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Le Canada de nouveau dans le viseur douanier de Donald Trump

Le président américain Donald Trump a de nouveau ciblé jeudi le Canada, en lui imposant 35% de surtaxe, l’un des taux les plus élevés annoncés depuis le début de la semaine, accusant Ottawa d’avoir riposté à ses droits de douane.”Au lieu de travailler avec les Etats-Unis, le Canada a riposté avec ses propres droits de douane. A partir du 1er août 2025, nous appliquerons au Canada des droits de douane de 35% sur les produits canadiens exportés aux Etats-Unis”, a écrit le président américain dans un courrier au Premier ministre canadien Mark Carney et partagé sur sa plateforme Truth Social.”Ces droits de douane peuvent être modifiés, à la hausse ou à la baisse, en fonction de notre relation avec votre pays”, l’a prévenu M. Trump.Mark Carney a affirmé jeudi soir sur X qu'”au cours des négociations commerciales actuelles avec les Etats-Unis, le gouvernement canadien (défendait) sans relâche nos travailleurs et nos entreprises”. “Nous continuerons à le faire alors que nous travaillons en vue de la date limite révisée du 1er août”, a-t-il ajouté.Comme pour chaque courrier envoyé à plus d’une vingtaine de pays depuis lundi, le président américain a précisé que ces droits de douane viendront s’ajouter à ceux imposés à des secteurs d’activité particuliers, tels que l’acier et l’aluminium ou l’automobile.Il s’agit de deux des principales exportations canadiennes vers les Etats-Unis, premier partenaire commercial d’Ottawa.Un peu plus tôt dans la soirée, M. Trump a annoncé lors d’un entretien téléphonique accordé à NBC qu’il comptait envoyer une missive du même ordre à l’Union européenne (UE) “aujourd’hui ou demain”.”Je discute avec l’UE qui correspond, comme vous le savez, à plusieurs pays, ainsi qu’avec le Canada. Nous devrions les envoyer (les courriers, ndlr), dans les prochaines heures”.Il a également assuré que les pays qui n’ont pas été notifiés de droits de douane spécifiques se verraient imposer une surtaxe plancher de 15 à 20%, sans préciser si cette surtaxe s’ajouterait aux droits de douane dits de base de 10% qui visent la plupart des produits entrant aux Etats-Unis depuis avril.- Négociations tendues -Le Canada a été, avec le Mexique, la première cible des droits de douane, M. Trump accusant les deux pays de ne pas lutter suffisamment contre le passage des migrants ou encore le trafic de fentanyl, un puissant opioïde responsable d’une grave crise sanitaire aux Etats-Unis. Il a imposé 25% sur les produits importés depuis ces deux voisins des Etats-Unis, avant d’en suspendre une bonne part.Depuis, Ottawa et Washington tentent de négocier un accord commercial mais les discussions sont tendues entre les deux voisins qui ne veulent pas donner le sentiment de céder dans des négociations considérées de part et d’autre comme des enjeux de souveraineté.Dernière étape en date, le Canada a annoncé fin juin renoncer à sa taxe sur les services numériques, décidée en 2024 et qui devait entrer en vigueur au 1er juillet, après que M. Trump a rompu les discussions, qualifiant cette taxe de “coup direct et évident” porté aux Etats-Unis.Mais ces tensions commerciales ont un impact sur les échanges entre les deux pays, la part des Etats-Unis dans les exportations canadiennes étant passée en mai à 68,3%, “l’une des proportions les plus faibles jamais enregistrées”, selon les autorités canadiennes.- Du Japon au Brésil -Une vingtaine de pays ont déjà reçu un courrier du même type depuis le début de la semaine, principalement des pays asiatiques, avec 25% appliqués aux produits provenant de partenaires tels que le Japon ou la Corée du Sud et jusqu’à 40% pour certains pays d’Asie du sud-est.Mais c’est le Brésil, jusqu’ici non visé par des surtaxes au-delà de 10%, qui a connu la plus forte hausse des droits de douane appliqués à ses produits, le président américain annonçant 50% en réponse aux poursuites engagées contre l’ex-président Jair Bolsonaro, accusé d’avoir de tentative de coup d’Etat.Initialement, ces surtaxes individualisées devaient commencer à être collectées le 9 juillet, après un précédent report, mais M. Trump a signé en début de semaine un décret pour les repousser au 1er août.Dans ses lettres, M. Trump assure que toute riposte sera sanctionnée par une surtaxe additionnelle de même ampleur.Après l’acier, l’aluminium et l’automobile, et alors que des annonces sont attendues pour le bois de construction, les semiconducteurs et les produits pharmaceutiques, le président américain a également annoncé mercredi que le cuivre importé se verra appliquer à compter du 1er août une surtaxe de 50%.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio doit par ailleurs rencontrer vendredi son homologue chinois Wang Yi en Malaisie, en marge d’une réunion de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est. Sans nommer Washington, M. Wang a appelé jeudi les pays de l’Asean à faire front commun avec Pékin pour promouvoir un ordre international “plus juste et plus rationnel”.

