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Cyberattaque dans la santé: les données administratives de 15 millions de Français piratées

Les “données administratives” de quelque 15 millions de Français, mais aussi des commentaires rédigés par leur docteur, ont fait l’objet d’une fuite massive lors d’une cyberattaque qui a visé 1.500 médecins utilisateurs d’un logiciel de la société Cegedim Santé, a admis vendredi le ministère de la Santé.Si cette fuite a principalement concerné des données telles que les nom, prénom, numéro de téléphone ou l’adresse postale des patients, elle a aussi, pour 169.000 d’entre eux, porté sur des annotations libres saisies par les médecins, “dont certaines peuvent être des données sensibles”, soit “1% des cas”, a précisé le ministère lors d’un point de presse. Le piratage a porté sur “19 millions de lignes informatiques” (dont 4 millions de doublons) contenues dans une base de données ayant “entre 3 et 15 ans d’historique, en fonction de la date d’installation du logiciel dans les cabinets des médecins”. Cela explique qu’elle contienne les données de millions de patients, soit bien plus que les informations saisies par 1.500 médecins, a expliqué le ministère.”Il n’y a pas de documents de santé qui ont été diffusés, ni ordonnances, ni résultats d’examens de biologie”, a affirmé la même source, tout en admettant ne pas avoir de “visibilité exhaustive sur l’étendue des données administratives” dérobées.Pour le ministère, le seul fait nouveau relatif à ce cyberpiratage qui “date de la fin 2025” est sa “revendication par le hacker”, à “l’identité” et “la nationalité” pour l’heure non identifiées. Un groupe de hackers nommé DumpSec a revendiqué le vol de ces données, expliquant qu'”un ancien membre” avait ensuite “décidé de revendre une partie des informations”, rapporte l’expert en cybersécurité Damien Bancal sur son site.Interrogée par l’AFP, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a indiqué ne pas être “en capacité, à ce stade, de confirmer l’ampleur de la violation alléguée”. Elle va analyser “ces révélations avec attention, et diligentera des contrôles si nécessaire”.France 2, qui a révélé l’affaire, affirme avoir retrouvé des données “très précises” sur plusieurs patients -leur homosexualité ou qu’ils soient atteints du sida- émanant de la fuite. Des informations sur des dirigeants politiques de premier plan y figureraient aussi, selon la chaîne publique. Vendredi, le ministère de la Santé a précisé à l’AFP avoir enjoint à la société Cegedim Santé, acteur important du secteur de la gestion des données médicales en France, de mettre “immédiatement en oeuvre” des mesures correctives après cette cyberattaque.Cette société a porté plainte le 27 octobre 2025 et une enquête pénale pour “atteintes à un système automatisé de données” est en cours.- “Annotations personnelles” des médecins – Cegedim Santé -filiale de Cegedim- a admis vendredi avoir été victime fin 2025, d’une cyberattaque ayant visé 1.500 praticiens sur les 3.800 médecins utilisateurs de son logiciel MLM.Sollicitée par l’AFP, l’entreprise “réfute qu’il s’agit d’une attaque sur les données médicales : en effet, les dossiers médicaux structurés des patients sont demeurés intègres”.Selon l’entreprise, qui dit “accompagner au mieux” ses clients et leurs patients et vouloir “coopérer pleinement avec les autorités”, “l’incident concerne 15,8 millions de dossiers administratifs (…) parmi lesquels 165.000 comportent une annotation personnelle du médecin relative à une information sensible (liée ou non à la santé)”.- “Sous-investissement” – Le ministère a de son côté pointé la responsabilité du “prestataire privé, responsable du traitement des données”.Pour Gérôme Billois, expert en cybersécurité au cabinet Wavestone, la fuite “très grave”, qui pourrait être “la plus grosse en France” dans la santé, aura des “conséquences irrémédiables”. Car “une information de santé qui dit: +Vous avez le sida+ ou +vous avez telle maladie+, une fois qu’elle est sortie, vous ne pourrez plus jamais revenir en arrière”, dit-il à l’AFP.Il y voit la conséquence d’un “sous-investissement en cybersécurité depuis des années” dans la santé.Agnès Giannotti, la présidente de MG France – principal syndicat de médecins généralistes – a reconnu vendredi sur France Inter “un vrai souci de confiance et de sécurité pour les patients et de pénalisation de notre exercice”.En septembre 2024, la Cnil avait infligé à Cegedim Santé une amende de 800.000 euros, pour avoir traité des données de santé sans autorisation.jt-ref-cra-pgr-clw-mng-jpa/ito/frd/

