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Effondrements rue d’Aubagne à Marseille : prison ferme pour des copropriétaires, sursis pour l’élu et l’expert

Symbole du fléau du logement indigne à Marseille, le procès des effondrements mortels de la rue d’Aubagne s’est soldé lundi par de la prison ferme, sous bracelet électronique, pour trois copropriétaires et du sursis pour l’architecte-expert et l’ex-adjoint au maire mis en cause.Ce jugement, rendu plus de six mois après le procès, était attendu par toute une ville, traumatisée par ces effondrements de deux immeubles, le 5 novembre 2018, au coeur de Marseille, dont le 65 rue d’Aubagne, où huit locataires avaient perdu la vie.Parmi les 16 prévenus à ce dossier, dix au total ont finalement été condamnés, dont trois seulement à de la prison ferme, trois copropriétaires du 65.La peine la plus sévère, de quatre ans de prison dont deux ans ferme à effectuer sous bracelet électronique, a été infligée à Xavier Cachard, alors élu au conseil régional Paca, coupable, avec le syndic de l’immeuble, des “fautes les plus graves” dans ce dossier, a estimé le tribunal correctionnel.En tant que copropriétaire mais aussi avocat du syndic, il a adopté “une stratégie d’obtruction de réalisation des travaux nécessaires” dans l’immeuble, avec une “emprise manifeste sur les décisions et les votes”, sans parler de son “indifférence déplorable” sur l’état du logement qu’il louait, a asséné le président du tribunal correctionnel de Marseille, Pascal Gand.Juste avant que soit abordé le cas de Xavier Cachard, l’audience avait été interrompue près de 40 minutes après le malaise d’un autre copropriétaire, qui s’est effondré à l’énoncé de sa culpabilité. – “Téléprison” -Alors que le président énumérait les nombreux travaux – risques d’effondrement du plafond et du plancher, fils électriques apparents, déficit de chauffage, moisissures, punaises de lits – que Sébastien Ardilly aurait dû entreprendre, avec ses parents, dans le logement qu’ils louaient à une famille comorienne, dont un enfant de huit ans, le prévenu s’était effondré, nécessitant l’intervention des marins-pompiers.Sébastien Ardilly a finalement été condamné à trois ans de prison donc un an ferme, sous bracelet électronique, son père Gilbert écopant lui de de la même peine que M. Cachard. Des amendes importantes ont également été prononcées, jusqu’à 100.000 euros contre le cabinet Liautard, syndic du 65 rue d’Aubagne.Le tribunal a donc largement suivi les parties civiles, qui avaient directement cité à comparaître les copropriétaires du 65 rue d’Aubagne, le seul immeuble habité lors du drame, après que ceux-ci avaient été épargnés par l’instruction. Pour les prévenus qui avaient été poursuivis par les magistrats instructeurs, le tribunal s’est au contraire montré plus clément, prononçant uniquement des peines de prison avec sursis, et ce notamment contre le seul élu mis en cause dans ce dossier, Julien Ruas.Alors adjoint au maire de Jean-Claude Gaudin, maire LR de la ville de 1995 à 2020, et chargé notamment du logement insalubre, il a été condamné à deux ans de prison avec sursis et une interdiction d’exercer une fonction publique pendant cinq ans. “Vous ne vous êtes aucunement mobilisé pour mettre en place une politique volontariste de lutte contre les immeubles en péril”, a estimé le président.L’architecte Richard Carta, qui avait qui avait bâclé une visite de l’immeuble quelques jours à peine avant le drame, laissant aussitôt les habitants réintégrer leurs appartements, a eu la même peine, assortie d’une interdiction définitive d’exercer ce métier.- “Téléprison” -En sortant de l’audience, des habitants de Marseille, venus en nombre écouter cette décision dans une ville minée par le logement indigne, ont crié “assassins” quand les principaux prévenus sont passés devant eux.”C’est un jugement qui est quand même assez clément (…), on attendait quand même plus. Et effectivement, on est encore sous le choc”, a réagi Anissa Harbaoui, coprésidente de l’Assemblée des délogés, regrettant qu’il n’y ait “aucune peine de prison ferme” et assimilant les peines sous bracelet électronique à du sursis.”C’est de la téléprison”, a dénoncé un autre membre de l’Assemblée des délogés, Stéphane Lécolier, en comparant ces peines à du “télétravail”.Les six semaines de débats à l’automne avaient permis d’établir que les effondrements le 5 novembre 2018 des numéros 63 (vide) et 65 étaient inéluctables, vu l’état du bâti. Mais l’instruction avait seulement renvoyé quatre personnes devant le tribunal : Julien Ruas, Richard Carta, et deux personnes morales, le syndic du 65, le cabinet Liautard, et Marseille Habitat, bailleur social de la ville de Marseille propriétaire du numéro 63, laissé à l’état de ruine.Insuffisant pour certaines parties civiles qui avaient donc cité à comparaître 12 personnes supplémentaires, dont plusieurs copropriétaires.Au final, 16 personnes morales et physiques ont donc été jugées, pour différents délits, notamment homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité, un délit punissable de cinq ans de prison maximum, et soumission de personnes vulnérables dont au moins un mineur à des conditions d’hébergement indigne, des faits qui peuvent valoir jusqu’à dix ans d’emprisonnement.Durant les débats, les prévenus avaient contesté en bloc, les avocats plaidant des relaxes en cascade. 

