AFP World

Réseau vétuste et changement climatique, la Bulgarie manque d’eau

Remplir des bidons, faire tourner la machine à laver ou se doucher: il faut choisir. Dans le village bulgare de Gorna Studena, l’eau se fait de plus en plus rare chaque année, entre vieillissement des canalisations et réchauffement climatique.Rumyana Tsoneva, énergique habitante de 69 ans, ouvre le robinet de sa cour mais rien ne se passe. Et quand un filet d’eau arrive enfin, c’est pour quelques heures seulement.Située à une trentaine de kilomètres du Danube dans une plaine fertile, la commune est en état d’urgence depuis un mois. L’eau y est rationnée, et malgré ces mesures, des maisons en sont parfois privées pendant plus de deux jours.Dans ce pays de 6,4 millions d’habitants, le plus pauvre de l’UE, plus de 156.000 personnes étaient affectées mi-juillet par des coupures d’eau. Une crise qui nourrit la colère de la population sur fond d’instabilité politique.”Cela fait 15 ans que ça dure, mais chaque année, la situation empire”, soupire la sexagénaire, tout en observant la terre craquelée de son jardin.- “Une goutte sur deux est perdue” -Cette ancienne agronome de la coopérative locale, qui vit seule dans la grande demeure familiale avec pour toute compagnie son chien et une dizaine de poules, cultive du maïs. Mais elle sait déjà que la récolte ne donnera rien cette année.Si elle a conscience de l’impact du changement climatique, elle refuse qu’il serve de prétexte à l’inaction de l’Etat. “On voudrait que les jeunes reviennent au village… moi, je ne leur conseillerais pas”, lâche-t-elle, résignée. Gorda Studena ne compte plus que 200 habitants, soit dix fois moins que dans les années 1960. Le centre médical, la pharmacie, l’école ont fermé.”La mauvaise gestion et les infrastructures vieillissantes amplifient les effets du réchauffement”, explique Emil Gachev, expert de l’Institut de recherche sur le climat et l’eau au sein de l’Académie des sciences.La plupart des canalisations ont été installées il y a 60 ans, voire avant la Seconde guerre mondiale, et le réseau fuit de partout. Sans compter les détournements illégaux d’eau par des particuliers et même des entreprises.”Une goutte sur deux est perdue avant d’arriver au robinet”, précise le chercheur, la Bulgarie figurant au dernier rang de l’UE en la matière, selon des données de la fédération EurEau datant de 2021.De quoi rendre la situation intenable quand, au même moment, la sécheresse s’aggrave: ces derniers temps, les précipitations printanières ont fortement diminué comparé à la moyenne des 25 années passées, et dans le nord-ouest, certains barrages-réservoirs ne sont remplis qu’à quelque 20% de leur capacité.- “On ne demande pas une piscine” -D’après une première étude sur le sujet présentée cette semaine par M. Gachev, la Bulgarie se rapproche dangereusement d’une crise hydrique durable. “Les soucis d’approvisionnement concernent tout le pays, ce qui suggère qu’il s’agit d’un problème systémique plutôt qu’isolé, aux importantes dimensions sociales, sanitaires et économiques”, souligne l’analyste.Sous l’effet du dérèglement climatique, les périodes de rationnement vont durer plus longtemps et de plus en plus de localités seront affectées, s’inquiète-t-il.Dans un rapport tout juste publié, une commission parlementaire a confirmé l’ampleur du problème et recommandé une série de mesures, dont la mise en place d’un fonds national pour moderniser les infrastructures.A Gorna Studena, où les habitants ont protesté l’an dernier en bloquant la circulation, le téléphone du maire ne cesse de sonner. Plamen Ivanov, qui attend une livraison de bouteilles d’eau par les services de l’Etat, explique que la situation crée des tensions entre habitants: “les uns se plaignent que ceux d’en bas en ont trop, les autres qu’ils doivent subir des coupures à cause d’eux. Tout cela retombe sur moi.”Un peu plus loin, Nivyana, fichu sur la tête et jupe colorée, sort de chez elle, un seau à la main. Elle a de la chance: l’une des citernes bleues installées par les autorités trône juste devant sa porte. “Je voulais laver mes vêtements”, glisse cette habitante de 83 ans au visage buriné par le soleil, qui n’a pas voulu donner son nom de famille. “Mais l’eau s’est tarie avant que je puisse finir.” “On ne demande pas une piscine, juste une vie normale”, lance Rumyana Tsoneva.

