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Syndicats et partis de gauche appellent à manifester pour la Palestine

Cinq syndicats, les partis de gauche et des collectifs en faveur des droits des Palestiniens appellent à la mobilisation dans toute la France samedi avec notamment une manifestation à Paris, pour réclamer la paix à Gaza et la reconnaissance de l’Etat de Palestine.CFDT, CGT, Unsa, Solidaires et FSU ont appelé en commun à mobiliser “massivement” le 14 juin à Paris et en France, dans le cadre d’un week-end mondial de mobilisations. L’appel a été lancé avant l’escalade militaire entre Israël et l’Iran, distants de plus de 1.500 km, qui fait craindre un conflit prolongé susceptible d’engloutir la région, selon des experts. “On manifeste pour demander un cessez-le-feu immédiat, l’arrêt du génocide, l’entrée de l’aide humanitaire, l’application du droit international tout simplement”, explique Linda Sehili, secrétaire nationale de Solidaires. Les syndicats ont été rejoints par les partis de gauche comme LFI, PS, PCF et EELV. Le collectif national pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI), Attac ou encore Urgence Palestine s’associent à cet appel à mobilisation. A Paris, la manifestation partira à 14h00 de la place de la République pour rejoindre la place de la Nation. Des rassemblements sont également prévus à Marseille, Montpellier, Bordeaux, Rennes, Lyon ou encore Strasbourg. Dans la cité phocéenne, environ 300 personnes se sont réunies samedi, selon une journaliste de l’AFP. “La cause palestinienne j’ai grandi avec et puis il y a aussi nos livres d’histoire qui nous disent +plus jamais ça+. Il est important que les gens ouvrent les yeux: c’est juste un projet impérialiste et il faut que ça s’arrête”, a déclaré l’une des manifestantes, Myra Gharbi, professeure d’anglais.Si le chef de l’Etat Emmanuel Macron a rappelé vendredi soir la “détermination” de la France à reconnaître l’Etat de Palestine “quelles que soient les circonstances”, l’enseignante se dit “très pessimiste, il y a une grande hypocrisie. Macron a fait quelques déclarations pour nous calmer mais là c’est reparti de plus belle”.Plusieurs personnalités des arts et du spectacle dont la Prix Nobel de littérature Annie Ernaux, ont appelé à rejoindre les rassemblements dans une tribune publiée dans le journal L’Humanité.Rompant une trêve de deux mois, Israël a repris son offensive à la mi-mars sur la bande de Gaza, et a intensifié ses opérations militaires le 17 mai, dans le but affiché d’anéantir le mouvement islamiste palestinien Hamas, libérer les derniers otages restants et prendre le contrôle du territoire.Plus de 54.880 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l’offensive israélienne de représailles à Gaza, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.219 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Sur les 251 personnes alors enlevées, 54 restent retenues à Gaza, dont au moins 32 sont mortes, selon les autorités israéliennes.

