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Mamdani, figure de l’opposition à Trump, est devenu maire de New York

Le démocrate Zohran Mamdani, élu en novembre dernier sur un programme de gauche et une opposition frontale à Donald Trump, est devenu officiellement jeudi maire de New York, où de nombreux défis l’attendent.Lors d’une brève cérémonie organisée dans une station de métro historique de Manhattan, l’élu de 34 ans a prêté serment devant Letitia James, procureure démocrate de l’Etat de New York et ennemie personnelle du président américain, qu’elle a fait condamner pour fraudes en 2024.Premier maire musulman de la ville, il a juré sur un exemplaire du Coran tenu par sa femme, l’artiste Rama Duwaji, un édition ayant appartenu à une figure intellectuelle de Harlem, Arturo Schomburg, écrivain et historien pionnier de l’histoire des Noirs américains, mort en 1938.”C’est véritablement l’honneur et le privilège d’une vie”, a-t-il déclaré.Très soucieux de symboles, Zohran Madmani a justifié le choix d’une station prestigieuse et désaffectée – “Old City”, aux voûtes élégantes et verrières colorées datant de 1904 – par le fait qu’elle incarnait à ses yeux “une ville qui osait être à la fois belle” et “capable de transformer la vie des classes laborieuses”.Il a été intronisé peu après minuit, au moment où des miliers de personnes célébraient le passage à la nouvelle année sur Times Square.Cette cérémonie d’investiture en petit comité sera suivie d’une autre jeudi à la mi-journée à l’hôtel de ville, présidée par deux champions de la gauche américaine, le sénateur Bernie Sanders et la représentante Alexandria Ocasio-Cortez.Des dizaines de milliers de personnes sont attendues à cette occasion pour une grande “fête de quartier”, avec retransmissions sur écrans géants, musiques et performances le long de Broadway. Elu sur un programme d’opposition franche au président américain, notamment sur l’économie et l’immigration, Zohran Mamdani s’est depuis lors rendu à la Maison Blanche pour un échange étonnamment chaleureux entre les deux hommes, qui ont fait assaut d’amabilités.- Lutte contre la vie chère -Pas sûr que Donald Trump ait toutefois définitivement remisé ses menaces, faites pendant la campagne, d’envoyer la Garde nationale à New York ou de couper les subventions fédérales à la ville.”Si demain Stephen Miller (proche conseiller de Donald Trump) ou JD Vance (…) suggèrent au président d’envoyer plus de policiers de l’immigration à New York, il le fera”, estime auprès de l’AFP Lincoln Mitchell, professeur de sciences politiques à l’université Columbia. En outre, les électeurs du nouveau maire “attendent réellement” que ce dernier s’oppose fermement à la Maison Blanche.Jeune élu local de l’arrondissement du Queens sans longue expérience politique, Zohran Mamdani aura fort à faire pour mettre en oeuvre ses promesses de campagne, qui ont suscité une grande attente dans la population.A quelques mois d’élections importantes au Congrès (“midterms”), ses réussites et échecs seront également scrutés à la loupe par le camp démocrate, qui cherche encore souvent l’inspiration pour s’opposer à Donald Trump.Membre de la petite formation des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), le natif d’Ouganda naturalisé américain en 2018 a bâti l’essentiel de son programme sur le coût de la vie, devenu prohibitif pour une partie des 8,5 millions d’habitants de New York, notamment le logement.Son prédécesseur Eric Adams, dont le bilan a été entaché par des accusations de corruption, s’est employé à en compliquer une mesure phare, le gel des loyers de plus d’un million d’appartements, en nommant ou renommant plusieurs proches au comité chargé d’en décider.Les modalités des autres promesses de Zohran Mamdani – construction de 200.000 logements abordables, garde d’enfants accessible à tous, supermarchés publics à bas prix, gratuité des bus – ne sont pas encore connues. Mais il devra sans tarder faire des annonces pour les lancer. Soutien de longue date de la cause palestinienne, extrêmement critique sur la politique d’Israël, l’élu se sait enfin étroitement surveillé sur la question de la défense de la communauté juive, sur fond de montée de l’antisémitisme à New York comme ailleurs aux Etats-Unis. Depuis son élection, une de ses recrues a démissionné après la révélation de tweets antisémites qu’elle avait postés dans sa jeunesse.

