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Gaza: le Hamas discute de “propositions” après des pressions de Trump pour un cessez-le-feu

Le mouvement palestinien Hamas a annoncé mercredi étudier des “propositions” en vue d’un cessez-le-feu à Gaza, après que le président américain Donald Trump a dit qu’Israël était favorable à une trêve de deux mois.Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a de son côté appelé à ne pas “manquer” une occasion de libérer les derniers otages retenus dans le territoire palestinien ravagé par 21 mois de guerre.Selon une source palestinienne proche des négociations, les “propositions” reçues des médiateurs égyptiens et qataris mentionnent une trêve de 60 jours pendant laquelle seraient libérés la moitié des otages israéliens encore vivants en échange d'”un certain nombre de prisonniers” palestiniens.M. Saar a estimé qu’une “large majorité au sein du gouvernement et de la population [était] favorable au plan de libération des otages”, sans donner plus de détails sur ce plan. “Si l’occasion se présente, il ne faut pas la manquer”. Donald Trump a assuré mardi qu’Israël avait accepté de finaliser les termes d’un cessez-le-feu de deux mois à Gaza et a exhorté le Hamas à l’accepter. Pourtant, aucune piste tangible n’a encore émergé des tractations et l’horizon d’une fin des combats suscite des débats en Israël, des ministres d’extrême droite s’y opposant tant que le Hamas est toujours actif.”Nous n’avons qu’un mot à leur dire ce matin: honte!”, a taclé le Forum des familles, principale association de proches des otages retenus à Gaza, et fer de lance de la mobilisation pour exiger du gouvernement un accord pour leur libération.Pour Nadav Miran, frère de l’otage Omri Miran et membre du Forum de l’espoir, qui regroupe des proches d’otages opposés aux négociations avec le Hamas, un accord partiel “n’assurerait pas le retour de tous les otages (…), il faut les ramener tous en une fois”.- Mort du directeur d’un hôpital -La guerre à Gaza a été déclenchée par l’attaque sans précédent sur Israël lancée le 7 octobre 2023 par le Hamas. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 27 déclarées mortes par l’armée israélienne.A Gaza, 33 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes et des tirs de l’armée israélienne, a déclaré à l’AFP Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile locale.Neuf Palestiniens ont été tués dans deux frappes aériennes nocturnes, l’une dans la ville de Gaza (nord) et l’autre à al-Mawasi (sud), selon cet organisme de premiers secours.Après le lever du jour, cinq personnes, dont au moins deux enfants, ont été tuées dans une attaque israélienne au drone sur une maison située près de Deir al-Balah (centre), selon la même source.Dans la journée, M. Bassal a également fait état de sept morts dans une frappe israélienne sur un appartement à Gaza-ville, dont le directeur d’un hôpital, le Dr Marouane Al-Sultan.L’armée israélienne a annoncé avoir intercepté en fin de journée, au-dessus du sol israélien, deux “projectiles” en provenance de la bande de Gaza, ainsi que la mort au combat d’un de ses soldats, âgé de 19 ans.Elle a indiqué cette semaine avoir élargi ses opérations à Gaza, où elle dit vouloir “démanteler les capacités militaires du Hamas en réponse aux attaques sauvages” du mouvement palestinien.- Enfants en sang -Dans la journée, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées dans la cour de l’hôpital Nasser de Khan Younès (sud) avant l’inhumation des cinq membres de la famille Abou Taimeh, tués quelques heures plus tôt. A l’intérieur de l’établissement, qui ne fonctionne plus que partiellement en raison de pénuries, plusieurs enfants couverts de sang sont pris en charge.Pendant ce temps, dans la zone d’al-Mawasi, des passants regardent stupéfaits ce qui reste d’une tente visée par une frappe israélienne.Y vivaient certains des blessés conduits à l’hôpital, comme de nombreux Gazaouis qui, contraints de quitter leur logement à cause de la guerre, peuplent des camps de fortune.Il ne reste plus qu’un amas de casseroles et de couvertures, et encore du sang au sol.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles.Plus de 57.012 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne de représailles militaires israéliennes sur la bande de Gaza, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l’ONU.

