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De retour d’Iran, des Pakistanais racontent leurs “nuits d’horreur” sous les tirs israéliens

De la fenêtre de sa cité universitaire, Mohammad Hassan a vu drones, missiles et explosions déchirer le ciel de Téhéran. Après cinq nuits d'”horreur” sous les frappes israéliennes, il est enfin de retour chez lui, au Pakistan voisin de l’Iran, en sécurité.”J’étais dans le centre, là où la plupart des frappes ont eu lieu. Il y en a même une qui a atteint l’un des dortoirs d’étudiants, heureusement personne n’a été tué mais des camarades ont été blessés”, raconte à l’AFP ce doctorant de 35 ans qui avait rejoint cette année la faculté des Beaux-arts de la prestigieuse Université de Téhéran.”On a vécu des jours et des nuits d’horreur: quand tu entends les sirènes, tu sais que tu es en danger car les missiles arrivent et si tu jettes un oeil dehors, tu vois les drones, les missiles et leurs traînées de feu dans le ciel”, poursuit l’homme, visiblement soulagé mais les traits tirés.Mohammad Khalil, ingénieur pétrolier de 41 ans, a lui aussi quitté Téhéran il y a trois jours, alors que la capitale de la République islamique prenait des airs de ville fantôme, dit-il, entre habitants confinés dans leurs maisons et familles prenant la route.”J’ai vu les gens qui partaient de la ville à bord de tous les véhicules disponibles en emportant juste le nécessaire avec eux”, raconte-t-il à l’AFP après avoir traversé le poste-frontière de Taftan, à la pointe sud-ouest du Pakistan, aux confins des Baloutchistan iranien et pakistanais.Le Pakistan et l’Iran entretiennent des relations diplomatiques en dents de scie –il y a un peu plus d’un an, les deux pays bombardaient le territoire du voisin assurant poursuivre des rebelles y trouvant refuge pour attaquer son sol. Mais ils n’ont jamais cessé leur coopération universitaire, commerciale et touristique.- “Drones, lumières rouges, immeuble en feu” -Les consulats iraniens à travers le Pakistan multiplient les opérations de promotion de leurs universités, tandis que les 25 à 35 millions de chiites pakistanais espèrent tous aller au moins une fois dans leur vie en pèlerinage sur les lieux saints de cette branche de l’islam en Iran, en tête desquels la ville sainte de Qom.A l’Université de Téhéran, sur plus de 40.000 étudiants, 500 au moins étaient Pakistanais, assure Mohammad Hassan. Et tous sont en cours de rapatriement.Depuis le début des violences en Iran, environ 3.000 Pakistanais sont rentrés au pays, selon Islamabad.Abdul Ghani Khan, qui vend des équipements médicaux dans sa ville de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, va lui aussi régulièrement en Iran pour s’approvisionner. Il était à Téhéran depuis une semaine quand les premiers missiles israéliens sont tombés vendredi dernier, créant une spirale de violence qui fait redouter une guerre régionale et met dans une position inconfortable le Pakistan, unique puissance nucléaire musulmane au monde qui, comme l’Iran, ne reconnaît pas Israël, mais est également un grand allié de Washington.”On a vu les drones, les lumières rouges des défenses aériennes et même un immeuble en feu”, assure l’importateur Abdul Ghani Khan.Mohammad Asif, avocat à Lahore, la grande ville de l’Est pakistanais frontalier de l’Inde, a entendu parler des frappes aériennes alors qu’il était en pèlerinage à Qom.”On a vu les visages des Iraniens: ils n’avaient pas peur”, assure-t-il, “donc on a continué notre pèlerinage à Machhad”, connue pour le sanctuaire aux dômes dorés de l’imam Reza, le site le plus sacré d’Iran pour les chiites. – Explosions et réseau coupé -Mais, dimanche, l’armée israélienne a frappé l’aéroport de cette ville, la troisième plus grande d’Iran.  A ce moment-là, Samreen Ali priait dans une mosquée. Cette Pakistanaise de 46 ans, déjà allée neuf fois en pèlerinage en Iran, n’imaginait pas une guerre possible. “J’ai entendu deux explosions et j’ai réalisé que quelque chose se passait, des gens se sont mis à chuchoter entre eux”, raconte-t-elle à l’AFP depuis sa maison à Karachi, dans le sud côtier.A partir de là, poursuit-elle, “on ne recevait plus les messages sur nos téléphones normalement, j’ai eu l’impression que les communications étaient bridées à cause de la guerre”, poursuit-elle, le visage barré du sourire qu’elle arbore depuis qu’elle est rentrée au pays.Elle ne devait rentrer chez elle que dimanche prochain, mais sur les conseils de sa famille inquiète au Pakistan et du consulat sur place, elle a repris le chemin de retour plus tôt que prévu avec son mari et leur fils de 15 ans.Elle a dû avaler par la route le millier de kilomètres pour rallier la frontière pakistanaise, car l’espace aérien iranien est désormais bloqué par les projectiles et autres drones.Syed Saqib, 46 ans, était lui aussi à Qom quand tout a commencé. Il a d’abord parcouru 500 kilomètres en bus vers Yazd, plus au sud. Puis “il a fallu prendre des routes alternatives, attendre toute une nuit dans une gare routière, et enfin nous avons pu monter dans des bus pour Zahedan”, proche de la frontière avec le Pakistan.Et enfin Taftan, raconte-t-il, visiblement heureux d’avoir franchi la porte de fer qui sépare son pays de son voisin désormais en guerre.

