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Budget: Londres place la défense et la santé au coeur de ses priorités

Des milliards d’argent public injectés dans la santé et dans la défense mais des coupes dans les Affaires étrangères et les transports: le gouvernement britannique a présenté mercredi ses choix budgétaires pour les années à venir.La priorité est “d’investir dans la sécurité du Royaume-Uni, dans la santé et dans la croissance de l’économie”, a martelé la ministre des Finances Rachel Reeves, dans un discours en milieu de journée devant les députés britanniques.Grâce à des hausses d’impôts qui s’appliquent déjà depuis avril, les budgets courants du gouvernement augmenteront de 2,3% par an d’ici la fin de la décennie, a indiqué Mme Reeves.Mais tous les ministères ne sont pas logés à la même enseigne: après un passage en revue détaillé des dépenses et des recettes, amorcé dès le retour au pouvoir des travaillistes en juillet dernier, la priorité est clairement donnée à la défense et la santé.Londres prévoit de porter son budget militaire à 2,6% du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2027 (une augmentation qui inclut les agences de renseignement), et jusqu’à 3% à horizon 2034, au détriment de l’aide au développement.Le service public de santé (NHS), sous-financé et extrêmement coûteux, se voit quant à lui promettre une rallonge record de 29 milliards de livres (34 milliards d’euros) d’ici 2028-29, soit une hausse de 3% par an.- Demandeurs d’asile -Sans s’appesantir dans son discours sur les ministères les moins bien lotis, Mme Reeves a tout de même annoncé un milliard de livres d’économies sur le budget alloué aux demandeurs d’asile, notamment pour mettre un terme à “l’utilisation coûteuse des hôtels pour (les) loger”.Selon un document publié sur le site du gouvernement après son discours, les Affaires étrangères (-7% d’ici 2029) et les transports (-5%) sont les plus touchés par les coupes.Ces économies sont d’autant plus sévères que la Chancelière de l’Echiquier (titre officiel de Mme Reeves) a déjà tranché dans les dépenses à hauteur de plusieurs milliards de livres en mars, rognant dans les aides aux personnes handicapées et les coûts de fonctionnement de l’administration centrale.”Moins d’un an s’est écoulé depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement, et ses priorités ont évolué, les événements mondiaux semblant avoir pris le pas sur la politique intérieure”, décrypte Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.La ministre est en revanche revenue cette semaine sur la suppression d’une aide au chauffage pour les retraités, décision impopulaire jusque dans son propre camp travailliste.Des largesses critiquées par Mel Stride, responsable de l’opposition conservatrice pour les Finances, convaincue que Mme Reeves “sait qu’elle devra revenir à l’automne”, dans le prochain budget, “avec de nouvelles hausses d’impôts”.Si la Chancelière vise l’équilibre des recettes et des dépenses de fonctionnement, elle s’est donné davantage de marges sur l’investissement, s’autorisant à emprunter plus dans ce but en changeant les règles budgétaires.Conséquence: une manne de 113 milliards de livres (134 milliards d’euros) supplémentaires sur cinq ans s’ajoute aux près de 120 milliards annuels d’investissements déjà prévus.- Des milliards investis -“Les investissements publics devraient être à des niveaux historiquement élevés dans les années à venir”, selon le très respecté Institut des études budgétaires (IFS).Les priorités ont déjà été divulguées ces derniers jours : 86 milliards de livres d’ici 2030 dans les sciences, les technologies ou la défense, 39 milliards de livres pour des “logements abordables” ou 30 milliards de livres pour le nucléaire.Le gouvernement du Premier ministre Keir Starmer, dont la popularité est en berne, espère que cela l’aidera à relancer une activité économique atone, pénalisée aussi par la guerre commerciale des Etats-Unis.”Cette approche centrée sur la croissance est encourageante” mais ne sera peut-être pas suffisante, suggère Lindsay James, analyste chez Quilter, rappelant les difficultés “à réaliser des projets d’infrastructure à grande échelle”.

