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Mexique: saisie de 3,5 tonnes de cocaïne au large du Pacifique
Quelque 3,5 tonnes de cocaïne cachées dans un navire semi-submersible ont été saisies au large des côtes du Pacifique par la marine mexicaine, ont annoncé les autorités de ce pays vendredi.Les forces de sécurité mexicaines ont intensifié les saisies de drogues et les arrestations de narcotrafiquants face à la menace du président américain Donald Trump d’imposer …
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Mexique: saisie de 3,5 tonnes de cocaïne au large du Pacifique
Quelque 3,5 tonnes de cocaïne cachées dans un navire semi-submersible ont été saisies au large des côtes du Pacifique par la marine mexicaine, ont annoncé les autorités de ce pays vendredi.Les forces de sécurité mexicaines ont intensifié les saisies de drogues et les arrestations de narcotrafiquants face à la menace du président américain Donald Trump d’imposer des droits de douane sur toutes les exportations du Mexique si sa lutte contre le trafic de drogue ne s’intensifiait pas. L’embarcation avec trois personnes et 180 colis de cocaïne à bord a été repérée lors d’une patrouille de surveillance au large des côtes de l’État de Guerrero (sud), a précisé la marine dans un communiqué. Les trois hommes ont été arrêtés et mis à disposition du ministère public. Depuis que la présidente Claudia Sheinbaum a pris ses fonctions en octobre, les autorités du pays ont saisi plus de 44,8 tonnes de cocaïne lors d’opérations maritimes, a ajouté la marine. Au début du mois de juin a été annoncée la saisie de 42,2 tonnes de méthamphétamines dans l’État de Michoacan (ouest), ce qui représente l’une des plus grandes saisies de cette drogue. Plusieurs autres saisies de fentanyl ont également été annoncées au Mexique depuis le mois de décembre, après l’élection de Donald Trump.
La Cour suprême limite les pouvoirs des juges américains de bloquer des décisions de l’exécutif
La Cour suprême américaine à majorité conservatrice a accordé vendredi une précieuse victoire à l’administration Trump en limitant le pouvoir des juges de bloquer à l’échelle nationale les décisions de l’exécutif qu’ils considèrent comme illégales.Par six voix contre trois, celles des six conservateurs contre les trois progressistes, la plus haute juridiction des Etats-Unis considère que les décisions de portée nationale émises par des juges fédéraux “excèdent probablement les pouvoirs conférés par le Congrès aux tribunaux fédéraux”.”Lorsqu’un tribunal conclut que le pouvoir exécutif a agi illégalement, la réponse de ce tribunal ne peut pas être d’outrepasser lui aussi ses pouvoirs”, écrit au nom de la majorité la juge conservatrice Amy Coney Barrett.Les administrations successives, républicaines comme démocrates, ont souvent exprimé leur frustration envers ces suspensions à portée universelle qui permettent à un seul juge fédéral de bloquer leur politique, sur des sujets d’importance nationale, comme l’avortement, l’immigration ou encore les prêts étudiants.Cette décision pourrait donc être lourde de conséquences pour l’ensemble des contentieux contre l’administration Trump, mais aussi contre les administrations de ses successeurs.Donald Trump a salué sur son réseau Truth Social “une gigantesque victoire”. La Cour n’a néanmoins pas statué sur la constitutionnalité d’un décret présidentiel de Donald Trump qui revient sur le droit du sol, à l’origine de ce contentieux.L’affaire porte sur la suspension de ce décret présidentiel sur la citoyenneté, déclaré inconstitutionnel par tous les tribunaux et cours d’appel fédéraux qui en ont été saisis.A contrario, la juge Sonia Sotomayor, dans un avis écrit de désaccord auquel s’associent les deux autres juges progressistes, qualifie la décision de la Cour d'”invitation au gouvernement à contourner la Constitution”.”Le pouvoir exécutif peut maintenant appliquer des politiques qui bafouent la jurisprudence établie et violer les droits constitutionnels d’innombrables individus et les tribunaux fédéraux seront entravés pour pleinement arrêter ces actions”, déplore-t-elle.”Aucun droit n’est sûr dans le nouveau régime juridique que crée la Cour”, résume Mme Sotomayor, tandis que sa collègue progressiste Ketanji Brown Jackson voit “une menace pour l’Etat de droit”.- “Patchwork de droits” -L’administration Trump demandait à la Cour non pas de lever la suspension de son décret à ce stade, mais de limiter la portée des suspensions aux seules personnes ayant saisi la justice, dénonçant ce qu’elle décrit comme une dérive.Cette décision “risque de créer un patchwork de droits pour acquérir de la nationalité américaine”, explique à l’AFP Steven Schwinn, professeur de droit constitutionnel à l’Université de l’Illinois à Chicago.Dans cette configuration, “le droit du sol sera reconnu dans certains endroits et pour certaines personnes, celles qui ont obtenu gain de cause en justice, mais pas dans les endroits où il n’y a pas eu d’action en justice et pour les gens qui y vivent”, détaille-t-il.”Cette conception en patchwork des droits individuels est contraire à la tradition et à l’histoire des Etats-Unis et à l’Etat de droit”, affirme-t-il.Donald Trump a signé le décret sur le droit du sol à peine arrivé à la Maison Blanche le 20 janvier, l’une des mesures les plus critiquées de son nouveau mandat, affirmant vouloir ainsi combattre l’immigration clandestine. Le principe du droit du sol, consacré par le 14e amendement de la Constitution, dispose que tout enfant né aux Etats-Unis est automatiquement citoyen américain, et est appliqué depuis plus de 150 ans.Le décret de l’administration interdit au gouvernement fédéral de délivrer des passeports, des certificats de citoyenneté ou d’autres documents aux enfants dont la mère séjourne illégalement ou temporairement aux Etats-Unis, et dont le père n’est pas citoyen américain ou résident permanent – titulaire de la fameuse “carte verte”.Le 14e amendement a été adopté en 1868, après la Guerre de Sécession et l’abolition de l’esclavage, afin de garantir les droits des esclaves affranchis et de leurs descendants.
