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Au dernier jour de la visite d’Etat de Macron, les Britanniques espèrent un accord sur l’immigration

Le président français Emmanuel Macron achève jeudi sa visite d’Etat au Royaume-Uni avec un sommet bilatéral lors duquel les Britanniques espèrent décrocher un accord sur l’immigration alors que les traversées de la Manche atteignent un record. Dix ministres, dont ceux de l’Intérieur et de la Défense des deux pays, participent à ce sommet présidé par le chef de l’Etat français et le Premier ministre britannique Keir Starmer.Dès l’ouverture, ce dernier a évoqué le sujet sensible de l’immigration. “Nous sommes tous d’accord pour dire que la situation dans la Manche ne peut pas continuer ainsi”, a déclaré le travailliste.Plus de 21.000 migrants ont traversé la Manche depuis le début de l’année – un record. “L’accord politique qui est scellé aujourd’hui est d’importance”, a affirmé Emmanuel Macron. “C’est vraiment un sujet qui doit engager l’UE et les Européens, et qui, si ça commence par une discussion bilatérale, doit aussi s’élargir”, a-t-il ajouté. Les deux dirigeants travaillent sur un échange de migrants, qui reposerait sur le “principe d’un pour un”: la France reprendrait un migrant arrivé illégalement au Royaume-Uni et le Royaume-Uni s’engagerait à accueillir un demandeur d’asile se trouvant sur le sol français dont la requête lui semble légitime.Selon Le Monde, le Royaume-Uni pourrait renvoyer cinquante migrants par semaine vers la France. Ce serait la première fois que Paris accepte de reprendre des migrants, mais des médias britanniques et l’opposition conservatrice ont déjà estimé que ce chiffre n’était pas suffisant. Cinq pays de l’UE, dont l’Espagne, la Grèce et l’Italie, ont de leur côté exprimé leur “préoccupation” dans une lettre à la Commission européenne datée du 20 juin. “Nous avons constamment plaidé pour une approche conjointe et coordonnée entre les Etats membres de l’UE dans leurs relations avec le Royaume-Uni”, écrivent-ils.Nigel Farage, le chef du parti d’extrême droite Reform UK qui grimpe dans les sondages, a lui pris place à bord d’un bateau dans la Manche jeudi matin, suivant une embarcation de migrants “escortée par la marine française” puis prise en charge par la police aux frontières britannique. “Un jour classique dans la Manche”, a-t-il commenté.- Dissuasion nucléaire -Après le sommet, les deux dirigeants se rendront à Northwood, principal centre de commandement des opérations militaires britanniques.Ils vont acter un rapprochement d’ampleur en matière de dissuasion nucléaire, en signant une déclaration stipulant que leurs moyens respectifs pourront “être coordonnés”, selon le ministère britannique de la Défense et l’Elysée.La souveraineté des deux pays – seuls à disposer du feu nucléaire en Europe – restera entière, mais “tout adversaire menaçant les intérêts vitaux du Royaume-Uni ou de la France, pourrait être confronté à la puissance des forces nucléaires des deux nations”.Les deux Etats stipulent “qu’il n’existe aucune menace extrême sur l’Europe qui ne susciterait une réponse des deux pays”, sans préciser la nature de cette réponse.Un message à destination de Moscou, quand plusieurs pays de l’est de l’Europe craignent de possibles velléités expansionnistes russes.- Satellites -Outre le volet nucléaire, Keir Starmer et Emmanuel Macron doivent annoncer une accélération du programme conjoint de missiles de croisière Scalp/Storm Shadow, ainsi qu’une nouvelle phase du projet de futurs missiles de croisière et de missiles antinavires, dont le développement s’était quelque peu enlisé.Les accords de Lancaster House encadrant la coopération militaire bilatérale depuis 2010 avaient entériné la création d’une force expéditionnaire conjointe franco-britannique. Elle aura vocation à constituer le “socle” de la “coalition des volontaires” que Paris et Londres ont lancée début 2025, et qui réunit une trentaine de pays engagés dans le renforcement des capacités de défense de l’Ukraine et dans la garantie d’un futur cessez-le-feu entre Kiev et Moscou.Les deux dirigeants vont présider jeudi depuis Northwood une réunion en visioconférence de cette coalition, avec notamment le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Cette force, qui pourra être déployée en Ukraine une fois un cessez-le-feu en place, mobilisera davantage de troupes – jusqu’à un corps d’armée, soit 40.000 militaires – et pourra s’élargir à d’autres partenaires, selon l’Elysée.Des représentants américains devraient également assister à la réunion, alors que Donald Trump a durci le ton contre la Russie, qu’il menace de nouvelles sanctions tout en promettant du matériel militaire supplémentaire aux Ukrainiens.Par ailleurs, le gouvernement britannique va injecter 163 millions d’euros dans l’opérateur européen Eutelsat, pour y investir aux côtés de l’Etat français, a indiqué l’Elysée.Deuxième opérateur mondial de satellites en orbite basse, qui permettent de faire fonctionner des services de télécommunications, Eutelsat est souvent présenté comme une alternative européenne à Starlink d’Elon Musk.