La justice française ordonne la libération du Libanais Georges Abdallah

Libre, après plus de 40 ans dans les prisons françaises. La cour d’appel de Paris a ordonné jeudi la remise en liberté du Libanais Georges Abdallah, condamné en 1987 pour complicité d’assassinats de diplomates américain et israélien, et considéré comme l’un des plus anciens détenus du pays.La libération “sous condition de quitter le territoire national et n’y plus paraître” interviendra le 25 juillet, a indiqué une source judiciaire à la fin de l’audience non publique au palais de Justice de Paris, en l’absence de Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré à la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées). “S’ils ont accepté de me libérer, c’est grâce à cette mobilisation (de militants) qui est ascendante”, a réagi Georges Abdallah lors d’un échange avec la députée LFI Andrée Taurinya, à l’occasion d’une visite de la parlementaire à la prison.”Le temps passé derrière les barreaux concernant les prisonniers +politiques+ ne pèse pas, vous passez cinq ans, vingt ans, trente ans, quarante ans, ce n’est pas ça la cause de la sortie en fait”, a estimé M. Abdallah, depuis sa cellule de 11m2 tapissée d’un portrait de Che Guevara et d’affiches en faveur de la cause palestinienne.”Nous sommes très heureux de cette décision”, avait auparavant assuré à l’AFP depuis le Liban son frère, Robert Abdallah. “Nous n’aurions jamais imaginé qu’il serait enfin libéré”, a-t-il confié.”C’est à la fois une victoire judiciaire et un scandale politique qu’il ne soit pas sorti plus tôt, à cause du comportement des États-Unis et de tous les présidents français” successifs, a déclaré devant la salle son avocat, Me Jean-Louis Chalanset.- “Le bienvenu” -Les États-Unis, parties civiles, se sont vigoureusement opposés à chacune des demandes de libération déposées par Georges Abdallah. Israël ne s’était pas manifesté pendant la procédure judiciaire, mais a “regretté” jeudi, par la voix de son ambassade à Paris, la décision de justice. “De tels terroristes, ennemis du monde libre, devraient passer leur vie en prison”, a écrit l’ambassade dans un communiqué.Le Liban, qui réclame sa libération aux autorités françaises depuis des années, s’est dit via son chargé d’affaires à Paris “extrêmement satisfait”. “Nous l’attendions depuis longtemps”, a déclaré M. Ziad Taan, ajoutant que “l’Etat libanais prend toutes les dispositions pour organiser son retour avec les autorités françaises” au Liban, où il est “le bienvenu”.Le parquet général peut faire un pourvoi en cassation, mais il ne serait pas suspensif, et n’empêcherait donc pas Georges Abdallah de rentrer au Liban.Incarcéré en France depuis 1984, l’ancien chef d’un groupuscule de chrétiens libanais marxistes pro-palestiniens est libérable depuis 25 ans, mais a vu sa dizaine de demandes de remise en liberté échouer.- “Effort conséquent” -Mais pour celle-ci, à quelques mois d’intervalle, le tribunal puis la cour d’appel s’étaient prononcés pour, estimant la durée de sa détention “disproportionnée” par rapport aux crimes commis, et jugeant qu’à 74 ans, ce détenu “âgé” aspirant à “finir ses jours” dans son village du nord-Liban ne présentait plus de risque de trouble à l’ordre public. La cour avait cependant demandé à Georges Abdallah un “effort conséquent” pour indemniser les victimes, ce qu’il a toujours refusé de faire, se considérant comme un prisonnier politique. À l’audience du 19 juin, sans s’épancher sur la position de son client ni l’origine des fonds, son avocat avait informé les juges que 16.000 euros sur son compte en prison étaient à disposition des parties civiles.Aujourd’hui tombé dans l’oubli, Georges Abdallah était dans les années 1980 l’ennemi public n°1 et l’un des prisonniers les plus célèbres de France.Pas à cause de son affaire, mais parce qu’on l’a longtemps cru, à tort, à l’origine de la vague d’attentats de 1985-1986 qui a fait 13 morts dont sept au magasin Tati de la rue de Rennes. Georges Abdallah n’a jamais reconnu son implication dans les assassinats des diplomates à Paris, mais les a toujours qualifiés d'”actes de résistance” contre “l’oppression israélienne et américaine”, dans le contexte de la guerre civile libanaise et l’invasion israélienne au sud-Liban en 1978. Son groupuscule des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises), dissous depuis longtemps, “n’a pas commis d’action violente depuis 1984”, avait toutefois souligné la cour, estimant que Georges Abdallah “représente aujourd’hui un symbole passé de la lutte palestinienne”.

