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Au premier jour de son procès en appel, Marine Le Pen soutient n’avoir “rien dissimulé”
Pour sa première prise de parole à l’ouverture de son procès en appel à Paris, décisif pour la présidentielle de 2027, Marine Le Pen a soutenu mardi n’avoir eu “aucun sentiment” de commettre un délit ni “rien dissimulé” dans l’affaire des assistants d’eurodéputés FN.Au terme de deux heures et demie de rapport introductif de la présidente de la cour, Michèle Agi, la cheffe de file de l’extrême droite, 57 ans, a été appelée à la barre pour expliquer les raisons de son appel du jugement de mars 2025 qui l’a condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.”Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis -, je veux bien l’entendre. Mais je veux que la cour sache qu’en ce qui nous concerne, nous n’avions aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit lorsqu’en 2004, 2009 puis 2014 nous avons embauché nos propres assistants puis mutualisé ces assistants”, a déclaré la patronne des députés RN, veste bleu nuit et chemisier rose, dans un discours tranchant avec ses virulents démentis des faits en première instance.”Si tant est qu’une faute ait été commise”, a-t-elle insisté, le Parlement européen n’a selon elle “pas joué ce rôle d’alerte tel qu’il aurait dû (le) jouer, alors qu’il avait connaissance de l’ensemble des éléments constitutifs de ces contrats”.”Nous n’avons jamais rien dissimulé, ni dans la publication de nos organigrammes ni dans les contrats déposés”, a poursuivi Marine Le Pen.L’audience, qui se tient sous les boiseries de la première chambre du palais de justice de Paris sur l’île de la Cité, a été suspendue vers 17H40. Elle reprendra mercredi matin et doit durer jusqu’au 11 février.La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres prévenus d’avoir payé entre 2004 et 2016 des salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.Le 31 mars, le tribunal correctionnel de Paris a déclaré Marine Le Pen coupable et l’a condamnée, outre à sa peine d’inéligibilité, à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme et 100.000 euros d’amende. Un coup de tonnerre au moment où la candidate survolait les intentions de vote pour le premier tour de la prochaine présidentielle. – “Un peu étonné” -En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.Au moment où l’extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l’Assemblée, Marine Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l’élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.Le maire de Perpignan, Louis Aliot, le député RN Julien Odoul, l’eurodéputé Nicolas Bay ou Bruno Gollnisch se trouvent eux aussi de nouveau sur le banc des prévenus.Appelés à la barre à leur tour, tous ont soutenu à l’instar de leur cheffe n’avoir eu aucunement l’intention de commettre un délit. “J’ai le sentiment d’avoir été ni compris ni totalement entendu dans les explications”, a déclaré Louis Aliot aux magistrats de la cour d’appel.L’avocat du Parlement européen, qui s’est constitué partie civile, Patrick Maisonneuve, a dit “constater” l'”évolution” de la stratégie de Marine Le Pen et de ses co-prévenus, se disant “un peu étonné de cette progression, lorsque l’on a vécu, notamment (l’instruction) et la première audience, où il y avait une contestation brutale, en ce qui concerne l’accusation de détournement de fonds publics”.Si Marine Le Pen assure publiquement ne pas avoir abandonné l’espoir d’être relaxée, une déclaration de culpabilité ne l’empêcherait pas de concourir à la prochaine présidentielle à une double condition: qu’une éventuelle peine d’inéligibilité soit inférieure à deux ans et que les magistrats renoncent à la condamner au port d’un bracelet électronique, perçu comme incompatible avec la possibilité de mener une campagne.Elle a quoi qu’il en soit indiqué que la seule décision de la cour d’appel déterminerait son avenir, sans attendre une éventuelle décision de la Cour de cassation, bien que cette dernière entende se prononcer, si elle devait être saisie, avant l’échéance présidentielle.Neuf mois après sa condamnation, Marine Le Pen a déjà vu son image se dégrader dans l’opinion, l’idée d’une candidature de substitution de Jordan Bardella à l’Elysée s’étant peu à peu imposée comme la “plus probable”, selon plusieurs sondages.pab-amd-gbh-mby/cal/bfi
Entre Nuuk et Copenhague, l’indépendance du Groenland envisagée prudemment
Nation au sein du royaume du Danemark, le Groenland veut s’émanciper de la tutelle de Copenhague mais si la marche à suivre est claire, les dirigeants de l’île arctique avancent prudemment sous l’œil intéressé de Donald Trump.”Nous avons un accord avec nos concitoyens groenlandais, selon lequel ils décident de leur avenir librement”, explique à l’AFP …