Au dernier jour de la visite d’Etat de Macron, les Britanniques espèrent un accord sur l’immigration

Le président français Emmanuel Macron achève jeudi sa visite d’Etat au Royaume-Uni avec un sommet bilatéral lors duquel les Britanniques espèrent décrocher un accord sur l’immigration alors que les traversées de la Manche atteignent un record. Dix ministres, dont ceux de l’Intérieur et de la Défense des deux pays, participent à ce sommet présidé par le chef de l’Etat français et le Premier ministre britannique Keir Starmer.Dès l’ouverture, ce dernier a évoqué le sujet sensible de l’immigration. “Nous sommes tous d’accord pour dire que la situation dans la Manche ne peut pas continuer ainsi”, a déclaré le travailliste.Plus de 21.000 migrants ont traversé la Manche depuis le début de l’année – un record. “L’accord politique qui est scellé aujourd’hui est d’importance”, a affirmé Emmanuel Macron. “C’est vraiment un sujet qui doit engager l’UE et les Européens, et qui, si ça commence par une discussion bilatérale, doit aussi s’élargir”, a-t-il ajouté. Les deux dirigeants travaillent sur un échange de migrants, qui reposerait sur le “principe d’un pour un”: la France reprendrait un migrant arrivé illégalement au Royaume-Uni et le Royaume-Uni s’engagerait à accueillir un demandeur d’asile se trouvant sur le sol français dont la requête lui semble légitime.Selon Le Monde, le Royaume-Uni pourrait renvoyer cinquante migrants par semaine vers la France. Ce serait la première fois que Paris accepte de reprendre des migrants, mais des médias britanniques et l’opposition conservatrice ont déjà estimé que ce chiffre n’était pas suffisant. Cinq pays de l’UE, dont l’Espagne, la Grèce et l’Italie, ont de leur côté exprimé leur “préoccupation” dans une lettre à la Commission européenne datée du 20 juin. “Nous avons constamment plaidé pour une approche conjointe et coordonnée entre les Etats membres de l’UE dans leurs relations avec le Royaume-Uni”, écrivent-ils.Nigel Farage, le chef du parti d’extrême droite Reform UK qui grimpe dans les sondages, a lui pris place à bord d’un bateau dans la Manche jeudi matin, suivant une embarcation de migrants “escortée par la marine française” puis prise en charge par la police aux frontières britannique. “Un jour classique dans la Manche”, a-t-il commenté.- Dissuasion nucléaire -Après le sommet, les deux dirigeants se rendront à Northwood, principal centre de commandement des opérations militaires britanniques.Ils vont acter un rapprochement d’ampleur en matière de dissuasion nucléaire, en signant une déclaration stipulant que leurs moyens respectifs pourront “être coordonnés”, selon le ministère britannique de la Défense et l’Elysée.La souveraineté des deux pays – seuls à disposer du feu nucléaire en Europe – restera entière, mais “tout adversaire menaçant les intérêts vitaux du Royaume-Uni ou de la France, pourrait être confronté à la puissance des forces nucléaires des deux nations”.Les deux Etats stipulent “qu’il n’existe aucune menace extrême sur l’Europe qui ne susciterait une réponse des deux pays”, sans préciser la nature de cette réponse.Un message à destination de Moscou, quand plusieurs pays de l’est de l’Europe craignent de possibles velléités expansionnistes russes.- Satellites -Outre le volet nucléaire, Keir Starmer et Emmanuel Macron doivent annoncer une accélération du programme conjoint de missiles de croisière Scalp/Storm Shadow, ainsi qu’une nouvelle phase du projet de futurs missiles de croisière et de missiles antinavires, dont le développement s’était quelque peu enlisé.Les accords de Lancaster House encadrant la coopération militaire bilatérale depuis 2010 avaient entériné la création d’une force expéditionnaire conjointe franco-britannique. Elle aura vocation à constituer le “socle” de la “coalition des volontaires” que Paris et Londres ont lancée début 2025, et qui réunit une trentaine de pays engagés dans le renforcement des capacités de défense de l’Ukraine et dans la garantie d’un futur cessez-le-feu entre Kiev et Moscou.Les deux dirigeants vont présider jeudi depuis Northwood une réunion en visioconférence de cette coalition, avec notamment le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Cette force, qui pourra être déployée en Ukraine une fois un cessez-le-feu en place, mobilisera davantage de troupes – jusqu’à un corps d’armée, soit 40.000 militaires – et pourra s’élargir à d’autres partenaires, selon l’Elysée.Des représentants américains devraient également assister à la réunion, alors que Donald Trump a durci le ton contre la Russie, qu’il menace de nouvelles sanctions tout en promettant du matériel militaire supplémentaire aux Ukrainiens.Par ailleurs, le gouvernement britannique va injecter 163 millions d’euros dans l’opérateur européen Eutelsat, pour y investir aux côtés de l’Etat français, a indiqué l’Elysée.Deuxième opérateur mondial de satellites en orbite basse, qui permettent de faire fonctionner des services de télécommunications, Eutelsat est souvent présenté comme une alternative européenne à Starlink d’Elon Musk.

