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A Maracaibo, la capitale pétrolière du Venezuela, on fore pour l’eau

“A Maracaibo, on est prêt pour l’apocalypse”, dit une blague souvent répétée par ses habitants. Jadis florissante, la capitale pétrolière vénézuélienne, ébranlée par la crise, s’est habituée à vivre avec les coupures d’eau et de courant, comme avec les pénuries d’essence.Résidences, écoles, commerces, églises ou centres de santé creusent désormais pour construire des puits et pallier le manque d’eau. Prix: entre 1.000 et 6.000 dollars. Une somme énorme dans ce pays où le revenu minimum avoisine les 200 dollars par mois. Manuel Palmar sourit chaque fois qu’il ouvre le robinet et voit un puissant jet d’eau en sortir. “C’est une bénédiction!”, affirme à l’AFP ce comptable de 34 ans qui s’est réuni avec ses voisins pour construire un puits il y a quatre ans.La pénurie d’eau existe depuis des décennies dans tout le pays et Maracaibo, berceau de l’exploitation pétrolière, ne fait pas exception malgré sa richesse passée. Les raisons sont multiples: machines de pompage en panne, fuites dans les tuyauteries, sécheresse dans les réservoirs.  Les experts dénoncent des années de désinvestissement et de corruption. Au début de l’année, l’eau n’a pas coulé dans les robinets pendant plus d’un mois dans certaines localités. – Essor des puits -Les habitants trouvent des solutions selon leurs moyens. Certains remplissent des “pipas” (des seaux d’environ 200 litres) pour 2 ou 3 dollars. Faire appel à un camion-citerne pour remplir le réservoir d’un immeuble coûte entre 40 et 60 dollars. D’autres recyclent l’eau rejetée par la climatisation – un appareil de première nécessité à Maracaibo – ou recueillent l’eau de pluie. Solution à long terme et permettant d’être autonome, le puits connaît un essor depuis six ans et se répand également dans des villes comme Caracas, où le manque d’eau se fait sentir dans certains secteurs. Manuel Palmar vit à Ziruma, quartier de classe moyenne inférieure de Maracaibo. Lui et ses voisins ont payé 2.500 dollars pour l’installation d’un puits de 12 mètres de profondeur. Maintenant, le groupe de voisins peut stocker jusqu’à 80.000 litres d’eau de source environ chaque semaine. L’eau n’est potable, en raison de sa trop forte salinité, mais “elle est parfaite pour laver les vêtements, pour les toilettes, elle n’a pas de résidus”, explique-t-il, satisfait de l’investissement qui lui permet désormais d’économiser le paiement récurrent du camion-citerne.- Eau contaminée -Le prix d’un puits varie en fonction de la profondeur, des analyses de l’eau et des équipements électriques de pompage.Gabriel Delgado en a construit environ 20 dans cette ville de 2 millions d’habitants. Parmi ses clients figurent une clinique pour malades cardiaques ou quatre écoles privées. Il en a également installé un chez sa belle-mère: un cylindre en ciment gris, d’un mètre et demi de diamètre, enterré sous un tas de bidons et de pierres qui dissimulent son sommet. Des toiles d’araignées pendent juste au-dessus du niveau de l’eau, mais, dès que l’homme connecte sa pompe d’aspiration, le liquide jaillit avec force. L’eau semble cristalline et il la qualifie de douce. Il en boit même une gorgée dans une bouteille translucide qu’il vient de remplir. “C’est rafraîchissant”, dit-il. Bien meilleur que l’eau jaunâtre et boueuse qui sort parfois des robinets en période de pluie.  Les autorités sanitaires et environnementales doivent délivrer des autorisations préalables avant les forages. Elles exigent notamment des analyses d’eau.Mais tous ne réalisent pas ces démarches. Javier Otero, directeur du département des eaux de la mairie de Maracaibo, explique avoir détecté des puits artisanaux peu profonds, certains proches de canalisations ou de cours d’eau contaminés. Ces gens “consomment une eau qui n’est pas potable, saumâtre”, déclare-t-il à l’AFP. La mairie a construit sept puits pour approvisionner les quartiers pauvres de Maracaibo.Ce type d’infrastructure a désormais sa place dans les annonces immobilières: les prix des logements montent lorsque le bien dispose d’un puits et d’un groupe électrogène.

