AFP World

Le patron de la SNCF prolongé jusqu’à l’automne

Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou, qui poursuit son mandat à la tête du groupe depuis plus d’un an, a accepté de prolonger l’intérim jusqu’à l’automne, faute de désignation de son successeur et malgré la limite d’âge.Jean-Pierre Farandou, entré en 1981 dans le groupe public dont il a pris les rênes en 2019, avait échoué à obtenir du gouvernement sa reconduction pour un second mandat en mai 2024. Il aurait dû quitter ses fonctions après les Jeux olympiques de Paris, mais la dissolution de l’Assemblée nationale et les changements de gouvernement ont enrayé le processus de succession.Les prolongations auraient dû se conclure au plus tard le 4 juillet pour le 68e anniversaire du cheminot en chef, synonyme de limite d’âge. Mais M. Farandou, interrogé par des journalistes mercredi matin lors d’un point presse sur l’apport de l’intelligence artificielle (IA) pour le transport ferroviaire, “a répondu que l’État lui avait demandé, lors du conseil d’administration du 19 juin, de poursuivre son intérim jusqu’à l’automne”, a-t-on appris auprès du groupe.”J’ai accepté même si je commençais à envisager une nouvelle vie”, a-t-il déclaré selon ses propos rapportés par Le Figaro.”Je rends service. Ce n’est pas moi qui m’accroche. Cette entreprise, c’est la mienne”, a-t-il ajouté, écrit le quotidien.Pour lui succéder, le nom de l’ex-Premier ministre Jean Castex, actuel PDG de la RATP, revient régulièrement sur les lèvres des observateurs.Parmi les autres noms cités figurent celui de Xavier Piechaczyk, président de RTE, ou encore celui de Marie-Ange Debon, présidente de Keolis (filiale de la SNCF spécialisée dans les transports publics).Dans une interview en avril à La Tribune, le ministre des Transports Philippe Tabarot imaginait, pour succéder à M. Farandou, “quelqu’un qui sait dialoguer avec ses salariés, qui a la culture du résultat financier, (…) qui a une connaissance de la maison, du ferroviaire et du territoire.” “Je vous laisse deviner quelle peut être cette personne”, avait-il ajouté.- Comptes dans le vert -Succédant à Guillaume Pepy en 2019, Jean-Pierre Farandou – jusqu’alors PDG de Keolis – avait pour mission principale de redresser les comptes de la SNCF et de faire appliquer la réforme ferroviaire de 2018.Son mandat a été marqué par plusieurs crises, dont la pandémie de Covid-19, qui a mis les trains à l’arrêt pendant plusieurs mois.Mais Jean-Pierre Farandou a ramené les finances de l’entreprise dans le vert avec un bénéfice historique de 2,4 milliards d’euros en 2022 et à nouveau 1,3 milliard en 2023, permettant de financer des investissements, à commencer par la régénération du réseau et l’achat des rames TGV de nouvelles générations, attendues début 2026.En février, la SNCF assurait être désormais dans un “cercle vertueux” réalisant un bénéfice net en 2024 pour la quatrième année consécutive, à 1,6 milliard d’euros, avec un chiffre d’affaires en croissance de 3,8%.Quant à la dette du groupe de 290.000 salariés, dont 217.000 en France, elle est maitrisée et oscille autour de 25 milliards d’euros.Son successeur devra affronter plusieurs chantiers: la poursuite de la rénovation du réseau ferroviaire, et la réussite du virage de la concurrence alors que d’ici 2030, la majorité du réseau TER ne sera plus en situation de monopole et qu’une cinquantaine de rames à grande vitesse d’autres compagnies rouleront face aux TGV de la SNCF.

