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Toute ressemblance… Trump voit “Les Misérables”, conte de révolte et d’oppression

Un président qui envoie l’armée face à des manifestants, devant un spectacle célébrant un soulèvement populaire contre un despote: Donald Trump a assisté mercredi sous des applaudissements… et huées aux “Misérables”, une sortie culturelle prévue de longue date mais qui prend un relief particulier.La comédie musicale, adaptée du roman de Victor Hugo, emmène les spectateurs sur les barricades à Paris pendant la courte insurrection de juin 1832 contre la monarchie, réprimée dans le sang par l’armée et la garde nationale.”J’aime les chansons, j’aime la pièce”, avait récemment affirmé le président républicain, ouvertement accusé mardi de dérive autoritaire par le gouverneur de Californie Gavin Newsom.Il est arrivé sur le tapis rouge en costume noir et noeud papillon au côté de la Première dame Melania Trump, dont les apparitions publiques sont rares, au Kennedy Center de Washington.Interrogé par la presse sur le boycott d’une partie des comédiens en raison de sa présence, Donald Trump a répondu: “Je m’en fiche complètement. Franchement. Tout ce que je fais, c’est bien gérer le pays”.”Et on va avoir un pays en sécurité, on ne va pas avoir ce qui se serait passé à Los Angeles… Si je n’avais pas été là (…) Los Angeles serait partie en fumée”, a-t-il ajouté, alors que les autorités locales de Californie assurent que la situation était sous contrôle.La plus célèbre chanson de la comédie musicale, créée en France en 1980 puis devenue un phénomène mondial après son adaptation à Broadway, est un appel au soulèvement populaire, qui s’intitule en anglais “Do you hear the people?” (dans la version française, “La volonté du peuple”).Donald Trump l’avait fait jouer avant d’annoncer, le 15 novembre 2022, qu’il se présentait à nouveau à l’élection présidentielle.- Contrôle du monde culturel -C’est juste après avoir envoyé des milliers de soldats à Los Angeles, à la suite de heurts entre les forces de l’ordre et des manifestants opposés à sa politique migratoire, que le président américain s’est installé dans la loge du Kennedy Center.Dans son discours le plus virulent à ce jour sur ces débordements, Donald Trump a affirmé mardi qu’il allait “libérer” la mégapole californienne de ceux qu’il appelle des “insurgés” et des “ennemis étrangers”.Le gouverneur Gavin Newsom, opposé à ce déploiement de l’armée, a répondu mardi par une allocution très sombre, en parlant d’un “président qui ne veut être tenu par aucune loi ou constitution, menant un assaut généralisé contre les valeurs américaines.”La soirée au Kennedy Center, prévue avant ces heurts, illustre la volonté du républicain d’affirmer son emprise sur le monde de la culture et du spectacle.Le président a pris récemment les rênes de cette prestigieuse salle de spectacle de la capitale, où il a installé une direction faite de fidèles, chargée d’imprimer un tournant résolument antiprogressiste à la programmation.Le spectacle de mercredi n’est pas une représentation ordinaire: la comédie musicale est donnée dans le cadre d’une soirée de levée de fonds, destinée à garnir les caisses de l’institution.Selon le Washington Post, il en coûte deux millions de dollars pour participer à une réception et prendre une photo avec Donald Trump, en plus d’assister au spectacle dans une loge.Engagé dans une croisade ultra conservatrice contre ce qu’il appelle la “propagande anti-américaine” dans l’art mais aussi dans la recherche et l’histoire, le président a aussi repris le contrôle de plusieurs grands musées de Washington.Il a par ailleurs renvoyé les dirigeantes de deux prestigieuses institutions, la National Portrait Gallery et la Librairie du congrès.

