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La protéa, fleur nationale de l’Afrique du Sud, menacée par le changement climatique

Sur sa ferme à deux heures au nord de Johannesburg, Nico Thuynsma contemple des milliers de protéas chatoyantes, orange, jaunes et roses. Ici pousse la fleur nationale de l’Afrique du Sud, à 1.500 kilomètres de son habitat naturel, situé à la pointe sud de l’Afrique.Ces fleurs de la famille des Proteaceae “sont toutes différentes”, explique l’agriculteur de 55 ans. Mais elles sont menacées, selon un rapport de l’Institut national sud-africain pour la biodiversité (SANBI). L’Afrique du Sud en compte plus de 350 variétés – certaines sont éclatantes, semblant tout droit sorties d’un film de science-fiction, d’autres sont plus discrètes comme la “blushing bride” (“mariée rougissante”) aux bourgeons roses délicats.La plus majestueuse est la “protée royale”, une couronne rose et blanche de la taille d’un melon qui peut prendre jusqu’à quatre ans pour fleurir. Symbole de résilience avec ses racines adaptées aux sols pauvres et sa capacité à se régénérer après les incendies, elle est la fleur nationale de l’Afrique du Sud, estampillée sur sa monnaie, et prête son nom à l’équipe de cricket du pays et à des marques innombrables. La protéa sera le logo de la présidence sud-africaine du G20, dont le sommet est prévu en novembre à Johannesburg.Avec 10 millions de fleurs exportées l’an dernier, les protéas sont aussi au cœur d’un marché de 275 millions de rands (13 millions d’euros), selon l’organisation sectorielle Cape Flora.Mais ces plantes emblématiques sont menacées : selon le SANBI, près de la moitié des 353 protéas sud-africaines seraient déjà en danger d’extinction face aux pressions sur leur habitat d’origine dans les montagnes du Cap.- Une icône -Un rapport de l’institut pointe notamment une agriculture invasive, la prolifération d’espèces exotiques et des feux de forêt de plus en plus destructeurs.”Les gens viennent en Afrique du Sud pour voir des protéas”, explique Nigel Barker, professeur en sciences végétales a l’Université de Pretoria. “C’est l’équivalent floral de l’éléphant ou du lion”.La plupart sont endémiques ou semi-endémiques du biome de la région florale du Cap, le “fynbos” (“buisson fin”), qui est “un des lieux les plus extraordinaires du monde pour les plantes du point de vue de la diversité, de la densité et du nombre d’espèces endémiques”, selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).Mais les projections climatiques des décennies à venir prédisent “des conditions plus chaudes et plus sèches,” prévient M. Barker. “À l’avenir, nous aurons affaire à un type de végétation complètement différent, presque semi-désertique à certains endroits”.”De nombreuses espèces, dont l’aire de répartition naturelle est si restreinte, disparaîtront probablement dans ces scénarios,” craint-il. “La seule solution sera alors de les cultiver artificiellement… dans des serres ou des fermes où l’on contrôle l’irrigation”.La ferme de Nico Thuynsma, dans les savanes du nord du pays, en est un exemple. Ici, les hivers sont secs et froids, et les étés pluvieux : des conditions que l’on ne pensait pas favorables au développement de la fleur originaire du climat méditerranéen du Cap.- Expérimenter -Pourtant, depuis presque 30 ans, l’agriculteur y cultive plus de 200 variétés de protéas, dont certaines abandonnées de longue date par les fleuristes dans leur habitat d’origine.Une parcelle de sa ferme, ou il mène sa plus récente expérience, rassemble 36 variétés plantées avec seulement deux litres de gel d’arrosage, et aucune autre forme d’irrigation.”J’espère révéler le pouvoir de certaines de ces fleurs”, explique M. Thuynsma. “Elles poussent dans des conditions très difficiles dans le Cap occidental. Elles ont la niaque”.”J’apprends d’elles et avec elles. J’espère qu’à l’avenir, je pourrai conseiller mes clients sur la manière de planter ce merveilleux fynbos sans irrigation”, dit-il.Accroupi au-dessus d’une petite pousse qu’il plante dans la terre fraîchement retournée, il plaisante : “Je ne pense pas avoir de réponse au changement climatique. Mais j’ai une solution : planter des protéas”.À quelques mètres de là, dans une pépinière chauffée, des milliers de plants attendent leur tour.”Je les aime, je les protège, je les collectionne”, sourit M. Thuynsma. “La protéa fait partie de l’ADN de l’Afrique du Sud”.

