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Washington va s’exprimer sur ses frappes en Iran après des doutes sur leur efficacité

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, doit tenir jeudi une conférence de presse après que des médias ont mis en doute l’efficacité des bombardements américains contre des sites nucléaires en Iran.Donald Trump, qui a ordonné ces frappes dimanche en soutien à son allié israélien avant d’annoncer un cessez-le-feu mardi entre l’Iran et Israël, évoque désormais la possibilité d’un accord sur le programme nucléaire de Téhéran.”Nous allons parler la semaine prochaine avec l’Iran, nous pourrions signer un accord”, a annoncé le président américain à l’issue du sommet de l’Otan à La Haye.L’envoyé spécial de M. Trump pour le Moyen-Orient est allé dans le même sens. “Nous avons l’espoir de parvenir à un accord de paix global”, a assuré sur CNBC Steve Witkoff. “Nous avons des discussions avec les Iraniens, de multiples interlocuteurs nous contactent et je pense qu’ils sont prêts.”Le président américain a estimé que l’Iran et Israël étaient “épuisés” par le conflit qui a été déclenché le 13 juin par Israël avec l’objectif affiché d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, une ambition que Téhéran dément nourrir.M. Trump a affirmé que le programme nucléaire iranien avait été retardé de “plusieurs décennies” par les frappes américaines.Téhéran a admis que ses installations nucléaires avaient été “considérablement endommagées” par les bombardements israéliens et américains.Mais des experts ont soulevé la possibilité que l’Iran se soit préparé à l’attaque en évacuant ses quelque 400 kilogrammes d’uranium enrichi à 60%, niveau proche du seuil de 90% nécessaire à la conception d’une bombe atomique.Et selon un document classé secret-défense dévoilé mardi par CNN, les frappes auraient scellé les entrées de certaines installations sans détruire les bâtiments souterrains, retardant le programme iranien de seulement quelques mois.La Maison Blanche a confirmé l’existence du rapport mais l’a qualifié de “tout à fait erroné”.La divulgation de CNN a provoqué la colère de M. Trump qui a annoncé une conférence de presse de M. Hegseth à 08H00 locale (12H00 GMT) afin de “lutter pour la dignité de nos grands pilotes américains”.- “Informations crédibles” -La porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a assuré mercredi sur Fox News que les Etats-Unis “n’ont eu aucune indication que de l’uranium hautement enrichi ait été déplacé avant les frappes”. Elle a martelé que les installations étaient “ensevelies sous des kilomètres et des kilomètres de gravats”.John Ratcliffe, le directeur de la CIA, l’agence américaine du renseignement, a indique dans un communiqué que, selon “des informations crédibles”, le programme nucléaire de Téhéran avait été “gravement endommagé par les frappes ciblées récentes”.Les Etats-Unis, alliés indéfectibles d’Israël, ont mené dimanche des bombardements qui ont selon M. Trump “complètement détruit” les trois principaux sites nucléaires iraniens à Fordo, au sud de Téhéran, Natanz et Ispahan (centre). Selon le dernier bilan officiel iranien qui ne recense que les victimes civiles, les frappes israéliennes ont fait au moins 627 morts et plus de 4.870 blessés. L’Iran a riposté par des tirs de missiles et de drones, qui ont fait 28 morts en Israël, selon les autorités. – “Droits légitimes” -Téhéran, qui a réaffirmé ses “droits légitimes” à développer un programme nucléaire civil, s’est dit prêt à reprendre les discussions avec Washington sur un accord encadrant son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions sévères frappant son économie.La guerre a empêché la tenue d’une nouvelle session prévue le 15 juin de ces pourparlers irano-américains sous médiation omanaise, qui avaient été lancés en avril.La guerre a porté un “coup dur” au programme nucléaire de Téhéran mais il est “encore tôt pour évaluer les résultats de l’opération”, a affirmé de son côté le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a jugé impossible à ce stade d’évaluer les dégâts et réclamé un accès aux sites. L’agence onusienne “a perdu la visibilité sur (les stocks d’uranium enrichi) à partir du moment où les hostilités ont commencé”, a expliqué mercredi son directeur général, Rafael Grossi.Le Parlement iranien a voté de son côté en faveur d’une suspension de la coopération avec l’AIEA.Voyant un “très mauvais signal”, l’Allemagne a appelé jeudi Téhéran à ne pas suspendre cette coopération.

