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Un Australien meurt d’un virus transmis par une morsure de chauve-souris

Un quinquagénaire est décédé en Australie d’un virus “extrêmement rare” semblable à la rage, transmis par une morsure de chauve-souris, ont annoncé jeudi les autorités sanitaires.”Nous exprimons nos sincères condoléances à la famille et aux amis” du défunt “pour leur perte tragique”, a écrit le service de santé de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud, dans le sud-est du pays, dans un communiqué.”Bien qu’il soit extrêmement rare de voir un cas de lyssavirus des chauves-souris australiennes, il n’existe aucun traitement efficace contre celui-ci”, a-t-elle ajouté.L’Australien a été mordu par un de ces mammifères, porteur du virus, il y a plusieurs mois. Il avait été hospitalisé cette semaine dans un “état critique”.Le virus, voisin de la rage qui n’existe pas en Australie, se transmet lorsque la salive d’une chauve-souris pénètre dans le corps humain par le biais d’une morsure ou d’une égratignure. Les premiers symptômes peuvent mettre plusieurs jours, voire des années à apparaître. Ils ressemblent à ceux de la grippe: maux de tête, fièvre et fatigue, selon les services de santé. L’état de la victime se détériore rapidement, entraînant la paralysie, le délire, les convulsions et la mort.Trois précédents cas d’infection humaine par le lyssavirus de la chauve-souris australienne ont été recensés depuis son identification en 1996.Deux de ces cas, celui d’une femme en 1998 et d’un garçon de huit ans en 2013, “se sont soldés par la mort”, a indiqué l’organisme australien pour la recherche scientifique, le CSIRO, dans un document publié en ligne.”Le lyssavirus des chauves-souris australiennes est très étroitement lié à la rage et causera la mort chez les personnes vulnérables si elles sont infectées et ne sont pas traitées rapidement”, a expliqué James Gilkerson, expert en maladies infectieuses à l’Université de Melbourne.Les gens doivent éviter de toucher ou de manipuler les chauves-souris, car tous les spécimens australiens peuvent être porteurs du lyssavirus, a mis en garde le service de santé de la Nouvelle-Galles du Sud.”Si vous ou quelqu’un que vous connaissez êtes mordu ou griffé par une chauve-souris, vous devez laver la plaie soigneusement pendant 15 minutes immédiatement avec du savon et de l’eau et appliquer un antiseptique ayant une action antivirale”, a-t-il précisé.”Les patients doivent ensuite recevoir un traitement avec des immunoglobulines antirabiques et le vaccin contre la rage.”

La Chine exhorte l’Union européenne à éviter “la confrontation”

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a mis en garde son homologue européenne contre les risques d’une “confrontation”, selon un communiqué de son ministère publié jeudi, au moment où Pékin cherche à se présenter comme un contrepoids stable face à Washington.La Chine et l’Union européenne (UE) “ne devraient pas être considérées comme des adversaires en raison de leurs différences, ni chercher la confrontation en raison de leurs désaccords”, a déclaré mercredi Wang Yi lors d’une rencontre à Bruxelles avec la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.Mme Kallas avait déclaré mercredi que Pékin devait cesser de menacer la sécurité européenne, citant notamment des cyberattaques, des interférences dans les processus démocratiques et des pratiques commerciales jugées déloyales.L’Europe est “confrontée à plusieurs défis”, a affirmé mercredi Wang Yi, dont aucun, “dans le passé, le présent ou le futur”, n’a été causé par la Chine.M. Wang a de manière générale cherché à présenter Pékin comme un contrepoids à l’administration américaine de Donald Trump, qui a menacé d’imposer des droits de douane généralisés sur les importations européennes.”La voie empruntée par les Etats-Unis ne devrait pas être utilisée comme un reflet de la Chine”, a-t-il déclaré. “La Chine n’est pas les Etats-Unis”.Les deux parties ont également abordé des sujets internationaux tels que l’Ukraine, le conflit israëlo-palestinien, et le nucléaire iranien, précise le communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.Pékin et Bruxelles doivent faire preuve de “respect” mutuel, a déclaré M. Wang, ajoutant que l’Europe devrait encourager une politique plus “active et pragmatique” envers la Chine.M. Wang a également rencontré mercredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi que le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot.La Chine et l’UE doivent “défendre le multilatéralisme et le libre-échange… et travailler ensemble pour relever les défis mondiaux tels que le changement climatique”, a déclaré M. Wang à Mme von der Leyen.Wang Yi est désormais attendu en Allemagne puis en France, où il rencontrera le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui s’est rendu en Chine en mars.Ces visites interviennent peu avant un sommet UE-Chine qui réunira à Pékin le dirigeant chinois Xi Jinping et plusieurs hauts responsables européens.

