatorze autres personnes ont été plus légèrement touchées, indique la préfecture, le tribunal judiciaire et la Ville de Reims dans un communiqué à 20H00. “Demain (samedi) un point complet sera réalisé pour toutes les familles ne disposant pas d’une solution d’hébergement durable”, précisent les autorités.L’incendie s’est déclaré vers 00H30 au quatrième étage de cette tour HLM et s’est rapidement propagé aux étages supérieurs, notamment par la façade, selon la même source. “On voyait tout le monde qui criait, qui était sur les fenêtres de l’immeuble en train d’appeler à l’aide, jusqu’au dernier étage, il y avait des personnes en danger, c’était assez impressionnant”, raconte un lycéen témoin du début de l’incendie, Yael Coché. “Au bout d’un moment, il y avait des explosions (…) qui ont retenti et là, les flammes étaient énormes, ça montait jusqu’en haut des arbres, c’était impressionnant”.Michèle, 38 ans, qui habitait au 8e étage, a pu fuir avec ses filles de 15 et 18 ans et son chien au début de l’incendie. Elle été réveillée par son aînée, qui “dort fenêtre ouverte et a vu que ça sentait le feu”.Elle se sent “sonnée” mais “tant que moi, mes filles et mon chien sommes en vie, le reste est du matériel (…). On a de la chance”, souffle-t-elle.Situé dans le quartier Croix-Rouge, au sud-ouest de Reims, l’immeuble où le drame s’est produit compte 11 niveaux. Des fenêtres étaient entièrement noircies vendredi sur trois niveaux du milieu, a constaté l’AFP sur place.- Un immeuble “salubre” -Selon le maire de Reims, Arnaud Robinet, la tour ne posait pas de problème de salubrité et avait fait l’objet d’un programme de rénovation thermique. L’immeuble voisin avait été touché par un incendie en février, causé par un feu de cuisine, mais sans conséquences dramatiques.Des policiers patrouillant dans ce quartier populaire pendant la nuit sont intervenus les premiers après le départ de feu et ont évacué des personnes qui se trouvaient dans les escaliers “avec un énorme courage”, a rapporté M. Robinet. Les pompiers sont ensuite arrivés rapidement sur les lieux.Mais malgré la mobilisation d’importants moyens de secours, leur intervention a été “difficile”, a souligné Henri Prévost, le préfet de la Marne. “Il y avait beaucoup de vent sur Reims dans la nuit, et les fumées avaient tendance à se rabattre vers l’intérieur”, ce qui compliquait l’évacuation des habitants, a-t-il expliqué.Plusieurs dizaines de personnes sinistrées ont été prises en charge par la Croix-Rouge dans un gymnase mis à disposition par la municipalité.L’essentiel est de “reloger le plus rapidement possible les gens”, souligne Mikaël Cornolti, directeur de l’urgence et du secourisme de la Marne, évoquant un “élan de solidarité impressionnant”.Il y a “41 logements qui ont été touchés, avec 41 familles”, a précisé à l’AFP Johnny Huat, le directeur général du bailleur social Plurial Novilia, gestionnaire de l’immeuble dévasté. “Toutes ont une solution de relogement” a-t-il assuré.Selon M. Huat, “l’immeuble était parfaitement salubre”, avec un million d’euros investis dans son entretien depuis sa réhabilitation en 2012 dans le cadre de l’Anru 1, le premier programme de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine.cor-bj-bbr-zl-lg/abl

Israël menace de continuer à frapper le Liban si le Hezbollah n’est pas désarmé