Les migrants d’Asie centrale en Russie, ligne de vie financière pour leurs pays
“Avant, les enfants jouaient dans la poussière. Maintenant on a un gymnase et du gazon”, se félicite Abazbek Abdinabiev, prof de sport au Kirghizstan. Des installations construites avec l’argent envoyé par les migrants travaillant en Russie, manne indispensable aux pays d’Asie centrale qui atteint des records.”La contribution des migrants a été énorme. Malgré l’éloignement, tous ont contribué à ce que leurs enfants en bénéficient”, raconte à l’AFP M. Abdinabiev dans la région de Batken (sud), particulièrement concernée par l’émigration.Non loin, Nour Akmatov supervise le chantier d’un bâtiment “construit avec l’argent récolté par les migrants et les villageois”, qui accueillera une bibliothèque, ainsi qu’une salle de conférence et une salle de sport réservée aux femmes.”Quand je travaillais à Moscou, je mettais trois euros par mois” dans cette caisse commune, explique le trentenaire, qui estime à 1.500 le nombre de migrants de son village y cotisant.Car l’argent gagné par les migrants centrasiatiques est vital pour leurs familles, avec des salaires moyens équivalant à 220 euros au Tadjikistan, 400 au Kirghizstan et 450 en Ouzbékistan.Ces envois représentent près de la moitié du PIB tadjik, record du monde, environ un quart du PIB kirghiz et 14% du PIB ouzbek, selon la Banque mondiale. Leur augmentation en 2024 — à un total de 5,8 milliards de dollars au Tadjikistan, 3 milliards au Kirghizstan et 14,8 milliards en Ouzbékistan — s’explique par la dépréciation des monnaies locales face au rouble, mais aussi par la hausse des salaires en Russie causée par la guerre en Ukraine. La pénurie de main d’oeuvre est en grande partie comblée par les migrants.Sans leurs transferts, le taux de pauvreté passerait de 29% à 41% au Kirghizstan, d’après les statistiques nationales.- “Embellir le pays” -Car l’argent sert aussi à construire des infrastructures quand l’Etat n’en a pas les moyens, via des systèmes d’entraide très présents dans les sociétés centrasiatiques.Le principe est partout le même: les migrants et les villageois cotisent pour réunir les fonds, parfois complétés par des financements étatiques.A Mehrobod, (nord du Tadjikistan), une bannière du gouvernement tendue au-dessus de la route rappelle qu'”embellir le pays est le devoir de chaque citoyen”.”Chaque district s’efforce de résoudre les problèmes par ses propres moyens: pour que nos enfants aillent à l’école, que les rues soient propres et bien entretenues”, résume le villageois Abdoukakhor Madjidov.Autour de lui, des ouvriers aplanissent le sol avant de goudronner, après la construction d’une école et d’un pont l’an passé.”Une personne collecte des fonds auprès des habitants, par exemple pour paver les rues. Dès qu’une rue est remise en état, on passe à la suivante”, explique M. Madjidov, chargé de récolter l’argent.Mais la Russie a perdu de son attrait depuis son offensive en Ukraine lancée en 2022. Si les migrants n’ont jamais envoyé autant d’argent chez eux, ils n’ont jamais été aussi nombreux à la quitter.Nombre d’ex-migrants interrogés par l’AFP disent espérer ne plus retourner en Russie. Ils évoquent la multiplication des contrôles violents et humiliants ou la crainte d’être envoyés en Ukraine, comme 20.000 d’entre eux naturalisés russes déjà “sur le front”, selon Moscou.”J’ai été expulsé de Russie après y avoir travaillé huit ans”, raconte Kadyrbek Tachimbekov, orientant le grutier pour saisir les poutres destinées à la construction du centre, à Batken.Le jeune homme de 29 ans fait partie des quelque 300.000 Kirghiz rentrés, de gré ou de force, entre 2023 et 2024, soit près de la moitié du contingent kirghiz.- “Moins d’immigration” -Des lois signées par le président russe Vladimir Poutine facilitent la localisation et l’expulsion des migrants après l’attentat de la salle de concert Crocus à Moscou en mars 2024 et l’arrestation de suspects centrasiatiques.Ces traitements font réagir les autorités d’Asie centrale, pourtant alliées de Moscou.Le dirigeant tadjik Emomali Rakhmon s’est inquiété des “centaines de cercueils rapatriés” de ceux partis “gagner du pain pour leur famille”, sans étayer sa pensée, entre les Tadjiks décédés dans des accidents du travail, sur la route pour relier la Russie, ou en Ukraine.Quant à son homologue kirghiz Sadyr Japarov, le retour des migrants est l’un des piliers de sa politique.”Au Kirghizstan, la situation s’est améliorée, les salaires aussi”, assurent Abazbek, Nour et Kadyrbek, les trois ex-migrants ne souhaitant plus retourner en Russie.Avec l’espoir que leurs compatriotes ne soient bientôt plus obligés de s’exiler. “On espère qu’avec cet espace culturel et sportif, les gens se cultiveront, se formeront”, explique Nour. “Et peut-être qu’il y aura moins d’émigration”.