Vendanges en Champagne: le procès pour traite d’êtres humains s’est ouvert à Châlons-en-Champagne

“20% de raisins, 80% de misère”: Un procès pour traite d’être humains lors de vendanges en Champagne en 2023 s’est ouvert jeudi à Châlons-en-Champagne, avec plusieurs dizaines de victimes présentes à l’audience, qui étaient sans-papiers à l’époque pour la plupart. Avant l’ouverture du procès à 9H00, qui doit durer toute la journée, les plaignants se sont retrouvés à un rassemblement devant le tribunal correctionnel, organisé par la CGT.”Assemblage 20% de raisins 80% de misère” pouvait-on lire sur l’étiquette d’une bouteille de champagne en photo sur une grande bâche posée sur une camionnette du syndicat. “Prestataires = fossoyeurs de la Champagne” annonçait une autre banderole.Parmi les prévenus figure la dirigeante d’Anavim, une société de prestations viticoles. Cette femme de 44 ans originaire du Kirghizistan est également poursuivie pour travail dissimulé, emploi d’étrangers sans autorisation de travail salarié, soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes et avec une rétribution inexistante ou insuffisante.Deux hommes âgés de 33 ans, soupçonnés d’avoir participé au recrutement des vendangeurs en Ile-de-France, seront jugés à ses côtés. La société Anavim et une coopérative vinicole de la Marne sont également poursuivies comme personnes morales.En septembre 2023, à la suite d’un signalement de riverains, l’inspection du travail procède à un contrôle de l’hébergement des travailleurs et constate des conditions de vie portant “gravement atteinte à la sécurité, à la santé et à la dignité des occupants”, selon le parquet de Châlons-en-Champagne. Cet hébergement collectif, consistant en une maison en travaux et un hangar à Nesle-le-Repons, au sud-ouest de Reims, a ensuite été fermé par la préfecture, qui y a constaté “des literies de fortune”, “l’état répugnant des toilettes, sanitaires et lieux communs” ou encore des installations électriques dangereuses.- “Pas de respect” -“Ils nous mettent dans un bâtiment abandonné, pas de nourriture, pas d’eau, rien du tout. Et puis on nous amène (…) pour faire des vendanges de 5H00 du matin jusqu’à 6H00 du soir, ça ne se fait pas”, a déclaré à l’AFP Modibo Sidibe, une victime d’une trentaine d’années venue jeudi assister au procès en espérant que “justice soit faite”.”La nourriture, c’est pas bon, le logement, c’est pas bon. On travaille dur, pas de respect, franchement c’était déplorable”, a ajouté Ousseny Diaite, un autre plaignant d’une quarantaine d’années d’origine sénégalaise.  Au total, 57 victimes ont été identifiées par l’enquête du parquet de Châlons-en-Champagne.Les prévenus “ont un mépris total pour le respect de la dignité humaine”, a dénoncé en amont du procès Me Maxime Cessieux, avocat des victimes, dont la majorité sont des étrangers en situation irrégulière originaires du Mali, de Mauritanie, de Côte d’Ivoire ou encore du Sénégal.”L’exploitant viticole ne peut pas faire semblant qu’il ne savait pas” selon Me Cessieux, appelant les maisons de champagne à être “intransigeantes” sur les conditions dans lesquelles sont ramassés leurs raisins.- Image du Champagne en jeu -Les donneurs d’ordre et les prestataires “doivent être condamnés conjointement”, réclame pour sa part José Blanco, de la CGT Champagne, également partie civile.Le syndicaliste demande également que “les conditions d’hébergement et de rémunération des travailleurs saisonniers soient inscrites dans le cahier des charges de l’AOC Champagne”. “Si un vigneron emploie un prestataire impliqué dans un cas de traite d’êtres humains, alors sa récolte doit être déclassée”, estime M. Blanco.Le procès, initialement prévu en mars, avait été renvoyé à la demande de la défense.Pour la première fois dans un procès sur le sujet des vendangeurs, le Comité Champagne, qui représente 16.200 vignerons, 130 coopératives et 370 maisons de Champagne, est lui aussi partie civile.Le Comité Champagne souhaite ainsi “exprimer sa ferme opposition à ces pratiques inacceptables”, selon une déclaration de son directeur général, Charles Goemaere, transmise à l’AFP en mars.Les vendanges de 2023 dans la région avaient été émaillées d’incidents. Quatre personnes travaillant à la récolte du raisin sont notamment décédées lors d’un mois de septembre particulièrement chaud cette année-là.Dans un communiqué cosigné avec la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM), également parties civiles, la CGT a dénoncé “les pratiques inacceptables” d'”un patronat agricole “qui n’hésite pas à surexploiter les travailleurs pour accroître ses profits”.

L’UE capable de se défendre “à terme” sans les Etats-Unis, assure le commissaire à la Défense

