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Coup dur pour Albert II à Monaco: son Premier ministre jette l’éponge avant même de commencer

Le prince Albert II de Monaco affichait sa sérénité, mais la crise est profonde sur le Rocher: son nouveau chef du gouvernement, nommé après cinq mois de recherches, a jeté l’éponge jeudi soir, avant même de prendre ses fonctions.”Il ressort de différents échanges que j’ai eus tout récemment que des forces négatives et contraires sont d’ores et déjà à l’œuvre pour faire perdurer les pratiques archaïques du passé et m’empêcher de mener à bien la mission que le Prince Albert m’a confiée”, a déclaré Philippe Mettoux dans un communiqué à l’AFP.Il n’a pas souhaité donner de précisions, mais ces propos interviennent alors que la principauté est secouée par une bataille médiatico-judiciaire impliquant d’anciens proches du prince désormais écartés et accusés de malversations, qui dénoncent en retour une main-mise du magnat de l’immobilier Patrice Pastor sur le Rocher.Conseiller d’Etat, ancien procureur et ancien conseiller de l’ex-Premier ministre français Dominique de Villepin, Philippe Mettoux, 66 ans, présentait de nombreux atouts pour Albert II, qui affiche depuis son intronisation en 2005 une volonté de politique vertueuse et de lutte contre les soupçons de malversations entourant Monaco.En début de semaine, M. Mettoux avait d’ailleurs publié un message enthousiaste sur son compte LinkedIn, “Il est incontestable que Monaco réussit dans les domaines de l’économie, de la finance, de l’attractivité, de l’innovation, du tourisme et de l’influence, selon un modèle original qui associe une monarchie active et une démocratie effective”, avait-il écrit.”Cependant, comme tous les pays, Monaco est confronté à des enjeux politiques, géopolitiques, sociétaux, sociaux, technologiques, environnementaux importants”, avait-il ajouté, tout en précisant: “J’aime les défis. Je me suis préparé”.- Les dossiers du corbeau -Mais depuis ce message, “il m’est apparu malheureusement évident que je ne disposerai pas des leviers indispensables pour écrire la nouvelle page, pourtant appelée de ses vœux par le Souverain et qui est nécessaire au rayonnement, à la stabilité et au redressement du pays”, a-t-il déploré dans son communiqué jeudi soir, appelant à une intensification de la lutte contre la corruption et le blanchiment.En matière de blanchiment, le Groupe d’action financière (Gafi) avait placé l’an dernier Monaco sur sa “liste grise”, malgré les efforts de la Principauté pour renforcer sa législation et ses instances de contrôle. Et la Commission européenne s’est alignée il y a quelques semaines, en ajoutant le Rocher à sa liste de pays à “haut risque”.Pour ce qui est de la corruption, la concentration inédite de millionnaires sur deux petits kilomètres carrés coincés entre mer et montagne a créé le marché immobilier le plus cher du monde, objet de toutes les convoitises.Les accusations volent dans tous les sens depuis la parution en 2021 du site internet intitulé “Dossiers du Rocher”, où un corbeau pointait quatre proches d’Albert II, dont son avocat personnel Thierry Lacoste et son comptable Claude Palmero, accusés de collusion et d’une trop grande proximité avec des groupes concurrents de Pastor.Une trentaine d’enquêtes sont en cours, dans une ambiance de bataille rangée qui vient d’entrer dans une nouvelle phase avec l’inculpation mercredi pour prise illégale d’intérêt en bande organisée et corruption passive de l’un des ex-proches du prince, Didier Linotte, ancien président de la plus haute cour monégasque.Attendu samedi au Japon, où il doit fêter la journée nationale de Monaco à l’exposition universelle d’Osaka, Albert II va devoir se mettre de nouveau à la recherche d’un nouveau “ministre d’Etat”, le titre officiel du chef du gouvernement monégasque.Nommé par le prince, il s’agit traditionnellement d’une personnalité détachée par la France, chargée de conduire la politique et d’assurer l’administration du tout petit territoire de 38.000 habitants.Beaucoup d’anciens préfets au profil plutôt gestionnaire s’y sont succédé, mais le profil plus politique de Didier Guillaume, qui avait été maire, président de conseil général, sénateur et ministre de l’Agriculture (2018-2020), avait vite séduit à son arrivée en septembre 2024.Depuis son décès prématuré en janvier, l’intérim à ce poste est assuré par la Monégasque Isabelle Berro-Amadeï, ministre des Relations extérieures.