Royaume-Uni: le nombre d’arrivées de migrants par la Manche en 2025, deuxième plus haut jamais enregistré

Le nombre de migrants arrivés en 2025 sur les côtes britanniques à bord de petites embarcations est le deuxième plus élevé enregistré depuis le début des relevés en 2018, indiquent des statistiques du gouvernement britannique publiées jeudi.L’an passé, 41.472 migrants ont entrepris la traversée périlleuse de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les données du ministère britannique de l’intérieur.Ces traversées occasionnent de nombreux naufrages. Au moins 29 migrants ont péri en mer pendant l’année écoulée, selon un comptage effectué par l’AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.La hausse du nombre des arrivées est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement du Premier ministre, Keir Starmer, qui a pris ses fonctions en juillet 2024 et est confronté à la montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.Ce dernier caracole en tête des sondages d’opinion depuis plusieurs mois et compte capitaliser sur l’impopularité de l’exécutif pour engranger de nouveaux succès aux élections locales de mai prochain.”Si nous réussissons (lors de ce scrutin), nous continuerons sur notre lancée et remporterons les élections” législatives, prévues au plus tard pour 2029, a lancé mercredi l’ancien champion du Brexit à l’occasion de son message de nouvel an.Le précédent gouvernement, celui conservateur de Rishi Sunak, avait promis, sans succès, d'”arrêter les bateaux”. Keir Starmer s’est quant à lui engagé à “démanteler les gangs” de passeurs, sans plus de résultats jusqu’à présent.- Accord avec la France -L’exécutif travailliste a annoncé une série de mesures restrictives en matière d’immigration et de droit d’asile, alors que les demandes d’asile ont atteint un niveau record : plus de 110.000 sur la période octobre 2024-septembre 2025.Il a conclu l’été dernier avec la France un accord consistant à renvoyer vers ce pays les migrants arrivés à bord de petites embarcations, en échange de l’accueil par le Royaume-Uni, dans le cadre d’une voie d’admission légale, de migrants se trouvant sur le territoire français.Ce mécanisme, contesté par les organisations de défense des droits humains, n’a pour l’instant pas dissuadé les candidats aux traversées.Il a jusqu’ici débouché sur le retour forcé vers la France de 153 personnes et l’admission par le Royaume-Uni de 134 autres, selon les données communiquées mercredi par le Home Office.”Nous réformons notre système d’immigration pour faciliter le renvoi de migrants illégaux qui n’ont pas le droit d’être ici”, a écrit le secrétaire d’Etat chargé de la sécurité des frontières, Alex Norris, dans un communiqué transmis à l’AFP. “Notre message est clair: si vous essayez de revenir au Royaume-Uni, vous serez renvoyé”, a-t-il ajouté.Les arrivées par petits bateaux, qui ont commencé à être comptabilisées en 2018 (il y en avait alors moins de 300), ont connu un pic en 2022, avant de décroître en 2023 puis de repartir à la hausse en 2024 (36.816).Les personnes qui font ces traversées sont pour près des trois quarts des hommes de plus de 18 ans. Leurs principaux pays d’origine sont l’Erythrée, l’Afghanistan, l’Iran, le Soudan et la Somalie, selon des données du ministère britannique portant sur la période octobre 2024-septembre 2025.Depuis 2018, 95% de ces personnes demandent l’asile, qui leur est accordé dans les deux tiers des décisions.Le gouvernement est sous pression, après un été marqué par des manifestations devant des hôtels hébergeant des demandeurs d’asile. Et en septembre, le militant d’extrême droite Tommy Robinson a organisé à Londres une manifestation d’une ampleur inédite, rassemblant jusqu’à 150.000 personnes.