La protéa, fleur nationale de l’Afrique du Sud, menacée par le changement climatique

Sur sa ferme à deux heures au nord de Johannesburg, Nico Thuynsma contemple des milliers de protéas chatoyantes, orange, jaunes et roses. Ici pousse la fleur nationale de l’Afrique du Sud, à 1.500 kilomètres de son habitat naturel, situé à la pointe sud de l’Afrique.Ces fleurs de la famille des Proteaceae “sont toutes différentes”, explique …

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La protéa, fleur nationale de l’Afrique du Sud, menacée par le changement climatique

Sur sa ferme à deux heures au nord de Johannesburg, Nico Thuynsma contemple des milliers de protéas chatoyantes, orange, jaunes et roses. Ici pousse la fleur nationale de l’Afrique du Sud, à 1.500 kilomètres de son habitat naturel, situé à la pointe sud de l’Afrique.Ces fleurs de la famille des Proteaceae “sont toutes différentes”, explique l’agriculteur de 55 ans. Mais elles sont menacées, selon un rapport de l’Institut national sud-africain pour la biodiversité (SANBI). L’Afrique du Sud en compte plus de 350 variétés – certaines sont éclatantes, semblant tout droit sorties d’un film de science-fiction, d’autres sont plus discrètes comme la “blushing bride” (“mariée rougissante”) aux bourgeons roses délicats.La plus majestueuse est la “protée royale”, une couronne rose et blanche de la taille d’un melon qui peut prendre jusqu’à quatre ans pour fleurir. Symbole de résilience avec ses racines adaptées aux sols pauvres et sa capacité à se régénérer après les incendies, elle est la fleur nationale de l’Afrique du Sud, estampillée sur sa monnaie, et prête son nom à l’équipe de cricket du pays et à des marques innombrables. La protéa sera le logo de la présidence sud-africaine du G20, dont le sommet est prévu en novembre à Johannesburg.Avec 10 millions de fleurs exportées l’an dernier, les protéas sont aussi au cœur d’un marché de 275 millions de rands (13 millions d’euros), selon l’organisation sectorielle Cape Flora.Mais ces plantes emblématiques sont menacées : selon le SANBI, près de la moitié des 353 protéas sud-africaines seraient déjà en danger d’extinction face aux pressions sur leur habitat d’origine dans les montagnes du Cap.- Une icône -Un rapport de l’institut pointe notamment une agriculture invasive, la prolifération d’espèces exotiques et des feux de forêt de plus en plus destructeurs.”Les gens viennent en Afrique du Sud pour voir des protéas”, explique Nigel Barker, professeur en sciences végétales a l’Université de Pretoria. “C’est l’équivalent floral de l’éléphant ou du lion”.La plupart sont endémiques ou semi-endémiques du biome de la région florale du Cap, le “fynbos” (“buisson fin”), qui est “un des lieux les plus extraordinaires du monde pour les plantes du point de vue de la diversité, de la densité et du nombre d’espèces endémiques”, selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).Mais les projections climatiques des décennies à venir prédisent “des conditions plus chaudes et plus sèches,” prévient M. Barker. “À l’avenir, nous aurons affaire à un type de végétation complètement différent, presque semi-désertique à certains endroits”.”De nombreuses espèces, dont l’aire de répartition naturelle est si restreinte, disparaîtront probablement dans ces scénarios,” craint-il. “La seule solution sera alors de les cultiver artificiellement… dans des serres ou des fermes où l’on contrôle l’irrigation”.La ferme de Nico Thuynsma, dans les savanes du nord du pays, en est un exemple. Ici, les hivers sont secs et froids, et les étés pluvieux : des conditions que l’on ne pensait pas favorables au développement de la fleur originaire du climat méditerranéen du Cap.- Expérimenter -Pourtant, depuis presque 30 ans, l’agriculteur y cultive plus de 200 variétés de protéas, dont certaines abandonnées de longue date par les fleuristes dans leur habitat d’origine.Une parcelle de sa ferme, ou il mène sa plus récente expérience, rassemble 36 variétés plantées avec seulement deux litres de gel d’arrosage, et aucune autre forme d’irrigation.”J’espère révéler le pouvoir de certaines de ces fleurs”, explique M. Thuynsma. “Elles poussent dans des conditions très difficiles dans le Cap occidental. Elles ont la niaque”.”J’apprends d’elles et avec elles. J’espère qu’à l’avenir, je pourrai conseiller mes clients sur la manière de planter ce merveilleux fynbos sans irrigation”, dit-il.Accroupi au-dessus d’une petite pousse qu’il plante dans la terre fraîchement retournée, il plaisante : “Je ne pense pas avoir de réponse au changement climatique. Mais j’ai une solution : planter des protéas”.À quelques mètres de là, dans une pépinière chauffée, des milliers de plants attendent leur tour.”Je les aime, je les protège, je les collectionne”, sourit M. Thuynsma. “La protéa fait partie de l’ADN de l’Afrique du Sud”.

