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En Israël, des agriculteurs relancent un projet de production de tequila près de Gaza

Sous le bruit des explosions qui retentissent au loin, des agriculteurs israéliens relancent, le long de la frontière avec Gaza, un projet novateur de production de tequila, interrompu par l’attaque sanglante du Hamas du 7 octobre 2023.A l’ombre d’un tamaris, l’homme d’affaires Aviel Leitner et l’agriculteur Eran Braverman inspectent un champ d’agaves bleus, plante dont est tirée la tequila. Leur objectif: produire les premières bouteilles de cette eau-de-vie en Israël.M. Braverman vient tout juste de dévoiler ce projet unique, lancé avant l’attaque du mouvement islamiste palestinien dans la région et le chaos qui a suivi. “Nous voulions montrer que les agriculteurs israéliens étaient retournés aux champs, que cette guerre n’allait pas les arrêter”, explique-t-il à l’AFP.De nouvelles cultures poussent dans le Néguev, et “il n’y a rien de plus sexy que la tequila, le mezcal et les alcools d’agave”, s’enthousiasme-t-il. M. Leitner explique avoir eu l’idée d’apporter les plantes en Israël à la suite d’un voyage familial au Mexique, patrie de la tequila.Pour lui et Eran Braverman, la survie de ces cultures, dans le kibboutz Aloumim, tient du miracle.- “Au début de l’hiver” -Lors de leur attaque du kibboutz, les commandos du Hamas ont incendié les granges et les serres et détruit le matériel d’irrigation.”Nous sommes à environ quatre kilomètres de la barrière (de Gaza) et tout a été détruit depuis la barrière jusqu’à Aloumim”, relate M. Braverman. Si aucun membre du kibboutz n’a été tué, 22 ouvriers agricoles, Thaïlandais et Népalais, ont été massacrés, et trois soldats sont tombés au combat, dit-il. “Lorsque nous avons appris ce qu’il s’était passé, nous avons eu très peur pour les ouvriers et leurs familles”, se souvient M. Leitner. “C’était très, très traumatisant”. Il s’est également inquiété pour ses plantes.Mais le climat sec du désert et la technologie d’irrigation goutte-à-goutte, qui réduit au maximum l’utilisation d’eau et d’engrais, ont permis à l’agave bleu de survivre sans trop d’entretien, et le champ a été épargné par les combats.M. Leitner cherche désormais un site pour construire sa distillerie de tequila.”Nous espérons commencer la production au début de l’hiver 2025, ce sera la première eau-de-vie à base d’agave produite sur la terre d’Israël”, se projette-t-il. – La guerre “pèse sur le moral” -Les communautés locales sont “déterminées à se remettre sur pied et à redevenir plus fortes”, affirme Danielle Abraham, directrice exécutive de l’ONG Volcani International Partnerships, qui aide les agriculteurs israéliens dans le cadre de son projet “Repousser”. “Elles essaient d’apporter de nouvelles cultures, d’introduire des innovations et de penser à l’avenir”, dit-elle.Citant les statistiques du mouvement des kibboutz, Danielle Abraham souligne que les exploitations agricoles du sud d’Israël sont revenues à près de 100% de leur capacité d’avant le 7-Octobre. Mais “la guerre en cours et l’incertitude pèsent encore lourdement sur le moral des agriculteurs”, observe-t-elle.Sheila Gerber, qui gère un jardin botanique et une plantation de cactus avec son mari Yaakov depuis 30 ans dans le village de Talmei Yossef, à proximité, explique que les visiteurs ne sont pas revenus.Même si la guerre se déroule dans la bande de Gaza, de l’autre côté de la barrière, le village n’en est pas préservé, dit-elle. Une explosion récente a ainsi fait voler en éclats toutes les vitres de l’une de leurs serres.Les commandos du Hamas n’ont pas atteint Talmei Yossef le 7-Octobre, repoussés juste avant l’entrée du village par les membres de son unité d’intervention.Evacuées, Mme Gerber et sa famille sont rentrées chez eux quelques semaines plus tard. “Nous sommes revenus parce que les agriculteurs reviennent, vous ne pouvez pas tout laisser mourir”. Elle regrette l’époque d’avant le 7-Octobre qui était “très agréable”. Maintenant, “nous ne savons vraiment pas de quoi l’avenir sera fait”.