Les combattants kurdes du PKK s’apprêtent à rendre les armes

La guérilla kurde du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan en guerre contre Ankara depuis quatre décennies, s’apprête à clore un chapitre historique en procédant vendredi en Irak à un premier dépôt d’armes.Une cérémonie aux contours encore flous est prévue vendredi matin près de Souleimaniyeh, dans la région autonome du Kurdistan, dans le nord de l’Irak frontalier de la Turquie, non loin des montagnes où sont repliés les combattants kurdes.Initialement annoncée comme une cérémonie publique, elle devrait se tenir finalement en présence d’un nombre restreint d’invités, officiellement pour des raisons de sécurité.Parmi eux, des élus du parti turc prokurde DEM, médiateur entre le chef du PKK Abdullah Öcalan, 76 ans dont vingt-six en prison, et le gouvernement turc, qui sont arrivés jeudi en Irak.C’est via le DEM, dont une délégation a été autorisée à se rendre à plusieurs reprises auprès de M. Öcalan en prison, que le fondateur du PKK a appelé, en février, à tourner officiellement la page d’un conflit qui a fait au moins 40.000 morts.M. Öcalan a ainsi favorablement répondu à un processus initié à l’automne dernier par le gouvernement turc après une décennie de statu-quo militaire.Pour Ankara, comme pour ses alliés occidentaux, le PKK est considéré comme un mouvement terroriste.C’est paradoxalement l’allié du président turc Recep Tayyip Erdogan, le chef du parti nationaliste MHP, Devlet Bahceli, qui a tendu la main à l’ennemi public, lui proposant d’appeler les combattants à renoncer à la lutte armée et à “venir s’exprimer devant le Parlement”.Le 27 février, Abdullah Öcalan a appelé le PKK à “déposer les armes et (…) à se dissoudre”, affirmant “assumer la responsabilité historique de cet appel”.- “Politique et paix sociale” -Mercredi, dans un message vidéo en turc, “Apo” (oncle) comme l’appellent ses fidèles, a confirmé l’imminence du désarmement.”Je crois au pouvoir de la politique et de la paix sociale et non des armes. Et je vous appelle à mettre ce principe en pratique”, insistait-il dans cette longue adresse.Le chef de l’Etat turc a récemment exprimé sa confiance de voir “une Turquie sans terroriste”, espérant que “ce processus prometteur se conclurait avec succès le plus rapidement possible, sans obstacle, ni risque de sabotage”.Pour l’heure, la portée de la cérémonie de vendredi reste incertaine, par le nombre des combattants qu’elle concerne et le sort des armes déposées.”En geste de bonne volonté, un certain nombre de combattants du PKK, qui ont pris part au combat contre les forces turques ces dernières années, détruiront ou brûleront leurs armes au cours d’une cérémonie dans les prochains jours”, avait indiqué à l’AFP début juillet un commandant kurde sous couvert de l’anonymat.Abdullah Öcalan, lui, est toujours détenu sur l’île prison d’Imrali, au large d’Istanbul, et ne réclame pas d’en sortir, alors que ses commandants faisaient de sa libération un des termes de l’équation.”La situation de notre chef, Apo, affecte le processus et le ralentit”, jugeait la semaine dernière un haut responsable du PKK, Mustafa Karasu.En refusant de lier son sort personnel à l’avenir du processus de paix, M. Öcalan “contredit les conditions posées par le Parti qui demandait son élargissement afin qu’il puisse mener à bien le processus de paix”, note l’historien des mouvements kurdes Boris James.Le chercheur relève par ailleurs l’absence “d’acteur tiers pour garantir la probité du processus” et insiste: “Une très forte défiance subsiste entre le PKK et l’Etat turc, or l’Etat a donné peu de gages” aux combattants kurdes.Ces derniers ont dénoncé la poursuite des bombardements turcs sur leurs positions en Irak malgré le processus en cours.Depuis les derniers violents combats qui avaient ensanglanté la ville turque à majorité kurde de Diyarbakir (sud-est) en 2015, les combattants du PKK sont principalement restés cantonnés dans les montagnes de Kandil, en Irak, soumis également aux opérations de ratissage de l’armée turque.