La protéa, fleur nationale de l’Afrique du Sud, menacée par le changement climatique

Sur sa ferme à deux heures au nord de Johannesburg, Nico Thuynsma contemple des milliers de protéas chatoyantes, orange, jaunes et roses. Ici pousse la fleur nationale de l’Afrique du Sud, à 1.500 kilomètres de son habitat naturel, situé à la pointe sud de l’Afrique.Ces fleurs de la famille des Proteaceae “sont toutes différentes”, explique l’agriculteur de 55 ans. Mais elles sont menacées, selon un rapport de l’Institut national sud-africain pour la biodiversité (SANBI). L’Afrique du Sud en compte plus de 350 variétés – certaines sont éclatantes, semblant tout droit sorties d’un film de science-fiction, d’autres sont plus discrètes comme la “blushing bride” (“mariée rougissante”) aux bourgeons roses délicats.La plus majestueuse est la “protée royale”, une couronne rose et blanche de la taille d’un melon qui peut prendre jusqu’à quatre ans pour fleurir. Symbole de résilience avec ses racines adaptées aux sols pauvres et sa capacité à se régénérer après les incendies, elle est la fleur nationale de l’Afrique du Sud, estampillée sur sa monnaie, et prête son nom à l’équipe de cricket du pays et à des marques innombrables. La protéa sera le logo de la présidence sud-africaine du G20, dont le sommet est prévu en novembre à Johannesburg.Avec 10 millions de fleurs exportées l’an dernier, les protéas sont aussi au cœur d’un marché de 275 millions de rands (13 millions d’euros), selon l’organisation sectorielle Cape Flora.Mais ces plantes emblématiques sont menacées : selon le SANBI, près de la moitié des 353 protéas sud-africaines seraient déjà en danger d’extinction face aux pressions sur leur habitat d’origine dans les montagnes du Cap.- Une icône -Un rapport de l’institut pointe notamment une agriculture invasive, la prolifération d’espèces exotiques et des feux de forêt de plus en plus destructeurs.”Les gens viennent en Afrique du Sud pour voir des protéas”, explique Nigel Barker, professeur en sciences végétales a l’Université de Pretoria. “C’est l’équivalent floral de l’éléphant ou du lion”.La plupart sont endémiques ou semi-endémiques du biome de la région florale du Cap, le “fynbos” (“buisson fin”), qui est “un des lieux les plus extraordinaires du monde pour les plantes du point de vue de la diversité, de la densité et du nombre d’espèces endémiques”, selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).Mais les projections climatiques des décennies à venir prédisent “des conditions plus chaudes et plus sèches,” prévient M. Barker. “À l’avenir, nous aurons affaire à un type de végétation complètement différent, presque semi-désertique à certains endroits”.”De nombreuses espèces, dont l’aire de répartition naturelle est si restreinte, disparaîtront probablement dans ces scénarios,” craint-il. “La seule solution sera alors de les cultiver artificiellement… dans des serres ou des fermes où l’on contrôle l’irrigation”.La ferme de Nico Thuynsma, dans les savanes du nord du pays, en est un exemple. Ici, les hivers sont secs et froids, et les étés pluvieux : des conditions que l’on ne pensait pas favorables au développement de la fleur originaire du climat méditerranéen du Cap.- Expérimenter -Pourtant, depuis presque 30 ans, l’agriculteur y cultive plus de 200 variétés de protéas, dont certaines abandonnées de longue date par les fleuristes dans leur habitat d’origine.Une parcelle de sa ferme, ou il mène sa plus récente expérience, rassemble 36 variétés plantées avec seulement deux litres de gel d’arrosage, et aucune autre forme d’irrigation.”J’espère révéler le pouvoir de certaines de ces fleurs”, explique M. Thuynsma. “Elles poussent dans des conditions très difficiles dans le Cap occidental. Elles ont la niaque”.”J’apprends d’elles et avec elles. J’espère qu’à l’avenir, je pourrai conseiller mes clients sur la manière de planter ce merveilleux fynbos sans irrigation”, dit-il.Accroupi au-dessus d’une petite pousse qu’il plante dans la terre fraîchement retournée, il plaisante : “Je ne pense pas avoir de réponse au changement climatique. Mais j’ai une solution : planter des protéas”.À quelques mètres de là, dans une pépinière chauffée, des milliers de plants attendent leur tour.”Je les aime, je les protège, je les collectionne”, sourit M. Thuynsma. “La protéa fait partie de l’ADN de l’Afrique du Sud”.