Au Maroc, des élèves repêchent leurs camarades qui ont décroché

Saïd Rifaï est fier. L’adolescent marocain de 15 ans a contribué à ramener plusieurs jeunes sur les bancs de l’école dans le cadre d’une campagne contre le décrochage scolaire, un problème majeur qui alimente les inégalités sociales au Maroc.”Il faut les aider à revenir”, lance Saïd, convaincu de sa mission.Au collège Al Jawhara de Tiflet, à une soixantaine de kilomètres de Rabat, “nous avons réussi à faire revenir huit de nos 17 amis avant qu’ils ne sacrifient leur avenir”, indique à l’AFP une camarade de Saïd, Doha El Ghazouli, 15 ans aussi.Chaque année, 276.000 enfants de moins de 18 ans quittent l’école dans le royaume de près de 37 millions d’habitants, d’après Hssain Oujour, responsable des “Ecoles de la deuxième chance” au sein du ministère de l’Education nationale.Un fléau auquel le Maroc tente de remédier depuis longtemps et contre lequel il mise sur les enfants eux-mêmes pour faire revenir les décrocheurs, notamment via les “Ecoles de la deuxième chance”.Huda Enebcha, 16 ans, a réussi avec Doha à convaincre leur voisine de reprendre le chemin de l’école.”On l’a aidée à revoir les matières les plus difficiles, et on lui a montré des vidéos des activités à l’école”, raconte-t-elle. “Elle a fini par accepter après beaucoup d’efforts.”Dans les zones rurales marocaines, les abandons scolaires sont fréquents, souvent liés à la pauvreté, à la précarité ou à des difficultés d’apprentissage, explique le directeur de l’établissement, Saïd Tamouh.Ce phénomène reflète aussi les fragilités de l’enseignement public au Maroc, marqué par des classes surchargées et un niveau en recul face au privé, en dépit des réformes engagées ces dernières décennies.Selon l’Unicef, 250 millions d’enfants dans le monde ne parviennent pas à acquérir les compétences de base en matière d’alphabétisation.Au Maroc, l’analphabétisme touche près d’une personne sur quatre, soit environ neuf millions de personnes. Au total, 47,5% de la pauvreté dans le pays s’explique par des déficits en matière d’éducation, selon le Haut-Commissariat au Plan, ce qui contribue à alimenter les inégalités sociales, un problème de taille au Maroc.- “Le vide” -Près du collège Al Jawhara, 110 élèves suivent avec attention les formations proposées par l’école de la deuxième chance Abou el-Kacem Chebbi, gérée par l’association d’aide à la réinsertion Salam.Entre ateliers de coiffure, d’arts décoratifs et cours d’arabe classique, chacun tente de rattraper le fil de sa scolarité.”Quand on quitte l’école, c’est le vide. C’est pour ça que j’ai décidé de revenir, notamment grâce aux enseignants de ce centre. Ils m’ont donné une vraie seconde chance”, dit Sanae Sami, 17 ans, en plein cours de maquillage.Pour Hafida El Fakir, présidente de l’association Salam, il n’y a pas de secret: “quand ils trouvent du soutien et de l’accompagnement pour reprendre leur scolarité, ils peuvent réussir et aller loin”.”En fin d’année, on évalue leur niveau. Selon leurs compétences, ils peuvent être réintégrés dans le système scolaire formel”, explique Lahbib El Fakir, coordinateur administratif et pédagogique de l’école.D’après M. Oujour, environ 70% des bénéficiaires de ces écoles rejoignent des centres de formation professionnelle et 20% réintègrent le système scolaire classique.Repêché l’an dernier par des amis, Amine Othmane a choisi cette année de participer activement à la campagne. Il anime des rencontres à la maison de jeunes de la ville.Pour convaincre quelqu’un de revenir à l’école, “il faut d’abord qu’il regrette et ait envie d’y retourner”, dit-il, confiant avec pudeur avoir convaincu trois jeunes.Parmi eux, Aya Benzaki, 18 ans, une jeune fille qui rêve désormais d’obtenir son bac, et Jihane Errafii, 17 ans, qui se dit reconnaissante envers ses camarades.”J’avais juste besoin que quelqu’un me tende la main.”