Les combattants kurdes du PKK s’apprêtent à rendre les armes

La guérilla kurde du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan en guerre contre Ankara depuis quatre décennies, s’apprête à clore un chapitre historique en procédant vendredi en Irak à un premier dépôt d’armes.Une cérémonie aux contours encore flous est prévue vendredi matin près de Souleimaniyeh, dans la région autonome du Kurdistan, dans le nord de l’Irak frontalier de la Turquie, non loin des montagnes où sont repliés les combattants kurdes.Initialement annoncée comme une cérémonie publique, elle devrait se tenir finalement en présence d’un nombre restreint d’invités, officiellement pour des raisons de sécurité.Parmi eux, des élus du parti turc prokurde DEM, médiateur entre le chef du PKK Abdullah Öcalan, 76 ans dont vingt-six en prison, et le gouvernement turc, qui sont arrivés jeudi en Irak.C’est via le DEM, dont une délégation a été autorisée à se rendre à plusieurs reprises auprès de M. Öcalan en prison, que le fondateur du PKK a appelé, en février, à tourner officiellement la page d’un conflit qui a fait au moins 40.000 morts.M. Öcalan a ainsi favorablement répondu à un processus initié à l’automne dernier par le gouvernement turc après une décennie de statu-quo militaire.Pour Ankara, comme pour ses alliés occidentaux, le PKK est considéré comme un mouvement terroriste.C’est paradoxalement l’allié du président turc Recep Tayyip Erdogan, le chef du parti nationaliste MHP, Devlet Bahceli, qui a tendu la main à l’ennemi public, lui proposant d’appeler les combattants à renoncer à la lutte armée et à “venir s’exprimer devant le Parlement”.Le 27 février, Abdullah Öcalan a appelé le PKK à “déposer les armes et (…) à se dissoudre”, affirmant “assumer la responsabilité historique de cet appel”.- “Politique et paix sociale” -Mercredi, dans un message vidéo en turc, “Apo” (oncle) comme l’appellent ses fidèles, a confirmé l’imminence du désarmement.”Je crois au pouvoir de la politique et de la paix sociale et non des armes. Et je vous appelle à mettre ce principe en pratique”, insistait-il dans cette longue adresse.Le chef de l’Etat turc a récemment exprimé sa confiance de voir “une Turquie sans terroriste”, espérant que “ce processus prometteur se conclurait avec succès le plus rapidement possible, sans obstacle, ni risque de sabotage”.Pour l’heure, la portée de la cérémonie de vendredi reste incertaine, par le nombre des combattants qu’elle concerne et le sort des armes déposées.”En geste de bonne volonté, un certain nombre de combattants du PKK, qui ont pris part au combat contre les forces turques ces dernières années, détruiront ou brûleront leurs armes au cours d’une cérémonie dans les prochains jours”, avait indiqué à l’AFP début juillet un commandant kurde sous couvert de l’anonymat.Abdullah Öcalan, lui, est toujours détenu sur l’île prison d’Imrali, au large d’Istanbul, et ne réclame pas d’en sortir, alors que ses commandants faisaient de sa libération un des termes de l’équation.”La situation de notre chef, Apo, affecte le processus et le ralentit”, jugeait la semaine dernière un haut responsable du PKK, Mustafa Karasu.En refusant de lier son sort personnel à l’avenir du processus de paix, M. Öcalan “contredit les conditions posées par le Parti qui demandait son élargissement afin qu’il puisse mener à bien le processus de paix”, note l’historien des mouvements kurdes Boris James.Le chercheur relève par ailleurs l’absence “d’acteur tiers pour garantir la probité du processus” et insiste: “Une très forte défiance subsiste entre le PKK et l’Etat turc, or l’Etat a donné peu de gages” aux combattants kurdes.Ces derniers ont dénoncé la poursuite des bombardements turcs sur leurs positions en Irak malgré le processus en cours.Depuis les derniers violents combats qui avaient ensanglanté la ville turque à majorité kurde de Diyarbakir (sud-est) en 2015, les combattants du PKK sont principalement restés cantonnés dans les montagnes de Kandil, en Irak, soumis également aux opérations de ratissage de l’armée turque.

