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Les Grecs manifestent leur colère trois ans après une collision ferroviaire meurtrière

La Grèce marque samedi le troisième anniversaire de la collision ferroviaire meurtrière de Tempé, étincelle d’une colère qui ne s’est jamais apaisée depuis, face aux failles de l’enquête judiciaire.Plus de 70 manifestations sont prévues à travers le pays qui sera en partie à l’arrêt. Aucun train ni ferry ne circulera.A Athènes, où un rassemblement est prévu en milieu de journée devant le Parlement, les commerçants du centre devraient baisser le rideau en hommage aux 57 morts de cet accident mais aussi en raison des risques d’échauffourées avec la police.L’an dernier, plus de 300.000 personnes avaient défilé, l’un des plus gros rassemblements en Grèce depuis les grandes manifestations anti-austérité durant la crise financière.Des violences avaient toutefois émaillé cette commémoration.L’Association des familles de victimes, qui qualifie cette collision de “crime”, a appelé les Grecs à rejoindre les cortèges afin d’appuyer sa demande d'”une véritable justice”.- Méprisés -Cet accident ferroviaire, le plus meurtrier jamais intervenu en Grèce, est “l’expression d’une politique inhumaine (…) qui engendre et dissimule des crimes”, selon elle.”Au-delà de la douleur due à la perte de nos proches, il y a ce sentiment d’être bafoués, méprisés, et celui (…) que ce crime, comme les autres, sera étouffé”, a confié à l’AFP Maria Karystianou, la mère d’une victime qui s’apprête à lancer un parti politique.”Nous ne voulons pas seulement demeurer un mouvement de protestation”, a également expliqué cette pédiatre de 53 ans, avant d’ajouter: “Nous voulons vraiment voir des choses changer en Grèce”.Le 28 février 2023, à 23H22 (21H22 GMT), dans la vallée de Tempé (centre), un train de marchandises entre en collision frontale avec un train convoyant quelque 350 personnes d’Athènes à Thessalonique (nord).Le choc est brutal. La plupart des victimes sont des étudiants de retour du week-end festif de carnaval.Et les interrogations fusent aussitôt. Comment deux trains ont-ils pu circuler sur la même voie pendant plus de 10 minutes sans qu’aucun système d’alarme ne soit déclenché?Les Grecs découvrent alors avec effroi les failles de sécurité de leur réseau ferroviaire, miné par des années de gestion indigente, et des systèmes de signalisation vétustes.Leur modernisation accuse un retard de plusieurs années malgré l’octroi de fonds européens conséquents et les alertes des syndicats.- “Assassins!” -Descendus dans la rue dès le lendemain de la collision, au cri d'”assassins!”, les Grecs réclament des comptes à des responsables politiques accusés d’incurie, de corruption et de dissimulation des responsabilités.Contrit, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, tout en imputant l’accident à “des erreurs humaines fatales”, admet en 2025 “des défaillances chroniques de l’Etat”.Confortablement réélu quatre mois après la catastrophe, le dirigeant conservateur a dû néanmoins affronter deux motions de censure en lien avec cette affaire.La cheffe du Parquet européen, Laura Kövesi, a assuré que cette collision aurait pu être évitée si le système de signalisation avait été modernisé dans les temps avec les fonds de l’UE.   Ce scandale s’est par la suite doublé d’un fiasco judiciaire.Deux anciens membres du gouvernement Mitsotakis font l’objet d’une procédure, mais aucun n’a encore comparu devant un tribunal. L’absence de comparution alimente la rancœur dans un pays où la défiance envers les politiques est grande.Des preuves précieuses ont par ailleurs été perdues quand, quelques jours seulement après la collision, le site a été rasé au bulldozer.Plusieurs parents de victimes ont également réclamé que des expertises soient menées afin de déterminer si leurs enfants ont été tués par la collision ou par l’incendie qui s’est déclenché par la suite. Une quarantaine de personnes, dont le chef de gare en poste ce soir-là, doivent être jugés à partir du 23 mars.Avant les commémorations de samedi, les noms des 57 victimes ont de nouveau été peintes en rouge sur l’esplanade du Parlement, face à la place Syntagma.C’est sur ces mêmes lieux à Athènes que le père d’une victime avait observé une grève de la faim pendant plus d’un mois l’an dernier.