Orages: deux morts et 17 blessés, selon la Sécurité civile

Les violents orages qui ont touché la France mercredi soir ont fait deux morts et 17 blessés, dont un grave, selon le dernier bilan communiqué par la Sécurité civile jeudi matin.Un adolescent de 12 ans a été tué par la chute d’un arbre près de Montauban lors de l’épisode orageux qui a frappé la France dans la nuit de mercredi à jeudi. La vigilance orange a été levée à 03H00 dans l’ensemble des départements concernés.En Mayenne, un homme conduisant un quad est mort après avoir percuté un arbre tombé sur la route lors de cet épisode orageux, selon les pompiers.Selon le dernier bilan de la Sécurité civile, trois urgences absolues ont été requalifiées en urgence relative, portant le bilan à un blessé grave, dans la Nièvre, et à 16 blessés légers.Près de 100.000 foyers sont privés d’électricité” jeudi matin, principalement dans le sud-ouest du pays, selon le dernier bilan d’Enedis. Cela concerne “principalement” 27.000 foyers en Auvergne et 27.000 autres dans le Nord-Midi-Pyrénées, mais aussi 12.000 dans le Centre-Val-de-Loire, 10.500 en Bourgogne et quelque 10.000 foyers du Limousin, a précisé le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité dans un communiqué. Sollicité par l’AFP, Enedis a précisé que “le reste” des foyers touchés est plus épars, amenant à un total de “près de 100.000 clients” concernés dans tout le pays.  “Le passage de ces orages, parfois très intenses, a provoqué des chutes d’arbres et de branches sur des lignes du réseau public de distribution d’électricité”, détaille-t-il. “Les accès sont encore difficiles localement, ce qui rend les interventions de rétablissement délicates”.La circulation ferroviaire reste perturbée dans plusieurs départements. La ligne TER Paris-Amiens a notamment été suspendue dans les deux sens jeudi matin en raison d’un “arbre (qui menaçait) de tomber sur les câbles d’alimentation électrique entre Amiens et Creil”, a indiqué la SNCF sur son site TER Hauts-de-France. La circulation devait reprendre progressivement en milieu de matinée, selon la même source.Mercredi soir, trois avions qui devaient atterrir à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle ont été déroutés vers celui de Lille-Lesquin en raison des intempéries en région parisienne, a indiqué à l’AFP le directeur commercial de l’aéroport Pierre Fernemont.Succédant au pic de chaleur qui a vu les températures dépasser les 35°C mercredi sur de larges régions de métropole, les orages et les rafales de vent enregistrées jusqu’à plus de 100 kilomètres/heure pendant la nuit ont également fait des dégâts matériels.”Dans une grande partie des départements affectés, des chutes d’objets ou d’arbres coupant les routes, des détériorations d’infrastructures et d’habitations au niveau des toitures, des inondations et des coupures d’électricité ont été signalées”, a indiqué la Sécurité civile jeudi matin.A Valailles (Eure), la foudre est tombée sur le clocher d’une église, “qui s’est partiellement effondrée”, selon un communiqué de la préfecture. A quelques dizaines de kilomètres, dans le même département, la toiture de la salle des fêtes d’Herqueville a été lourdement endommagée.”Les abonnés Free sont affectés par des problématiques de réseau dans une proportion en cours d’évaluation dans sept départements”, selon la Sécurité civile.Les pompiers ont réalisé 2.500 interventions en France durant la nuit de mercredi à jeudi.las-sm-laf-eg/cal/pta

