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Ukraine: deux morts et 54 blessés dans de nouvelles frappes russes sur Kharkiv

Des frappes russes ont tué deux personnes et fait au moins 54 blessés dans la nuit de mardi à mercredi à Kharkiv, la deuxième plus grande ville d’Ukraine, au lendemain de frappes similaires qui ont fait trois morts à Kiev et Odessa.La Russie et l’Ukraine ont procédé mardi à la deuxième phase d’un échange d’ampleur de prisonniers de guerre, seule avancée concrète de récents pourparlers de paix à Istanbul.Mais ceux-ci sont dans l’impasse et les attaques nocturnes visant la population civile ukrainienne se poursuivent à un rythme soutenu.Celle visant Kharkiv dans la nuit de mardi à mercredi a fait deux morts et au moins 54 blessés, a indiqué le maire, Igor Terekhov.”Dix-sept frappes de drones ont eu lieu dans deux districts” de cette ville à majorité russophone, a-t-il précisé. Huit des blessés sont des enfants, selon les services de secours.Les frappes ont eu lieu “vers 00H30” (21H30 GMT mardi) et ont touché notamment des immeubles d’habitation, a précisé le bureau du procureur local, soulignant que l’arme utilisée avait été des Geran-2, la version russe du drone iranien Shahed.Située à moins de 50 km de la frontière russe, Kharkiv voit se multiplier les attaques nocturnes d’ampleur depuis une semaine, comme l’ensemble du pays.Elle avait connu dans la nuit de vendredi à samedi son “attaque la plus puissante depuis le début de la guerre” en février, avec une cinquantaine d’explosions. Deux personnes avaient alors été tuées et 17 blessées.- “Action concrète” -A l’échelle nationale, la Russie a lancé sur l’Ukraine 315 drones explosifs dans la nuit de lundi à mardi, faisant trois morts et 13 blessés.L’Ukraine en parallèle multiplie également les attaques de drones sur la Russie, mais dit viser essentiellement des équipements stratégiques.Mardi, une personne a toutefois été tuée et quatre autres blessées dans une attaque de drone ayant détruit une supérette dans la région russe de Belgorod, selon le gouverneur Viatcheslav Gladkov.Dans ce contexte, les deux pays ont tout de même procédé mardi à la deuxième phase d’un échange d’ampleur de prisonniers de guerre décidé lors de pourparlers direct à Istanbul début juin.Les deux capitales n’ont pas précisé à ce stade le nombre de soldats impliqués dans cet échange, dont la première phase avait eu lieu lundi.Après les frappes de la nuit de lundi à mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a jugé “vital” que la réponse “ne soit pas le silence du monde, mais une action concrète”.Il a appelé à “une action de l’Amérique, qui a le pouvoir de contraindre la Russie à la paix” et à “une action de l’Europe, qui n’a pas d’autre choix que d’être forte”.Après avoir promis en vain de régler le conflit en quelques heures et renoué à cette fin le contact avec son homologue russe Vladimir Poutine, le président américain Donald Trump s’est mis en retrait du conflit ces dernières semaines.Il a notamment comparé l’invasion russe de l’Ukraine à “des jeunes enfants qui se battent”, sous-entendant qu’il pourrait laisser la guerre se poursuivre.Les Européens de leur côté, après avoir menacé la Russie de nouvelles “sanctions massives” si comme cela a été le cas Moscou refusait un cessez-le-feu, peinent à trouver une réponse sans le soutien de Washington.Moscou a rejeté la trêve “inconditionnelle” voulue par Kiev et les Européens, tandis que l’Ukraine a qualifié d'”ultimatums” les demandes russes.

Argentine: la Cour suprême confirme peine de prison et inégibilité pour l’ex-présidente Kirchner

