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Ukraine: avancée russe record en 2025, nouvelles négociations attendues à Kiev

L’armée russe a réalisé en Ukraine sa plus forte progression sur le front en 2025 depuis la première année de l’invasion, selon des données analysées par l’AFP, maintenant une forte pression militaire alors que des négociations sont attendues samedi entre Kiev et ses alliés en vue d’une hypothétique fin des hostilités.Des conseillers à la sécurité de pays européens alliés de Kiev doivent rencontrer samedi à Kiev des responsables ukrainiens, avec la participation par visioconférence d’une équipe américaine. Selon le président Volodymyr Zelensky, une quinzaine de pays ont confirmé leur participation, ainsi que des représentants de l’Union européenne et de l’Otan.M. Zelensky s’était entretenu en décembre avec Donald Trump à Washington sur le plan américain visant à mettre fin à près de quatre ans de guerre, mais des questions sensibles telles que celle des territoires restent non résolues. Et Moscou a indiqué son intention de “durcir sa position” après avoir accusé Kiev d’avoir ciblé avec des drones une résidence de Vladimir Poutine.En attendant des progrès diplomatiques, sur le terrain, les forces russes se sont emparées de plus de 5.600 km2 de territoire ukrainien au cours de l’année 2025, soit davantage que les années 2024 et 2023 réunies, selon les données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), qui travaille avec le Critical Threats Project (CTP), deux centres de réflexion américains spécialisés dans l’étude des conflits.En décembre, Moscou a conquis 244 km2, sa plus faible progression mensuelle depuis mars dans un contexte de conditions météorologiques hivernales, mais a accéléré son offensive dans le Donbass, région orientale où se situent les principales défenses ukrainiennes.L’armée russe occupe environ 19,4% de la superficie de l’Ukraine, dont 0,94% ont été conquis au cours de l’année écoulée.Signe de la progression russe, les autorités ukrainiennes ont ordonné vendredi l’évacuation de plus de 3.000 enfants avec leurs parents d’une quarantaine de localités dans les régions de Zaporijjia (sud) et Dnipropetrovsk (centre-est).- Un espion à la présidence -Dans ses voeux pour 2026, Volodymyr Zelensky a affirmé qu’un accord pour mettre fin à la guerre était “prêt à 90%”, tout en avertissant que les 10% restants allaient déterminer le “destin de la paix”, l’avenir des territoires occupés par la Russie demeurant l’un des points clés.Cet accord n’est cependant pas négocié directement, pour l’heure, Ukrainiens et Russes échangeant avec les Américains. Et l’adoption de sa dernière mouture par Moscou semble improbable, car elle abandonne certaines de ses revendications clefs.Vladimir Poutine a répété ces dernières semaines que la Russie atteindra ses objectifs en Ukraine “par la voie militaire” si les négociations échouaient et salué les récents gains de son armée sur le front.Son homologue ukrainien a lui choisi vendredi le chef du renseignement militaire, Kyrylo Boudanov, pour diriger son cabinet, l’un des postes les plus importants du pays.Loin du profil de son prédécesseur, Andriï Iermak, tombé en disgrâce à cause d’un scandale de corruption, M. Boudanov est un militaire de carrière connu pour ses audacieuses opérations contre la Russie et honni par Moscou, qui le qualifie de “terroriste”.M. Zelensky a aussi annoncé son intention de remplacer l’actuel ministre de la Défense Denys Chmygal, nommé il y a moins d’un an, en juillet 2025, par le ministre de la Transformation digitale, Mykhaïlo Fedorov, un nouveau venu en politique âgé de seulement 34 ans.Le président ukrainien n’a pas expliqué sa décision, indiquant simplement que “”Mykhaïlo est très impliqué dans les questions relatives aux drones et travaille très efficacement” dans son ministère.- Bombardements -Les premiers jours de 2026 ont été marqués par des bombardements ukrainiens et russes.Jeudi, la Russie a accusé l’armée ukrainienne d’avoir mené pendant la nuit du nouvel an une attaque de drones en territoire occupé dans la région méridionale de Kherson, tuant 28 civils, dont deux enfants, dans un café et un hôtel.Kiev a assuré de son côté avoir visé un rassemblement militaire.Vendredi, la Russie a elle frappé le centre-ville de Kharkiv, la deuxième cité d’Ukraine, tuant un enfant de trois ans et faisant 19 blessés, selon les autorités locales.Un journaliste de l’AFP à Kharkiv a pu voir sur place une rue recouverte de débris et de gravats d’où s’échappent encore des flammes, et des immeubles aux vitres entièrement soufflées.Le ministère russe de la Défense a démenti, assurant n’avoir “ni planifié, ni effectué de frappes avec des missiles ou des moyens de destruction aériens dans les limites de la ville” de Kharkiv.Selon M. Zelensky, la réunion de samedi avec Européens et Américains vise notamment à discuter des “garanties de sécurité” que peuvent apporter à l’Ukraine ses alliés. Un sommet avec des dirigeants occidentaux est par ailleurs prévu mardi en France.