La dette de la France a continué de croître début 2025

La dette publique de la France a continué de croître début 2025, atteignant 3.345,8 milliards d’euros à la fin du premier trimestre, soit 114% du Produit intérieur brut (PIB), en pleine turbulences politiques et tandis que le pays s’escrime à résorber un lourd déficit.La dette a augmenté de 40,5 milliards d’euros par rapport à la fin de l’année dernière, selon les chiffres de l’Insee publiés jeudi, alors que le gouvernement, en quête d’un budget pour 2026 et menacé de censure par la gauche après l’échec des négociations sur les retraites entre les partenaires sociaux, réunit un “comité d’alerte” sur les aléas susceptibles d’affecter les finances publiques. Dans ce domaine, la deuxième économie de la zone euro derrière l’Allemagne en est l’un des cancres. Sa dette publique est la troisième par ordre d’importance après celles de la Grèce et de l’Italie. Une somme énorme alimentée par les crises financières, sanitaires et inflationnistes, qui ne pesait que 57,8% du PIB fin 1995, selon l’Institut national de la statistique.Le déficit public de la France (5,8% du PIB), était le pire de la zone euro l’an dernier. Le gouvernement Bayrou entend le ramener sous le plafond européen de 3% du PIB à l’horizon 2029, après 5,4% du PIB en 2025 et 4,6% en 2026.  – “Année blanche” -Pour y parvenir, il a prévu un effort budgétaire d’une cinquantaine de milliards d’euros cette année, qu’il compte poursuivre à hauteur de 40 milliards en 2026 dans un contexte contraint par la volonté de la France de se réarmer et la hausse du coût de la dette, en voie de devenir le premier poste de dépenses budgétaires.  Une feuille de route a été promise par le Premier ministre François Bayrou à la mi-juillet, avant la présentation du projet de budget dont l’examen parlementaire à l’automne s’annonce périlleux pour la survie du gouvernement. “Vu la situation budgétaire calamiteuse, le budget de 2026 implique des mesures d’austérité impopulaires, rendant son adoption aussi difficile, sinon plus, que celui de 2025”, commente Bruno Cavalier, économiste en chef d’Oddo BHF, dans une note. Le gouvernement français souhaite en priorité maîtriser l’évolution des dépenses publiques, et éviter une augmentation d’impôts, en répartissant l’effort entre Etat, Sécurité sociale et collectivités locales. “Toutes les pistes sont étudiées, sans tabou”, a affirmé sa porte-parole Sophie Primas, mercredi sur franceinfo, y compris celle d’une “année blanche” — un gel des dépenses qui seraient reconduites au même niveau sans tenir compte de l’inflation. Comme ils l’avaient fait en début d’année pour permettre l’adoption du budget 2025, les ministres de l’Economie, Eric Lombard, et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, recevront tous les groupes politiques au ministère de l’Economie avant le 11 juillet. – “Exercice de communication” -Mais bâtir un compromis s’annonce ardu tant l’instabilité politique continue de secouer la France plus d’un an après la dissolution de l’Assemblée nationale. “Ce qui aujourd’hui est en train d’être construit par ce gouvernement est à la fois responsable et crédible”, a affirmé dimanche Mme de Montchalin au Grand Jury RTL/Le Figaro/Public Sénat/M6.Elle a reconnu toutefois des discussions “difficiles” avec les ministères, priés de présenter des économies lors de consultations qui s’achèvent cette semaine, avant l’arbitrage de Matignon.   “Tous les partis politiques sont occupés des prochaines élections, municipales en 2026 et présidentielle en 2027. N’importe quel prétexte peut donc servir à satisfaire leur clientèle électorale”, estime M. Cavalier.  A cette situation française difficile s’ajoute la forte incertitude internationale liée notamment à la hausse des droits de douane américains ou aux tensions au Proche-Orient, qui pèse sur la croissance. L’Insee et la Banque de France l’attendent à 0,6% en 2025, et le gouvernement à 0,7%, un fort ralentissement par rapport à 2024 (1,1%). Mme de Montchalin a promis mercredi de communiquer “en toute transparence” sur la situation des finances publiques lors du “comité d’alerte” réunissant pour la deuxième fois depuis avril parlementaires, élus locaux et partenaires sociaux. Elle a assuré qu’il n’y aurait pas de “plongeon” des recettes comme celui qui avait contribué à creuser le déficit en 2023 et 2024. Mais l’Association des maires de France (AMF) y voit “un nouvel exercice de communication” plutôt qu’une “véritable réunion de travail”. 