Au Groenland, la glace a fondu 17 fois plus vite que la moyenne en mai, selon le réseau WWA

La glace a fondu 17 fois plus vite que la moyenne entre le 15 et le 21 mai au Groenland, résultat d’une vague de chaleur record qui a aussi touché l’Islande, a alerté mercredi le réseau scientifique World Weather Attribution (WWA).Les données de 2025 ont été comparées à la moyenne de fonte sur la période allant de 1980 et 2010, a-t-il précisé.”La contribution de la fonte de l’inlandsis du Groenland à l’élévation du niveau de la mer est plus importante qu’elle ne l’aurait été sans cette vague de chaleur”, a souligné lors d’une présentation à la presse l’une des autrices du rapport, Friederike Otto, maîtresse de conférence en sciences du climat à l’Imperial College à Londres.En Islande, la température a dépassé les 26°C le 15 mai, du jamais-vu pour cette période de l’année dans l’île aux confins de l’Arctique. “Les températures observées en Islande en mai battent tous les records, dépassant de plus de 13°C la moyenne des températures maximales journalières de mai pour la période 1991-2020″, a relevé le WWA dans un communiqué. En mai, 94% des stations ont enregistré de nouveaux records de température, selon l’institut météorologique local.Ces dernières années, des vagues de chaleur plus importantes ont traversé les deux territoires mais elles étaient intervenues plus tard dans l’année, vers la fin du mois de juillet et le début du mois d’août 2008, ainsi qu’en août 2004.”Sans changement climatique, (la vague de chaleur de mai) aurait été impossible”, a dit Mme Otto.Dans l’est du Groenland, la journée la plus chaude a affiché une température plus élevée d’environ 3,9°C par rapport au climat préindustriel, a souligné le WWA.”Une vague de chaleur autour de 20°C ne semble pas être un événement extrême pour la plupart des gens à travers le monde, mais c’est un problème vraiment important pour cette région (…) et cela affecte massivement le monde entier”, a insisté la chercheuse.L’Arctique se réchauffe quatre fois plus vite que le reste du monde, d’après la revue scientifique “Nature”. – Infrastructures endommagées -Au niveau mondial, par rapport à une référence préindustrielle, si l’augmentation de la température “atteint 2,6 C, ce qui est prévu d’ici 2100 à moins que les pays ne s’éloignent rapidement du pétrole, du gaz et du charbon, des vagues de chaleur similaires devraient encore gagner 2°C d’intensité” sur le Groenland et l’Islande, a prévenu le WWA.Pour les communautés autochtones du Groenland, la hausse des températures et la fonte des glaces impliquent un changement des conditions de chasse traditionnelles.Elles ont aussi des répercussions sur les infrastructures.”Au Groenland et en Islande, les infrastructures sont conçues pour résister au froid, ce qui signifie qu’en période de chaleur, la fonte des glaces peut provoquer des inondations et endommager les routes et les infrastructures”, a souligné le réseau.Au Groenland, la chaleur couplée à des précipitations importantes peut affecter la nature environnante. En 2022, elle avait ainsi entraîné le dégel du permafrost (pergélisol) qui avait laissé échapper du fer et d’autres métaux dans de nombreux lacs arctiques, a-t-il indiqué.Les préoccupations ne se limitent pas à l’environnement mais touchent aussi la santé et l’hygiène, les foyers ruraux groenlandais ne disposant souvent pas de système de canalisation.

Au Groenland, la glace a fondu 17 fois plus vite que la moyenne en mai, selon le réseau WWA

La glace a fondu 17 fois plus vite que la moyenne entre le 15 et le 21 mai au Groenland, résultat d’une vague de chaleur record qui a aussi touché l’Islande, a alerté mercredi le réseau scientifique World Weather Attribution (WWA).Les données de 2025 ont été comparées à la moyenne de fonte sur la période …

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Nogent sous le choc au lendemain du meurtre de Mélanie, surveillante au collège