Un attentat d’un masculiniste revendiqué déjoué, le jeune de 18 ans écroué

Il est suspecté d’avoir voulu attaquer des femmes avec des couteaux: un lycéen de 18 ans, interpellé à Saint-Etienne, a été mis en examen et écroué mardi dans ce premier dossier terroriste exclusivement lié à la mouvance masculiniste “incel”.D’après une source proche de l’enquête, le mis en cause, Timoty G., a été interpellé vendredi après-midi par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) près d’un lycée public de Saint-Etienne, où il est inscrit à la fois en classe préparatoire et à l’internat.D’après des sources proches du dossier à l’AFP, le suspect, dont la famille réside dans la région stéphanoise, a été arrêté avec deux couteaux dans son sac, voulait s’en prendre à des femmes et s’est clairement identifié dans cette mouvance “incel”.C’est une abréviation anglophone pour les “célibataires involontaires”, des hommes soutenant qu’ils seraient seuls à cause des femmes qui ne veulent pas d’eux, et qui nourrissent une haine à leur égard ou envers le féminisme, jugé responsable de leurs échecs, qui débouche parfois sur des actions violentes.A l’AFP, le Parquet national antiterroriste (Pnat) a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire mardi, “à l’encontre d’un jeune homme de 18 ans, se revendiquant de la mouvance +incel+”.L’homme a été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes et incarcéré, a confirmé le Pnat.D’allure juvénile, le visage presque glabre et le corps fluet, vêtu d’un tee-shirt bleu marine, Timoty G. a comparu mardi soir devant un juge des libertés et de la détention (JLD), a constaté un journaliste de l’AFP.”J’ai rencontré un adolescent qui souffre et non un combattant qui se prépare à l’action. L’instruction ramènera ce dossier à sa plus juste proportion du point de vue de la qualification et de la personnalité du mis en examen”, a commenté auprès de l’AFP l’avocate de cet homme né en novembre 2006 dans la Loire, Me Maria Snitsar.D’après une source proche du dossier, celui qui voulait devenir ingénieur a compulsé des vidéos masculinistes, notamment sur le réseau social TikTok, et aurait été détecté par des messages violents publiés sur les réseaux sociaux.- “Instable, frustré” -Selon une autre source proche du dossier, c’est la première saisine du Pnat exclusivement rattachée à la mouvance “incel”, une notion qui était apparue jusque-là de manière plus marginale dans au moins deux de ses dossiers.En septembre 2023, un jeune homme des Hauts-de-France proche de l’ultradroite, soupçonné de projets d’actions violente, a été mis en examen à Paris et écroué.Une source proche du dossier l’avait présenté comme “un jeune majeur instable, frustré” plutôt “qu’un idéologue”.Le second concerne un dossier déjà jugé, qui avait regroupé quatre jeunes, dont l’un voulait partir en Syrie, deux autres glorifiaient Hitler et le nazisme, tandis que tous trois dialoguaient par messagerie cryptée avec une femme rêvant de faire sauter une église.Deux d’entre eux admiraient la théorie du grand remplacement mais aussi plusieurs auteurs de tueries de masse attribuées à l’extrême droite, parmi lesquels Anders Breivik (Norvège, Utøya, 2011, 77 morts), Brenton Tarrant (Nouvelle-Zélande, Christchurch, 2019, 51 morts) ou Dylan Klebold (Etats-Unis, Columbine, 1999, 13 morts).Timoty G. s’était aussi intéressé à certains de ces faits, selon la source proche.”Les discours masculinistes ont des conséquences dans la vie réelle (…). Nous n’accepterons pas qu’ils continuent à se propager” a réagi sur X Aurore Bergé, ministre de l’Egalité entre les Femmes et les Hommes.La série Netflix “Adolescence”, diffusée au printemps et qui a connu un grand succès, a mis en lumière ces influences toxiques et misogynes auxquelles sont exposés les jeunes hommes en ligne.Parmi les personnalités stars dans ces algorithmes figure l’influenceur masculiniste Andrew Tate, suivi par près de 11 millions de personnes sur X et accusé de viols.La mouvance “incel” a été revendiquée par plusieurs auteurs de tueries et s’en sont pris à des femmes.En 1989, un homme de 25 ans, revendiqué “antiféministe”, avait ouvert le feu à l’école polytechnique de Montréal, tuant 13 étudiantes et une secrétaire, avant de se suicider. L’attentat, l’une des pires tueries de l’histoire du Canada, avait profondément ébranlé ce pays.