Retour sur terre vénézuélienne pour Crespin et ses œuvres en apesanteur

“Mes œuvres sont une sorte de symphonie silencieuse qui s’écoute avec les yeux”, estime l’artiste Elias Crespin qui expose pour la “première fois” depuis plus de “20 ans au Venezuela”, son pays natal, après avoir connu la consécration internationale.Une dizaine de ses “sculptures électrocinétiques”, comme il les appelle, des mobiles métalliques, paraissant se mouvoir seuls dans l’air en apesanteur, sont désormais à la Hacienda Trinidad Parque Cultural de Caracas, une ancienne ferme à tabac reconvertie en lieu d’expositions.”C’est émouvant (d’exposer de nouveau au Venezuela). (…) Je me sens très satisfait de cette confirmation que cela valait la peine de faire ce que je suis en train de faire au Venezuela”, dit à l’AFP celui dont une création trône notamment dans la Cour carrée du Louvre.Il est l’héritier du mouvement cinétique vénézuélien de Carlos Cruz-Diez, Jesus Soto ou Juvenal Ravelo, tous passés par la France avant lui. Mais, il est aussi le petit-fils de Gertrud Louise Goldschmidt “Gego”, célèbre pour ses sculptures de fils métalliques. “Je l’ai d’abord connue en tant que grand-mère plutôt qu’en tant qu’artiste (…) Lorsque nous allions lui rendre visite, nous étions en contact avec tout son processus. C’est une référence importante pour moi en tant qu’artiste. Pas tant l’esthétique ou la technique, bien que j’aie aussi appris des choses d’elle que j’utilise ou que je me suis approprié (…) mais dans l’activité d’un artiste”, explique-t-il.- Programmateur -La genèse artistique d’Elias Crespin remonte à “ses 13 ou 14 ans” et les premiers ordinateurs à domicile.”Mon père a ramené à la maison un Apple II. J’ai commencé à exécuter les exemples du manuel de programmation (…) C’est ainsi que mes premiers programmes ont vu le jour. Ceux qui figuraient parmi les exemples étaient en grande majorité des programmes graphiques où l’on voyait alors des points sur l’écran et où l’on changeait les couleurs”, se souvient-il.”Je traçais des lignes dont les couleurs changeaient. Elles pouvaient également changer d’inclinaison. Et ainsi, tu traçais une ligne d’une certaine couleur, puis tu la supprimais et tu la dessinais légèrement déplacée, tu la supprimais à nouveau et tu la dessinais encore un peu plus déplacée… C’est de cette manière qu’à l’écran de l’ordinateur, on représentait un mouvement. Comme le cinéma avec des images statiques “, ajoute-t-il.”C’est ainsi que mes œuvres bougent, car au fond, je continue de faire ma version des exemples des premiers programmes que j’ai réalisés lorsque j’ai appris à programmer”, analyse-t-il.Aujourd’hui, les œuvres de Crespin – accrochées à d’invisibles fils de nylon – bougent grâce à de petits moteurs et aux programmes informatiques réalisés par l’artiste, qui a en quelque sorte… ajouté du mouvement au cinétisme vénézuélien!L’idée date de 2000, raconte-il, quand “j’ai vu le Cube (suspendu) de Soto (…) j’ai eu une première idée de créer une œuvre qui puisse avoir du mouvement. J’ai eu l’idée que ces mouvements dans la mémoire de l’ordinateur pourraient se connecter avec ce cube, un espace tridimensionnel, et permettre à quelque chose comme ce cube de bouger”, se souvient-il.Deux ans plus tard lors du “paro petrolero” (grève générale de décembre 2002 à février 2003), il met son inactivité à profit pour créer son premier prototype avec des petits moteurs d’imprimante et de lecteur de disquette.Le conservateur Rolando Carmona est enthousiaste et intègre l’œuvre dans une première exposition baptisée “Apesanteur”. Le programmateur-bricoleur Elias Crespin vient de se transformer en artiste. Il poursuit sur sa lancée rachetant des stocks de petits moteurs à des recycleurs de matériel informatique pour réaliser d’autres œuvres. Rapidement, il est demandé à l’étranger et notamment en France où il s’installe pour poursuivre son processus de création. “Tout le mécanisme, tout l’effort derrière le placement des moteurs, le vissage, les mathématiques, le logiciel, la réduction de la taille des mécanismes… Tout cela est une technique nécessaire pour que l’œuvre fonctionne, mais ce n’est pas l’œuvre en soi”, souligne-t-il comme un sculpteur utilisant un burin et un marteau. “L’œuvre, c’est la danse de l’objet”.