Au salon du Bourget, le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius s’est dit optimiste quant à la capacité de l’Europe à assurer sa propre défense “à terme”, sans dépendre des Etats-Unis. En s’inspirant de l’expérience des Ukrainiens à qui il demande des conseils, il a estimé, dans un entretien à l’AFP, que la production en masse de drones, produit vedette du Salon, en Europe n’était pas une solution optimale. Réponse – En voyant tous les développements de l’industrie, les nouvelles technologies, il est très clair qu’en Europe nous pouvons être fiers. Cela apporte une certaine forme d’optimisme dans le fait que nous pouvons renforcer nos capacités de défense, nos capacités spatiales. Il y a non seulement des grandes entreprises très bien connues, mais beaucoup de nouvelles start-ups, des petites entreprises avec des idées très innovantes, avec de très grandes ambitions. R – Nos capacités de défense ont toujours été développées, en gardant à l’esprit que nous avons une présence américaine sur le continent européen. Mais quand nous parlons de l’avenir à plus long terme, nous devons absolument prendre en compte le fait que les Américains (…) vont accorder de plus en plus d’attention à (la zone) l’Indo-Pacifique en raison de l’augmentation de la puissance militaire chinoise. Cela signifiera qu’ils commenceront à réduire leur présence sur le continent européen.Mais cela concerne les années à venir, ce n’est pas pour demain. Nous devons commencer à planifier comment nous devrions construire, en particulier ces équipements stratégiques pour lesquels actuellement nous dépendons beaucoup des services américains  (par exemple les avions de combat F-35 ou F-16, NDLR), afin que nous ayons nos propres capacités.C’est ce sur quoi nous pouvons nous mettre d’accord avec nos partenaires américains, que nous devons avoir un tel plan à long terme.Pour dissuader la possibilité d’agression, il faut changer la façon de penser et développer les capacités de défenses plus rapidement qu’on ne le faisait en temps de paix.R – Je ne suis pas sûr qu’une production massive de drones à l’avance soit la meilleure manière de se préparer. Produire un drone n’est pas un problème, la question est comment apprendre à les utiliser. Nous pouvons apprendre beaucoup des Ukrainiens qui atteignent 80% des cibles avec des drones. Près de la ligne de front, les drones contrôlent des deux côtés – car les Russes sont aussi bons que les Ukrainiens – une zone de 20 kilomètres où rien ne peut bouger. Selon les statistiques ukrainiennes, un char y survit six minutes. Les Ukrainiens sont prêts cette année à produire 4 millions de drones et ils utiliseront ces 4 millions de drones. Cela signifie que les Russes auront une quantité similaire. Si on fait un parallèle pour mon pays (la Lituanie) qui a 900 kilomètres de zone sensible à la frontière du Bélarus et de la Russie, nous aurions besoin de pouvoir utiliser environ 3 millions de drones. J’ai demandé aux Ukrainiens: devons nous commencer à produire jusqu’à 3 millions de drones par an, ou devrait-on les acheter à l’avance et les mettre en stock? Mais le drone que vous avez en ce moment ne sera peut-être plus utilisable dans les prochains mois. Car les Russes apprennent à brouiller.Ce qui est nécessaire, c’est de construire des équipes capables de développer les systèmes nécessaires et utiliser les drones (…), de moderniser, d’innover. C’est ce que font les Ukrainiens d’une manière très efficace.

Au Cadre Noir de Saumur, 200 ans d’équitation à la française

De bon matin, des palefreniers nettoient des boxes de chevaux. Une image banale dans une écurie, à un détail près: la présence d’écuyers vêtus de noir et coiffés d’un képi. Depuis 200 ans, le Cadre Noir de Saumur perpétue l’équitation à la française.Ses missions? “Conserver la qualité de notre équitation et de notre tradition équestre française”, la compétition, la formation et la recherche, énumère l’adjudant-chef Gildas Flament.Les origines du l’institution sont militaires, rappelle le maître de manège. À l’issue des guerres napoléoniennes au XIXe siècle, qui avaient décimé la cavalerie française, “il a fallu former en urgence des écuyers et des chevaux et le Cadre Noir a été fondé en 1825”. Dans les années 1970, avec le développement de l’équitation de loisirs, l’institution devient civile. Elle fait partie aujourd’hui de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE).Le savoir-faire reste le même, présenté lors des galas à Saumur, en tournée et durant des représentations en matinée, avec sauts d’école (courbette, croupade et cabriole), des figures héritées de la Renaissance, les carrousels ou encore le saut d’obstacle aux longues rênes. Le site de Saumur accueille chaque année 100.000 visiteurs.L’équitation de tradition française que représente le Cadre Noir est inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco. “Je suis en train de pionter (tresser la crinière en petites boules) de Sinatra avant la matinale”, décrit Maelys Laurioux, palefrenière soigneuse, perchée sur un escabeau, élastiques à cheveux en bouche, peigne à la main, pour préparer la crinière du grand cheval bai.La jeune femme de 25 ans s’occupe quotidiennement de six chevaux dès 7h30 du matin: nettoyer les boxes, leur donner du foin, les brosser, seller, natter, les sortir au paddock (petit enclos)… Des cavaliers en formation passent à cheval pour les échauffer, avant qu’ils soient montés par les 33 écuyers, reconnaissables à leur tenue noire, képi pour les hommes et tricorne pour les femmes, éperons dorés, gants, la fonction la plus prestigieuse du Cadre Noir. Plus de 200 personnes travaillent sur le site.”Ce que j’aime, c’est m’occuper des chevaux”, confie la palefrenière. Elle a pu “apprendre rapidement la natte à la française, à pionter, les longues rênes, ça m’a permis de partir en déplacement”, raconte-t-elle. “Pour rien au monde je ne changerais.” – Formation -Olivier Chollet, 57 ans dont 34 comme palefrenier soigneur au Cadre Noir, abonde. Il a voyagé en Chine ou au Japon pour des galas.Il suit certains chevaux pendant des années. “J’ai récupéré deux retraités, ils sont chez moi au pré”, dit-il. Le Cadre Noir compte 280 chevaux, essentiellement des selles français et des anglo-arabes. Achetés à trois ans, ils arrêtent leur carrière vers 18 ans et sont placés, souvent chez des particuliers.L’institution bicentenaire n’échappe pas aux réflexions sur le bien-être animal qui traversent le monde équestre. “Nous sommes évidemment impactés par cette évolution”, fait savoir Gildas Flament.Pour tenter de s’adapter, le Cadre Noir s’est doté récemment de petits paddocks “de manière à ce que les chevaux puissent avoir une vie sociale et être en liberté un peu plus de temps qu’avant”, indique le maître de manège, les chevaux, de nature grégaire et ayant besoin de beaucoup se déplacer, vivant actuellement en boxes individuels.”On ne peut pas tout casser et tout refaire en une fois”, poursuit-il en parlant des écuries construites dans les années 1970, mais “des travaux sont envisagés” pour offrir à chaque cheval un paddock attenant à son boxe.Pauline Basquin, cavalière olympique de dressage, remplit trois des missions du Cadre Noir: “formation, participer aux galas et compétition”, précise-t-elle, posée dans le grand manège des écuyers, à côté de Sertorius de Rima avec qui elle a participé aux Jeux Olympiques à Paris.”Porter la tunique, ça veut dire quelque chose”, explique cette écuyère. Elle est synonyme d’une équitation “qui respecte certaines valeurs comme la recherche d’harmonie dans le couple cheval-cavalier, la fluidité, la discrétion dans l’emploi des aides et le respect du cheval”, ce qu’elle s’efforce de transmettre à ses élèves, de futurs professionnels du monde du cheval, comme en compétition.