Dans ses voeux du Nouvel An, Zelensky évoque les derniers 10% d’un accord “jusqu’à la paix”

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé mercredi soir dans ses voeux pour 2026 qu’un accord avec la Russie était “prêt à 90%”, prévenant néanmoins que les 10% restants allaient déterminer le “destin de la paix”, son homologue russe Vladimir Poutine exhortant pour sa part ses compatriotes à croire en la “victoire”.”L’accord de paix est …

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Le monde passe en 2026, après une année marquée par la trêve à Gaza et de fragiles espoirs de paix en Ukraine

Des feux d’artifice et des verres levés ont célébré dans le monde l’entrée en 2026 jeudi, disant adieu à l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées, marquée par les droits de douane du président Donald Trump, une trêve à Gaza et de fragiles espoirs de paix en Ukraine.Le président russe Vladimir Poutine a profité …

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Israël confirme appliquer les interdictions d’accès à Gaza de 37 ONG

Israël a confirmé jeudi l’interdiction d’accès dans la bande de Gaza de 37 organisations internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de “sécurité”.Cette réglementation est interprétée par certaines ONG comme la marque d’une volonté des autorités israéliennes d’intensifier le contrôle politique des acteurs humanitaires palestiniens. Elle fait craindre de nouveaux ralentissements dans l’entrée de l’aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, de soins et de sécurité alimentaire.”Les organisations qui n’ont pas respecté les normes requises en matière de sécurité et de transparence verront leur licence suspendue”, a déclaré dans un communiqué le ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme.”La principale défaillance identifiée est le refus de fournir des informations complètes et vérifiables concernant leurs employés, exigence essentielle destinée à empêcher l’infiltration d’opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires”, a-t-il précisé.”Le message est clair : l’assistance humanitaire est la bienvenue — l’exploitation des cadres humanitaires à des fins de terrorisme ne l’est pas”, a martelé le ministre, Amichai Chikli, cité dans le texte.Israël a été vivement critiqué par la communauté internationale ces derniers jours, au fur et à mesure que se rapprochait le délai de mercredi minuit, heure locale, qui était imposé aux ONG pour se soumettre à leurs nouvelles obligations. Faute de quoi elles auront jusqu’au 1er mars pour cesser toute activité à Gaza.Parmi ces organisations figurent de grands acteurs du secteur, tels que Médecins sans frontières (MSF), le Norwegian Refugee Council (NRC), Care, World Vision ou encore Oxfam.- “Marginaliser les acteurs humanitaires” -Mercredi, MSF a expliqué ne pas avoir transmis la liste de ses employés faute d’avoir obtenu d’Israël “des garanties et des clarifications” concernant cette demande “préoccupante”. Shaina Low, porte-parole du NRC, a de son côté dénoncé auprès de l’AFP les “actions prises depuis deux ans pour entraver et marginaliser les acteurs humanitaires”.A Gaza, les employés locaux sont “épuisés” et leurs collègues étrangers “leur apportent un degré additionnel d’aide et de sécurité. Leur présence est une protection”, a-t-elle expliqué, confirmant le refus de l’ONG norvégienne de fournir les identités aux autorités. “On a proposé des alternatives, elles ont refusé”.Mercredi, l’Union européenne a exigé que “les obstacles” à l’aide humanitaire soient levés.Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a de son côté estimé que “de telles suspensions arbitraires (aggravaient) encore une situation déjà intolérable pour la population de Gaza”, où un fragile cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre entre Israël et le Hamas.La question de l’aide et de son utilisation est extrêmement sensible depuis le début de la guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas sur le territoire israélien, le 7 octobre 2023. En 2024, Israël avait déjà interdit à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) d’opérer sur son sol, accusant certains de ses employés d’avoir participé à l’opération.- “Instrumentalisation de la bureaucratie” -Le patron de l’Unrwa, Philippe Lazzarini, a qualifié la réglementation israélienne de “dangereux précédent”, dénonçant un “mépris du droit international humanitaire” et une “multiplication des obstacles aux opérations d’aide”. Jeudi, un groupement de 17 organisations israéliennes marquées à gauche a lui aussi condamné ces restrictions.”Subordonner l’aide à un alignement politique, pénaliser le soutien à la responsabilité juridique et exiger la divulgation de données personnelles sensibles (…) constituent une violation du devoir de protection et exposent les travailleurs à la surveillance et aux atteintes” à leurs droits, écrivent les signataires dans un communiqué commun.La radiation des ONG “sape l’action humanitaire (…), met en danger le personnel et les communautés et compromet l’efficacité de la distribution de l’aide”, ajoutent-ils, regrettant une “instrumentalisation de la bureaucratie”. Selon le Cogat, l’organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, 4.200 camions d’aide entrent en moyenne à Gaza chaque semaine, soit environ 600 par jour, conformément à l’accord de cessez-le-feu.Mais seuls 100 à 300 transportent de l’aide humanitaire, selon des ONG et les Nations unies. 