Gaza: la Défense civile fait état d’au moins 36 morts, tirs près d’un centre d’aide

La Défense civile de Gaza a indiqué qu’au moins 36 personnes avaient été tuées samedi par les forces israéliennes dans différents endroits, six d’entre elles près d’un centre d’aide soutenu par les Etats-Unis, l’armée faisant état de tirs de sommation en direction de “suspects”.Les forces israéliennes ont par ailleurs annoncé samedi avoir ramené au cours d’une opération spéciale à Gaza le corps d’un otage thaïlandais enlevé lors de l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, qui a déclenché la guerre.Après 21 mois de guerre, Israël fait face à une pression internationale pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien où la situation humanitaire est désastreuse, l’ONU mettant en garde contre une famine du fait des restrictions imposées par Israël sur l’aide humanitaire.L’armée israélienne y a intensifié à la mi-mai son offensive dans le but affiché de libérer les derniers otages du 7-Octobre, prendre le contrôle de tout le territoire et anéantir le Hamas qui a pris le pouvoir en 2007 à Gaza.Samedi à l’aube, “six personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées par les forces d’occupation israéliennes, près du rond-point d’Alam”, où des habitants s’étaient rassemblés pour obtenir de l’aide humanitaire du centre américain situé à environ un kilomètre, dans le gouvernorat de Rafah (sud), a déclaré à l’AFP le porte-parole de cette organisation de premiers secours, Mahmoud Bassal.- “Danger” -Un Gazaoui témoin de la scène, Samir Abou Hadid, a raconté à l’AFP que des milliers de personnes s’étaient rassemblées près du rond-point, et “au moment où certaines tentaient d’avancer vers le centre d’aide, les forces d’occupation israéliennes ont ouvert le feu à partir de véhicules blindés stationnés près du centre, tirant en l’air, puis sur des civils”.Contactée par l’AFP, l’armée israélienne a indiqué que des soldats dans la région de Tel al-Sultan pendant la nuit avaient “appelé des suspects à s’éloigner, mais comme ils continuaient à avancer, mettant les troupes en danger, les soldats ont répondu par des tirs de sommation”, a-t-elle dit, ajoutant être “au courant d’informations faisant état de victimes”.Compte tenu des restrictions imposées aux médias dans la bande de Gaza et des difficultés d’accès à mesure que les combats s’étendent, il est extrêmement difficile de confirmer de façon indépendante les bilans et les circonstances des morts dont fait état la Défense civile.Plusieurs drames sont survenus récemment à proximité de ce centre d’aide géré par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation au financement opaque soutenue par les Etats-Unis et Israël.La GHF a débuté ses opérations fin mai à Gaza, après la levée partielle d’un blocus total imposé par Israël pendant plus de deux mois. Les Nations unies refusent de travailler avec cette organisation en raison de préoccupations concernant ses procédés et sa neutralité.- “Effondrement du système de santé” -Le porte-parole de la Défense civile a rapporté d’autres bombardements à travers le territoire depuis l’aube, avec un bilan total d’au moins 36 morts depuis l’aube.Dans un communiqué publié samedi, l’Organisation mondiale de la Sante (OMS) a mis en garde contre “l’effondrement du système de santé de la bande de Gaza”, où “il n’y a déjà plus aucun hôpital en service dans le nord” du territoire.L’armée israélienne a par ailleurs indiqué avoir récupéré dans la région de Rafah le corps de l’otage thaïlandais Natthapong Pinta, enlevé lors de l’attaque du 7-Octobre, dans le kibboutz Nir Oz. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a indiqué qu’il était venu en Israël pour travailler dans l’agriculture et avait été “tué en captivité”.De son coté, le ministère thaïlandais des Affaires étrangères s’est déclaré samedi “profondément attristé” par cette nouvelle.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles.Sur les 251 personnes enlevées par le Hamas ce jour-là, 55 sont toujours retenues dans la bande de Gaza, dont au moins 31 sont mortes, selon les autorités israéliennes. Le Hamas retient également la dépouille d’un soldat israélien tué lors d’une précédente guerre à Gaza, en 2014.Plus de 54.677 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Gaza: la Défense civile fait état d’au moins 36 morts, tirs près d’un centre d’aide