Kenya: le gouvernement présente son budget un an après des manifestations meurtrières

Le gouvernement kényan présente jeudi au Parlement son budget, sans hausses massives d’impôts afin d’éviter que le rue ne s’embrase comme l’an passé lors de manifestations réprimées dans le sang.Le Kenya est une puissance économique régionale, fortement endettée auprès de bailleurs étrangers. Sa population dénonce une montée en flèche du coût de la vie, dans un marché de l’emploi stagnant, et une élite politique impliquée dans de multiples scandales de corruption.Le projet de loi de finances de 2024, qui prévoyait d’augmenter les taxes sur des biens de consommation courante, avait dans ce contexte suscité une énorme colère. Des milliers de manifestants avaient pris d’assaut le parlement le 25 juin, forçant le président William Ruto à retirer le texte.Au moins 60 personnes ont été tuées lors de semaines de manifestations. Les groupes de défense des droits de l’Homme affirment que des dizaines d’autres ont été illégalement détenues par les forces de sécurité dans la foulée, dont certaines ne sont jamais réapparues.Cette année, le gouvernement a donc joué la carte de la prudence. Plutôt que d’augmenter les taxes directes appliquées aux consommateurs, il s’est davantage concentré sur les entreprises, tout en cherchant à réduire les dépenses publiques et à fermer les échappatoires fiscaux pour augmenter ses revenus.A l’instar de nombreuses nations africaines, le Kenya est lourdement endetté auprès de bailleurs étrangers. Le paiement des intérêts de ses emprunts excède les budgets de la santé et de l’éducation.- “Eviter la controverse” -“Le projet de loi de finances de cette année cherche, en comparaison avec celui de l’année dernière, à éviter la controverse”, observe Patricia Rodrigues, du cabinet de conseil Control Risks, interrogée par l’AFP.Mais il sera “difficile pour de nombreuses entreprises de l’accepter, car il inclut des augmentations potentielles des impôts sur le revenu et des contributions sociales, ainsi que la fin de certaines exonérations fiscales pour les grandes entreprises et les PME”, ajoute-t-elle.La Banque mondiale a réduit cette année ses prévisions de croissance pour le Kenya de 5 à 4,5% d’ici 2025.Le Kenya cherche actuellement un nouvel accord avec le Fonds monétaire international, ce qui signifie qu’un éventuel nouveau prêt ne sera pas inclu dans le budget. Moins susceptible de provoquer des manifestations que celui de 2024, le budget à venir n’en suscite pas moins déjà une certaine désapprobation, que les autorités s’emploient à faire taire.Fin mai, la développeuse d’une plateforme critiquant le projet de loi des finances 2025 – car il entraînera selon elle une baisse du pouvoir d’achat et un accroissement des violations de la vie privée – a été arrêtée plusieurs jours, puis poursuivie pour cybercriminalité.Alors que la répression des voix discordantes s’accroît dans le pays, un homme qui avait critiqué un haut-gradé policier a été retrouvé mort en cellule ce week-end, quelque heures après son arrestation. La police a d’abord annoncé un suicide, avant que des médecins légistes n’invalident cette thèse.De tels incidents n’ont jusqu’à présent suscité que de petites manifestations. Mais “ce n’est pas parce que la question fiscale n’est plus au premier plan des préoccupations des gens que des manifestations ou des troubles ne se produiront pas”, avertit Patricia Rodrigues.

