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Yémen: Ryad dénonce des actes très “dangereux” d’Abou Dhabi qui dément

L’Arabie saoudite a accusé mardi les Emirats arabes unis d’agir de façon “extrêmement dangereuse” en soutenant les séparatistes au Yémen, où elle a mené des frappes aériennes, Abou Dhabi démentant attiser le conflit.Déjà affaibli par un long conflit avec les rebelles Houthis, le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, au coeur de rivalités régionales, a vu s’ouvrir début décembre un nouveau front.Le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud (STC), membre du gouvernement yémenite et soutenu par Abou Dhabi, s’est emparé ces dernières semaines de vastes portions de territoire, sans rencontrer de grande résistance. Et ses partisans l’appellent à rétablir un Etat dans le sud du Yémen, où une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990.Malgré les demandes répétées de l’Arabie saoudite, soutien du gouvernement yéménite, le STC ne s’est pas retiré des territoires et mardi matin, la coalition militaire dirigée par Ryad a annoncé des frappes sur le port d’al-Mukalla, capitale de la province de l’Hadramout récemment conquise par le SCT.- “Aucune arme” -Selon l’agence officielle saoudienne SPA, ces bombardements ont visé “une grande quantité d’armes et de véhicules de combat” destinés aux séparatistes, qui venaient d’être déchargés de bateaux originaires du port émirati de Fujairah.Cette “opération militaire limitée” n’a fait aucune victime, selon la même source. Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a accusé les Emirats d’être derrière la récente avancée des séparatistes. Et jugé que les actions d’Abou Dhabi étaient “extrêmement dangereuses” et constituaient “une menace pour la sécurité” de l’Arabie saoudite et de la région.Le royaume a également appelé les Emirats à retirer leurs forces du Yémen “dans les 24 heures” et à “cesser tout soutien militaire ou financier à toute partie”.Une source proche de l’armée saoudienne a indiqué que la coalition avait été “contrainte d’agir, les efforts diplomatiques ayant été ignorés”. Mais “la diplomatie reste une option pour empêcher toute nouvelle escalade”, a-t-elle ajouté.  Dans l’après-midi, les Emirats arabes unis ont démenti “attiser le conflit”.Ils ont assuré que la cargaison émiratie débarquée au Yémen ne comprenait “aucune arme”. Et “les véhicules déchargés n’étaient destinés à aucun acteur yéménite”, mais aux forces émiraties opérant au Yémen, selon le ministère des Affaires étrangères, qui a ajouté que l’arrivée de ces marchandises avait été coordonnée avec Ryad. L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, traditionnellement de proches alliés, avaient initialement uni leurs forces contre les Houthis au sein de la coalition au Yémen, mais des désaccords sont apparus au fil du conflit, ainsi que sur la guerre au Soudan. – “Terrifiés” -Dans le port d’al-Mukalla, un responsable ayant requis l’anonymat a expliqué avoir reçu un appel à évacuer vers 04H00 (01H00 GMT), “un quart d’heure avant la frappe”. Des images de l’AFP montrent un groupe de voitures calcinées. Non loin, des fenêtres de bâtiments ont été soufflées par la frappe.”Nos fenêtres ont été brisées, les portes cassées, les enfants et les femmes étaient terrifiés”, a raconté un témoin, Abdallah Bazouhair. “C’est inacceptable, qui va nous indemniser pour les dégâts causés?”, a-t-il dit, dénonçant “un acte odieux”.Le chef du Conseil présidentiel au Yémen, Rachad al-Alimi, soutenu par Ryad, a de son côté décrété l’état d’urgence et annoncé l’annulation d’un pacte de défense avec les Emirats arabes unis. Mais dans ce Conseil divisé, la moitié de ses huit membres, proches d’Abou Dhabi, ont aussitôt rejeté de telles “décisions unilatérales”.Ces derniers jours, des centaines de membres de tribus se sont rassemblés à Aden, la grande ville du sud, pour demander aux dirigeants du STC d’annoncer l’indépendance du Yémen du Sud, selon la chaîne Aden Independent affiliée aux séparatistes.Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait appelé vendredi à la “retenue”, tout en évitant de prendre parti entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, deux partenaires clés de Washington.Ces nouvelles tensions pourraient fragiliser davantage encore le pays dévasté par des années de guerre.Le conflit qui a éclaté en 2014 entre d’un côté, le gouvernement et ses alliés, dont le STC, et de l’autre, les rebelles houthis pro-iraniens, a déjà fait des centaines de milliers de morts, morcelé le pays et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde. Une trêve conclue en 2022 est globalement respectée.burs/vl/anb