Au Kenya, tension et déploiement policier massif face aux nouvelles manifestations antigouvernementales

Les rues étaient vides et la tension élevée lundi à Nairobi, capitale d’habitude dynamique du Kenya où les principales voies d’accès avaient été coupées en amont d’une nouvelle journée de manifestations antigouvernementales, après de récents rassemblements entachés de violences policières et de pillages.La Journée Saba Saba (“sept, sept” en swahili, pour 7 juillet) commémore chaque année le soulèvement du 7 juillet 1990, lorsque les Kényans ont manifesté pour l’instauration du multipartisme, au cœur des années sombres du régime autocratique de Daniel arap Moi.Cette année, cet hommage se conjugue à la vague de contestation qui secoue depuis un an le pays contre les taxes, la corruption, les disparitions forcées et les brutalités policières sous la présidence de William Ruto. Lundi à la mi-journée, les manifestants semblaient peu nombreux dans les rues désertées du centre-ville, haut-lieu des rassemblements ces derniers mois. Des journalistes de l’AFP ont vu un groupe de policiers tirer des gaz lacrymogènes face à une cinquantaine de jeunes hommes, dont certains leurs jetaient des pierres. Plus tôt dans la matinée, sous une fine bruine, seuls quelques passants, boda-boda (motos-taxis) et policiers étaient visibles dans ce hub de l’économie et du pouvoir politique.”Je n’ai jamais vu le centre-ville comme ça”, a déclaré à l’AFP Edmond Khayimba, un agent de sécurité de 29 ans.Hanifa Adan, une des figures de ce mouvement décentralisé, a rallié sur X le fait qu’il pleuve sur la police “tandis que nous restons au chaud à la maison.” Les télévisions locales montraient des rassemblements limités en périphérie de la capitale et dans quelques villes du pays, la police y ayant parfois déployé des canons à eau. – “Ruto ne délivre pas” -Les dernières manifestations du 25 juin, au départ pacifiques, ont tourné à la violence, des jeunes affrontant à coup de jets de pierre la police, qui a répliqué par de grandes quantités de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Dix-neuf personnes ont été tuées et 500 autres arrêtées, l’exécutif affirmant avoir “déjoué un coup d’Etat”, tandis que les manifestants accusent les autorités de payer des vandales armés pour discréditer leur mouvement.Le 25 juin devait rendre hommage aux dizaines de victimes du vaste mouvement citoyen de 2024, qui avait culminé avec, le même jour, une brève prise du Parlement par les manifestants. Ces jeunes de la “Generation Z”, pour beaucoup urbains, éduqués et connectés, réclamaient le retrait d’une loi budgétaire controversée ainsi que le départ du président Ruto, élu en 2022 sur la promesse de défendre les plus démunis après des années de difficultés économiques.”Le gouvernement devrait être responsable. Les jeunes manifestent pour beaucoup de choses comme l’accès à la santé”, affirme lundi Rogers Onsomu, un boda-boda de 32 ans venu pour travailler. “Ce que (Ruto) a promis au pays, il ne le délivre pas. Ce slogan de +Ruto doit partir+ nous ne le lâcherons pas, nous le ferons vivre chaque jour”, ajoute-t-il cependant. – Années 1990 -Les violences policières entachent l’image du Kenya, pays d’Afrique de l’Est d’environ 55 millions d’habitants, considéré comme l’un des rares Etats stables et démocratiques dans une région troublée. Les organisations de défense des droits humains, notamment Human Rights Watch (HRW) et Amnesty, ont critiqué la réponse des autorités, tandis que les Nations unies ont déploré les violences, appelant au calme et à l’ouverture d’enquêtes “indépendantes et transparentes”.Dimanche, un gang armé a attaqué le siège de la Commission kényane des droits humains, où se tenait une conférence de presse appelant à la fin des brutalités policières.Pour l’analyste Gabrielle Lynch, spécialiste de l’Afrique à l’université britannique de Warwick, la réponse étatique rappelle celle de l’époque de Saba Saba. Le pouvoir avait alors arrêté plus de 1.000 personnes, détenues pour certaines pendant deux ans, selon Amnesty International. “Mais nous ne sommes plus dans les années 1990”, pointe Mme Lynch. “Ils ne semblent pas avoir compris que le monde avait changé”.