Changement climatique: une dizaine d’indicateurs dans le rouge, alertent des scientifiques de référence

Gaz à effet de serre, élévation du niveau de la mer, seuil de 1,5°C de réchauffement: une dizaine d’indicateurs climatiques clefs sont dans le rouge, alertent une soixantaine de chercheurs de renom dans une vaste étude mondiale parue jeudi.”Le réchauffement d’origine humaine a augmenté à un rythme sans précédent dans les mesures instrumentales, atteignant 0,27°C par décennie sur 2015-2024″, concluent les scientifiques issus d’institutions prestigieuses.Les émissions de gaz à effet de serre, issus notamment de l’utilisation des énergies fossiles, ont en effet atteint un nouveau record en 2024, à 53 milliards de tonnes de CO2 chaque année en moyenne sur la dernière décennie. Les particules polluantes dans l’air, qui ont un effet refroidissant, ont par ailleurs diminué.Ce constat, publié dans la revue Earth System Science Data, est le fruit du travail de chercheurs provenant de 17 pays, qui s’appuient sur les méthodes du Giec, le groupe d’experts du climat mandatés par l’ONU, auquel la plupart appartiennent ou ont appartenu.L’intérêt de l’étude est de fournir des indicateurs mis à jour annuellement à partir du rapport du Giec, sans attendre le prochain dans plusieurs années.  Pour l’année 2024, le réchauffement observé par rapport à l’ère pré-industrielle a atteint 1,52°C, dont 1,36°C attribuable à la seule activité humaine. L’écart témoigne de la variabilité naturelle du climat, à commencer par le phénomène El Niño.”mauvaise direction”C’est un niveau record mais “attendu” compte tenu du réchauffement d’origine humaine, auquel s’ajoutent ponctuellement ces phénomènes naturels, souligne Christophe Cassou, du CNRS. “Ce n’est pas une année exceptionnelle ou surprenante en tant que telle pour les climatologues”, affirme-t-il.Cela ne signifie pas que la planète a déjà franchi le seuil le plus ambitieux de l’accord de Paris (réchauffement limité à 1,5°C), qui s’entend sur une période de plusieurs décennies.Mais la fenêtre se referme toujours plus. Le budget carbone résiduel – la marge de manœuvre, exprimée en quantité totale de CO2 qui pourrait encore être émise tout en gardant 50% de chance de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C – est en train de fondre.Ce “budget” n’est plus que de l’ordre de 130 milliards de tonnes au début de 2025, un peu plus de trois ans d’émissions au rythme actuel, contre encore quelque 200 milliards il y a un an.”Le dépassement du seuil de 1,5°C est désormais inéluctable”, juge l’un des auteurs, Pierre Friedlingstein, du CNRS.”J’ai tendance à être une personne optimiste”, affirme l’auteur principal de l’étude, Piers Forster, de l’université de Leeds. “Mais si on regarde la publication de cette année, tout va dans la mauvaise direction”.”On ne doit pas tomber dans la fatalité, dans le +c’est foutu+”, a réagi jeudi la ministre française de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher sur France Inter. “Chaque économie de carbone compte” et “on a les solutions technologiques” dont le coût baisse, a-t-elle soutenu, fustigeant les “lobbies fossiles qui, aujourd’hui, nous empêchent d’accélérer cette transformation” vers une économie bas-carbone.”réduire les émissions”Les auteurs ont inclus cette année deux nouveaux indicateurs, dont l’un concerne la montée du niveau de la mer, qui se dilate sous l’effet du réchauffement et reçoit des volumes d’eau douce avec la fonte des glaces. Le rythme a plus que doublé avec une hausse de quelque 26 mm entre 2019 et 2024, alors que la moyenne était de moins de 2 mm par an depuis le début du XXe siècle.Au total, le niveau des océans est monté de 22,8 cm depuis le début du siècle dernier, de quoi renforcer le pouvoir destructeur des tempêtes et menacer l’existence de certains États insulaires.Cette montée, qui obéit à des phénomènes complexes, est soumise à une forte inertie et se poursuivra même si les émissions cessaient immédiatement. Mais l’humanité n’est pas pour autant démunie.”Que peut on faire pour limiter la vitesse et l’ampleur de la montée du niveau de la mer? Réduire les émissions de gaz à effet de serre le plus rapidement possible”, souligne la climatologue Valérie Masson-Delmotte.A moins de six mois de la COP30 au Brésil, les politiques en faveur du climat sont pourtant fragilisées par le retrait des Etats-Unis de Donald Trump de l’accord de Paris.