La Défense civile de Gaza a indiqué qu’au moins 36 personnes avaient été tuées samedi par les forces israéliennes dans différents endroits, six d’entre elles près d’un centre d’aide soutenu par les Etats-Unis, l’armée faisant état de tirs de sommation en direction de “suspects”.Les forces israéliennes ont par ailleurs annoncé samedi avoir ramené au cours d’une opération spéciale à Gaza le corps d’un otage thaïlandais enlevé lors de l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, qui a déclenché la guerre.Après 21 mois de guerre, Israël fait face à une pression internationale pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien où la situation humanitaire est désastreuse, l’ONU mettant en garde contre une famine du fait des restrictions imposées par Israël sur l’aide humanitaire.L’armée israélienne y a intensifié à la mi-mai son offensive dans le but affiché de libérer les derniers otages du 7-Octobre, prendre le contrôle de tout le territoire et anéantir le Hamas qui a pris le pouvoir en 2007 à Gaza.Samedi à l’aube, “six personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées par les forces d’occupation israéliennes, près du rond-point d’Alam”, où des habitants s’étaient rassemblés pour obtenir de l’aide humanitaire du centre américain situé à environ un kilomètre, dans le gouvernorat de Rafah (sud), a déclaré à l’AFP le porte-parole de cette organisation de premiers secours, Mahmoud Bassal.- “Danger” -Un Gazaoui témoin de la scène, Samir Abou Hadid, a raconté à l’AFP que des milliers de personnes s’étaient rassemblées près du rond-point, et “au moment où certaines tentaient d’avancer vers le centre d’aide, les forces d’occupation israéliennes ont ouvert le feu à partir de véhicules blindés stationnés près du centre, tirant en l’air, puis sur des civils”.Contactée par l’AFP, l’armée israélienne a indiqué que des soldats dans la région de Tel al-Sultan pendant la nuit avaient “appelé des suspects à s’éloigner, mais comme ils continuaient à avancer, mettant les troupes en danger, les soldats ont répondu par des tirs de sommation”, a-t-elle dit, ajoutant être “au courant d’informations faisant état de victimes”.Compte tenu des restrictions imposées aux médias dans la bande de Gaza et des difficultés d’accès à mesure que les combats s’étendent, il est extrêmement difficile de confirmer de façon indépendante les bilans et les circonstances des morts dont fait état la Défense civile.Plusieurs drames sont survenus récemment à proximité de ce centre d’aide géré par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation au financement opaque soutenue par les Etats-Unis et Israël.La GHF a débuté ses opérations fin mai à Gaza, après la levée partielle d’un blocus total imposé par Israël pendant plus de deux mois. Les Nations unies refusent de travailler avec cette organisation en raison de préoccupations concernant ses procédés et sa neutralité.- “Effondrement du système de santé” -Le porte-parole de la Défense civile a rapporté d’autres bombardements à travers le territoire depuis l’aube, avec un bilan total d’au moins 36 morts depuis l’aube.Dans un communiqué publié samedi, l’Organisation mondiale de la Sante (OMS) a mis en garde contre “l’effondrement du système de santé de la bande de Gaza”, où “il n’y a déjà plus aucun hôpital en service dans le nord” du territoire.L’armée israélienne a par ailleurs indiqué avoir récupéré dans la région de Rafah le corps de l’otage thaïlandais Natthapong Pinta, enlevé lors de l’attaque du 7-Octobre, dans le kibboutz Nir Oz. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a indiqué qu’il était venu en Israël pour travailler dans l’agriculture et avait été “tué en captivité”.De son coté, le ministère thaïlandais des Affaires étrangères s’est déclaré samedi “profondément attristé” par cette nouvelle.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles.Sur les 251 personnes enlevées par le Hamas ce jour-là, 55 sont toujours retenues dans la bande de Gaza, dont au moins 31 sont mortes, selon les autorités israéliennes. Le Hamas retient également la dépouille d’un soldat israélien tué lors d’une précédente guerre à Gaza, en 2014.Plus de 54.677 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Përmet, la ville albanaise qui voit la vie en roses