Ukraine: deux morts à Kiev dans des frappes russes, record de victimes civiles en juin

Une nouvelle attaque russe d’ampleur contre Kiev a causé la mort dans la nuit de deux personnes, ont annoncé jeudi les autorités ukrainiennes, faisant croître un bilan civil qui a atteint en juin un record mensuel depuis trois ans, selon l’ONU.Ces frappes russes sont intervenues quelques heures avant une réunion, en cours, entre le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio et son homologue russe Sergueï Lavrov, dans un contexte d’impasse diplomatique en vue d’un règlement du conflit.En réponse aux frappes nocturnes, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé depuis Rome “du pur terrorisme” et appelé sur les réseaux sociaux les Occidentaux à imposer “plus rapidement” des sanctions sur Moscou pour pousser Vladimir Poutine à accepter un cessez-le-feu.Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a tiré 415 drones et missiles, dont 382 ont été interceptés, détruits ou perdus. A Kiev, ces frappes russes ou les débris des projectiles interceptés ont notamment touché des immeubles résidentiels, d’après le chef de l’administration militaire de Kiev, Timour Tkatchenko, qui a recensé au moins deux morts et 13 blessés.- “Tout a brûlé” -Des journalistes de l’AFP présents à Kiev ont entendu pendant plusieurs heures pendant la nuit de puissantes déflagrations sur la ville et vu les explosions de projectiles interceptés dans le ciel par la défense antiaérienne.Rencontrée près d’un des lieux sinistrés, Nadia Voïtsekhivska, une habitante, dit que sa sœur était en état de choc après avoir réussi à échapper à un incendie dans son immeuble. “Dieu merci, tout le monde a survécu. Mais son mari a été emmené par une ambulance”, dit-elle. “Tout a brûlé”.”Agissez dès maintenant pour priver la machine de guerre russe de ses moyens financiers”, a imploré aux Occidentaux le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, sur les réseaux sociaux.Dans la nuit de mardi à mercredi, la Russie avait lancé sa plus grande attaque aérienne depuis le début de l’invasion en février 2022, avec 728 drones et 13 missiles dont la quasi-majorité ont été interceptés, selon Kiev.Signe de l’intensification récente des frappes russes, une mission de l’ONU a annoncé jeudi avoir recensé pour le seul mois de juin un nombre record de morts (232) et de blessés (1.343) civils depuis trois ans, dans une guerre qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts au moins des deux côtés.- Réunion Rubio-Lavrov en cours -Dans ce contexte d’augmentation des frappes russes et d’impasse diplomatique, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio et son homologue russe Sergueï Lavrov s’entretiennent actuellement à Kuala Lumpur, sans garantie d’avancée majeure sur le dossier ukrainien.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a pour sa part réfuté jeudi que les discussions de paix entre Moscou et Kiev, initiées sous la pression de Donald Trump, étaient au point mort.”Je ne le pense pas”, a-t-il affirmé, assurant que Moscou attendait “des signaux de Kiev” pour convenir d’une date pour un troisième cycle de pourparlers bilatéraux, après deux réunions peu fructueuses mi-mai et début juin.Les hostilités se poursuivront “tant que” Moscou considèrera impossible de “réaliser ses objectifs” par la seule voie diplomatique, a-t-il répété.Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé vouloir envoyer “plus d’armes” à Kiev, provoquant le mécontentement du Kremlin, et accusé le lendemain Vladimir Poutine de dire des “conneries” sur l’Ukraine.Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron doivent, quant à eux, participer jeudi à une réunion en visioconférence sur l’Ukraine, avec notamment Volodymyr Zelensky.Le dirigeant ukrainien, en visite à Rome, a une nouvelle fois appelé ses soutiens à investir davantage dans la défense ukrainienne, mise à mal par les attaques russes.Car en l’état et malgré la pression exercée par Donald Trump, Moscou et Kiev demeurent très loin d’un accord, que ce soit sur une trêve ou un règlement à plus long terme.Les forces russes, qui occupent toujours près de 20% du territoire ukrainien, progressent sur le front. Elles ont même revendiqué en début de semaine la prise d’une première localité dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est).Enfin, les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont annoncé jeudi qu’un de leurs agents avait été tué à Kiev, une affaire relativement rare dans le pays. Ce meurtre a été salué par des chaînes Telegram russes pro-Kremlin.