Face aux violences à l’école, la commission parlementaire appelle à “une révolution”

Dénonçant des “monstruosités” et un “Etat défaillant” face à un déferlement de violences en milieu scolaire pendant des décennies, la commission parlementaire lancée après le scandale Bétharram a proposé mercredi 50 mesures pour mieux protéger les enfants.La commission d’enquête a permis de dresser le “constat accablant” d’une “défaillance majeure de l’Etat” a déclaré son corapporteur Paul Vannier (LFI) lors d’une conférence de presse, appelant à une “révolution” face aux violences scolaires.Les travaux de cette commission d’enquête ont permis 80 signalements à la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Elle est née du scandale autour des révélations sur l’affaire des violences sexuelles et physiques qui se sont poursuivies pendant des décennies à Notre-Dame-de-Bétharram, dans le Béarn. L’affaire, qui a entraîné des révélations en chaîne de mauvais traitements et agressions sexuelles dans d’autres établissements à travers la France, a aussi ébranlé François Bayrou, ministre de l’Education nationale au moment des premières plaintes.Dans leur rapport rendu mercredi, les députés pointent chez lui un “défaut d’action” à l’époque qui a pu laisser les violences “perdurer”, alors qu’il était “informé” et “avait les moyens” d’agir.La présidente de la commission parlementaire, Fatiha Keloua Hachi, a fustigé aussi les attaques lancées par François Bayrou, lors de son audition fleuve devant la commission, contre l’ex-professeure de Bétharram Françoise Gullung, lanceuse d’alerte qu’il a accusée d’avoir “affabulé”. Il vit “dans un monde qui est différent du nôtre” où l’on peut donner des “claques éducatives”, a-t-elle dit lors de la conférence de presse.- “Déchaînement de violences” -Pour Paul Vannier, François Bayrou a menti sur ce qu’il savait des sévices à Bétharram et commis un parjure. Mais Fatiha Keloua-Hachi a écarté l’idée d’un signalement à la justice.Dans leur rapport, les députés évoquent “un véritable déchaînement de violences” à Notre-Dame-de-Bétharram, avec “une communauté de notables au soutien indéfectible”. Ils décrivent les mêmes “logiques à l’oeuvre” dans d’autres établissements, dont des “violences institutionnalisées sous prétexte d’excellence pédagogique”. Pour les rapporteurs, les mécanismes d’omerta et de mauvais traitements étaient “accentués dans l’enseignement catholique”, du fait d’un “modèle éducatif explicitement plus strict, s’appuyant sur de nombreux internats”. Ces violences, d’après eux, persistent, “encore invisibilisées” dans l’enseignement public et de façon “préoccupante” dans l’enseignement privé, “notamment catholique”. Paul Vannier dénonce aussi la place d'”intermédiaire” s’apparentant à un lobby que s’est arrogé Secrétariat général à l’enseignement catholique (Sgec), sans statut légal pour le faire, dans les relations avec le ministère de l’Education. Il a appelé à dépasser ce “ministère bis”.Le secrétaire général de l’enseignement catholique Philippe Delorme a, lui, dénoncé auprès de l’AFP “une orientation” du rapport “qui voudrait que l’enseignement public et privé fonctionnent exactement de la même manière, ce qui est complètement absurde”. “On ne peut pas dire que nos 7.200 établissements dysfonctionnent”, insiste-t-il.Les députés déplorent en outre des contrôles de l’Etat “quasi-inexistants” et une prévention et des signalements “lacunaires”.- “Traduire en actes” -Parmi ses cinquante recommandations, le rapport appelle à reconnaître “la responsabilité de l’Etat pour les carences” ayant permis ces violences et créer un “fonds d’indemnisation et d’accompagnement des victimes”. “François Bayrou, le 15 février, nous a assuré qu’il créerait ce fonds” mais “nous n’avons toujours rien”, a déploré sur RTL Alain Esquerre, porte-parole d’un collectif de victimes de Bétharram.Les députés veulent aussi lancer une mission parlementaire transpartisane chargée de propositions pour “rendre imprescriptibles certaines infractions commises sur les mineurs”.Une recommandation “particulièrement” soutenue par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), dans un communiqué. Elle a salué aussi, entre autres, une proposition visant à “procéder à un contrôle de l’honorabilité” du personnel et des bénévoles, et appelé le gouvernement à “se saisir rapidement de ces préconisations”.Les députés demandent aussi plus de contrôles dans tous les établissements, surtout dans le privé, et notamment dans les internats. La ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne a indiqué qu’elle “prenait acte” du rapport et allait examiner “s’il y a lieu d’adapter le plan +Brisons le silence+”, lancé en mars pour lutter contre les violences en milieu scolaire.”Je serai vigilante à ce que les recommandations qui aillent dans l’intérêt de l’enfant soient traduites en actes”, a indiqué à l’AFP la Haute commissaire à l’enfance, Sarah El-Haïry.