Bolivie: un avion militaire s’écrase à l’atterrissage et fauche des véhicules, au moins 15 morts

Au moins 15 personnes sont décédées vendredi dans l’accident d’un avion militaire bolivien qui transportait des billets de banque sur l’aéroport d’El Alto, près de La Paz, l’aéronef ayant percuté une voie de circulation automobile après son atterrissage manqué.”Entre 15 et 16 personnes (décédées) ont été dénombrées”, a déclaré à la presse, sur les lieux de l’accident, le colonel Pavel Tovar. Au moins 20 blessés ont été dénombrés et les hôpitaux d’El Alto ont lancé une campagne urgente de don de sang.L’autorité de navigation aérienne et des aéroports boliviens (NAABOL), a indiqué dans un communiqué qu’un “aéronef de la Force aérienne bolivienne C-130″, en provenance de la ville de Santa Cruz (est), a provoqué un accident à l'”aéroport international d’El Alto” dont les opérations ont été suspendues temporairement.”Il tombait une forte grêle et il y avait des éclairs”, a raconté à l’AFP Cristina Choque, une vendeuse de 60 ans, affirmant que sa voiture avait été percutée par un pneu de l’appareil et que sa fille a une blessure à la tête.L’avion, en provenance de Santa Cruz (est) transportait des billets émis par la Banque centrale qui se sont éparpillés au sol, obligeant la police à intervenir avec des gaz lacrymogènes pour écarter la foule qui tentait d’en récupérer, selon des images de télévision.”L’argent transporté dans l’aéronef accidenté ne porte ni numérotation ni série officielle et est, par conséquent, dépourvu de valeur légale et d’un quelconque pouvoir d’achat. Sa collecte, sa possession ou son utilisation constituent une infraction”, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.Le parquet de La Paz a par ailleurs dénoncé des pillages de commerces dans la zone par des personnes profitant du chaos ambiant et “il y a eu 12 interpellations”, a déclaré le procureur Luis Carlos Torres à la presse.

Conflit avec l’Afghanistan: les Etats-Unis disent soutenir le droit du Pakistan à se défendre

