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“On étouffe”: la France face à une canicule inédite

Réacteur nucléaire à l’arrêt, écoles fermées, horaires aménagés sur les chantiers: les mesures de précaution se multiplient lundi face à des températures qui grimpent localement jusqu’à 40°C et font suer les Français.”C’est l’horreur: quand on est âgé, on souffre encore plus”, relève Christiane, une Lyonnaise de 84 ans, qui a pris l’air tôt le matin, avant de se calfeutrer chez elle.Jusqu’à mardi, 84 départements, où vivent près de 88% des Français, sont en vigilance orange canicule, une ampleur “jamais vue”, selon la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.Partout, sauf au bord de la Manche et des frontières belges, le thermomètre affichera plus de 34°C, et souvent jusqu’à 38°C, selon Météo-France. L’épisode devrait atteindre son “paroxysme” en milieu de semaine, avec des pointes à 41°C et des températures nocturnes au dessus de 20°C.Pour tenter de soulager leurs administrés, les collectivités ont déployé tout un arsenal de mesures: cartes indiquant les endroits climatisés, gratuité des piscines ou des musées, parcs ouverts tard, maraudes pour les sans-abris…Malgré tout, “on étouffe, c’est lourd”, témoigne Clémentine Del Piano, 23 ans, qui travaille dans un kiosque à journaux lyonnais. À 10H00, la température flirtait déjà avec les 30°C dans l’abri en dépit d’un petit climatiseur d’appoint. “Il y a deux ans, une collègue avait fait un malaise à cause de la chaleur”, rappelle la jeune femme.- 200 écoles fermées -“Une vague de chaleur, c’est plusieurs milliers de morts”, a mis en garde Agnès Pannier-Runacher sur Sud Radio, en répétant que les employeurs devaient protéger leurs salariés, notamment en mettant en œuvre des horaires adaptés. Un décret renforçant les obligations des entreprises en cas de canicule sera publié mardi.Le Premier ministre François Bayrou a reporté un déplacement prévu mardi pour suivre la situation au plus près. “La durée, l’extension géographique et l’intensité de cet épisode caniculaire nécessitent une vigilance particulière”, a justifié Matignon.La veille au soir, une réunion interministérielle de crise s’est tenue à Beauvau afin de “repasser toutes les consignes” notamment en matière de “santé”, selon le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.À son issue, la ministre de l’Éducation Élisabeth Borne a rappelé les mesures à prendre dans les écoles, pouvant aller jusqu’à l’autorisation de garder les enfants à domicile. Quelque 200 écoles publiques, sur 45.000, font l’objet d’une fermeture partielle ou totale jusqu’à mercredi. “Nous allons nous assurer qu’il y a bien un accueil pour les familles qui en ont besoin”, a-t-elle précisé.- Feux et pollution -Cette 50e vague de chaleur nationale recensée depuis 1947, la 33e du 21e siècle, s’inscrit dans un contexte de changement climatique qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules.Outre la santé des Français, elle impacte l’environnement: 26 départements sont lundi en vigilance pour la sécheresse, et 10 au niveau de crise, entraînant des restrictions importantes des usages.Ce contexte est propice aux incendies: dans l’Aude, 400 hectares de forêt ont brûlé dans le massif des Corbières en raison d’un barbecue mal éteint. Plus de 600 pompiers ont dû être déployés pour maîtriser les flammes.Dans l’Indre, pour prévenir tout départ de feu, les massifs forestiers sont interdits aux particuliers. Les travaux agricoles, notamment les moissons et la fauche, sont également interdits en plaine lundi après-midi, tout comme les travaux forestiers, selon la préfecture.Une pollution de l’air est également en train de s’installer pour l’ozone, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes ou sur les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Des restrictions de circulation ont été décidées en Ile-de-France.Face à la hausse de la température de la Garonne, qui assure son refroidissement, le seul réacteur actif de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a été mis à l’arrêt dimanche soir.Cette vague de chaleur concerne tout le sud de l’Europe, de l’Italie au Portugal. L’Espagne a enregistré 46°C samedi, un record pour un mois de juin. La cause de ce nouveau pic est un dôme de chaleur: un large et puissant anticyclone forme une sorte de couvercle qui bloque l’air en basses couches, empêchant l’entrée de perturbations tout en le réchauffant progressivement.