Attaque de drones sur une résidence de Poutine : Kiev pointe l’absence de preuves

Kiev a pointé mardi l’absence de preuves étayant les accusations de Moscou sur une attaque ukrainienne de drones contre une résidence de Vladimir Poutine, Moscou avertissant que cette attaque entraînerait un durcissement de sa position dans les pourparlers sur la fin du conflit.Ce soudain regain de tension diplomatique intervient peu après des déclarations américaines et ukrainiennes faisant état de progrès dans les discussions en vue d’un accord pouvant faire cesser l’invasion russe de l’Ukraine. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga a souligné que Moscou, au lendemain de ses accusations, n’avait “toujours pas fourni de preuves plausibles” mardi.”Nous avons été déçus et préoccupés de voir les déclarations des parties émiratie, indienne et pakistanaise exprimant leurs inquiétudes au sujet d’une attaque qui n’a jamais eu lieu”, a poursuivi M. Sybiga.Le Premier ministre indien Narendra Modi s’est notamment dit mardi, sur X, “profondément préoccupé par des informations faisant état” d’une attaque ayant visé la résidence du président russe dans la région de Novgorod.”De telles réactions face aux affirmations manipulatrices et infondées de la Russie ne font que servir la propagande russe et encourager Moscou à commettre davantage d’atrocités et de mensonges”, a-t-il ajouté, estimant que “cela sape le processus de paix constructif qui progresse actuellement”.Moscou a accusé Kiev d’avoir visé dans la nuit de dimanche à lundi avec 91 drones une résidence de Vladimir Poutine située à Valdaï, entre Moscou et Saint-Pétersbourg, et hautement sécurisée. Cette accusation intervenait au lendemain d’une rencontre en Floride entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue américain Donald Trump, qui pousse à une résolution du conflit lancé il y a près de quatre ans.- “Durcissement” -Lors de son briefing quotidien mardi, auquel a participé l’AFP, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov n’a pas fourni de preuve, assurant que les drones avaient tous été abattus et qu’il faudrait de ce fait s’adresser au ministère russe de la Défense concernant la présence d’éventuels débris.”Les conséquences (de cette attaque) se traduiront par un durcissement de la position de négociation de la Fédération de Russie”, a-t-il prévenu. “Quant à une réaction militaire, nous savons comment et avec quoi répondre”, a-t-il ajouté.Volodymyr Zelensky a qualifié lundi ces accusations de “mensonge” destiné selon lui à préparer de nouvelles attaques contre Kiev et à “saper” les efforts diplomatiques entre l’Ukraine et les Etats-Unis.”Je n’aime pas ça. Ce n’est pas bon”, a de son côté réagi Donald Trump lundi soir depuis sa résidence de Mar-a-Lago, à Palm Beach. “Vous savez qui m’en a parlé ? Le président Poutine”, a-t-il dit. “C’est une période délicate. Ce n’est pas le bon moment”, a-t-il ajouté.Ces accusations jettent le doute sur la poursuite des tractations diplomatiques engagées depuis novembre pour tenter de mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.Parallèlement, plusieurs dirigeants occidentaux se sont entretenus mardi sur la situation en Ukraine, ont annoncé leurs équipes.Parmi les participants le Premier ministre polonais Donald Tusk, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et le chancelier allemand Friedrich Merz.- Evacuations en Ukraine -Ce dernier a évoqué, sur X, des consultations avec “nos partenaires européens et canadiens” et indiqué que “la transparence et l’honnêteté sont désormais requises de chacun, y compris la Russie”, sans plus de détails.M. Zelensky a affirmé lundi que les Etats-Unis avaient proposé à l’Ukraine des garanties de sécurité “solides” pour une période de 15 ans prolongeable face à la Russie.Sur le terrain, les bombardements entre les deux camps se poursuivent. Dans la nuit de lundi à mardi, l’Ukraine a été visée par deux missiles et soixante drones russes, selon l’armée de l’air ukrainienne.Les autorités de la région de Tcherniguiv dans le nord de l’Ukraine ont par ailleurs ordonné mardi l’évacuation de 14 villages proches de la frontière avec le Bélarus et la Russie, en raison de bombardements russes quotidiens. Dans la matinée, la grande ville ukrainienne de Zaporijjia (sud) a, elle, été frappée par trois bombes russes, selon les autorités locales. Une femme a été blessée et plusieurs maisons et immeubles résidentiels endommagés.Dans son rapport quotidien, l’armée russe, plus nombreuse et qui poursuit ses attaques sur le front, a pour sa part revendiqué la prise de deux petites localités dans les régions de Kharkiv (nord-est) et de Zaporijjia.