Ukraine: la Russie dit avoir pris une localité dans la région de Dnipropetrovsk, une première

La Russie a revendiqué lundi la prise d’une localité dans la région de Dnipropetrovsk, dans le centre-est de l’Ukraine, une première depuis le début de l’invasion en février 2022, au moment où les discussions diplomatiques entre Moscou et Kiev sont dans l’impasse.Cette conquête russe, si elle était confirmée par Kiev, constituerait un nouveau revers symbolique pour les forces ukrainiennes.La Russie a aussi de nouveau lancé dans la nuit une centaine de drones et tiré des missiles contre son voisin, faisant au moins quatre morts et plusieurs dizaines de blessés.- Versions contradictoires -“La localité de Datchnoïe, dans la région de Dnipropetrovsk, a été libérée”, s’est félicitée dans un communiqué l’armée russe, qui avait annoncé début juin mener une “offensive” inédite dans cette partie de l’Ukraine.Elle a en outre diffusé une vidéo censée montrer ses soldats dans ce village à environ 70 kilomètres à l’ouest de la grande ville de Donetsk, sous contrôle russe.L’Ukraine n’a pas réagi dans l’immédiat à cette annonce russe mais, plus tôt lundi, l’état-major de ses forces armées avait assuré que des assauts russes avaient été “repoussés” la veille “dans les environs” de Datchnoïe.Dimanche, une unité ukrainienne combattant dans le secteur avait quant à elle affirmé toujours “contrôler” Datchnoïe.Elle avait également dénoncé les “fausses informations” en provenance de Moscou concernant une avancée dans cette zone et publié une vidéo montrant, d’après elle, le drapeau ukrainien au-dessus d’un bâtiment à Datchnoïe.”Nous sommes là et nous sommes prêts à nous battre jusqu’au bout ! Nous ne céderons pas un seul mètre de notre territoire sans nous battre”, avait également assuré cette unité.- Demandes maximalistes -Une réelle progression russe dans la région de Dnipropetrovsk aurait une valeur stratégique sur le terrain, en pleines discussions diplomatiques poussives en vue d’un règlement du conflit. Le président russe Vladimir Poutine maintient toujours ses demandes maximalistes, en premier lieu que Kiev cède à la Russie les régions ukrainiennes annexées et que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan. Des conditions inacceptables pour les dirigeants ukrainiens et leurs alliés occidentaux.L’Ukraine, pour sa part, exige que l’armée russe se retire entièrement de son territoire, occupé à hauteur d’environ 20%.Avant l’assaut russe à grande échelle de février 2022, quelque trois millions de personnes vivaient dans la région ukrainienne de Dnipropetrovsk, dont environ un million dans la capitale régionale, Dnipro, qui est régulièrement la cible de frappes meurtrières russes.De nombreux Ukrainiens, fuyant les combats dans les régions orientales de Donetsk et de Lougansk, y ont trouvé refuge après l’offensive initiale des troupes russes il y a près de trois ans et demi.- Centres de recrutement touchés -L’annonce par la Russie de la prise de Datchnoïe intervient à un moment où son armée poursuit son pilonnage des villes et villages d’Ukraine.Dans la nuit de dimanche à lundi, elle a tiré quatre missiles et envoyé 101 drones, dont 75 ont été interceptés par la défense antiaérienne ukrainienne, faisant au moins quatre morts et plusieurs dizaines de blessés dans plusieurs régions, selon les autorités ukrainiennes.Dans la ville de Kharkiv (nord-est), un journaliste de l’AFP a vu des civils être évacués d’un bâtiment, après qu’il avait été endommagé par un tir russe. Certains ont dû se réfugier dans des abris non loin, seulement quelques affaires et leurs animaux de compagnie sous les bras.D’après l’armée ukrainienne, les forces russes ont notamment frappé deux centres de recrutement militaire, à Kharkiv et Zaporijjia, y faisant au moins quatre blessés, selon un bilan provisoire.L’armée russe, pour sa part, s’est targuée d’avoir “touché” ces sites, ainsi que d’autres cibles du complexe militaro-industriel ukrainienne.Face à l’intensification des attaques russes, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a une nouvelle fois martelé que la livraison de systèmes de défense antiaérienne par les Occidentaux demeurait “la priorité absolue”.Mais les Etats-Unis, jusqu’à récemment le premier soutien militaire de l’Ukraine, ont annoncé la semaine dernière avoir interrompu la fourniture de certaines armes, y compris des munitions de systèmes de défense Patriot, qui permettent de limiter l’ampleur des bombardements russes. 