Des roses blanches sur les grilles du collège: au lendemain du meurtre de Mélanie, une surveillante tuée à coups de couteau par un élève de 14 ans lors d’un contrôle de sacs à Nogent (Haute-Marne), les hommages se multiplient et l’incompréhension règne.La ministre de l’Éducation nationale Élisabeth Borne a annoncé une minute de silence dans tous les établissements scolaires jeudi midi en hommage à l’assistante d’éducation de 31 ans, ancienne coiffeuse qui s’était reconvertie et travaillait au collège depuis septembre. Le Sénat lui a également rendu hommage mercredi en début de séance.La garde à vue du suspect, un collégien de 14 ans, a été prolongée de 24 heures, jusqu’à jeudi matin, a appris mercredi l’AFP auprès de la gendarmerie.Sur les réseaux sociaux, les proches de la victime la décrivent comme “solaire”, “douce et gentille”. Maman d’un petit garçon de quatre ans, elle était conseillère municipale dans son village de Sarcey, voisin de Nogent.Devant le collège Françoise-Dolto, où les cours sont suspendus jusqu’à jeudi matin, des familles, passants ou proches, viennent déposer des roses blanches, des bouquets et parfois un message sous l’oeil des journalistes et de gendarmes toujours déployés sur les lieux. “On est stupéfaits”, souligne Laurence Raclot, qui a côtoyé Mélanie dans le salon de coiffure: “C’était une personne tellement gentille”. “Dans une petite ville tranquille, jamais on n’aurait pensé ça.”Des élèves et leurs parents entrent et sortent de l’établissement où une cellule psychologique restera activée au moins jusqu’à la fin de la semaine, selon le rectorat.”C’est vraiment toute la communauté éducative qui est sous le choc et la nation toute entière”, a déclaré la ministre de l’Éducation Élisabeth Borne sur France Inter mercredi matin.Peu d’informations ont filtré sur le mobile du suspect, un collégien “dont les deux parents travaillent, qui ne présente pas de difficultés particulières”, avait indiqué Mme Borne mardi devant le collège. Il a été interpellé par les gendarmes présents sur place pour le contrôle de sacs, immédiatement après les faits.L’adolescent, scolarisé en troisième, a fait l’objet de deux exclusions “en début d’année scolaire”, soit à l’automne 2024, suite à “des perturbations”, a indiqué le rectorat sans plus de précision.”Il était insolent. Quand les profs le viraient, il s’en foutait, il s’en foutait de tout”, témoigne auprès de l’AFP un autre collégien, Benjamin, qui partageait avec lui ses cours d’espagnol “Il était dissipé et démarrait au quart de tour.”- Marche blanche vendredi -La famille de la victime a annoncé sur les réseaux sociaux une marche blanche vendredi à 18H00 au départ du collège de Nogent. Le syndicat FSU a également prévu un rassemblement silencieux mercredi à 17H30, place de la mairie à Chaumont. Le procureur de la République de Chaumont a prévu une conférence de presse à 17H00.Au-delà de la sécurité, “le fait que ce jeune de 14 ans tue de sang-froid cette jeune femme devant les gendarmes, (…) ça renvoie à d’autres sujets de santé mentale”, a souligné mercredi Mme Borne.Elle a assuré que le gouvernement était “mobilisé pour détecter les signes de détresse psychologique ou de fragilité psychologique chez les jeunes”. Il s’agit par ailleurs de “protéger nos jeunes de la surexposition aux écrans, de la banalisation de la violence”, a-t-elle ajouté.Le président de la République Emmanuel Macron, qui a évoqué “un déferlement de violence insensé”, s’est engagé mardi soir sur France 2 à “interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans” en France si une telle mesure n’est pas appliquée à l’échelle de l’Union européenne.Le Premier ministre François Bayrou a de son côté assuré sur TF1 que le gouvernement allait interdire “tout de suite” la vente aux mineurs de “tout couteau qui peut constituer une arme”. Cette interdiction sera mise en oeuvre par un arrêté “pris dans les 15 jours”, a précisé mercredi Matignon.Mais “ça n’empêchera pas un drame comme hier”, a relativisé M. Bayrou devant le Sénat mercredi, évoquant également “un énorme travail à construire sur la protection de la santé mentale des jeunes”.Il avait également prôné l”expérimentation” de portiques de sécurité à l’entrée des établissements scolaires. Il faut “qu’on agisse ensemble avec les collectivités pour assurer au maximum la sécurité dans les enceintes scolaires, que ça reste des sanctuaires” sans en “faire des bunkers”, a affirmé Elisabeth Borne. bur-lv-cnp-kau-zl/cnp/gvy

A Paris, Mohamed Amra garde le silence sur son évasion meurtrière devant les juges