Trump fait état d’une frappe terrestre américaine au Venezuela contre le narcotrafic

Donald Trump a affirmé lundi que les Etats-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela, une possible première frappe terrestre depuis le début de la campagne militaire américaine contre le trafic de drogue en Amérique latine.Les Etats-Unis exercent une forte pression sur Caracas depuis des mois, cherchant à pousser au départ le président Nicolas Maduro, accusé par Washington d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic.Ils ont mené jusqu’à présent une trentaine de frappes contre des embarcations de trafiquants présumés, faisant près de 107 morts dans les Caraïbes et le Pacifique.”Il y a eu une grande explosion sur la zone de mise à quai où ils chargent les bateaux de drogue. (…) Nous avons donc frappé tous les bateaux et maintenant nous frappons la zone, (…) et ça n’est plus là”, a déclaré lundi le président américain depuis sa résidence Mar-a-Lago, où il a reçu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il n’a pas révélé le lieu de cette frappe, précisant simplement qu’elle s’était produite “sur le rivage”. Il a également refusé de dire qui, de l’armée ou de la CIA, avait mené cette opération.De son côté, le gouvernement vénézuélien n’a fait aucun commentaire officiel sur une telle frappe.- Aucune victime -Donald Trump agitait depuis plusieurs semaines la menace de frappes terrestres visant des cartels de la drogue en Amérique latine, mais aucune attaque n’avait été encore confirmée à ce jour.Selon CNN et le New York times, il s’agit d’une frappe de drone qui a visé un débarcadère isolé utilisé par le gang de narcotrafiquants vénézuéliens du Tren de Aragua pour stocker de la drogue et la charger sur des bateaux bateau en vue de son expédition.Personne ne se trouvait sur place au moment de la frappe, il n’y a donc eu aucune victime, toujours selon ces deux médias, s’appuyant sur des sources anonymes familières du dossier. L’opération a été menée par la CIA, toujours selon ces deux médias.Le président Trump était interrogé par des journalistes après une allusion à une telle frappe dans un entretien diffusé vendredi.Dans une interview radio avec le milliardaire John Catsimatidis, l’un de ses soutiens, Donald Trump avait affirmé que les Etats-Unis avaient frappé une “grande installation d’où viennent les navires” servant selon lui à la production de bateaux utilisés pour le narcotrafic.”Il y a deux nuits, nous l’avons détruite. Donc nous les avons frappés très durement”, avait-il assuré, laissant donc entendre que l’opération a eu lieu le mercredi 24 décembre.- Nouvelle frappe contre un navire -Interrogés par l’AFP, ni le Pentagone, ni la Maison Blanche n’avaient confirmé ces déclarations.L’attaque pourrait considérablement aggraver les tensions avec le président vénézuélien Nicolas Maduro, dont les Etats-Unis tentent d’obtenir la démission par leur pression militaire dans les Caraïbes.Lundi, l’armée américaine a par ailleurs fait état d’une nouvelle frappe dans l’est du Pacifique contre un navire “impliqué dans des opérations de narcotrafic”, lors de laquelle deux personnes ont été tuées.Jusqu’à présent, l’administration américaine n’a pas apporté de preuves démontrant que ces embarcations visées transportent effectivement de la drogue.Washington a déployé un important dispositif militaire dans les Caraïbes et imposé au Venezuela un blocus visant des pétroliers sous sanctions.Nicolas Maduro dément les accusations américaines, et assure que les Etats-Unis cherchent à le renverser pour s’emparer du pétrole vénézuélien, principale ressource du pays.