Gaza: l’organisation humanitaire soutenue par Washington dit que 5 de ses membres ont été tués par le Hamas

La Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par Washington et Israël, a affirmé qu’au moins cinq de ses employés palestiniens avaient été tués dans la nuit de mercredi à jeudi dans une attaque du Hamas, après un nouvel épisode meurtrier en marge de ses opérations.Alors que le territoire palestinien traverse une grave crise humanitaire après 20 mois d’une guerre dévastatrice, déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, la Défense civile de Gaza a annoncé que les forces israéliennes avaient ouvert le feu mercredi matin sur des personnes allant chercher de l’aide humanitaire, faisant 31 morts et environ 200 blessés.Quelques heures plus tard, la GHF a dénoncé une “attaque odieuse et délibérée” visant ses activités.”Cette nuit, vers 22H00 heure de Gaza (19H00 GMT), un bus transportant plus d’une vingtaine de membres de l’équipe de la Fondation humanitaire de Gaza (…) a été violemment attaqué par le Hamas”, a déclaré l’organisation dans un communiqué, précisant que les employés présents dans le véhicule étaient tous palestiniens.”Nous sommes encore en train de faire le point, mais ce que nous savons est terrible: il y a au moins cinq morts, plusieurs blessés, et nous craignons que certains membres de notre équipe aient été pris en otage”, a-t-elle déploré.La GHF est déployée depuis fin mai dans le territoire palestinien, où elle affirme avoir distribué plus d’un million de repas.- Tirs de drones -Une série d’événements chaotiques et meurtriers se sont produits ces derniers jours à proximité des sites de l’organisation au financement opaque soutenue par les Etats-Unis et Israël, avec laquelle l’ONU refuse de travailler en raison de préoccupations concernant ses procédés et sa neutralitéDans la nuit de mercredi à jeudi, des milliers de Palestiniens s’étaient rassemblés dans l’espoir d’atteindre un centre de distribution de la GHF près du carrefour des Martyrs appelé Netzarim par les Israéliens,”Des chars israéliens ont tiré à plusieurs reprises, puis vers 05H30 (02H30 GMT), ils ont intensifié leurs tirs et en même temps il y avait des tirs nourris de drones visant les civils”, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal.”Nous avons transporté au moins 31 martyrs et environ 200 blessés à la suite de tirs de chars et de drones israéliens sur des milliers de citoyens”, a-t-il ajouté.Compte tenu des restrictions imposées aux médias dans la bande de Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans annoncés par la Défense civile.- Pression internationale -L’armée israélienne a intensifié à la mi-mai son offensive dans la bande de Gaza, dans le but affiché de libérer les derniers otages, prendre le contrôle de l’ensemble du petit territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, et anéantir le Hamas qui y a pris le pouvoir en 2007.Alors que le gouvernement de Benjamin Netanyahu risquait de chuter, le Parlement a rejeté jeudi matin d’une courte majorité un projet de loi présenté par l’opposition visant à sa dissolution. L’opposition devra désormais attendre six mois pour présenter un nouveau projet, laissant au Premier ministre, à la tête de l’un des plus à droite de l’histoire d’Israël, le champ libre pour poursuivre son offensive.Il fait cependant face à une pression internationale accrue pour mettre fin à la guerre à Gaza dont la population menacée de famine du fait des restrictions imposées sur l’aide, selon l’ONU.Disant vouloir “briser le blocus israélien”, 12 militants français, allemand, brésilien, turc, suédois, espagnol et néerlandais, dont la Suédoise Greta Thunberg, étaient partis d’Italie le 1er juin à bord d’un voilier mais le bateau de “la Flottille pour la liberté” a été intercepté lundi matin par la marine israélienne à environ 185 kilomètres à l’ouest de la côte de Gaza.Les quatre militants français pro-palestiniens encore retenus en Israël, dont l’eurodéputée de gauche radicale Rima Hassan – brièvement placée à l’isolement selon une ONG – devaient être expulsés jeudi soir et vendredi, selon la diplomatie