Séisme au Mexique, un décès et pas de “dégâts graves”

Une personne est décédée vendredi à Mexico après le séisme de magnitude 6,5 qui a frappé le sud-ouest du pays au petit matin, mais qui n’a cependant pas occasionné de “dégâts graves”, selon la présidente Claudia Sheinbaum.Le sol a tremblé à 07H58 locales (13H58 GMT), poussant les habitants de la capitale à évacuer leurs appartements encore pour nombreux en pyjama.La secousse a contraint Mme Sheinbaum à suspendre sa conférence de presse quotidienne lorsqu’a retenti l’alerte prévenant de son imminence.L’épicentre est situé près de San Marcos, dans l’Etat de Guerrero (sud), à environ 400 km de la capitale, a précisé l’Institut américain de géophysique (USGS) indiquant que le séisme s’est produit à 35 kilomètres de profondeur.A son retour au Palais national, quelques minutes après la violente secousse, Mme Sheinbaum a indiqué qu’il n’y avait pas de signalements de “dégâts graves”, ni à Mexico ni dans l’Etat de Guerrero.Les autorités municipales de Mexico ont fait part du décès accidentel d’un homme de 60 ans qui a fait une chute alors qu’il évacuait son domicile.Selon la maire de Mexico, Clara Brugada sur X, 12 personnes ont par ailleurs été blessées.La ville de San Marcos est elle-même à quelques kilomètres de la célèbre station balnéaire d’Acapulco, qui compte environ 650.000 habitants.Ricardo, un touriste mexicain qui a quitté son hôtel d’Acapulco torse nu, a regretté de “commencer l’année avec une telle frayeur”, disant avoir ressenti ensuite de nombreuses répliques.Selon le Service sismologique national, 151 répliques de faible intensité ont été enregistrées.Aucune alerte au tsunami n’a été lancée, selon le service météorologique américain (NOAA).- “Sensation horrible” -Le Mexique s’est doté de systèmes d’alerte qui préviennent de l’imminence des secousses. Il donne à la population, via les téléphones portables, environ une minute pour se mettre à l’abri.La mairie de Mexico a également installé des haut-parleurs sur les poteaux d’éclairage public qui peuvent lancer des “alertes sismiques”.”Je dormais quand l’alarme de la rue s’est mise à retentir. Ça m’a vraiment effrayée quand ça disait +séisme violent+. Je me suis levée paniquée”, a témoigné auprès de l’AFP Karen Gómez, 47 ans, employée de bureau qui vit au 13e étage d’un immeuble du quartier Alvaro Obregon de Mexico.”Je sais comment se passent les tremblements de terre ici. Cette sensation de peur est horrible quand on sent le bâtiment bouger”, a dit à l’AFP Norma Ortega, 57 ans, directrice d’une crèche vivant au 10e étage d’un immeuble du même quartier.Le Mexique est situé à la jonction de cinq plaques tectoniques, ce qui en fait l’un des pays les plus vulnérables aux tremblements de terre, en particulier sur cette côte du Pacifique, où est enregistrée la plus forte activité sismique au monde.En 1985, un séisme de magnitude 8,1 avait ravagé une grande partie du centre et du sud du pays. Il avait fait plus de 12.000 morts et causé de graves dégâts à Mexico.Une partie de la capitale, principalement son centre, est construite sur un sous-sol marécageux, autrefois un lac, ce qui la rend particulièrement sensible aux tremblements de terre.Le 19 septembre 2017, un séisme de magnitude 7,1 tuait 369 personnes, la plupart dans la capitale. Le même jour cinq ans plus tard, le centre du Mexique était frappé par un autre séisme, quelques heures seulement après la participation de millions de personnes à un exercice de sécurité simulant un tremblement de terre.