Le narcotrafiquant Mohamed Amra, extrait mercredi matin sous haute sécurité de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), n’a pas répondu aux questions des juges spécialisés sur son évasion meurtrière en mai 2024, ont indiqué à la presse ses avocats à l’issue de son premier interrogatoire au tribunal de Paris.Entendu pendant trois heures par les trois juges de la Juridiction nationale de lutte contre le crime organisé (Junalco) chargés des investigations, ouvertes notamment pour meurtres en bande organisée en récidive, M. Amra a fait “de simples déclarations” sans répondre sur le fond, a indiqué son avocat Lucas Montagnier. Le suspect a notamment évoqué “ses conditions” de détention “au quotidien”, a précisé son autre avocat, Benoît David.”Ce choix ne résulte pas d’un procédé, ni d’une défiance vis-à-vis de l’institution judiciaire, mais d’un constat inquiétant”: “Nous n’avons pas pu préparer cet interrogatoire dans des conditions sereines et conformes aux droits de la défense”, a affirmé Me Montagnier.Lors de leurs entretiens, un surveillant, posté derrière une porte vitrée, “peut entendre les échanges, voir les documents”, s’est indigné Me Montagnier, dénonçant une “absence de confidentialité” et une “atteinte grave” aux droits de la défense. Constamment “menotté”, Amra ne peut non plus pas “prendre de notes” pour suivre son dossier et n’a accès “qu’une fois par jour au téléphone fixe” pour appeler ses conseils.L’audition du jour devait permettre de le questionner sur la préparation de son évasion, sur le jour J de l’opération puis sur sa longue cavale. “M. Amra répondra aux questions des juges lorsque la confidentialité de nos échanges sera pleinement garantie”, a assuré Me Montagnier.”Si les juges doivent pouvoir exercer leur fonction sereinement et sans aucune pression, nous voulons rappeler qu’il en va de même pour la défense”, a-t-il insisté.- Casque antibruit et bandeau -Au moins quarante autres personnes sont mises en examen dans cette affaire tentaculaire qui a mobilisé des moyens exceptionnels pour interpeller les suspects, dont certains étaient en fuite en Thaïlande, en Allemagne et au Maroc.L’évasion de celui qui est surnommé “La Mouche” s’était déroulée le 14 mai 2024 dans l’Eure lors d’une précédente extraction qui s’est transformée en véritable guet-apens, coûtant la vie à deux agents pénitentiaires et en blessant grièvement trois autres. Mohamed Amra se trouvait dans un fourgon pénitentiaire au péage d’Incarville quand un commando l’a libéré dans une attaque ultraviolente. Il est ensuite parti en cavale pendant neuf mois, mais a été arrêté le 22 février à Bucarest avant d’être remis à la France.Mercredi, cette nouvelle extraction a été réalisée sous haute sécurité, avec à la manoeuvre le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), unité d’élite spécialisée dans la gestion de crises et les missions dangereuses.Peu après 07h30, Mohamed Amra a été extrait par hélicoptère de sa prison dans l’Orne. A bord, il était équipé d’un casque antibruit, avec un bandeau sur les yeux “pour l’empêcher de mémoriser le trajet”, selon une source proche du dossier.- “Pression” -Puis il a été conduit de la base aérienne de Vélizy-Villacoublay (Yvelines) au tribunal de Paris où il est arrivé vers 09H30, escorté par un convoi de quatre véhicules et deux motards, a constaté une journaliste de l’AFP.La révélation par la presse de cette extraction avait auparavant suscité l’indignation de syndicats pénitentiaires, appelant à une audition en visioconférence ou à un déplacement des magistrats au sein même de la prison de Condé, pour minimiser les risques.Cette “pression” mise pour “empêcher une quelconque extraction” est “un réel problème”, a souligné son autre avocat, Benoît David. “Une bonne justice a certes un coût, mais elle n’a pas de prix dans une société démocratique”, a insisté Me David.Si les juges ont choisi de le faire venir, c’est “parce qu’ils veulent désormais que le dossier avance vite”, avait justifié la procureure de Paris, Laure Beccuau, sur RMC/BFM.”On va peut-être lui opposer des pièces de procédure, des scellés. (…) Vous n’imaginez évidemment pas trois magistrats instructeurs se déplacer avec l’intégralité des scellés. Et puis il faut aussi des conditions d’audition sur un interrogatoire qui va durer longtemps”, avait-elle relevé.