Salve de drones sur Kiev, la Russie propose aux Américains une “nouvelle idée” sur l’Ukraine

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a annoncé jeudi s’être vu proposer par son homologue russe Sergueï Lavrov une “nouvelle idée” sur l’Ukraine lors de leur rencontre “franche” en Malaisie, après une nouvelle salve de drones russes qui a fait deux morts à Kiev.La Russie a multiplié ces dernières semaines les frappes nocturnes sur l’Ukraine, et notamment sur la capitale, battant chaque semaine des records en nombre d’engins tirés, fournis par une industrie de défense qui tourne à plein régime. Les négociations en vue d’une issue diplomatique au conflit sont, elles, dans l’impasse.Dans ce contexte, Marco Rubio a indiqué jeudi que Sergueï Lavrov lui avait présenté “une nouvelle idée ou un concept nouveau” qu’il allait désormais “rapporter au président (Donald Trump) pour en discuter”.Selon lui, il ne s’agit pas d’une “nouvelle approche”, ni d’une initiative menant “automatiquement à la paix” mais d’une “nouvelle idée” qui “pourrait potentiellement permettre d’ouvrir la porte” vers une issue possible.M. Rubio a aussi assuré avoir signifié à son homologue, lors de cet “échange franc” à Kuala Lumpur, la “déception” et la “frustration” de M. Trump face au “manque de progrès” pour mettre fin à l’invasion russe de l’Ukraine lancée en 2022.Après deux rounds de négociations directes entre Russes et Ukrainiens à Istanbul, le Kremlin continue de rejeter l’idée d’un cessez-le-feu. Il réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées et renonce à intégrer l’Otan, des conditions inacceptables pour Kiev.Côté européen, le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi la décision de renforcer “jusqu’à 50.000 hommes” la force expéditionnaire conjointe franco-britannique, qui doit servir de socle à un potentiel contingent militaire pour garantir un cessez-le-feu en Ukraine.La Russie est opposée au déploiement d’une telle force en Ukraine.- Accord entre l’Otan, Washington et Kiev -Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit sur X être “prêt” à différentes approches pour renforcer la défense de son pays, comme l’achat de moyens de défense “auprès des Etats-Unis, conjointement avec l’Europe”.De son côté, Donald Trump a révélé des détails sur ce qu’il a présenté comme un nouvel accord entre les Etats-Unis, l’Otan et l’Ukraine, lors d’un entretien avec la chaîne américaine NBC jeudi soir.”Nous envoyons des armes à l’Otan et l’Otan paie ces armes, à 100% (…) Et ensuite l’Otan va donner ces armes” à l’Ukraine, a dit le président américain sur NBC, au sujet d’un accord qui a été conclu le mois dernier d’après M. Trump.M. Trump a par ailleurs indiqué qu’il ferait une “déclaration importante sur la Russie” lundi.Du côté de l’Otan, le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, a indiqué s’être entretenu avec Donald Trump et travailler “avec les Alliés pour apporter à l’Ukraine l’aide dont elle a besoin”.- “Tout a brûlé” -L’entretien Rubio-Lavrov se déroulait quelques heures après une nouvelle attaque aérienne russe d’ampleur contre l’Ukraine, qui a causé la mort de deux personnes et en a blessé 22 autres, selon les secours.Depuis Rome, Volodymyr Zelensky a appelé ses alliés occidentaux, comme les jours précédents, à imposer “plus rapidement” de nouvelles sanctions envers Moscou.Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a tiré 415 drones et missiles, dont 382 ont été interceptés, détruits ou perdus. Des journalistes de l’AFP à Kiev ont entendu pendant plusieurs heures pendant la nuit de puissantes déflagrations et vu les explosions de projectiles interceptés dans le ciel par la défense antiaérienne.Rencontrée près d’un des lieux sinistrés, Nadia Voïtsekhivska, une habitante, a raconté que sa soeur était en état de choc après avoir réussi à échapper à un incendie dans son immeuble. “Dieu merci, tout le monde a survécu. Mais son mari a été emmené par une ambulance”, dit-elle. “Tout a brûlé”.Signe de l’intensification récente des frappes russes en Ukraine, une mission de l’ONU a annoncé jeudi avoir recensé pour le seul mois de juin un nombre record de morts civils (232) et de blessés (1.343) depuis trois ans, dans une guerre qui a déjà fait au moins des dizaines de milliers de morts des deux côtés, dont de nombreux civils ukrainiens.En Russie, deux civils ont été tués dans la région de Belgorod et un autre dans celle de Koursk par plusieurs attaques de drones ukrainiennes jeudi, selon les autorités locales.- Moscou veut “des signaux” -Malgré l’absence d’avancées diplomatiques significatives, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réfuté jeudi l’idée selon laquelle les discussions de paix étaient au point mort.Il a assuré que Moscou attendait “des signaux de Kiev” pour convenir d’une date pour un troisième cycle de pourparlers bilatéraux, après deux réunions peu fructueuses mi-mai et début juin.Les hostilités se poursuivront tant que Moscou considèrera impossible de “réaliser ses objectifs” par la seule voie diplomatique, a-t-il répété.Les forces russes, qui occupent près de 20% du territoire ukrainien après plus de trois ans de guerre, continuent de progresser sur le front. Elles ont revendiqué en début de semaine la prise d’une première localité dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est).

