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Vatican: plus importante restauration de la fresque du Jugement dernier depuis plus de 30 ans

La célèbre fresque du Jugement dernier de Michel-Ange, dans la chapelle Sixtine, bénéficie de sa plus importante restauration depuis plus de trente ans afin d’éliminer un léger dépôt blanchâtre laissé par la transpiration des visiteurs.La restauration de ce chef-d’œuvre du XVIe siècle vise à éliminer une couche blanchâtre qui s’est formée à sa surface, atténuant les contrastes de couleurs.Les visiteurs pourront toujours accéder à la chapelle Sixtine pendant la restauration, mais la fresque sera masquée par un grand échafaudage recouvert d’une reproduction de l’œuvre de près de 14 mètres de haut.”Le nettoyage permettra d’éliminer la fine pellicule, invisible à l’oeil nu, et de redonner toute leur splendeur aux couleurs de Michel-Ange”, indique un communiqué du Vatican.La directrice des Musées du Vatican, Barbara Jatta, a décrit le voile retiré comme “un peu comme une cataracte”, lors d’une visite de presse du chantier, qui doit s’achever avant Pâques.Selon les restaurateurs, la substance en question est du lactate de calcium. La fresque sera tamponnée par des pinceaux avec de l’eau déionisée à travers une double couche de papier japonais afin de l’éliminer.”La transpiration a augmenté ces dernières années à cause du changement climatique. Avec la transpiration, nous produisons de l’acide lactique… qui se transforme en lactate de calcium”, a expliqué Fabio Morresi, responsable de la recherche scientifique aux Musées du Vatican, devant les journalistes.”L’eau permet la dissolution complète des dépôts et des substances étrangères, faisant ainsi ressortir la couche de peinture d’origine”, a assuré Paolo Violini, restaurateur en chef au Vatican, cité dans le communiqué.Le Jugement dernier, réalisé entre 1536 et 1541, est la pièce maîtresse de la chapelle Sixtine.La légende dit que le pape Paul III aurait été tellement impressionné par cette œuvre qu’il se serait mis à genoux et aurait demandé pardon lorsqu’il a vu la fresque pour la première fois.Elle couvre une superficie de 180 mètres carrés et compte 391 personnages.Les nombreux personnages nus ou semi-nus représentés dans le tableau ont provoqué un scandale et beaucoup ont été recouverts de tissus peints après la mort de Michel-Ange, en 1564.Certains de ces tissus ont été retirés en 1994 lors de la dernière restauration majeure. La restauration actuelle est parrainée par des mécènes américains.La chapelle Sixtine fait l’objet d’une restauration par sections dans le cadre d’une rénovation majeure commencée en 2010.Les restaurateurs travaillent généralement pendant les soirées de janvier et février chaque année afin que la chapelle puisse rester ouverte aux visiteurs.Le projet actuel est financé par des donateurs américains.