Le Pakistan a réaffirmé samedi son intention de se défendre, après avoir reçu le soutien des Etats-Unis dans sa “guerre ouverte” contre les autorités talibanes d’Afghanistan.Vendredi, le Pakistan, puissance nucléaire, a bombardé plusieurs grandes villes d’Afghanistan dont la capitale, Kaboul, après une offensive afghane lancée la veille sur leur frontière commune.Longtemps proches, les deux pays s’affrontent sporadiquement depuis que les dirigeants talibans ont repris le contrôle de Kaboul en août 2021.Le Pakistan protégera son territoire “en toutes circonstances”, a réaffirmé samedi matin le ministre de l’Information, Attaullah Tarar, sur X.Peu avant, Washington a dit soutenir le droit d’Islamabad “à se défendre” contre les autorités talibanes.”Nous continuons à suivre de près la situation et avons exprimé notre soutien au droit du Pakistan à se défendre contre les attaques des talibans”, a écrit sur X la numéro trois du département d’Etat, Allison Hooker, disant s’être entretenue avec le ministre pakistanais des Affaires étrangères.Le Pakistan accuse les autorités afghanes d’abriter des activistes armés qui lancent des attaques sur le territoire pakistanais, ce que l’Afghanistan dément. La plupart de ces hostilités ont été revendiquées par les talibans pakistanais (TTP), groupe armé qui se réclame de la même idéologie que les talibans afghans.Coups de feu et tirs d’artillerie ont été entendus vendredi par des journalistes de l’AFP en territoire afghan, près du poste-frontière stratégique de Torkham, l’un des rares restés ouverts entre les deux pays. “J’ai vu du sang, (des tirs) ont blessé deux ou trois enfants et deux ou trois femmes”, a déclaré vendredi à l’AFP Gander Khan, rapatrié afghan de 65 ans. Les heurts se sont intensifiés dernièrement. Depuis les combats d’octobre, qui ont fait 70 morts de part et d’autre, la frontière commune reste largement fermée.- “Guerre ouverte” -Le Pakistan a frappé dans la nuit de jeudi à vendredi Kaboul, Kandahar et la province frontalière de Paktia (est). Une “réponse appropriée” à l’attaque afghane de la veille, selon le ministre pakistanais de l’Intérieur Mohsin Naqvi.”Notre patience a atteint ses limites. C’est désormais la guerre ouverte entre nous et vous”, a déclaré le ministre de la Défense pakistanais, Khawaja Asif, sur X.A Kandahar (sud), Zabihullah Mujahid, porte-parole des autorités talibanes, a répondu que son gouvernement souhaitait résoudre le conflit par le “dialogue”. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé vendredi à une “cessation immédiate des hostilités”, exprimant son inquiétude pour “la population civile”, selon son porte-parole Stéphane Dujarric.Le ministère iranien des Affaires étrangères a exhorté vendredi les deux parties à “s’abstenir” de toute action aggravant le conflit. La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, a appelé à la “désescalade”.En réponse aux bombardements nocturnes, les autorités talibanes ont annoncé vendredi de nouvelles frappes à “grande échelle contre des positions” pakistanaises. – Poste-frontière -Jeudi, l’armée afghane avait lancé des “attaques massives” à la frontière, en riposte à des bombardements pakistanais le week-end dernier.Islamabad avait assuré vouloir viser des camps “terroristes” en réponse à des attentats-suicides au Pakistan. Selon une source sécuritaire pakistanaise, “plus de 80” membres de groupes armés ont été tués dans ces bombardements.Le ministère afghan de la Défense a indiqué que huit de ses soldats avaient été tués lors de l’offensive terrestre de jeudi.Un porte-parole du Premier ministre pakistanais a déclaré vendredi soir que 297 talibans et militants afghans avaient été tués et que 29 sites en Afghanistan avaient été ciblés par des frappes aériennes. Le porte-parole, Mosharraf Zaidi, n’a pas précisé le nombre de soldats pakistanais tués, Islamabad ayant précédemment annoncé 12 morts.Il est difficile de vérifier de manière indépendante les bilans des pertes annoncés par chacune des parties.- Offres de médiation -Selon la mission de l’ONU en Afghanistan, les bombardements du week-end dernier ont tué au moins 13 civils. Pour sa part, le gouvernement taliban a affirmé qu’au moins 18 personnes avaient péri.Avec ces raids nocturnes, “le Pakistan semble avoir étendu ses frappes, qui ne visent plus seulement le TTP (talibans pakistanais) mais désormais aussi le régime taliban”, a observé sur X Michael Kugelman, spécialiste de l’Asie du Sud, notant une “escalade significative et dangereuse”.L’Arabie saoudite et le Qatar multiplient les contacts diplomatiques pour mettre fin aux combats, a indiqué vendredi à l’AFP une source proche des négociations. Une brève trêve entérinée le 19 octobre avait été jugée caduque neuf jours plus tard par Islamabad qui avait accusé l’Afghanistan d’orchestrer des attentats menés par les TTP.burs/phs/lgo/ega/lth/emp/thm/ial/jnd/roc

Israël: la Cour suprême accorde un sursis aux ONG humanitaires menacées de devoir quitter Gaza

La Cour suprême israélienne a accordé vendredi un sursis aux ONG humanitaires étrangères menacées de devoir quitter la bande de Gaza et la Cisjordanie occupée ce weekend après avoir refusé de se plier aux exigences du gouvernement israélien pour leur permettre de rester.Sans se prononcer sur le fond du différend entre ces ONG et l’Etat …

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Drone russe près d’un porte-avions français : “provocation ridicule” selon Paris

Un drone, russe selon Stockholm, a été neutralisé par l’armée suédoise non loin du porte-avions français Charles de Gaulle, en escale à Malmö, une “provocation ridicule” a estimé le ministre français des Affaires étrangères.”Si effectivement, comme le suggère le ministre (suédois) de la Défense, cet incident avait une origine russe, la seule conclusion que je …

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Venezuela: un candidat à la présidentielle veut participer à une transition

Ancien candidat à la présidentielle vénézuélienne Enrique Marquez, prisonnier politique en janvier, a déclaré vendredi vouloir faire partie d’une transition au Venezuela, quelques jours après sa surprenante apparition à Washington lors du discours de Donald Trump au Capitole.Annoncé par Trump, M. Marquez est apparu mardi à la tribune des invités d’honneur du Congrès des États-Unis à …

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Bill Clinton assure n’avoir rien su des crimes de son ancien ami Jeffrey Epstein