A Përmet, ville nichée dans la vallée de Vjosa, dans le sud de l’Albanie, la culture de la rose est reine, qu’elle serve à faire des parfums, de l’eau aromatisée où des loukoums qui font les délices des milliers de touristes.”Ici tout tourne autour des roses, ces roses qui libèrent leur parfum, utilisées en cuisine ou pour leurs vertus médicinales… Ici, la vie est en rose”, sourit Ariana Nikolla, enseignante en biologie à Përmet.Depuis toute petite, cette femme de 57 ans taille à la main les buissons épineux et cueille délicatement les pétales de sa rose préférée, “la rose du marié”, baptisée ainsi pour son odeur délicate.A Përmet, 7.000 habitants, la rose est un rituel : c’est le premier cadeau que l’on doit offrir à la personne dont on est épris – et elle se doit d’être rose, pour symboliser amour et fidélité.Cette ville où chaque famille cultive des dizaines de variétés de roses dans son jardin, dont la Rosa Damascena et la Rose à cent-feuille, est connue dans tous les Balkans pour son eau de rose artisanale.Impossible pourtant de l’acheter – cela coûterait trop cher, expliquent les habitants, qui n’offrent que quelques gouttes de temps à autre, et veillent jalousement sur leurs réserves.   “L’eau de rose, c’est comme l’amour, il faut en prendre soin”, explique Resmie Tuçi, 70 ans.”Obtenir l’eau de rose de haute qualité est un travail difficile et méticuleux, il faut des récipients particuliers – en cuivre -, il est aussi crucial de reconnaître les roses et de choisir celles dont les pétales seront les plus parfumés”, explique cette femme en pratiquant les gestes qui ont traversé des générations.La tradition, transmise de génération en génération, est inscrite à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel : d’abord, tendre un tissu sur une écuelle de cuivre, elle-même placée dans une grande bassine d’eau à fond plat. Disposer les pétales de rose soigneusement cueillis sur le tissu, puis les recouvrir d’une pierre très plate, sur laquelle on place des cendres. Les pétales placés en dessous vont suer, grâce à la condensation. “Un processus qui prend des heures”, explique Resmie.”Mais chaque goutte est précieuse”, lance joyeusement Ariana Nikolla, remplissant d’eau de rose une petite bouteille qu’elle conservera ensuite plusieurs semaines dans un endroit ensoleillé. “Aussi précieuse que l’or”. – Délices -Chaque famille l’utilise pour ses bienfaits supposés. En remède pour apaiser les yeux irrités, en crème anti-inflammatoire pour aider à calmer les démangeaisons, en cuisine …Eftali Qerimi, 63 ans, le jure : les loukoums d’amande à l’eau de rose qu’elle cuisine dans son atelier ne ressemblent à aucun autre.Avec uniquement de la poudre d’amande, du sucre et de l’eau de rose, elle confectionne ses gâteaux en forme de … rose, évidemment, qui marquent les événements importants de toutes les familles de la région. Considérés comme des porte-bonheurs, ils sont servis pour les anniversaires, les noces, les ‘baby shower’ …Avec les femmes qui travaillent dans son atelier, Eftali Qerimi produit jusqu’à dix kilos de loukoums par jour, qu’elle vend à 50 euros le kilo.De temps en temps, elle abandonne les formes de roses pour fabriquer deux petits loukoums en forme de pied de bébé – une façon, selon la tradition, de souhaiter une longue vie aux nouveau-nés.Entre deux fournées, ces femmes mitonnent de la confiture de pétales de rose dont le parfum embaume tout l’atelier.”La rose est tout pour nous, elle symbolise le cœur, l’amour et le bonheur de vie”, philosophe Eftali, pour qui la haute saison commence. “Les touristes affluent dans la ville, et après les beautés naturelles, ils veulent aussi savourer ses délices”.