Municipales: chassé-croisé LFI et RN ce week-end à Perpignan

A deux semaines du premier tour des municipales, mêlée ouverte à Perpignan. Jordan Bardella sera en meeting samedi dans cette ville vitrine du RN en soutien au maire Louis Aliot, suivi le lendemain par Jean-Luc Mélenchon qui veut faire de son rendez-vous une “riposte antifasciste”.La primeur au sortant pour ce choc, en décalé, des poids lourds. Le président du RN, Jordan Bardella, sera aux côtés de Louis Aliot, qui gère la plus grande ville remportée par le parti d’extrême droite en France, au Parc des Expositions samedi à 17H00. “Pendant longtemps, on nous remettait souvent sur la table la très mauvaise expérience de Toulon, Vitrolles et Marignane (gagnées par le FN en 1995, ndlr). Puis finalement, en 2014 on a remporté une dizaine de villes, les maires ont été réélus”, retrace Louis Aliot. “La gestion est plutôt très bien acceptée par la population, même si évidemment elle est critiquée, mais ça fait partie du jeu démocratique”, ajoute celui qui a été lui-même élu en 2020 avec 53,1% des voix. Si elle a lieu, sa réélection est cependant hypothéquée par la décision de la cour d’appel le 7 juillet, qui pourrait le contraindre à démissionner s’il était condamné dans l’affaire des assistants des eurodéputés du FN. Le meeting de Jean-Luc Mélenchon en soutien au candidat LFI à Perpignan, Mickaël Idrac, avait été organisé avant celui de Jordan Bardella et était initialement prévu le samedi également, dans une plus petite salle. Les Insoumis avaient alors demandé à faire leur démonstration de force également au Parc des Expositions. Ce qui leur a été finalement accordé, mais le dimanche.”On a demandé une salle plus grande (…) on nous a dit non. Qui c’est qui nous a dit non? Les propriétaires. Qui c’est les propriétaires? La ville”, a dénoncé Jean-Luc Mélenchon au début de la semaine. Les Insoumis veulent faire de ce meeting une “riposte antifasciste” après avoir réuni 2.000 personnes à Lyon jeudi. Un rassemblement qui a accouché d’une nouvelle polémique pour M. Mélenchon, accusé d’antisémitisme après avoir ironisé sur la prononciation du nom du délinquant sexuel américain, Jeffrey Epstein.”Un peu comme Doriot, Monsieur Mélenchon il a commencé à gauche (..) et il finit aujourd’hui dans des relents fascistes”, a affirmé vendredi Jordan Bardella sur LCI en référence à Jacques Doriot, issu du Parti communiste avant de devenir une figure majeure de la collaboration sous l’Occupation nazie.De nombreux cadres LFI, comme Manuel Bompard, Clémence Guetté et Paul Vannier sont attendus et des militants de toute la France sont incités à se rendre dans la préfecture des Pyrénées-Orientales.- Le Pen à Toulon -Déjà sous le feu des critiques depuis la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, une affaire dans laquelle des membres de la Jeune Garde, organisation antifasciste liée à LFI, sont impliqués, les Insoumis ciblent “une clique d’irresponsables qui tente de criminaliser l’antifascisme”.Pas de quoi affoler le Rassemblement national, où on veut afficher de la sérénité avant ce chassé-croisé dans la cité catalane. “Bon courage à eux pour une campagne face à un candidat comme Louis Aliot”, avance un cadre du parti à la flamme.L’offensive du RN sur le bassin méditerranéen ne se limite pas à Perpignan samedi.Marine Le Pen s’est rendue dans la matinée à Toulon en soutien de la députée RN Laure Lavalette, favorite pour emporter la mairie. Elle y a défendu “l’alternance” qui “n’est pas seulement un combat présidentiel, c’est aussi un combat municipal, départemental, régional…””C’est partout qu’il faut changer les priorités de notre pays, afin que les Français puissent vivre dans des villes propres, sûres, où on peut travailler, où on n’est pas écrasé d’impôts, où on trouve des services publics”, a-t-elle argumenté en marge d’une réunion publique qui a rassemblé environ 200 partisans dans un bar de quartier.Paradoxalement, Laure Lavalette, qui siège toujours au bureau national du RN, présente une liste qu’elle dit “sans étiquette”, comprenant plusieurs personnalités locales, entre un ancien policier de la BAC Nord de Marseille, un “DJ international” ou encore Miss Var 2025.Après une descente du mont Faron samedi matin en téléphérique, la présidente des députés RN participera dans l’après-midi à une réunion sur le thème de la sécurité à La Valette-du-Var,  puis clôturera sa journée avec une conférence de presse dans la ville de La Garde, en soutien à Nicolas Salsou, ex-LR investi par le RN.

Frappes israélo-américaines contre l’Iran, qui riposte par des salves de missiles dans la région