“Tout le monde est effrayé”: à Moscou, hommage restreint à l’opposant Boris Nemtsov

Sur un pont près du Kremlin, seule une dizaine de personnes ont surmonté la peur et sont venues vendredi matin rendre hommage à l’opposant Boris Nemtsov, assassiné à cet endroit précis, il y a onze ans.Boris Nemtsov, qui fut vice-premier ministre sous la présidence de Boris Eltsine (1991-1999) avant de devenir un opposant farouche à …

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Des groupes kurdes basés en Irak voient une opportunité de changement en Iran

Ni Washington, ni Téhéran: exilé en Irak, un commandant de l’opposition kurde iranienne affirme que son mouvement n’appuiera pas une éventuelle attaque américaine contre la République islamique, mais continuera à lutter pour le droit des Kurdes iraniens à l’autodétermination. Dans les montagnes irakiennes proches de la frontière iranienne, la région autonome du Kurdistan irakien sert depuis …

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Les procureurs de la CPI affirment que l’ex-président philippin Duterte a tué “des milliers de personnes”

Rodrigo Duterte a tué des milliers de personnes lors de sa campagne contre la drogue, a déclaré vendredi un procureur de la Cour pénale internationale (CPI), lors du dernier jour d’audiences qui détermineront si l’ancien président des Philippines sera jugé au cours d’un procès pour crimes contre l’humanité.Son avocat Nicholas Kaufman a rétorqué qu’il n’avait …

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A la frontière avec le Pakistan, rapatriés afghans et habitants partagent la même angoisse

Les Afghans tout juste rentrés du Pakistan et les habitants vivant près de Torkham, ce point de passage clé, partagent vendredi un regain d’angoisse à la suite de nouveaux affrontements frontaliers.”Des enfants, des femmes et des personnes âgées couraient dans tous les sens”, a raconté à l’AFP Gander Khan, un rapatrié de 65 ans, hébergé …

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Le débat sur un hypothétique retour en Espagne de l’ex-roi Juan Carlos relancé

L’ex-roi Juan Carlos, en exil à Abou Dhabi depuis 2020, pourrait-il revenir vivre en Espagne? Le débat a été relancé après la déclassification d’archives confirmant son rôle dans la mise en échec du putsch de 1981 qui avait menacé la jeune démocratie post-franquiste.Lorsque le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez a annoncé lundi la publication de …

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Washington appelle son personnel non essentiel à quitter Israël sur fond de menaces américaines contre l’Iran