Fusillade mortelle à un mariage dans le Luberon: deux hommes mis en examen et écroués

Deux hommes ont été mis en examen jeudi soir pour assassinat en bande organisée et écroués, quatre jours après la fusillade qui a fait deux morts, dont la mariée, à la fin d’un mariage dans un village du Luberon, dans le Vaucluse, a annoncé le procureur de Marseille.Les deux hommes, interpellés dimanche matin quelques heures après les faits, faisaient partie d’un groupe de quatre assaillants, dont l’un a été tué et l’autre est “toujours en fuite”, selon un communiqué du procureur Nicolas Bessone.Dimanche, vers 4h15 du matin, sur le parking à la sortie de la salle des fêtes du village de Goult dans le Luberon, où une fête de mariage s’était achevée, quatre hommes cagoulés, arrivés en voiture, ont fait irruption derrière le véhicule dans lequel venaient d’entrer le couple de mariés, la nièce de la mariée et son compagnon, ainsi que le neveu de la mariée âgé de 13 ans, rappelle le procureur.”Les assaillants ouvraient le feu et touchaient mortellement la mariée, atteinte de plusieurs tirs près de la carotide. Les coups de feu atteignaient également le marié, blessé de plusieurs tirs dans le haut du corps, ainsi que le jeune garçon dans la région pulmonaire, engageant son pronostic vital dans un premier temps”, ajoute le procureur.La sœur du marié qui se trouvait dans un véhicule à proximité a également été touchée à l’épaule.Selon le procureur, l’assaillant tué a été “touché par des tirs dans le dos et la tête”, et également “percuté par un véhicule durant l’action”.Après la fusillade, ses trois complices ont pris la fuite à pied.- Hypothèse du règlement de comptes -Cinquante gendarmes de la section de recherches de Marseille et du groupement de gendarmerie du Vaucluse ont entrepris de ratisser la zone, avec l’appui du GIGN et de la section aérienne de la gendarmerie, et ont interpellé vers 11H00 du matin deux des assaillants dans une commune proche, le dernier étant “toujours en fuite”.Lundi, le parquet d’Avignon, initialement chargé de l’enquête, s’était dessaisi au profit de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille.Après 96 heures de garde à vue, les deux hommes interpellés ont été présentés jeudi à un magistrat instructeur et mis en examen notamment pour assassinat et tentative d’assassinat en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs en bande organisée et recel en bande organisée. Ils ont été placés en détention provisoire.Dans son communiqué, le procureur de Marseille n’émet aucune hypothèse sur la motivation des assaillants.De source proche du dossier, le mari, originaire de Cavaillon, était connu des services de police, avec 26 mentions au fichier des traitements d’antécédents judiciaire (TAJ), dont infractions à la législation sur les stupéfiants et criminalité organisée.Dès dimanche, l’hypothèse d’un règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants avait été envisagée, selon une autre source proche du dossier.”Je pense que c’était ciblé”, avait avancé le maire de la commune, Didier Perello, “en colère, révolté et sous le choc”, lors d’un point presse improvisé sur place.”Nous sommes à proximité de communes malheureusement connues pour ce genre de faits”, comme Cavaillon, avait ajouté le maire de Goult, petit village d’un millier d’habitants juché sur un piton rocheux et surplombant les champs de lavande.