La Cour suprême argentine a confirmé mardi la condamnation de l’ex-présidente péroniste Cristina Kirchner à une peine de six ans de prison et d’inéligibilité à vie pour fraude pendant sa présidence, un jugement retentissant contre une figure dominante de la vie politique argentine depuis 20 ans.Dans son jugement, la Cour considère que les peines en première et deuxième instances “étaient fondées sur les nombreuses preuves produites”. En conséquence, elle “rejette le recours” de la politicienne de centre-gauche, principale opposante du président ultralibéral Javier Milei.Son âge, 72 ans, devrait éviter à Cristina Kirchner l’incarcération, au bénéfice d’une assignation à résidence. Elle a cinq jours ouvrables pour se présenter en vue de l’exécution de sa peine.La Cour examinait son recours après une condamnation fin 2022 pour “fraude au préjudice de l’administration publique” durant sa présidence (2007-2015), un jugement confirmé en deuxième instance en 2024.L’affaire portait sur l’attribution de marchés publics -des chantiers routiers- dans le fief de Mme Kirchner à Santa Cruz pendant ses mandats présidentiels. Huit co-accusés, ex-fonctionnaires provinciaux, chefs d’entreprises, avaient aussi été condamnés.L’ex-présidente, niant toute malversation, n’a eu de cesse dans la procédure de dénoncer une “persécution politico-judiciaire” pour la “bannir” de la politique. “Ils me veulent soit prisonnière, soit morte”, a-t-elle lancé à maintes reprises en référence à l’attentat auquel elle réchappa en 2022.”La sentence était écrite à l’avance”, a-t-elle réaffirmé, l’air nullement abattue, mardi soir à plusieurs centaines de personnes venues exprimer leur soutien devant le siège du Parti justicialiste (péroniste) à Buenos Aires.Traitant les juges de “trio de marionnettes répondant à des ordres bien au-dessus d’eux, le pouvoir économique de l’Argentine”, elle a estimé que face à un tel pouvoir, “être prisonnière est un certificat de dignité politique, personnel, et historique”.”Justice. Fin”, a commenté pour sa part le président Milei sur son compte X.- “Chaos” promis -En soirée, quelques milliers de sympathisants poursuivaient entre slogans et chants péronistes, au son de grosses caisses, une veillée sans incidents sous les fenêtres de Cristina Kirchner, dans le quartier de Constitucion, a constaté l’AFP. Partagés entre abattement, colère et motivation.”Je ressens de la colère et de l’impuissance, mais nous ne devons pas baisser les bras”, déclarait Karina Barberis, une chômeuse de 43 ans. “Un chaos va venir. On est déjà dans le chaos, mais à présent va venir un chaos pour chasser ceux qui veulent se maintenir au pouvoir”, a-t-elle lancé.”Je suis brisé, mais je retiens qu’on doit militer plus que jamais, car le péronisme est l’espoir des démunis, et on reviendra, comme toujours”, lâchait Daniel Dragoni, un élu municipal incapable de retenir ses larmes à l’annonce du jugement.Dans l’après-midi, des syndicalistes avaient, face à l’imminence du jugement, bloqué pendant quelques heures des axes routiers d’accès à la capitale, enflammant des pneus.Plusieurs syndicats n’ont ces derniers jours pas exclu une grève en cas de sentence confirmée. Et la CGT, la plus grande centrale -qui a déjà convoqué trois grèves générales en 18 mois de présidence Milei-, a alerté sur “la démocratie en danger”.Cristina Kirchner en prison – ou assignée à résidence: le symbole est un séisme politique, s’agissant de la figure omniprésente de la gauche argentine depuis deux décennies, successivement Première Dame, cheffe d’Etat et vice-présidente (2019-2023).Avant elle, le président Carlos Menem (1989-1999) avait été condamné en 2015 pour corruption, mais son immunité parlementaire de sénateur l’avait protégé de la prison jusqu’à sa mort en 2021.- Une “lente mort” politique ? -Son inéligibilité va empêcher Mme Kirchner de briguer un poste de députée régionale aux élections de la province de Buenos Aires en septembre.Crépuscule politique pour autant ? Condamnée, se poser en victime, pourrait la voir garder son influence sur l’opposition, dont elle reste la personnalité la plus populaire, estime l’analyste politique Rosendo Fraga. “Il sera difficile à un péroniste de se dresser face à elle”. Mais son étoile a pâli. Si elle revendique le soutien d’un noyau dur, la clivante politicienne suscite un rejet bien plus large: 24% “de bonne ou très bonne opinion”, contre 66% de “mauvaise ou très mauvaise”, selon le baromètre bimestriel de l’Université de San Andres.”Cristina a aujourd’hui un leadership limité, ce n’est plus la Cristina de 2019″, considère l’historien politique Sergio Berensztein. Qui voit deux hypothèses : “une influence même depuis une détention à domicile”, ou au contraire “une espèce de lente mort” politique.