Les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël, où le secrétaire d’Etat Marco Rubio est attendu lundi, dans un contexte de menaces américaines de frappes en Iran faisant craindre un embrasement régional.Ces annonces interviennent au lendemain d’une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise entre l’Iran et les Etats-Unis, perçue comme l’une des dernières chances pour éviter une guerre, après le plus important déploiement militaire américain au Moyen-Orient depuis des décennies.Washington a notamment dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d’Israël après avoir quitté jeudi la Crète.Alors que l’Iran a riposté en juin par des frappes sur Israël à une attaque israélienne sur son territoire, l’ambassade américaine à Jérusalem a appelé les employés gouvernementaux “non essentiels” à quitter le pays en raison “de risques pour leur sécurité”, “tant que des vols commerciaux sont disponibles”. Selon le New York Times, l’ambassadeur, Mike Huckabee, a averti ceux qui souhaitaient partir de le “faire AUJOURD’HUI”. M. Rubio se rendra lui en Israël lundi pour des discussions centrées sur l’Iran, a annoncé le département d’Etat.- “Ouverture économique” – En Iran, “tout le monde préfèrerait qu’il n’y ait pas de guerre”, affirme Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans venu en famille dans le centre de Téhéran. “Mais nous savons aussi que nous négocions avec des gens (…) réputés pour ne pas tenir leurs promesses”, auxquels “il ne faut faire aucune concession”, ajoute-t-il, tout en souhaitant une levée des sanctions internationales qui asphyxient l’économie. Ali Bagheri, un employé de 34 ans, souhaite aussi “une ouverture économique”, mettant en avant les difficultés des Iraniens. Mais “avec les demandes” américaines, il “ne pense pas qu’on parviendra à un résultat”. Accusant Téhéran – qui dément – de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d’enrichissement d’uranium, une “ligne rouge” pour l’Iran qui défend son droit au nucléaire civil. Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, perçu comme une menace existentielle par son allié israélien, une question que Téhéran refuse d’aborder. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter “toute exigence excessive” dans leurs discussions, tempérant l’optimisme qu’il avait affiché la veille à l’issue des pourparlers.Le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk, s’est lui dit “extrêmement inquiet du risque d’escalade militaire régionale”.Et la Chine a conseillé à ses ressortissants actuellement en Iran d’évacuer “dès que possible”, tandis que Londres annonçait le retrait de son personnel diplomatique du pays. – Discussions “techniques” à Vienne -Oman, médiateur dans les pourparlers, avait fait état jeudi “de progrès significatifs” lors des discussions, M. Araghchi se prévalant aussi “de très bons progrès”. Une prochaine session doit se tenir “très bientôt”, après des discussions “entre équipes techniques” prévues lundi à Vienne en Autriche, avec “l’aide d’experts” de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.Dans un rapport consulté par l’AFP, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé la tenue “au cours” de la semaine prochaine de “discussions techniques” à Vienne autour du nucléaire iranien. Mais les Etats-Unis n’ont pas confirmé de nouveau rendez-vous. Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de “10 à 15 jours” pour décider si un accord était possible ou s’il allait recourir à la force. Les deux pays avaient repris des pourparlers l’année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s’était brièvement joint.Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d’un vaste mouvement de contestation d’Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir “en aide”.De nouveaux rassemblements ont eu lieu ces derniers jours dans des universités.