Plaidoirie de la défense attendue au procès de P. Diddy à New York

La défense du magnat américain du hip-hop Sean Combs, ou P. Diddy, va mener vendredi sa plaidoirie finale à New York pour clôturer les débats d’un procès pour trafic sexuel marqué par des semaines de témoignages souvent bouleversants.Les avocats du rappeur de 55 ans vont prendre la parole au lendemain du réquisitoire de la procureure, qui a accusé Sean Combs d’avoir usé “du pouvoir, de la violence et de la peur” pour pousser d’anciennes petites amies à participer sans leur consentement à des marathons sexuels.L’avocat Marc Agnifilo devrait s’avancer à la barre vendredi pour défendre son client, une figure incontournable du hip-hop de ces trois dernières décennies qui risque la prison à vie. Il a plaidé non coupable et choisi de ne pas témoigner, une stratégie courante de la défense aux Etats-Unis. Ses avocats n’ont pas à prouver l’innocence de leur client, mais plutôt à semer un doute raisonnable chez les membres du jury quant aux accusations des procureurs.En près de sept semaines, l’accusation a cité 34 témoins, mais les récits de deux anciennes compagnes du rappeur et d’une ex-assistante ont marqué les esprits.- Contrôle -La chanteuse de R&B Casandra Ventura, dite “Cassie”, et “Jane”, une femme restée anonyme, ont tour à tour raconté en détail comment elles avaient été contraintes de se livrer à des marathons sexuels avec des hommes prostitués, dans des mises en scène très chorégraphiées, afin de satisfaire les désirs du rappeur et producteur, qui se masturbait ou filmait.”Il ne s’agissait absolument pas de choix libres”, a martelé, cinq heures durant jeudi, la procureure Christy Slavik, précisant que les victimes présumées “étaient droguées, badigeonnées d’huile, épuisées et avaient mal”.Sean Combs “n’acceptait pas le +non+ comme une réponse possible”, a-t-elle insisté en rappelant l’immense contrôle qu’il exerçait sur son ex-compagne “Cassie” et les loyers payés pour son autre ex, Jane, devenue financièrement dépendante du rappeur.Mais durant les semaines précédentes, les avocats du rappeur ont tout fait pour discréditer un à un les témoins à charge à coups de contre-interrogatoires musclés. Cassie a été soumise à un feu roulant de questions, visant à lui faire concéder qu’elle participait de son plein gré aux parties sexuelles avec d’autres hommes.”Je suis toujours prête” pour un “freak-off”, le nom qui leur était donné, avait-elle écrit à son compagnon, en 2009. La chanteuse n’a pas contesté, tout en expliquant qu’elle était sous l’emprise de Diddy.- Délibérations -L’un des enjeux pour les jurés sera de fixer la frontière entre le consentement et la contrainte. Dans leur plaidoirie initiale, les avocats de P. Diddy avaient assuré que ses accusatrices étaient des “femmes adultes, capables et fortes”.Cassie et “Jane” ont admis que leurs relations respectives impliquaient de l’amour et du désir, mais qu’elles étaient dans le même temps soumises à des menaces liées à leur réputation, à leur situation financière et à leur intégrité physique.Les procureurs accusent aussi Sean Combs d’avoir participé à une entreprise criminelle — un chef d’accusation qui lui vaut d’encourir la prison à vie — en ayant organisé un réseau d'”hommes de main loyaux” qui l’ont aidé.”Il est devenu de plus en plus puissant et dangereux grâce au soutien de sa garde rapprochée et de ses affaires”, a déclaré jeudi la procureure, en référence à la fortune du rappeur, producteur et hommes d’affaires, évaluée à environ 700 millions de dollars par le magazine spécialisé Forbes.Une fois les plaidoiries de la défense achevées, les jurés se retireront pour délibérer.