A Rome, les fouilles archéologiques débutent dès l’aube pour éviter la canicule

Dans un chantier archéologique du Forum romain écrasé de chaleur, Giulio Varricchio, maçon, consulte son téléphone et surveille le niveau de risque pour la santé des travailleurs.Si le site “Worklimate”, mis en place par le gouvernement, affiche un risque “élevé” sur la capitale italienne, lui et ses collègues pourront quitter le chantier à midi et demi, explique cet ouvrier de 54 ans.Alors qu’une vague de chaleur touche actuellement le sud de l’Europe, quinze régions sur les vingt que compte l’Italie, dont le Latium, celle de Rome, ont imposé l’interruption du travail en extérieur entre 12h30 et 16h00 si les risques pour la santé dépassent un certain seuil, notamment dans les chantiers et les entreprises agricoles.Au total, trois millions de salariés sont potentiellement concernés, d’après le quotidien La Stampa.Mercredi, le site plaçait Rome dans la liste des villes où les chantiers devaient fermer quand le soleil atteint son zénith, colorant de rouge vif une grande partie de la carte de la région.Le chantier où travaille M. Varricchio est destiné à faire réémerger une partie du Forum de la Paix, construit sous l’empereur Vespasien, à environ six mètres de profondeur par rapport à la route adjacente.”Le grand problème c’est l’humidité, on ne respire pas”, explique M. Varricchio, “et en travaillant dans les fouilles archéologiques, en dessous du niveau du sol, c’est encore plus difficile”.Depuis l’entrée en vigueur de l’ordonnance régionale, les journées de travail débutent plus tôt, dès 5h30 du matin, sur ce chantier de fouilles, parsemé de rares points d’ombre improvisés et tout s’arrête à 12H3O, en fonction du niveau de risque.- “Organisme en souffrance” -Attaquer à l’aube n’apporte qu’un répit relatif dans la canicule de ces derniers jours, où dès le matin les températures dépassent les 30°C.Plusieurs grandes villes ont été placées en alerte rouge par les autorités, ce qui veut dire que la chaleur comporte des dangers même pour les individus en bonne santé.Elena Civitelli, archéologue dans ce chantier au pieds du marché de Trajan, ne se souvient pas “avoir autant souffert dès les premières heures du matin” en vingt ans d’expérience.”Dès 06h00, on n’a aucune fraîcheur”, dit-elle à l’AFP et “ici les ouvriers travaillent beaucoup à la main: à la pioche, à la brouette et à la pelle, donc heureusement qu’on termine à 12h30 parce que travailler l’après midi ne serait pas possible”.Autour des ruines, les touristes cherchent l’ombre, entassés au pied des arbres et le long des murs pour échapper au soleil, interpellés par les serveurs des restaurants voisins, qui malgré la chaleur, restent au milieu des trottoirs pour attirer les clients.”Ca te tue. (…) Ce matin déjà à 08h00, je transpirais beaucoup”, explique Emanuele, 38 ans, qui se réveille entre 02h00 et 03h00 du matin pour aller livrer des fruits et des légumes dans les restaurants de la capitale: “Tu sens tout ton organisme en souffrance”.La chaleur tue au sens propre et est cause d’accidents du travail. Lundi, le gérant d’une entreprise de construction est mort vers midi sur un chantier, pris de malaise.Les effets de la canicule se conjuguent à l’insuffisance de mesures pour prendre en compte la sécurité au travail en Italie, où 797 personnes ont perdu la vie des suites d’un accident professionnel en 2024, d’après un décompte officiel.Un ouvrier, qui a préféré rester anonyme, a confié à l’AFP mercredi que l’ordonnance de la région est loin d’être toujours respectée dans les chantiers romains. “Il suffit de marcher dans la ville, et tu les verras toujours travailler.” 