Budget britannique: le gouvernement mise sur la défense et la santé

Des milliards injectés dans la santé ou la défense mais des coupes dans les Affaires étrangères et les Transports: la ministre britannique des Finances Rachel Reeves a présenté mercredi ses choix budgétaires, qui engageront son pays pour les années à venir.La priorité est “d’investir dans la sécurité du Royaume-Uni, dans la santé et dans la croissance de l’économie”, a martelé Mme Reeves dans un discours en milieu de journée devant les députés britanniques.Grâce à des hausses d’impôts annoncées à l’automne (notamment des cotisations patronales), les budgets courants du gouvernement augmenteront de 2,3% par an d’ici la fin de la décennie en termes réels (taux de croissance en valeur moins  taux de croissance des prix), a indiqué Mme Reeves.Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne: après un passage en revue détaillé des dépenses et des recettes, amorcé dès le retour au pouvoir des travaillistes en juillet dernier, la priorité est clairement donnée à la défense et la santé.Des hausses de budget pour la défense étaient déjà actées. Londres prévoit de porter son budget militaire au-delà de 2,6% du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2027 (une augmentation qui prend aussi en compte les agences de renseignement), et jusqu’à 3% à horizon 2034, au détriment du budget dédié à l’aide internationale au développement.Le service public de santé (NHS), sous-financé depuis des années mais extrêmement coûteux, s’est quant à lui vu promettre mercredi une rallonge record de 29 milliards de livres (34 milliards d’euros) d’ici 2028-29, soit une hausse de 3% par an.- Demandeurs d’asile -Si Mme Reeves ne s’est pas appesantie dans son discours sur les ministères les moins bien lotis, elle a tout de même annoncé un milliard de livres d’économies sur le budget alloué aux demandeurs d’asile, tandis que la police devra se contenter d’une progression annuelle de 2,3%, soit la hausse moyenne.Selon un document publié sur le site du gouvernement à l’issue de son discours, les ministères qui voient leur budget courant le plus raboté sont les Affaires étrangères (un recul de presque 7% d’ici 2029) et les Transports (-5%).Ces coupes sont d’autant plus délicates que la Chancelière de l’Echiquier (titre officiel de Mme Reeves) a déjà tranché dans les dépenses à hauteur de plusieurs milliards de livres lors d’une présentation budgétaire en mars, rognant dans les aides pour les personnes handicapées et les coûts de fonctionnement de l’administration centrale, réduits de 15%.Elle a en revanche accepté cette semaine de revenir sur la suppression d’une aide au chauffage universelle pour les retraités, décision impopulaire jusque dans son propre camp travailliste.Mais si la Chancelière vise l’équilibre des recettes et des dépenses de fonctionnement, elle s’est donné davantage de marges de manoeuvre sur l’investissement, s’autorisant à emprunter plus dans ce but grâce à un changement des règles budgétaires.Conséquence: une manne de 113 milliards de livres (134 milliards d’euros) supplémentaires sur cinq ans est venue s’ajouter aux près de 120 milliards annuels d’investissements déjà prévus.- Des milliards investis -“Les investissements publics devraient être à des niveaux historiquement élevés dans les années à venir”, selon le très respecté Institut des études budgétaires (IFS). “Bien dépensé, cet argent devrait contribuer à la croissance et à de meilleurs services publics”, note-t-il.La plupart des investissements avaient été distillés par le gouvernement ces derniers jours: 86 milliards de livres d’ici 2030 dans les sciences et technologies ou la défense, 30 milliards de livres pour le nucléaire, plus de 15 milliards pour les transports publics dans les régions urbaines d’Angleterre.Mme Reeves a aussi annoncé l’octroi de 39 milliards de livres sur dix ans à “un programme de logements abordables” et un investissement pouvant aller jusqu’à 750 millions dans un nouveau “superordinateur” national à Edimbourg.Le gouvernement du Premier ministre Keir Starmer, dont la popularité est en berne, espère que cela l’aidera à relancer une activité économique atone, pénalisée aussi par la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis.Mais “si la croissance ne se confirme pas, (Mme Reeves) devra soit réduire davantage les dépenses publiques, soit augmenter à nouveau les impôts” lors de son budget d’automne, prévient Joe Nellis, du cabinet de conseil MHA.