A New York, P. Diddy étrillé par le réquisitoire de la procureure

P. Diddy a usé “du pouvoir, de la violence et de la peur” pour pousser d’anciennes petites amies à participer sans leur consentement à des marathons sexuels, a lancé jeudi la procureure dans son réquisitoire final au procès à New York du magnat du hip-hop.Après des semaines de témoignages souvent bouleversants, les parties présentaient leurs derniers arguments jeudi dans le procès pour trafic sexuel du fondateur du label Bad Boy Records, Sean Combs de son vrai nom.”Il s’est servi du pouvoir, de la violence et de la peur pour obtenir ce qu’il voulait. Et il comptait sur le silence et la honte pour garder ses crimes cachés”, a déclaré aux jurés du tribunal de Manhattan la procureure Christy Slavik, sous les yeux de l’accusé.”Il est devenu de plus en plus puissant et dangereux grâce au soutien de sa garde rapprochée et de ses affaires”, a-t-elle ajouté, en référence à la fortune du rappeur, producteur et hommes d’affaires, évaluée à environ 700 millions de dollars par le magazine spécialisé Forbes. Agé de 55 ans, P. Diddy est accusé d’avoir forcé des femmes – dont son ex-petite amie de 2007 à 2018, la chanteuse Cassie, et une petite amie plus récente qui a témoigné sous le pseudonyme de Jane – à se livrer à des marathons sexuels avec des hommes prostitués.- “Imaginez dire non” -Selon l’accusation, les employés de P. Diddy devaient notamment livrer de la drogue aux victimes pour obtenir leur soumission et leur silence.”Il ne s’agissait absolument pas de choix libres”, a martelé, cinq heures durant, la procureure, précisant que les victimes présumées “étaient droguées, badigeonnées d’huile, épuisées et avaient mal”. Le rappeur a plaidé non coupable et sa défense soutient que ces femmes participaient de leur plein gré à ces “freak-offs”, ou marathons sexuels, avec d’autres hommes, voire qu’elles témoignaient contre P. Diddy par jalousie ou pour l’appât du gain. Il encourt la prison à vie.Mais selon la procureure, Sean Combs “n’acceptait pas le +non+ comme une réponse possible” et “s’il voulait un freak-off, ça allait de toute façon arriver”.Elle a notamment rappelé l’immense contrôle qu’il exerçait sur son ex-compagne, Casandra Ventura, dite “Cassie”, les loyers payés pour son autre ex, Jane, et donc sa dépendance financière, et comment il a menacé de détruire leur réputation s’il diffusait les vidéos de ces actes sexuels avec des prostitués hommes.”Imaginez dire non à cette personne”, a-t-elle lancé au jury.Une vidéo capturée en mars 2016 par une caméra de surveillance d’un hôtel chic de Los Angeles, diffusée par CNN l’an dernier, montre P. Diddy traîner Cassie au sol et lui porter plusieurs coups, puis lui arracher son téléphone des mains.- Délibération -La défense doit plaider vendredi. P. Diddy a choisi de ne pas témoigner, et ses avocats vont tenter de semer un doute raisonnable chez les membres du jury quant aux accusations des procureurs.Ces derniers ont présenté des milliers de pages de transcriptions de conversations téléphoniques ou d’échanges de SMS qui semblent témoigner de la détresse des victimes présumées. Mais des messages de désir et d’affection ont été aussi retranscrits et utilisés par la défense à de nombreuses reprises. Les jurés ont visionné des vidéos de ces marathons sexuels, qualifiés de criminels par les procureurs, mais présentés comme consentis et participant d’un mode de vie “polyamoureux” par la défense de P. Diddy.Les procureurs ont aussi présenté de nombreux documents financiers, notamment des paiements effectués via l’application CashApp à des prostitués masculins et des relevés de chambres d’hôtel et de trajets en avion, visant à prouver le transport de personnes à des fins sexuelles.Les plaidoiries pourraient se terminer vendredi mais il y a peu de chances que les jurés, qui ont d’ailleurs reçu l’instruction de ne pas suivre l’actualité entourant cette affaire hypermédiatisée, commencent à délibérer sur-le-champ. L’accusation et la défense s’attendent plutôt à un début des délibérations lundi.

Comment Trump s’est mis à aimer l’Otan… pour l’instant