Le fromage de Pag, des siècles de tradition et d’embruns

Vue de loin, Pag, posée sur le bleu de la mer Adriatique, a tout d’une contrée inhospitalière, avec son sol aride battu par les vents. C’est pourtant ce qui donne au fromage de cette île croate son goût inimitable, reconnu par les plus grands chefs.Chaque jour, 40.000 moutons – cinq fois la population humaine locale – y ruminent les herbes salées par les embruns pour produire du Paski Sir – “fromage de Pag” en croate.”Il contient l’essence de l’île”, explique à l’AFP Martina Pernar Skunca, cheffe du marketing du plus vieux producteur de fromage de Pag, Paska Sirana.Libres de pâturer où bon leur semble, les moutons se régalent d’herbes et plantes aromatiques, dont l’immortelle, la lavande, la sauge et le fenouil, toutes enrobées de sel marin apporté par le vent, ce qui confère au fromage de Pag toute sa saveur, ajoute-t-elle.Les meules, qui vieillissent au moins 60 jours sur l’île, sont parfois comparées au Pecorino Sardo ou au Manchego espagnol – des fromages à pâte dure dont le goût s’affirme au fil du temps. Fondée en 1946, Paska Sirana fabrique environ 80 tonnes de ce fromage par an. La société produit une partie de son lait mais en achète aussi aux familles locales, qui le collectent de la même façon de génération en génération.”Nous le produisons exactement comme le faisaient nos aïeux, c’est dans notre sang”, raconte Marin Valentic, à la tête de l’une des petites fromageries de l’île, Skrivanat.C’est ce respect de la tradition qui fait le succès du Paski Sir, abonde Ruzica Gligora.”Dès le début, lorsque mon beau-père Ivan Gligora a fondé l’usine, il avait dans l’idée de fabriquer le meilleur fromage du monde”, retrace celle qui travaille pour l’un des plus grands producteurs de Pag.”La barre est haut, et nous nous y tenons”, dit-elle dans un sourire.- Comme le champagne -L’exigence semble avoir porté ses fruits – le fromage est un “pur délice” qui “apporte des saveurs pleines et complexes au palais et fond agréablement en bouche”, selon plusieurs chefs étoilés cités par l’Institut International du Goût et de la Qualité.Et le Paski Sir a obtenu une appellation d’origine contrôlée de l’Union européenne – comme le champagne ou le roquefort.Mais les jeunes qui n’ont plus envie de passer leurs journées à traire les moutons, qu’il pleuve, qu’il vente ou que le soleil brûle, préfèrent maintenant louer leurs appartements aux touristes de passage. “C’est un travail difficile”, reconnaît Martina Pernar Skunca. “Et sur Pag, une île magnifique, le tourisme permet de se faire de l’argent plus facilement”.Cependant, le manque de main-d’oeuvre pourrait finit par coûter … aux touristes, qui risquent de ne plus avoir assez de fromages à goûter.    Car ces derniers – 20 millions de personnes visitent la Croatie chaque années – veulent découvrir les spécialités locales. A Pag, le moindre fromage est dévoré. Marin Valentic et sa petite exploitation de 120 moutons tiennent tant bien que mal la cadence face à la demande. “Tout le monde veut y goûter, et comprendre pourquoi ce fromage est si spécial”, affirme-t-il.

Cessez-le-feu entre Israël et l’Iran, une “opportunité” pour les proches des otages à Gaza