Pérou: les proches de victimes indignés par la loi d’amnistie pour les crimes du conflit armé

Les proches de victimes ont qualifié jeudi d'”illégale” et “injuste” la loi approuvée la veille par le Parlement du Pérou, accordant une amnistie aux militaires et policiers poursuivis ou condamnés pour leur participation au conflit armé qui a ensanglanté le Pérou entre 1980 et 2000.Cette loi, qui doit encore être promulguée par la présidente Dina Boluarte, amnistie les forces de l’ordre et les membres des comités d’autodéfense civils faisant l’objet de plaintes, d’enquêtes ou de condamnations, des crimes commis pendant le conflit qui les a opposés à la guérilla maoïste du Sentier lumineux et du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (guévariste).Ce conflit interne entre l’Etat et les guérillas a fait environ 70.000 morts entre 1980 et 2000.Les familles des victimes ressentent “beaucoup d’indignation, de douleur et de colère” face à la décision des parlementaires qui ont voté en faveur de cette loi, a dit à l’AFP Gisela Ortiz, dont le frère a été enlevé et assassiné par un escadron de la mort de l’armée en 1992. “Cela nous semble non seulement illégal, mais également injuste et inhumain de pardonner à ceux qui ont violé les droits humains”, a déploré Mme Ortiz lors d’une conférence de presse au siège de la Coordinatrice nationale des droits de l’Homme, à Lima. L’ancien ministre péruvien des Affaires étrangères et ex-président de la Cour interaméricaine des droits de l’Homme, Diego Garcia-Sayan, a annoncé que les victimes chercheraient par voie judiciaire à empêcher l’application de la loi.”Ce qui a été approuvé est sans précédent en Amérique latine, qui a déjà eu et continue d’avoir des problèmes dans le domaine du respect des droits humains”, a affirmé M. Garcia-Sayan. “Cette loi viole tous les traités internationaux et la constitution”, a-t-il ajouté. Pour Luis Aronés, président d’un collectif de victimes, la “loi profite à des assassins et auteurs de crimes contre l’humanité”. Selon les organisations de défense des droits de l’Homme, elle bénéficiera à environ 900 militaires et policiers, dont plusieurs généraux. La loi a été approuvée mercredi en seconde lecture au Parlement.Le projet a été présenté par le parlementaire Fernando Rospigliosi, du parti de droite Force Populaire de Keiko Fujimori, fille de l’ancien président décédé Alberto Fujimori (1990-2000), qui a été emprisonné pour divers crimes mais libéré en 2023 pour des raisons humanitaires. Le Pérou a approuvé en août 2024 une loi déclarant prescrits les crimes contre l’humanité commis avant 2002 dans la lutte contre les guérillas, une initiative ayant bénéficié à l’ex-président Fujimori et à 600 militaires poursuivis.Selon la Commission vérité et réconciliation, il existe au Pérou plus de 4.000 fosses clandestines résultant des violences commises entre 1980 et 2000.