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Groenland : rencontre à haut risque mercredi à la Maison Blanche pour les représentants danois et groenlandais
Des dirigeants du Danemark et du Groenland rencontreront mercredi à la Maison Blanche le vice-président américain JD Vance, qui avait tenu des propos très durs envers Copenhague l’an dernier, pour une réunion sous haute tension concernant l’avenir de ce territoire autonome.En amont, le Premier ministre groenlandais a prévenu mardi, au cours d’une conférence de presse …
Face aux tracteurs de la FNSEA à Paris, Lecornu annonce une “loi d’urgence agricole”
“Une loi d’urgence agricole” examinée au Parlement “avant l’été”: le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu mardi à la demande principale de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, venus à leur tour en tracteurs à Paris pour clamer leur “révolte”.”J’ai demandé à la ministre Annie Genevard de préparer pour le Salon de l’agriculture une loi d’urgence agricole autour de plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production”, a indiqué le Premier ministre sur X. “Ce texte sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été”, a-t-il promis. Il a ajouté qu’un “cap clair” sur la politique de l’eau serait par ailleurs “fixé d’ici le salon” qui se tiendra du 21 février au 1er mars.Il a aussi demandé, avant la présentation du projet de loi, un “moratoire sur toutes les décisions relatives” à cette question de l’eau et la suspension des “textes fixant les volumes d’eau prélevables (…) jusqu’à septembre”. Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier “les possibilités de dérogation” à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais par les agriculteurs. Cela s’ajoute à un paquet de “300 millions d’euros” annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d’autres déjà égrainées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.- Réponse à la FNSEA -Les annonces de mardi répondent quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole et dont les sections locales du grand bassin parisien — qui va jusqu’au Pas-de-Calais — ont lancé leurs tracteurs sur Paris.La FNSEA demandait depuis plusieurs semaines “une loi spéciale” pour aborder “la prédation du loup, les moyens de production et le sujet de l’eau”, la suspension de la directive nitrates et un moratoire sur “l’ensemble des sujets eau”.Entrés à l’aube dans Paris, les tracteurs ont descendu les Champs-Elysées avant de s’établir devant l’Assemblée nationale, avec duvets et matelas, conditionnant leur départ à un rendez-vous à Matignon qui a eu lieu dans l’après-midi. Après les annonces de Sébastien Lecornu, les responsables de la FNSEA reçus plus tôt se concertaient devant l’Assemblée sur les réponses à donner.Mardi, plus de 350 tracteurs selon les autorités, 500 selon les manifestants ont stationné aux abords de l’Assemblée nationale, et les agriculteurs présents ont aussi déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur le pont de la Concorde: cadeau aux Parisiens.Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale n’ont pas suffi à calmer la colère.La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X “la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations”, en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.- “Au bout du bout” -“On est au bout du bout, ça fait trois ans qu’on ne dégage pas de revenu sur nos exploitations. Les politiques sont incapables de nous donner un cap”, déclarait mardi matin devant l’Assemblée nationale Guillaume Moret, 56 ans, venu en tracteur depuis le Val d’Oise et responsable FNSEA en Ile-de-France.Ravivée par la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest, la contestation est nourrie par la signature prévue samedi au Paraguay de l’accord de libre-échange UE-Mercosur et plus largement par un ras-le-bol général d’une profession confrontée directement aux aléas climatiques et économiques.En 2024, la FNSEA avait déjà lancé ses tracteurs dans Paris pour demander des revenus, un allègement des normes et des simplifications pour les agriculteurs.En fin de matinée, les manifestants ont échangé avec la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui a annoncé une séance le 10 février consacrée à l’application notamment de la loi Duplomb, réclamée par l’alliance FNSEA-JA.À quelques jours de la signature de l’accord UE-Mercosur, les agriculteurs ont aussi multiplié leurs opérations ailleurs en France, notamment au péage de Fresnes-lès-Montauban (Pas-de-Calais) sur l’A1, ou au Havre. Sur l’A64, près de Toulouse, les manifestants ont accepté de lever le barrage.bur-sb-mdz-cho-are/ved/yk
Choc et enquête en Corse au lendemain de l’assassinat d’Alain Orsoni aux obsèques de sa mère