Crash du vol Air India 171: destins de victimes

A l’exception d’un seul passager, les 242 personnes qui avaient pris place à bord du Boeing 787 d’Air India qui s’est écrasé jeudi au décollage d’Ahmedabad, dans le nord-ouest de l’Inde, ont trouvé la mort, selon les autorités.Selon les derniers chiffres publiés samedi, 38 habitants de la ville ont également péri au sol lorsque l’avion a percuté un quartier résidentiel situé au-delà de l’aéroport.Le bilan définitif de la catastrophe aérienne, d’ores et déjà la plus meurtrière survenue dans le monde depuis 2014, sera publié une fois achevé le long processus d’identification des victimes.Les témoignages publiés dans les médias locaux ont toutefois permis de mettre un nom sur nombre d’entre eux, de l’ex-chef de l’exécutif de l’Etat du Gujarat, Vijay Rumani, 68 ans, à un vendeur de thé, Akash Patni, 14 ans.Voici de brefs portraits de quelques victimes, racontées à l’AFP par leurs proches:L’employé d’AmazonInstallé au Royaume-Uni, Pooja Patel était arrivé il y a dix jours en Inde à l’improviste, avec son épouse Harshit. Victime d’une fausse couche, celle-ci y a subi une série d’examens médicaux.”C’était la première fois que je voyait mon fils depuis deux ans. On a passé un très bon moment”, raconte son père, Anil.Selon des proches, son fils travaillait depuis quelque temps pour le géant américain de la vente en ligne Amazon. Le crash de jeudi a enlevé au sexagénaire, veuf depuis quelques années, sa seule famille. “Maintenant je n’ai plus rien. Ce que les dieux voulaient s’est réalisé”.La cheffeCheffe dans un restaurant londonien, danseuse émérite et férue de yoga, Kinal Mistry, 24 ans, excellait dans tous les domaines, assure son homme d’affaires de père Suresh.Après un grave accident de la route, elle est venue en Inde pour une lourde opération de reconstruction dentaire, réussie.Elle devait initialement repartir pour le Royaume-Uni le 7 juin, mais elle a décidé de prolonger jusqu’au 12 son séjour dans sa ville natale d’Anand, à moins de 100 km d’Ahmadabad.”Ceux avec qui elle a passé du temps se réjouissaient de pouvoir goûter à sa cuisine et voilà”, résume le père, Suresh Mistry, 53 ans.Jeudi, il a déposé sa fille à l’aéroport. C’est sur le chemin du retour qu’un ami lui a appris au téléphone la catastrophe.”Je ne peux pas m’ôter de la tête que si elle avait maintenu son retour le 7, elle serait toujours là”, dit Suresh Mishtri.Le directeur d’hôtelJaved Ali était arrivé tard jeudi soir à Ahmedabad, en provenance de la mégapole de Bombay où il était venu rendre visite à sa mère, malade, avec sa femme et ses deux enfants.A 37 ans, il dirigeait un hôtel à Londres, où il était parti faire sa vie. Toute sa famille a péri dans le Boeing qui s’est écrasé jeudi. “C’est moi qui l’ait déposé à l’aéroport quand il est parti s’installer à Londres il y a une quinzaine d’années”, se souvient son ami, Ismaïl Sheikh. “Et maintenant je suis là. C’est juste inimaginable…””Personne ne pourra remplacer une telle perte”, renchérit le frère de la victime, Imtiaz.L’hôtesse de l’airElle avait envoyé un dernier message à sa soeur aînée jeudi juste avant le départ de son vol. “Je vais à Londres. Nous décollons dans quelques minutes. Nous n’allons pas pouvoir nous parler avant un petit moment”.Nganthoi Sharma Kongbrailatpam, 22 ans, travaillait comme hôtesse de l’air à Air India. Elle était membre de l’équipage du vol 171.Son père est désespéré et en colère.”A cet instant, personne d’Air India ne nous a contactés”, regrette Kongrailatpam Nandeshkumar. “Nous n’avons reçu aucun appel de leur part, ni même aucune information”.