Grâce à ses drones, un architecte syrien reconstruit son village

Lorsqu’il a fui son village bombardé lors de la guerre civile en Syrie, Abdel Aziz al-Mohamed a documenté les destructions en envoyant des drones le survoler: grâce à ces données, cet architecte supervise aujourd’hui sa reconstruction.Quelques jours après la chute du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition islamiste en décembre, cet homme de 34 ans, passionné de drones, est rentré dans son village de Tall Mardikh, dans la province d’Idleb (nord-ouest).”Quand je suis revenu, j’ai été choqué par l’ampleur des destructions”, dit l’architecte. “On marchait dans les rues sans les reconnaître, je n’ai pas retrouvé la maison de mes parents”.Sous un soleil de plomb, il surveille des ouvriers qui finissent de réparer l’une des maisons de Tall Mardikh. Le village jouxte le site antique d’Ebla, connu pour ses tablettes d’argile datant de 2.400 à 2.300 avant J.C et qui témoignent de l’invention du premier alphabet.Près de la moitié des quelque 1.500 habitations ont été détruites par les bombardements du pouvoir syrien, et l’autre moitié est endommagée.Abdel Aziz al-Mohamed a fidèlement documenté les destructions lorsqu’il vivait encore dans son village. Et quand il a fui pour une zone proche de la frontière turque, en 2019, il a commencé à envoyer des drones le survoler et prendre des images des dégâts.A son retour, il a en deux semaines terminé de cartographier les destructions et établi une carte interactive du village, montrant l’état de chaque maison.”J’ai marché d’une maison à l’autre. On entrait dans les maisons en ayant peur, sans savoir ce qu’on y trouverait, cette région est restée sous le contrôle du régime pendant cinq ans”, raconte-t-il.Grâce à son travail de documentation, il a pu obtenir le financement d’une ONG basée en Turquie, Shafak, pour commencer à reconstruire.L’ONG va débourser un million de dollars pour réhabiliter 434 maisons, sur un total de 800 endommagées.Les travaux doivent se terminer en août, et englobent la remise en état de deux puits et de réseaux d’assainissement.- “Ni portes, ni fenêtres” – Après une guerre civile de près de 14 ans qui a fait plus d’un demi-million de morts, les premiers mois de 2025 ont vu un nombre croissant de Syriens retourner chez eux selon l’ONU. A la mi-mai, on estime que plus de 500.000 Syriens sont rentrés de l’étranger, tandis qu’environ 1,2 million de déplacés internes sont retournés dans leur région d’origine.Malgré les retours, la Syrie compte cependant toujours 13,5 millions de réfugiés et déplacés internes, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).Les nouveaux dirigeants espèrent pouvoir entamer la reconstruction du pays, dont le coût est estimé par l’ONU à plus de 400 milliards de dollars, après la levée des sanctions qui étaient imposées au pouvoir d’Assad.Mais pour le moment, la reconstruction se limite aux seules initiatives individuelles ou d’organisations caritatives dans le pays dévasté.A Tall Mardikh, seuls quelques dizaines d’habitants sont revenus.Parmi eux, Alaa Gharib, qui a placé une couverture en guise de porte dans sa maison en attendant sa réparation.”J’ai vécu sept ans sous la tente, et je suis revenu dans mon village à la libération”, dit cet homme de 45 ans. “Mais il n’y a ni portes ni fenêtres” dans la maison.Abdel Aziz al-Mohamed, lui, attend impatiemment la fin des travaux. “Le village est triste sans ses habitants, et avec ses maisons détruites”, dit-il. “Aujourd’hui, mon rêve, en tant que fils de Tall Mardikh, est que le village soit reconstruit, que les gens y reviennent et que la vie reprenne”.