Les Etats-Unis et Israël ont mené samedi une série de frappes contre l’Iran, le diffuseur public israélien rapportant que le guide suprême avait été visé, alors que la République islamique ripostait par des salves de missiles, faisant craindre un embrasement régional.Au moins 51 personnes ont été tuées dans une école du sud de l’Iran, selon la télévision d’Etat citant un responsable local. Des explosions ont été signalées dans plusieurs villes du Golfe, abritant notamment des bases américaines, et de nombreux pays de la région ont fermé leur espace aérien, entraînant une annulation des vols en série vers le Moyen-Orient.Baptisée “Fureur épique”, l’opération américaine vise à “éliminer des menaces imminentes” de l’Iran, a affirmé le président Donald Trump. “L’heure de votre liberté est à portée de main”, a-t-il lancé au peuple iranien depuis sa résidence de Palm Beach en Floride. – “Emparez-vous du pouvoir” -“Quand nous aurons terminé, emparez-vous du pouvoir, ce sera à vous de le faire”, a-t-il dit dans un message vidéo.”Aux membres des Gardiens de la Révolution islamique, aux forces armées, et à toute la police, je dis aujourd’hui que vous devez déposer les armes et avoir une immunité totale ou, dans le cas contraire, faire face à une mort certaine”, a ajouté Donald Trump.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé une “opération” conjointe, baptisée côté israélien “Lion rugissant”, contre la “menace existentielle que fait peser le régime terroriste en Iran”.L’armée israélienne a ensuite indiqué avoir frappé “des centaines de cibles militaires iraniennes”, visant plusieurs réunions de hauts responsables iraniens à Téhéran. Et ces frappes continueront “aussi longtemps que nécessaire”, selon une source sécuritaire.L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, et le président Massoud Pezeshkian figurent parmi les cibles visées, a rapporté la radio-télévision publique israélienne KAN.- Fortes détonations à Téhéran -A Téhéran, plusieurs fortes détonations ont été entendues par des journalistes de l’AFP. Des panaches de fumée s’élèvent dans le centre, l’est et l’ouest de la capitale, où des ambulances ont été envoyées. Tandis que des habitants se précipitent chez eux pour se mettre à l’abri, des parents paniqués tentent au contraire de récupérer leurs enfants à l’école. De nombreux embouteillages se sont formés dans le centre et de longues files devant les boulangeries.D’après l’agence de presse Isna, le quartier Pasteur, où se trouve notamment la résidence du guide suprême et la présidence, dans le centre de Téhéran, ont été visés. Des explosions ont également touché selon les médias iraniens les villes d’Ispahan, Qom, Karaj, Kermanshah, Minab, Lorestan et Tabriz, aux quatre coins du pays. – Sirènes à Jérusalem, explosions dans le Golfe -A Jérusalem et dans plusieurs régions d’Israël, des explosions ont été entendues par des journalistes de l’AFP. Les sirènes d’alerte antiaériennes ont retenti, l’armée assurant avoir détecté des tirs de missiles en provenance d’Iran.Les autorités ont instauré un “état d’urgence spécial et immédiat” et fermé l’espace aérien aux vols civils.Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont annoncé le lancement d’une “première vague d’attaques massives” contre Israël.Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Aragchi, a qualifié de “cibles légitimes” l’ensemble des sites impliqués dans des opérations contre l’Iran.Des explosions ont aussi été entendues à Ryad et à Abou Dhabi, et des bases américaines visées à Manama et à Doha. Les Emirats arabes unis ont dit avoir intercepté des missiles iraniens, et le Qatar a indiqué avoir “repoussé” plusieurs attaques visant son territoire. La Jordanie a elle déclaré avoir abattu deux missiles balistiques visant le royaume.Au moins une personne a été tuée dans la capitale émiratie par des débris de missiles, selon le ministère de la Défense.Les Etats-Unis avaient auparavant demandé à leur personnel diplomatique et à leurs ressortissants dans le Golfe de “se mettre à l’abri”.En Irak, un bombardement visant la base militaire de Jurf al-Sakher (sud), abritant un groupe pro-iranien, a tué au moins deux combattants et fait cinq blessés, selon des sources proches du groupe armé Kataëb Hezbollah.Dans le sud de la Syrie, la chute d’un missile iranien a fait quatre morts, d’après Damas. – Appels à une “désescalade” -Les réactions diplomatiques ont afflué. Moscou a dénoncé une “aventure dangereuse” qui menace la région de “catastrophe”.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à une “retenue maximale”. “L’escalade dangereuse pour tous” doit “cesser”, a renchéri le président français Emmanuel Macron.L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani et le dirigeant de facto de Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed ben Salmane, ont livré un message similaire, appelant à un “retour à la table” des négociations.L’Union africaine (UA) a exhorté à une “désescalade urgente” pour éviter “d’aggraver l’instabilité mondiale”.Le fils du dernier chah d’Iran, renversé en 1979 par la Révolution islamique, s’est dit confiant dans la “victoire finale” contre le régime, affirmant vouloir “reconstruire l’Iran”.En juin 2025, Israël et l’Iran s’étaient livré une guerre de 12 jours. Les Etats-Unis s’étaient joints à l’offensive israélienne en bombardant trois sites nucléaires iraniens.De nouvelles tensions sont apparues après la répression en janvier d’un vaste mouvement de contestation d’Iraniens.Washington avait jusqu’à présent privilégié la voie diplomatique, tout en maintenant la pression militaire sur Téhéran avec le déploiement d’une importante force aéro-navale dans le Golfe puis l’envoi en Méditerranée du plus gros porte-avions du monde, le Gerald Ford.Mais Donald Trump s’était dit vendredi mécontent des négociations menées depuis début février.Accusant Téhéran, qui dément, de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d’enrichissement d’uranium, tandis que l’Iran défend son droit au nucléaire civil.Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d’aborder.