L’ex-président américain Bill Clinton a assuré vendredi n’avoir “eu aucune idée des crimes” sexuels de son ancien ami Jeffrey Epstein, lors d’une audition par une commission d’enquête parlementaire qui l’a interrogé sur ses liens passés avec le financier.”Je n’ai rien vu et je n’ai rien fait de mal”, a déclaré l’ancien chef d’Etat démocrate dans une déclaration liminaire, publiée sur X. “Même avec le recul, je n’ai rien vu qui m’ait alerté”, a-t-il insisté, réaffirmant avoir pris ses distances avec Jeffrey Epstein plus d’une décennie avant sa mort en prison en 2019.James Comer, président de la commission à majorité républicaine, a estimé à l’issue de cette audition à huis clos que celle-ci avait été “très productive”, jugeant que Bill Clinton avait “répondu à toutes les questions, ou du moins tenté d’y répondre”. Un ton plus conciliant qu’avant le début de la rencontre, lorsque les républicains se montraient impatients de passer sur le gril l’ex-président démocrate (1993-2001), insistant sur le fait qu’il avait “au moins 27 fois” voyagé à bord du jet privé d’Epstein, lequel s’est rendu “17 fois” à la Maison Blanche sous ses deux mandats.Une élue républicaine, Nancy Mace, a toutefois relevé “des incohérences” dans certaines réponses de Bill Clinton.La vidéo de l’audition devrait être publiée dans les prochaines 24 heures, tout comme celle d’Hillary Clinton, ex-cheffe de la diplomatie américaine et épouse de l’ancien président, entendue la veille dans les mêmes circonstances.Le représentant démocrate de Virginie Suhas Subramanyam a jugé que les élus avaient posé des “questions difficiles à l’ancien président”. “À son crédit, il a répondu à chacune d’entre elles”, a-t-il jugé, le trouvant “plutôt à l’aise” et donnant “des réponses très longues et réfléchies”.Pour le reste, les démocrates ont répété qu’ils souhaitaient surtout entendre Donald Trump.”Soyons honnêtes, nous nous adressons aujourd’hui au mauvais président”, a estimé Suhas Subramanyam. “C’est le président Trump qui bloque notre enquête. C’est le président Trump qui veut étouffer cette affaire”.Comme pour l’actuel président républicain, lui aussi âgé de 79 ans, le nom de Bill Clinton apparaît à de multiples reprises dans le dossier, sans qu’aucun fait répréhensible ne lui ait jamais été imputé.- Hillary Clinton combative -Dans des images récemment rendues publiques par la justice, on le voit participer avec Jeffrey Epstein à des événements mondains, mais aussi dans des cadres privés, parfois aux côtés de femmes dont le visage a été masqué. Sur une photo, il est dans un bain à remous.Bill Clinton a déjà assuré à plusieurs reprises qu’il ignorait tout des crimes du financier, qui avait plaidé coupable en 2008 de sollicitation de prostitution de mineure et exécuté une peine de 18 mois de prison.Comme son épouse jeudi, l’ex-chef de l’Etat a été entendu dans une salle municipale de la petite ville cossue de Chappaqua, au nord de New York, où le couple possède une maison.La veille, Hillary Clinton avait répété qu’elle n’avait elle-même jamais rencontré Jeffrey Epstein, se montrant combative face aux élus.”Si cette commission voulait sérieusement connaître la vérité sur les crimes d’exploitation sexuelle d’Epstein (…) elle demanderait directement à notre président actuel de s’expliquer sous serment sur les dizaines de milliers de fois où il apparaît dans le dossier”, a-t-elle lancé.Les démocrates réclament d’entendre Donald Trump notamment sur la base de nouvelles révélations de la presse.Selon celles-ci, le ministère de la Justice aurait récemment empêché la publication de documents relayant les accusations d’une femme qui affirme avoir été agressée sexuellement quand elle était mineure par Jeffrey Epstein et par Donald Trump.Tous deux avaient exigé en vain des auditions publiques.Depuis la publication le 30 janvier d’une nouvelle salve de documents, plusieurs dirigeants et personnalités du monde entier ont été éclaboussés pour leurs liens passés avec Jeffrey Epstein, provoquant enquêtes pénales, arrestations et démissions, principalement en Europe.Questionné avant un déplacement au Texas, Donald Trump a déclaré qu’il appréciait Bill Clinton et “n’aimait pas le voir interrogé sous serment”.