Ukraine: la Russie dit avoir pris une localité dans la région de Dnipropetrovsk, une première

La Russie a revendiqué lundi la prise d’une localité dans la région de Dnipropetrovsk, dans le centre-est de l’Ukraine, une première depuis le début de l’invasion en février 2022, au moment où les discussions diplomatiques entre Moscou et Kiev sont dans l’impasse.Cette conquête russe, si elle était confirmée par Kiev, constituerait un nouveau revers symbolique pour les forces ukrainiennes.La Russie a aussi de nouveau lancé dans la nuit une centaine de drones et tiré des missiles contre son voisin, faisant au moins quatre morts et plusieurs dizaines de blessés.- Versions contradictoires -“La localité de Datchnoïe, dans la région de Dnipropetrovsk, a été libérée”, s’est félicitée dans un communiqué l’armée russe, qui avait annoncé début juin mener une “offensive” inédite dans cette partie de l’Ukraine.Elle a en outre diffusé une vidéo censée montrer ses soldats dans ce village à environ 70 kilomètres à l’ouest de la grande ville de Donetsk, sous contrôle russe.L’Ukraine n’a pas réagi dans l’immédiat à cette annonce russe mais, plus tôt lundi, l’état-major de ses forces armées avait assuré que des assauts russes avaient été “repoussés” la veille “dans les environs” de Datchnoïe.Dimanche, une unité ukrainienne combattant dans le secteur avait quant à elle affirmé toujours “contrôler” Datchnoïe.Elle avait également dénoncé les “fausses informations” en provenance de Moscou concernant une avancée dans cette zone et publié une vidéo montrant, d’après elle, le drapeau ukrainien au-dessus d’un bâtiment à Datchnoïe.”Nous sommes là et nous sommes prêts à nous battre jusqu’au bout ! Nous ne céderons pas un seul mètre de notre territoire sans nous battre”, avait également assuré cette unité.- Demandes maximalistes -Une réelle progression russe dans la région de Dnipropetrovsk aurait une valeur stratégique sur le terrain, en pleines discussions diplomatiques poussives en vue d’un règlement du conflit. Le président russe Vladimir Poutine maintient toujours ses demandes maximalistes, en premier lieu que Kiev cède à la Russie les régions ukrainiennes annexées et que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan. Des conditions inacceptables pour les dirigeants ukrainiens et leurs alliés occidentaux.L’Ukraine, pour sa part, exige que l’armée russe se retire entièrement de son territoire, occupé à hauteur d’environ 20%.Avant l’assaut russe à grande échelle de février 2022, quelque trois millions de personnes vivaient dans la région ukrainienne de Dnipropetrovsk, dont environ un million dans la capitale régionale, Dnipro, qui est régulièrement la cible de frappes meurtrières russes.De nombreux Ukrainiens, fuyant les combats dans les régions orientales de Donetsk et de Lougansk, y ont trouvé refuge après l’offensive initiale des troupes russes il y a près de trois ans et demi.- Centres de recrutement touchés -L’annonce par la Russie de la prise de Datchnoïe intervient à un moment où son armée poursuit son pilonnage des villes et villages d’Ukraine.Dans la nuit de dimanche à lundi, elle a tiré quatre missiles et envoyé 101 drones, dont 75 ont été interceptés par la défense antiaérienne ukrainienne, faisant au moins quatre morts et plusieurs dizaines de blessés dans plusieurs régions, selon les autorités ukrainiennes.Dans la ville de Kharkiv (nord-est), un journaliste de l’AFP a vu des civils être évacués d’un bâtiment, après qu’il avait été endommagé par un tir russe. Certains ont dû se réfugier dans des abris non loin, seulement quelques affaires et leurs animaux de compagnie sous les bras.D’après l’armée ukrainienne, les forces russes ont notamment frappé deux centres de recrutement militaire, à Kharkiv et Zaporijjia, y faisant au moins quatre blessés, selon un bilan provisoire.L’armée russe, pour sa part, s’est targuée d’avoir “touché” ces sites, ainsi que d’autres cibles du complexe militaro-industriel ukrainienne.Face à l’intensification des attaques russes, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a une nouvelle fois martelé que la livraison de systèmes de défense antiaérienne par les Occidentaux demeurait “la priorité absolue”.Mais les Etats-Unis, jusqu’à récemment le premier soutien militaire de l’Ukraine, ont annoncé la semaine dernière avoir interrompu la fourniture de certaines armes, y compris des munitions de systèmes de défense Patriot, qui permettent de limiter l’ampleur des bombardements russes. 