françaisePrésente sur le bateau, Greta Thunberg a déjà été expulsée vers la Suède.Quatre autres militants — une Allemande, un Turc, un Néerlandais et un Brésilien — restent maintenus dans un centre de détention à Ramla, ville à proximité de l’aéroport international Ben Gourion près de Tel-Aviv, a indiqué mercredi l’ONG israélienne Adalah.La guerre a été déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, qui a entraîné la mort de 1.219 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Sur les 251 personnes alors enlevées, 54 restent retenues à Gaza, dont au moins 32 sont mortes, selon les autorités israéliennes.Plus de 55.104 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l’offensive israélienne de représailles à Gaza, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Nogent: reprise des cours et minute de silence après le meurtre d’une surveillante

Les cours doivent reprendre au collège de Nogent (Haute-Marne) jeudi, deux jours après le meurtre d’une surveillante, alors que la justice s’oriente vers une mise en examen de l’élève de 14 ans en garde à vue pour l’avoir poignardée.Une minute de silence en mémoire de Mélanie, la surveillante de 31 ans tuée, doit être observée à midi dans tous les établissements scolaires du pays, à la demande de la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne.Le collégien a été interpellé mardi matin juste après les faits, qui se sont produits lors d’un contrôle inopiné des sacs des élèves par des gendarmes devant son établissement.Sa garde à vue a été prolongée mercredi de 24 heures pour permettre “de nouvelles auditions”, a indiqué le procureur de la République de Chaumont, Denis Devallois. L’issue de cette garde à vue doit être connue jeudi.Le suspect ne présente “aucun signe évoquant un possible trouble mental” mais apparaît en “perte de repères quant à la valeur de la vie humaine”, selon le procureur. Adolescent “fasciné par la violence”, il a dit en garde à vue qu’il voulait tuer une surveillante, “n’importe laquelle”, rapporte le magistrat.L’enquête a été ouverte pour “meurtre aggravé”, du fait du statut de la victime, qui était chargée d’une mission de service public, et pour “tentative de meurtre sur une personne dépositaire de l’autorité publique”. Le gendarme qui l’a maîtrisé a également été blessé à la main par un coup de couteau.”La question de la qualification se pose” et “sera probablement évoquée” jeudi à l’issue de sa garde à vue et de sa présentation à un juge d’instruction de Dijon, a indiqué le procureur lors d’une conférence de presse mercredi. En effet, le mis en cause a confié aux enquêteurs “avoir eu l’intention de tuer”, a-t-il souligné.La préméditation est une circonstance aggravante, susceptible de faire évoluer le chef de “meurtre” en “assassinat”.En raison de sa minorité, le suspect encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle au lieu d’une peine de prison à perpétuité, a encore relevé M. Devallois.- Reprise des cours -Dans un climat pesant, encore très chargé d’émotion, les cours doivent reprendre jeudi matin au collège Françoise-Dolto de Nogent, après avoir été suspendus pendant deux jours à la suite de ce drame qui a eu un énorme retentissement dans les sphères éducatives et politiques.Sur la grille de l’établissement, des familles, passants ou proches, ont déposé des roses blanches, des bouquets, et parfois un message de soutien. Une cellule psychologique y est activée au moins jusqu’à la fin de la semaine a indiqué le rectorat.Le président Emmanuel Macron a estimé mercredi que l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux est porteur d'”épidémies de violences” qu’il faut “absolument réguler”, promettant leur interdiction prochaine aux moins de 15 ans.Au-delà de l’interdiction immédiate de la vente de couteaux aux mineurs, et “l’expérimentation” de portiques de sécurité voulue par le Premier ministre, le camp présidentiel et la gauche préviennent que la réponse est multiple et qu’il n’y a pas de “solution magique”. La droite, elle, insiste sur “la sanction”.Les proches de la victime ont par ailleurs annoncé une marche blanche à Nogent vendredi à 18H00.