Migration: Londres et Berlin s’accordent pour sévir contre les passeurs

Londres et Berlin se sont entendus jeudi à Londres pour renforcer la lutte contre les passeurs et renforcer leur coopération en matière de défense, lors de la première visite officielle du chancelier allemand Friedrich Merz au Royaume-Uni.Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’est dit “très reconnaissant” envers l’Allemagne, qui a accepté selon lui de modifier cette année sa législation pour criminaliser la facilitation de l’immigration clandestine vers le Royaume-Uni.Il a salué “son leadership sur ce sujet”, afin de faire en sorte “que les petits bateaux stockés ou transportés en Allemagne puissent être saisis”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune.L’Allemagne est régulièrement citée comme l’une des bases arrière pour les canots gonflables utilisés par des milliers de migrants pour traverser la Manche. Ces traversées battent cette année des records, avec déjà plus de 22.000 personnes arrivées sur les côtes anglaises.Le chancelier allemand a lui simplement confirmé avoir échangé sur ce thème jeudi avec Keir Starmer, “afin que nous coopérions étroitement” sur le sujet.Il a annoncé un prochain accord tripartite entre le Royaume Uni, l’Allemagne et la France sur le sujet. “Nous voulons réduire considérablement l’immigration illégale dans toute l’Europe”, a-t-il dit.Le président Emmanuel Macron sera à Berlin mercredi prochain, après sa visite d’Etat en Angleterre la semaine dernière.Selon M. Merz, les positions des trois pays du groupe “E3” se “rapprochent étroitement en matière de politique de sécurité, de politique migratoire, mais aussi de politique économique”.L’accord annoncé jeudi entre Londres et Berlin, appelé traité de Kensington, a été qualifié d'”historique” par M. Starmer, qui a reçu M. Merz à Downing Street, après la signature au Victoria & Albert Museum.Ce traité de Kensington contient, selon le chancelier allemand, un accord pour simplifier les procédures aux frontières lors des échanges scolaires.Permettre à “la nouvelle génération” d’apprendre à se connaître est une “bonne base” pour le développement de nos relations”, a-t-il déclaré lors de la signature.- Réchauffement post-Brexit -Cet accord va aussi permettre aux Britanniques d’utiliser les portiques électroniques pour scanner leurs passeports plus rapidement à leur arrivée en Allemagne, dès la fin août.Sur fond de guerre en Ukraine, il ancre aussi la volonté des deux pays de “renforcer la sécurité euro-atlantique et assurer une dissuasion efficace contre les agresseurs potentiels” grâce à leurs forces de défense, tout en envisageant de renforcer la coopération dans ce domaine à l’avenir.Downing Street a ajouté que les deux dirigeants étaient d’accord pour renforcer les exportations d’armes, tels les véhicules blindés Boxer et avions Typhoon, avec des commandes supplémentaires pouvant atteindre “des milliards de livres”.Mi-mai, les deux pays avaient déjà annoncé vouloir travailler ensemble sur des missiles de longue portée de 2.000 km – largement supérieure à celle des missiles de croisière franco-britanniques Storm Shadow.Lors de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron la semaine dernière – la première d’un chef d’Etat de l’Union européenne depuis le Brexit – Paris et Londres ont acté un rapprochement d’ampleur en matière de dissuasion nucléaire, promettant de coordonner leurs moyens respectifs en cas de menace sur l’Europe.A l’occasion de la venue du chancelier à Londres, une source gouvernementale allemande a déclaré qu’il “ne fallait pas sous-estimer” à quel point les relations avec le Royaume-Uni s’étaient améliorées depuis l’expérience “traumatisante” du Brexit.Jeudi, Friedrich Merz a toutefois dit personnellement “déplorer” le départ du pays de l’Union européenne.L’accord entre Londres et Berlin doit aussi permettre davantage de coopération dans les secteurs stratégiques comme l’intelligence artificielle.Côté transport, les deux pays veulent améliorer leurs liaisons ferroviaires. Le mois dernier, Eurostar a annoncé vouloir lancer un train reliant Francfort à Londres début 2030, ce qui serait la première connexion directe entre le Royaume-Uni et l’Allemagne.jsk-clp-adm-cla/bd/dsa