Changement climatique: une dizaine d’indicateurs dans le rouge, alertent des scientifiques de référence

Gaz à effet de serre, élévation du niveau de la mer, seuil de 1,5°C de réchauffement: une dizaine d’indicateurs climatiques clefs sont dans le rouge, alertent une soixantaine de chercheurs de renom dans une vaste étude mondiale parue jeudi.”Le réchauffement d’origine humaine a augmenté à un rythme sans précédent dans les mesures instrumentales, atteignant 0,27°C par décennie sur 2015-2024″, concluent les scientifiques issus d’institutions prestigieuses.Les émissions de gaz à effet de serre, issus notamment de l’utilisation des énergies fossiles, ont en effet atteint un nouveau record en 2024, à 53 milliards de tonnes de CO2 chaque année en moyenne sur la dernière décennie. Les particules polluantes dans l’air, qui ont un effet refroidissant, ont par ailleurs diminué.Ce constat, publié dans la revue Earth System Science Data, est le fruit du travail de chercheurs provenant de 17 pays, qui s’appuient sur les méthodes du Giec, le groupe d’experts du climat mandatés par l’ONU, auquel la plupart appartiennent ou ont appartenu.L’intérêt de l’étude est de fournir des indicateurs mis à jour annuellement à partir du rapport du Giec, sans attendre le prochain dans plusieurs années.  Pour l’année 2024, le réchauffement observé par rapport à l’ère pré-industrielle a atteint 1,52°C, dont 1,36°C attribuable à la seule activité humaine. L’écart témoigne de la variabilité naturelle du climat, à commencer par le phénomène El Niño.”mauvaise direction”C’est un niveau record mais “attendu” compte tenu du réchauffement d’origine humaine, auquel s’ajoutent ponctuellement ces phénomènes naturels, souligne Christophe Cassou, du CNRS. “Ce n’est pas une année exceptionnelle ou surprenante en tant que telle pour les climatologues”, affirme-t-il.Cela ne signifie pas que la planète a déjà franchi le seuil le plus ambitieux de l’accord de Paris (réchauffement limité à 1,5°C), qui s’entend sur une période de plusieurs décennies.Mais la fenêtre se referme toujours plus. Le budget carbone résiduel – la marge de manœuvre, exprimée en quantité totale de CO2 qui pourrait encore être émise tout en gardant 50% de chance de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C – est en train de fondre.Ce “budget” n’est plus que de l’ordre de 130 milliards de tonnes au début de 2025, un peu plus de trois ans d’émissions au rythme actuel, contre encore quelque 200 milliards il y a un an.”Le dépassement du seuil de 1,5°C est désormais inéluctable”, juge l’un des auteurs, Pierre Friedlingstein, du CNRS.”J’ai tendance à être une personne optimiste”, affirme l’auteur principal de l’étude, Piers Forster, de l’université de Leeds. “Mais si on regarde la publication de cette année, tout va dans la mauvaise direction”.”On ne doit pas tomber dans la fatalité, dans le +c’est foutu+”, a réagi jeudi la ministre française de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher sur France Inter. “Chaque économie de carbone compte” et “on a les solutions technologiques” dont le coût baisse, a-t-elle soutenu, fustigeant les “lobbies fossiles qui, aujourd’hui, nous empêchent d’accélérer cette transformation” vers une économie bas-carbone.”réduire les émissions”Les auteurs ont inclus cette année deux nouveaux indicateurs, dont l’un concerne la montée du niveau de la mer, qui se dilate sous l’effet du réchauffement et reçoit des volumes d’eau douce avec la fonte des glaces. Le rythme a plus que doublé avec une hausse de quelque 26 mm entre 2019 et 2024, alors que la moyenne était de moins de 2 mm par an depuis le début du XXe siècle.Au total, le niveau des océans est monté de 22,8 cm depuis le début du siècle dernier, de quoi renforcer le pouvoir destructeur des tempêtes et menacer l’existence de certains États insulaires.Cette montée, qui obéit à des phénomènes complexes, est soumise à une forte inertie et se poursuivra même si les émissions cessaient immédiatement. Mais l’humanité n’est pas pour autant démunie.”Que peut on faire pour limiter la vitesse et l’ampleur de la montée du niveau de la mer? Réduire les émissions de gaz à effet de serre le plus rapidement possible”, souligne la climatologue Valérie Masson-Delmotte.A moins de six mois de la COP30 au Brésil, les politiques en faveur du climat sont pourtant fragilisées par le retrait des Etats-Unis de Donald Trump de l’accord de Paris.

