AFP World

L’Iran promet des procès “rapides” pour les manifestants arrêtés

L’Iran a promis mercredi des procès “rapides” pour les suspects arrêtés lors des manifestations, alors que les organisations de défense des droits humains craignent un usage massif de la peine de mort dans le pays largement coupé du monde depuis près d’une semaine.A Téhéran mercredi, des milliers de personnes se sont rassemblées pour les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres “martyrs” tués lors des manifestations secouant l’Iran depuis le 28 décembre. Des images de la télévision d’Etat montrent la foule agitant des drapeaux de la République islamique pour cette cérémonie, qui a commencé avec des lectures de prières pour les morts devant l’université de la capitale. Des banderoles avec les mots “mort à l’Amérique” et des photos du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, émergeaient de la foule, selon un journaliste de l’AFP à Téhéran, de même qu’une photo montrant Donald Trump, du sang sur le visage, lors d’une tentative d’assassinat en 2024, avec la légende: “Cette fois il ne manquera pas sa cible”.”L’Iran n’a jamais vu un tel niveau de destruction”, a déclaré devant la foule le chef d’état-major de l’armée iranienne, Abdolrahim Moussavi, en allusion aux actes de violence survenus lors des manifestations.Au moins 700 manifestants – mais probablement des milliers – selon les ONG, ont été tués lors du mouvement de protestation et de très nombreuses personnes arrêtées. Selon les médias iraniens, le chef du pouvoir judiciaire a promis mercredi des procès “rapides” et “publics” à l’issue d’une visite de cinq heures dans une prison de Téhéran où sont détenus des manifestants – des “émeutiers” selon les autorités. “Si quelqu’un a mis le feu à une personne, l’a décapitée avant de brûler son corps, nous devons faire notre travail rapidement”, a déclaré Gholamhossein Mohseni Ejeï. Sur une vidéo de la télévision d’Etat, on le voit assis devant un drapeau iranien dans une grande salle ornée de tapis de la prison, interroger lui-même un homme en tenue grise de prisonnier dont le visage est flouté. Le détenu est accusé d’avoir apporté des cocktails Molotov dans un parc de la capitale.- “Exécutions” -Les défenseurs des droits humains s’inquiètent d’exécutions express à venir. Amnesty International et d’autres ont notamment dit avoir des informations sur l’exécution d’un premier manifestant prévue mercredi, ce qu’a aussi avancé la diplomatie américaine. “Plus de 10.600 manifestants ont été arrêtés (…) Erfan Soltani, 26 ans, dont l’exécution a été programmée pour le 14 janvier, est l’un d’eux”, a écrit le Département d’Etat dans un message en farsi sur X.Amnesty a demandé à l’Iran de “surseoir immédiatement à toutes les exécutions, y compris celle d’Erfan Soltani”.Téhéran, de son côté, accuse Washington de chercher un “prétexte” en vue d’une intervention militaire pour faire tomber le pouvoir.Le président américain, dont les intentions restent floues, a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement depuis le début du mouvement, l’un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.Mardi, il a promis aux manifestants que “beaucoup d’aide est en route”. “CONTINUEZ A MANIFESTER – PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!”, a-t-il lancé sur son réseau Truth social.La répression a fait au moins 734 morts selon l’ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s’élever à plusieurs milliers.Internet était toujours coupé mercredi dans tout le pays, pour le septième jour de suite, ce qui rend difficile l’accès aux informations. Les communications téléphoniques restaient limitées.Mais des rapports crédibles font état “de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays”, a affirmé mardi l’ONG Human Rights Watch.- “La plus violente” -La répression pourrait être “la plus violente” de l’histoire contemporaine de ce pays, a déploré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, exhortant les autorités à la faire cesser “impérativement”. Les condamnations affluent à l’international ces derniers jours : l’ONU s’est dite “horrifiée” et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran.Donald Trump a lui annoncé mardi des sanctions contre les partenaires commerciaux de l’Iran – des droits de douane de 25% prenant effet “immédiatement”.Sur les réseaux sociaux, de nouvelles vidéos, authentifiées par l’AFP, sont apparues mardi montrant des dizaines de corps alignés à l’intérieur et à l’extérieur d’une morgue au sud de la capitale iranienne.”La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard”, racontait mardi à l’AFP Kian Tahsildari à Istanbul, relayant le témoignage d’amis à Machhad, dans le nord-est de l’Iran.