L’Ukraine surprise par l’arrêt de certaines livraisons d’armes américaines

L’Ukraine a appelé mercredi les Etats-Unis à maintenir un soutien militaire “constant” après l’annonce surprise de l’arrêt de livraison de certaines armes à Kiev, un coup dur au moment où la Russie intensifie ses frappes en l’absence d’avancée diplomatique pour régler le conflit.Donald Trump s’est rapproché depuis janvier de son homologue russe Vladimir Poutine, mettant la pression pour obtenir un arrêt des combats, sans toutefois parvenir à des avancées concrètes. Mardi, de façon inattendue, son administration a annoncé avoir cessé de livrer certaines armes à Kiev, officiellement en raison de l’inquiétude quant à la baisse des stocks de munitions américains.”Cette décision a été prise pour mettre les intérêts de l’Amérique en premier”, s’est justifié la Maison Blanche.Les Etats-Unis sont le premier soutien militaire de l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Ses armes, munitions et équipements – en plus de son renseignement – ont permis aux forces ukrainiennes de contenir l’armée russe, qui occupe toutefois près de 20% du territoire ukrainien.Le ministère ukrainien de la Défense a réagi en indiquant ne pas avoir été “notifié officiellement” par Washington de sa décision, et il a appelé son allié américain à maintenir un soutien “constant” et “clarifier” au plus vite sa position.Peu avant, la diplomatie ukrainienne avait convoqué dans la matinée le chargé d’affaires américain, John Ginkel, pour lui rappeler que “tout retard ou délai dans le soutien aux capacités de défense de l’Ukraine ne ferait qu’encourager l’agresseur à poursuivre la guerre et la terreur”.- “Livrée à Poutine” -D’après Politico et d’autres médias américains, l’arrêt des livraisons à Kiev concerne notamment les systèmes de défense aérienne Patriot, l’artillerie de précision et les missiles Hellfire.Or, Volodymyr Zelensky appelait justement ces dernières semaines Donald Trump à lui vendre des systèmes Patriot (en plus de ceux déjà fournis) pour pouvoir contrer plus efficacement les attaques russes quotidiennes de missiles et de drones.Il s’en était une nouvelle fois ouvert à son homologue américain lors de leur dernière entrevue en marge du sommet de l’Otan à La Haye, le 25 juin, mais celui-ci s’était montré évasif sur le sujet, estimant que Washington “en a également besoin”.Du côté des forces ukrainiennes, l’annonce américaine a été accueillie avec une certaine appréhension. Face à l’armée russe mieux équipée et plus nombreuse, “nous aurons du mal sans les munitions américaines”, a reconnu une source militaire.Même ton chez les habitants interrogés par l’AFP à Kiev: “C’est bien sûr une déception”, regrette Igor Stambol, un historien de 36 ans.Pour Andriï Novitski, un ouvrier de 53 ans, “on pouvait s’y attendre”, dit-il, avant d’ajouter, dépité: “L’Ukraine est livrée à Poutine”.”Ne pas nous soutenir, c’est se ranger du côté du mal, et ce n’est pas acceptable”, abonde, énervée, Evguénia Prissiajnaïa, chargée de communication.- Le Kremlin satisfait -De son côté, le Kremlin, sans surprise, s’est félicité de cette situation, estimant que cela rapprochait Moscou et Kiev de la fin du conflit, qui a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de morts des deux côtés, civils et militaires compris.”Moins il y a d’armes livrées à l’Ukraine, plus proche est la fin de l’opération militaire spéciale” (nom officiel en Russie de l’invasion de l’Ukraine, ndlr), a affirmé le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov. Pour Shashank Joshi, expert à l’Institut RUSI à Londres, la décision américaine rend à l’inverse “de moins en moins probable que la Russie se donne la peine de négocier sérieusement”.Un rapport publié en mai par le think tank du CSIS (Center for Strategic and International Studies) alertait de son côté sur “la capacité”, notamment “à long terme”, de l’Ukraine “à lutter contre la Russie” en cas d’arrêt de l’aide américaine, un soutien que les Européens “ne peuvent remplacer”.Russes et Ukrainiens ont mené le 16 mai puis le 2 juin deux cycles de pourparlers en Turquie, les premiers en face-à-face sur l’issue du conflit depuis le printemps 2022. Ces discussions n’ont pas abouti à une percée majeure, tant les positions restent irréconciliables. Un troisième tour de négociations n’a d’ailleurs toujours pas été annoncé.