Au Portugal, une crise du logement qui n’en finit pas

Faute de pouvoir payer un loyer, Antonio Lemos, un aide-cuisinier à la retraite, vit dans une maison abandonnée en plein Lisbonne, victime de la crise du logement aiguë traversée par le Portugal, où les prix de l’immobilier ont plus que doublé en dix ans.Depuis que son appartement a été racheté par des investisseurs étrangers, ce retraité de 80 ans, qui touche une pension à peine supérieure à 500 euros, n’a plus retrouvé de logement stable et vit sans eau ni électricité.”Comment payer un loyer de 400 ou 500 euros pour une chambre?”, soupire-t-il. “L’âge avance et j’ai peur”, confie à l’AFP ce Lisboète, qui s’est résigné à attendre qu’une institution caritative lui trouve une solution d’hébergement.Confronté à une crise du logement parmi les plus graves d’Europe, le gouvernement portugais de droite, reconduit en mai après des élections anticipées, a fait de ce sujet une de ses priorités.Mais les mesures qu’il a déjà annoncées ont été jugées insuffisantes, et un collectif pour le droit au logement appelle à manifester ce week-end dans une douzaine de villes portugaises.La hausse des prix de l’immobilier s’est enclenchée à partir de 2011. Alors placé sous perfusion financière de l’UE, le pays a décidé d’attirer des capitaux étrangers en offrant des “visas dorés” aux investisseurs immobiliers et en proposant des avantages fiscaux aux retraités européens ou aux nomades numériques.- 124% d’augmentation en dix ans -Résultat: depuis 2015, les prix de l’immobilier au Portugal ont augmenté de 124%, contre une hausse de 53% en moyenne dans l’UE, selon Eurostat. Au premier trimestre 2025, les prix ont encore bondi de plus de 16%, un record historique, selon l’Institut national des statistiques.Cette nouvelle flambée s’explique notamment par la baisse des taux d’intérêt et la garantie publique accordée aux jeunes pour les nouveaux prêts immobiliers, une des mesures déjà prises l’an dernier pour faciliter l’accès au logement.Dans un pays où le parc locatif public représente moins de 2% des foyers et où de nombreux logements sont utilisés pour des locations touristiques de courte durée, cette pression retombe aussi sur les locataires.Dans un quartier en pleine transformation, Carlos, 55 ans, qui préfère ne pas donner son nom de famille, vit depuis cinq ans dans un container cerné par des chantiers. A l’intérieur, un matelas sommaire, quelques effets personnels et des oiseaux en cage pour lui tenir compagnie.Après le décès de sa mère, avec qui il vivait, le bail est résilié et, du jour au lendemain, il s’est retrouvé à la rue et peine à retrouver un toit.- “Illusion de l’offre” -“Je n’ai rien trouvé à moins de 800 euros”, témoigne ce jardinier municipal dont le salaire avoisine les 1.000 euros. “Avoir un salaire et ne pas pouvoir payer un loyer, c’est inacceptable!”.Dans un pays où plus de 70% de la population est propriétaire de son logement, le nouveau gouvernement entend construire près de 60.000 nouveaux logements sociaux.Il a aussi inscrit dans son programme des mesures visant à simplifier les aides publiques à la location, convertir les immeubles publics vacants, ou accélérer la rénovation et la construction grâce à des avantages fiscaux.”Ce n’est pas avec davantage de logements que cette crise va se régler”, car cela risque au contraire de “surchauffer le marché”, met toutefois en garde Luis Mendes, chercheur à l’Institut de géographie et d’aménagement du territoire.L’association des locataires lisboètes critique de son côté “l’illusion de l’offre comme solution unique” et dénonce un “manque de régulation et de courage politique”.Même la Commission européenne suggère au Portugal de prendre “des mesures de régulation des loyers pour protéger les groupes les plus touchés” ou de réglementer davantage les locations touristiques de courte durée.Les mesures adoptées par les gouvernements successifs se sont révélées “inefficaces”, regrette M. Mendes soulignant qu'”année après année l’immobilier bat de nouveaux records”.