La Chine exhorte l’Union européenne à éviter “la confrontation”

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a mis en garde son homologue européenne contre les risques d’une “confrontation”, selon un communiqué de son ministère publié jeudi, au moment où Pékin cherche à se présenter comme un contrepoids stable face à Washington.La Chine et l’Union européenne (UE) “ne devraient pas être considérées comme des …

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Vente d’alcool aux mineurs: près de 9 supermarchés sur 10 enfreignent la loi, selon une association

Près de neuf supermarchés sur dix enfreignent la loi en vendant de l’alcool aux mineurs dénonce, au vu de tests menés à Nantes, Angers et Rennes, l’association Addictions France, qui réclame jeudi des “sanctions réellement dissuasives” et des contrôles fréquents par l’État.Sur 90 établissements des enseignes Auchan, Lidl, Leclerc, Diagonal, U Express, Intermarché, Carrefour (City, Market et Express), Monoprix, Franprix et G20 testés en avril et en mai, 86% ont vendu de l’alcool à des mineurs, selon l’association. Contre 93% lors d’une opération similaire en 2021.”Malgré l’interdiction formelle de vente d’alcool aux mineurs et l’engagement de l’État à mieux la faire respecter, l’accès à l’alcool reste en 2025 très aisé pour les mineurs”, a déploré auprès de l’AFP Myriam Savy, responsable du plaidoyer chez Addictions France.Pour ces tests, des mineurs se sont rendus, accompagnés d’un huissier, dans des supermarchés dont une partie avaient “déjà fait l’objet de constatations”. Seuls 8% des établissements ont demandé une pièce d’identité pour vérifier l’âge des clients.Or l’article L.3342-1 du Code de la santé publique précise que “la personne qui délivre la boisson exige du client qu’il établisse la preuve de sa majorité” via un “acte systématique”, “non conditionné par le simple doute sur l’apparence physique du client”, rappelle Addictions France.Ces achats tests “ont systématiquement été réalisés en pleine journée, en semaine”, le plus souvent à des moments de “faible affluence, avec peu voire aucun client à la caisse”, précise l’association pour battre en brèche par avance l’argument d’une “pression liée à l’affluence” pour justifier le non-contrôle de l’âge. Dans le détail, sur les 25 magasins Carrefour testés, seuls deux ont refusé la vente, deux également chez les 11 Lidl testés, comme au sein des 7 magasins du groupe Coopérative U visités. Parmi les autres enseignes: un seul magasin E.Leclerc sur six a refusé la vente au mineur, un seul Intermarché sur 7, aucun Monoprix sur les 6 testés et aucun Auchan (sur deux).À l’été 2023, l’association avait testé en Loire-Atlantique 42 bars, cafés et points de restauration rapide en zones urbaines et rurales: un seul avait refusé la vente après vérification de l’âge du mineur.Ses constatations en 2023-2024 ont donné lieu à l’ouverture de 37 procédures judiciaires dont les premières, “ne seront plaidées que le 9 décembre 2025”, soit un délai de deux ans qui “renforce un sentiment d’impunité et banalise la transgression de la loi”, juge Addictions France.- Sanctions “réellement dissuasives” -Face à “l’inefficacité générale du dispositif réglementaire actuel” et de la “Charte d’engagements responsables” signée par la grande distribution (Carrefour, Auchan, Lidl, Monoprix…) en 2019, en partenariat avec la Fédération du commerce et de la distribution, l’association demande des contrôles aléatoires systématiques par l’État, et des sanctions “réellement dissuasives”. Avec des amendes atteignant 2% du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise si celui-ci est inférieur à 100.000 euros, et 10% à partir de 500.000 euros -selon un régime de sanctions graduées rappelant ceux du droit de l’environnement ou de la concurrence.Le recours aux sanctions administratives pourrait être systématisé, allant de l’avertissement à la suspension, voire au retrait de la licence par le préfet ou le maire après deux récidives. Et des moyens dédiés permettraient de juger ces délits sous six semaines. Car si vendre de l’alcool à un mineur est un délit passible d’une amende de 7.500 euros -le double en cas de récidive avant 5 ans-, aujourd’hui “les contrôles sont rares, les poursuites peu fréquentes et les condamnations à hauteur de la peine maximale quasiment inexistantes”, affirme Addictions France.En comparaison, en Suisse, qui allie prévention, contrôles aléatoires fréquents et sanctions dissuasives, 65% des vendeurs ont contrôlé l’âge des acheteurs en 2023, contre 54% en 2014, selon l’association.En juillet 2024, la cour d’appel de Pau a confirmé la condamnation de l’enseigne Lidl à 5.000 euros d’amende pour avoir vendu de l’alcool à un mineur de 16 ans, Kilian, qui s’était tué à Urrugne (Pyrénées atlantiques) le 8 mai 2021 en heurtant un pylône à scooter après avoir été percuté par un ami circulant, lui aussi alcoolisé, sur son scooter.Lidl s’est pourvu en cassation.