Bolivie: deux policiers tués dans des heurts avec des partisans de Morales

Deux policiers ont été tués mercredi en Bolivie lors de heurts entre partisans de l’ancien président Evo Morales, qui bloquaient une route, et forces de l’ordre qui tentaient de les déloger, a annoncé le gouvernement.Depuis le 2 juin, les soutiens d’Evo Morales bloquent plusieurs routes du pays, réclamant la démission du président Luis Arce, qu’ils rendent responsable de la crise économique dans laquelle le pays est plongé et qu’ils accusent de vouloir écarter leur leader de la présidentielle du 17 août.Le ministre de l’Intérieur Roberto Rios a indiqué que deux policiers avaient été tués et plusieurs autres blessés, dont un grièvement, après un premier bilan ayant fait état d’un agent mort. Il a affirmé sur Facebook que les policiers avaient été “lâchement assassinés par des coups de feu”.Les heurts ont éclaté dans la ville minière de Llallagua, dans la région de Potosi, où 17 personnes avaient été blessées mardi lors d’affrontements entre manifestants et habitants excédés par le blocage de la route. Parmi les blessés, quinze étaient des habitants et deux des policiers.Plus tôt mercredi, le président Luis Arce avait annoncé une opération conjointe de la police et de l’armée pour débloquer un important axe routier dans le centre du pays, précisant que d’autres opérations similaires allaient suivre.- “Encercler La Paz” -“Aujourd’hui, nous avons ordonné une opération pour débloquer la route Oruro-Cochabamba”, a indiqué le dirigeant lors d’une conférence de presse. Cette route permet de relier Cochabamba, dans le centre du pays, à La Paz, la capitale administrative du pays andin.L’objectif des protestataires “est d’encercler La Paz pour la faire plier par la faim”, a-t-il ajouté.La presse locale a fait état au cours de la journée d’affrontements entre forces de l’ordre et partisans d’Evo Morales à Parotani, près de Cochabamba. “Nous avons deux policiers blessés à Parotani”, a indiqué la ministre de la Santé Maria Renée Castro.Le leader paysan David Veizaga, proche de Morales, a déclaré à la presse que les militaires et policiers avaient reçu l’ordre présidentiel d’utiliser leurs armes à feu. “Que le gouvernement de Luis Arce ordonne le retrait des unités policières et militaires afin de ne pas se salir les mains avec du sang”, a-t-il lancé.Selon l’autorité nationale des routes, il y avait mercredi 21 points de blocage dans tout le pays, contre 29 la veille.Evo Morales n’a pas pu s’inscrire à l’élection présidentielle d’août car le parti qu’il avait choisi n’a pas de statut légal.Pour le gouvernement, les barrages routiers visent à empêcher le scrutin présidentiel et forcer une candidature de M. Morales, qui a gouverné à trois reprises entre 2006 et 2019 et que la justice a déclaré inéligible pour avoir dépassé le nombre autorisé de réélections.Le parquet a ouvert lundi une enquête contre lui pour “terrorisme”, “incitation à commettre des délits” et “atteinte à la sécurité des services publics” entre autres infractions pénales, après une plainte du gouvernement l’accusant de promouvoir les protestations.Evo Morales vit retranché sous la protection de ses partisans dans son fief du centre du pays, dont il n’a pas pu sortir depuis octobre dernier, étant visé par un mandat d’arrêt pour une affaire de traite de mineure qu’il nie.Selon le parquet, il aurait entretenu en 2015, alors qu’il dirigeait le pays, une relation avec une adolescente de 15 ans avec le consentement des parents de cette dernière, en échange d’avantages.

Les Etats-Unis déplacent du personnel au Moyen-Orient après des menaces iraniennes sur leurs bases

