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Le typhon Wipha passe près de Hong Kong, frappé par des vents puissants et de fortes pluies
Hong Kong était frappé par des vents puissants et de fortes pluies dimanche, alors que le typhon Wipha passait le long de la côte sud de la Chine, provoquant des chutes d’arbres et des effondrements d’échafaudages.Wipha se situait à environ 140 kilomètres au sud-ouest de Hong Kong aux alentours de 17h00 locales (9h00 GMT), a indiqué l’observatoire météorologique de la ville.Le plus haut niveau d’alerte aux cyclones tropicaux (“T10”) a été activé durant environ 7 heures mais a été abaissé au niveau “T8″, troisième le plus important, au moment où Wipha s’éloignait de la ville.”Des vents de sud-est allant de coup de vent à des vents de type tempête affectent encore par moments certaines parties du territoire”, a indiqué l’observatoire.”La pluie intense de Wipha affecte de manière persistante les environs de l’estuaire de la rivière des Perles”, a-t-il également relevé.La ville voisine de Macao, connue pour ses casinos, a émis son propre avertissement de typhon de niveau maximal peu après midi, les autorités ayant suspendu tous les services de transport public.Les provinces chinoises de Hainan et Guangdong ont également été mises en alerte plus tôt, selon l’agence officielle Chine nouvelle dimanche.Un représentant de l’Autorité aéroportuaire de Hong Kong a déclaré plus tôt dimanche qu’environ 500 vols avaient été annulés en raison des intempéries, tandis qu’environ 400 autres devraient décoller ou atterrir plus tard dans la journée.Plus de 200 personnes ont trouvé refuge dans des centres d’hébergement temporaires gérés par le gouvernement.Les autorités ont fait suspendre dimanche les activités des crèches et des écoles, et les trains circulent en service réduit.Hong Kong avait hissé pour la dernière fois le signal d’alerte au niveau T10 au passage du super typhon Saola en 2023.Deux personnes ont été portées disparues aux Philippines après le passage de Wipha, selon les autorités locales.
En Cisjordanie, des colons accusés de cibler les ressources hydriques palestiniennes
Depuis son poste de surveillance sur une colline isolée de Cisjordanie occupée, Soubhil Olayan veille sur un point d’eau vital pour des dizaines de milliers de Palestiniens, la source d’Ein Samiyah.Lorsque des colons israéliens ont récemment attaqué le réseau de puits, de pompes et de canalisations que supervise ce responsable du service local de l’eau, il a immédiatement saisi les enjeux. “Il n’y a pas de vie sans eau”, dit-il après une attaque qui a temporairement interrompu l’approvisionnement de plusieurs villages environnants.La source alimente une station de pompage qui constitue, selon la société palestinienne chargée de sa gestion, la principale – voire l’unique – ressource en eau pour quelque 110.000 personnes. Elle est l’une des plus cruciales de Cisjordanie, territoire confronté à une pénurie chronique d’eau.L’attaque s’inscrit dans une série d’incidents récents où des colons ont été accusés d’avoir endommagé, détourné ou tenté de s’approprier des ressources en eau palestiniennes.”Les colons sont arrivés et ont commencé par briser la conduite principale. Et quand elle est cassée, nous devons automatiquement arrêter le pompage vers les villages”, explique M. Olayan. “L’eau s’écoule alors dans la terre et s’infiltre dans le sol”, ajoute-t-il. Des techniciens sont intervenus dans la foulée pour réparer les dégâts. Deux jours plus tard, des colons – certains armés – se baignaient dans les bassins en contrebas de la source, tandis que M. Olayan surveillait à distance la pression dans les canalisations et les images de vidéosurveillance.Le système indiquait une pression normale, y compris dans la conduite menant à son village de Kafr Malik. Mais les équipes de maintenance n’osaient plus s’approcher de la station, par crainte pour leur sécurité. Depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, les attaques de colons contre des Palestiniens en Cisjordanie se sont multipliées. La semaine précédente, un Palestino-Américain de 20 ans a été battu à mort à Sinjil, village voisin.