Trump frustré par l’Iran mais n’a pas pris de décision sur des frappes

Donald Trump tient le monde en haleine: il a affiché vendredi son mécontentement envers l’Iran, mais dit n’avoir pas pris de “décision finale” sur d’éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s’est targué d’une percée dans les négociations pour éviter la guerre.Le président américain a déclaré à des journalistes “ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier”, au lendemain d’une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.Mais “nous n’avons pas pris une décision finale” sur de possibles frappes, a-t-il déclaré, sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, et de craintes d’un embrasement régional en cas d’attaque américaine.Le chef de la diplomatie omanaise, médiateur des négociations, a cependant assuré vendredi qu’une percée avait eu lieu dans celles-ci, affirmant que l’Iran avait accepté de ne pas stocker d’uranium enrichi.”C’est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l’argument de l’enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l’absence de stockage”, a expliqué Badr Albusaidi sur la chaîne américaine CBS.Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait exigé que l’Iran n’effectue “aucun enrichissement” d’uranium.”Vous n’avez pas besoin d’enrichir quand vous avez autant de pétrole”, a-t-il déclaré à la presse lors d’un déplacement au Texas.- Porte-avions déployés -Dans ce contexte de tensions, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël – leur allié et ennemi juré de l’Iran – en raison “de risques pour leur sécurité”.Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, se rendra lui lundi en Israël – que l’Iran avait frappé en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire -, a aussi annoncé le département d’Etat.Les Etats-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d’Israël après avoir quitté jeudi la Crète.Washington a également inscrit vendredi l’Iran sur sa liste noire de pays pratiquant “des détentions injustifiées”, et appelé les ressortissants américains s’y trouvant à “partir immédiatement”.Dans le centre de Téhéran, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales qui asphyxient l’économie iranienne, Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme qu'”il ne faut faire aucune concession” aux Américains. Accusant Téhéran – qui dément – de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d’enrichissement d’uranium, tandis que l’Iran défend son droit au nucléaire civil.Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d’aborder. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter “toute exigence excessive”, tempérant l’optimisme qu’il avait affiché la veille à l’issue des pourparlers.- Risque d’aggravation “rapide” -Le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk, s’est dit “extrêmement inquiet du risque d’escalade militaire régionale”.La Chine a conseillé à ses ressortissants actuellement en Iran d’évacuer “dès que possible”. Londres a annoncé des mesures pour protéger son personnel diplomatique, face au risque d’une aggravation “rapide” de la situation. Berlin a déconseillé de son côté “de toute urgence” à ses ressortissants de se rendre en Israël. Et la compagnie turque Turkish Airlines a annulé ses vols vendredi soir vers Téhéran au départ d’Istanbul.Le ministre iranien Abbas Araghchi s’était prévalu jeudi de “très bons progrès” dans les discussions avec les Etats-Unis.Une prochaine session doit se tenir “très bientôt”, après des discussions “entre équipes techniques” lundi à Vienne en Autriche, assistées “d’experts” de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.”La paix est à portée de main”, a même assuré vendredi sur X l’Omanais Badr Busaidi, disant s’être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de “10 à 15 jours” pour décider si un accord était possible ou s’il allait recourir à la force. Les deux pays avaient repris des pourparlers l’année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s’était brièvement joint.Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d’un vaste mouvement de contestation d’Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir “en aide”.bur-vl-lb-rle/ph

Le Pakistan bombarde Kaboul et déclare “une guerre ouverte”