Effondrements rue d’Aubagne à Marseille : premières condamnations à de la prison ferme

De premiers copropriétaires ont été condamnés lundi à de la prison ferme au procès des effondrements mortels de la rue d’Aubagne, la lecture du jugement ayant été brièvement interrompue par le malaise de l’un d’eux, dans une ambiance empreinte de douleur et d’émotion après ce drame du logement indigne dans lequel huit personnes sont mortes le  novembre 2018.Dans une salle archi-bondée de la salle des procès hors-norme du tribunal judiciaire de Marseille, le président Pascal Gand a commencé par relaxer six prévenus, trois copropriétaires du numéro 65 de la rue d’Aubagne et le bailleur social et deux de ses anciens dirigeants qui géraient le numéro 63 inoccupé.Puis Sébastien Ardilly, qui était poursuivis avec ses parents, absents à l’audience, et leur SCI en tant que personne morale, a été appelé à la barre.”Le tribunal retient que vous étiez personnellement informés des désordres graves” au numéro 65 de la rue d’Aubagne et que “vous avez fait preuve d’une indifférence totale en exécutant pas les travaux” nécessaires, a commencé le président Pascal Gand.”Ces fautes ont causé de façon indirecte et certaine la mort d’Ouloume Saïd Hassani”, une mère comorienne démunie qui vivait dans cet appartement du centre-ville de Marseille avec ses deux fils, qui ont eux survécu et étaient présent dans la salle.Pendant que le magistrat énumérait ces fautes – travaux non réalisés dans le plancher, le plafond, fils électriques apparents, punaises de lit – Sébastien Ardilly a fait un malaise et l’audience a du être suspendue une quarantaine de minutes le temps que les pompiers lui prodiguent des soins.A la reprise le tribunal a annoncé sa condamnation à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique, quatre ans dont deux ferme sous bracelet électronique pour son père Gilbert et trois ans avec sursis pour sa mère Martine.- “Plus jamais” -Avant le début du jugement, plusieurs dizaines proches des huit victimes et militants se sont rassemblés. Il faut “que ce drame là ne se reproduise plus jamais” et que “la peur change de camp au niveau du logement aujourd’hui”, a plaidé Anissa, de l’assemblée des délogés, rappelant qu’il y avait encore quelque 200 signalements d’immeubles en péril chaque mois à Marseille.Six semaines de débats à l’automne avaient permis d’établir que les effondrements le 5 novembre 2018 des numéros 63 (vide) et 65 étaient inéluctables vu l’état du bâti. Mais aucune mise à l’abri des locataires du 65 n’avait été décidée et les travaux entrepris s’étaient avérés inefficaces voire contreproductifs.L’instruction avait seulement renvoyé quatre personnes devant le tribunal : Julien Ruas, adjoint du maire LR de l’époque Jean-Claude Gaudin, l’architecte Richard Carta qui avait expertisé l’immeuble moins de trois semaines avant son effondrement, et deux personnes morales, le syndic du 65, le cabinet Liautard, et le bailleur social propriétaire du numéro 63, laissé à l’état de ruine par Marseille Habitat.Insuffisant pour certaines parties civiles qui avaient cité à comparaître une douzaine de personnes supplémentaires, dont des copropriétaires.Au final, 16 personnes morales et physiques ont été jugées pour différents délits, notamment homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité, un délit punissable de cinq ans de prison maximum, et soumission de personnes vulnérables dont au moins un mineur à des conditions d’hébergement indigne, des faits qui peuvent valoir jusqu’à dix ans d’emprisonnement.Le procureur, Michel Sastre, avait suivi les parties civiles sur ce point, estimant que les copropriétaires avaient bien “connaissance des problèmes structurels de l’immeuble”, mais avaient “joué la montre” pour “dépenser le plus tard et le moins possible”.Il avait même requis à l’encontre de Xavier Cachard, élu régional qui avait au moment des faits la double casquette de propriétaire et avocat du syndic, la peine la plus lourde : cinq ans de prison dont trois ferme.Des peines significatives avaient aussi été réclamées contre Richard Carta, l’expert-architecte (trois ans de prison dont deux ferme) et Julien Ruas (trois ans de prison), seul élu municipal poursuivi dans cette affaire qui avait jeté une lumière crue sur l’inaction de l’équipe de Jean-Claude Gaudin, dont le parti perdra la mairie deux ans plus tard face à une coalition gauche-écologistes-société civile.Durant les débats, les prévenus avaient contesté en bloc, les avocats plaidant des relaxes en cascade. 