- Annexion -Pour Issa Kassis, président du conseil d’administration de la Jerusalem Water Undertaking, qui gère la source d’Ein Samiyah, ces attaques sont un levier de contrôle territorial.”Quand vous limitez l’accès à l’eau dans une région, les habitants finissent par partir vers des zones où l’eau est disponible”, déclare-t-il à l’AFP. “Pour déplacer des populations, l’eau est le moyen le plus simple et le plus rapide.”Depuis le début du conflit à Gaza déclenché par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le territoire israélien le 7 octobre 2023, plusieurs responsables israéliens ont publiquement plaidé pour l’annexion de la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich, lui-même colon, a affirmé en novembre que 2025 serait l’année où Israël appliquerait sa souveraineté sur ce territoire palestinien.M. Kassis accuse le gouvernement israélien de soutenir les attaques, comme celle contre Ein Samiyah. L’armée israélienne a indiqué à l’AFP ne pas avoir eu connaissance de l’incident et n’avoir ainsi pu l’empêcher.Ce n’est pas un cas isolé. Dans la vallée du Jourdain, des colons ont récemment détourné l’eau de la source d’Al-Auja en amont, selon Farhane Ghawanmeh, représentant de la communauté de Ras Ein Al-Auja. Deux autres sources de la région ont subi le même sort. – Disparités -A Dura al-Qaraa, un autre village utilisant Ein Samiyah comme solution de secours, les habitants redoutent l’aggravation des sécheresses et dénoncent la gestion israélienne de l’accès à l’eau.”Cela fait des années que plus personne ne cultive ici, les nappes ont trop baissé”, explique Rafaa Kacem, membre du conseil local. La terre, dit-il, est désormais “quasiment à l’abandon”.Bien que les pénuries existent depuis 30 ans, les villageois ne peuvent pas forer de puits, malgré la présence de sources locales. “Nous n’avons aucune option: forer un puits est interdit”, déplore-t-il. Un projet proposé par l’ONU et la Banque mondiale a été abandonné en raison des restrictions légales. Les terrains concernés se trouvent en zone C, qui couvre plus de 60 % de la Cisjordanie et reste sous contrôle total d’Israël. Selon l’ONG israélienne B’Tselem, le cadre légal en vigueur entraîne de fortes disparités: 100 % des Israéliens – y compris dans les colonies – ont accès à l’eau courante chaque jour, contre seulement 36 % des Palestiniens en Cisjordanie. A Dura al-Qaraa, Rafaa Kacem ne cache pas son inquiétude: “Chaque année, l’eau diminue et la crise s’aggrave. C’est de pire en pire.”
Japon: coup d’envoi d’élections sénatoriales, le sort du Premier ministre en jeu
Les Japonais se rendent aux urnes dimanche: un scrutin sénatorial où se joue le sort de la coalition au pouvoir, très impopulaire sur fond d’inflation et de poussée d’un parti populiste anti-immigration de droite, au risque de pousser à la démission le Premier ministre Shigeru Ishiba.A 68 ans, M. Ishiba dirige un gouvernement minoritaire depuis octobre, après avoir conduit sa formation conservatrice, le Parti libéral-démocrate (PLD), à un cuisant revers lors d’élections législatives à l’automne à la chambre basse.Or, selon les sondages, la coalition gouvernementale, formée du PLD et du petit allié centriste Komeito, risque également de perdre dimanche sa majorité à la chambre haute du Parlement, où 125 des 248 sièges sont renouvelés. La coalition doit en remporter 50 pour conserver sa majorité.Dans le cas contraire, “Shigeru Ishiba pourrait être forcé de démissionner”, indique à l’AFP Toru Yoshida, professeur de sciences politiques à l’Université Doshisha.Le Japon “entrera en terrain inconnu, avec un gouvernement en minorité dans les deux chambres du Parlement, situation inédite depuis la Seconde Guerre mondiale”, prévient-il.Le PLD (libéral) gouverne le Japon de manière quasi ininterrompue depuis 1955, malgré de fréquents changements de dirigeant. M. Ishiba, autoproclamé “geek” des questions militaires, a pris la tête du parti en septembre, convoquant immédiatement des élections au succès très mitigé.Désormais minoritaires à la chambre basse, le PLD et Komeito doivent transiger avec l’opposition pour faire voter leurs textes, alors même que la conjoncture s’assombrit.L’inflation reste forte (+3,3% en juin hors produits frais), tirée par une vertigineuse flambée des prix du riz qui ont doublé en l’espace d’un an.”Les prix de base augmentent, mais je suis surtout inquiet que les salaires n’augmentent pas”, soupire Atsushi Matsuura, 54 ans, dimanche dans un bureau de vote de Tokyo.Hisayo Kojima, 65 ans, déplore elle la réduction constante du montant réel de sa retraite: “Nous avons beaucoup payé pour soutenir le système de retraite. C’est le problème le plus urgent”, insiste-t-elle.Pour atténuer l’impact inflationniste, Shigeru Ishiba a étendu les aides au logement, prolongé des subventions à l’énergie, et s’est engagé à verser des chèques de 20.000 yens (120 dollars) par citoyen. Les autorités ont également débloqué une partie des réserves stratégiques de riz pour faire baisser les prix, sans succès pour l’heure.