Un participant à l’assaut du Capitole qui avait voulu se venger des policiers condamné à perpétuité

Un participant à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021 par des partisans de Donald Trump a été condamné mercredi à la prison à perpétuité pour avoir projeté d’assassiner les policiers ayant enquêté sur lui.Eward Kelley, 36 ans, a été reconnu coupable en novembre par un jury du Tennessee (sud) de trois chefs d’accusation, dont celui de projet d’assassinat d’employés fédéraux.Il avait notamment établi une “liste noire” d’agents du FBI, la police fédérale, et d’autres personnes impliquées dans l’enquête sur ses agissements le 6 janvier 2021, selon l’accusation.Edward Kelley fait partie des plus de 1.500 assaillants du Capitole, profanation sans précédent du sanctuaire de la démocratie américaine, auxquels Donald Trump a accordé sa grâce présidentielle le 20 janvier, au premier jour de son nouveau mandat.Les avocats d’Edward Kelley ont tenté en vain de faire valoir que cette grâce couvrait également les faits dont il est accusé dans ce dossier. Mais les procureurs ont souligné que ce projet criminel datait de décembre 2022, soit près de deux ans après l’assaut du Capitole, ainsi que son absence de remords.Le 20 janvier 2025, Donald Trump a rayé d’un trait de feutre la plus vaste enquête jamais menée par le ministère de la Justice, graciant par décret quelque 1.250 condamnés dans ce dossier, commuant la peine de 14 autres et ordonnant l’arrêt des poursuites contre quelques centaines d’accusés encore en instance de jugement.Ce jour-là, des centaines de ses partisans, chauffés à blanc par ses accusations sans fondement de fraude électorale, avaient pris d’assaut le Capitole, pour tenter d’y empêcher la certification de la victoire de son adversaire démocrate Joe Biden.