Gaza: le Hamas et Israël reprennent les négociations indirectes, Netanyahu va rencontrer Trump

Les négociations indirectes entre Israël et le Hamas reprennent lundi au Qatar en vue d’un accord de trêve dans la bande de Gaza, espéré pour “cette semaine” par le président américain, Donald Trump, qui rencontre dans la soirée à Washington le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.M. Trump a estimé dimanche qu’il existait “de bonnes chances” de parvenir à un accord de trêve dans le territoire palestinien ravagé par 21 mois de guerre. “Nous avons déjà fait sortir beaucoup d’otages, mais en ce qui concerne les otages restants, un bon nombre vont sortir. Nous pensons y parvenir cette semaine”, a-t-il déclaré à des journalistes.Avant de s’envoler pour les Etats-Unis, M. Netanyahu a estimé que sa rencontre avec M. Trump pouvait “contribuer à faire avancer ce résultat que nous espérons tous”.”Une session de négociations indirectes débute ce matin (lundi) à Doha entre les délégations du Hamas et d’Israël”, a indiqué lundi un responsable palestinien au fait des discussions. Elles portent “sur les mécanismes de mise en œuvre” d’un accord de cessez-le-feu et d’un “échange” d’otages retenus à Gaza contre des Palestiniens détenus en Israël, a-t-il précisé.La rencontre entre MM. Trump et Netanyahu n’est pas prévue avant 18H30 (22H30 GMT) et aura lieu hors la présence habituelle des journalistes, a fait savoir la Maison Blanche.Le président américain, qui recevra lundi M. Netanyahu pour la troisième fois en moins de six mois, pousse pour une trêve dans la bande de Gaza, plongée dans une situation humanitaire critique.Selon le responsable palestinien au fait des discussions au Qatar, une session exploratoire s’est tenue hier soir (dimanche) à Doha, via les médiateurs, portant sur un “échange de points de vue concernant le mécanisme pour l’échange d’otages et de prisonniers, le cessez-le-feu et le retrait (israélien).” La délégation du Hamas se trouvait dans une salle et la délégation israélienne dans une autre, dans le même bâtiment, a-t-il précisé. – “Bonne foi” -“Le Hamas est sérieux et soucieux d’aboutir à un accord pour mettre fin à la guerre et à la souffrance de notre peuple, à condition que la partie israélienne fasse preuve de bonne foi et ne cherche pas à entraver ou à faire traîner le processus”, a affirmé le responsable palestinien.Benjamin Netanyahu avait indiqué la semaine dernière avoir donné à ses négociateurs des “instructions claires”: parvenir à un accord “aux conditions que nous avons acceptées”.Le dirigeant israélien avait jugé “inacceptables” samedi les “changements que le Hamas cherche à apporter à la proposition” initialement parrainée par les Etats-Unis et transmise par les médiateurs qatari et égyptien.Des sources palestiniennes proches des discussions avaient indiqué que la proposition comprenait une trêve de 60 jours, pendant laquelle le Hamas relâcherait dix otages encore en vie et remettrait des corps de captifs morts, en échange de la libération de Palestiniens détenus par Israël.Les changements réclamés par le mouvement islamiste, d’après ces sources, portent sur les modalités du retrait des troupes israéliennes de Gaza, des garanties qu’il souhaite obtenir sur l’arrêt des hostilités après les 60 jours, et sur une reprise en main de la distribution de l’aide humanitaire par l’ONU et des organisations internationales reconnues.M. Netanyahu a une “mission importante” à Washington, a déclaré le président israélien, Isaac Herzog, après l’avoir rencontré dimanche matin: “faire avancer un accord pour ramener tous nos otages à la maison”.- 12 morts lundi -Sur les 251 personnes enlevées lors de l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 27 déclarées mortes par l’armée israélienne.Une première trêve d’une semaine en novembre 2023, puis une deuxième de deux mois début 2025, ont permis le retour de nombreux otages en échange de la libération de Palestiniens détenus par Israël.Dans la bande de Gaza, dont les plus de deux millions d’habitants, maintes fois déplacés, vivent dans des conditions terribles, selon l’ONU et des ONG, la Défense civile a fait état de la mort de 12 personnes, tuées lundi par des tirs ou de nouveaux bombardements israéliens. L’AFP a contacté l’armée israélienne à ce sujet. Compte tenu des restrictions imposées aux médias et des difficultés d’accès à Gaza, il est extrêmement difficile pour l’AFP de vérifier de manière indépendante les affirmations des différentes parties.L’attaque du 7-Octobre a fait 1.219 morts du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles.Au moins 57.418 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans les représailles israéliennes à Gaza, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Gaza: le Hamas et Israël reprennent les négociations indirectes, Netanyahu va rencontrer Trump