- L’ombre de Trump -Par ailleurs, l’offensive douanière de Donald Trump a fait plonger d’un quart les ventes automobiles vers les Etats-Unis, un secteur surtaxé par Washington à 25% et qui représente 8% des emplois dans l’archipel. La menace de surtaxes généralisées de 25% au 1er août fragilise le tissu économique nippon, très dépendant des exportations.Alors que le négociateur japonais s’est rendu à sept reprises aux Etats-Unis, les pourparlers avec Washington paraissent s’enliser.Avant les élections, Shigeru Ishiba a affiché une stratégie maximaliste consistant à réclamer l’élimination totale des droits de douane, au risque d’alarmer certains acteurs industriels. “La capacité du gouvernement à gérer les négociations commerciales est un enjeu critique, il est crucial pour le PLD de conforter la confiance des citoyens”, confie à l’AFP Masahisa Endo, professeur de sciences politiques à l’université Waseda. Les marchés financiers s’inquiètent, eux, des dérives budgétaires, les massifs plans de relance et d’aides du gouvernement Ishiba aggravant un endettement déjà massif. Plusieurs émissions obligataires de Tokyo ont été boudées ces derniers mois, faisant s’envoler les taux nippons.”Je voulais voter pour un parti qui ne multiplie pas les promesses (à fin électoralistes), car cela alourdirait à terme le fardeau fiscal. Mais de nombreuses formations promettent des dépenses, j’ai eu du mal à me décider”, confie Norihiro Yamagishi, 54 ans, électeur à Tokyo.- “Le Japon d’abord” -Si on y ajoute les scandales de corruption entâchant le PLD, le climat est favorable à l’opposition, mais celle-ci apparaît fragmentée.De petits partis anti-système empiètent cependant sur le vote PLD: le Sanseito, au slogan “Le Japon d’abord”, pourrait remporter plus de 10 sièges, contre deux actuellement. Cette formation, qui s’est vue contrainte de nier tout lien avec Moscou, prône des “règles et restrictions durcies” en matière d’immigration, fustige le “mondialisme” et les politiques de genre “radicales”, et appelle à refondre les stratégies de vaccination et de décarbonation.”Ils expriment ce que je pense mais que ne pouvais pas dire depuis longtemps”, confiait récemment à l’AFP une électrice lors d’un rassemblement du parti.
Japon: coup d’envoi d’élections sénatoriales, le sort du Premier ministre en jeu
Les Japonais se rendent aux urnes dimanche: un scrutin sénatorial où se joue le sort de la coalition au pouvoir, très impopulaire sur fond d’inflation et de poussée d’un parti populiste anti-immigration de droite, au risque de pousser à la démission le Premier ministre Shigeru Ishiba.A 68 ans, M. Ishiba dirige un gouvernement minoritaire depuis octobre, après avoir conduit sa formation conservatrice, le Parti libéral-démocrate (PLD), à un cuisant revers lors d’élections législatives à l’automne à la chambre basse.Or, selon les sondages, la coalition gouvernementale, formée du PLD et du petit allié centriste Komeito, risque également de perdre dimanche sa majorité à la chambre haute du Parlement, où 125 des 248 sièges sont renouvelés. La coalition doit en remporter 50 pour conserver sa majorité.Dans le cas contraire, “Shigeru Ishiba pourrait être forcé de démissionner”, indique à l’AFP Toru Yoshida, professeur de sciences politiques à l’Université Doshisha.Le Japon “entrera en terrain inconnu, avec un gouvernement en minorité dans les deux chambres du Parlement, situation inédite depuis la Seconde Guerre mondiale”, prévient-il.Le PLD (libéral) gouverne le Japon de manière quasi ininterrompue depuis 1955, malgré de fréquents changements de dirigeant. M. Ishiba, autoproclamé “geek” des questions militaires, a pris la tête du parti en septembre, convoquant immédiatement des élections au succès très mitigé.Désormais minoritaires à la chambre basse, le PLD et Komeito doivent transiger avec l’opposition pour faire voter leurs textes, alors même que la conjoncture s’assombrit.L’inflation reste forte (+3,3% en juin hors produits frais), tirée par une vertigineuse flambée des prix du riz qui ont doublé en l’espace d’un an.”Les prix de base