Migration: Londres et Berlin s’accordent pour sévir contre les passeurs

Londres et Berlin se sont entendus jeudi à Londres pour renforcer la lutte contre les passeurs et renforcer leur coopération en matière de défense, lors de la première visite officielle du chancelier allemand Friedrich Merz au Royaume-Uni.Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’est dit “très reconnaissant” envers l’Allemagne, qui a accepté selon lui de modifier cette année sa législation pour criminaliser la facilitation de l’immigration clandestine vers le Royaume-Uni.Il a salué “son leadership sur ce sujet”, afin de faire en sorte “que les petits bateaux stockés ou transportés en Allemagne puissent être saisis”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune.L’Allemagne est régulièrement citée comme l’une des bases arrière pour les canots gonflables utilisés par des milliers de migrants pour traverser la Manche. Ces traversées battent cette année des records, avec déjà plus de 22.000 personnes arrivées sur les côtes anglaises.Le chancelier allemand a lui simplement confirmé avoir échangé sur ce thème jeudi avec Keir Starmer, “afin que nous coopérions étroitement” sur le sujet.Il a annoncé un prochain accord tripartite entre le Royaume Uni, l’Allemagne et la France sur le sujet. “Nous voulons réduire considérablement l’immigration illégale dans toute l’Europe”, a-t-il dit.Le président Emmanuel Macron sera à Berlin mercredi prochain, après sa visite d’Etat en Angleterre la semaine dernière.Selon M. Merz, les positions des trois pays du groupe “E3” se “rapprochent étroitement en matière de politique de sécurité, de politique migratoire, mais aussi de politique économique”.L’accord annoncé jeudi entre Londres et Berlin, appelé traité de Kensington, a été qualifié d'”historique” par M. Starmer, qui a reçu M. Merz à Downing Street, après la signature au Victoria & Albert Museum.Ce traité de Kensington contient, selon le chancelier allemand, un accord pour simplifier les procédures aux frontières lors des échanges scolaires.Permettre à “la nouvelle génération” d’apprendre à se connaître est une “bonne base” pour le développement de nos relations”, a-t-il déclaré lors de la signature.- Réchauffement post-Brexit -Cet accord va aussi permettre aux Britanniques d’utiliser les portiques électroniques pour scanner leurs passeports plus rapidement à leur arrivée en Allemagne, dès la fin août.Sur fond de guerre en Ukraine, il ancre aussi la volonté des deux pays de “renforcer la sécurité euro-atlantique et assurer une dissuasion efficace contre les agresseurs potentiels” grâce à leurs forces de défense, tout en envisageant de renforcer la coopération dans ce domaine à l’avenir.Downing Street a ajouté que les deux dirigeants étaient d’accord pour renforcer les exportations d’armes, tels les véhicules blindés Boxer et avions Typhoon, avec des commandes supplémentaires pouvant atteindre “des milliards de livres”.Mi-mai, les deux pays avaient déjà annoncé vouloir travailler ensemble sur des missiles de longue portée de 2.000 km – largement supérieure à celle des missiles de croisière franco-britanniques Storm Shadow.Lors de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron la semaine dernière – la première d’un chef d’Etat de l’Union européenne depuis le Brexit – Paris et Londres ont acté un rapprochement d’ampleur en matière de dissuasion nucléaire, promettant de coordonner leurs moyens respectifs en cas de menace sur l’Europe.A l’occasion de la venue du chancelier à Londres, une source gouvernementale allemande a déclaré qu’il “ne fallait pas sous-estimer” à quel point les relations avec le Royaume-Uni s’étaient améliorées depuis l’expérience “traumatisante” du Brexit.Jeudi, Friedrich Merz a toutefois dit personnellement “déplorer” le départ du pays de l’Union européenne.L’accord entre Londres et Berlin doit aussi permettre davantage de coopération dans les secteurs stratégiques comme l’intelligence artificielle.Côté transport, les deux pays veulent améliorer leurs liaisons ferroviaires. Le mois dernier, Eurostar a annoncé vouloir lancer un train reliant Francfort à Londres début 2030, ce qui serait la première connexion directe entre le Royaume-Uni et l’Allemagne.jsk-clp-adm-cla/bd/dsa

Migration: Londres et Berlin s’accordent pour sévir contre les passeurs

Londres et Berlin se sont entendus jeudi à Londres pour renforcer la lutte contre les passeurs et renforcer leur coopération en matière de défense, lors de la première visite officielle du chancelier allemand Friedrich Merz au Royaume-Uni.Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’est dit “très reconnaissant” envers l’Allemagne, qui a accepté selon lui de modifier …

Migration: Londres et Berlin s’accordent pour sévir contre les passeurs Read More »

