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Bélarus : l’opposant Sergueï Tikhanovski libéré de prison

Sergueï Tikhanovski, mari de la figure de l’opposition bélarusse en exil Svetlana Tikhanovskaïa, a été libéré samedi de prison avec 13 autres personnes, victimes de la répression ayant suivi la présidentielle de 2020 au Bélarus, dirigé depuis plus de 30 ans par Alexandre Loukachenko.Il y a cinq ans, M. Tikhanovski avait été au coeur du grand mouvement de contestation contre la réélection de M. Loukachenko, des protestations que ce dernier avait écrasé dans la violence. Il s’agit donc de la libération d’un opposant de premier plan.”Sergueï Tikhanovski a été gracié. 13 autres personnes ont également été libérées”, a indiqué l’ONG bélarusse de défense des droits humains Viasna, elle-même persécutée par le pouvoir, dans un message sur Telegram.L’opposante Svetlana Tikhanovskaïa a, elle, publié une vidéo la montrant serrer longuement dans ses bras un homme au crâne rasé qui l’embrasse dans le cou.Elle a ensuite diffusé un message, sur X, en remerciant notamment le président américain Donald Trump et “nos alliés européens” pour “tous leurs efforts”.”C’est difficile de décrire la joie dans mon coeur”, a-t-elle écrit. “Nous n’en avons pas terminé. 1.150 prisonniers politiques restent derrière les barreaux. Ils doivent être tous libérés”, a-t-elle ajouté.”Il est près de moi, avec les enfants. Notre famille rêvait de cela depuis cinq ans et nous travaillions tous pour cela, dès le moment de son arrestation”, a-t-elle ajouté sur Telegram.La libération de l’opposant a été qualifiée de “nouvelle fantastique” et de “symbole d’espoir” pour tous les prisonniers politiques au Bélarus, par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a réitéré son appel à “leur libération immédiate”, sur X.- Couple d’opposant -L’opposant Tikhanovski, 46 ans, avait été arrêté en mai 2020 peu avant l’élection présidentielle d’août marquée par des manifestations d’opposition historiques, suivies d’une grande vague de répression ordonnée par le président Alexandre Loukachenko.Blogueur, il animait une populaire chaîne YouTube et voulait défier M. Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, lors de cette présidentielle.Après son incarcération, son épouse Svetlana Tikhanovskaïa, qui n’avait alors pas d’expérience politique, avait repris son flambeau et avait mobilisé les foules lors de sa campagne électorale.Mais M. Loukachenko avait remporté le scrutin, avec officiellement 80% des voix. Des dizaines de milliers de personnes ont ensuite manifesté, pendant des semaines, contre sa réélection, dénonçant des fraudes massives.Les autorités ont maté le mouvement avec des milliers d’arrestations, des tortures en détention et des centaines de lourdes peines de prison.Pour sa part, Mme Tikhanovskaïa avait été contrainte à l’exil, sous pression des autorités. Depuis, elle dirige depuis l’étranger l’opposition ayant fui les répressions.Selon l’ONG Viasna, parmi les 14 prisonniers politiques libérés samedi figurent notamment un journaliste du média Radio Free Europe, une professeure d’université, une citoyenne suédo-bélarusse, un homme d’affaires et un militant anarchiste. – Rôle “crucial” de Washington -En 2021, M. Tikhanovksi avait, lui, été condamné en à 18 ans de prison pour “organisation d’émeutes” et “incitation à la haine”, puis à 18 mois supplémentaires pour “insubordination”. Il était détenu dans des conditions très strictes, avec très peu de contacts avec le monde extérieur.En mars 2024, son épouse avait dit n’avoir aucune de ses nouvelles depuis plus d’un an.L’ONG Viasna a publié des images après sa libération le montrant le visage très émacié comparé à la période précédant son emprisonnement.Sur X, le ministre des Affaires étrangères de la Lituanie, frontalière du Bélarus et vivent de nombreux opposants bélarusses en exil, dont Mme Tikhanovskaïa, a indiqué que les 14 personnes libérées se trouvaient sur le territoire lituanien.”Le rôle des Etats-Unis dans cette libération a été crucial”, a ajouté le ministre lituanien, Kęstutis Budrys.Son homologue polonais, Radoslaw Sikorski, où vivent également des dizaines de milliers de Bélarusses ayant fui les répressions, a lui remercié l’envoyé américain Keith Kellogg.Depuis son retour au pouvoir, l’administration du président américain Donald Trump s’est rapprochée de la Russie, le principal allié du Bélarus, dont le territoire avait servi de base aux troupes russes pour attaquer l’Ukraine en 2022 et qui est sous le coup de nombreuses sanctions occidentales.Ce réchauffement des relations américano-russes s’est notamment illustré ces derniers mois par la libération ou l’échange de citoyens américains détenus en Russie.