Après le pétrole, l’Angola veut amorcer la pompe à touristes

Lorsque Feliesiano Muteca a dompté ses premières vagues sur sa planche de surf il y a une dizaine d’années, il avait la plage de Cabo Ledo, en Angola, quasiment pour lui tout seul.A présent, cette plage de sable fin encadrée de falaises majestueuses, à 125 km au sud de la capitale Luanda, est devenue une destination prisée de surfers étrangers en quête de nouvelles vagues. Le pays lusophone d’Afrique australe est l’un des principaux producteurs de pétrole du continent. Mais le gouvernement, échaudé par l’exposition de son économie aux variations des cours du brut, tente de faire revenir les touristes étrangers via des facilités d’obtention de visa et des campagnes de promotion des plus beaux sites du pays.Cabo Ledo est l’un de ces joyaux, où Feliesiano peut désormais vivre de sa passion, lui qui donne des cours de surf aux touristes.”Nous sommes deux à donner des leçons de surf”, explique celui qui a fait ses débuts à 10 ans, sur une planche qu’il empruntait à qui voulait bien lui prêter.Non loin, un lodge a installé son bar de plage et quelques chalets en contre-haut, avec vue imprenable sur l’océan Atlantique. Un groupe de touristes allemands y profite de la brise et d’une ombre bienvenue, en attendant de retourner surfer. La même société, Carpe Diem, possède un complexe plus imposant un peu plus au nord sur la côte.Certains sites touristiques des environs, comme les falaises dentelées de Miradouro da Lua, n’étaient accessibles il y a encore quelques années que par une petite piste poussiéreuse.Les visiteurs peuvent à présent admirer les falaises depuis un bar à cocktails. Des cadres en bois plantés dans le sol leur indiquent même les meilleurs angles pour photographier le site.- Croisières et gastronomie -Au sortir de plus de 25 ans de guerre civile en 2002, le pays – deux fois plus grand que la France métropolitaine – est exsangue. Mais il connaît rapidement un boom pétrolier.Cet afflux de pétro-dollars s’accompagne d’un pic de revenus touristiques à 1,6 milliard de dollars en 2014, principalement alimentés par de riches étrangers venant pour certains profiter de la baie de Luanda depuis leurs yachts et dépensant sans compter lors de fastueuses fêtes sur la plage. Le pétrole coule à flots, l’argent aussi et le kwanza, la monnaie nationale, s’échange alors à 100 pour un dollar. Mais le pays est durement touché les années suivantes par la baisse des cours du pétrole puis par le poids du service de sa dette. Il faut désormais 900 kwanza pour un dollar et le tourisme n’a généré en 2024 que 14,8 millions de dollars de revenus.Cela a conduit le gouvernement à adopter une nouvelle stratégie pour le secteur: les ressortissants de dizaines de pays bénéficient d’une gratuité du visa d’entrée. Et les soldats qui patrouillaient dans l’aéroport international ont laissé la place à de jeunes et souriants ambassadeurs touristiques arborant sur leur T-shirt le message: “Puis-je vous aider?”Le yacht club demeure fréquenté mais Luanda est devenue aussi une escale régulière de grand bateaux de croisière reliant le Cap en Afrique du Sud au Sénégal ou à l’Europe.Le journaliste et écrivain Claudio Silva, né à Luanda, a co-organisé en juin une semaine de découverte gastronomique pour des passionnés étrangers: au programme, visite de nouveaux vignobles, exploration de la cuisine pré-coloniale, le tout avec le concours d’un chef angolais reconnu.”Ce genre de circuits gastronomiques en immersion (…) nous permet de raconter nos propres histoires, à travers la nourriture et la culture, à la fois en ville et en milieu rural, un voyage conçu autour des expériences des gens qui vivent sur place”, explique-t-il.La société sud-africaine de trains de luxe Rovos Rail a ajouté le port angolais de Lobito à son catalogue, permettant à ses clients fortunés de rallier Dar es Salaam et l’océan Indien, en 15 jours, à bord d’un cinq étoiles ambulant.   Le gouvernement mise également sur les safaris. La faune sauvage du pays a été décimée durant la guerre civile (1975-2002) mais les autorités s’efforcent de repeupler certains parc naturels, selon Pedro Monterroso, de l’ONG African Parks, installée à Johannesburg.L’ONG, présente dans plus de 10 pays du continent, s’est vue confiée par l’Angola la gestion du parc national d’Iona, à la frontière avec la Namibie.”L’ambition (du gouvernement), c’est de devenir la Namibie ou le Botswana dans 10 ou 15 ans”, décrypte M. Monterroso, en référence aux deux pays voisins qui attirent chaque année des dizaines de milliers de touristes dans leurs réserves naturelles.