Tour de France: Pogacar met déjà le Tour à ses pieds

“Au pic” de sa carrière, Tadej Pogacar a assommé le Tour de France dès la première étape des Pyrénées jeudi en s’imposant à Hautacam avec plus de deux minutes d’avance sur Jonas Vingegaard, pour reprendre le maillot jaune avec une marge déjà colossale.Le Tour est-il déjà joué? La chute la veille de Pogacar est venu rappeler que rien n’est jamais acquis dans le cyclisme. Mais il était tout de même difficile d’entretenir la flamme du suspense jeudi soir dans la fournaise de la station pyrénéenne, même si la route jusqu’à Paris est encore très longue.Vainqueur en solo après avoir attaqué pratiquement au pied de la montée finale, le champion du monde a coupé la ligne 2:10 avant un Jonas Vingegaard grimaçant de douleur et il devance désormais le Danois de 3:31 au général, un écart déjà vertigineux.Surtout, le Slovène a fait preuve d’une suprématie telle qu’il est difficile d’imaginer pourquoi cela changerait dans les deux jours à venir dans les Pyrénées et dans les Alpes la semaine prochaine.”Non le Tour n’est pas fini. On a une avance confortable mais il faut rester calme”, a-t-il assuré après avoir dédié sa victoire au jeune Italien Samuele Privitera, décédé la veille après une chute en course lors du Tour du Val d’Aoste.- Pas de record d’ascension -Mais, dans le camp Visma, on ne se faisait déjà plus trop d’illusions quant aux chances de Vingegaard de rivaliser face à une telle puissance de feu. “Pogacar a montré qu’il était le plus fort”, a concédé Grischa Niermann, le directeur sportif des “frelons”, qui se sont désagrégés dès le pied de Hautacam après un énorme relais de Tim Wellens.Simon Yates, Matteo Jorgenson et Simon Yates ont disparu en quelques secondes, tous les plans étaient chiffonnés, et Vingegaard s’est retrouvé tout seul lorsque Jhonatan Narvaez a lancé Pogacar avec un sprint dont la violence a même surpris son leader.”Je me suis demandé: mais qu’est-ce qu”il fait? J’ai suivi le mouvement, me suis dit qu’au pire j’allais exploser. Mais je me sentais bien”, a expliqué Pogacar, pas du tout gêné par sa chute de la veille, donc.Contrairement à l’année dernière, où il avait pulvérisé le record de Marco Pantani dans la montée du Plateau de Beille, le Slovène a cette fois mis 30 secondes de plus pour escalader Hautacam que Bjarne Riis, convaincu de dopage, en 1996.Mais il a dégagé une force irrésistible pendant ses 12 kilomètres au solo pour prendre une revanche éclatante sur 2022 où Vingegaard l’avait humilié dans ces mêmes pentes.”J’étais nerveux ce matin au départ, 2022 trottait dans ma tête. Mais j’étais aussi très motivé et quand j’ai vu que les Visma lâchaient les uns après les autres, je me suis dit que ça pourrait être une grande journée pour nous”, a raconté le champion du monde qui dans la montée finale a rapidement avalé Bruno Armirail, auteur d’une échappée magnifique sur ses terres.- “Un conte de fée” -“Je vis un conte de fée depuis deux ans, a développé le Slovène de 26 ans. Je roule avec le maillot arc-en-ciel sur le dos, avec une équipe incroyable, des coéquipiers merveilleux, et cela me donne la force pour aller aussi loin dans la souffrance. Quand ce feu sacré s’éteindra, je vais sans doute décliner mais là je me sens au pic de ma carrière.”Si la domination du champion du monde, en route vers un quatrième Tour de France, semble déjà anéantir tout suspense, le match pour la troisième place s’annonce en revanche passionnant.Car le podium n’est plus du tout promis à Remco Evenepoel, qui a été distancé dès le col du Soulor – au même titre que le maillot jaune Ben Healy -, et a terminé seulement septième à 3:35 de Pogacar.Le Belge doit désormais compter avec l’émergence d’une jeune génération emmenée par l’épatant Florian Lipowitz. L’Allemand confirme jour après jour ses podiums à Paris-Nice (2e) et au Dauphiné (3e) et semble désormais être la carte-maîtresse de Red-Bull Bora, devant Primoz Roglic.Oscar Onley et Tobias Johannessen, celui qui avait fait tomber Pogacar la veille, ont aussi fait forte impression, tout comme Kévin Vauquelin qui a passé avec maestria son premier gros test en haute montagne.”Je commence à mieux appréhender la montagne”, a réagi le Français qui a terminé sixième de l’étape devant Evenepoel.De quoi voir plus loin? “On verra si je peux jouer le général, il reste encore une semaine et demie avec des cols vraiment durs, a-t-il dit. Mais je franchis plein de paliers, j’en suis très heureux.”