augmentent, mais je suis surtout inquiet que les salaires n’augmentent pas”, soupire Atsushi Matsuura, 54 ans, dimanche dans un bureau de vote de Tokyo.Hisayo Kojima, 65 ans, déplore elle la réduction constante du montant réel de sa retraite: “Nous avons beaucoup payé pour soutenir le système de retraite. C’est le problème le plus urgent”, insiste-t-elle.Pour atténuer l’impact inflationniste, Shigeru Ishiba a étendu les aides au logement, prolongé des subventions à l’énergie, et s’est engagé à verser des chèques de 20.000 yens (120 dollars) par citoyen. Les autorités ont également débloqué une partie des réserves stratégiques de riz pour faire baisser les prix, sans succès pour l’heure.- L’ombre de Trump -Par ailleurs, l’offensive douanière de Donald Trump a fait plonger d’un quart les ventes automobiles vers les Etats-Unis, un secteur surtaxé par Washington à 25% et qui représente 8% des emplois dans l’archipel. La menace de surtaxes généralisées de 25% au 1er août fragilise le tissu économique nippon, très dépendant des exportations.Alors que le négociateur japonais s’est rendu à sept reprises aux Etats-Unis, les pourparlers avec Washington paraissent s’enliser.Avant les élections, Shigeru Ishiba a affiché une stratégie maximaliste consistant à réclamer l’élimination totale des droits de douane, au risque d’alarmer certains acteurs industriels. “La capacité du gouvernement à gérer les négociations commerciales est un enjeu critique, il est crucial pour le PLD de conforter la confiance des citoyens”, confie à l’AFP Masahisa Endo, professeur de sciences politiques à l’université Waseda. Les marchés financiers s’inquiètent, eux, des dérives budgétaires, les massifs plans de relance et d’aides du gouvernement Ishiba aggravant un endettement déjà massif. Plusieurs émissions obligataires de Tokyo ont été boudées ces derniers mois, faisant s’envoler les taux nippons.”Je voulais voter pour un parti qui ne multiplie pas les promesses (à fin électoralistes), car cela alourdirait à terme le fardeau fiscal. Mais de nombreuses formations promettent des dépenses, j’ai eu du mal à me décider”, confie Norihiro Yamagishi, 54 ans, électeur à Tokyo.- “Le Japon d’abord” -Si on y ajoute les scandales de corruption entâchant le PLD, le climat est favorable à l’opposition, mais celle-ci apparaît fragmentée.De petits partis anti-système empiètent cependant sur le vote PLD: le Sanseito, au slogan “Le Japon d’abord”, pourrait remporter plus de 10 sièges, contre deux actuellement. Cette formation, qui s’est vue contrainte de nier tout lien avec Moscou, prône des “règles et restrictions durcies” en matière d’immigration, fustige le “mondialisme” et les politiques de genre “radicales”, et appelle à refondre les stratégies de vaccination et de décarbonation.”Ils expriment ce que je pense mais que ne pouvais pas dire depuis longtemps”, confiait récemment à l’AFP une électrice lors d’un rassemblement du parti.
Vietnam: les millions de scooters à essence d’Hanoï en sursis
Pour lutter contre la pollution, le Vietnam compte bannir la moto à essence du centre d’Hanoï à partir de juillet 2026, une décision choc pour bien des habitants de la capitale aux millions de scooters.Les deux-roues sont indissociables de toute carte postale du pays, bien que bruyants et parfois peu regardants des règles de conduite.Il n’est pas rare qu’une famille vietnamienne possède au moins deux scooters, privilégiés pour leur coût inférieur à celui d’une voiture, et leur maniabilité, dans des villes souvent embouteillées.Pourtant, de nombreux habitants de Hanoï s’apprêtent à dire adieu à leur fidèle compagnon mécanique.Une directive du Premier ministre publiée mi-juillet a instauré l’interdiction des deux-roues à carburant fossile dans le centre de la capitale à partir du 1er juillet 2026.La zone concernée englobe, sur plus de 30 kilomètres carrés, le coeur historique de la ville, autour des lacs de l’Ouest et Hoan Kiem, prisés des touristes, où résident quelque 600.000 personnes. Mais celle-ci doit s’élargir progressivement dans les années suivantes, selon le plan proposé par le pouvoir, qui prévoit d’incorporer les voitures à essence en 2028.