Changement climatique: une dizaine d’indicateurs dans le rouge, alertent des scientifiques de référence

Gaz à effet de serre, élévation du niveau de la mer, seuil de 1,5°C de réchauffement: une dizaine d’indicateurs climatiques clefs sont dans le rouge, alertent une soixantaine de chercheurs de renom dans une vaste étude mondiale parue jeudi.”Le réchauffement d’origine humaine a augmenté à un rythme sans précédent dans les mesures instrumentales, atteignant 0,27°C …

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Thaïlande: sur un siège éjectable, la Première ministre présente ses excuses

La Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra, menacée par le délitement de sa coalition, a présenté jeudi ses excuses, en rappelant à l’unité entre le gouvernement et l’armée, mise à mal par les tensions à la frontière avec le Cambodge.”J’aimerais présenter mes excuses (…) Nous devons rester unis et éviter le conflit entre nous”, a déclaré la dirigeante, debout devant des responsables militaires, dans une rare image de cohésion.Depuis mercredi, des appels de plus en plus sonores ont isolé Paetongtarn, critiquée pour son ton jugé inapproprié vis-à-vis des militaires, lors d’une conversation téléphonique avec l’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen qui a fuité.Quelques heures après la mise en ligne de l’enregistrement, par Hun Sen lui-même, les conservateurs du Bhumjaithai, principaux soutiens du parti au pouvoir Pheu Thai, ont claqué la porte de la coalition, ouvrant une nouvelle période d’instabilité dans un royaume habitué aux crises récurrentes.La Thaïlande a déjà changé de Premier ministre l’an dernier, mais ce pic de tensions s’inscrit dans une nouvelle donne mondiale marquée par l’offensive protectionniste américaine, qui menace de gripper une économie thaïlandaise déjà fragile.Parmi les scénarios évoqués, la dissolution de l’hémicycle pour organiser des élections anticipées sous 60 jours, ou la nomination d’un nouveau chef du gouvernement sur les bases d’une majorité similaire.- “Oncle” Hun Sen -En présentant ses excuses, Paetongtarn, qui portait jeudi un haut jaune, la couleur du roi, espère conserver le soutien des militaires, bien que ces derniers soient considérés comme des rivaux de sa famille, cette opposition polarisant le débat politique depuis plus de vingt ans.L’armée, à l’origine d’une douzaine de coups d’Etat réussis depuis la fin de la monarchie absolue en 1932, a réaffirmé plutôt son adhésion aux “principes démocratiques” et aux mécanismes légaux existants, tout en se tenant prête pour défendre la “souveraineté nationale”.Par le passé, les militaires ont organisé un putsch pour déloger du pouvoir le père de Paetongtarn, Thaksin, ainsi que sa tante, Yingluck, ce qui a irrémédiablement alimenté les rumeurs d’un nouvelle intervention lors des dernières heures.Des dirigeants du parti de la Nation thaï unie (UTN), proche des militaires, et du Parti démocrate doivent se rencontrer jeudi pour évoquer le sort de la coalition dont ils sont membres.Le parti du Peuple, la principale formation d’opposition – qui a repris l’étendard de Move Forward, le mouvement prodémocratie victorieux des législatives de 2023 avant sa dissolution -, a appelé à la démission de Paetongtarn.”Ce qui s’est passé hier (mercredi) est une crise au plus haut niveau qui a détruit la confiance du peuple”, a déclaré le chef de file de la formation réformiste, Natthaphong Ruengpanyawut.”Le peuple exige un gouvernement qui puisse résoudre les problèmes, et la seule manière d’y parvenir, c’est d’avoir un gouvernement légitime”, a-t-il insisté.Une autre branche de l’opposition, proche de l’armée, a pourfendu l’attitude de la dirigeante, jugée irresponsable vis-à-vis des militaires.Des centaines de manifestants, parmi lesquels des anciens “Chemises jaunes”, ces partisans du roi et de l’ordre traditionnel rivaux des “Chemises rouges” pro-Shinawatra à la fin des années 2000, ont battu le pavé jeudi matin devant le palais du gouvernement, à Bangkok, pour réclamer le départ de sa locataire.- L’ombre de Thaksin -Dans l’enregistrement téléphonique qui a fuité, Paetongtarn, 38 ans, appelle Hun Sen, 72 ans, considéré comme un proche des Shinawatra, “oncle”, une formule de politesse courante en Asie mais interprétée comme un signe trop familier ou révérencieux dans ce contexte par ses adversaires.Elle a aussi assimilé à un “opposant” un général chargé de surveiller une partie de la frontière avec le Cambodge. Son objectif était d’apaiser les tensions à la frontière, ravivée fin mai par la mort d’un soldat khmer lors d’un échange de coups de feu, s’est-elle défendue. “Je suis très déçue par le dirigeant cambodgien pour avoir mis en ligne l’enregistrement. Je ne pense pas qu’aucun autre dirigeant dans le monde aurait agi de cette manière”, a insisté jeudi Paetongtarn.Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a remis jeudi à l’ambassadeur cambodgien une lettre de protestation.Depuis 1932, la Thaïlande a connu une douzaine de coups d’Etat réussis, qui ont cimenté la place des militaires au cœur de la vie politique — au détriment de la famille Shinawatra, et de son patriarche, le milliardaire Thaksin, la bête noire de l’armée qui le trouve corrompu et populiste.