Au Louvre, frustration et résignation devant la hausse des prix pour les touristes hors-UE

“C’est injuste mais il n’y a pas le choix”: aux abords du musée parisien du Louvre, les touristes accueillent avec résignation la hausse de 45% du prix d’entrée pour les visiteurs hors-UE à partir de mercredi, une mesure quasiment sans équivalent en Europe.Venue de Corée du Sud, HongJu Lee fait partie de ceux qui doivent désormais débourser 32 euros pour admirer la Joconde ou la Vénus de Milo, contre 22 euros auparavant, et cette décision gouvernementale a du mal à passer.”En Corée du Sud, nous n’avons pas ce genre de mesures donc c’est très injuste parce que cela fait partie de l’héritage mondial, comme l’Unesco”, dit la jeune trentenaire. “Nous avons le même droit de voir l’art”. A ses côtés, son petit ami français Julien Rittling n’est, lui, “pas choqué” de payer moins qu’elle, parce qu’il a le sentiment de “participer au patrimoine en payant (ses) impôts”.Les dix euros supplémentaires demandés à HongJu Lee ne la dissuaderont toutefois de franchir les portes du musée le plus visité au monde.”Ce n’est pas possible de voir le tableau de Mona Lisa sans y aller, c’est obligatoire et quand je vois les files d’attente, je me dis que beaucoup de gens pensent comme moi”, observe-t-elle.- “Ce n’est pas juste” -Parmi les visiteurs croisés mercredi par l’AFP, très peu semblent informés de cette hausse, qui va s’appliquer cette année à cinq autres lieux culturels en France, dont le Château de Versailles, et qui vise à financer la rénovation du patrimoine. Le gouvernement espère ainsi dégager au total entre 20 à 30 millions d’euros de recettes supplémentaires par an.Rarissime en Europe ou aux États-Unis, la différenciation tarifaire au Louvre reste également en travers de la gorge de Marcia Branco, sexagénaire venue du Brésil, qui s’étonne qu’une telle mesure soit appliquée en France.”Si j’allais dans un pays pauvre comme l’Inde, je comprendrais que les habitants paient moins cher parce qu’ils ont moins d’argent que les gens venant de l’étranger mais là, je suis à Paris et c’est censé être un pays riche”, dit-elle. “Ce n’est pas juste parce que je viens d’un pays moins riche que je dois payer plus”.Venue d’Uruguay avec son fils adolescent, Pamela González fait également part de son incompréhension, même si elle ira aussi arpenter les 73.000 m2 du Louvre. “C’est injuste pour ceux d’entre nous qui viennent de plus loin. Parce que ça favorise quelqu’un qui justement est déjà ici et pour qui c’est plus facile de venir. C’est bien moins cher que pour nous qui vivons à plus de 10.000 kilomètres d’ici”, s’étrangle-t-elle.- Opposition des syndicats -En tant qu’Italien, Andrew échappera à la hausse mais se dit lui aussi choqué. “Tout le monde mérite de voir le Louvre et le pays d’origine (du visiteur, ndlr ne doit avoir aucune importance”, affirme ce jeune homme de 26 ans, qui ne veut pas donner son patronyme.Au nom de l’universalisme des “musées”, cette différenciation tarifaire est notamment combattue par les syndicats du Louvre, qui sont engagés depuis un mois dans un mouvement de grève pour dénoncer notamment les sous-effectifs. Ils s’émeuvent également de la surcharge de travail qui incombera, selon eux, aux personnels chargés de vérifier l’origine géographique des visiteurs. Selon le site du Louvre, le prix de 32 euros s’applique par défaut, charge aux ressortissants européens de prouver leur lieu de résidence. Venu d’Australie, Jesse Kriwen dit “comprendre les deux points de vue”. “Je pense que (cette mesure) est une reconnaissance de l’apport des contribuables mais on a toujours envie que tout le monde soit traité de manière égalitaire”, observe-t-il.Une telle mesure serait-elle envisageable en Australie? Non, balaie sa compagne Isabelle Szemray, “parce que l’Australie est un pays très multiculturel”.