Le sud de l’Europe étouffe sous une chaleur sans répit

Températures record en Espagne et au Portugal, “refuges climatiques” en Italie et une canicule d’une ampleur géographique “jamais vue” en France: le sud de l’Europe étouffe lundi sous une chaleur qui s’est abattue pendant le week-end sans perspective de répit immédiat.Samedi déjà, l’Espagne a enregistré une température de 46°C à Huelva, dans le sud du pays, près de la frontière avec le Portugal, un record pour un mois de juin, a confirmé lundi l’agence météorologique nationale (Aemet). Le précédent record historique pour juin remontait à… 1965 à Séville, avec une mesure de 45,2°C.Aucun répit le lendemain en Espagne: “Dimanche a été le 29 juin le plus chaud dans l’ensemble de l’Espagne depuis au moins 1950”, a encore indiqué l’Aemet.Et lundi, l’agence météo espagnole a émis une alerte à la fois pour des “températures extrêmes” mais aussi pour des orages et des tempêtes, comme le Portugal voisin en a déjà connu dimanche. Le mercure va de nouveau dépasser les 40 degrés dans plusieurs régions des deux pays ibériques, en particulier dans la zone frontalière.Au Portugal, le thermomètre a quant à lui atteint dimanche 46,6°C à Mora, une bourgade située à un peu plus d’une centaine de kilomètres à l’est de Lisbonne. Selon les médias locaux, il s’agit également d’un nouveau record pour un mois de juin et le précédent remontait aussi à 1965.- Feux de forêt et coups de chaleur -En Italie, le ministère de la Santé a placé en alerte rouge 17 villes à travers le pays, dont Rome, Milan, Florence et Vérone.”L’Italie connaît une des plus fortes vagues de chaleur de l’été” qui, de surcroît, est marquée par sa durée particulièrement longue, a commenté auprès de l’AFP l’expert Antonio Spano, fondateur du site spécialisé ilmeteo.it.Alors que les pompiers combattaient des feux de forêt dans plusieurs régions, les médias italiens ont rapporté qu’une femme de 77 ans est décédée dimanche, suffoquée par la fumée d’un incendie faisant rage près de chez elle à Potenza, dans le sud du pays.Au Portugal aussi, le risque d’incendie était considéré maximal dans la plupart des zones de forêt, et quelque 160 pompiers tentaient toujours lundi de venir à bout d’un incendie qui s’était déclaré la veille près de Castelo Branco (centre).Après le décès en Espagne samedi de deux personnes travaillant sur la voirie, une femme à Barcelone (nord-est) et un homme à Cordoue (sud), probablement à la suite d’un coup de chaleur, les syndicats ont de leur côté appelé les entreprises à “mettre en place des mesures préventives pour éviter les conséquences des températures élevées sur la santé des travailleurs, en particulier ceux qui exercent leur activité en extérieur”.- L’Angleterre également touchée -La tendance est nette: les vagues de chaleur deviennent plus intenses, plus fréquentes, commencent plus tôt et interviennent plus tard à la fin de l’été sous l’effet du changement climatique.En France, la période scolaire est désormais concernée: le pays avait connu une vague de chaleur inhabituelle en septembre 2023, et c’est aujourd’hui la dernière semaine d’école qui est frappée.Météo-France a placé lundi et mardi 84 départements sur les 95 que compte le pays (hors outre-mer) en vigilance orange, avec des températures qui pourront dépasser localement les 40 degrés, une vague de chaleur appelée à durer au moins jusqu’en milieu de semaine.Une telle extension géographique, “c’est du jamais vu”, a dit dimanche soir à l’AFP la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.Les entreprises ont été appelées à “protéger leurs salariés” et quelque 200 écoles publiques, sur 45.000, feront l’objet d’une fermeture partielle ou totale lundi, mardi ou mercredi.En Italie, en Espagne et au Portugal, l’année scolaire est déjà terminée et la plupart des transports des grandes villes sont climatisés, contrairement à la majorité des lignes de métro à Paris.Le Royaume-Uni aussi était touché par cette vague de chaleur au premier jour du tournoi de tennis à Wimbledon. Les autorité britanniques ont ainsi lancé une alerte orange dans cinq régions d’Angleterre, dont Londres.burs-tsc/mdm/jpa