Procès de P. Diddy: place aux plaidoiries finales

Après des semaines de témoignages souvent pénibles sinon bouleversants, les avocats entament jeudi leurs plaidoiries dans le procès pour trafic sexuel du magnat du hip-hop P. Diddy.L’accusation et la défense ont déjà indiqué cette semaine que leurs plaidoiries pourraient durer chacune plusieurs heures devant les jurés réunis au tribunal fédéral de Manhattan pour la dernière ligne droite de ce procès entamé au mois de mai.Figure incontournable du hip-hop de ces trois dernières décennies, Sean Combs, dit P. Diddy, qui a aussi fait fortune dans la mode et les alcools, comparaît pour trafic à des fins d’exploitation sexuelle et entreprise criminelle.Agé de 55 ans, il est accusé d’avoir forcé des femmes, dont son ex-petite amie de 2007 à 2018, la chanteuse Cassie, à se livrer à des marathons sexuels avec des hommes prostitués. Selon l’accusation, les employés de P. Diddy devaient notamment se charger de livrer des drogues aux victimes pour qu’elles se soumettent et faire en sorte qu’elles se taisent.Le rappeur a plaidé non coupable. Sa défense concède des épisodes de violence, mais affirme que les femmes participaient de leur plein gré aux rapports sexuels avec d’autres hommes, voire qu’elles témoignaient par jalousie ou pour l’appât du gain. – Témoignages, SMS et vidéos -Au cours des sept dernières semaines, les jurés ont entendu une trentaine de témoins, dont Cassie, et une ancienne petite amie de P. Diddy plus récente identifiée sous le pseudonyme Jane, qui ont chacune affirmé avoir été forcée de participer à ces marathons sexuels, nommés “freak-offs”.Outre les victimes présumées, ont témoigné au tribunal de Manhattan d’anciens assistants de la star du rap, des proches de Cassie et l’agent de sécurité d’un hôtel qui a déclaré avoir reçu 100.000 dollars dans un sac en papier kraft en échange d’une vidéo compromettante.Cette vidéo, capturée en mars 2016 par une caméra de surveillance d’un chic hôtel de Los Angeles, et diffusée par la chaîne de télévision CNN l’an dernier, montre P. Diddy traîner Cassie au sol et lui porter plusieurs coups, puis lui arracher son téléphone des mains.P. Diddy a, lui, choisi de ne pas témoigner, une stratégie courante de la défense qui n’a pas à prouver l’innocence de son client, mais plutôt à semer un doute raisonnable chez les membres du jury quant aux accusations des procureurs.Ces derniers ont présenté des milliers de pages de transcriptions de conversations téléphoniques ou d’échanges de SMS qui semblaient témoigner de la détresse des victimes présumées. Mais des messages de désir et d’affection ont été aussi retranscrits et utilisés par les avocats de la défense à de nombreuses reprises. Les jurés ont aussi visionné des vidéos de ces marathons sexuels, qualifiés de criminels par les procureurs, mais présentés comme consensuels et participant d’un mode de vie “polyamoureux” par la défense de P. Diddy. Les procureurs ont aussi présenté de nombreux documents financiers, notamment des paiements effectués via l’application CashApp à des prostitués masculins et des relevés de chambres d’hôtel et de trajets en avion, visant  à prouver le transport de personnes à des fins sexuelles.- Délibérations -Les appareils électroniques sont interdits en salle d’audience. Mais à chaque pause durant les débats, les créateurs de contenus sur TikTok, Instagram ou YouTube se précipitent sur les trottoirs devant le tribunal, calent leur téléphone sur un trépied pour raconter avec entrain les moindres péripéties de la salle d’audience.P. Diddy, incarcéré dans une prison de Brooklyn, n’entre et ne sort jamais du tribunal devant le public, contrairement aux membres de sa famille ou à des célébrités venues témoigner au procès, comme Kanye West, autre ténor du hip-hop. Les plaidoiries pourraient se terminer vendredi mais il y a peu de chance que les jurés, qui ont d’ailleurs reçu l’instruction de ne pas suivre l’actualité entourant cette affaire hypermédiatisée, commencent à délibérer sur-le-champ. L’accusation et la défense s’attendent plutôt à un début des délibérations lundi. P. Diddy risque la prison à vie.