Du château fort au laboratoire, une archéologue sonore ressuscite le passé

Le marteau du forgeron sur le clou incandescent, la hache sur le chêne, le burin sur la pierre: Mylène Pardoën, “archéologue sonore”, capte les bruits d’un château fort en construction selon les techniques du XIIIe siècle pour recréer la bande-son du Moyen Âge.”Je suis à la pêche au son mais, au lieu d’avoir un filet, j’ai des micros”, explique cette chercheuse au CNRS Lyon-Saint-Étienne, en piquant un micro sur un gigantesque tronc d’arbre couché que la hache d’un équarrisseur façonne en bois de charpente.Ce billot viendra couvrir l’impressionnant château fort de Guédelon qui, depuis 28 ans, se construit à Treigny (Yonne) avec les matériaux et selon les techniques du XIIIe siècle.De quoi offrir un formidable terrain de jeu à Mylène Pardoën, qui traque depuis de longues années les sons du passé là où ils se font encore entendre. “Je capte les gestes de tout le patrimoine artisanal et des lieux qui ont encore une empreinte historique”, explique-t-elle à l’AFP. Il y a un patrimoine culturel, architectural, génétique… mais il n’y avait pas de patrimoine sonore: Mylène Pardoën a réparé cette erreur. Touche-à-tout du savoir, cette ancienne mécanicienne d’hélicoptères militaires s’est reconvertie dans la musicologie. Alliant sa passion pour l’Histoire avec son expertise du son, elle a inventé son propre métier, unique au monde: “archéologue sonore”.- Authentique -Mylène Pardöen, est déjà à la base du “projet Bretez”, du nom du cartographe qui a réalisé le plan de Paris de 1739. Cette marche virtuelle, multi-primée au niveau international, vise à reconstituer le Paris du XVIIIe siècle avec des images en 3D mais en y ajoutant une dimension, souvent oubliée: le “paysage sonore”.Sur le Pont au Change, dans le Paris du siècle des Lumières, on entend le charpentier clouant une poutre, les marchandes ambulantes, les bêtes qui vont à l’abattoir…Pour restituer cet univers, par les oreilles, il faut “reconstruire toutes les ambiances sonores puisqu’on ne peut pas prendre des ambiances contemporaines”, explique Mylène Pardoën.Le défi est d’autant plus élevé que l’ingénieure du son, aujourd’hui chercheuse au CNRS à la Maison des Sciences de l’Homme de Lyon (MSH), se refuse de céder à l’artificialisation de l’IA: “la restitution s’effectue sur la base des sons authentiques, et non sur la base d’effets sonores générés par ordinateur”, précise-t-elle.Mais où aller chercher à notre ère des sons du Moyen-Âge? Embarquée dans sa machine à remonter le temps sonore, la chercheuse a trouvé sa source à Guédelon.”Par exemple, sur cette maison-là”, dit-elle en pointant le plan du projet Bretez parcourant le vieux Paris, “il y avait des travaux de réparations”. “Eh bien, on a inséré des sons d’un équarrisseur et d’un forgeron qu’on a enregistrés à Guédelon”, explique-t-elle.- Indiana Jones du son -“On rend vivant, vraiment avec de l’humain, une fresque sonore”, dit-elle, assise devant une multitude d’écrans dans son laboratoire de Lyon aux murs et plafonds tapissés de 46 hauts-parleurs.C’est ici que la chercheuse “spatialise” les sons qu’elle a captés pour créer une “réelle immersion”. “Et la fresque devient une possible réalité d’un moment qui nous permet de raconter une histoire”, se réjouit Mylène Pardoën.Médaille de cristal du CNRS en 2020, qui distingue celles et ceux qui contribuent à l’excellence de la recherche française, Mylène Pardoën a également été la base de la reconstitution acoustique lors des rénovations de la cathédrale Notre-Dame, à Paris. Mais cette Indiana Jones du son remonte le temps bien plus loin en arrière: “J’ai des captations pour les gestes préhistoriques”, dit-elle en référence aux prises de son qu’elle a réalisées lors de la reproduction de tailles de silex faites à l’Institut de Préhistoire Orientale à Jalès (Ardèche).