Appels au calme après une deuxième nuit d’émeutes en Irlande du Nord

Les dirigeants d’Irlande du Nord ont lancé un appel au calme mercredi après une deuxième nuit d’émeutes visant des immigrés dans la province britannique, des violences qualifiées d'”insensées” par le Premier ministre travailliste Keir Starmer.Dix-sept policiers ont été blessés mardi soir dans ces heurts survenus principalement dans la ville de Ballymena. La veille déjà, des violences y avaient éclaté, après l’inculpation de deux adolescents pour la tentative de viol d’une jeune fille. La police, qui évoque des violences “motivées par des considérations raciales”, ne souhaite pas communiquer sur l’origine des deux jeunes de 14 ans inculpés pour cette tentative de viol. Selon les médias britanniques, ils se sont exprimés par l’intermédiaire d’un interprète roumain lors de leur comparution lundi au tribunal.Mardi soir, des centaines d’individus ont à nouveau pris pour cible des habitations et commerces et jeté des briques, fusées et cocktails Molotov sur la police. Ces incidents se sont produit principalement à Ballymena, localité à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Belfast, selon la police.Des “troubles sporadiques” ont aussi eu lieu dans d’autres villes nord-irlandaises, notamment Belfast.”Je condamne fermement les violences observées cette nuit à Ballymena et dans d’autres endroits d’Irlande du Nord, notamment contre des agents de police”, a déclaré Keir Starmer devant le Parlement, évoquant des “attaques insensées”.Les représentants du gouvernement nord-irlandais, composé de quatre partis politiques et dirigé par l’élue républicaine du Sinn Fein Michelle O’Neill, ont condamné ces “violences à caractère raciste” et lancé “un appel urgent au calme” mercredi.”Rien ne saurait justifier ces violences, au cours desquelles des habitants ont été traumatisés et de nombreux policiers blessés”, ont fustigé les membres de l’exécutif, au sein duquel nationalistes du Sinn Fein et unionistes du DUP gouvernent de concert.Ces émeutes ont notamment visé des zones où vivent des immigrés roumains à Ballymena.- “Division et désordre”.A Ballymena, un habitant interrogé mardi par l’AFP avait indiqué avoir accroché un drapeau britannique devant sa maison “par précaution, pour que les gens sachent que ce n’est pas un étranger qui vit ici”. Des habitants avaient souligné que les émeutiers s’en prenaient “aux étrangers”. “À ceux qui ont été menacés ou affectés par ces violences, je dis: nous sommes avec vous (…) Les actes motivés par la haine et la loi de la foule ne font que déchirer le tissu de notre société: ils ne résolvent rien et ne servent à personne”, a assuré mercredi le commissaire Jon Boutcher.Mardi soir, des commerces et habitations ont été pris pour cible comme la veille, et des véhicules ont été incendiés. La police a utilisé des canons à eau pour disperser les émeutiers.Cinq personnes ont été arrêtées pour troubles à l’ordre public et placées en garde à vue. Certains des 17 policiers blessés ont été hospitalisés.Des incidents ont également été rapportés à Belfast ainsi que dans deux villes à proximité, Carrickfergus et Newtownabbey, où un homme a été interpellé.Les premières violences ont éclaté lundi soir à l’issue d’un rassemblement en soutien à la jeune victime de la tentative de viol présumée et à sa famille.”Ces actes criminels mettent non seulement des vies en danger, mais risquent également de compromettre la procédure pénale en cours”, a souligné Jon Boutcher.”Ceux qui instrumentalisent la situation pour attiser les tensions raciales se moquent de la justice et n’ont rien à offrir à leurs communautés, si ce n’est de la division et du désordre”, ont renchéri les membres de l’exécutif dans leur communiqué commun.L’Irlande du Nord a été secouée à l’été dernier, comme d’autres endroits du Royaume-Uni, par des émeutes anti-immigration. Ces violences avaient été déclenchées par les meurtres de trois fillettes dans une attaque au couteau, dans le nord-ouest de l’Angleterre, après la diffusion en ligne de fausses rumeurs sur l’identité de l’assaillant.