L’étendue de la dette de la France début 2025 dévoilée jeudi

L’Insee dira jeudi si la dette colossale de la France, qui dépasse 3.300 milliards d’euros, a encore gonflé au premier trimestre, en pleines turbulences politiques pour le pays qui s’escrime à résorber son lourd déficit public.Le gouvernement, en quête d’un budget pour 2026 et menacé de censure par la gauche après l’échec des négociations sur les retraites entre les partenaires sociaux, réunit le même jour un “comité d’alerte” sur les aléas susceptibles d’affecter des finances publiques. Dans ce domaine, la deuxième économie de la zone euro derrière l’Allemagne en est aussi l’un des cancres. Sa dette, qui atteignait 3.305,3 milliards d’euros ou 113% du produit intérieur brut (PIB) fin 2024, est la troisième par ordre d’importance après la Grèce et l’Italie. Une somme énorme alimentée par les crises financières, sanitaires et inflationnistes, qui ne pesait que 57,8% du PIB fin 1995, selon l’Institut national de la statistique.Le déficit public (5,8% du PIB), était le pire de la zone euro l’an dernier. Le gouvernement entend le ramener sous le plafond européen de 3% du PIB à l’horizon 2029, après des objectifs de 5,4% en 2025 et 4,6% en 2026.  – “Année blanche” -Pour y parvenir, il a prévu un effort budgétaire d’une cinquantaine de milliards d’euros cette année, qu’il compte poursuivre à hauteur de 40 milliards en 2026 dans un contexte contraint par la volonté de la France de se réarmer et la hausse du coût de la dette, en voie de devenir le premier poste de dépense.  Une feuille de route a été promise par le Premier ministre François Bayrou à la mi-juillet, avant la présentation du projet de budget dont l’examen parlementaire à l’automne s’annonce périlleux pour la survie du gouvernement. “Vu la situation budgétaire calamiteuse, le budget de 2026 implique des mesures d’austérité impopulaires, rendant son adoption aussi difficile, sinon plus, que celui de 2025”, commente Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo BHF, dans une note. Le gouvernement souhaite en priorité maîtriser les dépenses publiques, en évitant une augmentation d’impôts, en répartissant l’effort entre Etat, Sécurité sociale et collectivités locales. “Toutes les pistes sont étudiées, sans tabou”, a affirmé sa porte-parole Sophie Primas, mercredi sur franceinfo, y compris celle d’une “année blanche” — un gel des dépenses qui seraient reconduites sans tenir compte de l’inflation. Comme ils l’avaient fait en début d’année pour permettre l’adoption du budget 2025, les ministres de l’Economie, Eric Lombard, et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, recevront tous les groupes politiques à Bercy avant le 11 juillet. – “Exercice de communication” -Mais bâtir un compromis s’annonce ardu tant l’instabilité politique continue de secouer la France plus d’un an après la dissolution de l’Assemblée nationale. “Ce qui aujourd’hui est en train d’être construit par ce gouvernement est à la fois responsable et crédible”, a affirmé dimanche Mme de Montchalin au Grand Jury RTL/Le Figaro/Public Sénat/M6.Elle a reconnu toutefois des discussions “difficiles” avec les ministères, priés de présenter des économies lors de consultations qui s’achèvent cette semaine, avant l’arbitrage de Matignon.   “Tous les partis politiques sont occupés des prochaines élections, municipales en 2026 et présidentielle en 2027. N’importe quel prétexte peut donc servir à satisfaire leur clientèle électorale”, estime Bruno Cavalier.  A cette situation française difficile s’ajoute la forte incertitude internationale liée notamment à la hausse des droits de douane américains ou aux tensions au Proche-Orient, qui pèse sur la croissance. L’Insee et la Banque de France l’attendent à 0,6% en 2025, et le gouvernement à 0,7%, un fort ralentissement par rapport à 2024 (1,1%). Amélie de Montchalin a promis mercredi de communiquer “en toute transparence” sur la situation des finances publiques lors du “comité d’alerte” réunissant pour la deuxième fois depuis avril parlementaires, élus locaux et partenaires sociaux. Elle a assuré qu’il n’y aurait pas de “plongeon” des recettes comme celui qui avait contribué à creuser le déficit en 2023 et 2024. Mais l’Association des maires de France (AMF) y voit “un nouvel exercice de communication” plutôt qu’une “véritable réunion de travail”. 