Israël a averti vendredi qu’il continuerait à frapper le Liban jusqu’au désarmement du Hezbollah, au lendemain d’une série de raids contre des cibles du mouvement libanais dans la banlieue sud de Beyrouth.Les frappes aériennes de jeudi soir étaient les plus violentes contre ce bastion du Hezbollah depuis le cessez-le-feu du 27 novembre qui a mis fin à un an de conflit entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l’Iran.Environ une heure avant les raids, l’armée israélienne a appelé à évacuer des zones de la banlieue sud, poussant des milliers d’habitants à la fuite à la veille de l’Aïd al-Adha, la plus importante fête musulmane.”Il n’y aura pas de calme à Beyrouth ni d’ordre ou de stabilité au Liban sans sécurité pour l’Etat d’Israël, les accords doivent être respectés et si vous ne faites pas ce qu’il faut, nous continuerons à agir, et avec une grande force”, a dit le ministre de la Défense, Israël Katz.L’armée israélienne a indiqué avoir “frappé des sites de production souterrains de drones et des installations de stockage utilisées par l’unité aérienne du Hezbollah”. Cette unité “oeuvrait à la production de milliers de drones” en vue de “la prochaine guerre”, a-t-elle ajouté en accusant l’Iran d’en financer la production.Le Hezbollah n’a pas commenté les accusations israéliennes. Et l’Iran, ennemi juré d’Israël, a dénoncé “un acte d’agression flagrant” contre le Liban.Les raids ont provoqué d’importantes destructions, ont constaté des journaliste de l’AFP. Plusieurs personnes ont été blessées par des éclats de verre, selon les autorités.Selon le Hezbollah, neuf bâtiments ont été complètement détruits et des dizaines d’autres endommagés.- “Dieu merci” -De retour chez eux, des habitants inspectaient les débris encore fumants et les dégâts causés à leurs maisons. Une femme d’une quarantaine d’années, vivant près d’un des sites visés, a déclaré avoir fui à pied avec ses jeunes enfants, dont un bébé de trois mois. “Dieu merci”, le bâtiment n’a pas été détruit, a-t-elle dit à l’AFP.Fatima, 40 ans, est elle aussi retournée chez elle avec ses enfants, âgés de sept et neuf ans, et veut célébrer l’Aïd al-Adha malgré tout. “La vie continue.”   Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé une “violation flagrante” du cessez-le-feu.Selon un responsable militaire libanais, l’armée libanaise a tenté de se rendre sur l’un des sites mentionnés dans l’appel à évacuer, avant qu’il ne soit bombardé, mais “des frappes de sommation israéliennes l’en ont empêchée”.L’armée a menacé de suspendre sa coopération avec le Comité international de suivi du cessez-le-feu, composé des Etats-Unis, de l’ONU et de la France “en ce qui concerne l’inspection des sites” et dénoncé “l’insistance de l’ennemi israélien” à “refuser de coopérer avec le comité”.- “Au plus vite” -La France a condamné les frappes israéliennes et appelé Israël “à se retirer au plus vite de l’ensemble du territoire libanais”.Au lendemain de la guerre à Gaza, déclenchée par une attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre 2023, le Hezbollah a ouvert un front en tirant des roquettes à partir du sud du Liban sur le nord d’Israël, affirmant agir “en soutien” au Hamas, son allié.Ces hostilités ont dégénéré en guerre ouverte en septembre 2024 avant un accord de cessez-le-feu le 27 novembre.Cet accord prévoit notamment que l’armée libanaise et les Casques Bleus soient les seules forces présentes dans le sud du Liban, ainsi que le désarmement des groupes non-étatiques et le retrait des forces israéliennes du sud du Liban.Israël maintient toujours des positions jugées stratégiques dans le sud du Liban et mène régulièrement des frappes contre le Hezbollah.Longtemps force politique dominante au Liban, le Hezbollah, seule faction à avoir conservé ses armes après la guerre civile au Liban (1975-1990), est sorti très affaibli de la guerre, avec sa direction quasiment décimée. Le mouvement pro-iranien refuse toute discussion sur la remise de ses armes tant que l’armée israélienne ne s’est pas totalement retirée du Liban.