Les négociations indirectes entre Israël et le Hamas reprennent lundi au Qatar en vue d’un accord de trêve dans la bande de Gaza, espéré pour “cette semaine” par le président américain, Donald Trump, qui rencontre dans la soirée à Washington le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.M. Trump a estimé dimanche qu’il existait “de bonnes chances” de parvenir à un accord de trêve dans le territoire palestinien ravagé par 21 mois de guerre. “Nous avons déjà fait sortir beaucoup d’otages, mais en ce qui concerne les otages restants, un bon nombre vont sortir. Nous pensons y parvenir cette semaine”, a-t-il déclaré à des journalistes.Avant de s’envoler pour les Etats-Unis, M. Netanyahu a estimé que sa rencontre avec M. Trump pouvait “contribuer à faire avancer ce résultat que nous espérons tous”.”Une session de négociations indirectes débute ce matin (lundi) à Doha entre les délégations du Hamas et d’Israël”, a indiqué lundi un responsable palestinien au fait des discussions. Elles portent “sur les mécanismes de mise en œuvre” d’un accord de cessez-le-feu et d’un “échange” d’otages retenus à Gaza contre des Palestiniens détenus en Israël, a-t-il précisé.La rencontre entre MM. Trump et Netanyahu n’est pas prévue avant 18H30 (22H30 GMT) et aura lieu hors la présence habituelle des journalistes, a fait savoir la Maison Blanche.Le président américain, qui recevra lundi M. Netanyahu pour la troisième fois en moins de six mois, pousse pour une trêve dans la bande de Gaza, plongée dans une situation humanitaire critique.Selon le responsable palestinien au fait des discussions au Qatar, une session exploratoire s’est tenue hier soir (dimanche) à Doha, via les médiateurs, portant sur un “échange de points de vue concernant le mécanisme pour l’échange d’otages et de prisonniers, le cessez-le-feu et le retrait (israélien).” La délégation du Hamas se trouvait dans une salle et la délégation israélienne dans une autre, dans le même bâtiment, a-t-il précisé. – “Bonne foi” -“Le Hamas est sérieux et soucieux d’aboutir à un accord pour mettre fin à la guerre et à la souffrance de notre peuple, à condition que la partie israélienne fasse preuve de bonne foi et ne cherche pas à entraver ou à faire traîner le processus”, a affirmé le responsable palestinien.Benjamin Netanyahu avait indiqué la semaine dernière avoir donné à ses négociateurs des “instructions claires”: parvenir à un accord “aux conditions que nous avons acceptées”.Le dirigeant israélien avait jugé “inacceptables” samedi les “changements que le Hamas cherche à apporter à la proposition” initialement parrainée par les Etats-Unis et transmise par les médiateurs qatari et égyptien.Des sources palestiniennes proches des discussions avaient indiqué que la proposition comprenait une trêve de 60 jours, pendant laquelle le Hamas relâcherait dix otages encore en vie et remettrait des corps de captifs morts, en échange de la libération de Palestiniens détenus par Israël.Les changements réclamés par le mouvement islamiste, d’après ces sources, portent sur les modalités du retrait des troupes israéliennes de Gaza, des garanties qu’il souhaite obtenir sur l’arrêt des hostilités après les 60 jours, et sur une reprise en main de la distribution de l’aide humanitaire par l’ONU et des organisations internationales reconnues.M. Netanyahu a une “mission importante” à Washington, a déclaré le président israélien, Isaac Herzog, après l’avoir rencontré dimanche matin: “faire avancer un accord pour ramener tous nos otages à la maison”.- 12 morts lundi -Sur les 251 personnes enlevées lors de l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 27 déclarées mortes par l’armée israélienne.Une première trêve d’une semaine en novembre 2023, puis une deuxième de deux mois début 2025, ont permis le retour de nombreux otages en échange de la libération de Palestiniens détenus par Israël.Dans la bande de Gaza, dont les plus de deux millions d’habitants, maintes fois déplacés, vivent dans des conditions terribles, selon l’ONU et des ONG, la Défense civile a fait état de la mort de 12 personnes, tuées lundi par des tirs ou de nouveaux bombardements israéliens. L’AFP a contacté l’armée israélienne à ce sujet. Compte tenu des restrictions imposées aux médias et des difficultés d’accès à Gaza, il est extrêmement difficile pour l’AFP de vérifier de manière indépendante les affirmations des différentes parties.L’attaque du 7-Octobre a fait 1.219 morts du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles.Au moins 57.418 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans les représailles israéliennes à Gaza, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Les menhirs à l’Unesco? Entre protection des sites et surtourisme, la “schizophrénie” de Carnac