En Floride, Trump et Netanyahu mettent en garde le Hamas et l’Iran

Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l’Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. Depuis les pupitres d’une conférence de presse commune organisée dans la résidence Mar-à-Lago du …

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Feu vert à la poursuite du chantier de l’A69

La cour administrative d’appel de Toulouse a sans surprise autorisé mardi la poursuite du chantier contesté de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, en rétablissant son autorisation environnementale qui avait été annulée en première instance.Conformément aux recommandations du rapporteur public, les magistrats d’appel ont estimé que “le projet de liaison autoroutière doit être regardé comme répondant à une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM)”.Selon la cour, c’est donc “à tort” que le tribunal administratif de Toulouse avait, le 27 février, annulé l’autorisation environnementale de ce projet, conduisant à stopper temporairement les travaux de ces 53 km de voie rapide.Le tribunal avait alors estimé que les lourdes atteintes à l’environnement n’étaient justifiées par aucune RIIPM puisque l’enclavement des villes de Castres et Mazamet, principal argument des promoteurs de l’autoroute, n’était pas démontré.Mais, à l’inverse, la cour juge qu’il n’est pas “nécessaire de justifier d’une situation critique ou de tension particulière quant à l’enclavement ou au décrochage démographique et économique du bassin de vie de Castres-Mazamet” pour autoriser le projet.L’autoroute “permettra de relier dans des meilleures conditions le bassin de vie de Castres Mazamet, qui compte plus de 130.000 habitants, à la métropole de Toulouse”, explique la cour, dans un communiqué sur sa décision.- “Décision majeure” -Elle estime en outre qu’il n’existe “pas de solution alternative satisfaisante à la création d’un nouveau tronçon autoroutier” et que “le maintien des espèces protégées” n’est pas menacé “car des mesures compensatoires efficaces sont prévues”.Avant même que la cour ne communique sur cette décision, le ministère des Transports a salué “une décision majeure” qui “permet d’envisager la livraison, très attendue par le territoire, de cette infrastructure structurante, à l’horizon d’octobre 2026”.Atosca, futur concessionnaire de l’autoroute qui supervise actuellement les travaux, “accueille favorablement la décision de la cour administrative d’appel de Toulouse, qui valide la raison impérative d’intérêt public majeur et l’autorisation environnementale de l’autoroute A69 dans toutes ses composantes, permettant de poursuivre sans ambiguïté le chantier”.”Cette décision tranche le débat sur le fond et confirme la nécessité d’une infrastructure attendue depuis plusieurs décennies par le sud du Tarn”, indique Atosca, dans un communiqué.Du côté des opposants, en revanche, la décision de la cour d’appel est jugée “incompréhensible” et “décevante”.”Nous engageons un pourvoi en cassation immédiatement: la décision à venir du Conseil d’Etat sera rendue avant la mise en service fantasmée par le ministre Tabarot”, a affirmé leur principal collectif, La Voie est libre (LVEL).- “Chantier de la honte” -Les anti-A69 soulignent que l’arrêt était de toute façon “prévisible”, du fait que plusieurs magistrats de la cour, parties prenantes de cette décision, avaient déjà participé à celle autorisant une reprise anticipée des travaux, en mai.”Lorsque des magistrats ayant déjà jugé en procédure accélérée avaient refusé de se récuser pour statuer sur le fond, on est en droit de se questionner sur leur impartialité!”, fustige LVEL.Parallèlement à son pourvoi, le collectif entend poursuivre sa contestation devant les tribunaux, notamment par la voie pénale.Le 12 janvier, une juge du tribunal de Toulouse, saisie en urgence, doit ainsi statuer sur des dépassements non-autorisés du chantier, en “violation manifeste de l’ordre public environnemental”, selon le parquet de Toulouse.Face à cette expansion illégale de l’emprise des travaux, les préfets de Haute-Garonne et du Tarn ont d’ores et déjà pris des arrêtés pour faire interdire la poursuite des travaux qui s’y déroulent.”D’autres actions juridiques sont à venir, avec un volet pénal bien chargé, qui n’a pas dévoilé toutes ses surprises et qui pourrait bien suspendre à nouveau ce chantier de la honte”, espèrent les militants de LVEL.Sur le terrain, “les équipes vont désormais se concentrer sur les travaux qui reprendront à l’issue des congés de fin d’année”, annonce Atosca, dans son communiqué.Le concessionnaire entend lancer “courant janvier” une dernière étape décisive de ce chantier: la pose des quelque 500.000 tonnes de revêtement de la future autoroute qui doit être produite par deux centrales d’enrobé à chaud, installées depuis l’automne à proximité immédiate du chantier, dans le Tarn, et qui étaient jusqu’à présent en phase de test.