L’Ukraine surprise par l’arrêt de certaines livraisons d’armes américaines

L’Ukraine a appelé mercredi les Etats-Unis à maintenir un soutien militaire “constant” après l’annonce surprise de l’arrêt de livraison de certaines armes à Kiev, un coup dur au moment où la Russie intensifie ses frappes en l’absence d’avancée diplomatique pour régler le conflit.Donald Trump s’est rapproché depuis janvier de son homologue russe Vladimir Poutine, mettant la pression pour obtenir un arrêt des combats, sans toutefois parvenir à des avancées concrètes. Mardi, de façon inattendue, son administration a annoncé avoir cessé de livrer certaines armes à Kiev, officiellement en raison de l’inquiétude quant à la baisse des stocks de munitions américains.”Cette décision a été prise pour mettre les intérêts de l’Amérique en premier”, s’est justifié la Maison Blanche.Les Etats-Unis sont le premier soutien militaire de l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Ses armes, munitions et équipements – en plus de son renseignement – ont permis aux forces ukrainiennes de contenir l’armée russe, qui occupe toutefois près de 20% du territoire ukrainien.Le ministère ukrainien de la Défense a réagi en indiquant ne pas avoir été “notifié officiellement” par Washington de sa décision, et il a appelé son allié américain à maintenir un soutien “constant” et “clarifier” au plus vite sa position.Peu avant, la diplomatie ukrainienne avait convoqué dans la matinée le chargé d’affaires américain, John Ginkel, pour lui rappeler que “tout retard ou délai dans le soutien aux capacités de défense de l’Ukraine ne ferait qu’encourager l’agresseur à poursuivre la guerre et la terreur”.- “Livrée à Poutine” -D’après Politico et d’autres médias américains, l’arrêt des livraisons à Kiev concerne notamment les systèmes de défense aérienne Patriot, l’artillerie de précision et les missiles Hellfire.Or, Volodymyr Zelensky appelait justement ces dernières semaines Donald Trump à lui vendre des systèmes Patriot (en plus de ceux déjà fournis) pour pouvoir contrer plus efficacement les attaques russes quotidiennes de missiles et de drones.Il s’en était une nouvelle fois ouvert à son homologue américain lors de leur dernière entrevue en marge du sommet de l’Otan à La Haye, le 25 juin, mais celui-ci s’était montré évasif sur le sujet, estimant que Washington “en a également besoin”.Du côté des forces ukrainiennes, l’annonce américaine a été accueillie avec une certaine appréhension. Face à l’armée russe mieux équipée et plus nombreuse, “nous aurons du mal sans les munitions américaines”, a reconnu une source militaire.Même ton chez les habitants interrogés par l’AFP à Kiev: “C’est bien sûr une déception”, regrette Igor Stambol, un historien de 36 ans.Pour Andriï Novitski, un ouvrier de 53 ans, “on pouvait s’y attendre”, dit-il, avant d’ajouter, dépité: “L’Ukraine est livrée à Poutine”.”Ne pas nous soutenir, c’est se ranger du côté du mal, et ce n’est pas acceptable”, abonde, énervée, Evguénia Prissiajnaïa, chargée de communication.- Le Kremlin satisfait -De son côté, le Kremlin, sans surprise, s’est félicité de cette situation, estimant que cela rapprochait Moscou et Kiev de la fin du conflit, qui a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de morts des deux côtés, civils et militaires compris.”Moins il y a d’armes livrées à l’Ukraine, plus proche est la fin de l’opération militaire spéciale” (nom officiel en Russie de l’invasion de l’Ukraine, ndlr), a affirmé le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov. Pour Shashank Joshi, expert à l’Institut RUSI à Londres, la décision américaine rend à l’inverse “de moins en moins probable que la Russie se donne la peine de négocier sérieusement”.Un rapport publié en mai par le think tank du CSIS (Center for Strategic and International Studies) alertait de son côté sur “la capacité”, notamment “à long terme”, de l’Ukraine “à lutter contre la Russie” en cas d’arrêt de l’aide américaine, un soutien que les Européens “ne peuvent remplacer”.Russes et Ukrainiens ont mené le 16 mai puis le 2 juin deux cycles de pourparlers en Turquie, les premiers en face-à-face sur l’issue du conflit depuis le printemps 2022. Ces discussions n’ont pas abouti à une percée majeure, tant les positions restent irréconciliables. Un troisième tour de négociations n’a d’ailleurs toujours pas été annoncé.