Thaïlande: sur un siège éjectable, la Première ministre présente ses excuses

La Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra, menacée par le délitement de sa coalition, a présenté jeudi ses excuses, en rappelant à l’unité entre le gouvernement et l’armée, mise à mal par les tensions à la frontière avec le Cambodge.”J’aimerais présenter mes excuses (…) Nous devons rester unis et éviter le conflit entre nous”, a déclaré la dirigeante, debout devant des responsables militaires, dans une rare image de cohésion.Depuis mercredi, des appels de plus en plus sonores ont isolé Paetongtarn, critiquée pour son ton jugé inapproprié vis-à-vis des militaires, lors d’une conversation téléphonique avec l’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen qui a fuité.Quelques heures après la mise en ligne de l’enregistrement, par Hun Sen lui-même, les conservateurs du Bhumjaithai, principaux soutiens du parti au pouvoir Pheu Thai, ont claqué la porte de la coalition, ouvrant une nouvelle période d’instabilité dans un royaume habitué aux crises récurrentes.La Thaïlande a déjà changé de Premier ministre l’an dernier, mais ce pic de tensions s’inscrit dans une nouvelle donne mondiale marquée par l’offensive protectionniste américaine, qui menace de gripper une économie thaïlandaise déjà fragile.Parmi les scénarios évoqués, la dissolution de l’hémicycle pour organiser des élections anticipées sous 60 jours, ou la nomination d’un nouveau chef du gouvernement sur les bases d’une majorité similaire.- “Oncle” Hun Sen -En présentant ses excuses, Paetongtarn, qui portait jeudi un haut jaune, la couleur du roi, espère conserver le soutien des militaires, bien que ces derniers soient considérés comme des rivaux de sa famille, cette opposition polarisant le débat politique depuis plus de vingt ans.L’armée, à l’origine d’une douzaine de coups d’Etat réussis depuis la fin de la monarchie absolue en 1932, a réaffirmé plutôt son adhésion aux “principes démocratiques” et aux mécanismes légaux existants, tout en se tenant prête pour défendre la “souveraineté nationale”.Par le passé, les militaires ont organisé un putsch pour déloger du pouvoir le père de Paetongtarn, Thaksin, ainsi que sa tante, Yingluck, ce qui a irrémédiablement alimenté les rumeurs d’un nouvelle intervention lors des dernières heures.Des dirigeants du parti de la Nation thaï unie (UTN), proche des militaires, et du Parti démocrate doivent se rencontrer jeudi pour évoquer le sort de la coalition dont ils sont membres.Le parti du Peuple, la principale formation d’opposition – qui a repris l’étendard de Move Forward, le mouvement prodémocratie victorieux des législatives de 2023 avant sa dissolution -, a appelé à la démission de Paetongtarn.”Ce qui s’est passé hier (mercredi) est une crise au plus haut niveau qui a détruit la confiance du peuple”, a déclaré le chef de file de la formation réformiste, Natthaphong Ruengpanyawut.”Le peuple exige un gouvernement qui puisse résoudre les problèmes, et la seule manière d’y parvenir, c’est d’avoir un gouvernement légitime”, a-t-il insisté.Une autre branche de l’opposition, proche de l’armée, a pourfendu l’attitude de la dirigeante, jugée irresponsable vis-à-vis des militaires.Des centaines de manifestants, parmi lesquels des anciens “Chemises jaunes”, ces partisans du roi et de l’ordre traditionnel rivaux des “Chemises rouges” pro-Shinawatra à la fin des années 2000, ont battu le pavé jeudi matin devant le palais du gouvernement, à Bangkok, pour réclamer le départ de sa locataire.- L’ombre de Thaksin -Dans l’enregistrement téléphonique qui a fuité, Paetongtarn, 38 ans, appelle Hun Sen, 72 ans, considéré comme un proche des Shinawatra, “oncle”, une formule de politesse courante en Asie mais interprétée comme un signe trop familier ou révérencieux dans ce contexte par ses adversaires.Elle a aussi assimilé à un “opposant” un général chargé de surveiller une partie de la frontière avec le Cambodge. Son objectif était d’apaiser les tensions à la frontière, ravivée fin mai par la mort d’un soldat khmer lors d’un échange de coups de feu, s’est-elle défendue. “Je suis très déçue par le dirigeant cambodgien pour avoir mis en ligne l’enregistrement. Je ne pense pas qu’aucun autre dirigeant dans le monde aurait agi de cette manière”, a insisté jeudi Paetongtarn.Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a remis jeudi à l’ambassadeur cambodgien une lettre de protestation.Depuis 1932, la Thaïlande a connu une douzaine de coups d’Etat réussis, qui ont cimenté la place des militaires au cœur de la vie politique — au détriment de la famille Shinawatra, et de son patriarche, le milliardaire Thaksin, la bête noire de l’armée qui le trouve corrompu et populiste.