En Ukraine, l’interminable attente des mères de soldats portés disparus

Lioubov Brodovska n’avait qu’une chose en tête au moment d’aller à la rencontre de soldats ukrainiens tout juste libérés par la Russie: obtenir un signe de vie de son fils, dont elle n’a plus de nouvelles depuis l’an passé.”Si des gens pouvaient me dire +J’ai vu votre fils+. Juste ça, juste un mot, je les prendrais dans mes bras”, dit-elle en attendant l’arrivée des prisonniers de guerre dans la région de Tcherniguiv, dans le nord de l’Ukraine.Des larmes coulent doucement sur son visage. Dans ses mains, elle tient fermement une photo d’Oleksandre, 28 ans, disparu depuis 2024.Après près de trois ans et demi d’invasion russe, des dizaines de milliers de soldats et civils ukrainiens restent toujours officiellement portés disparus, sans savoir s’ils ont été tués sur le front ou bien capturés par les forces russes.Lioubov Brodovska fait partie de ces centaines de mères, femmes ou autres proches qui se pressent à chaque échange de prisonniers entre Kiev et Moscou, à l’affût de la moindre information sur le sort de leurs proches venant de la bouche de ceux qui sortent de captivité.Pour attirer l’attention des soldats libérés, ces femmes agitent des pancartes arborant les photos de la personne qu’elles recherchent et en accrochent d’autres à la sortie de l’hôpital, où ces militaires sont traités après leur retour.Beaucoup espèrent que les derniers échanges de prisonniers – l’un des rares domaines de coopération entre Ukrainiens et Russes -, réalisés après des pourparlers en Turquie, leur permettront d’obtenir des nouvelles de leurs proches.- “Tout essayer” -Environ 70.000 personnes, des soldats et des civils, sont toujours portées disparues, selon Arthur Dobrosserdov, le responsable ukrainien en charge de ce dossier délicat au ministère de l’Intérieur.Concernant les militaires, ils sont considérés disparus tant que la Russie ne confirme pas qu’ils sont soit prisonniers, soit qu’elle a réussi à identifier leur dépouille.Cette opération n’est pas toujours possible en raison des combats incessants.Entre les positions des armées ukrainienne et russe, un “no man’s land” s’est formé le long du front, rendant impossible la collecte des corps de manière sécurisée.Moscou affirme en avoir identifié des milliers. La Croix-Rouge et un organisme gouvernemental ukrainien cherchent également à les retrouver. En parallèle, des familles enquêtent avec leurs propres moyens, explique Petro Iatsenko, un porte-parole de cet organisme.”Ces personnes veulent se montrer à elles-mêmes ainsi qu’à leurs proches – quand ils seront libérés – qu’elles ne sont pas restées les bras croisés et ont tout essayé” pour les sortir de captivité, dit-il à l’AFP.Dans ces conditions, les autorités consentent à laisser les familles accueillir les nouveaux libérés à leur arrivée, mais elles demandent aussi de ne pas les interpeller trop brusquement compte tenu de leur condition psychologique fragile, après des mois, voire des années passées dans les geôles russes, où nombre d’entre eux disent avoir subi des tortures.- “Faux espoir” -Lors d’un échange récent, Elmira Baranova n’a une nouvelle fois pas vu son fils Ernest, disparu depuis trois ans, parmi les jeunes hommes libérés.”Je ne me souviens même plus du nombre d’échanges auxquels je me suis rendue… Je suis fatiguée d’être contente pour les autres. Cela peut paraître vache, mais je suis fatiguée”, dit-elle, espérant qu’un jour, elle pourra elle aussi “se réjouir” pour le retour de son fils.Mais ses efforts ne sont pas restés vains.Lors d’un échange précédent, un soldat libéré lui a assuré qu’Ernest était en prison et qu’il y passait notamment son temps à dessiner, sa grande passion.De leur côté, les autorités et la Croix-Rouge, qui encouragent les familles à partager toute nouvelle information dont elles disposent, affichent leur prudence.”Nous voulons que les familles gardent espoir, mais nous ne voulons pas que ce soit un faux espoir”, explique à l’AFP Pat Griffiths, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).Une partie de cet espoir provient de l’idée largement répandue en Ukraine que la Russie détient beaucoup plus de prisonniers qu’elle ne l’a déclaré et que de nombreux disparus ne sont pas morts au combat mais détenus au secret.”Nous devons tous être réalistes. Certaines familles devront peut-être attendre des années avant d’obtenir une réponse, et pour beaucoup, cette réponse ne sera peut-être pas celle qu’elles espèrent”, souligne, lucide, M. Griffiths.Lioubov Brodovska reste toujours sans nouvelles de son fils Oleksandre.Mais qu’importe, elle va continuer à lui envoyer chaque jour un message sur WhatsApp – une conversation devenue monologue.”Donne-moi un signe de vie, mon fils, s’il te plaît. Juste un signe que tu es en vie aujourd’hui”, a-t-elle imploré une fois. Sans obtenir de réponse.