Le sud de l’Europe étouffe sous une chaleur sans répit

Températures record en Espagne et au Portugal, “refuges climatiques” en Italie et une canicule d’une ampleur géographique “jamais vue” en France: le sud de l’Europe étouffe lundi sous une chaleur qui s’est abattue pendant le week-end sans perspective de répit immédiat.Samedi déjà, l’Espagne a enregistré une température de 46°C à Huelva, dans le sud du pays, près de la frontière avec le Portugal, un record pour un mois de juin, a confirmé lundi l’agence météorologique nationale (Aemet). Le précédent record historique pour juin remontait à… 1965 à Séville, avec une mesure de 45,2°C.Aucun répit le lendemain en Espagne: “Dimanche a été le 29 juin le plus chaud dans l’ensemble de l’Espagne depuis au moins 1950”, a encore indiqué l’Aemet.Et lundi, l’agence météo espagnole a émis une alerte à la fois pour des “températures extrêmes” mais aussi pour des orages et des tempêtes, comme le Portugal voisin en a déjà connu dimanche. Le mercure va de nouveau dépasser les 40 degrés dans plusieurs régions des deux pays ibériques, en particulier dans la zone frontalière.Au Portugal, le thermomètre a quant à lui atteint dimanche 46,6°C à Mora, une bourgade située à un peu plus d’une centaine de kilomètres à l’est de Lisbonne. Selon les médias locaux, il s’agit également d’un nouveau record pour un mois de juin et le précédent remontait aussi à 1965.- Feux de forêt et coups de chaleur -En Italie, le ministère de la Santé a placé en alerte rouge 17 villes à travers le pays, dont Rome, Milan, Florence et Vérone.”L’Italie connaît une des plus fortes vagues de chaleur de l’été” qui, de surcroît, est marquée par sa durée particulièrement longue, a commenté auprès de l’AFP l’expert Antonio Spano, fondateur du site spécialisé ilmeteo.it.Alors que les pompiers combattaient des feux de forêt dans plusieurs régions, les médias italiens ont rapporté qu’une femme de 77 ans est décédée dimanche, suffoquée par la fumée d’un incendie faisant rage près de chez elle à Potenza, dans le sud du pays.Au Portugal aussi, le risque d’incendie était considéré maximal dans la plupart des zones de forêt, et quelque 160 pompiers tentaient toujours lundi de venir à bout d’un incendie qui s’était déclaré la veille près de Castelo Branco (centre).Après le décès en Espagne samedi de deux personnes travaillant sur la voirie, une femme à Barcelone (nord-est) et un homme à Cordoue (sud), probablement à la suite d’un coup de chaleur, les syndicats ont de leur côté appelé les entreprises à “mettre en place des mesures préventives pour éviter les conséquences des températures élevées sur la santé des travailleurs, en particulier ceux qui exercent leur activité en extérieur”.- L’Angleterre également touchée -La tendance est nette: les vagues de chaleur deviennent plus intenses, plus fréquentes, commencent plus tôt et interviennent plus tard à la fin de l’été sous l’effet du changement climatique.En France, la période scolaire est désormais concernée: le pays avait connu une vague de chaleur inhabituelle en septembre 2023, et c’est aujourd’hui la dernière semaine d’école qui est frappée.Météo-France a placé lundi et mardi 84 départements sur les 95 que compte le pays (hors outre-mer) en vigilance orange, avec des températures qui pourront dépasser localement les 40 degrés, une vague de chaleur appelée à durer au moins jusqu’en milieu de semaine.Une telle extension géographique, “c’est du jamais vu”, a dit dimanche soir à l’AFP la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.Les entreprises ont été appelées à “protéger leurs salariés” et quelque 200 écoles publiques, sur 45.000, feront l’objet d’une fermeture partielle ou totale lundi, mardi ou mercredi.En Italie, en Espagne et au Portugal, l’année scolaire est déjà terminée et la plupart des transports des grandes villes sont climatisés, contrairement à la majorité des lignes de métro à Paris.Le Royaume-Uni aussi était touché par cette vague de chaleur au premier jour du tournoi de tennis à Wimbledon. Les autorité britanniques ont ainsi lancé une alerte orange dans cinq régions d’Angleterre, dont Londres.burs-tsc/mdm/jpa