Israël menace de continuer à frapper le Liban si le Hezbollah n’est pas désarmé

Israël a averti vendredi qu’il continuerait à frapper le Liban jusqu’au désarmement du Hezbollah, au lendemain d’une série de raids contre des cibles du mouvement libanais dans la banlieue sud de Beyrouth.Les frappes aériennes de jeudi soir étaient les plus violentes contre ce bastion du Hezbollah depuis le cessez-le-feu du 27 novembre qui a mis fin à un an de conflit entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l’Iran.Environ une heure avant les raids, l’armée israélienne a appelé à évacuer des zones de la banlieue sud, poussant des milliers d’habitants à la fuite à la veille de l’Aïd al-Adha, la plus importante fête musulmane.”Il n’y aura pas de calme à Beyrouth ni d’ordre ou de stabilité au Liban sans sécurité pour l’Etat d’Israël, les accords doivent être respectés et si vous ne faites pas ce qu’il faut, nous continuerons à agir, et avec une grande force”, a dit le ministre de la Défense, Israël Katz.L’armée israélienne a indiqué avoir “frappé des sites de production souterrains de drones et des installations de stockage utilisées par l’unité aérienne du Hezbollah”. Cette unité “oeuvrait à la production de milliers de drones” en vue de “la prochaine guerre”, a-t-elle ajouté en accusant l’Iran d’en financer la production.Le Hezbollah n’a pas commenté les accusations israéliennes. Et l’Iran, ennemi juré d’Israël, a dénoncé “un acte d’agression flagrant” contre le Liban.Les raids ont provoqué d’importantes destructions, ont constaté des journaliste de l’AFP. Plusieurs personnes ont été blessées par des éclats de verre, selon les autorités.Selon le Hezbollah, neuf bâtiments ont été complètement détruits et des dizaines d’autres endommagés.- “Dieu merci” -De retour chez eux, des habitants inspectaient les débris encore fumants et les dégâts causés à leurs maisons. Une femme d’une quarantaine d’années, vivant près d’un des sites visés, a déclaré avoir fui à pied avec ses jeunes enfants, dont un bébé de trois mois. “Dieu merci”, le bâtiment n’a pas été détruit, a-t-elle dit à l’AFP.Fatima, 40 ans, est elle aussi retournée chez elle avec ses enfants, âgés de sept et neuf ans, et veut célébrer l’Aïd al-Adha malgré tout. “La vie continue.”   Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé une “violation flagrante” du cessez-le-feu.Selon un responsable militaire libanais, l’armée libanaise a tenté de se rendre sur l’un des sites mentionnés dans l’appel à évacuer, avant qu’il ne soit bombardé, mais “des frappes de sommation israéliennes l’en ont empêchée”.L’armée a menacé de suspendre sa coopération avec le Comité international de suivi du cessez-le-feu, composé des Etats-Unis, de l’ONU et de la France “en ce qui concerne l’inspection des sites” et dénoncé “l’insistance de l’ennemi israélien” à “refuser de coopérer avec le comité”.- “Au plus vite” -La France a condamné les frappes israéliennes et appelé Israël “à se retirer au plus vite de l’ensemble du territoire libanais”.Au lendemain de la guerre à Gaza, déclenchée par une attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre 2023, le Hezbollah a ouvert un front en tirant des roquettes à partir du sud du Liban sur le nord d’Israël, affirmant agir “en soutien” au Hamas, son allié.Ces hostilités ont dégénéré en guerre ouverte en septembre 2024 avant un accord de cessez-le-feu le 27 novembre.Cet accord prévoit notamment que l’armée libanaise et les Casques Bleus soient les seules forces présentes dans le sud du Liban, ainsi que le désarmement des groupes non-étatiques et le retrait des forces israéliennes du sud du Liban.Israël maintient toujours des positions jugées stratégiques dans le sud du Liban et mène régulièrement des frappes contre le Hezbollah.Longtemps force politique dominante au Liban, le Hezbollah, seule faction à avoir conservé ses armes après la guerre civile au Liban (1975-1990), est sorti très affaibli de la guerre, avec sa direction quasiment décimée. Le mouvement pro-iranien refuse toute discussion sur la remise de ses armes tant que l’armée israélienne ne s’est pas totalement retirée du Liban.