La cigarette bannie à la plage et au parc, mais pas en terrasse

Fumer à la plage, dans un parc, sous un abribus ou devant un lycée, c’est officiellement banni dès dimanche en France. Cette interdiction visant à protéger notamment les enfants ne concerne pas les terrasses de cafés et restaurants, au grand dam des associations anti-tabac.Promise fin 2023 et annoncée fin mai par Catherine Vautrin, cette mesure s’applique aussi aux abords des bibliothèques, équipements sportifs (stades, piscines…), établissements scolaires et établissements destinés à l’accueil, formation ou hébergement des mineurs, selon le décret paru samedi matin au Journal officiel, même si les périmètres précis doivent être encore déterminés par un autre texte. Les cigarettes électroniques ne sont pas concernées par cette interdiction, qui ne s’applique pas aux terrasses de cafés et de restaurants.Le non-respect de cette interdiction pourrait à terme être sanctionné par une contravention de quatrième classe, soit 135 euros, mais le ministère de la Santé a évoqué fin mai devant la presse une période de “pédagogie”.”Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître”, a déclaré fin mai Catherine Vautrin, plaidant que la liberté de fumer “s’arrête là où commence le droit des enfants à respirer un air pur”.L’élargissement des espaces sans tabac faisait partie des mesures prévues par le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) 2023-2027, avec l’ambition de “relever le défi d’une génération débarrassée du tabac dès 2032”. Désireuses d’agir, 1.600 communes volontaires ont déjà élargi l’interdiction de fumer dans les lieux publics à des parcs, plages, pistes de ski, abords d’écoles… soit 7.000 espaces sans tabac, dans des expérimentations locales accompagnées par la Ligue contre le cancer.Selon un sondage commandité par la Ligue contre le cancer et publié fin mai, six Français sur dix (62%) sont favorables à une plus large interdiction de la cigarette dans l’espace public. – “Hameçonner les jeunes” -Très attendue par les organisations de lutte contre le tabagisme, l’interdiction permettant de “dénormaliser” l’usage du tabac dans l’espace public “va dans le bon sens, mais reste insuffisante”, déclare à l’AFP Yves Martinet, le président du Comité National Contre le Tabagisme (CNCT).”La ministre s’appuie sur la protection des enfants”, mais ces derniers “vont aussi sur les terrasses”, souligne ce pneumologue.Franck Delvau, président de l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) d’Ile-de-France, se satisfait pour sa part que les terrasses ne soient pas concernés: une telle interdiction ne ferait selon lui que déplacer le problème: “Les gens en terrasse iraient fumer à côté des établissements”. “Fumeurs et non-fumeurs peuvent cohabiter” en terrasse, les “derniers lieux de convivialité et de liberté”, abonde Franck Trouet, délégué général du Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France (GHR).En France, l’exposition passive à la fumée du tabac fait 3.000 à 5.000 morts par an, selon les chiffres officiels.Le CNCT regrette aussi l’absence dans le texte des cigarettes électroniques, dont les arômes servent à “hameçonner les jeunes”, regrette le CNCT. Or, “pour qu’une mesure soit efficace, il faut qu’elle soit claire : pas de consommation de produits contenant du tabac ou de la nicotine en public”, martèle Yves Martinet. Près de neuf Français sur dix (89%) iraient autant ou plus souvent sur des terrasses de cafés et restaurants non-fumeurs, et plus d’un tiers (35%) des fumeurs et vapoteurs souhaitent réduire leur exposition, dans un sondage commandé par l’association Demain Sera Non-Fumeur (DNF) et diffusé en juin.  Le tabagisme est en baisse constante en France avec “la prévalence la plus faible jamais enregistrée depuis 2000”, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Moins d’un quart des adultes de 18 à 75 ans déclaraient fumer quotidiennement en 2023, observe l’OFDT. Le tabagisme fait 75.000 morts par an et, selon l’OFDT, coûte 156 milliards d’euros par an à la société (vies, qualité de vie et productivité perdues, prévention, répression, soins…).Le décret paru samedi renforce aussi les sanctions en cas de vente de produits du tabac et du vapotage aux mineurs, qui constitue désormais une contravention de cinquième classe. 

Top 14: entre Toulouse et Bordeaux-Bègles, des destins liés pour une revanche au sommet