L’important déploiement militaire américain au Moyen-Orient

L’importante concentration de moyens militaires américains au Moyen-Orient, dont des navires de guerre, des avions de combat et des systèmes de ravitaillement, offre aux Etats-Unis la possibilité d’une opération prolongée contre l’Iran, qu’ils ont commencé à frapper samedi.Voici les principaux moyens militaires américains déployés dans la région, après l’annonce de frappes américaines visant selon le …

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L’Afghanistan affirme avoir capturé un pilote de l’armée pakistanaise, Islamabad dément

Les autorités afghanes ont affirmé samedi avoir capturé le pilote d’un avion militaire pakistanais abattu près de Jalalabad (est), ce qu’a démenti le Pakistan, en plein conflit entre les deux pays.Les Etats-Unis ont exprimé leur soutien à Islamabad, qui a déclaré vendredi une “guerre ouverte” aux autorités talibanes. Le Pakistan accuse les autorités afghanes d’abriter …

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Trump face à l’Iran: une litanie de menaces et des appels à négocier

Depuis son premier mandat à la Maison Blanche, Donald Trump a multiplié les menaces face à l’Iran tout en l’appelant à négocier, dans le cadre de sa politique dite de “pression maximale” sur le pays ennemi des Etats-Unis. Il a finalement annoncé samedi avoir lancé avec Israël des frappes pour “éliminer des menaces imminentes” de l’Iran.Rappel de quelques sorties du président américain:- “Holocauste nucléaire” – Dès la course des primaires républicaines, le milliardaire pourfendait l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et six grandes puissances mondiales dont les Etats-Unis: “je pense que cela va mener à un holocauste nucléaire”, affirmait-il.”L’Iran joue avec le feu. Ils ne se rendent pas compte à quel point le président Obama avait été +gentil+ avec eux. Pas moi!”, tweete le nouveau président américain début février 2017, avant l’annonce de sanctions ciblées. “Rien n’est exclu”, répond-il déjà quant à l’hypothèse d’une intervention militaire.Le 8 mai 2018, il annonce le retrait unilatéral des Etats-Unis de ce “désastreux” accord.- “NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ETATS-UNIS” -En réponse au président iranien Hassan Rohani, qui a assuré qu’un conflit entre les deux pays serait “la mère de toutes les guerres”, Donald Trump avertit en juillet 2018: “NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT”.Le 6 août, tout en confirmant le rétablissement de sanctions économiques contre l’Iran, il se dit toutefois “ouvert” à un accord avec Téhéran “qui concernerait l’ensemble de ses activités néfastes, y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme”.”S’ils veulent parler, nous parlerons”, assure-t-il encore le 28 mai 2019, quelques semaines après avoir placé les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du régime iranien, sur la liste des “organisations terroristes étrangères”.”Ce que nous voulons, c’est l’absence d’armes nucléaires”. “Nous ne cherchons pas un changement de régime”, affirme encore Donald Trump.- Menace d'”annihilation” – Lorsque Téhéran accuse les Etats-Unis de mentir sur leur intention de négocier, le ton redevient menaçant le 25 juin 2019: “Toute action de l’Iran visant n’importe quel (intérêt) américain déclenchera une réponse d’une force puissante et écrasante”, tweete le président américain. “Dans certains domaines, écrasante signifiera annihilation”.En septembre 2020, deux mois avant d’échouer à sa réélection, Donald Trump menace de répliquer à toute attaque iranienne par une attaque “mille fois plus forte en magnitude!”.- Sans accord, des “bombardements” – Dès son retour au pouvoir en janvier 2025, il renforce les sanctions.”S’ils ne signent pas d’accord, il y aura des bombardements”, assure-t-il en mars.Alors que des négociations menées au printemps sous la médiation d’Oman achoppent notamment sur la question de l’enrichissement d’uranium, il accuse l’Iran de “traîner des pieds”.- “Une seconde avant la limite” – Après le début de la guerre déclenchée le 13 juin par Israël contre l’Iran, il maintient le suspense sur une intervention américaine: “j’aime prendre une décision finale une seconde avant la limite”, dit-il, trois jours avant les frappes américaines du 21 juin contre trois sites nucléaires iraniens. Même si l’étendue précise des dégâts n’est toujours pas connue, il répètera avoir “ANEANTI” les installations nucléaires de l’Iran, qui a en conséquence “cessé d’être la brute du Moyen-Orient”.- “L’heure de votre liberté” -Il réitère ses menaces en réaction à la répression sanglante du mouvement de contestation déclenché fin décembre en Iran.”S’ils commencent à tuer des personnes comme ils l’ont fait par le passé, alors nous interviendrons”, assure-t-il. “Nous les frapperons très, très fort, là où ça fait mal”.”Le temps est compté”, lance-t-il fin janvier, exhortant Téhéran à “CONCLURE UN ACCORD !”.Après la reprise de pourparlers indirects entre les deux pays, il menace le 12 février l’Iran de conséquences “très traumatisantes” en l’absence d’accord.Il se donne ensuite “dix, quinze jours” maximum” pour décider si un accord est possible. Mais samedi, il annonce des “opérations de combat majeures”, offre aux militaires iraniens le choix “entre l’immunité” ou une “mort certaine” et lance au peuple iranien: “l’heure de votre liberté est à portée de main”.