Crash du vol Air India 171: destins de victimes

A l’exception d’un seul passager, les 242 personnes qui avaient pris place à bord du Boeing 787 d’Air India qui s’est écrasé jeudi au décollage d’Ahmedabad, dans le nord-ouest de l’Inde, ont trouvé la mort, selon les autorités.Selon les derniers chiffres publiés samedi, 38 habitants de la ville ont également péri au sol lorsque l’avion a percuté un quartier résidentiel situé au-delà de l’aéroport.Le bilan définitif de la catastrophe aérienne, d’ores et déjà la plus meurtrière survenue dans le monde depuis 2014, sera publié une fois achevé le long processus d’identification des victimes.Les témoignages publiés dans les médias locaux ont toutefois permis de mettre un nom sur nombre d’entre eux, de l’ex-chef de l’exécutif de l’Etat du Gujarat, Vijay Rumani, 68 ans, à un vendeur de thé, Akash Patni, 14 ans.Voici de brefs portraits de quelques victimes, racontées à l’AFP par leurs proches:L’employé d’AmazonInstallé au Royaume-Uni, Pooja Patel était arrivé il y a dix jours en Inde à l’improviste, avec son épouse Harshit. Victime d’une fausse couche, celle-ci y a subi une série d’examens médicaux.”C’était la première fois que je voyait mon fils depuis deux ans. On a passé un très bon moment”, raconte son père, Anil.Selon des proches, son fils travaillait depuis quelque temps pour le géant américain de la vente en ligne Amazon. Le crash de jeudi a enlevé au sexagénaire, veuf depuis quelques années, sa seule famille. “Maintenant je n’ai plus rien. Ce que les dieux voulaient s’est réalisé”.La cheffeCheffe dans un restaurant londonien, danseuse émérite et férue de yoga, Kinal Mistry, 24 ans, excellait dans tous les domaines, assure son homme d’affaires de père Suresh.Après un grave accident de la route, elle est venue en Inde pour une lourde opération de reconstruction dentaire, réussie.Elle devait initialement repartir pour le Royaume-Uni le 7 juin, mais elle a décidé de prolonger jusqu’au 12 son séjour dans sa ville natale d’Anand, à moins de 100 km d’Ahmadabad.”Ceux avec qui elle a passé du temps se réjouissaient de pouvoir goûter à sa cuisine et voilà”, résume le père, Suresh Mistry, 53 ans.Jeudi, il a déposé sa fille à l’aéroport. C’est sur le chemin du retour qu’un ami lui a appris au téléphone la catastrophe.”Je ne peux pas m’ôter de la tête que si elle avait maintenu son retour le 7, elle serait toujours là”, dit Suresh Mishtri.Le directeur d’hôtelJaved Ali était arrivé tard jeudi soir à Ahmedabad, en provenance de la mégapole de Bombay où il était venu rendre visite à sa mère, malade, avec sa femme et ses deux enfants.A 37 ans, il dirigeait un hôtel à Londres, où il était parti faire sa vie. Toute sa famille a péri dans le Boeing qui s’est écrasé jeudi. “C’est moi qui l’ait déposé à l’aéroport quand il est parti s’installer à Londres il y a une quinzaine d’années”, se souvient son ami, Ismaïl Sheikh. “Et maintenant je suis là. C’est juste inimaginable…””Personne ne pourra remplacer une telle perte”, renchérit le frère de la victime, Imtiaz.L’hôtesse de l’airElle avait envoyé un dernier message à sa soeur aînée jeudi juste avant le départ de son vol. “Je vais à Londres. Nous décollons dans quelques minutes. Nous n’allons pas pouvoir nous parler avant un petit moment”.Nganthoi Sharma Kongbrailatpam, 22 ans, travaillait comme hôtesse de l’air à Air India. Elle était membre de l’équipage du vol 171.Son père est désespéré et en colère.”A cet instant, personne d’Air India ne nous a contactés”, regrette Kongrailatpam Nandeshkumar. “Nous n’avons reçu aucun appel de leur part, ni même aucune information”.