Argentine: la Cour suprême confirme peine de prison et inégibilité pour l’ex-présidente Kirchner

La Cour suprême argentine a confirmé mardi la condamnation de l’ex-présidente péroniste Cristina Kirchner à une peine de six ans de prison et d’inéligibilité à vie pour fraude pendant sa présidence, un jugement retentissant contre une figure dominante de la vie politique argentine depuis 20 ans.Dans son jugement, la Cour considère que les peines en première et deuxième instances “étaient fondées sur les nombreuses preuves produites”. En conséquence, elle “rejette le recours” de la politicienne de centre-gauche, principale opposante du président ultralibéral Javier Milei.Son âge, 72 ans, devrait éviter à Cristina Kirchner l’incarcération, au bénéfice d’une assignation à résidence. Elle a cinq jours ouvrables pour se présenter en vue de l’exécution de sa peine.La Cour examinait son recours après une condamnation fin 2022 pour “fraude au préjudice de l’administration publique” durant sa présidence (2007-2015), un jugement confirmé en deuxième instance en 2024.L’affaire portait sur l’attribution de marchés publics -des chantiers routiers- dans le fief de Mme Kirchner à Santa Cruz pendant ses mandats présidentiels. Huit co-accusés, ex-fonctionnaires provinciaux, chefs d’entreprises, avaient aussi été condamnés.L’ex-présidente, niant toute malversation, n’a eu de cesse dans la procédure de dénoncer une “persécution politico-judiciaire” pour la “bannir” de la politique. “Ils me veulent soit prisonnière, soit morte”, a-t-elle lancé à maintes reprises en référence à l’attentat auquel elle réchappa en 2022.”La sentence était écrite à l’avance”, a-t-elle réaffirmé, l’air nullement abattue, mardi soir à plusieurs centaines de personnes venues exprimer leur soutien devant le siège du Parti justicialiste (péroniste) à Buenos Aires.Traitant les juges de “trio de marionnettes répondant à des ordres bien au-dessus d’eux, le pouvoir économique de l’Argentine”, elle a estimé que face à un tel pouvoir, “être prisonnière est un certificat de dignité politique, personnel, et historique”.”Justice. Fin”, a commenté pour sa part le président Milei sur son compte X.- “Chaos” promis -En soirée, quelques milliers de sympathisants poursuivaient entre slogans et chants péronistes, au son de grosses caisses, une veillée sans incidents sous les fenêtres de Cristina Kirchner, dans le quartier de Constitucion, a constaté l’AFP. Partagés entre abattement, colère et motivation.”Je ressens de la colère et de l’impuissance, mais nous ne devons pas baisser les bras”, déclarait Karina Barberis, une chômeuse de 43 ans. “Un chaos va venir. On est déjà dans le chaos, mais à présent va venir un chaos pour chasser ceux qui veulent se maintenir au pouvoir”, a-t-elle lancé.”Je suis brisé, mais je retiens qu’on doit militer plus que jamais, car le péronisme est l’espoir des démunis, et on reviendra, comme toujours”, lâchait Daniel Dragoni, un élu municipal incapable de retenir ses larmes à l’annonce du jugement.Dans l’après-midi, des syndicalistes avaient, face à l’imminence du jugement, bloqué pendant quelques heures des axes routiers d’accès à la capitale, enflammant des pneus.Plusieurs syndicats n’ont ces derniers jours pas exclu une grève en cas de sentence confirmée. Et la CGT, la plus grande centrale -qui a déjà convoqué trois grèves générales en 18 mois de présidence Milei-, a alerté sur “la démocratie en danger”.Cristina Kirchner en prison – ou assignée à résidence: le symbole est un séisme politique, s’agissant de la figure omniprésente de la gauche argentine depuis deux décennies, successivement Première Dame, cheffe d’Etat et vice-présidente (2019-2023).Avant elle, le président Carlos Menem (1989-1999) avait été condamné en 2015 pour corruption, mais son immunité parlementaire de sénateur l’avait protégé de la prison jusqu’à sa mort en 2021.- Une “lente mort” politique ? -Son inéligibilité va empêcher Mme Kirchner de briguer un poste de députée régionale aux élections de la province de Buenos Aires en septembre.Crépuscule politique pour autant ? Condamnée, se poser en victime, pourrait la voir garder son influence sur l’opposition, dont elle reste la personnalité la plus populaire, estime l’analyste politique Rosendo Fraga. “Il sera difficile à un péroniste de se dresser face à elle”. Mais son étoile a pâli. Si elle revendique le soutien d’un noyau dur, la clivante politicienne suscite un rejet bien plus large: 24% “de bonne ou très bonne opinion”, contre 66% de “mauvaise ou très mauvaise”, selon le baromètre bimestriel de l’Université de San Andres.”Cristina a aujourd’hui un leadership limité, ce n’est plus la Cristina de 2019″, considère l’historien politique Sergio Berensztein. Qui voit deux hypothèses : “une influence même depuis une détention à domicile”, ou au contraire “une espèce de lente mort” politique.