Le détroit d’Ormuz, passage stratégique sous haute tension

Le détroit d’Ormuz, que des responsables iraniens ont souvent menacé de bloquer en cas d’attaque américaine, avant les frappes lancées samedi par les Etats-Unis et Israël, est un point de passage clé pour le commerce mondial de pétrole. Voici quatre choses à savoir sur cette zone stratégique.  –  Porte d’entrée du Golfe -Le détroit d’Ormuz, qui relie le Golfe à l’océan indien, est situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman. Il est particulièrement vulnérable en raison de sa faible largeur, 50 kilomètres environ, et de sa profondeur, qui n’excède pas 60 mètres.Il est parsemé d’îles désertiques ou peu habitées, mais d’une grande importance stratégique: les îles iraniennes d’Ormuz, de Qeshm et de Larak, face à la rive iranienne de Bandar Abbas.La rive omanaise, la péninsule du Musandam, forme un index pointant vers l’Iran, séparé du reste du sultanat par des terres appartenant aux Emirats arabes unis.Au large des Emirats, les trois “îles stratégiques” – la Grande Tomb, la Petite Tomb et Abou Moussa – constituent un poste d’observation sur toutes les côtes des pays du Golfe: Emirats, Qatar, Bahreïn, Arabie saoudite, Koweït, Irak, Iran et Oman.Elles sont occupées par l’Iran depuis 1971, après le départ des forces britanniques de la région.- Crucial pour le pétrole -Le détroit d’Ormuz constitue de loin la principale voie de navigation connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde. En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l’équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l’Agence américaine de l’Energie (EIA). Environ un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié y transitait aussi, principalement en provenance du Qatar.Plus de 80% du pétrole et gaz y transitant était destiné aux marchés asiatiques, selon l’AIE. Seuls l’Arabie saoudite et les Emirats disposent d’un réseau d’oléoducs – pouvant transporter un maximum de 2,6 millions de barils par jour – leur permettant de contourner le détroit d’Ormuz, souligne l’EIA. – Tensions -L’Iran, qui se considère comme le gardien du Golfe, dénonce régulièrement la présence de forces étrangères, notamment la Ve Flotte américaine stationnée à Bahreïn.Ce sont les Gardiens de la Révolution qui contrôlent les opérations navales dans le Golfe, et sont chargés d’assurer la sécurité du détroit.Une des perturbations majeures du transport pétrolier remonte à 1984, en plein conflit Iran-Irak (1980-1988), durant la “guerre des pétroliers”. Plus de 500 navires avaient été détruits ou endommagés.Téhéran avait alors miné des zones de passage dans le détroit d’Ormuz. Le 14 avril 1988, la frégate USS Samuel B. Roberts avait heurté une mine et manqué de couler.En juillet de la même année, un Airbus A-300 d’Iran Air, assurant la liaison entre Bandar-Abbas et Dubaï, avait été abattu par deux missiles d’une frégate américaine patrouillant dans le détroit, faisait 290 morts. L’équipage de l’USS Vincennes avait affirmé avoir pris l’avion de ligne pour un chasseur iranien animé d’intentions hostiles.- Incidents -Outre les menaces, le détroit d’Ormuz est régulièrement le théâtre d’escarmouches, comme des arraisonnements ou attaques de bateaux. Les incidents se sont multipliés après le retrait en 2018 des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien.En 2019, des attaques mystérieuses contre des navires dans la région du Golfe, un drone abattu et des pétroliers saisis, avaient fait craindre une escalade entre Téhéran et Washington.Le 29 juillet 2021, une attaque en mer d’Oman contre un pétrolier géré par la société d’un milliardaire israélien avait fait deux morts, un Britannique et un Roumain. Israël, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Roumanie ont accusé Téhéran, qui a démenti toute implication.En avril 2024, les Gardiens de la Révolution avaient arraisonné le porte-conteneurs MSC Aries battant pavillon portugais, accusant son armateur d’être “lié à Israël”. Début février, un pétrolier américain a été approché par des bateaux armés iraniens qui l’ont sommé de s’arrêter, mais le navire a poursuivi sa route escorté par l’armée américaine. L’agence de presse iranienne Fars a dit que le bateau était entré “illégalement” dans le détroit d’Ormuz et “dans les eaux territoriales iraniennes”. “Il a donc été averti et a immédiatement quitté les eaux iraniennes”, a-t-elle affirmé.