“Dernier bonsoir” à Thierry Ardisson

Une foule d’hommes et femmes en noir ont dit jeudi un “dernier bonsoir” à la star du petit écran Thierry Ardisson, dont les obsèques ont été célébrées à Paris, selon un déroulé millimétré et une bande son qu’il avait choisis.Les quelque 500 invités ont respecté le “dress code” de l’ancien animateur et producteur mort lundi à 76 ans. Et autant d’admirateurs se sont pressés derrière les barrières et ont applaudi le cercueil noir verni, ont constaté des journalistes de l’AFP.Des titres de George Harrison, John Lennon, David Bowie ou encore Jean-Louis Aubert (“Voilà c’est fini”), ont retenti en l’église Saint-Roch, la paroisse des artistes, avant une inhumation dans la plus stricte intimité.Son épouse Audrey Crespo-Mara avait accueilli un à un les invités. Se sont mêlés des amis comme Laurent Baffie, Philippe Corti, Léa Salamé, ainsi que des personnalités tels Michel Drucker, Arthur, Marc-Olivier Fogiel, Alex Vizorek, Florent Pagny, Marc Lavoine, Patrick Timsit ou Guillaume Durand. Brigitte Macron, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal et la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, ont également assisté à la cérémonie.Dans la rue barrée, l’émotion était aussi au rendez-vous. “Merci pour moi, mais aussi pour ce que tu as apporté à la télé”, lui a adressé Dalila Choufa, 57 ans, qui a posé un congé pour être présente.”Un homme libre et courageux comme ça il n’y en a plus, même si j’étais pas d’accord avec tout ce qu’il disait”, a salué auprès de l’AFP Michelle Boesnach, commerçante de 50 ans venue de Normandie. “J’aimais sa créativité, son insolence. C’était quelqu’un aussi qui était très pieux, catholique et royaliste. Cette dichotomie me touchait”, a témoigné Julien La Torre, voiturier de 44 ans.”Tu es né un 6 janvier, le jour de la fête des Rois, et tu as dit +fuck+ le jour de la Révolution”, avec ce décès un 14 juillet, a lancé dans la nef Audrey Crespo-Mara, en disant “chapeau bas”.- “Bal des faux-culs” -Ardisson l’avait prévenue, a-t-elle raconté: “+Cette cérémonie à Saint-Roch, fais gaffe, ça va être le bal des faux-culs+”. “Alors oui, il y en a sans doute ici” mais “il y a tous ceux qui t’ont infiniment respecté, admiré, adoré en ton temps”, a-t-elle souligné.L’animateur provocateur avait déclaré en mai à Paris Match: “Pour moi, ma mort ne peut être que spectaculaire, entourée de stars. (…) Je n’ai pas envie de mourir en douce”. L’hebdomadaire a publié cette semaine en Une une photo de 2005, où Ardisson, lunettes fumées sur le nez, sourit allongé dans un cercueil. Il voulait que cette image soit publiée à sa mort, comme un pied de nez.Jeudi, il a aussi réussi à réunir ses trois épouses successives et ses trois enfants. “Tu as tout affronté, du cancer jusqu’à (Vincent) Bolloré” avec qui il s’était fâché, a affirmé son fils Gaston, avant l’adieu dans l’église.L’annonce du décès de Thierry Ardisson a suscité une pluie d’hommages, du président Macron aux patrons de chaîne, en passant par de nombreuses figures du PAF (Cyril Hanouna, Karine Le Marchand…).Mais des extraits d’émissions où il avait mis mal à l’aise ses invitées, comme les actrices Judith Godrèche ou Milla Jovovich, ont été aussi relayés. “J’étais ni con, ni macho, on était dans l’époque” et “l’époque a changé”, balayait-il en mai sur France Inter.Issu d’un milieu social modeste, l’ancien publicitaire a bousculé le paysage cathodique.Des artistes du monde entier aux hommes politiques, tous se pressaient à ses talk-shows à succès comme “Lunettes noires pour nuits blanches” dans les années 80, ou “Tout le monde en parle” sur France 2 (1998-2006). Réalisé par Audrey Crespo-Mara, un documentaire diffusé mercredi soir sur TF1 et disponible sur la plateforme TF1+, “La face cachée de l’homme en noir”, dresse le portrait d’un homme hypersensible et tourmenté.Ardisson y retrace sa vie en 10 commandements, jusqu’au dernier depuis son lit d’hôpital au printemps: “La mort en face, tu regarderas”.