Philippines: des policiers soupçonnés de dizaines de meurtres liés aux combats de coqs

Quinze policiers font l’objet d’une enquête aux Philippines, suite à la disparition de dizaines de personnes liées aux combats de coqs, une industrie lucrative dans le pays.Des recherches pour retrouver les corps des disparus ont débuté jeudi dans un lac au sud de la capitale, Manille.Les victimes ont disparu en 2022, mais l’affaire est revenue sur le devant de la scène le mois dernier avec le récit d’un témoin à la chaîne locale GMA. Dans cette interview, Julie “Dondon” Patidongan a raconté qu’au moins 100 personnes avaient été assassinées par des policiers travaillant clandestinement pour un organisateur de combats de coqs en ligne. Les victimes auraient été tuées pour leur implication présumée dans un trucage de matchs, a-t-elle expliqué.Les combats de coqs sont populaires dans le pays. Chaque semaine, des Philippins de tous horizons parient des millions de dollars sur des matchs entre gallinacés, qui se battent à mort avec des éperons métalliques tranchants attachés à leurs pattes.Julie “Dondon” Patidongan a aussi affirmé savoir où trouver les corps des disparus dans le lac Taal, à deux heures de la capitale. Des propos pris très au sérieux par les autorités.Le porte-parole du ministère de la Justice Dominic Clavano a affirmé jeudi que les recherches entamées constituaient “un pas dans la bonne direction (…) mais nous ne nous arrêterons pas là. Ce n’est pas notre seule pistes”.- Course contre la montre -L’horloge tourne pour les autorités, à l’approche de la saison des typhons. “Nous agissons rapidement pour au moins essayer de localiser les corps. Nous savons que c’est très, très difficile”, a déclaré mardi le chef de la police nationale, Nicolas Torre.Le ministre de la Justice a affirmé vendredi avoir demandé de l’aide au Japon, notamment pour cartographier le fond du lac, qui atteint par endroits 172 mètres de profondeur. Pour les familles des victimes, la priorité est de pouvoir enterrer leurs proches, a affirmé Charlene Lasco, dont le frère disparu travaillait pour des combats de coqs retransmis en direct.”Nous sommes heureux que (le gouvernement) fasse de son mieux pour localiser (les corps) et résoudre cette affaire”, a-t-elle déclaré au siège de la police nationale à Manille. Les combats de coqs, interdits dans de nombreux pays, ont survécu aux restrictions imposées par la pandémie de Covid-19 en se lançant sur Internet, attirant ainsi un nombre croissant de parieurs qui misent en utilisant leur téléphone portable. L’ex-président Rodrigo Duterte avait interdit la diffusion en direct de ces combats, peu avant de quitter le pouvoir en 2022. Mais cette pratique perdure, en raison d’une application laxiste de la loi.