Vendanges en Champagne: le procès pour traite d’êtres humains s’est ouvert à Châlons-en-Champagne

“20% de raisins, 80% de misère”: Un procès pour traite d’être humains lors de vendanges en Champagne en 2023 s’est ouvert jeudi à Châlons-en-Champagne, avec plusieurs dizaines de victimes présentes à l’audience, qui étaient sans-papiers à l’époque pour la plupart. Avant l’ouverture du procès à 9H00, qui doit durer toute la journée, les plaignants se sont retrouvés à un rassemblement devant le tribunal correctionnel, organisé par la CGT.”Assemblage 20% de raisins 80% de misère” pouvait-on lire sur l’étiquette d’une bouteille de champagne en photo sur une grande bâche posée sur une camionnette du syndicat. “Prestataires = fossoyeurs de la Champagne” annonçait une autre banderole.Parmi les prévenus figure la dirigeante d’Anavim, une société de prestations viticoles. Cette femme de 44 ans originaire du Kirghizistan est également poursuivie pour travail dissimulé, emploi d’étrangers sans autorisation de travail salarié, soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes et avec une rétribution inexistante ou insuffisante.Deux hommes âgés de 33 ans, soupçonnés d’avoir participé au recrutement des vendangeurs en Ile-de-France, seront jugés à ses côtés. La société Anavim et une coopérative vinicole de la Marne sont également poursuivies comme personnes morales.En septembre 2023, à la suite d’un signalement de riverains, l’inspection du travail procède à un contrôle de l’hébergement des travailleurs et constate des conditions de vie portant “gravement atteinte à la sécurité, à la santé et à la dignité des occupants”, selon le parquet de Châlons-en-Champagne. Cet hébergement collectif, consistant en une maison en travaux et un hangar à Nesle-le-Repons, au sud-ouest de Reims, a ensuite été fermé par la préfecture, qui y a constaté “des literies de fortune”, “l’état répugnant des toilettes, sanitaires et lieux communs” ou encore des installations électriques dangereuses.- “Pas de respect” -“Ils nous mettent dans un bâtiment abandonné, pas de nourriture, pas d’eau, rien du tout. Et puis on nous amène (…) pour faire des vendanges de 5H00 du matin jusqu’à 6H00 du soir, ça ne se fait pas”, a déclaré à l’AFP Modibo Sidibe, une victime d’une trentaine d’années venue jeudi assister au procès en espérant que “justice soit faite”.”La nourriture, c’est pas bon, le logement, c’est pas bon. On travaille dur, pas de respect, franchement c’était déplorable”, a ajouté Ousseny Diaite, un autre plaignant d’une quarantaine d’années d’origine sénégalaise.  Au total, 57 victimes ont été identifiées par l’enquête du parquet de Châlons-en-Champagne.Les prévenus “ont un mépris total pour le respect de la dignité humaine”, a dénoncé en amont du procès Me Maxime Cessieux, avocat des victimes, dont la majorité sont des étrangers en situation irrégulière originaires du Mali, de Mauritanie, de Côte d’Ivoire ou encore du Sénégal.”L’exploitant viticole ne peut pas faire semblant qu’il ne savait pas” selon Me Cessieux, appelant les maisons de champagne à être “intransigeantes” sur les conditions dans lesquelles sont ramassés leurs raisins.- Image du Champagne en jeu -Les donneurs d’ordre et les prestataires “doivent être condamnés conjointement”, réclame pour sa part José Blanco, de la CGT Champagne, également partie civile.Le syndicaliste demande également que “les conditions d’hébergement et de rémunération des travailleurs saisonniers soient inscrites dans le cahier des charges de l’AOC Champagne”. “Si un vigneron emploie un prestataire impliqué dans un cas de traite d’êtres humains, alors sa récolte doit être déclassée”, estime M. Blanco.Le procès, initialement prévu en mars, avait été renvoyé à la demande de la défense.Pour la première fois dans un procès sur le sujet des vendangeurs, le Comité Champagne, qui représente 16.200 vignerons, 130 coopératives et 370 maisons de Champagne, est lui aussi partie civile.Le Comité Champagne souhaite ainsi “exprimer sa ferme opposition à ces pratiques inacceptables”, selon une déclaration de son directeur général, Charles Goemaere, transmise à l’AFP en mars.Les vendanges de 2023 dans la région avaient été émaillées d’incidents. Quatre personnes travaillant à la récolte du raisin sont notamment décédées lors d’un mois de septembre particulièrement chaud cette année-là.Dans un communiqué cosigné avec la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM), également parties civiles, la CGT a dénoncé “les pratiques inacceptables” d'”un patronat agricole “qui n’hésite pas à surexploiter les travailleurs pour accroître ses profits”.