Israël affirme avoir tué trois commandants iraniens au 9e jour de guerre

Israël a affirmé avoir tué trois commandants des Gardiens de la Révolution et visé un site nucléaire à Ispahan lors de frappes samedi en Iran, au neuvième jour de la guerre entre les deux ennemis.Le président américain Donald Trump a lui averti vendredi l’Iran qu’il disposait d’un délai “maximum” de deux semaines pour éviter d’éventuelles frappes américaines.Israël a prévenu que sa “campagne” militaire contre l’Iran serait “longue”. Selon son chef de la diplomatie, Gideon Saar, elle a “retardé d’au moins deux ou trois ans la possibilité” pour Téhéran “d’avoir la bombe atomique”.Affirmant que son ennemi juré était sur le point de se doter de l’arme atomique, Israël a lancé contre lui le 13 juin une attaque sans précédent, frappant des centaines de sites militaires et nucléaires, et tuant les plus hauts gradés du pays et des scientifiques du nucléaire.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé qu’un atelier de production de centrifugeuses, machines utilisées pour enrichir l’uranium, avait été “touché” sur le site nucléaire d’Ispahan (centre), sans “aucune conséquence en termes de radiation”. L’Iran, qui riposte avec des tirs de missiles et drones vers Israël, dément vouloir se doter de l’arme atomique, mais défend son droit à un programme nucléaire civil.Samedi, l’armée israélienne a annoncé avoir tué trois commandants des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, dont Saïd Izadi, en charge selon elle de la coordination avec le Hamas, contre lequel Israël est aussi en guerre à Gaza. Les autres sont Aminpour Joudaki, présenté comme ayant dirigé “des centaines” d’attaques de drones sur Israël, et Behnam Chahriyari, “responsable de tous les transferts d’armes du régime iranien à ses mandataires au Moyen-Orient”.L’armée a dit avoir également visé des sites “de stockage et lancement de missiles” dans le centre de l’Iran, puis des infrastructures militaires dans le sud-ouest. Dans cette région pétrolifère, plusieurs “puissantes explosions” ont été entendues à Ahvaz, selon le quotidien iranien Shargh.- “J’ai eu peur” -Depuis le 13 juin, les frappes israéliennes ont fait plus de 400 morts et 3.056 blessés, en majorité des civils, selon le dernier bilan samedi du ministère de la Santé. L’ONG américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) a elle fait état d’au moins 657 morts. Dans le même temps, les tirs iraniens sur Israël ont fait 25 morts. A Qom (centre), un adolescent est mort dans un immeuble touché par une frappe israélienne, selon l’agence iranienne Irna. Quatre combattants des Gardiens ont péri dans une attaque contre leur camp à Tabriz (nord-ouest), d’après l’agence Isna.A l’hôpital Rasoul Akram de Téhéran, des patients blessés dans les frappes israéliennes reçoivent des soins, selon des images de l’AFP. “Je livrais à moto de la nourriture quand soudain il y a eu une explosion. J’ai vu du sang couler de ma tête. J’ai eu peur et j’ai commencé à crier. Un bénévole m’a emmené ici”, raconte sur son lit d’hôpital Shahram, un coursier de 33 ans.Sur certaines entrées de Téhéran, la circulation était dense samedi matin, semblant signaler un retour des habitants, selon la police routière citée par la télévision d’Etat.L’accès à internet reste instable et limité à Téhéran avec des connexions lentes et de nombreux sites toujours inaccessibles, selon des journalistes de l’AFP sur place.