Le Pakistan a bombardé vendredi plusieurs grandes villes afghanes, dont la capitale Kaboul, le gouvernement pakistanais ayant déclaré une “guerre ouverte” aux autorités talibanes à la suite d’une offensive afghane lancée la veille à sa frontière.Longtemps proches, le Pakistan, puissance nucléaire, et l’Afghanistan s’affrontent sporadiquement depuis que les dirigeants talibans ont repris le contrôle de Kaboul en août 2021.Les Etats-Unis ont dit vendredi soutenir le droit du Pakistan “à se défendre” contre les autorités talibanes après cette offensive afghane.”Nous continuons à suivre de près la situation et avons exprimé notre soutien au droit du Pakistan à se défendre contre les attaques des talibans”, a écrit sur X la numéro trois du département d’Etat, Allison Hooker, disant s’être entretenue avec le ministre pakistanais des Affaires étrangères.Le Pakistan accuse les autorités afghanes d’abriter des activistes armés qui lancent des attaques sur le territoire pakistanais, ce que l’Afghanistan dément. La plupart de ces hostilités ont été revendiquées par les talibans pakistanais (TTP), groupe armé qui se réclame de la même idéologie que les talibans afghans.Des coups de feu et des tirs d’artillerie ont été entendus vendredi par des journalistes de l’AFP en territoire afghan, près du poste-frontière stratégique de Torkham, l’un des rares restés ouverts entre Afghanistan et Pakistan. “J’ai vu du sang, (des tirs) ont blessé deux ou trois enfants et deux ou trois femmes”, a déclaré vendredi à l’AFP Gander Khan, rapatrié afghan de 65 ans. Les heurts se sont intensifiés dernièrement. Depuis les combats d’octobre, qui ont fait 70 morts de part et d’autre, la frontière commune reste largement fermée.-“Guerre ouverte”-Le Pakistan a frappé dans la nuit Kaboul, Kandahar et la province frontalière de Paktia (est). Une “réponse appropriée” à l’attaque afghane de la veille, selon le ministre pakistanais de l’Intérieur Mohsin Naqvi.”Notre patience a atteint ses limites. C’est désormais la guerre ouverte entre nous et vous”, a déclaré le ministre de la Défense pakistanais, Khawaja Asif, sur X.A Kandahar (sud), Zabihullah Mujahid, porte-parole des autorités talibanes, a répondu que son gouvernement souhaitait résoudre le conflit par le “dialogue”. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé vendredi à une “cessation immédiate des hostilités” entre l’Afghanistan et le Pakistan, se disant “très inquiet” sur “l’impact de cette violence sur la population civile”, selon son porte-parole Stéphane Dujarric.Le ministère iranien des Affaires étrangères a exhorté vendredi dans un communiqué l’Afghanistan et le Pakistan à “s’abstenir” de toute action aggravant leur conflit.La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, a appelé le même jour à la “désescalade”.En réponse aux bombardements nocturnes, les autorités talibanes ont annoncé vendredi de nouvelles frappes à “grande échelle contre des positions” pakistanaises. – Poste-frontière -Jeudi, l’armée afghane avait lancé des “attaques massives” à la frontière, en riposte à des bombardements pakistanais le week-end dernier.Islamabad avait assuré vouloir viser des camps “terroristes” en réponse à des attentats-suicides au Pakistan. Selon une source sécuritaire pakistanaise, “plus de 80” membres de groupes armés ont été tués dans ces bombardements.Le ministère afghan de la Défense a indiqué que huit de ses soldats avaient été tués lors de l’offensive terrestre de jeudi.Un porte-parole du Premier ministre pakistanais a déclaré vendredi soir que 297 talibans et militants afghans avaient été tués et que 29 sites en Afghanistan avaient été ciblés par des frappes aériennes. Le porte-parole, Mosharraf Zaidi, n’a pas précisé le nombre de soldats pakistanais tués, Islamabad ayant précédemment annoncé 12 morts.Il est difficile de vérifier de manière indépendante les bilans des pertes annoncés par chacune des parties.Le ministère pakistanais de l’Information a accusé l’Afghanistan d’avoir “ouvert le feu unilatéralement”.- Offres de médiation -Selon la mission de l’ONU en Afghanistan, les bombardements du week-end dernier ont tué au moins 13 civils. Pour sa part, le gouvernement taliban a affirmé qu’au moins 18 personnes avaient péri.Avec ces raids nocturnes, “le Pakistan semble avoir étendu ses frappes, qui ne visent plus seulement le TTP (talibans pakistanais) mais désormais aussi le régime taliban”, a observé sur X Michael Kugelman, spécialiste de l’Asie du Sud, notant une “escalade significative et dangereuse”.L’Arabie saoudite et le Qatar multiplient les contacts diplomatiques pour mettre fin aux combats meurtriers entre le Pakistan et l’Afghanistan, a indiqué vendredi à l’AFP une source proche des négociations. Une brève trêve entérinée le 19 octobre avait été jugée caduque neuf jours plus tard par Islamabad qui avait accusé l’Afghanistan d’orchestrer des attentats menés par les TTP.burs/phs/lgo/ega/lth/emp/thm/ial/dth