“Justice pour les morts!”: la Grèce commémore la collision ferroviaire de 2023

Des dizaines de milliers de personnes en colère se sont rassemblées samedi dans toute la Grèce pour commémorer la collision ferroviaire meurtrière du 28 février 2023 et réclamer justice face aux failles de l’enquête.”Justice pour les morts!”, a lancé le président de l’Association des familles des victimes, Pavlos Aslanidis, à Athènes, où 20.000 personnes se sont retrouvées devant le Parlement, a indiqué la police à l’AFP.Auparavant, la foule a observé une minute de silence à la mémoire des 57 morts de cet accident ferroviaire, le plus meurtrier de l’Histoire du pays, étincelle d’une colère qui ne s’est jamais apaisée depuis. “Face à la tentative de dissimulation” des responsabilités, “nous opposons notre unité et notre (…) détermination de ne pas reculer afin que la vérité éclate enfin”, a ajouté ce père endeuillé avant que les manifestants ne scandent “assassins!”.Des dizaines de rassemblements étaient prévus à travers tout le pays, en partie à l’arrêt. Aucun train ni ferry ne circule.A Athènes, les commerçants du centre ont baissé le rideau en raison notamment des craintes d’échauffourées avec la police déployée en masse.”Nous n’oublions pas”, proclamait une pancarte, indiquant également que “toute la Grèce était dans ce train”.A Thessalonique (nord), Fani Christani, étudiante en pédagogie, a assuré à l’AFP que “c’est notre génération qui a été blessée” dans cette catastrophe qui a tué de nombreux étudiants de retour des festivités du carnaval.”Nous avons transformé notre colère en une promesse de lutte (…) pour que ceux qui sont responsables soient punis”, a-t-elle ajouté.- Lacunes de l’Etat -Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, étrillé à l’époque pour sa gestion jugée calamiteuse de cet accident, a reconnu samedi “les lacunes et les erreurs” de l’Etat.Le dirigeant conservateur a également réclamé que “les responsabilités de la tragédie soient établies de manière rigoureuse, mais aussi impartiale”.”Au-delà de la douleur due à la perte de nos proches, il y a ce sentiment d’être bafoués, méprisés, et celui (…) que ce crime, comme les autres, sera étouffé”, avait confié à l’AFP, quelques jours avant les commémorations, Maria Karystianou, la mère d’une victime qui s’apprête à lancer un parti politique. Le 28 février 2023, à 23H22 (21H22 GMT), dans la vallée de Tempé (centre), un train de marchandises entre en collision frontale avec un train convoyant quelque 350 personnes d’Athènes à Thessalonique (nord).Le choc est immense.Et les interrogations fusent aussitôt. Comment deux trains ont-ils pu circuler sur la même voie pendant plus de 10 minutes sans qu’aucun système d’alarme ne soit déclenché?- Failles de sécurité -Les Grecs découvrent alors avec effroi les failles de sécurité de leur réseau ferroviaire, miné par des années de gestion indigente, et des systèmes de signalisation vétustes.Leur modernisation accuse un retard de plusieurs années malgré l’octroi de fonds européens conséquents et les alertes des syndicats.Descendus dans la rue dès le lendemain de la collision, les Grecs réclament des comptes à des responsables politiques accusés d’incurie, de corruption et de dissimulation des responsabilités.La cheffe du Parquet européen, Laura Kövesi, a assuré que cette collision aurait pu être évitée si le système de signalisation avait été modernisé dans les temps avec les fonds de l’UE.   Ce scandale s’est par la suite doublé d’un fiasco judiciaire.Deux anciens membres du gouvernement Mitsotakis font l’objet d’une procédure, mais aucun n’a encore comparu devant un tribunal. L’absence de comparution alimente la rancœur dans un pays où la défiance envers les politiques est grande.Des preuves précieuses ont par ailleurs été perdues quand, quelques jours seulement après la collision, le site a été rasé au bulldozer.Plusieurs parents de victimes ont également réclamé que des expertises soient menées afin de déterminer si leurs enfants ont été tués par la collision ou par l’incendie qui s’est déclenché par la suite. Une quarantaine de personnes, dont le chef de gare en poste ce soir-là, doivent être jugés à partir du 23 mars.Avant les commémorations de samedi, les noms des 57 victimes ont de nouveau été peintes en rouge sur l’esplanade du Parlement.