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi avoir déplacé une partie de leur personnel au Moyen-Orient après que Téhéran a menacé de frapper leurs bases militaires en cas de conflit consécutif à un échec des négociations entre les deux pays sur le nucléaire iranien.Si “un conflit nous est imposé, l’autre camp subira assurément plus de pertes que nous”, a déclaré le ministre iranien de la Défense, Aziz Nasirzadeh.”Leurs bases sont à notre portée” et “les Etats-Unis devront quitter la région”, a-t-il ajouté.Les Etats-Unis disposent de nombreuses bases militaires dans le voisinage de l’Iran, la plus importante étant située au Qatar.Donald Trump a confirmé mercredi soir le déplacement de membres du personnel américain dans la région “parce que cela pourrait être un endroit dangereux” dans les jours à venir.Auparavant, des responsables américains avaient indiqué que les Etats-Unis réduisaient les effectifs de leur ambassade en Irak pour des raisons de sécurité.L’agence de sécurité maritime UKMTO, gérée par la marine britannique, a publié une note d’information alertant sur “la montée des tensions” au Moyen-Orient, susceptible d’entraîner “une escalade des activités militaires avec un impact direct sur les marins”.L’Iran et les Etats-Unis, à couteaux tirés depuis l’avènement de la République islamique en 1979, ont tenu depuis avril cinq cycles de pourparlers sur le nucléaire sous médiation du sultanat d’Oman.De nouvelles discussions sont prévues dimanche, selon l’Iran. Donald Trump a lui annoncé que cette réunion aurait lieu jeudi, tandis que le médiateur omanais n’a pas commenté.”Je suis beaucoup moins confiant (qu’auparavant) de parvenir à un accord”, avec l’Iran, a déclaré le président américain dans un podcast du New York Post, enregistré lundi et diffusé mercredi.”Ils semblent tergiverser”, a estimé le dirigeant américain, qui a plusieurs fois menacé de s’en prendre militairement à l’Iran en cas d’échec de la diplomatie.”Ce serait mieux de le faire sans guerre”, a toutefois ajouté M. Trump.- Enrichissement de l’uranium -Les deux pays tentent de s’entendre sur un potentiel texte qui empêcherait l’Iran de se doter de l’arme atomique -une ambition que Téhéran se défend farouchement de nourrir- en échange d’une levée des sanctions qui paralysent son économie.Les discussions butent notamment sur la question de l’enrichissement d’uranium. Les Etats-Unis exigent que l’Iran y renonce totalement, ce que Téhéran refuse, affirmant en avoir le droit en vertu du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont il est signataire.Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran est le seul Etat non doté d’armes nucléaires à enrichir de l’uranium à un niveau élevé (60%), bien au-delà de la limite de 3,67% fixée par l’accord multilatéral sur le nucléaire conclu avec l’Iran en 2015 mais dont les Etats-Unis se sont retirés en 2018 lors du premier mandat de Donald Trump.Pour fabriquer une bombe atomique, l’enrichissement doit être poussé jusqu’à 90%, d’après l’AIEA.L’Iran a reçu des Etats-Unis une proposition d’accord qui n’a pas convaincu Téhéran. Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ultime décideur sur les dossiers stratégiques, a qualifié cette offre de “100% contraire” aux intérêts de son pays. Le texte américain, qui n’a pas été rendu public, ne mentionne pas la levée des sanctions, dont Téhéran fait une priorité, selon le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf.L’Iran a indiqué lundi qu’il soumettrait dans les prochains jours sa propre proposition aux Etats-Unis, au moment où l’AIEA tient cette semaine à Vienne une importante réunion trimestrielle qui passera notamment en revue les activités nucléaires iraniennes.Trois sources diplomatiques ont indiqué à l’AFP que les Européens et les Etats-Unis avaient soumis mardi une résolution pour condamner “le non-respect” par l’Iran de ses obligations dans ce domaine.En cas d’adoption lors d’un vote qui était prévu tard mercredi au Conseil des gouverneurs de l’AIEA, cette résolution donnerait des arguments à ces pays pour déclencher un mécanisme permettant de rétablir des sanctions onusiennes contre l’Iran, une clause prévue dans l’accord sur le nucléaire de 2015.L’Iran a menacé de réduire sa coopération avec l’AIEA si une telle résolution était adoptée.