- Drones et missiles sur Israël -En Israël, un incendie s’est déclaré sur le toit d’un immeuble dans le centre du pays, après la chute de débris d’un missile intercepté, d’après les médias. A Beit Shean (nord), une habitation a été endommagée par un drone, sans victime signalée. Les Gardiens iraniens ont affirmé avoir lancé deux salves nocturnes de drones et missiles contre des sites militaires dans le centre d’Israël.”J’ai peur, je ressens une sorte de vide”, témoigne à Tel-Aviv, Avram, 58 ans. Malgré les nuits passées dans un abri avec ses enfants, un autre habitant, Omer, soutient l’offensive, “car la prochaine étape pour l’Iran aura été la fabrication d’une bombe nucléaire”. – Macron veut “accélérer” les discussions -Après une rencontre vendredi à Genève avec ses homologues allemand, français et britannique, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a clarifié que Téhéran ne reprendrait pas de  négociations nucléaires avec Washington tant qu’Israël ne cesserait pas ses attaques.M. Trump a estimé “très dur actuellement de faire cette demande” à Israël alors qu’il “est en train de gagner”.Le président américain a annoncé jeudi qu’il déciderait d’une éventuelle intervention américaine “au cours des deux prochaines semaines”, puis dit qu’il pourrait se décider avant. Les rebelles Houthis du Yémen, qui ont conclu début mai un accord de cessez-le-feu avec Washington, ont menacé samedi d’attaquer les navires américains en mer Rouge, en cas d’intervention des Etats-Unis.  Samedi, le président français, Emmanuel Macron, a affirmé que les Européens allaient “accélérer les négociations” avec l’Iran pour “sortir de la guerre”, après un appel avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian. “L’Iran ne doit jamais avoir l’arme nucléaire” et doit “donner toute garantie que ses intentions sont pacifiques”, a-t-il ajouté.La veille, M. Trump avait dit que “l’Iran ne veut pas parler à l’Europe”, qui “ne pourra pas aider”. Face aux soupçons occidentaux envers Téhéran, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, affirme que l’AIEA n’a décelé jusque-là aucun indice laissant penser que l’Iran fabrique à l’heure actuelle une arme atomique.Israël, qui maintient l’ambiguïté sur sa possession de l’arme atomique, détient 90 ogives nucléaires, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). 

Israël affirme avoir tué trois commandants iraniens au 9e jour de guerre

Israël a affirmé avoir tué trois commandants des Gardiens de la Révolution et visé un site nucléaire à Ispahan lors de frappes samedi en Iran, au neuvième jour de la guerre entre les deux ennemis.Le président américain Donald Trump a lui averti vendredi l’Iran qu’il disposait d’un délai “maximum” de deux semaines pour éviter d’éventuelles frappes américaines.Israël a prévenu que sa “campagne” militaire contre l’Iran serait “longue”. Selon son chef de la diplomatie, Gideon Saar, elle a “retardé d’au moins deux ou trois ans la possibilité” pour Téhéran “d’avoir la bombe atomique”.Affirmant que son ennemi juré était sur le point de se doter de l’arme atomique, Israël a lancé contre lui le 13 juin une attaque sans précédent, frappant des centaines de sites militaires et nucléaires, et tuant les plus hauts gradés du pays et des scientifiques du nucléaire.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé qu’un atelier de production de centrifugeuses, machines utilisées pour enrichir l’uranium, avait été “touché” sur le site nucléaire d’Ispahan (centre), sans “aucune conséquence en termes de radiation”. L’Iran, qui riposte avec des tirs de missiles et drones vers Israël, dément vouloir se doter de l’arme atomique, mais défend son droit à un programme nucléaire civil.Samedi, l’armée israélienne a annoncé avoir tué trois commandants des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, dont Saïd Izadi, en charge selon elle de la coordination avec le Hamas, contre lequel Israël est aussi en guerre à Gaza. Les autres sont Aminpour Joudaki, présenté comme ayant dirigé “des centaines” d’attaques de drones sur Israël, et Behnam Chahriyari, “responsable de tous les transferts d’armes du régime iranien à ses mandataires au Moyen-Orient”.L’armée a dit avoir également visé des sites “de stockage et lancement de missiles” dans le centre de l’Iran, puis des infrastructures militaires dans le sud-ouest. Dans cette région pétrolifère, plusieurs “puissantes explosions” ont été entendues à Ahvaz, selon le quotidien iranien Shargh.