Boudanov, l’énigmatique chef espion ukrainien devient chef du cabinet présidentiel

Figure laconique et énigmatique, Kyrylo Boudanov est connu pour d’audacieuses opérations contre la Russie en tant que chef du renseignement militaire ukrainien. Il entre désormais dans la grande politique en devenant le chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, après une nomination surprise à ce poste clé.Honni en Russie où il est qualifié de “terroriste”, cet …

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L’année 2025 a été la plus chaude jamais enregistrée au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni, connu pour son climat maussade, a connu en 2025 son année la plus chaude et ensoleillée, a annoncé vendredi l’agence nationale de météorologie, Met Office, soulignant qu’il s’agit d'”une démonstration claire” du changement climatique. Avec une température moyenne de 10,09°C, l’année 2025 a battu le précédent record de 10,03°C établi en 2022.Quatre des cinq dernières années figurent désormais parmi les cinq les plus chaudes enregistrées dans le pays, depuis le début des mesures en 1884, indique le Met Office. Les dix années les plus chaudes ont toutes été enregistrées au cours des deux dernières décennies.”Cela démontre de manière de plus en plus évidente les effets du changement climatique sur les températures au Royaume-Uni”, déclare l’agence.Le Met Office souligne en outre que l’année 2025 a été la plus ensoleillée au Royaume-Uni depuis le début des relevés en 1910. Les quelque 1.648,5 heures d’ensoleillement dépassent de 61,4 heures celles du précédent record, en 2003.Cette année très chaude “correspond aux conséquences attendues du changement climatique induit par l’homme”, explique Mark McCarthy, expert du climat au Met Office, cité dans le communiqué. “Même si cela ne signifie pas que chaque année sera la plus chaude jamais enregistrée, nos observations météorologiques et nos modèles climatiques montrent clairement que le réchauffement climatique induit par l’homme a un impact sur le climat du Royaume-Uni”, ajoute-t-il.Il y a eu quatre vagues de chaleur pendant l’été 2025. Le record de température de 40,3°C atteint en juillet 2022 n’a cependant pas été battu.”Le printemps et l’été ont battu des records de chaleur, provoquant des dizaines de milliers d’incendies et probablement des millions de décès dans tout le Royaume-Uni”, a souligné Bob Ward, de l’Institut Grantham sur le changement climatique à Londres.- Pénurie d’eau -L’hiver et l’automne ont aussi connu des températures supérieures à la moyenne.”Ce qui a été remarquable cette année, c’est la chaleur constante tout au long de l’année, tous les mois, à l’exception de janvier et septembre, ayant été plus chauds que la moyenne”, a commenté une scientifique du Met Office, Emily Carlisle.Dans un pays où les habitations n’ont pas été conçus pour des températures élevées, un tiers des Britanniques ont affirmé avoir eu du mal à maintenir leur logement au frais cet été, selon un sondage publié fin août par l’association Citizens Advice.L’Angleterre a aussi connu en 2025 son printemps le plus sec depuis plus de cent ans.Selon des chiffres du gouvernement obtenus en décembre par l’agence britannique PA, les pompiers anglais ont affronté un nombre record de feux de forêt entre début mars et fin mai, au nombre de 12.454, soit quatre fois plus qu’en 2024 sur la même période.Mi-août, l’Agence pour l’environnement avait jugé que la pénurie d’eau en Angleterre entrait dans la catégorie des phénomènes “d’importance nationale”. Le Yorkshire, dans le nord, avait même interdit l’arrosage des jardins.En octobre, des experts du Comité sur le changement climatique (CCC), un organisme consultatif indépendant, ont averti que le Royaume-Uni devrait se préparer d’urgence à des “phénomènes climatiques extrêmes” d’ici à 2050.Ils ont envisagé le scénario d’un réchauffement d’au moins 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, avec comme répercussions des sécheresses, inondations et canicules.Dans le scénario d’un réchauffement de 2°C, la hausse du niveau de la mer continuera à s’accélérer, de 15 à 25 cm, menaçant les villes côtières britanniques, ont-ils prévenu.”Nous ne pouvons stopper l’impact croissant du changement climatique qu’en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone, et plus nous tarderons à atteindre cet objectif, plus il y aura de morts, de dégâts et de souffrances”, a prévenu Bob Ward.