Le sommet de l’Otan qui s’est déroulé à La Haye restera dans les mémoires comme celui où Donald Trump s’est mis à aimer l’Alliance atlantique, après des années à la critiquer.Au cours de la rencontre, le président américain s’est visiblement délecté des éloges qui lui ont été prodiguées par les dirigeants présents à La Haye (Pays-Bas), en particulier le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, qui n’a pas hésité à le surnommer “papa”. Donald Trump s’est aussi félicité des promesses des membres de l’Alliance d’augmenter leurs dépenses pour leur sécurité, comme il l’avait exigé. Après des années à tacler les autres membres de l’Alliance et à menacer de quitter l’organisation, Donald Trump a semblé vivre une véritable conversion à l’Otan.”Je suis venu ici parce que c’est quelque chose que je suis censé faire, mais je suis reparti un peu différemment”, a-t-il reconnu lors de sa conférence de presse de clôture mercredi.”J’ai regardé les chefs de ces pays se lever, et l’amour et la passion qu’ils montraient pour leur pays étaient incroyables. Je n’avais jamais vu quelque chose de semblable (…). C’était vraiment émouvant à voir”, a-t-il déclaré. Au lendemain de son retour à la Maison Blanche, Donald Trump semblait encore étonnamment émotif à propos du temps passé avec ses 31 homologues. “Une journée merveilleuse avec des dirigeants incroyables et attentionnés,” a-t-il posté sur sa plateforme Truth Social jeudi.Un véritable revirement par rapport à son premier mandat.Le président américain avait alors réprimandé ses alliés à plusieurs reprises, réclamant qu’ils augmentent leurs dépenses de défense, et menacé de retirer les États-Unis de l’Otan. Lors de son premier sommet en 2017 à Bruxelles, il avait poussé le Premier ministre du Monténégro, Dusko Markovic, pour se frayer un chemin vers le devant de la scène. Un an plus tard, il avait publiquement critiqué l’Allemagne et dit en privé vouloir se retirer de l’Alliance.- “Envolée poétique” -Mais cette fois, les dirigeants de l’Otan avaient soigneusement chorégraphié la visite. Ils ont offert à Donald Trump l’accord qu’il souhaitait sur les dépenses militaires et ont comblé d’attentions le dirigeant dès son arrivée à ce sommet que les organisateurs avaient intentionnellement souhaité court pour lui plaire.Le président américain a passé la nuit dans un palais royal et participé à un dîner de gala et un petit-déjeuner avec le roi et la reine des Pays-Bas, une “rencontre géniale”, s’est-il enthousiasmé. Selon le directeur général du Conseil atlantique, Frederick Kempe, Donald Trump a évoqué l’Otan dans “une envolée poétique” tout à fait inédite. “Trump – le détracteur des mauvais payeurs européens en matière de défense et en croisade contre ses alliés pour ce qu’il considère comme des pratiques commerciales injustes – semblait un autre homme”, a-t-il écrit sur le site du Conseil atlantique.La question est maintenant de savoir ce que cela va signifier pour l’Otan si les priorités de l’Alliance finissent par être guidées par un seul homme. La déclaration finale du sommet sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie a ainsi été édulcorée par rapport aux années précédentes et n’a pas fait mention de la volonté de l’Ukraine de rejoindre l’Otan. Les journalistes n’ont pas été autorisés à assister à la réunion de Donald Trump avec Volodymyr Zelensky. Cette décision, en partie due à leur accrochage dans le Bureau ovale en février, a également privé le président ukrainien de la mise en scène qu’il espérait. “Le plus grand perdant a été l’Ukraine”, a estimé Ed Arnold chercheur au Royal United Services Institute, un groupe de réflexion basé à Londres.Donald Trump a également laissé entendre ce qui attendait les pays qui reviendraient sur leur engagement en matière de dépenses militaires, menaçant de faire “payer” économiquement à l’Espagne ses réticences sur leur augmentation.La pression est désormais sur l’Otan qui va devoir maintenir l’élan amoureux du dirigeant américain pendant les trois sommets prévus d’ici la fin de son second mandat. Pour l’heure, Donald Trump et son administration semblent satisfaits. A son retour à Washington, la Maison Blanche a publié une vidéo des moments forts du sommet, avec la légende “Papa est de retour”.  