Poutine affirme que le réarmement de l’Otan n’est pas une “menace” pour la Russie

Vladimir Poutine a affirmé jeudi que le réarmement de l’Otan n’était pas une “menace” pour la Russie car son pays a, selon lui, les “capacités de défense” nécessaires pour y faire face, après plus de trois ans de conflit en Ukraine qui a militarisé l’Etat russe.En parallèle, le président russe s’est félicité que son armée progresse “tous les jours” sur la ligne de front, face à une armée ukrainienne moins nombreuse et en difficulté.L’Alliance atlantique, qui doit se réunir en sommet la semaine prochaine à La Haye (Pays-Bas), pousse ses membres à accroître leurs dépenses de sécurité, dans le contexte brûlant du conflit en Ukraine, déclenchée par l’assaut russe de 2022 contre son voisin.Mais, selon M. Poutine, “nous ne considérons aucun réarmement de l’Otan comme une menace pour la Fédération de Russie, car nous sommes autosuffisants en matière de sécurité”.”Nous améliorons constamment nos forces armées et nos capacités de défense”, a-t-il encore affirmé lors d’un échange avec des représentants d’agences de presse étrangères, dont l’AFP, à Saint-Pétersbourg. Une augmentation des dépenses des pays membres de l’Otan à 5% de leur PIB créerait des défis “spécifiques” pour la Russie, a admis Vladimir Poutine, jugeant toutefois que cette hausse des dépenses n’avait “aucun sens” pour les membres de l’Alliance eux-mêmes. “Nous contrerons toutes les menaces qui se dresseront. Cela ne fait aucun doute”, a-t-il lancé. Le chef de l’Etat russe présente l’offensive russe à grande échelle lancée en Ukraine en 2022 comme faisant partie d’un conflit plus large entre la Russie et l’Otan, qu’il considère comme une menace “existentielle” aux frontières de son pays. Dans le cadre des discussions de paix sur l’Ukraine, il souhaite ainsi discuter –notamment avec le dirigeant américain Donald Trump– de l’architecture sécuritaire sur le Vieux Continent.Kiev, de son côté, cherche à obtenir des garanties de sécurité de l’Alliance atlantique dans la perspective de tout accord visant à mettre fin aux combats.- “Trouver une solution” -A ce stade, les pourparlers de paix entre les deux belligérants, engagés sous la pression de Donald Trump, sont bloqués, ceux-ci campant sur leurs positions, très éloignées.La Russie a rejeté la trêve “inconditionnelle” voulue par l’Ukraine, qui a pour sa part qualifié d'”ultimatums” les exigences russes.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé Vladimir Poutine à se rencontrer en personne pour trouver une issue au conflit, une option rejetée par le président russe, tout comme les demandes de Kiev pour un cessez-le-feu inconditionnel.Jeudi, celui-ci a dit être ouvert à un tel sommet, mais uniquement dans le cadre de la “dernière étape” des négociations.”Je suis même prêt à rencontrer (M. Zelensky), mais seulement si c’est la dernière étape” des pourparlers, a affirmé le président russe face aux représentants des agences de presse étrangères.Il a toutefois de nouveau mis en doute la légitimité du dirigeant ukrainien, dont le mandat présidentiel a officiellement expiré en mai 2024. Kiev n’a pas pu organiser d’élection présidentielle du fait de l’assaut russe et la mise en place de la loi martiale.”Je suis prêt à rencontrer tout le monde, même Zelensky. Là n’est pas la question. Si l’Etat ukrainien fait confiance à une personne en particulier pour mener des négociations, mon Dieu, cela peut être Zelensky”, a dit le chef de l’Etat russe lors de cette table ronde. “Peu importe qui négocie, même si c’est le chef actuel du régime”, a-t-il abondé.Il a également estimé qu’il fallait “trouver une solution qui, non seulement mette fin au conflit actuel, mais qui crée également les conditions nécessaires pour éviter que de telles situations ne se reproduisent à long terme”.Deux rounds de pourparlers entre Russes et Ukrainiens ont eu lieu à Istanbul, mais n’ont débouché sur aucun progrès vers une trêve dans ce conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et de blessés.Moscou, dont l’armée occupe toujours près de 20% du territoire ukrainien, demande notamment à Kiev le retrait de ses forces de quatre régions dont Moscou revendique l’annexion, la renonciation de l’Ukraine à intégrer l’Otan et la limitation de la taille de son armée.Sur le terrain, les forces russes continuent de pilonner chaque jour les villes et villages d’Ukraine. Elles ont mené tôt mercredi une série d’attaques contre Kiev, faisant au moins 28 morts, selon les autorités ukrainiennes, l’un des pires bilans dans la capitale depuis 2022.