Troisième soirée de tensions en Irlande du Nord

La ville nord-irlandaise de Ballymena a connu une nouvelle soirée de tensions mercredi, avec plusieurs centaines de personnes descendues dans la rue face à une police déployée en nombre, après deux jours de violences visant des immigrés et d’affrontements avec les forces de l’ordre. La police antiémeute a fait face dans la soirée à des jets de cocktails Molotov et autres projectiles à Ballymena, auxquels elle a répondu avec des canons à eau. Mais la situation n’a pas atteint le niveau de violence des jours précédents et la foule s’est progressivement dispersée, a constaté un journaliste de l’AFP.Plus tôt dans la journée, les dirigeants de la province avaient multiplié les appels au calme dans cette ville située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Belfast et secouée lundi et mardi par des heurts qualifiés de “racistes” par la police et “d’attaques insensées” par le Premier ministre Keir Starmer. D’autres localités ont toutefois connus des violences mercredi. Un centre de loisirs a notamment été incendié à Larne, située à une trentaine de kilomètres à l’est de Ballymena.Selon les médias locaux, ce centre a temporairement accueilli la veille des personnes qui avaient besoin d’un hébergement d’urgence du fait des violences. “Le centre de loisirs de Larne a été attaqué par des voyous masqués (…) Larne n’a pas besoin de cela”, a réagi sur X un député local, Danny Donnelly.Les premiers heurts ont éclaté lundi après l’inculpation de deux adolescents de 14 ans pour la tentative de viol d’une jeune fille. La police, qui évoque des violences “motivées par des considérations raciales”, n’a pas communiqué sur l’origine des deux jeunes. Selon les médias britanniques, ils se sont exprimés par l’intermédiaire d’un interprète roumain lors de leur comparution lundi au tribunal.En deux jours, 32 policiers ont été blessés tandis que six personnes ont été arrêtées. L’une d’elles a été inculpée pour troubles à l’ordre public, a déclaré mercredi un responsable de la police, Ryan Henderson, lors d’une conférence de presse.Les forces de l’ordre ont fait appel à des renforts du reste du pays en prévision de nouveaux heurts. Devant le Parlement mercredi, Keir Starmer a dit condamner “fermement” les violences des jours précédents. Mardi soir, des centaines d’individus avaient pris pour cible des habitations et commerces et jeté des briques, fusées et cocktails Molotov sur la police. Des incidents plus sporadiques ont aussi eu lieu dans d’autres villes notamment à Belfast, Carrickfergus et Newtownabbey, mardi, et Coleraine, mercredi.Les représentants du gouvernement nord-irlandais, composé de quatre partis politiques et dirigé par l’élue républicaine du Sinn Fein Michelle O’Neill, ont condamné mercredi ces “violences à caractère raciste” et lancé “un appel urgent au calme”.Ces émeutes ont notamment visé des zones où vivent des immigrés roumains à Ballymena. “Ce sont les Roumains qui sont plus spécifiquement ciblés”, estime ainsi Nicola Guy, une habitante de Ballymena âgée de 42 ans, résidant non loin d’une maison incendiée qui était habitée par une famille de Roms.”Nous envoyons le message que Ballymena en a assez des étrangers”, a déclaré mercredi soir à l’AFP Allison McCurdy, 52 ans, une habitante.- “division et désordre” -Les premières violences ont éclaté lundi soir à l’issue d’un rassemblement en soutien à la jeune victime de la tentative de viol présumée et à sa famille.”Les actes motivés par la haine et la loi de la foule ne font que déchirer le tissu de notre société: ils ne résolvent rien et ne servent à personne”, a souligné mercredi le commissaire Jon Boutcher.”Ceux qui instrumentalisent la situation pour attiser les tensions raciales se moquent de la justice et n’ont rien à offrir à leurs communautés, si ce n’est de la division et du désordre”, ont renchéri les membres de l’exécutif dans leur communiqué commun.Mais le député du parti Traditional Unionist Voice Jim Allister a toutefois souligné à la chambre des Communes à Londres que s’il n’y a “aucune excuse” pour de tels actes, “le gouvernement doit prendre conscience des tensions sous-jacentes engendrées par une immigration incontrôlée et souvent clandestine”.La province avait déjà été secouée l’été dernier, comme d’autres endroits du Royaume-Uni, par des émeutes anti-immigration. Elles avaient été déclenchées par les meurtres de trois fillettes dans une attaque au couteau, dans le nord-ouest de l’Angleterre, après la diffusion en ligne de fausses rumeurs sur l’origine de l’assaillant.