Israël bombarde des défenses aériennes et des lanceurs de missiles en Iran

Israël a bombardé samedi les défenses aériennes et des lanceurs de missiles en Iran, intensifiant ses opérations qui visent à démanteler les capacités militaires de son ennemi juré, après un engrenage de violences nocturnes.Vendredi, Israël, disant disposer de renseignements prouvant que l’Iran s’approchait du “point de non-retour” vers la bombe atomique, a lancé une attaque d’une ampleur sans précédent sur le sol iranien, touchant plus de 200 sites militaires et nucléaires et tuant les plus hauts gradés du pays.L’Iran, qui dément fabriquer l’arme nucléaire, a tiré en riposte des dizaines de missiles contre Israël, affirmant avoir ciblé des installations militaires. La plupart ont été interceptés par l’armée israélienne mais d’importants dégâts ont été enregistrés dans la région de Tel-Aviv. L’escalade militaire entre l’Iran et Israël, distants de plus de 1.500 km, fait craindre un conflit prolongé qui engloutirait la région, selon des experts.Allié d’Israël, le président américain Donald Trump a exhorté vendredi l’Iran à “conclure un accord” sur son programme nucléaire et prévenu que les “prochaines attaques” israéliennes seraient “encore plus brutales”. Il a qualifié d'”excellentes” la première salve de frappes israéliennes.Samedi, l’Iran a tiré de nouveaux missiles contre Israël, où les secours ont fait état de trois morts et de dizaines de blessés. Le même jour, de nouvelles frappes israéliennes ont ciblé des systèmes de défense aériens dans la région de Téhéran et “des dizaines” de lanceurs de missiles sol-sol en Iran selon Israël.Le représentant iranien à l’ONU Amir Saeid Iravani, a fait état vendredi de 78 morts et plus de 320 blessés dont une “large majorité de civils” dans l’attaque israélienne.- Discussions incertaines dimanche -A Téhéran, une foule s’est rassemblée vendredi soir en soutien au pouvoir, aux cris de “Mort à Israël, mort à l’Amérique!”. “Nous continuerons de riposter de façon écrasante” à Israël, a affirmé Khatira Abolfazli, une manifestante.Dans la région de Tel-Aviv, des images de l’AFP ont montré des flammes et de la fumée s’élevant d’un immeuble dans la nuit et des habitations détruites. “Nous avons entendu une très forte explosion, tout tremblait: fumée, poussière, tout était éparpillé. C’étaient des moments vraiment effrayants”, a raconté Chen Gabizon, 29 ans, réfugié dans un abri souterrain de l’immeuble touché. Sur CNN, l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Yechiel Leiter, a déclaré que les tirs iraniens ne devraient pas s’arrêter, l’Iran possédant selon lui un arsenal de près de 2.000 missiles.Les Etats-Unis ont aidé Israël à abattre les missiles iraniens, selon un responsable américain.L’Iran est soupçonné par les Occidentaux et par Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, de vouloir se doter de l’arme atomique. Téhéran dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil.Un nouveau cycle de négociations indirectes est prévu dimanche à Oman entre Téhéran et Washington pour tenter de trouver un accord encadrant le programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions contre l’Iran. Mais la participation de Téhéran est “incertaine” selon un média d’Etat.- “Plus à venir” -Malgré les appels internationaux à cesser les attaques, M. Netanyahu a averti qu’il y en aurait “plus à venir” et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé une “déclaration de guerre”.Dans un message vidéo adressé à la population iranienne, Benjamin Netanyahu l’a appelée à se révolter contre le “régime maléfique et oppressif”.”Nous avons éliminé les principaux commandants militaires, des scientifiques nucléaires, l’installation d’enrichissement (d’uranium) la plus importante du régime islamique et une grande partie de son arsenal de missiles balistiques”, a-t-il précisé. Son armée a affirmé avoir “démantelé” une usine d’uranium à Ispahan (centre). L’organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) a affirmé que les dégâts à Ispahan et sur le site de Fordo, au sud de Téhéran, étaient mineurs.Le centre pilote d’enrichissement d’uranium de Natanz (centre) a été visé, selon la télévision d’Etat iranienne.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré que la partie en surface avait été “détruite”, citant des informations iraniennes. Mais “aucune augmentation des niveaux de radiation” n’avait été observée. Vendredi soir, Israël a dit avoir frappé la base militaire de Tabriz qui a été “démantelée” selon lui.- Commandants et généraux tués -Dans les premières frappes israéliennes, le chef des Gardiens de la Révolution, armée idéologique d’Iran, le général Hossein Salami, le commandant de la force aérospatiale des Gardiens, Amirali Hajizadeh, ainsi que d’autres responsables militaires ont été tués dans une frappe sur leur quartier général. Le chef d’état-major iranien, le général Mohammad Bagheri, et six scientifiques du programme nucléaire iranien ont aussi péri dans d’autres bombardements.Samedi, la télévision d’Etat iranienne a fait état de la mort de deux hauts gradés de l’armée, le général Gholamreza Mehrabi, adjoint au renseignement de l’état-major des forces armées, et le général Mehdi Rabbani, adjoint aux opérations.La dernière attaque d’Israël contre l’Iran annoncée publiquement remonte à octobre 2024, quand il a mené des frappes sur des cibles militaires en représailles au tir de quelque 200 missiles iraniens vers son territoire. Les tirs iraniens étaient en riposte à une attaque imputée à Israël qui a ciblé le consulat d’Iran à Damas.Face à l’escalade militaire au Moyen-Orient, plusieurs compagnies aériennes ont supprimé ou dérouté des dizaines de vols, et les cours du pétrole ont flambé. 