Toulouse au bout d’une “saison en enfer”, ou Bordeaux-Bègles pour accéder au firmament? Le champion en titre rouge et noir vise un troisième Bouclier consécutif samedi face à une Union en lice pour un doublé historique, lors d’une finale de Top 14 aux airs de revanches.En matière de cicatrices comme de savoir-faire, tout est une question de temps. Dans la Ville Rose, on cherche encore à apaiser la douleur née du revers subi contre l’UBB en demi-finale de Champions Cup début mai (35-18), séisme pour un Stade Toulousain habitué à briller sur la scène européenne.Les Rouge et Noir soignent encore leurs blessés, pensionnaires d’une infirmerie cinq étoiles où figure un des meilleurs joueurs du monde, Antoine Dupont, en bonne compagnie aux côtés de Peato Mauvaka, Ange Capuozzo ou encore le dernier venu Alexandre Roumat.L’UBB a elle trouvé un baume idéal en pourfendant dans les grandes largeurs le maître haut-garonnais durant le printemps, moins d’un an après une humiliation sans précédent vécue au Vélodrome de Marseille, théâtre de la précédente finale du Top 14.Les hommes de Yannick Bru n’avaient pas existé, balayés 59-3. Pour les Girondins, assommés, il a fallu sécher les larmes, relever la tête et repartir au combat pour se donner à nouveau le droit de regarder Toulouse dans les yeux.- Triplé ou doublé ? -Les joueurs de l’Union ont enchaîné une première victoire à Ernest-Wallon en septembre (16-12), une autre à Bordeaux en mars (32-24) puis le triomphe en Champions Cup, jalon décisif sur la route d’un premier titre européen conquis à Cardiff fin mai. Les voilà à présent en lice pour un doublé, exploit seulement réussi par … Toulouse (1996, 2021, 2024) et Toulon (2014).Les festivités ont été longues, mais la gueule de bois a été plus difficile à évacuer à Toulouse. Les coéquipiers de Thomas Ramos, absent en demi-finale de Champions Cup mais revenu de blessure en fin de saison, ont souvent balbutié leur rugby, peinant à se remettre de cet échec en demi-finale.”Franchement, mes admirateurs vont encore me reprendre sur le sujet, mais on a vécu une saison en enfer”, a lâché le manager Ugo Mola après la demi-finale remportée contre Bayonne vendredi dernier (32-25), faisant référence aux nombreuses blessures, mais aussi aux dossiers extrasportifs, de la mort du jeune espoir toulousain Medhi Narjissi en août dernier qui a ému tout le rugby français, jusqu’aux secousses de l’affaire Jaminet.”Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais trois finales d’affilée en Top 14, ce n’est pas neutre. Amusez-vous à regarder combien d’équipes ont fait ces fameux triplés”, a lancé Mola, bien placé pour savoir que les derniers à avoir réalisé une telle performance portaient les couleurs du Stade Toulousain, avec même quatre titres consécutifs de 1994 à 1997.De quoi mesurer le poids de l’Histoire pour une génération souvent appelée à égaler, voire dépasser, ses glorieux aînés.Pour ce qui est du savoir-faire, elle s’est à chaque fois montrée sûre de sa force lorsque viennent les finales: les Thomas Ramos, Romain Ntamack et autres Julien Marchand n’en ont perdu aucune sur les six disputées dans leur carrière.- Dynamique girondine -L’opposition semble pourtant plus que féroce cette fois, incarnée par des Bordelo-Béglais décomplexés, dans une dynamique étincelante, et qui ont écarté sans trembler Toulon en demi-finale (39-24).Pas d’effusions de joie pourtant au moment de célébrer la qualification, alors que le Brennus fuit le Port de la Lune depuis 1991.”L’année dernière, on a eu beaucoup d’euphorie. On en a pris 60 au final”, a rappelé froidement le capitaine Maxime Lucu.Portés par un pack désormais capable de rivaliser, guidés par une charnière Lucu-Jalibert au sommet de son art et bonifiés par une ligne arrière de niveau international, les Bordelo-Béglais pourront en plus compter sur le retour de leur ailier Louis Bielle-Biarrey.L’homme casqué aux 33 essais en 29 rencontres, absent en demies en raison d’une commotion et incertain en début de semaine, devrait bien fouler la pelouse du Stade de France.