“Fito”, le criminel le plus recherché d’Equateur

Adolfo Macias, alias “Fito”, arrêté mercredi en Equateur, était le criminel le plus recherché du pays après son évasion de la prison d’où il commandait l’un des principaux gangs criminels du pays, les Choneros.Son nom avait été associé à l’assassinat en août 2023 de l’un des principaux candidats à l’élection présidentielle en Equateur, Fernando Villavicencio, qui avait fait état de menaces de mort de sa part.Il fait également l’objet d’une demande d’extradition du bureau du procureur de New York qui l’accuse de trafic d’armes et de cocaïne.Né en septembre 1979 à Manta sur la côte atlantique, là même où il a été arrêté mercredi par les forces spéciales, “Fito” avait pris la tête en 2020 du cartel de Choneros opérant tant dans le trafic de drogue que dans l’assassinat et l’extorsion après la mort violente de son mentor, Jorge Luis Zambrano.Ancien chauffeur de taxi, “Fito” était devenu l’ennemi public numéro un en Equateur, les autorités le désignant comme un “criminel aux caractéristiques extrêmement dangereuses”.Son évasion du pénitencier de Guayaquil (sud-ouest) en janvier 2024 avait donné le signal d’une vague de violences sans précédent dans le pays, des dizaines de morts à la clé.Photographié avec de longs cheveux hirsutes et une barbe proéminente lors d’un transfèrement de prison, il purgeait depuis 2011 une peine de 34 ans de privation de liberté pour crime organisé, trafic de drogue et meurtre.Dans le quartier du centre pénitentiaire de Guayaquil, aux peintures murales à sa gloire et dessins d’armes, de dollars et de lions, c’était lui le chef, comme en ont témoigné des vidéos qui l’avaient montré en train de faire la fête à l’intérieur de la prison avec des musiciens et des engins pyrotechniques.- Diplôme d’avocat -Derrière les hauts murs où l’administration pénitentiaire ne fait pas toujours la loi, il avait même enregistré un clip vidéo sur un “narcorroccido” (chanson populaire en l’honneur des narcotrafiquants) à sa gloire: “El corrido del Leon”.Il y apparaissait avec un large chapeau sur la tête, saluant et riant avec quatre détenus dans la cour de la prison, caressant un coq de combat, sur un air chanté notamment par sa fille, connue sous le nom de Queen Michelle.”Fito” exerçait “un contrôle interne important sur la prison” et y bénéficiait d’un “traitement différencié et préférentiel de la part des autorités”, avait souligné la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) dans un rapport en 2022.Ventripotent et réputé très charismatique, “Fito” a suivi derrière les barreaux des études de droit jusqu’à obtenir son diplôme d’avocat. Son gang, qui compte jusqu’à 8.000 membres selon les experts, a établi des liens avec les puissantes organisations criminelles colombienne (Clan del Golfo) et mexicaine (Cartel de Sinaloa) et des réseaux des Balkans, selon l’Observatoire équatorien du crime organisé.Mais sur les réseaux sociaux, Los Choneros se présentent comme des bienfaiteurs, des sortes de Robin des Bois, avec des clips vidéo vantant le trafic de drogue.En ligne, ils menacent les journalistes et, sur des rythmes de musique urbaine, lancent des avertissements aux autres gangs rivaux.”Choneros, nous sommes des lions. Avec l’oncle Fito contrôlant le quartier, nous sommes les patrons”, dit l’une des nombreuses chansons sur leur chaîne YouTube JF Music Entertainment.