Përmet, la ville albanaise qui voit la vie en roses

A Përmet, ville nichée dans la vallée de Vjosa, dans le sud de l’Albanie, la culture de la rose est reine, qu’elle serve à faire des parfums, de l’eau aromatisée où des loukoums qui font les délices des milliers de touristes.”Ici tout tourne autour des roses, ces roses qui libèrent leur parfum, utilisées en cuisine ou pour leurs vertus médicinales… Ici, la vie est en rose”, sourit Ariana Nikolla, enseignante en biologie à Përmet.Depuis toute petite, cette femme de 57 ans taille à la main les buissons épineux et cueille délicatement les pétales de sa rose préférée, “la rose du marié”, baptisée ainsi pour son odeur délicate.A Përmet, 7.000 habitants, la rose est un rituel : c’est le premier cadeau que l’on doit offrir à la personne dont on est épris – et elle se doit d’être rose, pour symboliser amour et fidélité.Cette ville où chaque famille cultive des dizaines de variétés de roses dans son jardin, dont la Rosa Damascena et la Rose à cent-feuille, est connue dans tous les Balkans pour son eau de rose artisanale.Impossible pourtant de l’acheter – cela coûterait trop cher, expliquent les habitants, qui n’offrent que quelques gouttes de temps à autre, et veillent jalousement sur leurs réserves.   “L’eau de rose, c’est comme l’amour, il faut en prendre soin”, explique Resmie Tuçi, 70 ans.”Obtenir l’eau de rose de haute qualité est un travail difficile et méticuleux, il faut des récipients particuliers – en cuivre -, il est aussi crucial de reconnaître les roses et de choisir celles dont les pétales seront les plus parfumés”, explique cette femme en pratiquant les gestes qui ont traversé des générations.La tradition, transmise de génération en génération, est inscrite à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel : d’abord, tendre un tissu sur une écuelle de cuivre, elle-même placée dans une grande bassine d’eau à fond plat. Disposer les pétales de rose soigneusement cueillis sur le tissu, puis les recouvrir d’une pierre très plate, sur laquelle on place des cendres. Les pétales placés en dessous vont suer, grâce à la condensation. “Un processus qui prend des heures”, explique Resmie.”Mais chaque goutte est précieuse”, lance joyeusement Ariana Nikolla, remplissant d’eau de rose une petite bouteille qu’elle conservera ensuite plusieurs semaines dans un endroit ensoleillé. “Aussi précieuse que l’or”. – Délices -Chaque famille l’utilise pour ses bienfaits supposés. En remède pour apaiser les yeux irrités, en crème anti-inflammatoire pour aider à calmer les démangeaisons, en cuisine …Eftali Qerimi, 63 ans, le jure : les loukoums d’amande à l’eau de rose qu’elle cuisine dans son atelier ne ressemblent à aucun autre.Avec uniquement de la poudre d’amande, du sucre et de l’eau de rose, elle confectionne ses gâteaux en forme de … rose, évidemment, qui marquent les événements importants de toutes les familles de la région. Considérés comme des porte-bonheurs, ils sont servis pour les anniversaires, les noces, les ‘baby shower’ …Avec les femmes qui travaillent dans son atelier, Eftali Qerimi produit jusqu’à dix kilos de loukoums par jour, qu’elle vend à 50 euros le kilo.De temps en temps, elle abandonne les formes de roses pour fabriquer deux petits loukoums en forme de pied de bébé – une façon, selon la tradition, de souhaiter une longue vie aux nouveau-nés.Entre deux fournées, ces femmes mitonnent de la confiture de pétales de rose dont le parfum embaume tout l’atelier.”La rose est tout pour nous, elle symbolise le cœur, l’amour et le bonheur de vie”, philosophe Eftali, pour qui la haute saison commence. “Les touristes affluent dans la ville, et après les beautés naturelles, ils veulent aussi savourer ses délices”.