A Londres, trois bébés abandonnés, huit ans d’enquête et des parents introuvables

Après des années d’enquête, le mystère reste entier et la police semble prête à jeter l’éponge: entre 2017 et 2024, trois nouveau-nés, qui se sont avérés être frère et soeurs, ont été abandonnés dans des parcs de Londres et leurs parents restent introuvables.Les nourrissons ont été découverts par des promeneurs respectivement en septembre 2017, janvier …

A Londres, trois bébés abandonnés, huit ans d’enquête et des parents introuvables Read More »

Free et Free Mobile condamnés à de lourdes amendes après une fuite de données

Les opérateurs Free et Free Mobile ont écopé mercredi d’un total de 42 millions d’euros d’amendes pour “manquements” à leurs obligations de sécurité lors d’une fuite de données spectaculaire en 2024, une sanction selon eux d’une “sévérité inédite” en matière de cyberattaque.Dans une décision rendue le 8 janvier et publiée mercredi sur Légifrance, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a condamné Free à payer une amende de 15 millions d’euros et Free mobile à verser 27 millions. Ces sanctions sont prononcées plus d’un an après un vol de données massif, qui avait concerné 24 millions de contrats de clients de l’opérateur en octobre 2024.En parallèle de l’attaque informatique, un pirate avait proposé à la vente en ligne un fichier censé contenir les informations dérobées. Parmi les données, rapidement vendues, figuraient notamment des numéros de compte bancaire (Iban). Des procédures distinctes avaient été lancées contre les deux entités, Free et Free Mobile, qui ont chacune des obligations liées à leur propre système d’information, a expliqué la Cnil, destinataire de plus de 2.000 plaintes de personnes concernées par cette violation.Dans un communiqué, l’autorité de protection des données a souligné que les deux entreprises du groupe Iliad n’avaient “pas mis en œuvre certaines mesures élémentaires de sécurité qui auraient pu rendre l’attaque plus difficile”. Elle a aussi relevé plusieurs manquements au règlement européen de protections des données (RGPD). Elle a notamment évoqué une procédure d’authentification “pas suffisamment robuste” pour les salariés de Free travaillant à distance. C’est par ce biais que le pirate responsable de l’attaque s’était d’abord connecté au réseau informatique de l’entreprise, précise l’autorité.- “Sévérité inédite” -La Cnil a aussi reproché aux opérateurs des manquements dans leurs obligations en matière d’information des personnes concernées par le vol des données. Selon le Commission, les entreprises auraient dû davantage informer leurs clients des mesures de protection mises en place a posteriori, et mieux les prévenir des risques potentiels. Free Mobile est également visé pour avoir conservé pendant trop longtemps des données d’anciens clients. La Cnil a ainsi “constaté la présence de données relatives à plus de 15 millions de contrats résiliés depuis plus de cinq ans, dont trois millions depuis plus de dix ans”, ce qui est “manifestement excessif”, a-t-elle signalé.Free a rapidement dénoncé mercredi une décision d’une “sévérité inédite sans commune mesure au regard des précédents en matière de cyberattaques”. “Dans plusieurs cas comparables, malgré des impacts similaires, voire plus graves, sur les données personnelles, les sanctions prononcées semblent dérisoires au regard de celle-ci”, a insisté l’entreprise.”Nous allons donc déposer un recours devant le Conseil d’État afin de faire valoir nos droits et obtenir la révision de cette décision”, a ajouté l’opérateur, qui dit avoir renforcé son “architecture de sécurité” depuis l’incident.Un tel recours n’est toutefois pas suspensif. Les deux opérateurs devront donc s’acquitter des amendes avant une éventuelle nouvelle décision.Outre les amendes, la Cnil a également ordonné à Free et Free Mobile de prendre des mesures en matière de sécurité des données. Si elle constate que des évolutions avaient déjà débuté, elle a ordonné aux entreprises de finaliser la mise en œuvre de ces mesures dans un délai de trois mois. Elle a aussi enjoint à Free Mobile de finaliser le tri des données conservées et de purger ses bases de données des détails des contrats résiliés depuis plus de dix ans. Dans le volet pénal de cette affaire, un mineur de 16 ans avait été mis en examen début 2025.Outre Free, d’autres entreprises avait été ciblées en 2024 par des vols de données massifs. Après cette année noire, la Cnil avait annoncé en avril qu’elle allait hausser le ton et exiger davantage de garanties aux détenteurs de grandes bases de données.