L’important déploiement militaire américain au Moyen-Orient

L’importante concentration de moyens militaires américains au Moyen-Orient, dont des navires de guerre, des avions de combat et des systèmes de ravitaillement, offre aux Etats-Unis la possibilité d’une opération prolongée contre l’Iran, qu’ils ont commencé à frapper samedi.Voici les principaux moyens militaires américains déployés dans la région, après l’annonce de frappes américaines visant selon le président Donald Trump les forces navales et les capacités de missiles de Téhéran.Le président américain a annoncé que les Etats-Unis avaient lancé des “opérations de combat majeures” contre l’Iran et appelé le peuple iranien à “s’emparer” du pouvoir. Il avait menacé à de multiples reprises Téhéran d’intervention militaire si les discussions en cours n’aboutissaient pas à un accord sur le programme nucléaire iranien.La présence d’une “telle puissance de feu (…) dans la région crée une dynamique en soi. C’est parfois un peu difficile de la freiner et de dire: +C’est tout, on ne fait rien+”, explique Susan Ziadeh, une analyste au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS).Washington a déployé actuellement au Moyen-Orient navires et avions de guerre par dizaines. Et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases militaires à travers la région, certaines potentiellement vulnérables en cas de contre-attaque iranienne.- Forces navales -L’armée américaine compte actuellement une douzaine de navires de guerre au Moyen-Orient: un porte-avions, le Abraham Lincoln, arrivé fin janvier, neuf destroyers et trois frégates légères, selon un responsable américain.Le plus grand porte-avions au monde, le Gerald Ford, croise en Méditerranée, après que Donald Trump a ordonné son déploiement dans la région mi-février. Il est accompagné par trois destroyers. Le porte-avions a embarqué des vivres, du carburant et des munitions dans la baie de Souda, sur l’île grecque de Crète, au début de la semaine, puis a quitté le port jeudi. Des images satellitaires l’ont montré le lendemain à plusieurs centaines de milles à l’ouest du port israélien de Haïfa.Il est rare que deux porte-avions américains – qui transportent des dizaines d’avions de combat et opèrent avec des milliers de marins à bord – soient dépêchés en même temps au Moyen-Orient. Mais cela avait déjà été le cas en juin dernier, quand Donald Trump avait décidé de frappes aériennes contre trois sites nucléaires iraniens pendant la guerre de 12 jours déclenchée par Israël.- Forces aériennes -Les Etats-Unis ont également mobilisé une flotte aérienne d’envergure au Moyen-Orient, selon des comptes X spécialisés et le site de suivi de vol Flightradar24.Elle comprend des avions de combat furtifs F-22 Raptor, des avions furtifs F-35 Lightning, des avions de combat F-15 et F-16, et des avions ravitailleurs KC-135 pour assister leurs opérations.- Défense aérienne -Les États-Unis auraient également renforcé leurs systèmes de défense aérienne terrestres au Moyen-Orient, tandis que les nombreux destroyers lance-missiles présents dans la région assurent des capacités de défense aérienne en mer.- Forces américaines sur des bases -Bien que les forces terrestres ne devraient pas prendre part à des actions offensives contre l’Iran, les États-Unis disposent de plusieurs dizaines de milliers de militaires stationnés sur des bases au Moyen-Orient, potentiellement vulnérables à une contre-attaque. Ainsi, un centre du quartier général de la cinquième flotte américaine à Bahreïn a été touché samedi par une “attaque de missile”, ont annoncé les autorités du pays.Téhéran avait lancé des missiles contre une base américaine au Qatar après que Washington avait frappé trois sites nucléaires iraniens en juin 2025, mais ils ont été abattus par les défenses aériennes.