Manifestations en Iran: un membre des forces de l’ordre tué

Un membre des forces de l’ordre a été tué dans l’ouest de l’Iran tôt jeudi, premier mort officiellement recensé au cinquième jour de rassemblements sporadiques contre la vie chère dans plusieurs villes du pays.”Un membre du Bassidj de la ville de Kouhdasht, âgé de 21 ans, a été tué cette nuit par des émeutiers alors qu’il défendait l’ordre public”, a annoncé la télévision d’Etat, citant le vice-gouverneur de la province du Lorestan (ouest), Saïd Pourali.Il s’agit du premier mort officiellement recensé depuis le début dimanche de ces rassemblements à Téhéran, qui se sont depuis étendus à d’autres villes et aux universités.Les médias d’Etat avaient lors de précédents mouvements qualifié d’émeutiers des manifestants.Les forces du Bassidj sont des milices de volontaires islamistes, affiliées aux Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.”Lors des manifestations à Kouhdasht, 13 policiers et membres du Bassidj ont été blessés par des jets de pierres”, a ajouté M. Pourali.Cette ville de près de 90.000 habitants est située à 550 kilomètres de la capitale Téhéran, où un mouvement initié par des commerçants contre la vie chère et le marasme économique a débuté dimanche.Le président Massoud Pezeshkian a sonné jeudi la mobilisation de son gouvernement: “d’un point de vue islamique (…), si nous ne résolvons pas le problème des moyens de subsistance des gens, nous finirons en enfer”, a-t-il déclaré dans un discours retransmis à la télévision, en précisant que ce terme renvoyait à un châtiment religieux. – Week-end prolongé -La grogne s’est étendue mardi à au moins dix universités du pays et à d’autres villes, où des incidents ont été rapportés par les autorités.Mercredi, un bâtiment gouvernemental a été attaqué dans le sud de l’Iran à Fassa, alors que la quasi-totalité du pays avait été mis en congé, sur décision des autorités, qui ont invoqué le froid et des économies d’énergie.Elles n’ont fait officiellement aucun lien avec les manifestations. L’Iran est au début d’un week-end prolongé qui s’achèvera dimanche.Le procureur général de la République islamique, Mohammad Movahedi-Azad, a dit comprendre mercredi la tenue de “manifestations pacifiques” de personnes dénonçant le coût de la vie. Mais “toute tentative” visant à les transformer “en un outil d’insécurité, de destruction des biens publics ou de mise en oeuvre de scénarios conçus à l’étranger sera inévitablement suivie d’une réponse (…) ferme”, a mis en garde ce responsable, cité par la télévision d’Etat.Mercredi soir, l’agence de presse Tasnim a fait état de l’arrestation de sept personnes décrites comme affiliées aux “groupes hostiles à la République islamique basés aux Etats-Unis et l’Europe”.Tasnim a accusé ces personnes d’avoir pour “mission de transformer en violence les manifestations” dans le pays. L’agence n’a pas précisé quand ni où ces arrestations se sont produites.La monnaie nationale, le rial, a perdu depuis un an plus d’un tiers de sa valeur face au dollar, tandis qu’une hyperinflation à deux chiffres fragilise déjà depuis des années le pouvoir d’achat des Iraniens.Le taux d’inflation était en décembre de 52% sur un an, selon le Centre de statistiques d’Iran, un organisme officiel.Le mouvement de grogne contre la vie chère est à ce stade sans commune mesure avec le mouvement qui avait secoué l’Iran fin 2022, après la mort de Mahsa Amini, une jeune Iranienne.