Ukraine: Ioulia Svyrydenko, l’économiste à la tête du nouveau gouvernement

Ioulia Svyrydenko, figure clé des négociations houleuses pour un accord sur les minerais finalement conclu avec Washington, incarne une nouvelle génération de responsables politiques guidant l’Ukraine à travers les tumultes de la guerre.Sa nomination par le président Volodymyr Zelensky a été entérinée jeudi par le parlement ukrainien qui a validé dans la journée un remaniement gouvernemental majeur.Ioulia Svyrydenko, 39 ans, occupait jusqu’alors le poste de ministre de l’Economie, un secteur en souffrance en Ukraine. Elle avait pris ses fonctions en novembre 2021, quelques mois seulement avant le début de l’invasion russe en février 2022.”C’est un grand honeur pour moi de mener le gouvernement de l’Ukraine aujourd’hui,” a écrit Mme Svyrydenko sur les réseaux sociaux jeudi, ajoutant que “la guerre ne laisse la place à aucun délai. Nous devons agir rapidement et résolumment”.Cette diplômée de l’université de commerce et d’économie de Kiev s’est illustrée cette année en jouant un rôle central dans les négociations avec Washington sur l’exploitation des ressources naturelles de l’Ukraine.Les profonds désaccords sur ce sujet avaient bien failli provoquer une rupture entre Kiev et son principal allié militaire.L’accord a été au centre de la dispute qui avait oppposé à la Maison Blanche Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump en février, sous l’oeil des caméras du monde entier. Mais peu après, Ioulia Svyrydenko s’était rendue à Washington pour conclure l’accord, vu en Ukraine comme une façon d’apaiser le président américain et de s’assurer le soutien continu des Etats-Unis.”Elle a été la figure clé et la seule à mener ces négociations. Elle a réussi à éviter qu’elles ne capotent”, juge Tymofiï Mylovanov, ancien ministre de l’Economie ayant travaillé avec elle.M. Mylovanov, qui dirige aujourd’hui l’École d’économie de Kiev, garde le souvenir d’une personne “très efficace”, qui sait persuader en évitant les confrontations inutiles.”C’est une professionnelle. Elle garde son sang-froid”, estime-t-il auprès de l’AFP.- “Résilience” -Mme Svyrydenko est également perçue comme loyale à Andriï Iermak, l’influent chef du cabinet de Volodymyr Zelensky, et certains voient dans sa nomination une nouvelle tentative de consolider le pouvoir présidentiel.Elle prend les rênes du gouvernement dans une Ukraine épuisée par trois ans de guerre et largement dépendante de ses alliés occidentaux pour sa survie.Le Premier ministre n’a généralement pas d’influence sur la stratégie militaire, chasse gardée du président et du commandement de l’armée.Mais Ioulia Svyrydenko, comme Volodymyr Zelensky, fait partie d’une jeune génération de responsables politiques ukrainiens qui guident le pays pendant l’invasion russe.Ils offrent un contraste frappant avec l’élite vieillissante qui gouverne la Russie selon des schémas hérités de l’ère soviétique.Elle n’avait pas encore 30 ans lorsque Moscou a orchestré un soulèvement prorusse contre les autorités ukrainiennes dans l’est du pays, entraînant un conflit meutrier à partir de 2014.Sa région natale de Tcherniguiv, frontalière de la Russie et du Bélarus, a été brièvement occupée par les troupes russes au début de l’invasion en 2022.En 2023, Gina Raimondo, alors secrétaire américaine au Commerce, avait jugé dans les colonnes du Time Magazine que Ioulia Svyrydenko était “emblématique de la résilience du peuple ukrainien”.Lors de ses occasionnelles apparitions publiques, Ioulia Svyrydenko se montre discrète mais s’exprime avec assurance.Elle a gravi rapidement les échelons de la fonction publique, après un détour par le secteur privé.Elle a occupé plusieurs responsabilités locales dans la région de Tcherniguiv, avant de rejoindre l’administration présidentielle en 2020.Moins d’un an plus tard, elle était nommée vice-Première ministre et ministre de l’Economie.Selon les médias ukrainiens, Ioulia Svyrydenko nourrit depuis longtemps des ambitions politiques.D’après le média économique RBC-Ukraine, Volodymyr Zelensky avait cependant fait échouer ses précédentes tentatives d’accéder au poste de Première ministre, arguant que ce rôle lui conviendrait mieux après la fin du conflit.Dans une interview récente, Ioulia Svyrydenko expliquait que le service public faisait partie de sa vie depuis l’enfance car ses parents travaillaient dans ce secteur.”J’ai vu à quel point ils se dévouaient au service de la communauté, comment leur ville natale et son essor étaient au coeur de leurs valeurs”, a-t-elle déclaré.