Israël bombarde des défenses aériennes et des lanceurs de missiles en Iran

Israël a bombardé samedi les défenses aériennes et des lanceurs de missiles en Iran, intensifiant ses opérations qui visent à démanteler les capacités militaires de son ennemi juré, après un engrenage de violences nocturnes.Vendredi, Israël, disant disposer de renseignements prouvant que l’Iran s’approchait du “point de non-retour” vers la bombe atomique, a lancé une attaque d’une ampleur sans précédent sur le sol iranien, touchant plus de 200 sites militaires et nucléaires et tuant les plus hauts gradés du pays.L’Iran, qui dément fabriquer l’arme nucléaire, a tiré en riposte des dizaines de missiles contre Israël, affirmant avoir ciblé des installations militaires. La plupart ont été interceptés par l’armée israélienne mais d’importants dégâts ont été enregistrés dans la région de Tel-Aviv. L’escalade militaire entre l’Iran et Israël, distants de plus de 1.500 km, fait craindre un conflit prolongé qui engloutirait la région, selon des experts.Allié d’Israël, le président américain Donald Trump a exhorté vendredi l’Iran à “conclure un accord” sur son programme nucléaire et prévenu que les “prochaines attaques” israéliennes seraient “encore plus brutales”. Il a qualifié d'”excellentes” la première salve de frappes israéliennes.Samedi, l’Iran a tiré de nouveaux missiles contre Israël, où les secours ont fait état de trois morts et de dizaines de blessés. Le même jour, de nouvelles frappes israéliennes ont ciblé des systèmes de défense aériens dans la région de Téhéran et “des dizaines” de lanceurs de missiles sol-sol en Iran selon Israël.Le représentant iranien à l’ONU Amir Saeid Iravani, a fait état vendredi de 78 morts et plus de 320 blessés dont une “large majorité de civils” dans l’attaque israélienne.- Discussions incertaines dimanche -A Téhéran, une foule s’est rassemblée vendredi soir en soutien au pouvoir, aux cris de “Mort à Israël, mort à l’Amérique!”. “Nous continuerons de riposter de façon écrasante” à Israël, a affirmé Khatira Abolfazli, une manifestante.Dans la région de Tel-Aviv, des images de l’AFP ont montré des flammes et de la fumée s’élevant d’un immeuble dans la nuit et des habitations détruites. “Nous avons entendu une très forte explosion, tout tremblait: fumée, poussière, tout était éparpillé. C’étaient des moments vraiment effrayants”, a raconté Chen Gabizon, 29 ans, réfugié dans un abri souterrain de l’immeuble touché. Sur CNN, l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Yechiel Leiter, a déclaré que les tirs iraniens ne devraient pas s’arrêter, l’Iran possédant selon lui un arsenal de près de 2.000 missiles.Les Etats-Unis ont aidé Israël à abattre les missiles iraniens, selon un responsable américain.L’Iran est soupçonné par les Occidentaux et par Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, de vouloir se doter de l’arme atomique. Téhéran dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil.Un nouveau cycle de négociations indirectes est prévu dimanche à Oman entre Téhéran et Washington pour tenter de trouver un accord encadrant le programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions contre l’Iran. Mais la participation de Téhéran est “incertaine” selon un média d’Etat.- “Plus à venir” -Malgré les appels internationaux à cesser les attaques, M. Netanyahu a averti qu’il y en aurait “plus à venir” et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé une “déclaration de guerre”.Dans un message vidéo adressé à la population iranienne, Benjamin Netanyahu l’a appelée à se révolter contre le “régime maléfique et oppressif”.”Nous avons éliminé les principaux commandants militaires, des scientifiques nucléaires, l’installation d’enrichissement (d’uranium) la plus importante du régime islamique et une grande partie de son arsenal de missiles balistiques”, a-t-il précisé. Son armée a affirmé avoir “démantelé” une usine d’uranium à Ispahan (centre). L’organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) a affirmé que les dégâts à Ispahan et sur le site de Fordo, au sud de Téhéran, étaient mineurs.Le centre pilote d’enrichissement d’uranium de Natanz (centre) a été visé, selon la télévision d’Etat iranienne.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré que la partie en surface avait été “détruite”, citant des informations iraniennes. Mais “aucune augmentation des niveaux de radiation” n’avait été observée. Vendredi soir, Israël a dit avoir frappé la base militaire de Tabriz qui a été “démantelée” selon lui.- Commandants et généraux tués -Dans les premières frappes israéliennes, le chef des Gardiens de la Révolution, armée idéologique d’Iran, le général Hossein Salami, le commandant de la force aérospatiale des Gardiens, Amirali Hajizadeh, ainsi que d’autres responsables militaires ont été tués dans une frappe sur leur quartier général. Le chef d’état-major iranien, le général Mohammad Bagheri, et six scientifiques du programme nucléaire iranien ont aussi péri dans d’autres bombardements.Samedi, la télévision d’Etat iranienne a fait état de la mort de deux hauts gradés de l’armée, le général Gholamreza Mehrabi, adjoint au renseignement de l’état-major des forces armées, et le général Mehdi Rabbani, adjoint aux opérations.La dernière attaque d’Israël contre l’Iran annoncée publiquement remonte à octobre 2024, quand il a mené des frappes sur des cibles militaires en représailles au tir de quelque 200 missiles iraniens vers son territoire. Les tirs iraniens étaient en riposte à une attaque imputée à Israël qui a ciblé le consulat d’Iran à Damas.Face à l’escalade militaire au Moyen-Orient, plusieurs compagnies aériennes ont supprimé ou dérouté des dizaines de vols, et les cours du pétrole ont flambé. 