L’Argentine va juger par contumace les suspects du sanglant attentat anti-juifs de 1994

Dix suspects, iraniens et libanais, seront jugés par contumace en Argentine dans un dossier traumatique resté sans réponse: l’attentat à la bombe contre la mutuelle juive Amia à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts et quelque 300 blessés en 1994, a ordonné jeudi un juge fédéral.La résolution, qui reste soumise à un éventuel appel, marque un tournant dans un cas emblématique, pire attentat de l’histoire du pays, jamais revendiqué ni élucidé, pour lequel les familles des victimes réclament justice depuis 30 ans.Dans sa résolution, à laquelle l’AFP a eu accès, le juge Daniel Rafecas prend acte du caractère “exceptionnel” d’un procès par contumace, procédure qui, jusqu’à il y a peu, n’existait pas en Argentine.Mais il considère qu’un tel procès “reste un outil qui permet, au moins, de tenter de découvrir la vérité, de reconstituer ce qui s’est passé, et surtout, de donner aux représentants des victimes un lieu pour s’exprimer publiquement”. Les autorités argentines, comme Israël, suspectent depuis longtemps que l’attentat de l’Amia (Association mutuelle israélo-argentine) a été commandité par l’Iran, avec l’appui opérationnel et logistique d’hommes du groupe armé chiite libanais Hezbollah.- Ex-ministres et diplomates -L’Iran a nié toute responsabilité, et a toujours refusé que ses responsables de l’époque soient interrogés. Certains d’entre eux avaient explicitement démenti toute implication, tels l’ancien chef de la diplomatie Ali Akbar Velayati, qualifiant sur une télévision argentine les accusations de “mensonges”, et enjoignant à l’Argentine “de ne pas se transformer en un instrument des sionistes”.Parmi les suspects – huit Iraniens et deux Libanais – figurent d’anciens responsables et diplomates iraniens, visés par des mandats d’arrêt depuis 2006.Des ex-ministres iraniens comme Ahmad Vahidi (Intérieur), l’ex-chef des renseignements Ali Fallahian et un ancien ambassadeur en Argentine, Hadi Soleimanpour, comptent notamment parmi les accusés.L’accusation, rappelle le juge, considère que les accusés doivent être jugés en tant que “co-auteurs, participants nécessaires ou instigateurs, en fonction de leur contribution”, pour homicide aggravé par la préméditation, le fait d’être commis en bande organisée, et des motifs de haine raciale ou religieuse.L’Argentine a été par deux fois dans les années 90 la cible d’attentats anti-juifs. En 1992, un attentat contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires avait fait 29 morts et plus de 200 blessés. En 1994, le pire attentat sur le sol argentin, à la voiture piégée, visait l’Amia.La communauté juive en Argentine, avec près de 300.000 membres, est la plus importante d’Amérique latine.En 2024, 30 ans après les faits, la justice argentine statuait que ces attentats avaient été commandités par l’Iran, jugement qualifié d'”historique” par la communauté juive locale.La procédure de procès par contumace n’existait pas dans le système judiciaire argentin jusqu’à un changement du Code pénal approuvé en mars dernier par le Parlement.- “Montrer ce qui a été fait, ou pas” -Contrairement à l’Amia, l’association de familles de victimes “Mémoire active” n’était pas favorable au procès par contumace, disant craindre qu’il ne serve qu'”à clôre l’affaire sans vérité et sans justice”.Dans sa résolution jeudi, le juge Rafecas prend acte de ces réserves, mais considère que “ne rien faire serait pire encore”, et ordonne un procès par contumace “afin d’éviter la perpétuation de l’impunité”.”Il ne s’agit pas de guérir les blessures par décret, ni d’imposer des réparations symboliques”, estime le juge. “Il s’agit de tenter de montrer, avec tout le soin et la surveillance nécessaires, ce qui a été fait, ce qui a fait l’objet d’une enquête, ce qui n’a pas été fait, ce qui manque, ce qui peut être examiné. Et de le faire publiquement”.Ni Mémoire active ni l’Amia n’avaient réagi jeudi soir au feu vert au procès.”Les terroristes accusés de l’attentat de l’Amia pourront être jugés”, s’est félicité sur X le ministre de la Justice Mariano Cuneo Libarona, saluant l’exécutif pour avoir impulsé la loi permettant désormais les procès par contumace pour les crimes graves.Le dossier Amia a aussi eu de fortes répercussions politiques en Argentine: Cristina Kirchner, l’ex-présidente de centre-gauche (2007-2015), reste sous le coup d’une procédure pour entrave à la justice, pour avoir promu, alors cheffe de l’Etat, un “mémorandum” avec Téhéran afin que des hauts fonctionnaires iraniens puissent être entendus hors d’Argentine. L’initiative était restée lettre morte.A l’origine de ces accusations, un procureur, Alberto Nisman, avait été retrouvé mort dans son appartement en 2015. La justice avait en 2018 conclu à un assassinat, sans qu’aucun responsable ne soit identifié.

L’Iran dit qu’il n’y a pas encore de “plan” pour renouer le dialogue avec Washington