La RDC et le Rwanda signent un accord de paix

La République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé vendredi, sous les auspices des Etats-Unis, un accord de paix visant à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC, qui a fait des milliers de morts, Donald Trump saluant “un nouveau chapitre d’espoir”.”Aujourd’hui, la violence et la destruction prennent fin et toute la région entame un nouveau chapitre d’espoir et d’opportunités, d’harmonie, de prospérité et de paix”, a déclaré le président américain à la Maison Blanche aux côtés des ministres des Affaires étrangères des deux pays.”C’est un jour merveilleux”, a-t-il ajouté à propos de cet accord qui doit également déboucher, selon lui, sur l’obtention par les Etats-Unis de droits miniers en RDC.L’accord de paix s’inspire d’une déclaration de principes approuvée en avril entre les deux pays, et prévoit des dispositions sur “le respect de l’intégrité territoriale et l’arrêt des hostilités” dans l’est de la RDC, après l’offensive menée par le groupe armé M23.Il a été formellement signé vendredi lors d’une cérémonie à Washington, en présence du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio et de ses homologues de la RDC et du Rwanda, Thérèse Kayikwamba Wagner et Olivier Nduhungirehe.”C’est un moment important après 30 ans de guerre”, a déclaré le chef de la diplomatie américaine, ajoutant cependant qu’il y avait encore “beaucoup à faire”.”La première chose à faire est de commencer à mettre en œuvre le concept d’opérations pour la neutralisation des FDLR, qui s’accompagnera d’une levée des mesures défensives du Rwanda”, a déclaré le ministre rwandais des Affaires étrangères, lors de la cérémonie.L’accord est “fondé sur l’engagement pris ici de mettre fin de manière irréversible et vérifiable au soutien de l’Etat (congolais) aux FDLR et aux milices associées”, a-t-il ajouté, en référence au groupe armé des Forces démocratiques de libération du Rwanda.Le conseiller du président Trump pour l’Afrique, Massad Boulos, a lui indiqué que Kigali s’engage à la “levée des mesures défensives du Rwanda”.Toutefois, l’accord n’aborde pas explicitement les gains de territoire du M23.L’accord comprend aussi des dispositions sur “le désengagement, le désarmement et l’intégration conditionnelle des groupes armés non étatiques”, ainsi qu’un “mécanisme conjoint de coordination en matière de sécurité”, selon le document.Le Qatar a également été médiateur et avait reçu mi-mars à Doha le président rwandais Paul Kagame et celui de la RDC, Felix Tshisekedi. Les deux dirigeants devraient être reçus par Donald Trump à la Maison Blanche en juillet.Alors que Washington a mené les négociations entre les gouvernements rwandais et congolais, le Qatar s’est occupé des négociations entre le gouvernement congolais et le M23.- Minerais essentiels -Le groupe armé M23, soutenu militairement par le Rwanda selon l’ONU et les Etats-Unis, s’est emparé des grandes villes de Goma en janvier et Bukavu en février au terme d’une offensive éclair faisant des milliers de morts.L’est de la RDC, riche en ressources naturelles et frontalier du Rwanda, est en proie à des violences depuis plus de 30 ans.De multiples cessez-le-feu ont été conclus et violés depuis la reprise des opérations du M23 dans l’est de la RDC en 2021, et les affrontements avec les forces gouvernementales et alliées ont déplacé des centaines de milliers de personnes et provoqué une vaste crise humanitaire.Kigali nie soutenir militairement le M23, mais affirme que sa sécurité est depuis longtemps menacée par des groupes armés, notamment les FDLR, créées par d’anciens dirigeants hutus liés au génocide rwandais de 1994. Premier producteur mondial de cobalt, la RDC détient aussi dans ses sous-sols au moins 60% des réserves mondiales de coltan, minerai stratégique pour l’industrie électronique, ce qui intéresse vivement le président Trump.Au Conseil de sécurité de l’ONU, la cheffe de la mission de maintien de la paix de l’ONU en RDC, Bintou Keita, a estimé vendredi que “les tensions persistent mais les lignes de front et de négociation bougent, ouvrant la voie à la paix”, évoquant une “avancée majeure vers la fin du conflit”.Le secrétaire général de l’organisation, Antonio Guterres, a lui évoqué une “étape importante vers la désescalade, la paix et la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs”, appelant les parties à “respecter pleinement les engagements qu’elles ont pris”.Le président français Emmanuel Macron a de son côté salué un “pas en avant historique après des décennies de souffrance”.Pour l’ONG Physicians for Human Rights, qui a travaillé en RDC, l’accord comporte cependant des “omissions majeures”, notamment en ce qui concerne l’obligation de rendre compte des violations des droits humains. “Il ne peut y avoir de paix durable sans justice véritable”, a déclaré Sam Zarifi, directeur exécutif de l’association.