Troisième soirée de tensions en Irlande du Nord

La ville nord-irlandaise de Ballymena a connu une nouvelle soirée de tensions mercredi, avec plusieurs centaines de personnes descendues dans la rue face à une police déployée en nombre, après deux jours de violences visant des immigrés et d’affrontements avec les forces de l’ordre. La police antiémeute a fait face dans la soirée à des jets de cocktails Molotov et autres projectiles à Ballymena, auxquels elle a répondu avec des canons à eau. Mais la situation n’a pas atteint le niveau de violence des jours précédents et la foule s’est progressivement dispersée, a constaté un journaliste de l’AFP.Plus tôt dans la journée, les dirigeants de la province avaient multiplié les appels au calme dans cette ville située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Belfast et secouée lundi et mardi par des heurts qualifiés de “racistes” par la police et “d’attaques insensées” par le Premier ministre Keir Starmer. D’autres localités ont toutefois connus des violences mercredi. Un centre de loisirs a notamment été incendié à Larne, située à une trentaine de kilomètres à l’est de Ballymena.Selon les médias locaux, ce centre a temporairement accueilli la veille des personnes qui avaient besoin d’un hébergement d’urgence du fait des violences. “Le centre de loisirs de Larne a été attaqué par des voyous masqués (…) Larne n’a pas besoin de cela”, a réagi sur X un député local, Danny Donnelly.Les premiers heurts ont éclaté lundi après l’inculpation de deux adolescents de 14 ans pour la tentative de viol d’une jeune fille. La police, qui évoque des violences “motivées par des considérations raciales”, n’a pas communiqué sur l’origine des deux jeunes. Selon les médias britanniques, ils se sont exprimés par l’intermédiaire d’un interprète roumain lors de leur comparution lundi au tribunal.En deux jours, 32 policiers ont été blessés tandis que six personnes ont été arrêtées. L’une d’elles a été inculpée pour troubles à l’ordre public, a déclaré mercredi un responsable de la police, Ryan Henderson, lors d’une conférence de presse.Les forces de l’ordre ont fait appel à des renforts du reste du pays en prévision de nouveaux heurts. Devant le Parlement mercredi, Keir Starmer a dit condamner “fermement” les violences des jours précédents. Mardi soir, des centaines d’individus avaient pris pour cible des habitations et commerces et jeté des briques, fusées et cocktails Molotov sur la police. Des incidents plus sporadiques ont aussi eu lieu dans d’autres villes notamment à Belfast, Carrickfergus et Newtownabbey, mardi, et Coleraine, mercredi.Les représentants du gouvernement nord-irlandais, composé de quatre partis politiques et dirigé par l’élue républicaine du Sinn Fein Michelle O’Neill, ont condamné mercredi ces “violences à caractère raciste” et lancé “un appel urgent au calme”.Ces émeutes ont notamment visé des zones où vivent des immigrés roumains à Ballymena. “Ce sont les Roumains qui sont plus spécifiquement ciblés”, estime ainsi Nicola Guy, une habitante de Ballymena âgée de 42 ans, résidant non loin d’une maison incendiée qui était habitée par une famille de Roms.”Nous envoyons le message que Ballymena en a assez des étrangers”, a déclaré mercredi soir à l’AFP Allison McCurdy, 52 ans, une habitante.- “division et désordre” -Les premières violences ont éclaté lundi soir à l’issue d’un rassemblement en soutien à la jeune victime de la tentative de viol présumée et à sa famille.”Les actes motivés par la haine et la loi de la foule ne font que déchirer le tissu de notre société: ils ne résolvent rien et ne servent à personne”, a souligné mercredi le commissaire Jon Boutcher.”Ceux qui instrumentalisent la situation pour attiser les tensions raciales se moquent de la justice et n’ont rien à offrir à leurs communautés, si ce n’est de la division et du désordre”, ont renchéri les membres de l’exécutif dans leur communiqué commun.Mais le député du parti Traditional Unionist Voice Jim Allister a toutefois souligné à la chambre des Communes à Londres que s’il n’y a “aucune excuse” pour de tels actes, “le gouvernement doit prendre conscience des tensions sous-jacentes engendrées par une immigration incontrôlée et souvent clandestine”.La province avait déjà été secouée l’été dernier, comme d’autres endroits du Royaume-Uni, par des émeutes anti-immigration. Elles avaient été déclenchées par les meurtres de trois fillettes dans une attaque au couteau, dans le nord-ouest de l’Angleterre, après la diffusion en ligne de fausses rumeurs sur l’origine de l’assaillant.