Bill Clinton s’explique sur ses liens de proximité avec Epstein

L’ex-président américain Bill Clinton a commencé à s’expliquer vendredi devant une commission d’enquête parlementaire sur ses liens avec Jeffrey Epstein, nombreux et documentés, alors que les démocrates continuent de réclamer d’entendre Donald Trump, lui aussi un ancien proche du criminel sexuel.”Il nous a fallu sept mois pour faire venir les Clinton. Mais nous les avons enfin et nous avons hâte de leur poser de nombreuses questions”, a lancé avant l’audition le président de la commission, le républicain James Comer, qui la veille a mené celle d’Hillary Clinton.Les élus démocrates ont répété qu’ils souhaitaient entendre Donald Trump.”Soyons honnêtes, nous nous adressons aujourd’hui au mauvais président”, a déclaré Suhas Subramanyam, autre membre de la commission. “C’est le président Trump qui bloque notre enquête. C’est le président Trump qui veut étouffer cette affaire”.Comme pour l’actuel président républicain, lui aussi âgé de 79 ans, le nom de Bill Clinton, qui a occupé la fonction entre 1993 et 2001, apparaît à de multiples reprises dans le dossier, sans qu’aucun fait répréhensible ne lui ait jamais été imputé.Jeffrey Epstein s’est rendu “17 fois” à la Maison Blanche sous son mandat, et l’ancien président a voyagé “au moins 27 fois” à bord de son jet privé, a rappelé James Comer.Dans des images récemment rendues publiques par la justice, on le voit participer avec Jeffrey Epstein à des événements mondains, mais aussi dans des cadres privés, parfois aux côtés de femmes dont le visage a été masqué avant publication. Sur une photo, il est dans un bain à remous.A plusieurs reprises, Bill Clinton a assuré qu’il ignorait tout des crimes du financier, qui avait plaidé coupable en 2008 de sollicitation de prostitution de mineure et exécuté une peine de 18 mois de prison.L’année de la mort en prison de Jeffrey Epstein en 2019, l’ex-président déclarait ne pas lui avoir parlé depuis plus d’une décennie.Une ligne de défense rappelée jeudi par son épouse, Hillary Clinton, devant la même commission.Selon elle, “la grande majorité des personnes qui ont eu des contacts avec lui avant ses aveux de culpabilité en 2008 (…) ne savaient pas ce qu’il faisait”.Comme son épouse, l’ex-chef de l’Etat est entendu dans une salle municipale de la petite ville cossue de Chappaqua, au nord de New York, où le couple possède une maison.Sur un parking attenant, trois femmes, venues de villes voisines, brandissent des pancartes hostiles à Donald Trump.- “Faits très graves” -Hillary Clinton a répété jeudi qu’elle n’avait jamais rencontré Jeffrey Epstein et s’est montrée pugnace devant les membres de la commission à majorité républicaine.”Si cette commission voulait sérieusement connaître la vérité sur les crimes d’exploitation sexuelle d’Epstein (…) elle demanderait directement à notre président actuel de s’expliquer sous serment sur les dizaines de milliers de fois où il apparaît dans le dossier”, a-t-elle lancé.Les démocrates réclament d’entendre Donald Trump notamment  sur la base de nouvelles révélations de la presse.Selon celles-ci, le ministère de la Justice aurait récemment empêché la publication de documents relayant les accusations d’une femme affirmant avoir été agressée sexuellement quand elle était mineure par Jeffrey Epstein et par Donald Trump.”Ce sont des documents qui accusent le président des Etats-Unis de faits très graves de violence sexuelle”, a insisté l’élu de Californie Robert Garcia.Le témoignage des époux Clinton clôt des mois de bataille avec le chef républicain de la commission d’enquête, James Comer.Initialement convoqués en octobre, Bill et Hillary Clinton avaient refusé de se présenter.Menacé par la commission de poursuites pour entrave au Congrès, le couple a finalement annoncé fin janvier accepter d’être entendu.Tous deux ont exigé en vain des auditions publiques, disant vouloir éviter une instrumentalisation de leurs propos par les républicains.Si l’audition n’est pas publique, son enregistrement devrait toutefois être dévoilé à son issue.Depuis la publication le 30 janvier d’une nouvelle salve de documents, plusieurs dirigeants et personnalités du monde entier ont été éclaboussés pour leurs liens passés avec Jeffrey Epstein, provoquant enquêtes pénales, arrestations et démissions, principalement en Europe.

L’accusation demande des peines plus lourdes contre les auteurs de la campagne de haine visant Samuel Paty