L’UE capable de se défendre “à terme” sans les Etats-Unis, assure le commissaire à la Défense

Au salon du Bourget, le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius s’est dit optimiste quant à la capacité de l’Europe à assurer sa propre défense “à terme”, sans dépendre des Etats-Unis. En s’inspirant de l’expérience des Ukrainiens à qui il demande des conseils, il a estimé, dans un entretien à l’AFP, que la production en masse de drones, produit vedette du Salon, en Europe n’était pas une solution optimale. Réponse – En voyant tous les développements de l’industrie, les nouvelles technologies, il est très clair qu’en Europe nous pouvons être fiers. Cela apporte une certaine forme d’optimisme dans le fait que nous pouvons renforcer nos capacités de défense, nos capacités spatiales. Il y a non seulement des grandes entreprises très bien connues, mais beaucoup de nouvelles start-ups, des petites entreprises avec des idées très innovantes, avec de très grandes ambitions. R – Nos capacités de défense ont toujours été développées, en gardant à l’esprit que nous avons une présence américaine sur le continent européen. Mais quand nous parlons de l’avenir à plus long terme, nous devons absolument prendre en compte le fait que les Américains (…) vont accorder de plus en plus d’attention à (la zone) l’Indo-Pacifique en raison de l’augmentation de la puissance militaire chinoise. Cela signifiera qu’ils commenceront à réduire leur présence sur le continent européen.Mais cela concerne les années à venir, ce n’est pas pour demain. Nous devons commencer à planifier comment nous devrions construire, en particulier ces équipements stratégiques pour lesquels actuellement nous dépendons beaucoup des services américains  (par exemple les avions de combat F-35 ou F-16, NDLR), afin que nous ayons nos propres capacités.C’est ce sur quoi nous pouvons nous mettre d’accord avec nos partenaires américains, que nous devons avoir un tel plan à long terme.Pour dissuader la possibilité d’agression, il faut changer la façon de penser et développer les capacités de défenses plus rapidement qu’on ne le faisait en temps de paix.R – Je ne suis pas sûr qu’une production massive de drones à l’avance soit la meilleure manière de se préparer. Produire un drone n’est pas un problème, la question est comment apprendre à les utiliser. Nous pouvons apprendre beaucoup des Ukrainiens qui atteignent 80% des cibles avec des drones. Près de la ligne de front, les drones contrôlent des deux côtés – car les Russes sont aussi bons que les Ukrainiens – une zone de 20 kilomètres où rien ne peut bouger. Selon les statistiques ukrainiennes, un char y survit six minutes. Les Ukrainiens sont prêts cette année à produire 4 millions de drones et ils utiliseront ces 4 millions de drones. Cela signifie que les Russes auront une quantité similaire. Si on fait un parallèle pour mon pays (la Lituanie) qui a 900 kilomètres de zone sensible à la frontière du Bélarus et de la Russie, nous aurions besoin de pouvoir utiliser environ 3 millions de drones. J’ai demandé aux Ukrainiens: devons nous commencer à produire jusqu’à 3 millions de drones par an, ou devrait-on les acheter à l’avance et les mettre en stock? Mais le drone que vous avez en ce moment ne sera peut-être plus utilisable dans les prochains mois. Car les Russes apprennent à brouiller.Ce qui est nécessaire, c’est de construire des équipes capables de développer les systèmes nécessaires et utiliser les drones (…), de moderniser, d’innover. C’est ce que font les Ukrainiens d’une manière très efficace.