Au lendemain de l’assassinat retentissant d’Alain Orsoni, figure du nationalisme corse reconverti dans les affaires, aux funérailles de sa mère, camarades nationalistes et élus dénoncent un crime “innommable”, qui mobilise enquêteurs et magistrats anticriminalité les plus rodés du pays.Le président autonomiste du conseil exécutif Gilles Simeoni, homme fort de l’île, a présenté mardi ses condoléances aux proches de cette “figure marquante de l’histoire contemporaine du nationalisme corse, dans sa part de lumière comme dans sa part d’ombre”, estimant, dans un communiqué, que ce nouvel assassinat “participe d’une pression mafieuse qui pèse lourdement sur la société corse”.”Le respect des morts, ainsi bafoué, emporte dans sa chute terrible notre tradition et les valeurs de notre civilisation”, avait réagi lundi le Parti de la nation corse (PNC), autonomistes opposés au parti de Gilles Simeoni.Mais pour bon nombre des historiques du Front de libération nationale corse (FLNC) dont Alain Orsoni était un des fondateurs, “ça fait déjà très longtemps qu’il n’était plus un nationaliste mais plutôt un membre de la voyoucratie”, analyse pour l’AFP Thierry Dominici, politologue à l’université de Bordeaux, spécialiste des mouvements nationalistes.Il n’a d’ailleurs “pas d’impact, ni idéologique, ni intellectuel, sur les militants” indépendantistes actuels, estime l’universitaire.- “En plein cœur” -Lundi vers 16H30, Alain Orsoni, 71 ans, a été touché “en plein cœur” d’une unique balle provenant “d’un tir à longue distance” avec une arme “certainement équipée d’une lunette” alors qu’il assistait à l’enterrement de sa mère dans le cimetière en terrasses de Véro, son village familial situé à une trentaine de kilomètres d’Ajaccio, selon le procureur d’Ajaccio et une source proche de l’enquête.”Il vient pour enterrer sa mère de 91 ans et on jette le corps du fils sur le cercueil de sa mère, c’est innommable, c’est ignoble”, s’est indigné Jo Peraldi, proche d’Alain Orsoni et ancien chef du FLNC, interrogé par l’AFP.Mardi, sur le terrain, les enquêteurs étaient à pied d’œuvre pour localiser le lieu où s’était embusqué le tireur et des scellés ont été posés devant un pin, à une centaine de mètres de l’escalier du cimetière où Alain Orsoni s’est effondré, mortellement touché, ont constaté des journalistes de l’AFP. Son autopsie est prévue mercredi après-midi, a précisé à l’AFP une source proche du dossier.Le tout nouveau Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), dont une magistrate est arrivée sur place mardi, a très rapidement annoncé se saisir de l’enquête, “au regard notamment de la qualité de la victime et de son appartenance au milieu corse”, en co-saisine avec la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille.Le septuagénaire venait d’arriver dimanche du Nicaragua où il vivait et travaillait dans le secteur des jeux.”Il n’avait pas l’air inquiet du tout, il avait fait des courses le matin en ville à Ajaccio sans gilet pare-balles”, a précisé M. Peraldi à l’AFP.- “Nos valeurs s’envolent” -Marie-France Orsoni (homonyme de la victime), maire de Véro, a fait part mardi de sa “sidération” à l’AFP-TV, “parce qu’un crime, un meurtre dans (…) un lieu saint, c’est inédit. Nos valeurs s’envolent”.”Avec le départ d’Alain, c’est une grande part de l’histoire de l’Athletic Club Ajaccio (ACA) qui s’éteint”, a écrit dans un communiqué le club de foot, aujourd’hui exclu des compétitions nationales, en saluant celui qui en fut le président et avait conduit le club en ligue 1 avant la bérézina.Les drames et vengeances, la famille Orsoni en connaît depuis plus de 40 ans. En 1983, Guy, le frère d’Alain, lui-même militant nationaliste, était assassiné. Un an plus tard, nait le fils d’Alain, qu’il appellera Guy en souvenir. Actuellement détenu, il est considéré comme une figure du banditisme insulaire.Alain Orsoni avait fait scission du FLNC et fondé le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), le “Mouvement pour les affaires”, selon ses détracteurs.Condamné et écroué dans plusieurs dossiers, il avait quitté la Corse en 1996, en pleine guerre fratricide nationaliste.Il s’agit sans doute d’un des meurtres les plus retentissants depuis celui du bâtonnier Antoine Sollacaro en 2012, qui était son avocat et dont le tueur a été condamné en décembre à 30 ans de prison, en l’absence du commanditaire présumé de ce meurtre, Jacques Santoni, soupçonné d’être le chef de la bande criminelle du Petit Bar.C’est cette même bande criminelle qui avait été impliquée dans le projet d’assassinat visant déjà Alain Orsoni en 2008 et une forte rivalité oppose depuis plusieurs années le clan Orsoni, dont plusieurs membres ont été assassinés, au Petit Bar.