- “J’ai eu peur” -Depuis le 13 juin, les frappes israéliennes ont fait plus de 400 morts et 3.056 blessés, en majorité des civils, selon le dernier bilan samedi du ministère de la Santé. L’ONG américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) a elle fait état d’au moins 657 morts. Dans le même temps, les tirs iraniens sur Israël ont fait 25 morts. A Qom (centre), un adolescent est mort dans un immeuble touché par une frappe israélienne, selon l’agence iranienne Irna. Quatre combattants des Gardiens ont péri dans une attaque contre leur camp à Tabriz (nord-ouest), d’après l’agence Isna.A l’hôpital Rasoul Akram de Téhéran, des patients blessés dans les frappes israéliennes reçoivent des soins, selon des images de l’AFP. “Je livrais à moto de la nourriture quand soudain il y a eu une explosion. J’ai vu du sang couler de ma tête. J’ai eu peur et j’ai commencé à crier. Un bénévole m’a emmené ici”, raconte sur son lit d’hôpital Shahram, un coursier de 33 ans.Sur certaines entrées de Téhéran, la circulation était dense samedi matin, semblant signaler un retour des habitants, selon la police routière citée par la télévision d’Etat.L’accès à internet reste instable et limité à Téhéran avec des connexions lentes et de nombreux sites toujours inaccessibles, selon des journalistes de l’AFP sur place.- Drones et missiles sur Israël -En Israël, un incendie s’est déclaré sur le toit d’un immeuble dans le centre du pays, après la chute de débris d’un missile intercepté, d’après les médias. A Beit Shean (nord), une habitation a été endommagée par un drone, sans victime signalée. Les Gardiens iraniens ont affirmé avoir lancé deux salves nocturnes de drones et missiles contre des sites militaires dans le centre d’Israël.”J’ai peur, je ressens une sorte de vide”, témoigne à Tel-Aviv, Avram, 58 ans. Malgré les nuits passées dans un abri avec ses enfants, un autre habitant, Omer, soutient l’offensive, “car la prochaine étape pour l’Iran aura été la fabrication d’une bombe nucléaire”. – Macron veut “accélérer” les discussions -Après une rencontre vendredi à Genève avec ses homologues allemand, français et britannique, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a clarifié que Téhéran ne reprendrait pas de  négociations nucléaires avec Washington tant qu’Israël ne cesserait pas ses attaques.M. Trump a estimé “très dur actuellement de faire cette demande” à Israël alors qu’il “est en train de gagner”.Le président américain a annoncé jeudi qu’il déciderait d’une éventuelle intervention américaine “au cours des deux prochaines semaines”, puis dit qu’il pourrait se décider avant. Les rebelles Houthis du Yémen, qui ont conclu début mai un accord de cessez-le-feu avec Washington, ont menacé samedi d’attaquer les navires américains en mer Rouge, en cas d’intervention des Etats-Unis.  Samedi, le président français, Emmanuel Macron, a affirmé que les Européens allaient “accélérer les négociations” avec l’Iran pour “sortir de la guerre”, après un appel avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian. “L’Iran ne doit jamais avoir l’arme nucléaire” et doit “donner toute garantie que ses intentions sont pacifiques”, a-t-il ajouté.La veille, M. Trump avait dit que “l’Iran ne veut pas parler à l’Europe”, qui “ne pourra pas aider”. Face aux soupçons occidentaux envers Téhéran, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, affirme que l’AIEA n’a décelé jusque-là aucun indice laissant penser que l’Iran fabrique à l’heure actuelle une arme atomique.Israël, qui maintient l’ambiguïté sur sa possession de l’arme atomique, détient 90 ogives nucléaires, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). 