Colombie: le candidat blessé lutte “pour sa vie”, le jeune auteur des coups de feu inculpé

Le sénateur colombien et prétendant à la présidence blessé par balles samedi “continue à lutter pour sa vie” et l’adolescent qui lui a tiré dessus a été inculpé mardi de “tentative de meurtre”.L’état de santé de Miguel Uribe Turbay, 39 ans, touché de deux balles dans la tête, est “stable mais critique”, selon le dernier bulletin de la clinique de Bogota où il se trouve en soins intensifs.”Miguel est un guerrier. Il continue à lutter pour sa vie”, a déclaré mardi devant la clinique son épouse Maria Claudia Tarazona, disant que “l’amour de chaque Colombien et toutes les manifestations” lui ont donné “la force pour affronter les jours les plus difficiles et les plus sombres”.Dimanche, des milliers de personnes sont descendues dans les rues des grandes villes pour allumer des bougies, prier et exprimer leur colère.”Le pays est en guerre. Tout comme ma famille, mes enfants et moi-même traversons des moments sombres, des milliers de Colombiens souffrent en ce moment des terribles circonstances et conséquences de la guerre”, a ajouté Mme Tarazona.Miguel Uribe, membre du parti Centre démocratique, la principale formation de la droite colombienne, s’adressait à des partisans samedi dans un quartier de la capitale quand il a été touché quasiment à bout portant.Le tireur présumé, âgé de 15 ans, a tenté de s’enfuir mais a été blessé par balles à la jambe par les gardes du corps de M. Uribe puis arrêté.Opéré, l’adolescent a été inculpé mardi de “tentative de meurtre” et de “port et fabrication d’arme à feu”. Il se dit “innocent”, selon le parquet.La procureure générale, Luz Adriana Camargo, a indiqué lundi que le tireur avait probablement été engagé par un “réseau de tueurs à gages” et ne connaissait probablement pas les commanditaires.S’il est reconnu coupable, il pourrait être condamné à huit ans de privation de liberté dans un lieu adapté aux mineurs.Une “mesure d’internement préventif” dans un “centre spécialisé” pour mineurs a été prise par un juge, selon le parquet. L’adolescent a été conduit mardi de l’hôpital vers un bunker du parquet à Bogota, en attendant qu’un lieu soit trouvé où il “ne soit pas en danger”, a précisé à l’AFP une source au sein du parquet.Une photographe de l’AFP a assisté au transfert, marqué par un important dispositif de sécurité avec des dizaines de policiers, des fourgonnettes et un hélicoptère. La directrice de l’organisme public de protection des mineurs (IBCF), Astrid Caceres, a indiqué que l’adolescent vivait avec une tante car son père n’est pas sur le territoire colombien. Selon les médias locaux, sa mère est décédée.- “Mafia” internationale? -Le président de gauche Gustavo Petro a évoqué mardi une “mafia à caractère international” comme possible commanditaire de la tentative de meurtre contre son opposant politique.Selon lui, il existe “des indices très forts qui sont remontés jusqu’à de hauts dirigeants de l’opposition” et du gouvernement.L’implication d’une mafia est d’après lui un signe “du coup très dur” porté par son gouvernement au narcotrafic en Colombie, premier producteur mondial de cocaïne.M. Petro a aussi dit avoir demandé de l’aide dans l’enquête à des “organismes secrets” des Etats-Unis.Lundi, le chef de l’Etat avait affirmé que le dispositif de sécurité mis en place pour protéger le sénateur Uribe avait été “étrangement réduit le jour de l’attentat”.Le parquet militaire et policier a annoncé l’ouverture d’une enquête en raison de la présence de certains militaires en activité dans le dispositif de sécurité de Miguel Uribe.Le président Petro a par ailleurs ordonné le renforcement de la sécurité des dirigeants de l’opposition, notamment la figure tutélaire de la droite, l’ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), qui n’a aucun lien de parenté avec le jeune sénateur.L’ex-président Uribe a affirmé lundi avoir été informé par “les renseignements internationaux” d’un supposé projet d’attentat le visant. Et son parti, le Centre démocratique, évoque des mises à prix pour l’assassinat de ses dirigeants.Depuis l’époque du cartel de Medellin de Pablo Escobar, qui a semé la terreur dans le pays sud-américain dans les années 1980 et 1990, les groupes criminels utilisent des mineurs pour commettre leurs crimes. En général, ces jeunes proviennent de milieux défavorisés ou vivent loin de leurs parents.