En Floride, Trump et Netanyahu mettent en garde le Hamas et l’Iran

Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l’Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. Depuis les pupitres d’une conférence de presse commune organisée dans la résidence Mar-à-Lago du milliardaire, ce dernier a fermement mis en garde Téhéran, ennemi juré d’Israël, six mois après les frappes américaines contre son programme nucléaire.”J’espère qu’ils ne sont pas encore en train d’essayer de se réarmer, parce que s’ils le font, nous n’aurons pas d’autre choix que d’éliminer très rapidement ce réarmement”, qu’il s’agisse d’installations nucléaires ou de missiles balistiques, a-t-il averti.Un proche conseiller du guide suprême iranien a réagi dans la foulée, déclarant que “toute agression” envers son pays serait “immédiatement suivie d’une réponse très sévère”. “La capacité balistique et de défense de l’Iran ne peut être contenue” et ne nécessite “aucune autorisation”, a écrit sur X Ali Shamkhani.Le président américain a également minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien.Israël a “respecté le plan” pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n’être “préoccupé par rien de ce que fait Israël”.Donald Trump a en revanche pointé du doigt le mouvement islamiste palestinien Hamas et répété que son désarmement – un des points de la deuxième phase du plan pour Gaza – était nécessaire.- “Prix fort” -“S’ils ne se désarment pas comme ils s’y sont engagés” et “dans un délai relativement court”, “ils paieront le prix fort”, a-t-il menacé.La branche armée du Hamas a toutefois réaffirmé lundi qu’elle “ne renoncerait pas” aux armes “tant que l’occupation perdurera”.Benjamin Netanyahu, qui a qualifié son entrevue avec le républicain de “très productive”, a profité de sa visite pour remettre à Donald Trump la plus haute distinction civile du pays.”Nous n’avons jamais eu d’ami comme le président Trump à la Maison Blanche”, a-t-il apprécié.”Il peut être très difficile” mais Israël “n’existerait peut-être pas” sans le leadership dont Benjamin Netanyahu a fait preuve après les attaques sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, a salué le président américain.La rencontre entre les deux hommes était la cinquième aux Etats-Unis depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump il y a près d’un an.Washington souhaite accélérer la cadence du plan de cessez-le-feu, fragile, en vigueur depuis octobre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas – qui s’accusent mutuellement de fréquentes violations.- Avertissement envers l’Iran -Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l’armée israélienne de Gaza, la mise en place d’une autorité de transition et le déploiement d’une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, piétine.Le média américain Axios rapporte que Washington veut faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier.Donald Trump s’est borné lundi à espérer que la “reconstruction” puisse commencer bientôt dans le territoire palestinien, dévasté par deux années d’une guerre déclenchée par l’attaque du 7 octobre 2023. Un des objectifs du déplacement de Benjamin Netanyahu visait à insister sur le “danger que posent l’Iran” et son programme balistique, “non seulement pour le Moyen-Orient mais aussi pour les Etats-Unis”, selon une porte-parole de son gouvernement.Il s’agit d’une “tentative de fabriquer un nouveau casus belli” contre l’Iran après “l’argument du nucléaire”, analyse Sina Toossi, chercheur au Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington.L’Iran “se comporte peut-être mal” en cherchant à se réarmer mais reste intéressé par un accord avec Washington sur ses programmes nucléaires et balistiques, a estimé Donald Trump.Donald Trump a également espéré que Benjamin Netanyahu pourrait “s’entendre” avec le nouveau président syrien et ancien jihadiste, Ahmad al-Chareh, après des frappes d’Israël à la frontière syrienne et contre le Hezbollah libanais.