L’accusation a demandé vendredi d’alourdir à vingt ans de réclusion criminelle les peines en appel des deux initiateurs d’une campagne de haine lancée contre Samuel Paty avant sa décapitation par un jihadiste tchétchène pour avoir montré des caricatures du Prophète lors d’un cours sur la liberté d’expression. Contre deux amis du tueur, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, le parquet général a réclamé seize ans d’emprisonnement pour complicité d’assassinat.L’accusation est convaincue qu’ils ont véhiculé et aidé Abdoullakh Anzorov à se procurer des armes en ayant “conscience (de son) projet terroriste” même s’ils “n’avaient pas connaissance” de ses modalités. Ce dont ils se défendent depuis fin janvier devant la cour d’assises spéciales de Paris. Le père d’élève Brahim Chnina, 54 ans, et le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, s’emploient aussi à convaincre de l’absence de toute intention qu’advienne un attentat, et de conscience du risque auquel leur cabale en ligne exposait le professeur du collège du Bois d’Aulne à Conflans Sainte-Honorine (Yvelines). Ils avaient fait appel de leur condamnation à 13 et 15 années de réclusion pour prix de cette campagne qui ne s’était arrêtée qu’avec la décapitation du professeur d’histoire-géographie le 16 octobre 2020 près de son établissement.A l’inverse de leurs co-accusés, Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ne connaissaient pas Anzorov. Mais en réclamant contre eux les peines les plus lourdes, l’accusation a dressé une hiérarchie des responsabilités qui a surpris, notamment la défense.    “On ne reproche pas à Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui des actes préparatoires à l’attentat commis par Anzorov. Ce qu’on leur reproche, c’est des actes préparatoires à tous les Anzorov potentiels”, déclare une des deux avocates générales. Et leur cabale ne relève pas de l’impulsion vite réprimée: elle “dure dix jours, du 7 octobre au 16 octobre”, relève la magistrate, dans un réquisitoire s’employant, point par point, à priver d’oxygène la défense. Pendant cette période, “la terreur” s’installe au collège, “avant même l’entrée en scène du terroriste Anzorov”: le père d’une collégienne et le militant islamiste ont “créé les conditions d’un passage à l’acte terroriste.” “Jamais un dossier de terrorisme n’aura revêtu autant d’enjeux sociétaux”, poursuit la magistrate, demandant à la cour de protéger l’école, “fondement de la République”. – “C’est ça, l’arbitraire” -“L’accusation cherche à faire un exemple” et souhaite que la cour réponde “à des enjeux sociétaux, là où elle ne devrait être tenue que par le droit”, a répliqué un des avocats d’Abdelhakim Sefrioui, Me Vincent Brengarth.   “Il y a un an, ça valait dix” ans, les réquisitions en première instance, “et maintenant ça vaut 20! C’est ça l’arbitraire!”, s’indigne pour Brahim Chnina, sa consoeur Me Louise Tort: quand personne n’avait su prévenir la dérive jihadiste d’Anzorov, “lui, il aurait dû savoir, il aurait dû se douter, il aurait dû prévoir!”.Le crime a traumatisé la communauté enseignante et jeté l’effroi dans un pays qui venait d’être menacé par Al-Qaïda après la republication de ses caricatures par Charlie Hebdo à l’occasion du procès des attentats de janvier 2015.Mais les deux hommes affirment n’avoir pas été mus par la question du blasphème, invoquée par Anzorov dans la revendication de son crime. Brahim Chnina a parlé du sentiment d’injustice d’un père à qui sa fille avait dit avoir dû quitter la classe parce que Samuel Paty aurait fait sortir les musulmans au moment de montrer les caricatures. Elle avait menti: exclue pour indiscipline, elle n’assistait pas à ce cours. Quant à Abdelhakim Sefrioui, qui avait contacté Brahim Chnina en qualité revendiquée de représentant du Conseil des imams de France, il n’aurait été animé que par sa conviction que le professeur avait stigmatisé les élèves musulmans. Une ligne de défense balayée par l’accusation: “On est bien sur la question du blasphème”, tranche l’avocate générale, rappelant témoignages et propos passés des deux accusés.   Si Brahim Chnina a exprimé “honte” et regrets, Abdelhakim Sefrioui s’est posé en héraut des droits des musulmans, qui aurait été livré à la “vindicte” publique par les autorités françaises. Secouant parfois la tête en écoutant l’avocate générale, l’ancien dirigeant du Collectif Cheikh Yassine, du nom du fondateur du Hamas palestinien, a écouté sa description en “manipulateur”, désireux “de relancer sa carrière d’islamiste politique qui était en déshérence”. Le verdict est attendu lundi.