TV: lancement de la chaîne T18, grand chambardement sur les télécommandes

“T18, c’est parti”: Laurent Ruquier a lancé vendredi soir la nouvelle chaîne de la TNT, une première en neuf ans, au terme d’une journée de grand remue-ménage sur les télécommandes, marquée par le changement de numéros de nombreuses chaînes.”T18, c’est deux fois neuf, c’est tout neuf”, a plaisanté sur le plateau bleu et blanc — aux couleurs du logo de la chaîne — l’ex-star de France 2 aux côtés de Matthieu Croissandeau, venu de BFMTV, et Ava Djamshidi, rédactrice en chef du magazine ELLE. Ils animeront les trois émissions produites par la chaîne. “Il faudra pardonner les erreurs, les imperfections qu’il y aura forcément tout au cours de cette émission et des premières journées”, a-t-il ajouté, en accueillant Christopher Baldelli, le dirigeant de T18, Valérie Salomon et Denis Olivennes, respectivement présidente et président du conseil de surveillance de CMI France, le groupe de presse propriétaire de cette nouvelle chaîne détenu par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky.Elle sera essentiellement tournée vers la culture et le documentaire, et présentera “des positions objectives auxquelles les gens peuvent croire et qui peuvent les aider à s’orienter dans la complexité du monde d’aujourd’hui”, a affirmé M. Kretinsky lors d’un entretien enregistré.La création de T18 a été permise après la décision en décembre de l’Arcom d’écarter C8 et NRJ12 de la TNT. Le gendarme de l’audiovisuel avait alors sélectionné deux nouvelles chaînes: celle créée par CMI France et une autre par le groupe régional Ouest-France. Baptisée NOVO19, elle arrivera le 1er septembre sur le canal 19.- Bloc info -Ce lancement s’accompagne d’un grand chambardement des télécommandes, de nombreuses chaînes ayant changé de numéro dans la nuit de jeudi à vendredi.La grande majorité des téléviseurs a effectué automatiquement la mise à jour dans la nuit ou la propose à l’allumage. Dans de rares cas, il faut procéder manuellement à une recherche automatiqueCe changement général constitue une première depuis la création de la TNT en 2005 car, jusque-là, les derniers arrivés prenaient les derniers numéros.Les chaînes “historiques” (TF1, France 2, France 3, France 5, M6…) ne sont pas touchées.La modification la plus notable est la constitution d’un bloc info. Les leaders BFMTV et CNews, jusqu’alors numéros 15 et 16, avancent en 13 et 14. LCI (canal 26) et franceinfo (27) s’installent en 15 et 16.Ce bloc info est permis par le bond au numéro 8 des chaînes publiques LCP et Public Sénat, qui se partageaient le canal 13.Et France 4, chaîne jeunesse et culturelle de France Télévisions, quitte le 14 pour remplacer Canal+ sur le 4. Ainsi France 2, France 3, France 4 et France 5 se suivent désormais.- Audiences scrutées -Le canal 4 a été libéré par le groupe Canal+, qui a retiré ses quatre chaînes payantes de la TNT (Canal+, Canal+ Cinéma, Canal+ Sport, Planète), en réaction notamment au non-renouvellement de la fréquence de sa chaîne C8.Ce départ va permettre au groupe de “faire des économies” de quelque 20 millions d’euros par an en supprimant les coûts techniques de diffusion, ont indiqué son président, Maxime Saada, et sa directrice financière, Amandine Ferré, lors de son assemblée générale dans la matinée à Paris.Enfin, Gulli, la chaîne pour enfants du groupe M6, troque le numéro 18 contre le 12, laissé vacant par NRJ12.La numérotation reste un enjeu capital, malgré un visionnage croissant via les plateformes des chaînes. Être dans les premiers est considéré comme un avantage: plus un numéro est bas, plus vite on tombe dessus, de nombreux téléspectateurs faisant défiler les chaînes au lieu de taper le numéro souhaité. Les premières vagues d’audiences seront donc scrutées de près.C8, où officiait l’animateur controversé Cyril Hanouna, ainsi que NRJ12, ont contesté leur exclusion devant le Conseil d’État, en vain. Propriété du groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, C8 avait cumulé 7,6 millions d’euros d’amende en raison des dérapages du présentateur de l’émission TPMP. Cyril Hanouna animera à partir du 1er septembre deux nouvelles quotidiennes, “Tout beau tout 9” sur W9 et “Tout beau tout Fun” sur Fun Radio, deux médias du groupe M6.reb-ls-pr-ac-mdv/mch/nth