L’Arabie saoudite accuse les Emirats d’actes “extrêmement dangereux” au Yémen

L’Arabie saoudite a accusé mardi les Emirats arabes unis d’agir de façon “extrêmement dangereuse” au Yémen, où elle a frappé une cargaison d’armes en provenance d’Abou Dhabi destinée aux séparatistes.Déjà affaibli par un long conflit avec les rebelles Houthis, le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, au coeur de rivalités régionales, a vu s’ouvrir début décembre un nouveau front.Le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud (STC), qui est pourtant membre du gouvernement, s’est emparé de vastes portions de territoire, sans rencontrer de grande résistance. Et ses partisans l’appellent à rétablir un Etat dans le sud du Yémen, où une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990.Malgré les avertissements de l’Arabie saoudite, soutien du gouvernement yéménite, le STC n’a pas battu retraite et mardi aux premières heures de la matinée, la coalition militaire dirigée par Ryad a annoncé des frappes sur le port d’al-Mukallah, capitale de la province de l’Hadramout.Elles ont ciblé les équipages de deux bateaux qui avaient “désactivé leurs systèmes de suivi et déchargé une grande quantité d’armes et de véhicules de combat pour soutenir les forces du STC, a rapporté l’agence officielle saoudienne SPA.Les navires venaient du port de Fujairah, sur la côte est des Emirats arabes unis, selon SPA. Cette “opération militaire limitée” n’a fait aucune victime, selon la même source.- “Terrifiés” -Un responsable de l’infrastructure, qui a requis l’anonymat, a expliqué avoir reçu un appel à évacuer vers 04H00 (01H00 GMT), “un quart d’heure avant la frappe”. Les autorités ont fermé les routes vers le port, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.Des images de l’AFP montrent dans le port un groupe de voitures calcinées et des pompiers essayant d’éteindre la fumée qui s’en dégage. Non loin, des fenêtres de bâtiments ont été soufflées par la frappe.”Nos fenêtres ont été brisées, les portes cassées, les enfants et les femmes étaient terrifiés”, a raconté à l’AFP un témoin, Abdallah Bazouhair. “C’est inacceptable, qui va nous indemniser pour les dégâts causés?”, a-t-il dit, dénonçant “un acte odieux”.Puis dans un communiqué au ton inhabituellement fort, le ministère saoudien des Affaires étrangères a accusé les Emirats d’avoir “poussé” les séparatistes à mener des opérations militaires à la frontière sud du royaume.Ces mesures “prises par un Etat frère” sont “extrêmement dangereuses” et “constituent une menace pour la sécurité” de l’Arabie saoudite et de la région, estime Ryad.Le royaume ajoute encore qu’il “n’hésitera pas à prendre toutes les mesures pour (…) neutraliser” cette menace.Il a également appelé les Emirats à retirer leurs forces du Yémen “dans les 24 heures” et à “cesser tout soutien militaire ou financier à toute partie”.Abou Dhabi n’a pas réagi dans l’immédiat aux différentes déclarations de Ryad.- Etat d’urgence -Le Conseil présidentiel au Yémen, soutenu par Ryad, a de son côté décrété l’état d’urgence et annoncé l’annulation d’un pacte de défense avec les Emirats arabes unis. Ces derniers jours, des centaines de membres de tribus s’étaient rassemblés à Aden, la grande ville du sud, pour demander aux dirigeants du STC d’annoncer l’indépendance du Yémen du Sud, selon la chaîne Aden Independent affiliée aux séparatistes.Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait appelé vendredi à la “retenue”, tout en évitant de prendre parti entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, deux partenaires clés de Washington.Ces nouvelles tensions pourraient fragiliser davantage encore le pays dévasté par des années de guerre.Un conflit a éclaté en 2014 entre d’un côté, le gouvernement et ses alliés, dont le STC, et de l’autre, les rebelles houthis pro-iraniens, faisant des centaines de milliers de morts, morcelant le pays et provoquant l’une des pires crises humanitaires au monde. Une trêve conclue en 2022 est globalement respectée.L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, traditionnellement de proches alliés, avaient uni leurs forces contre les Houthis au sein de la coalition, mais des désaccords sont apparus sur le conflit au Yémen, ainsi que sur celui au Soudan. burs/vl/anb