Attentat de Magnanville: la perpétuité confirmée en appel pour Mohamed Lamine Aberouz

La cour d’assises spéciale de Paris a confirmé samedi en appel la condamnation de Mohamed Lamine Aberouz à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 22 ans, pour complicité dans l’assassinat d’un couple de policiers à leur domicile de Magnanville (Yvelines) le 13 juin 2016.La cour a reconnu le Franco-Marocain de 31 ans coupable de tous les chefs d’accusation qui le visaient, soit complicité d’assassinat d’une personne dépositaire de l’autorité publique, complicité de séquestration d’un mineur de moins de 15 ans et association de malfaiteurs terroriste.Debout dans son box, Mohamed Lamine Aberouz a accusé le coup à la lecture du verdict, retombant sur son banc, accablé.Ses avocats, Mes Vincent Brengarth et Nino Arnaud, ont annoncé à l’AFP le pourvoi de leur client en cassation.”Il n’y avait en réalité aucune marge de manœuvre. C’est en matière antiterroriste le doute qui profite à l’accusation et non à l’accusé. La juridiction a pris la décision d’ajouter un deuxième homme dans un agissement solitaire”, ont réagi les avocats de la défense.La cour présidée par Frédérique Aline a répondu “oui” à la majorité aux 17 questions établissant la culpabilité de Mohamed Lamine Aberouz.”Je vous assure que je n’ai aucune responsabilité dans votre malheur”, avait affirmé dans la matinée Mohamed Lamine Aberouz en regardant depuis son box les membres de la famille de Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvaing, les deux victimes de Larossi Abballa.”Celui qui a mené un jihad, c’est Larossi Abballa. C’était sa volonté funeste. Il ne m’a pas consulté. Je regrette de l’avoir fréquenté et de m’être laissé berner”, avait ajouté l’accusé.Il a réitéré sa “condamnation ferme et absolue” de l’attentat.Le soir du 13 juin 2016, Jessica Schneider, 36 ans, fonctionnaire de police au commissariat de Mantes-la-Jolie, a été égorgée à son domicile sous les yeux de son fils de trois ans. Un peu plus tard, son compagnon, Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant au commissariat des Mureaux, a été poignardé de neuf coups de couteau alors qu’il s’apprêtait à rentrer chez lui. Un même assassin: Larossi Abballa, ami de l’accusé.Adepte d’un islam rigoriste, déjà condamné dans un dossier d’attentat jihadiste, Mohamed Lamine Aberouz n’a cessé de proclamer son innocence dans cette affaire, affirmant que Larossi Abballa avait agi seul.Pour l’avocate générale, l’accusé “était sur les lieux du crime” le soir du 13 juin 2016 sans contestation possible. Mohamed Lamine Aberouz est un “membre à part entière de l’Etat islamique”. “Il a agi en jihadiste”, a-t-elle insisté.Les “dénégations” de l’accusé “ne résistent pas au dossier”, a dit Naïma Rudloff.- Trace ADN -“Le déroulé des faits confirme que cela n’a pu se réaliser qu’en présence d’un deuxième homme. Peut-on imaginer un homme, en plein jour, attaquer deux policiers potentiellement armés?”, a-t-elle fait remarquer.Un homme seul n’aurait pas pu gérer les réactions de l’enfant de 3 ans, par nature “imprévisibles”, a-t-elle poursuivi.Il fallait également un complice à l’intérieur du domicile pour signaler à Larossi Abballa l’arrivée de Jean-Baptiste Salvaing, a souligné la magistrate.Me Vincent Brengarth avait plaidé quant à lui l’acquittement de son client au bénéfice du doute en mettant en avant le manque “d’éléments concrets” pour appuyer les “hypothèses” de l’accusation. “J’ai une conviction: l’innocence de Mohamed Lamine Aberouz”, a-t-il dit.Le principal élément à charge contre Mohamed Lamine Aberouz, “ennemi” de la France selon l’avocat de parties civiles, Me Thibault de Montbrial, demeure une trace ADN retrouvée sur le repose-poignet droit de l’ordinateur personnel du couple de policiers.Si l’accusation soutient qu’il s’agit d’un “ADN de contact primaire”, la défense affirme qu’il s’agit “d’un transfert” d’ADN apporté sur les lieux par l’assassin. Des experts, cités à la barre, ont refusé de trancher entre ces deux hypothèses.”L’ADN n’est pas la reine des preuves mais un élément du puzzle qui va permettre de trancher l’innocence ou la culpabilité d’un individu”, a résumé Olivier Pascal, directeur général de l’Institut français des empreintes génétiques.Les magistrats de première instance avaient abondé dans le sens de l’accusation en affirmant que “l’hypothèse d’un transfert secondaire (devait) être écartée, les éléments du dossier établissant à l’inverse un dépôt direct de l’ADN sans mélange de Mohamed Lamine Aberouz” sur la scène de crime.