“Le gouvernement israélien a commencé une guerre avec l’Iran sans avoir terminé celle qui dure à Gaza”, s’insurge Viki Cohen, dont le fils Nimrod est otage dans la bande de Gaza depuis plus de 627 jours.Après l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran, Mme Cohen espère désormais que le gouvernement israélien va obtenir la libération des otages.Pendant les 12 jours qu’a duré la guerre, Israël a vécu au rythme des alertes aux attaques aériennes et des allocutions du chef d’état-major. Et pendant ces 12 jours, la mère du jeune homme a eu “la sensation qu’on n’en parlait pas (des otages, NDLR), qu’on les avait oubliés”.Alors aussitôt que les sirènes se sont tues, les proches d’otages ont relancé les communiqués et les appels à se rassembler. “Ceux qui sont capables de parvenir à un cessez-le-feu avec l’Iran peuvent aussi mettre fin à la guerre à Gaza”, a par exemple affirmé le Forum des famille d’otages, la principale association de proches de personnes détenues à Gaza.Viki Cohen et son mari sont habituellement de toutes les manifestations, brandissant des pancartes ou des photos pour exiger la libération des otages, plus de 20 mois après le début de la guerre.Mardi, ils sont allés à Tel-Aviv assister aux funérailles de Jonathan Samerano, et Mme Cohen a longuement enlacé Ayelet, la mère de ce jeune otage dont la dépouille a récemment été ramenée de Gaza par l’armée.Sur les 251 personnes enlevées en Israël, le 7 octobre 2023, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont au moins 27 sont mortes, selon les autorités israéliennes.- “J’espère” -Nimrod Cohen, un soldat de 19 ans, a été enlevé le 7 octobre 2023 par des combattants du Hamas alors qu’il était dans son tank, à la lisière de la bande de Gaza.”Nimrod s’est engagé par conviction, combattant volontaire avec un idéal de défendre son pays et ses citoyens et maintenant son pays l’abandonne et ne fait pas tout ce qu’il faut pour le ramener”, s’insurge cette femme menue depuis sa maison de Rehovot, une ville proche de la côte méditerranéenne.La chambre de son fils lui semble étrangement vide, ses collections bien rangées dans les étagères.”Même le désordre habituel de sa chambre me manque”, raconte-t-elle en souriant.Dans un coin de sa maison cossue, elle montre le Rubik cub de Nimrod, celui que l’armée a retrouvé dans le tank et a rapporté à sa mère. Comme son fils ne s’en séparait jamais, Mme Cohen en a fait ajouter un sur les t-shirts à l’effigie de son fils.”Nimrod est un enfant merveilleux, un enfant plein de lumière, très sensible, avec un monde intérieur très riche. (…) il est toujours prêt à aider, il ne s’est jamais plaint de quoi que ce soit. (…) j’espère que c’est ce qui l’aide à survivre.”La seule fois où elle a eu une preuve de vie “visuelle” de son fils est quand le Hamas a diffusé une vidéo d’otages dans Gaza et bien que le visage flouté, elle a reconnu son fils grâce à un tatouage sur l’avant-bras.- “Fenêtre d’opportunité” -Aujourd’hui Mme Cohen ne se sent plus en colère.”J’ai une énorme frustration d’être arrivée dans cette situation: 627 jours que Nimrod est la-bas”, décrit-elle.L’espoir de revoir son fils est son moteur. “J’imagine son retour depuis le 7 octobre”, explique-t-elle. Elle a chaque détail en tête.Aux funérailles de Jonathan Samerano, au milieu des rubans jaunes – symbole du mouvement pour le retour des otages – et des portraits, de nombreux proches de personnes détenues partagent le sentiment de Mme Cohen.”Le Hamas est dans sa position la plus faible, il est possible de lui proposer un accord que nous, Israéliens, pourrions accepter”, abonde Ruby Chen, dont le fils Itay, a été tué le 7 octobre alors qu’il servait dans l’armée et dont le corps est retenu dans Gaza.”J’aimerais croire que Netanyahu et son gouvernement comprennent que les changements récents au Moyen-Orient ouvrent une fenêtre d’opportunité”, espère-t-il, “après avoir vaincu l’Iran, après avoir vaincu le Hezbollah, il est temps maintenant de ramener tous les autres à la maison et de mettre fin au conflit à Gaza également”.

Cessez-le-feu entre Israël et l’Iran, une “opportunité” pour les proches des otages à Gaza

“Le gouvernement israélien a commencé une guerre avec l’Iran sans avoir terminé celle qui dure à Gaza”, s’insurge Viki Cohen, dont le fils Nimrod est otage dans la bande de Gaza depuis plus de 627 jours.Après l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran, Mme Cohen espère désormais que le gouvernement israélien va obtenir la libération …

Cessez-le-feu entre Israël et l’Iran, une “opportunité” pour les proches des otages à Gaza Read More »