La rupture avec Trump, une ombre sur les entreprises de Musk

La rupture publique entre Donald Trump et Elon Musk fait peser une menace sur toutes les sociétés dirigées par l’entrepreneur, via les contrats publics, le cadre réglementaire ou la législation fiscale.Tesla et les créditsLe constructeur automobile ne parvient pas à enrayer la chute de ses ventes, attribuée à une concurrence chinoise renforcée ainsi qu’à un mouvement de protestation de consommateurs notamment contre le rapprochement entre le président et le patron du groupe.En mai, le nombre de véhicules de la marque au “T” ont encore chuté de 67% sur un an en France, mais aussi de 36% au Royaume-Uni et en Allemagne.Déjà dans une passe difficile, le constructeur pourrait mal vivre le passage du paquet budgétaire voulu par Donald Trump et prévoyant la suppression, dès fin 2025, du crédit d’impôts pour l’achat d’un véhicule électrique, qui peut atteindre jusqu’à 7.500 dollars.Par ailleurs, début avril, le chef de l’État a pris un décret visant à faire annuler le mécanisme légal de contrôle des émissions des constructeurs en vigueur en Californie. Grâce à ce dispositif, Tesla revend chaque année aux autres marques des crédits carbone pour compenser leurs émissions.Selon une note publiée jeudi par JPMorgan, le démantèlement de ce marché, qui a été adopté par une dizaine d’autres États américains, priverait Tesla de 2 milliards de dollars de revenus par an.Elon Musk mise aussi beaucoup sur ses robotaxis autonomes, qui doivent être déployés dans les prochains jours à Austin (Texas).Cette mise en service ne nécessite pas d’autorisation du régulateur référent, la NHTSA, mais celle-ci, qui dépend du ministère des Transports et donc de Donald Trump, peut ouvrir des enquêtes et réclamer, le cas échéant, des rappels de véhicules.”L’environnement réglementaire sur les véhicules autonomes est très important pour Tesla”, martèle Dan Ives, analyste de Wedbush Securities.SpaceX et les contratsLe gouvernement fédéral et ses agences, ainsi que des collectivités américaines ont déjà contribué à hauteur de plus de 22 milliards de dollars à l’activité du groupe aérospatial, sous forme de contrats, subventions, prêts ou crédits d’impôts.En l’état, les engagements déjà signés lui assurent plusieurs milliards supplémentaires dans les années à venir.Mais comme il l’a montré avec l’université d’Harvard ou ses menaces envers Apple et Walmart, Donald Trump n’hésite pas à user de toutes les leviers du gouvernement pour viser institutions et entreprises.Sans compter que la filiale de SpaceX, Starlink et sa constellation de satellites, négocie actuellement de nouveaux contrats avec plusieurs agences gouvernementales, selon des médias américains.Autre angle d’attaque, l’Agence de régulation de l’aviation civile (FAA), qui a déjà suspendu les vols de SpaceX en septembre après une anomalie lors d’un tir de sa fusée vedette, la Falcon 9.”SpaceX est très lié au gouvernement”, insiste Dan Ives, analyste de Wedbush Securities. “Vous ne pouvez pas avoir un ennemi [à la Maison-Blanche] qui était auparavant votre meilleur ami.”xAI et la diplomatie IA Arrivé plus tard que ses grands concurrents sur le segment de l’intelligence artificielle (IA) générative avec la start-up xAI en juillet 2023, Elon Musk déploie des investissements colossaux pour en faire un acteur majeur de cette technologie.Selon le Wall Street Journal, il a aussi tenté, en mai, de contraindre les Émirats arabes unis d’inclure xAI dans un immense projet d’infrastructures dirigé par son concurrent OpenAI, sans succès.Selon le quotidien, il aurait laissé entendre aux responsables de l’entreprise technologique publique émirati G42 que Donald Trump ne validerait l’accord qu’à cette condition.La brouille avec le président américain pourrait priver xAI de l’aspiration offerte à OpenAI ou Nvidia par la diplomatie de l’IA mené par Donald Trump, qui cherche à inciter les pays alliés à se doter de technologies américaines pour contrer l’influence de la Chine dans l’intelligence artificielle.