Le royaume suisse des Saint-Bernard se réinvente

Syrah marche lentement sur un tapis roulant immergé dans un grand bassin d’eau, accompagnée de deux thérapeutes qui l’aident à garder l’équilibre, sous les yeux émerveillés du public.Cette femelle Saint-Bernard, âgée de huit ans, reçoit sa séance habituelle d’hydrothérapie, pendant que les visiteurs du parc thématique Barryland, récemment rouvert à Martigny, dans une vallée alpine suisse, observent chacun de ses mouvements.”Nous avons un bassin d’hydrothérapie. C’est de l’hydrothérapie pour les chiens âgés ou les chiens opérés”, explique Mélanie Glassey-Roth, directrice de Barryland.”Tout ici est conçu pour le bien-être de nos chiens.”Ce qui au départ était un petit musée sur les Saint-Bernard s’est transformé, après deux ans de travaux, en Barryland, un grand parc entièrement dédié au chien national suisse.Avec son nouveau bâtiment en forme d’empreinte de chien, il propose des expériences interactives et des visites en réalité virtuelle sur l’histoire et les mythes qui entourent le Saint-Bernard. A l’étage, les visiteurs peuvent interagir avec les animaux à quatre pattes.Grâce à cette rénovation, le parc espère accueillir jusqu’à 200.000 visiteurs par an, contre 83.000 auparavant.-  “Emblématique” -Dans les années 1990, les Saint-Bernard – fruit de croisements il y a plusieurs siècles entre chiens des régions alpines – ont atteint un regain de célébrité en figurant dans la comédie à succès hollywoodienne “Beethoven” (1992).A partir du 17e siècle, ils étaient élevés dans un hospice tenu par des religieux, perché à 2.500 mètres d’altitude, pour fournir des chiens de garde et de défense, dans le col du Grand-Saint-Bernard, passage entre la Suisse et l’Italie. Mais très vite, il est utilisé pour des opérations de sauvetage.”C’est un chien emblématique qui représente toute la région du col du Grand-Saint-Bernard”, affirme Jean-Maurice Tornay, directeur de la Fondation Barry, qui gère le parc.Barryland doit son nom au plus célèbre et au plus héroïque des Saint-Bernard.La légende locale raconte que Barry, qui portait un petit tonneau d’alcool autour de son cou afin de réchauffer les voyageurs fatigués, aurait effectué plus de 40 sauvetages au cours de sa vie.Le monastère a veillé en son honneur à toujours nommer un chien Barry – une tradition qui se perpétue aujourd’hui à Barryland.L’actuel Barry, un imposant mâle de sept ans et demi pesant environ 80 kg, est le plus grand et le plus primé des chiens.La Fondation Barry compte 36 Saint-Bernard au total, tous hébergés dans un chenil voisin à Martigny. Mais certains passent l’été au col du Grand-Saint-Bernard.Désormais, chaque matin, 16 chiens du chenil sont acheminés dans une grande camionnette dans le parc, pour y jouer les stars.- Nouvelle mission -À Barryland, ces chiens géants aux yeux entourés de noir et au pelage blanc avec de grandes taches de couleur, allant du roux au brun, gambadent dans de grands parcs verdoyants et se laissent toiletter, masser et soigner.Pour sa réouverture jeudi, le parc a présenté deux nouveaux chiots, Xcell et Xaver, tétant avec enthousiasme leur mère Lio, en la bousculant tendrement.À l’étage, Tosca, une femelle de huit ans, monte sur une grande balance, sous l’oeil attentif d’un de leurs soignants, Sahel Robette.”Soixante-cinq kilos !” s’exclame-t-il, avant de commencer le brossage, à la recherche de tiques dans son pelage, et d’inspecter ses oreilles et ses griffes.De nos jours, ces chiens ne sont plus utilisés comme sauveteurs de montagne, remplacés par les hélicoptères. Mais ils accomplissent désormais un travail héroïque dans d’autres domaines.Le Saint-Bernard a “trouvé aujourd’hui une nouvelle mission sociale”, affirme M. Tornay. Chaque année, les chiens de la fondation effectuent des centaines de visites dans des hôpitaux, des maisons de retraite et des prisons, où ils sont utilisés à des fins thérapeutiques et de réadaptation sociale en apportant “un peu de gentillesse”.Le Saint-Bernard est parfait pour ces missions, observe Mme Glassey-Roth, pendant qu’un chien pose paisiblement sa tête sur ses genoux : “C’est une force tranquille, il est très calme et très social”.