Taïwan condamne les manœuvres militaires chinoises près de ses côtes

Taïwan a “fermement” condamné les manœuvres militaires chinoises simulant son blocus maritime, dont la deuxième journée, mardi, a été marquée par des tirs de missiles et le déploiement de dizaines d’avions de combat et de navires.”La Chine fait fi des attentes de la communauté internationale en matière de paix et sape délibérément la stabilité régionale avec son intimidation militaire. C’est une provocation flagrante contre la sécurité régionale et l’ordre international et j’exprime ma plus ferme condamnation”, a commenté le président taïwanais, Lai Ching-te, sur Facebook.Il a néanmoins promis que Taïwan n’allait pas “aggraver les tensions”.Des journalistes de l’AFP présents à Pingtan, l’île chinoise la plus proche de l’île principale de Taïwan, ont vu une salve de roquettes exploser dans les airs vers 09H00 (01H00 GMT), laissant derrière elles des traînées de fumée blanche.Au moins dix de ces engins ont été tirés en succession rapide, produisant un bruit assourdissant qui a attiré les touristes vers le front de mer pour prendre des photos et des vidéos avec leurs téléphones.”A 09H30 (01H30 GMT), le 30 décembre, les forces terrestres du Commandement des zones orientales de l’APL ont effectué des exercices de tirs réels de longue portée dans les eaux au nord de l’île de Taïwan et ont obtenu les effets escomptés”, a de son côté écrit l’armée chinoise dans un communiqué.Tandis que le ministère taïwanais de la Défense a déclaré mardi à 06H00 (22H00 GMT lundi) avoir détecté 130 avions militaires et 22 navires chinois autour de Taïwan en 24 heures. Il s’agit du nombre le plus élevé d’avions chinois signalés en une seule journée depuis le 15 octobre 2024.- “Réponse punitive” -La Chine a annoncé dans la matinée avoir déployé des destroyers, des frégates, des chasseurs et des bombardiers “pour procéder à des exercices d’identification et de vérification, d’alerte et d’expulsion, des simulations de frappes, d’attaques de cibles maritimes, ainsi que d’opérations antiaériennes et anti-sous-marines”.Dans un communiqué, le commandement du théâtre d’opérations Est de l’Armée populaire de libération a souligné que ces manœuvres dans les eaux au nord et au sud de Taïwan avaient permis de “tester les capacités de coordination air-mer et de blocus et de contrôle intégrés”.Il a en outre diffusé une carte montrant les cinq espaces au large des côtes taïwanaises où étaient prévus des “tirs à munitions réelles” jusqu’à 18H00 mardi (10H00 GMT).La chaîne de télévision d’Etat CCTV a expliqué que l’un des principaux objectifs des exercices baptisés “Mission Justice 2025” était de simuler le “blocus” de ports taïwanais stratégiques, notamment ceux de Keelung dans le nord et de Kaohsiung dans le sud.”Nous devons bien entendu résolument nous opposer et contrer avec force les provocations incessantes des forces indépendantistes à Taïwan et les importantes ventes d’armes américaines à Taïwan”, a quant à lui martelé à Pékin le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.Il a en outre averti que toute tentative visant à empêcher l’unification de la Chine et de Taïwan se solderait “inévitablement par un échec”.Le porte-parole de son ministère, Lin Jian, a parallèlement qualifié les manœuvres de “réponse punitive aux forces séparatistes indépendantistes taïwanaises et d’action nécessaire pour défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale”.”Unification de la mère patrie!”, a à cet égard crié à l’unisson à Pingtan un groupe de femmes âgées qui posaient pour une photo, ont constaté les journalistes de l’AFP.- Trafic aérien perturbé –   Taïwan a pour sa part déploré que certaines des zones désignées par la Chine pour ces manœuvres se trouvaient à moins de 12 milles nautiques (une vingtaine de kilomètres) de son territoire.L’Administration de l’aviation civile taïwanaise a noté que Pékin avait décrété une “zone de danger temporaire” pour une durée de dix heures mardi, “ce qui devrait perturber le trafic aérien dans la région”. Conséquence, selon elle, plus de 857 vols intérieurs, internationaux et de transit, seront affectés dans la journée.Les gardes-côtes taïwanais ont fait savoir mardi qu’ils avaient dépêché 14 bâtiments pour surveiller l’activité navale chinoise, avec “une approche de suivi individuel afin de dissuader fermement les navires” chinois. La population taïwanaise affichait toutefois son calme.”Il y a eu tellement d’exercices comme celui-ci au fil des ans qu’on y est habitués”, a ainsi tempéré Chiang Sheng-ming, un marchand de poisson de 24 ans. “La guerre ? Impossible. Ce ne sont que des gestes d’intimidation. S’ils attaquaient vraiment Taïwan, ils en paieraient le prix”, a renchéri Tseng Chang-chih, un vendeur de fruits de 80 ans, sur le même marché de la capitale Taipei. La veille, le président américain Donald Trump avait également dit ne pas être préoccupé par ces manœuvres, affirmant “ne pas croire” que son homologue chinois Xi Jinping puisse ordonner une invasion. La Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et menace de recourir à la force militaire pour s’en emparer.Les tensions dans le détroit ont été ravivées par une vente d’armes massive de Washington à Taipei mi-décembre, la deuxième depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour 11,1 milliards de dollars au total, soit le montant le plus important depuis 2001. burx-je/abs/vgu/bds/pz