Thaïlande: 32 morts après l’effondrement d’une grue sur un train

Une grue s’est effondrée mercredi sur un train de passagers en Thaïlande, un accident spectaculaire qui a fait au moins 32 morts et des dizaines de blessés, selon le dernier bilan des autorités locales.La grue était utilisée sur le chantier d’un vaste projet ferroviaire soutenu par la Chine et géré par une entreprise thaïlandaise impliquée dans plusieurs accidents similaires par le passé.Sa chute a provoqué le déraillement, en contrebas, d’un train qui circulait entre Bangkok et le nord-est du pays. Au moins 32 personnes ont été tuées et plus de 60 blessées, dont sept grièvement, ont indiqué les autorités sanitaires locales, précisant que trois personnes étaient toujours portées disparues.Il était environ 9H00 lorsque Mitr Intrpanya, un habitant de la province de Nakhon Ratchasima, à plus de 200 km de la capitale, a entendu “un gros bruit suivi de deux explosions”.”Quand je suis allé voir ce qui s’était passé, j’ai trouvé la grue sur un train de passagers de trois wagons. Le métal de la grue semblait avoir tranché en deux le deuxième wagon”, a témoigné cet homme de 54 ans.Pasinee Klaharn, une femme au foyer de 31 ans, était en train de préparer son petit-déjeuner quand l’accident s’est produit, à 300 mètres de sa maison.”J’ai vu sur place trois personnes allongées, avec des plaies à la tête et un bras cassé”, a-t-elle raconté à l’AFP. “Mon mari est descendu à l’intérieur d’un wagon et a aidé quelques personnes avant l’arrivée des secours”.- TGV thaïlandais -La grue faisait partie d’un chantier colossal, lancé en 2017 avec une décennie de retard, pour la mise en service du premier train à grande vitesse de Thaïlande.Ce projet de plus de cinq milliards de dollars doit permettre d’ici 2028 de relier Bangkok à Kunming, dans le sud de la Chine, via le Laos.Il est soutenu par la Chine dans le cadre de sa politique des “nouvelles routes de la soie”, destinée à améliorer ses échanges commerciaux dans le monde et à renforcer son influence en Asie du Sud-Est.Afin d’éviter que ce chemin de fer n’accroisse sa dépendance vis-à-vis de Pékin au détriment de ses bonnes relations avec les Etats-Unis, la Thaïlande a insisté pour prendre en charge la totalité du coût.La Chine fournit tout de même une assistance technique, mais “il semble que la section concernée soit construite par une entreprise thaïlandaise”, a commenté le ministère chinois des Affaires étrangères.Il s’agit de l’Italian-Thai Development, qui a annoncé dans un communiqué qu’elle assumerait “la responsabilité d’indemniser les familles des victimes et de couvrir les frais médicaux des blessés”.- Accidents fréquents -Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a appelé à faire la lumière sur les causes de l’accident et affirmé que les responsables devraient “rendre des comptes”.”Il est temps de modifier la loi afin de mettre sur une liste noire les sociétés de BTP responsables d’accidents à répétition”, a estimé le dirigeant.L’Italian-Thai Development et son directeur figuraient en août parmi plus de 20 personnes et entités inculpées dans une affaire liée à l’effondrement lors d’un tremblement de terre d’un immeuble en construction à Bangkok, qui avait fait 90 morts, principalement des ouvriers.L’entreprise a été impliquée ces dernières années dans plusieurs autres accidents, dont la chute en 2017 d’une grue utilisée pour la construction du métro aérien de la capitale.Les accidents industriels, sur les chantiers et dans les transports sont relativement fréquents en Thaïlande en raison d’une application parfois laxiste des règles de sécurité.Dix-huit personnes sont mortes en 2020 dans la collision d’un train de marchandises avec un bus transportant des passagers à une cérémonie religieuse.