Manifestations violentes au Kenya: huit morts et au moins 400 blessés

Huit personnes ont été tuées et au moins 400 autres blessées mercredi au Kenya lors de manifestations commémorant le mouvement inédit et violemment réprimé d’il y a un an, selon des ONG, avec des affrontements particulièrement violents dans la capitale Nairobi.Le 25 juin 2024, la prise du Parlement de la capitale par des manifestants réclamant le retrait de la loi de finances et la démission du président William Ruto avait marqué l’apogée de protestations qui avaient perduré jusqu’en juillet.Plus de 60 personnes avaient été tuées au total, et plus de 80 personnes avaient été enlevées – parfois des mois après les manifestations -, dont certaines encore portées disparues, selon les groupes de défense des droits humains. Mercredi, des milliers de manifestants, majoritairement de jeunes hommes, sont à nouveau descendus dans la rue à Nairobi mais aussi dans la grande ville côtière de Mombasa et d’autres comtés du pays.Si les manifestations ont débuté dans le calme, de nombreux manifestants, scandant “libération” ou encore “un mandat” (pour le président Ruto, NDLR) ont ensuite jeté des pierres sur les forces de l’ordre, qui ont répondu en lançant des gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes en grande quantité.- “La liberté, ça fait +bang+” -Au Kenya, “la liberté, ça fait +bang+”, s’est désolé un jeune d’une vingtaine d’années, la tête bandée dans une longue compresse, alors que les explosions se multipliaient autour de lui. “Nous sommes ici pour allumer des bougies (pour les morts de 2024, NDLR). Vous ne pouvez pas nous traiter comme ça”, a hurlé un homme en direction de policiers.Huit personnes ont été tuées et au moins 400 ont été blessées, dont 83 sont dans un état grave, dans tout le Kenya, a déploré une coalition d’une vingtaine d’ONG de défense des droits humains, dont Amnesty international.Au moins huit manifestants ont été traités pour des blessures par balle et trois des blessés sont des policiers, affirment ces ONG, qui exhortent “ceux qui sont encore dans les rues à faire preuve de prudence pour éviter de nouvelles pertes de vie et des blessures”.Au moins 300 personnes ont été blessées à Nairobi, dont 67 sont dans un état critique, avec des soupçons de “blessures par balles” chez certaines, avait précédemment indiqué à l’AFP un responsable d’une équipe d’urgence rassemblant plusieurs organisations dont la Croix Rouge.L’entreprise Kenya power a annoncé le décès d’un de ses gardien, qui a “reçu un tir mortel” dans le centre administratif de la capitale kényane.A une centaine de kilomètres de Nairobi, deux personnes ont été tuées par balles et 8 autres ont été blessées dans le sous-comté de Matuu, avait affirmé à l’AFP un responsable hospitalier.Les familles des victimes et les militants avaient appelé à des rassemblements pacifiques. En début d’après-midi, l’autorité de la communication a dans une lettre interdit aux radios et télévisions de diffuser en direct les images des manifestations. La décision ne semblait pas respectée dans l’immédiat, la plupart des grands médias poursuivant leur diffusion. Faith Odhiambo, avocate et présidente du barreau kényan, a dénoncé sur X “la nullité légale absolue” de cette annonce.Le groupe de surveillance d’internet NetBlocks affirmait dans l’après-midi que le fonctionnement de la plateforme Telegram était restreint.Dans la capitale, de nombreux manifestants ont scandé “Ruto doit partir” – un cri de ralliement depuis un an – et brandi des drapeaux et des portraits de victimes. Certains ont également déposé des fleurs devant le parlement. – “Chaos” -La colère contre les violences policières s’est accentuée après le décès début juin dans un commissariat de police d’Albert Ojwang, un enseignant de 31 ans arrêté après avoir critiqué un haut responsable de la police. Les forces de l’ordre ont initialement tenté de camoufler sa mort en suicide.Son décès a déjà suscité ces dernières semaines des manifestations de quelques centaines de personnes, qui ont engendré de nouvelles brutalités.Un policier avait notamment tiré à bout portant sur un vendeur qui ne manifestait pas de violence, une scène filmée devenue virale qui avait accentué la colère.Mercredi, Anthony, 25 ans, vendait des drapeaux tout en marchant, contre “les violences policières, l’oppression, les taxes élevées et tout ce qui ne va pas dans ce pays.””La marche est toujours pacifique, mais c’est quand la police (commence à envoyer) des gaz lacrymogènes que ça tourne au chaos”, ajoute-t-il. Un homme suspecté d’être un policier en civil a été malmené par des manifestants. L’année dernière, des forces de sécurité non identifiables avaient été vues tirant sur la foule.William Ruto a promis aux policiers que son gouvernement les “soutiendrait”.L’impopulaire président s’est efforcé d’éviter toute hausse directe d’impôts dans le budget de cette année afin de limiter les troubles. En plus des violences, de la corruption et des difficultés économiques, la jeunesse réclame les emplois que le président leur avait promis pendant sa campagne. 

Manifestations violentes au Kenya: huit morts et au moins 400 blessés

Huit personnes ont été tuées et au moins 400 autres blessées mercredi au Kenya lors de manifestations commémorant le mouvement inédit et violemment réprimé d’il y a un an, selon des ONG, avec des affrontements particulièrement violents dans la capitale Nairobi.Le 25 juin 2024, la prise du Parlement de la capitale par des manifestants réclamant …

Manifestations violentes au Kenya: huit morts et au moins 400 blessés Read More »