Athlètes hyperandrogènes: la CEDH ne se prononce pas sur le traitement hormonal

La Sud-africaine Caster Semenya a salué jeudi “un résultat positif” dans la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui a reconnu qu’elle n’avait pas eu droit à un procès équitable mais n’a toutefois pas tranché la question centrale du traitement hormonal imposé à cette athlète hyperandrogène.Si elle a condamné la Suisse pour violation du droit à un procès équitable, la Cour a en revanche déclaré irrecevables les griefs de Caster Semenya qui dénonçait des violations de ses droits au respect de la vie privée et à un recours effectif, et s’estimait victime de discrimination.La Grande chambre de la Cour, sorte d’instance d’appel, estime en effet que l’athlète de 34 ans ne relevait pas de la juridiction de la Suisse en ce qui concerne ces griefs, s’écartant ainsi de l’arrêt de première instance rendu par la CEDH en 2023.La Sud-Africaine a néanmoins salué un “résultat positif”, qui rappelle qu’il faut “protéger les athlètes”.- “Combat pas terminé”-“Nous devons respecter les athlètes, nous devons faire passer leurs droits en premier”, a déclaré la double championne olympique, aux côtés de son équipe juridique. “C’est un rappel aux dirigeants que les priorités sont la protection des athlètes.””Le combat n’est pas terminé”, “tant qu’il y a de l’injustice, nous nous battrons”, a-t-elle aussi prévenu, ses avocats expliquant qu’ils allaient maintenant examiner les suites possibles.Dans son arrêt de Grande chambre, la CEDH a rappelé que le respect du droit à un procès équitable, protégé par la Convention européenne des droits de l’homme, “exigeait un examen particulièrement rigoureux de sa cause”.Or la cour a estimé que cela n’a pas été le cas de l’examen opéré par le tribunal fédéral suisse saisi par Caster Semenya pour contester la sentence du Tribunal arbitral du sport (TAS).La Suisse doit verser à Caster Semenya 80.000 euros pour frais et dépens.”Le jugement rendu aujourd’hui par la Cour confirme qu’à l’avenir, les athlètes et les sportifs ont droit à un examen rigoureux des affaires qui mettent en jeu leurs droits fondamentaux. Leur protection est essentielle. C’est un grand jour pour le sport et pour les athlètes du monde entier”, a commenté Schona Jolly, avocate de l’athlète.Double championne olympique (2012, 2016) et triple championne du monde (2009, 2011, 2017), Caster Semenya produit naturellement beaucoup d’hormones mâles (androgènes), susceptibles d’accroître la masse musculaire et d’améliorer les performances.Depuis 2018, World Athletics, la fédération internationale d’athlétisme, impose aux athlètes hyperandrogènes de faire baisser leur taux de testostérone par un traitement hormonal pour pouvoir participer aux compétitions internationales dans la catégorie féminine. Ce que refuse Caster Semenya, privée ainsi de s’aligner en compétition sur sa distance fétiche.- “Avantage insurmontable” -Révélée au grand public aux Mondiaux de 2009 à Berlin, Caster Semenya y avait remporté la médaille d’or du 800 m mais son apparence physique et sa voix grave avaient suscité débats et spéculations. L’athlète avait été interdite de compétition pendant onze mois et contrainte de subir des tests médicaux dont les résultats sont restés secrets, avant d’être autorisée de nouveau à courir en juillet 2010.Mais en 2018, le règlement de World Athletics a changé la donne.Ce règlement a été validé l’année suivante par le Tribunal arbitral du sport, basé en Suisse, puis confirmé par le Tribunal fédéral de Lausanne, qui a mis en avant en 2020 “l’équité des compétitions” comme “principe cardinal du sport”, au motif qu’un taux de testostérone comparable à celui des hommes confère aux athlètes féminines “un avantage insurmontable”.Les recours de l’athlète sud-africaine contre ces deux décisions ont été rejetés mais elle a obtenu gain de cause devant la CEDH le 11 juillet 2023. La cour avait estimé qu’elle avait été victime de discrimination et d’une violation de sa vie privée.Cependant, les autorités helvètes, appuyées par World Athletics, avaient saisi la Grande chambre de la CEDH, qui s’est prononcée jeudi et dont les décisions sont définitives.Si l’arrêt rendu par la CEDH en 2023 avait constitué une première victoire pour Caster Semenya, il n’avait toutefois pas invalidé le règlement de World Athletics et n’avait pas ouvert directement la voie à une participation de Semenya sur 800 m sans traitement.