Reboiser après les incendies, des drones à la rescousse au Canada

A perte de vue, des forêts calcinées, des troncs brûlés au sol. Au-dessus dans le ciel, un drone imposant s’active, mitraillant le terrain sans discontinuer de capsules contenant des semences pour accélérer la reforestation.  Dans cette zone du nord du Québec ravagée par les mégafeux de l’été 2023, un projet pilote utilise des drones pour la deuxième année consécutive afin de reboiser certaines parties du territoire avec des épinettes noires et des pins gris.Plutôt que de larguer simplement des semences du ciel, l’entreprise Flash Forest, qui pilote l’initiative, se sert de graines insérées dans des capsules contenant de l’eau, des nutriments et des champignons pour maximiser les chances de survie.”Il existe un créneau approprié pour la reforestation par drone, que nous avons passé les cinq dernières années à l’identifier précisément”, explique Cameron Jones, cofondateur de l’entreprise.Il faut par exemple replanter rapidement après les feux. Car “les zones brûlées, il y a plus de trois ans, ont tendance à avoir trop de végétation concurrente (herbes, broussailles…) pour permettre l’établissement des graines, la végétation bloque la lumière et l’humidité”, poursuit-il. La société intervient donc une à deux années après un incendie après avoir identifié et exclu les zones avec une régénération naturelle. Donc dans les zones où la forêt ne parvient plus à se régénérer car les incendies sont trop violents et récurrents. En 2023, le Canada a vécu une année record avec des incendies qui ont touché toutes les provinces du pays, soit au final près de 18 millions d’hectares partis en fumée. Le Québec, et notamment cette zone du nord de la province francophone, a été particulièrement touché.- 50.000 capsules par jour -“Nous utilisons l’IA pour cartographier les sites à l’avance, explique Owen Lucas, ingénieur pour Flash Forest, les yeux rivés sur les écrans de contrôle. Nous les choisissons en fonction des variables climatiques, des caractéristiques topographiques, afin de nous assurer que nous plaçons les semences au bon endroit.”L’entreprise a des projets également dans une autre province canadienne, l’Alberta, et au Colorado aux Etats-Unis cette année. Les deux drones en action au Québec peuvent chacun envoyer au sol 50.000 capsules par jour.”Quand tu plantes, tu ne vois pas les impacts, mais quand tu reviens durant l’automne et que tu les vois grandir, tu sais que tu fais quelque chose de positif”, glisse Owen Lucas.En 2023, comme cette année, où plus de 4,2 millions d’hectares ont déjà brûlé dans le pays, la propagation des feux de forêt est favorisée par la sécheresse liée selon les experts au réchauffement climatique. “C’est triste d’avoir perdu autant de forêts”, regrette Angel Mianscum, une responsable des Cris, la communauté autochtone de la zone, associée au projet.Elle se réjouit toutefois de voir qu’il existe aujourd’hui des “façons novatrices de faire les choses”. Les communautés autochtones sont les plus touchées au Canada par les feux car elles vivent souvent dans des zones reculées au coeur de la forêt boréale.- Déperdition -“De plus en plus, on est obligé de reboiser au Canada, car si les arbres des forêts boréales sont adaptés aux feux, aujourd’hui la situation se complique”, explique Maxence Martin, professeur en écologie forestière à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.Il rappelle qu’en 2023, par exemple, ce sont en majorité des forêts très jeunes qui ont brûlé. “Si la forêt est trop jeune alors elle va mettre très longtemps à redémarrer, la replantation est alors la seule option.”Et si l’utilisation des drones peut être vue comme une option pour atteindre certaines zones et être plus rapide, cela pose aussi des questions. En effet, cette technique exige une grande quantité de graines car la déperdition est plus grande que lors d’une plantation à la main.”Cela va donc poser un problème de semences car elles sont compliquées à récolter”, et le Canada en manque, souligne Maxence Martin.