“Un classement à l’Unesco a un côté schizophrène”: la possible inscription ce weekend au patrimoine mondial des mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan a comme objectif de mieux protéger ces sites néolithiques mais pose la question d’un éventuel afflux touristique.Écoutant une guide conférencière, une vingtaine de touristes suivent une visite au Ménec, un des célèbres alignements de Carnac, avec ses longues allées rectilignes de menhirs (“pierre longue” en breton) de toute taille dont l’origine et la fonction restent un mystère.Ce site n’est qu’une petite partie d’un ensemble beaucoup plus vaste représentant un territoire de 1.000 km2 avec plus de 550 monuments répartis dans 28 communes du Morbihan qui pourrait rejoindre le Machu Picchu, le Taj Mahal ou le Colisée sur la prestigieuse liste.L’estimation du nombre de visiteurs annuels pour Carnac avoisine les 300.000 personnes.Au-delà de la fierté de devenir le premier site intégralement breton inscrit (la tour Vauban dans le Finistère fait partie des 12 fortifications Vauban classés à travers la France), une crainte grandit: l’apparition du célèbre logo de l’Unesco ne peut-il pas engendrer un tourisme de masse ? “Il y a une autre tarte à la crème qu’on entend un petit peu avec des gens qui ne connaissent pas forcément les dossiers et qui disent +l’inscription Unesco c’est 30% de visiteurs+” de plus, explique Olivier Lepick, maire de Carnac et président de Paysage de mégalithes qui a porté le projet depuis 2013.”Pour les sites peu connus, oui parce que ça les met en lumière. Mais pour les sites qui ont déjà beaucoup de visiteurs l’augmentation est plutôt de 2% à 5%”, observe le maire.Venu de Belgique admirer quelques uns des 3.000 menhirs, “l’une des meilleures attractions historiques en Bretagne”, Luka Pachta, 43 ans, ne croit guère au risque du surtourisme car le site, “très grand”, est “déjà très connu”.- “Circulation douce” – En outre, des travaux ont récemment été entrepris pour répondre au mieux à l’afflux de visiteurs.  “Il y a eu un gros effort d’aménagement des abords du site, avec ce chemin piéton, puis la mise en sens unique de la route, qui a permis de développer une voie de circulation douce”, relève Olivier Agogué, archéologue et administrateur des sites de Locmariaquer et Carnac. “Pendant très longtemps, le seul moyen pour découvrir le lieu était soit une visite guidée dans le site, soit de marcher sur le bord de la route”, ajoute-t-il. Celle-ci était comme “une autoroute au bord de la Joconde”, lance Olivier Lepick, évoquant également une photo des années 1950 où l’on voit des voitures circuler au milieu des alignements.Pour Véronique André, retraitée venue de Marseille, cette inscription serait “à double tranchant” pour ces mégalithes vieux de 6.000 ans qui “dégagent un sentiment de puissance, de force, de surnaturel”, étonnée qu’ils n’aient pas été déjà intégrés au patrimoine Unesco. “Il est important qu’un tel site soit protégé et classé” mais “quand un lieu devient patrimoine de l’Unesco, ça amène encore plus de touristes. Moi-même quand je vais à l’étranger, si je vois qu’un monument est au patrimoine de l’Unesco, j’y vais!”. Pour Olivier Agogué, il est possible qu’il y ait “un surcroît de fréquentation d’un public lointain. On n’a pas beaucoup aujourd’hui d’Asiatiques or il semblerait qu’ils soient assez férus de sites Unesco”.Interrogée sur les conséquences de l’inscription, Victoire Dorise, directrice des Paysages de mégalithes, distingue les quatre sites disposant d’une billetterie, les monuments appartenant à des propriétaires privés (qui représentent les trois quarts des monuments) et enfin la cinquantaine de taille intermédiaire. Pour ces derniers, “on essaye de donner des éléments de compréhension archéologique et de paysage, mais aussi d’accessibilité très pratico-pratiques avec effectivement des études d’aménagement pour les cheminements ou les parkings”. Car, “on s’est collectivement donné pour objectif de ne pas accueillir plus mais d’accueillir mieux, et de faire connaître l’ensemble des sites et du paysage”, plaide Mme Dorise, qui rappelle que l’objectif “principal, ultime, final” d’un classement Unesco est la “préservation des monuments”.