Zadrima, l’art de cultiver le bonheur en soie

La culture de la soie, un temps menacé de disparition, réapparait dans le nord de l’Albanie grâce à un groupe de femmes qui maitrise chaque étape de la production, de la culture des vers au tissage du précieux tissu.La tenue traditionnelle de la région de Zadrima, coincée entre les montagnes et la côte – écharpe en soie sur la tête, ceinture de soie fermant une blouse en gaze de soie étoffe de soie rouge sur la poitrine – est décrite dans plusieurs récits de voyages du début du XXe siècle “L’histoire de la soie sur ces territoires remonte au dixième siècle”, explique à l’AFP Aferdita Onuzi, ethnologue. Au fil des siècle, la production de cette région d’Albanie a souvent été exportée, et particulièrement appréciée par les noblesses italienne et française.Au XXe siècle, le régime communiste a concentré tous les ateliers de fabrication pour ouvrir une unique fabrique de traitement et de tissage de la soie qui, à la chute de la dictature au début des années 1990, a été totalement détruite. Puis l’émigration massive et la concurrence des fibres synthétiques ont failli mettre à terre cette tradition.Mais depuis une quinzaine d’années Franceska Pjetraj et sa famille, comme d’autres femmes de cette région, travaillent à la faire renaître.”C’est une tradition aussi ancienne que Zadrima, autrefois les femmes d’ici s’habillaient en soie, c’était une de leur joie”, explique Franceska, 30 ans qui avec Mimoza, sa mère, a ouvert son atelier. Comme les autres femmes qui y travaillent, elles tissent aussi les rêves d’une vie meilleure.”Ici tout se fait d’une manière artisanale, la culture et l’extradition du fil à soie, le tissage jusqu’à la production finale”, précise Mimoza, 54 ans, infirmière.- Conditions idéales -La région de Zadrima, où la nature sauvage est parsemée de villages pittoresques, offre des conditions idéales pour planter et cultiver les mûriers blancs, dont les feuilles sont la nourriture préférée du vers à soie.”Elever un vers à soie c’est un monde fascinant”, s’exclame Franceska tout en veillant sur les chenilles.Installées sur les étagères d’une étable plongée dans l’obscurité, certaines semblent perturbées au moindre bruit, quand d’autres continuent, impassibles, à tisser leur cocon – sécrétant le fameux fil à soie.”C’est comme un bébé : il demande autant de dévouement et d’amour que nos enfants. Son cycle de vie dure de 5 à 7 semaines et pendant ce temps, il faut le nourrir et lui prêter toute son attention”, explique la jeune femme.Délicats et très sensibles, les vers ne supportent pas les températures au-dessus de 28 degrés, ni le froid ou l’humidité, encore moins les pesticides, et les orages les effraient.       “Du cocon au fil puis du fil au tissage, c’est tout un art”, décrit Mimoza, “il faut un savoir-faire, de la patience, mais aussi de la passion”.Les cocons sont récoltés avant que les papillons ne les quittent. Ils sont d’abord plongés dans un bain d’eau bouillante pour les ramollir puis sont agités avec un petit balai afin de dégager les fils, qui sont étirés, puis tissé. L’an dernier Mimoza et sa fille ont pu produire 10 kilos de fils de soie, transformés en étoles, jupe ou blouses. “Pour notre bonheur, les commandes n’ont pas manqué, parce que la qualité est supérieure et nos prix concurrentiels”, se réjouit Mimoza.A Zadrima et aux alentours, des centaines d’autres femmes se sont mises à la culture des vers à soie et au tissage artisanal en suivant leur exemple.”C’est un métier très ancien, en voie de disparition, c’est aussi un art de grande qualité et je pense que [les maisons de haute couture] Versace ou Dolce Gabana devraient s’inspirer des tenues qu’on produit ici”, sourit Rozana Gostorani, 18 ans. Espérant un jour voir les soies qu’elle tisse sur son métier défiler sur les podiums du monde entier.