Au Cadre Noir de Saumur, 200 ans d’équitation à la française

De bon matin, des palefreniers nettoient des boxes de chevaux. Une image banale dans une écurie, à un détail près: la présence d’écuyers vêtus de noir et coiffés d’un képi. Depuis 200 ans, le Cadre Noir de Saumur perpétue l’équitation à la française.Ses missions? “Conserver la qualité de notre équitation et de notre tradition équestre française”, la compétition, la formation et la recherche, énumère l’adjudant-chef Gildas Flament.Les origines du l’institution sont militaires, rappelle le maître de manège. À l’issue des guerres napoléoniennes au XIXe siècle, qui avaient décimé la cavalerie française, “il a fallu former en urgence des écuyers et des chevaux et le Cadre Noir a été fondé en 1825”. Dans les années 1970, avec le développement de l’équitation de loisirs, l’institution devient civile. Elle fait partie aujourd’hui de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE).Le savoir-faire reste le même, présenté lors des galas à Saumur, en tournée et durant des représentations en matinée, avec sauts d’école (courbette, croupade et cabriole), des figures héritées de la Renaissance, les carrousels ou encore le saut d’obstacle aux longues rênes. Le site de Saumur accueille chaque année 100.000 visiteurs.L’équitation de tradition française que représente le Cadre Noir est inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco. “Je suis en train de pionter (tresser la crinière en petites boules) de Sinatra avant la matinale”, décrit Maelys Laurioux, palefrenière soigneuse, perchée sur un escabeau, élastiques à cheveux en bouche, peigne à la main, pour préparer la crinière du grand cheval bai.La jeune femme de 25 ans s’occupe quotidiennement de six chevaux dès 7h30 du matin: nettoyer les boxes, leur donner du foin, les brosser, seller, natter, les sortir au paddock (petit enclos)… Des cavaliers en formation passent à cheval pour les échauffer, avant qu’ils soient montés par les 33 écuyers, reconnaissables à leur tenue noire, képi pour les hommes et tricorne pour les femmes, éperons dorés, gants, la fonction la plus prestigieuse du Cadre Noir. Plus de 200 personnes travaillent sur le site.”Ce que j’aime, c’est m’occuper des chevaux”, confie la palefrenière. Elle a pu “apprendre rapidement la natte à la française, à pionter, les longues rênes, ça m’a permis de partir en déplacement”, raconte-t-elle. “Pour rien au monde je ne changerais.” – Formation -Olivier Chollet, 57 ans dont 34 comme palefrenier soigneur au Cadre Noir, abonde. Il a voyagé en Chine ou au Japon pour des galas.Il suit certains chevaux pendant des années. “J’ai récupéré deux retraités, ils sont chez moi au pré”, dit-il. Le Cadre Noir compte 280 chevaux, essentiellement des selles français et des anglo-arabes. Achetés à trois ans, ils arrêtent leur carrière vers 18 ans et sont placés, souvent chez des particuliers.L’institution bicentenaire n’échappe pas aux réflexions sur le bien-être animal qui traversent le monde équestre. “Nous sommes évidemment impactés par cette évolution”, fait savoir Gildas Flament.Pour tenter de s’adapter, le Cadre Noir s’est doté récemment de petits paddocks “de manière à ce que les chevaux puissent avoir une vie sociale et être en liberté un peu plus de temps qu’avant”, indique le maître de manège, les chevaux, de nature grégaire et ayant besoin de beaucoup se déplacer, vivant actuellement en boxes individuels.”On ne peut pas tout casser et tout refaire en une fois”, poursuit-il en parlant des écuries construites dans les années 1970, mais “des travaux sont envisagés” pour offrir à chaque cheval un paddock attenant à son boxe.Pauline Basquin, cavalière olympique de dressage, remplit trois des missions du Cadre Noir: “formation, participer aux galas et compétition”, précise-t-elle, posée dans le grand manège des écuyers, à côté de Sertorius de Rima avec qui elle a participé aux Jeux Olympiques à Paris.”Porter la tunique, ça veut dire quelque chose”, explique cette écuyère. Elle est synonyme d’une équitation “qui respecte certaines valeurs comme la recherche d’harmonie dans le couple cheval-cavalier, la fluidité, la discrétion dans l’emploi des aides et le respect du cheval”, ce qu’elle s’efforce de transmettre à ses élèves, de futurs professionnels du monde du cheval, comme en compétition.