La Malaisie sévit contre les importations de déchets plastiques

La Malaisie a annoncé mercredi l’introduction d’une législation stricte visant à réduire les importations massives de déchets plastiques, une mesure supplémentaire pour ce pays en développement d’Asie du sud-est qui s’efforce de réduire sa pollution. Kuala Lumpur est “engagé à favoriser un environnement commercial légitime, responsable et respectueux de l’environnement afin de soutenir (…) des objectifs sociaux-économiques durables”, a affirmé le ministère de l’Investissement, du Commerce et de l’Industrie du pays.  Pour autant, la Malaisie “n’hésitera pas à agir fermement contre tout individu ou entreprise qui tenterait de contourner les contrôles sur les importations de déchets ou de s’engager dans des activités illicites d’importations de déchets”, a prévenu le ministère après l’entrée en vigueur des nouvelles lois mardi. En 2023, le pays a importé plus de 450.000 tonnes métriques de ces déchets – suffisamment pour remplir environ 162 piscines de taille olympique -, selon la plateforme de données en ligne Statista. La Malaisie a déclaré être disposée à délivrer des “certificats d’approbation” pour l’importation légale de déchets plastiques “à condition que les importateurs remplissent toutes les conditions prévues par la législation malaisienne et que les exportateurs appartiennent à ou soient originaires de pays qui ont signé et ratifié la convention de Bâle”.La plupart des déchets plastiques viennent des Etats-Unis, suivis par l’Allemagne et l’Espagne, selon Statista. Mais les Etats-Unis, comme le Timor oriental, Haïti ou le Soudan du Sud, ne font pas partie de la convention de Bâle, un traité des Nations Unies conclu en 1989 qui réglemente les mouvements de déchets dangereux. Depuis 2018, l’Asie du sud-est est inondée de déchets plastiques venant d’économies plus développées telles que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, notamment après que la Chine – qui possédait auparavant une industrie de recyclage massive – a stoppé la plupart des importations de déchets plastiques.De nombreuses entreprises de recyclage chinoises se sont installées en Malaisie, ce qui a entraîné l’acheminement d’énormes quantités de plastique sans autorisation.Dans le cadre d’efforts continus pour lutter contre le déversement de déchets plastiques et électroniques, la police malaisienne a saisi 106 conteneurs de déchets électroniques dangereux l’année dernière et a démantelé un réseau d’importation illégale de déchets.