Ukraine: Ioulia Svyrydenko, l’économiste à la tête du nouveau gouvernement

Ioulia Svyrydenko, figure clé des négociations houleuses pour un accord sur les minerais finalement conclu avec Washington, incarne une nouvelle génération de responsables politiques guidant l’Ukraine à travers les tumultes de la guerre.Sa nomination par le président Volodymyr Zelensky a été entérinée jeudi par le parlement ukrainien qui a validé dans la journée un remaniement gouvernemental majeur.Ioulia Svyrydenko, 39 ans, occupait jusqu’alors le poste de ministre de l’Economie, un secteur en souffrance en Ukraine. Elle avait pris ses fonctions en novembre 2021, quelques mois seulement avant le début de l’invasion russe en février 2022.”C’est un grand honeur pour moi de mener le gouvernement de l’Ukraine aujourd’hui,” a écrit Mme Svyrydenko sur les réseaux sociaux jeudi, ajoutant que “la guerre ne laisse la place à aucun délai. Nous devons agir rapidement et résolumment”.Cette diplômée de l’université de commerce et d’économie de Kiev s’est illustrée cette année en jouant un rôle central dans les négociations avec Washington sur l’exploitation des ressources naturelles de l’Ukraine.Les profonds désaccords sur ce sujet avaient bien failli provoquer une rupture entre Kiev et son principal allié militaire.L’accord a été au centre de la dispute qui avait oppposé à la Maison Blanche Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump en février, sous l’oeil des caméras du monde entier. Mais peu après, Ioulia Svyrydenko s’était rendue à Washington pour conclure l’accord, vu en Ukraine comme une façon d’apaiser le président américain et de s’assurer le soutien continu des Etats-Unis.”Elle a été la figure clé et la seule à mener ces négociations. Elle a réussi à éviter qu’elles ne capotent”, juge Tymofiï Mylovanov, ancien ministre de l’Economie ayant travaillé avec elle.M. Mylovanov, qui dirige aujourd’hui l’École d’économie de Kiev, garde le souvenir d’une personne “très efficace”, qui sait persuader en évitant les confrontations inutiles.”C’est une professionnelle. Elle garde son sang-froid”, estime-t-il auprès de l’AFP.- “Résilience” -Mme Svyrydenko est également perçue comme loyale à Andriï Iermak, l’influent chef du cabinet de Volodymyr Zelensky, et certains voient dans sa nomination une nouvelle tentative de consolider le pouvoir présidentiel.Elle prend les rênes du gouvernement dans une Ukraine épuisée par trois ans de guerre et largement dépendante de ses alliés occidentaux pour sa survie.Le Premier ministre n’a généralement pas d’influence sur la stratégie militaire, chasse gardée du président et du commandement de l’armée.Mais Ioulia Svyrydenko, comme Volodymyr Zelensky, fait partie d’une jeune génération de responsables politiques ukrainiens qui guident le pays pendant l’invasion russe.Ils offrent un contraste frappant avec l’élite vieillissante qui gouverne la Russie selon des schémas hérités de l’ère soviétique.Elle n’avait pas encore 30 ans lorsque Moscou a orchestré un soulèvement prorusse contre les autorités ukrainiennes dans l’est du pays, entraînant un conflit meutrier à partir de 2014.Sa région natale de Tcherniguiv, frontalière de la Russie et du Bélarus, a été brièvement occupée par les troupes russes au début de l’invasion en 2022.En 2023, Gina Raimondo, alors secrétaire américaine au Commerce, avait jugé dans les colonnes du Time Magazine que Ioulia Svyrydenko était “emblématique de la résilience du peuple ukrainien”.Lors de ses occasionnelles apparitions publiques, Ioulia Svyrydenko se montre discrète mais s’exprime avec assurance.Elle a gravi rapidement les échelons de la fonction publique, après un détour par le secteur privé.Elle a occupé plusieurs responsabilités locales dans la région de Tcherniguiv, avant de rejoindre l’administration présidentielle en 2020.Moins d’un an plus tard, elle était nommée vice-Première ministre et ministre de l’Economie.Selon les médias ukrainiens, Ioulia Svyrydenko nourrit depuis longtemps des ambitions politiques.D’après le média économique RBC-Ukraine, Volodymyr Zelensky avait cependant fait échouer ses précédentes tentatives d’accéder au poste de Première ministre, arguant que ce rôle lui conviendrait mieux après la fin du conflit.Dans une interview récente, Ioulia Svyrydenko expliquait que le service public faisait partie de sa vie depuis l’enfance car ses parents travaillaient dans ce secteur.”J’ai vu à quel point ils se dévouaient au service de la communauté, comment leur ville natale et son essor étaient au coeur de leurs valeurs”, a-t-elle déclaré.