Ligue des champions: Paris retrouve les Blues, énorme choc Real-City

Le PSG, tenant du titre, a hérité vendredi des Blues de Chelsea en huitièmes de finale de la Ligue des champions, un affrontement en forme de revanche après la défaite des Parisiens en finale du Mondial des clubs en 2025, alors qu’un énorme choc opposera le Real Madrid à Manchester City.Le champion d’Europe avait deux options avant le tirage au sort effectué à Nyon (Suisse) au siège de l’UEFA, avec d’un côté le FC Barcelone et de l’autre Chelsea. Il croisera finalement les Londoniens avec en souvenir l’amer revers concédé l’été dernier au MetLife Stadium dans le New Jersey (3-0). Nul doute que les Parisiens auront à coeur d’effacer cette contre-performance qui les avait empêchés de glaner la première édition de la Coupe du monde des clubs nouvelle formule aux Etats-Unis, le seul trophée qui leur avait échappé au cours de leur razzia la saison dernière. Difficile de dire si Paris a gagné au change en étant opposé aux Blues et en évitant le Barça du prodige espagnol Lamine Yamal (18 ans). Chelsea ne dispose certes pas de la même puissance offensive que les Catalans mais il peut compter sur ses deux attaquants, le Brésilien Estevao et Cole Palmer, auteur d’un doublé face au PSG en finale du Mondial des clubs, pour inquiéter les hommes de Luis Enrique. Actuellement cinquièmes de la Premier League, les Blues ont connu un début d’exercice délicat qui a provoqué le limogeage de l’entraîneur Enzo Maresca et son remplacement par Liam Rosenior, venu de Strasbourg. Après une petite embellie, ils marquent de nouveau le pas mais la tâche sera tout de même compliquée pour Paris qui est loin d’être souverain et affiche un net déficit physique après son exercice à rallonge en 2024/2025 comme l’a montré sa qualification poussive en barrages contre Monaco (3-2, 2-2). Le PSG devra en outre disputer le match retour à Londres, le 17 mars à Stamford Bridge (aller 11 mars au Parc des Princes.Le champion d’Europe va également croiser les doigts pour récupérer très vite son Ballon d’Or Ousmane Dembélé, qui avait déclaré forfait mercredi face à Monaco en raison d’une blessure à un mollet.- Mbappé contre Haaland -“Ce sera fascinant de jouer contre une des meilleures équipes anglaises, que nous connaissons bien, aucun sentiment de revanche, ce sont des compétitions différentes. On est habitués, les champions c’est nous dans cette compétition, les problèmes sont pour les autres équipes qui jouent contre nous. Arrive le moment-clé de la saison”, a réagi Luis Enrique.Liam Rosenior s’est de son côté dit “enthousiaste” à l’idée de défier les Parisiens, ajoutant qu’il s’agissait de “matchs pour lesquels on se passionne pour le football” tout en louant le “travail incroyable” de son homologue espagnol.   En cas de qualification, le PSG ne sera pas au bout de ses peines puisqu’il pourrait retrouver en quart de finale (aller 7 ou 8 avril, retour 14 ou 15 avril) Liverpool, qui partira largement favori contre Galatasaray, tombeur de la Juventus Turin en barrages. Le chemin pour espérer arriver de nouveau en finale (le 30 mai à Budapest) risque donc d’être semé d’embûches. Le tirage a aussi réservé une confrontation prestigieuse entre le Real Madrid, détenteur du record de victoires en Ligue des champions (15), et le Manchester City de Pep Guardiola avec en filigrane un duel entre les deux meilleurs attaquants de la planète, Kylian Mbappé et Erling Haaland. Les deux joueurs vont ainsi pouvoir prendre date avant le France-Norvège prévu au premier tour du Mondial-2026. Reste à savoir dans quel état de forme sera le capitaine de l’équipe de France, indisponible actuellement pour une blessure au genou. Ce sera le cinquième face-à-face en cinq ans entre les deux équipes qui se sont également mesurées en phase de ligue cette saison, les Citizens l’ayant emporté 2-1 au stade Santiago-Bernabeu.     Les autres cadors s’en sortent plutôt bien, le Bayern Munich ayant rendez-vous avec l’Atalanta Bergame, l’ultime représentant italien, le FC Barcelone avec Newcastle et Arsenal avec le Bayer Leverkusen.