L’Afghanistan affirme avoir capturé un pilote de l’armée pakistanaise, Islamabad dément

Les autorités afghanes ont affirmé samedi avoir capturé le pilote d’un avion militaire pakistanais abattu près de Jalalabad (est), ce qu’a démenti le Pakistan, en plein conflit entre les deux pays.Les Etats-Unis ont exprimé leur soutien à Islamabad, qui a déclaré vendredi une “guerre ouverte” aux autorités talibanes. Le Pakistan accuse les autorités afghanes d’abriter des militants armés qui lancent des attaques sur son territoire, ce que Kaboul dément.”Un avion de chasse pakistanais a été abattu dans le sixième district de Jalalabad (dans l’est de la ville, ndlr) et son pilote a été capturé”, a annoncé un porte-parole de la police afghane, Tayeb Hammad.Wahidullah Mohammadi, porte-parole de l’armée dans l’Est, a confirmé qu’un appareil pakistanais avait été neutralisé par les forces afghanes et que “le pilote (avait) été capturé”. Des habitants ont dit à l’AFP avoir vu l’aviateur en parachute avant d’être appréhendé.Un peu plus tôt, un journaliste de l’AFP a entendu le survol d’un avion à réaction, puis deux puissantes explosions provenant de la zone de l’aéroport de Jalalabad, la capitale de la province de Nangarhar située sur la route entre Kaboul et la frontière pakistanaise.Mais Islamabad a nié la chute de l’appareil et la capture du pilote. “C’est une fausse affirmation. Totalement fausse”, a réagi le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Tahir Hussain Andrabi, auprès de l’AFP.Vendredi, le Pakistan a bombardé la capitale afghane, Kaboul, mais aussi la ville de Kandahar (sud), où réside le chef suprême des talibans afghans Hibatullah Akhundzada.- Soutien américain au Pakistan -La veille, une offensive afghane avait été lancée au niveau de leur frontière commune, en réponse, selon les autorités talibanes, à des frappes pakistanaises antérieures.L’Union européenne a appelé samedi à une “désescalade immédiate” entre les deux voisins.”Nous appelons tous les acteurs à une désescalade immédiate et à la cessation des hostilités (…) y compris les attaques transfrontalières et les frappes signalées au cours des dernières 24 heures, qui pourraient avoir de graves conséquences pour la région”, a déclaré la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, dans un communiqué. “L’UE réitère que le territoire afghan ne doit pas être utilisé pour menacer ou attaquer d’autres pays et appelle les autorités de facto afghanes à prendre des mesures efficaces contre tous les groupes terroristes opérant en Afghanistan ou à partir de l’Afghanistan”.Les Etats-Unis ont eux aussi “exprimé (leur) soutien au droit du Pakistan à se défendre contre les attaques des talibans”, dans une publication sur X de la numéro trois du département d’Etat, Allison Hooker.Les hostilités ont suscité les préoccupations de la Chine, du Royaume-Uni, de l’ONU mais aussi du Comité international de la Croix-Rouge.Islamabad se défendra “en toutes circonstances”, a réaffirmé samedi matin le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, sur X. Selon lui, 37 sites au total ont été la cible d’attaques aériennes en Afghanistan depuis le début des opérations militaires pakistanaises.”La réponse immédiate et efficace du Pakistan à l’agression se poursuit”, a dit vendredi soir sur X Mosharraf Zaidi, porte-parole du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.D’après le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, les forces afghanes ont tué 55 soldats pakistanais et en ont capturé plusieurs autres. Et 13 membres des forces afghanes ont été tués, de même source.Côté pakistanais, Mosharraf Zaidi a indiqué que 297 Afghans avaient été tués. Et 12 soldats pakistanais ont perdu la vie, selon Islamabad.Kaboul a dit vendredi vouloir “le dialogue” pour résoudre le conflit.Longtemps proches, les deux pays s’affrontent sporadiquement depuis que les dirigeants talibans ont repris le contrôle de Kaboul en août 2021.