Deuxième soirée de violences en Irlande du Nord après une tentative de viol

Des heurts ont opposé mardi soir des manifestants et les forces de l’ordre à Ballymena en Irlande du Nord, après des violences la veille à motivation raciste selon la police, à la suite de l’inculpation de deux adolescents pour une tentative de viol contre une jeune fille.Lundi soir, des habitations avaient été incendiées et 15 …

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Deuxième soirée de violences en Irlande du Nord après une tentative de viol

Des heurts ont opposé mardi soir des manifestants et les forces de l’ordre à Ballymena en Irlande du Nord, après des violences la veille à motivation raciste selon la police, à la suite de l’inculpation de deux adolescents pour une tentative de viol contre une jeune fille.Lundi soir, des habitations avaient été incendiées et 15 policiers blessés dans un quartier de Ballymena, ville de 31.000 habitants, où vit une importante population immigrée.Selon un journaliste de l’AFP sur place, un lourd dispositif policier a été déployé mardi soir dans cette ville qui se situe à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Belfast. Des centaines de manifestants dont certains masqués se sont rassemblés. Des feux d’artifice et des bouteilles en verre ont été jetés sur la police, qui a elle utilisé un canon à eau pour disperser les manifestants.”La police fait actuellement face à des troubles graves dans le quartier de Clonavon Terrace”, a déclaré une porte-parole des forces de l’ordre, appelant à éviter cette zone.Une partie des manifestants a commencé à se disperser une fois la nuit tombée, même si d’autres restaient près de barricades improvisées et en feu. Des troubles ont également été signalés à Belfast, la capitale de la province britannique. – “Considérations raciales” -Selon les médias britanniques, les deux jeunes de 14 ans ont comparu lundi devant la justice pour la tentative de viol qu’ils sont accusés d’avoir commise samedi, et s’exprimaient par l’intermédiaire d’un interprète roumain.Les premières violences ont éclaté lundi soir à l’issue d’un rassemblement en soutien à la victime et à sa famille. Parmi les policiers blessés, certains ont dû être hospitalisés pour être soignés, ont indiqué mardi les forces de l’ordre dans un communiqué.Un homme de 29 ans a été arrêté puis inculpé mardi pour “comportement émeutier, trouble à l’ordre public, tentative de dommage criminel et résistance à la police”, ont indiqué les forces de l’ordre.”Cette violence était clairement motivée par des considérations raciales et visait une minorité ethnique, ainsi que la police”, a déclaré Ryan Henderson, un responsable de la police, en condamnant ces attaques “dans les termes les plus fermes”.Il s’est inquiété de “la montée des attaques haineuses à caractère racial en Irlande du Nord”.”La nuit dernière, c’était insensé, tellement de gens sont venus ici pour mettre le feu à cette maison”, a raconté mardi à l’AFP Cornelia Albu, 52 ans, une ressortissante roumaine habitant en face de l’une des habitations incendiées.”Ma famille a été vraiment effrayée, maintenant il nous faut déménager, car on ne sait pas ce qui peut se passer après cela”, ajoute cette mère de deux enfants, employée dans une usine et qui vit en Irlande du Nord depuis 9 ans. Elle se demande toutefois “si quelqu’un acceptera de les loger car (ils sont) Roumains”.- “Une étincelle” -Lundi soir, à l’issue du rassemblement qui avait commencé dans le calme, des individus cagoulés ont construit des barricades dans la rue et attaqué des maisons, avant de s’en prendre aux forces de l’ordre, en jetant dans leur direction des cocktails Molotov et des briques notamment, selon la police. Quatre maisons ont été endommagées par des incendies. D’autres habitations et commerces ont vu leurs fenêtres brisées et leurs portes enfoncées.L’Irlande du Nord a été secouée à l’été dernier, comme d’autres endroits du Royaume-Uni, par des émeutes anti-immigration à la suite des meurtres de trois fillettes dans une attaque au couteau, dans le nord-ouest de l’Angleterre. Pour un habitant, Mark, 24 ans, qui n’a pas voulu donner son nom de famille, la tentative de viol pendant le week-end était “juste une étincelle”. “Les étrangers ici ne sont pas respectueux des gens du coin, ils viennent ici sans s’intégrer”, a-t-il affirmé.Un autre habitant a accroché un drapeau britannique devant sa maison “par précaution, pour que les gens sachent que ce n’est pas un étranger qui vit ici”. “Ballymena a une importante population immigrée, beaucoup de gens travaillent dans la ville et fournissent un excellent travail”, a déclaré le maire, Jackson Minford, à l’AFP. Downing Street a jugé “très préoccupants” les incidents, exprimant son soutien aux victimes des violences et aux policiers blessés.