La RDC et le Rwanda signent un accord de paix

La République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé vendredi, sous les auspices des Etats-Unis, un accord de paix visant à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC, qui a fait des milliers de morts, Donald Trump saluant “un nouveau chapitre d’espoir”.”Aujourd’hui, la violence et la destruction prennent fin et toute la région entame un nouveau chapitre d’espoir et d’opportunités, d’harmonie, de prospérité et de paix”, a déclaré le président américain à la Maison Blanche aux côtés des ministres des Affaires étrangères des deux pays.”C’est un jour merveilleux”, a-t-il ajouté à propos de cet accord qui doit également déboucher, selon lui, sur l’obtention par les Etats-Unis de droits miniers en RDC.L’accord de paix s’inspire d’une déclaration de principes approuvée en avril entre les deux pays, et prévoit des dispositions sur “le respect de l’intégrité territoriale et l’arrêt des hostilités” dans l’est de la RDC, après l’offensive menée par le groupe armé M23.Il a été formellement signé vendredi lors d’une cérémonie à Washington, en présence du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio et de ses homologues de la RDC et du Rwanda, Thérèse Kayikwamba Wagner et Olivier Nduhungirehe.”C’est un moment important après 30 ans de guerre”, a déclaré le chef de la diplomatie américaine, ajoutant cependant qu’il y avait encore “beaucoup à faire”.”La première chose à faire est de commencer à mettre en œuvre le concept d’opérations pour la neutralisation des FDLR, qui s’accompagnera d’une levée des mesures défensives du Rwanda”, a déclaré le ministre rwandais des Affaires étrangères, lors de la cérémonie.L’accord est “fondé sur l’engagement pris ici de mettre fin de manière irréversible et vérifiable au soutien de l’Etat (congolais) aux FDLR et aux milices associées”, a-t-il ajouté, en référence au groupe armé des Forces démocratiques de libération du Rwanda.Le conseiller du président Trump pour l’Afrique, Massad Boulos, a lui indiqué que Kigali s’engage à la “levée des mesures défensives du Rwanda”.Toutefois, l’accord n’aborde pas explicitement les gains de territoire du M23.L’accord comprend aussi des dispositions sur “le désengagement, le désarmement et l’intégration conditionnelle des groupes armés non étatiques”, ainsi qu’un “mécanisme conjoint de coordination en matière de sécurité”, selon le document.Le Qatar a également été médiateur et avait reçu mi-mars à Doha le président rwandais Paul Kagame et celui de la RDC, Felix Tshisekedi. Les deux dirigeants devraient être reçus par Donald Trump à la Maison Blanche en juillet.Alors que Washington a mené les négociations entre les gouvernements rwandais et congolais, le Qatar s’est occupé des négociations entre le gouvernement congolais et le M23.- Minerais essentiels -Le groupe armé M23, soutenu militairement par le Rwanda selon l’ONU et les Etats-Unis, s’est emparé des grandes villes de Goma en janvier et Bukavu en février au terme d’une offensive éclair faisant des milliers de morts.L’est de la RDC, riche en ressources naturelles et frontalier du Rwanda, est en proie à des violences depuis plus de 30 ans.De multiples cessez-le-feu ont été conclus et violés depuis la reprise des opérations du M23 dans l’est de la RDC en 2021, et les affrontements avec les forces gouvernementales et alliées ont déplacé des centaines de milliers de personnes et provoqué une vaste crise humanitaire.Kigali nie soutenir militairement le M23, mais affirme que sa sécurité est depuis longtemps menacée par des groupes armés, notamment les FDLR, créées par d’anciens dirigeants hutus liés au génocide rwandais de 1994. Premier producteur mondial de cobalt, la RDC détient aussi dans ses sous-sols au moins 60% des réserves mondiales de coltan, minerai stratégique pour l’industrie électronique, ce qui intéresse vivement le président Trump.Au Conseil de sécurité de l’ONU, la cheffe de la mission de maintien de la paix de l’ONU en RDC, Bintou Keita, a estimé vendredi que “les tensions persistent mais les lignes de front et de négociation bougent, ouvrant la voie à la paix”, évoquant une “avancée majeure vers la fin du conflit”.Le secrétaire général de l’organisation, Antonio Guterres, a lui évoqué une “étape importante vers la désescalade, la paix et la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs”, appelant les parties à “respecter pleinement les engagements qu’elles ont pris”.Le président français Emmanuel Macron a de son côté salué un “pas en avant historique après des décennies de souffrance”.Pour l’ONG Physicians for Human Rights, qui a travaillé en RDC, l’accord comporte cependant des “omissions majeures”, notamment en ce qui concerne l’obligation de rendre compte des violations des droits humains. “Il ne peut y avoir de paix durable sans justice véritable”, a déclaré Sam Zarifi, directeur exécutif de l’association.