Sur une île chinoise proche de Taïwan, les exercices militaires nourrissent les rêves d’unification

Sur l’île chinoise de Pingtan mardi, un groupe de touristes tournent autour d’un petit temple perché sur des rochers qui surplombent la mer, lorsqu’un bruit de tonnerre surgit depuis un îlot proche, laissant apercevoir une roquette dans le ciel bleu clair.Située à seulement 130 kilomètres des côtes taïwanaises, Pingtan se trouve en première ligne des …

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Etat d’urgence au Yémen, où Ryad accuse les Emirats d’actes “extrêmement dangereux”

Le Yémen a décrété mardi l’état d’urgence après des frappes de son allié et voisin saoudien, qui accuse les Emirats arabes unis d’agir de façon “extrêmement dangereuse” dans ce pays en soutenant les séparatistes.Déjà affaibli par un conflit de longue date avec les rebelles Houthis, le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, au coeur de rivalités régionales, a vu s’ouvrir début décembre un nouveau front.Le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud (STC), qui est pourtant membre du gouvernement, s’est emparé ces dernières semaines de vastes portions de territoire, sans rencontrer de grande résistance. Et ses partisans l’appellent à rétablir un Etat dans le sud du Yémen, où une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990.Malgré les avertissements de l’Arabie saoudite, allié du gouvernement yéménite, le STC n’a pas battu retraite et mardi aux premières heures de la matinée, la coalition dirigée par Ryad a annoncé avoir visé des cargaisons d’armes au Yémen destinées aux séparatistes, accusant Abou Dhabi d’être à l’origine de ces livraisons.”En raison des risques et de l’escalade que représentent ces armes, qui menacent la sécurité et la stabilité, les forces aériennes de la coalition ont mené ce matin une opération militaire limitée visant les armes et les véhicules de combat qui avaient été déchargés des deux navires dans le port d’al-Mukalla”, a rapporté l’agence officielle saoudienne SPA.- “Menace” -Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé ses regrets face au fait que les Emirats aient “poussé” les séparatistes à mener des opérations militaires à “la frontière sud du royaume (…) constituant une menace pour la sécurité” de l’Arabie saoudite et de la région, en ajoutant que “les mesures prises par l’Etat frère des Emirats arabes unis (étaient) extrêmement dangereuses”.  Le Conseil présidentiel, soutenu par Ryad, a de son côté indiqué qu’il annulait un pacte de défense avec les Emirats arabes unis, et déclaré l’état d’urgence sur tout le territoire. “Les équipages de deux bateaux ont désactivé leurs systèmes de suivi et déchargé une grande quantité d’armes et de véhicules de combat pour soutenir les forces du STC”, a indiqué l’agence SPA, précisant que les navires étaient arrivés du port de Fujairah, sur la côte est des Emirats arabes unis.Selon la même source, l’opération n’a fait aucune victime.Les Emirats n’ont pas réagi dans l’immédiat à cette annonce.Dans une vidéo d’images aériennes diffusée sur les réseaux sociaux par l’agence, on peut voir du mouvement sur des bateaux, puis des dizaines de véhicules circuler dans le port avant de se rassembler sur un terrain vague.Un responsable de l’infrastructure, qui a requis l’anonymat, a expliqué à l’AFP avoir reçu un appel à évacuer vers 04H00 (01H00 GMT), “un quart d’heure avant la frappe”.”L’évacuation s’est terminée et une frappe a eu lieu un quart d’heure plus tard sur un terrain vague à l’intérieur du port. Il y a toujours des flammes. Nous n’avons pas pu amener des camions de pompiers par crainte d’explosions”, a-t-il poursuivi.Les autorités ont fermé les routes vers le port, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait appelé vendredi à la “retenue”, tout en évitant de prendre parti entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, deux partenaires clés de Washington.Ces nouvelles tensions pourraient fragiliser davantage encore le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, au coeur de rivalités régionales.Un conflit a éclaté en 2014 entre d’un côté, le gouvernement et ses alliés, dont le STC, et de l’autre, les rebelles houthis pro-iraniens, faisant des centaines de milliers de morts, morcelant le pays et provoquant l’une des pires crises humanitaires au monde. Une trêve conclue en 2022 est globalement respectée.La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, rivale de l’Iran, avait été créée en 2015 pour apporter son soutien au gouvernement yéménite.