Changement climatique: une dizaine d’indicateurs dans le rouge, alertent des scientifiques de référence

Gaz à effet de serre, élévation du niveau de la mer, seuil de 1,5°C de réchauffement: une dizaine d’indicateurs climatiques clefs sont dans le rouge, alertent une soixantaine de chercheurs de renom dans une vaste étude mondiale parue jeudi.”Le réchauffement d’origine humaine a augmenté à un rythme sans précédent dans les mesures instrumentales, atteignant 0,27°C par décennie sur 2015-2024″, concluent les scientifiques issus d’institutions prestigieuses.Les émissions de gaz à effet de serre, issus notamment de l’utilisation des énergies fossiles, ont en effet atteint un nouveau record en 2024, à 53 milliards de tonnes de CO2 chaque année en moyenne sur la dernière décennie. Les particules polluantes dans l’air, qui ont un effet refroidissant, ont par ailleurs diminué.Ce constat, publié dans la revue Earth System Science Data, est le fruit du travail de chercheurs provenant de 17 pays, qui s’appuient sur les méthodes du Giec, le groupe d’experts du climat mandatés par l’ONU, auquel la plupart appartiennent ou ont appartenu.L’intérêt de l’étude est de fournir des indicateurs mis à jour annuellement à partir du rapport du Giec, sans attendre le prochain dans plusieurs années.  Pour l’année 2024, le réchauffement observé par rapport à l’ère pré-industrielle a atteint 1,52°C, dont 1,36°C attribuable à la seule activité humaine. L’écart témoigne de la variabilité naturelle du climat, à commencer par le phénomène El Niño.”mauvaise direction”C’est un niveau record mais “attendu” compte tenu du réchauffement d’origine humaine, auquel s’ajoutent ponctuellement ces phénomènes naturels, souligne Christophe Cassou, du CNRS. “Ce n’est pas une année exceptionnelle ou surprenante en tant que telle pour les climatologues”, affirme-t-il.Cela ne signifie pas que la planète a déjà franchi le seuil le plus ambitieux de l’accord de Paris (réchauffement limité à 1,5°C), qui s’entend sur une période de plusieurs décennies.Mais la fenêtre se referme toujours plus. Le budget carbone résiduel – la marge de manœuvre, exprimée en quantité totale de CO2 qui pourrait encore être émise tout en gardant 50% de chance de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C – est en train de fondre.Ce “budget” n’est plus que de l’ordre de 130 milliards de tonnes au début de 2025, un peu plus de trois ans d’émissions au rythme actuel, contre encore quelque 200 milliards il y a un an.”Le dépassement du seuil de 1,5°C est désormais inéluctable”, juge l’un des auteurs, Pierre Friedlingstein, du CNRS.”J’ai tendance à être une personne optimiste”, affirme l’auteur principal de l’étude, Piers Forster, de l’université de Leeds. “Mais si on regarde la publication de cette année, tout va dans la mauvaise direction”.”On ne doit pas tomber dans la fatalité, dans le +c’est foutu+”, a réagi jeudi la ministre française de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher sur France Inter. “Chaque économie de carbone compte” et “on a les solutions technologiques” dont le coût baisse, a-t-elle soutenu, fustigeant les “lobbies fossiles qui, aujourd’hui, nous empêchent d’accélérer cette transformation” vers une économie bas-carbone.”réduire les émissions”Les auteurs ont inclus cette année deux nouveaux indicateurs, dont l’un concerne la montée du niveau de la mer, qui se dilate sous l’effet du réchauffement et reçoit des volumes d’eau douce avec la fonte des glaces. Le rythme a plus que doublé avec une hausse de quelque 26 mm entre 2019 et 2024, alors que la moyenne était de moins de 2 mm par an depuis le début du XXe siècle.Au total, le niveau des océans est monté de 22,8 cm depuis le début du siècle dernier, de quoi renforcer le pouvoir destructeur des tempêtes et menacer l’existence de certains États insulaires.Cette montée, qui obéit à des phénomènes complexes, est soumise à une forte inertie et se poursuivra même si les émissions cessaient immédiatement. Mais l’humanité n’est pas pour autant démunie.”Que peut on faire pour limiter la vitesse et l’ampleur de la montée du niveau de la mer? Réduire les émissions de gaz à effet de serre le plus rapidement possible”, souligne la climatologue Valérie Masson-Delmotte.A moins de six mois de la COP30 au Brésil, les politiques en faveur du climat sont pourtant fragilisées par le retrait des Etats-Unis de Donald Trump de l’accord de Paris.