La vague de chaleur culmine, la fraîcheur arrive lentement par l’ouest

Les autorités ont renouvelé leurs appels à la prudence face à la vague de chaleur qui culmine samedi sur l’ensemble de la France, avec encore 16 départements placés en vigilance orange “canicule” avant un retour très progressif de la fraîcheur par l’ouest dans la soirée.A 15H30 samedi, les maximales provisoires atteignaient 38°C à Saintes, 37°C à Niort et 35°C à Rennes, selon le dernier bulletin publié par Météo-France.”Ce samedi après-midi constitue le pic de l’épisode sur une grande moitié sud-ouest du pays (Ile-de-France incluse)”, souligne l’organisme de prévisions météorologiques.”Un rafraîchissement s’amorce par l’ouest samedi soir, certains départements bretons et normands sortant de la vigilance orange à 22H, avec un vent tournant brusquement à l’ouest et soufflant jusqu’à 60/70 km/h en rafales à la côte”, ajoute-t-il.Ce rafraîchissement s’étendra à la moitié ouest du pays dimanche matin, mais treize départements au total restent placés en vigilance orange toute la journée de dimanche: une zone allant de la Mayenne aux deux Charentes à laquelle s’ajoutent le Rhône et l’Isère.Sur la moitié est du pays, le pic de chaleur est attendu dimanche, avec 34°C à 37°C.Dans ce contexte, le ministre de la Santé Yannick Neuder a insisté sur “les règles essentielles: ne pas s’exposer à la chaleur, particulièrement entre 11H du matin et 16H (…) se couvrir, mettre des chapeaux, des casquettes, de la crème”.Il a aussi appelé les Français à s’hydrater et à modérer leur consommation d’alcool, notamment dans le cadre de la Fête de la musique. Un conseil de modération suivi par Christophe Pittet, qui participe au festival “Bordeaux fête le vin” organisé sur les quais de la Garonne. “On s’adapte à la chaleur, et puis on essaie de boire de l’eau de temps en temps. Parce que si on mélange le rouge avec la chaleur, je pense qu’on risque de tomber par terre”, a-t-il déclaré à l’AFP.Par précaution, divers événements sportifs ou culturels ont été annulés en raison de cette vague de chaleur, comme des spectacles qui devaient réunir des enfants à Nantes samedi après-midi ou un concert prévu pour la Fête de la musique dans la cour du palais de justice de Tours, où Météo-France a relevé 36°C.La ministre chargée du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a de son côté souligné sur X l’importance d’adapter les conditions de travail à ces fortes chaleurs, rappelant aux employeurs leur obligation légale de garantir la sécurité des salariés.Selon Yannick Neuder, près de 3.700 décès liés à la canicule ont été recensés l’an dernier. – Piscines et îlots de fraîcheur -Plusieurs villes ont décidé de laisser ouverts des parcs et jardins toute la nuit jusqu’à la fin de cet épisode précoce de chaleur pour permettre aux habitants de se rafraîchir, à l’instar de Tours ou de Rennes.Cette initiative a réjoui Michel Merejkowsky, 73 ans, libraire à la retraite, au jardin des Prébendes, au cœur de Tours. “Il faut penser aux gens qui sont logés sans confort, sans climatisation”, dit le septuagénaire.A Toulouse, la mairie a étendu les horaires d’ouverture de la piscine Nakache, un grand bassin ludique situé non loin du centre historique.A Montpellier, sur une place du centre-ville, des dizaines d’enfants profitaient samedi d’un alignement de fontaines, îlot de fraîcheur inauguré en juin 2024 par la municipalité avec 70 jets accessibles sur 200 mètres de long. “J’y amène mes deux enfants de 8 et 5 ans. Nous vivons en appartement, sans climatisation, les enfants sont très vite énervés”, explique Céline Cazalet, 38 ans.Selon le maire Michaël Delafosse, ces aménagements permettent de réduire la température de 2 à 7°C.- Risques d’incendie -La chaleur renforce les risques de feux de forêt et un certain nombre de préfectures ont pris des décrets pour limiter la circulation dans les zones boisées, comme dans la Sarthe ou en Loire-Atlantique.Dans la Vienne, la préfecture a interdit l’usage des feux d’artifice en ce week-end festif “pour prévenir tout risque d’incendie” avec une végétation très sèche.Plusieurs départements avaient aussi émis des alertes concernant la pollution à l’ozone samedi, notamment en Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Occitanie.EDF anticipe pour sa part de possibles baisses de production sur le site de la centrale nucléaire de Bugey (Ain) la semaine prochaine, en raison des températures élevées du Rhône, dont les eaux servent à refroidir l’installation.C’est la 50e vague de chaleur recensée par Météo-France depuis 1947 et l’une des plus précoces.”Vingt-cinq” épisodes de chaleur “ont été observés entre 1947 et 2010” puis “25 déjà entre 2011 et 2025”, ce qui “montre bien l’accélération” de la fréquence sur fond de réchauffement climatique, a souligné Lauriane Batté, climatologue de Météo-France.burs-ban/er