L’Iran a affirmé jeudi qu’aucun “plan” n’existait encore pour une reprise des négociations sur le nucléaire avec les Etats-Unis, contrairement à ce qu’avait annoncé Donald Trump après le cessez-le-feu qui a mis fin à 12 jours de guerre entre Téhéran et Israël.Un sixième cycle de négociations sur le programme nucléaire de l’Iran, prévu le 15 juin via la médiation du sultanat d’Oman, a été annulé en raison de la guerre déclenchée deux jours plus tôt par l’attaque israélienne contre l’Iran.”Les spéculations sur la reprise des négociations ne doivent pas être prises au sérieux”, a déclaré jeudi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à la télévision d’Etat.”Je voudrais dire clairement qu’aucun accord ou arrangement n’a été conclu en vue de commencer de nouvelles négociations. Il n’y a pas encore de plan pour commencer des négociations”, a-t-il insisté. Le président américain avait évoqué mercredi une reprise prochaine des négociations. “Nous allons parler la semaine prochaine avec l’Iran, nous pourrions signer un accord”, avait-il dit.Téhéran, qui a réaffirmé ses “droits légitimes” à développer un programme nucléaire civil et dément vouloir se doter de l’arme atomique, s’était dit prêt à reprendre les discussions avec Washington sur un accord encadrant son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions frappant son économie.Un précédent accord conclu entre l’Iran et les grandes puissances en 2015 afin d’encadrer le programme nucléaire de l’Iran était devenu caduc après le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018, sous le premier mandat de Donald Trump. – “Gifle cinglante” -Jeudi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a relativisé l’impact des frappes menées dimanche à l’aube par les Etats-Unis, en soutien à Israël, sur les sites nucléaires de son pays, dans sa première apparition publique depuis la fin de la guerre mardi.Les Etats-unis “n’ont rien gagné de cette guerre”, a-t-il affirmé, ajoutant que “la République islamique l’avait emporté et, en représailles, infligé une gifle cinglante au visage de l’Amérique”.Il a estimé que le président américain avait “exagéré” l’impact des frappes, selon lui “nullement importantes”.M. Araghchi a cependant reconnu jeudi soir que des dégâts “importants” avaient été infligés aux installations nucléaires, ajoutant que les experts de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne “procèdent actuellement à une évaluation détaillée des dégâts”.”La discussion pour exiger des dommages” figure désormais en bonne place dans l’agenda du gouvernement, a-t-il ajouté. Après avoir déjà affirmé mercredi que le programme nucléaire iranien avait été retardé de “plusieurs décennies” par ces bombardements, M. Trump a assuré jeudi que “rien n’a été évacué” des sites visés avant les frappes.”Cela prendrait trop de temps, serait trop dangereux et serait très lourd et difficile à déplacer”, a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.D’après des experts, il est possible que l’Iran ait anticipé l’attaque américaine en évacuant ses quelque 400 kilogrammes d’uranium enrichi à 60%, un niveau proche du seuil de 90% nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique.Selon un document secret-défense dévoilé mardi par CNN, les frappes auraient scellé les entrées de certaines installations sans détruire les bâtiments souterrains, retardant le programme iranien de seulement quelques mois.La Maison Blanche a confirmé l’existence du rapport mais l’a qualifié de “tout à fait erroné”.- “La voie du dialogue” -Israël avait lancé le 13 juin une attaque aérienne massive sur l’Iran, dans l’objectif affiché de l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire.Selon un bilan officiel iranien, les frappes israéliennes ont tué au moins 627 civils et fait plus de 4.870 blessés. L’Iran a riposté par des tirs de missiles et de drones, qui ont fait 28 morts en Israël. A Téhéran, des Iraniens ont confié leur soulagement mais aussi leur inquiétude après le cessez-le-feu.”Je pense que la paix persistera du côté de l’Iran, mais les Israéliens n’ont jamais tenu leur parole. Si Dieu le veut, ils tiendront parole cette fois-ci”, a déclaré à l’AFP un vendeur de 39 ans prénommé Saeed.Pour le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin, le conflit a porté un “coup dur” au programme nucléaire de Téhéran mais il est “encore tôt pour évaluer les résultats de l’opération”.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a également jugé impossible à ce stade d’évaluer les dégâts et réclamé un accès aux sites. L’agence onusienne “a perdu la visibilité (sur les stocks d’uranium enrichi) à partir du moment où les hostilités ont commencé”, a expliqué mercredi son directeur général, Rafael Grossi.Après un vote mercredi du Parlement iranien en faveur d’une suspension de la coopération avec l’AIEA, le Conseil des Gardiens, en charge d’examiner la législation en Iran, a approuvé jeudi le texte de loi, qui doit être transmis à la présidence pour ratification finale. “Il n’y a pas de doute sur l’application de cette loi”, et “désormais notre relation et coopération avec l’Agence va prendre une autre forme”, a affirmé M. Araghchi. Voyant un “très mauvais signal”, l’Allemagne a appelé Téhéran à ne pas suspendre cette coopération et la France l’a exhorté à reprendre “sans délai la voie du dialogue” et la coopération avec l’agence de l’ONU.Pour le président français Emmanuel Macron, une sortie de l’Iran du Traité de non-prolifération, qui scelle la coopération de ce pays avec l’AIEA depuis 1970, serait le “pire scénario” en affranchissant le pays de tout contrôle.

L’Iran dit qu’il n’y a pas encore de “plan” pour renouer le dialogue avec Washington