A Séville, l’ONU appelle à “relancer le moteur du développement” face au “chaos climatique”

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé lundi la communauté internationale à “relancer le moteur du développement” face au “chaos climatique” et aux conflits internationaux, lors de la quatrième conférence internationale sur le financement du développement, organisée en Espagne.”Aujourd’hui, le développement et son grand catalyseur — la coopération internationale — sont confrontés à des vents contraires massifs”, a mis en garde M. Guterres au premier jour de cette rencontre qui se tient à Séville, dans le sud du pays, où règne une chaleur caniculaire.”Nous vivons dans un monde où la confiance s’effrite et où le multilatéralisme est mis à rude épreuve. Un monde avec une économie au ralenti, des tensions commerciales croissantes et des budgets d’aide décimés. Un monde secoué par les inégalités, le chaos climatique et des conflits déchaînés”, a-t-il poursuivi.Dans ce contexte, il faut “accélérer les investissements”, “réparer et relancer le moteur du développement”, a insisté le responsable de l’ONU, en invitant la communauté internationale à “prendre les devants” en “investissant dans les domaines ayant le plus grand impact”, comme “les écoles” et “les énergies renouvelables”.Cette rencontre se tient dans un contexte particulièrement sombre pour l’aide au développement, touchée de plein fouet par la réduction de l’aide humanitaire décidée par le président américain Donald Trump, qui a supprimé 83% des financements de programmes à l’étranger de l’agence de développement USAID.- Les Etats-Unis absents -Avec 63 milliards de dollars d’aide publique en 2024, les Etats-Unis étaient jusque-là le principal pays donateur pour de nombreuses agences et ONG, actuellement confrontées à d’importantes difficultés, d’autant que d’autres capitales, comme Paris, Londres et Berlin, ont aussi réduit leurs aides.”Dans un monde où la communauté des donateurs se réduit de manière drastique et dramatique, il est temps de faire un pas en avant et non seulement de réaffirmer notre engagement, mais aussi de le redoubler”, a déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, en appelant à faire de la conférence de Séville une “opportunité” pour “corriger” cette trajectoire.Une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement participent à cette conférence dite FfD4, la quatrième du genre depuis 2002, aux côtés des responsables des principales institutions financières internationales et de 4.000 représentants de la société civile.Parmi les dirigeants présents figurent les présidents français Emmanuel Macron et sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Les Etats-Unis n’ont envoyé personne, après avoir quitté mi-juin la table des négociations en raison d’un désaccord sur le texte soumis aux délégations, accusé d’empiéter sur leur “souveraineté”.L’objectif de ce document de 38 pages, dit “engagement de Séville”, est de trouver des solutions pour les pays du Sud, confrontés selon l’ONU à “un déficit de financement estimé à 4.000 milliards de dollars par an” pour tenir leurs objectifs de développement fixés dans le cadre de l’Agenda 2030.- Critiques des ONG -Cela “nécessitera des ressources à une échelle et à un rythme sans précédent”, a prévenu lundi le président de la Banque mondiale Ajay Banga, en appelant à la mobilisation de l’ensemble des acteurs du développement face à “l’augmentation de la dette” et aux défis posés par le changement climatique.”Nous savons qu’il n’y a pas assez d’argent au sein des gouvernements, des organisations philanthropiques ou des institutions de développement pour répondre à toutes les projections ou à toutes les promesses. C’est pourquoi nous avons besoin du secteur privé”, a-t-il souligné.L'”engagement de Séville”, qui sera formellement adopté jeudi, dernier jour de la conférence, invite pour cela à revoir l’architecture financière internationale, en accordant notamment plus de place aux pays du Sud dans les grandes institutions et en exigeant une meilleure coopération contre l’évasion fiscale.Ce document, qui ne sera cependant pas contraignant sur le plan juridique, sera complété par des annonces unilatérales dans le cadre d’une “plateforme de Séville pour l’action”, portant notamment sur la taxation des billets d’avion.L'”engagement de Séville” est d’ores et déjà critiqué par les ONG, qui regrettent un manque d’ambitions et de solidarité de la part des pays les plus riches. A leur appel, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche soir à Séville pour réclamer une annulation de la dette et une taxation des super riches.