Changement climatique: une dizaine d’indicateurs dans le rouge, alertent des scientifiques de référence

Gaz à effet de serre, élévation du niveau de la mer, seuil de 1,5°C de réchauffement: une dizaine d’indicateurs climatiques clefs sont dans le rouge, alertent une soixantaine de chercheurs de renom dans une vaste étude mondiale parue jeudi.”Le réchauffement d’origine humaine a augmenté à un rythme sans précédent dans les mesures instrumentales, atteignant 0,27°C par décennie sur 2015-2024″, concluent les scientifiques issus d’institutions prestigieuses.Les émissions de gaz à effet de serre, issus notamment de l’utilisation des énergies fossiles, ont en effet atteint un nouveau record en 2024, à 53 milliards de tonnes de CO2 chaque année en moyenne sur la dernière décennie. Les particules polluantes dans l’air, qui ont un effet refroidissant, ont par ailleurs diminué.Ce constat, publié dans la revue Earth System Science Data, est le fruit du travail de chercheurs provenant de 17 pays, qui s’appuient sur les méthodes du Giec, le groupe d’experts du climat mandatés par l’ONU, auquel la plupart appartiennent ou ont appartenu.L’intérêt de l’étude est de fournir des indicateurs mis à jour annuellement à partir du rapport du Giec, sans attendre le prochain dans plusieurs années.  Pour l’année 2024, le réchauffement observé par rapport à l’ère pré-industrielle a atteint 1,52°C, dont 1,36°C attribuable à la seule activité humaine. L’écart témoigne de la variabilité naturelle du climat, à commencer par le phénomène El Niño.”mauvaise direction”C’est un niveau record mais “attendu” compte tenu du réchauffement d’origine humaine, auquel s’ajoutent ponctuellement ces phénomènes naturels, souligne Christophe Cassou, du CNRS. “Ce n’est pas une année exceptionnelle ou surprenante en tant que telle pour les climatologues”, affirme-t-il.Cela ne signifie pas que la planète a déjà franchi le seuil le plus ambitieux de l’accord de Paris (réchauffement limité à 1,5°C), qui s’entend sur une période de plusieurs décennies.Mais la fenêtre se referme toujours plus. Le budget carbone résiduel – la marge de manœuvre, exprimée en quantité totale de CO2 qui pourrait encore être émise tout en gardant 50% de chance de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C – est en train de fondre.Ce “budget” n’est plus que de l’ordre de 130 milliards de tonnes au début de 2025, un peu plus de trois ans d’émissions au rythme actuel, contre encore quelque 200 milliards il y a un an.”Le dépassement du seuil de 1,5°C est désormais inéluctable”, juge l’un des auteurs, Pierre Friedlingstein, du CNRS.”J’ai tendance à être une personne optimiste”, affirme l’auteur principal de l’étude, Piers Forster, de l’université de Leeds. “Mais si on regarde la publication de cette année, tout va dans la mauvaise direction”.”On ne doit pas tomber dans la fatalité, dans le +c’est foutu+”, a réagi jeudi la ministre française de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher sur France Inter. “Chaque économie de carbone compte” et “on a les solutions technologiques” dont le coût baisse, a-t-elle soutenu, fustigeant les “lobbies fossiles qui, aujourd’hui, nous empêchent d’accélérer cette transformation” vers une économie bas-carbone.”réduire les émissions”Les auteurs ont inclus cette année deux nouveaux indicateurs, dont l’un concerne la montée du niveau de la mer, qui se dilate sous l’effet du réchauffement et reçoit des volumes d’eau douce avec la fonte des glaces. Le rythme a plus que doublé avec une hausse de quelque 26 mm entre 2019 et 2024, alors que la moyenne était de moins de 2 mm par an depuis le début du XXe siècle.Au total, le niveau des océans est monté de 22,8 cm depuis le début du siècle dernier, de quoi renforcer le pouvoir destructeur des tempêtes et menacer l’existence de certains États insulaires.Cette montée, qui obéit à des phénomènes complexes, est soumise à une forte inertie et se poursuivra même si les émissions cessaient immédiatement. Mais l’humanité n’est pas pour autant démunie.”Que peut on faire pour limiter la vitesse et l’ampleur de la montée du niveau de la mer? Réduire les émissions de gaz à effet de serre le plus rapidement possible”, souligne la climatologue Valérie Masson-Delmotte.A moins de six mois de la COP30 au Brésil, les politiques en faveur du climat sont pourtant fragilisées par le retrait des Etats-Unis de Donald Trump de l’accord de Paris.