Salve de drones sur Kiev, la Russie propose aux Américains une “nouvelle idée” sur l’Ukraine

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a annoncé jeudi s’être vu proposer par son homologue russe Sergueï Lavrov une “nouvelle idée” sur l’Ukraine lors de leur rencontre “franche” en Malaisie, après une nouvelle salve de drones russes qui a fait deux morts à Kiev.La Russie a multiplié ces dernières semaines les frappes nocturnes sur l’Ukraine, …

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Netanyahu prêt à négocier un cessez-le-feu permanent à Gaza

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est dit prêt jeudi à négocier un cessez-le-feu permanent dès le début d’une éventuelle trêve avec le Hamas à Gaza, où 66 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne selon la Défense civile.Un raid aérien a touché en matinée un groupe de personnes qui patientaient devant un établissement médical de Deir al-Balah, faisant 17 morts dont huit enfants, a indiqué à l’AFP Mohammad al-Moughayyir, un responsable de l’organisation de premiers secours.Plus au sud, à Khan Younès, trois enfants, dont le plus âgé avait cinq ans, ont été tués avec leur mère dans un autre bombardement, selon la famille.”Pourquoi ces enfants sont-ils tués? Est-ce qu’ils ont participé à l’attaque du 7-Octobre ou attaqué les Juifs? Assez de massacres d’enfants!”, a lancé Anwar Jadallah, leur oncle, près des dépouilles.Alors que des discussions indirectes sur une trêve ont lieu à Doha entre Israël et le Hamas, M. Netanyahu a aussi averti qu’Israël reprendrait la guerre en l’absence d’un accord de cessez-le-feu permanent, qu’il a conditionné au désarmement du mouvement islamiste palestinien.Plus tôt, le Hamas a évoqué des pourparlers difficiles à Doha et affirmé son opposition à un accord de trêve qui maintiendrait une présence militaire d’Israël dans la bande de Gaza, dévastée par 21 mois de guerre.Celle-ci a été déclenchée par une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël par des commandos du Hamas. En représailles, Israël a juré de détruire le Hamas et ses troupes ont lancé une offensive particulièrement meurtrière, s’emparant de vastes secteurs du territoire palestinien.”Au début d’un (éventuel) cessez-le-feu (de 60 jours), nous entamerons des négociations sur la fin définitive de la guerre”, a dit M. Netanyahu dans une vidéo depuis les Etats-Unis, où il a rencontré à deux reprises le président Donald Trump.Le dirigeant israélien a énuméré plusieurs conditions: “le Hamas doit déposer les armes, Gaza doit être démilitarisée, le Hamas ne doit plus avoir de capacités militaires ni de gouvernance”.”Si cela peut être obtenu par la négociation, tant mieux. Sinon, nous l’obtiendrons par d’autres moyens, par la force de notre armée héroïque”, a-t-il prévenu.L’accord de trêve en discussion à Doha porte sur une trêve de 60 jours, associée à la libération de dix otages vivants et au retour en Israël des dépouilles de neuf autres selon Washington.Le Hamas a maintes fois dit exiger le retrait israélien de Gaza, des “garanties” sur le caractère permanent d’un cessez-le-feu et une reprise en main de l’aide humanitaire par l’ONU et des organisations internationales reconnues.- “Pas entre nos mains” -Sur les 251 personnes enlevées durant l’attaque du 7-Octobre, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne.Alors que les proches des otages demandent qu’ils soient tous libérés d’un seul coup, M. Netanyahu a affirmé que cela ne dépendait pas d’Israël. “Nous traitons avec une organisation terroriste brutale et nous voulons libérer tout le monde en une seule fois. Mais ce n’est pas toujours entre nos mains”, a-t-il dit dans la vidéo.Dans un entretien au journal autrichien Die Presse, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a évoqué la libération de huit otages dans un premier temps, puis de deux autres au 50e jour de la trêve. Il a par ailleurs estimé qu’un exil des dirigeants du Hamas pourrait “faire partie de la solution pour mettre fin à la guerre”.Le mouvement palestinien avait accusé mercredi Israël “d’intransigeance” aux négociations, menées depuis dimanche par le biais des médiateurs – Qatar, Etats-Unis, Egypte.”Nous ne pouvons accepter que se perpétue l’occupation (israélienne) de notre terre”, a insisté un haut responsable du Hamas, Bassem Naïm.Donald Trump pousse pour une trêve au plus vite et son chef de la diplomatie Marco Rubio a dit avoir “bon espoir” qu’un accord puisse être conclu, tout en critiquant “le refus du Hamas de désarmer”.- “Assez!” -L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes. Dans la bande de Gaza assiégée par Israël et affamée, au moins 57.762 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l’offensive de israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.De son côté, l’ONU a pu faire entrer environ 75.000 litres de carburant dans Gaza, “la première cargaison de ce type en 130 jours”, même si, selon l’Organisation, cette quantité est largement insuffisante pour faire face aux pénuries.