L’Iran a affirmé jeudi qu’aucun “plan” n’existait encore pour une reprise des négociations sur le nucléaire avec les Etats-Unis, contrairement à ce qu’avait annoncé Donald Trump après le cessez-le-feu qui a mis fin à 12 jours de guerre entre Téhéran et Israël.Un sixième cycle de négociations sur le programme nucléaire de l’Iran, prévu le 15 juin via la médiation du sultanat d’Oman, a été annulé en raison de la guerre déclenchée deux jours plus tôt par l’attaque israélienne contre l’Iran.”Les spéculations sur la reprise des négociations ne doivent pas être prises au sérieux”, a déclaré jeudi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à la télévision d’Etat.”Je voudrais dire clairement qu’aucun accord ou arrangement n’a été conclu en vue de commencer de nouvelles négociations. Il n’y a pas encore de plan pour commencer des négociations”, a-t-il insisté. Le président américain avait évoqué mercredi une reprise prochaine des négociations. “Nous allons parler la semaine prochaine avec l’Iran, nous pourrions signer un accord”, avait-il dit.Téhéran, qui a réaffirmé ses “droits légitimes” à développer un programme nucléaire civil et dément vouloir se doter de l’arme atomique, s’était dit prêt à reprendre les discussions avec Washington sur un accord encadrant son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions frappant son économie.Un précédent accord conclu entre l’Iran et les grandes puissances en 2015 afin d’encadrer le programme nucléaire de l’Iran était devenu caduc après le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018, sous le premier mandat de Donald Trump. – “Gifle cinglante” -Jeudi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a relativisé l’impact des frappes menées dimanche à l’aube par les Etats-Unis, en soutien à Israël, sur les sites nucléaires de son pays, dans sa première apparition publique depuis la fin de la guerre mardi.Les Etats-unis “n’ont rien gagné de cette guerre”, a-t-il affirmé, ajoutant que “la République islamique l’avait emporté et, en représailles, infligé une gifle cinglante au visage de l’Amérique”.Il a estimé que le président américain avait “exagéré” l’impact des frappes, selon lui “nullement importantes”.M. Araghchi a cependant reconnu jeudi soir que des dégâts “importants” avaient été infligés aux installations nucléaires, ajoutant que les experts de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne “procèdent actuellement à une évaluation détaillée des dégâts”.”La discussion pour exiger des dommages” figure désormais en bonne place dans l’agenda du gouvernement, a-t-il ajouté. Après avoir déjà affirmé mercredi que le programme nucléaire iranien avait été retardé de “plusieurs décennies” par ces bombardements, M. Trump a assuré jeudi que “rien n’a été évacué” des sites visés avant les frappes.”Cela prendrait trop de temps, serait trop dangereux et serait très lourd et difficile à déplacer”, a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.D’après des experts, il est possible que l’Iran ait anticipé l’attaque américaine en évacuant ses quelque 400 kilogrammes d’uranium enrichi à 60%, un niveau proche du seuil de 90% nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique.Selon un document secret-défense dévoilé mardi par CNN, les frappes auraient scellé les entrées de certaines installations sans détruire les bâtiments souterrains, retardant le programme iranien de seulement quelques mois.La Maison Blanche a confirmé l’existence du rapport mais l’a qualifié de “tout à fait erroné”.- “La voie du dialogue” -Israël avait lancé le 13 juin une attaque aérienne massive sur l’Iran, dans l’objectif affiché de l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire.Selon un bilan officiel iranien, les frappes israéliennes ont tué au moins 627 civils et fait plus de 4.870 blessés. L’Iran a riposté par des tirs de missiles et de drones, qui ont fait 28 morts en Israël. A Téhéran, des Iraniens ont confié leur soulagement mais aussi leur inquiétude après le cessez-le-feu.”Je pense que la paix persistera du côté de l’Iran, mais les Israéliens n’ont jamais tenu leur parole. Si Dieu le veut, ils tiendront parole cette fois-ci”, a déclaré à l’AFP un vendeur de 39 ans prénommé Saeed.Pour le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin, le conflit a porté un “coup dur” au programme nucléaire de Téhéran mais il est “encore tôt pour évaluer les résultats de l’opération”.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a également jugé impossible à ce stade d’évaluer les dégâts et réclamé un accès aux sites. L’agence onusienne “a perdu la visibilité (sur les stocks d’uranium enrichi) à partir du moment où les hostilités ont commencé”, a expliqué mercredi son directeur général, Rafael Grossi.Après un vote mercredi du Parlement iranien en faveur d’une suspension de la coopération avec l’AIEA, le Conseil des Gardiens, en charge d’examiner la législation en Iran, a approuvé jeudi le texte de loi, qui doit être transmis à la présidence pour ratification finale. “Il n’y a pas de doute sur l’application de cette loi”, et “désormais notre relation et coopération avec l’Agence va prendre une autre forme”, a affirmé M. Araghchi. Voyant un “très mauvais signal”, l’Allemagne a appelé Téhéran à ne pas suspendre cette coopération et la France l’a exhorté à reprendre “sans délai la voie du dialogue” et la coopération avec l’agence de l’ONU.Pour le président français Emmanuel Macron, une sortie de l’Iran du Traité de non-prolifération, qui scelle la coopération de ce pays avec l’AIEA depuis 1970, serait le “pire scénario” en affranchissant le pays de tout contrôle.