- “Drastique” -La famille de Dang Thuy Hanh a besoin d’au moins 80 millions de dongs (2.600 euros) pour acheter des scooters électriques, un montant “énorme”, concède cette femme au foyer de 52 ans.”Bien sûr que tout le monde veut un environnement plus propre, mais pourquoi nous infliger ce fardeau sans aucune préparation?”, s’est-elle étonnée, à l’image d’autres habitants, qui se disent choqués.Sa famille habite dans une ruelle étroite, typique du Vietnam, sans aucun endroit pour recharger une moto électrique, et le système de transport public “n’est pas encore adapté”, se plaint-elle.Hanoï est régulièrement citée parmi les capitales les plus polluées du monde.Le ministère vietnamien de l’Agriculture a assuré que plus de la moitié de la pollution de l’air provenait des quelques sept millions de deux-roues et le million de voitures — qui fonctionnent en grande majorité avec un moteur thermique — en circulation dans la mégapole.”La pollution menace directement l’environnement, la qualité de vie et la santé des habitants dans la capitale”, a répété mi-juillet le maire adjoint Duong Duc Tuan.”On a besoin de mesures drastiques pour résoudre le problème”, a-t-il assuré.La pollution de l’air tue chaque année environ 70.000 Vietnamiens, a noté l’Organisation mondiale de la santé en 2024.Un rapport de 2022 de la Banque mondiale a listé les émissions industrielles et agricoles, ainsi que le brûlage des déchets comme autres principales sources de microparticules PM 2.5 à Hanoï.L’organisation a conseillé le renforcement des contrôles techniques, la création de zones à faible émission dans le centre-ville, ainsi que la promotion des transports publics parmi ses mesures destinées à réduire la pollution liée aux transports.- Trop cher -Aujourd’hui, Hanoï ne compte que deux lignes de métro, qui desservent principalement sa banlieue.Ceux qui “vivent et travaillent sur la route”, comme Tran Van Tan, partagent l’incompréhension.”La durée de vie des batteries ne va pas répondre aux besoins pour des trajets de longue distance. Le coût pour basculer vers une moto électrique est tout simplement trop élevé”, explique ce livreur Grab, une application populaire de livraison de repas et de transport.”Ceux avec des bas revenus (comme nous) ne peuvent pas remplacer comme ça leurs motos”, poursuit celui qui effectue 40 kilomètres par jour depuis la périphérie de Hanoï où il habite, au centre-ville.Les autorités de Hanoï ont assuré travailler sur plusieurs mesures, dont une aide de trois millions de dongs par véhicule (100 euros) pour se convertir à l’électrique.D’autres villes du Vietnam aimeraient mettre en place des plans similaires, comme Ho Chi Minh-Ville (sud). Le pays, dont le constructeur national VinFast est spécialiste de l’électrique, s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.Mais à Hanoï, la population se dit toujours circonspecte.”Les habitants ne peuvent toujours pas supporter le coût du changement”, proteste Nguyen My Hoa, une employée de bureau de 42 ans, qui pronostique. “Les autorités ne vont pas être capables d’arrêter les nombreuses motos à essence”.
Jensen Huang, le patron en cuir que l’IA a fait roi
Inconnu du grand public il y a trois ans, Jensen Huang est devenu, à la tête du géant des semi-conducteurs Nvidia, l’un des patrons les plus visibles et puissants au monde avec l’avènement de l’intelligence artificielle (IA) générative.Depuis deux ans, les apparitions de ce sexagénaire à l’abondante chevelure poivre et sel sont devenues des événements planétaires, au point de remplir des salles de plus de 10.000 personnes.Jensen Huang doit cette célébrité nouvelle au succès des puces conçues par Nvidia, appelées cartes graphiques ou GPU (Graphics Processing Unit), considérées comme indispensables au développement de l’IA générative.L’appétit insatiable du secteur pour ces GPU, vendues plusieurs dizaines de milliers de dollars pièce, a catapulté l’entreprise californienne au-delà des 4.000 milliards de valorisation boursière, une première mondiale.Cette ascension météorique a porté sa fortune personnelle à 150 milliards de dollars (6e), grâce aux 3,5% environ qu’il détient encore au capital.Signe de son influence, il vient de convaincre Donald Trump de lever les restrictions sur certains de ses GPU à l’export vers la Chine, qui livre pourtant une bataille sans merci aux Etats-Unis pour la suprématie mondiale dans l’IA.”C’était brillant”, observe Jeffrey Sonnenfeld, professeur de gouvernance à l’université de Yale. “Il a été capable d’expliquer (à Donald Trump) que c’était dans l’intérêt des Etats-Unis sans avoir l’air de contribuer à renforcer l’appareil militaire chinois.”Né à Taipei en 1963, Jensen Huang incarne une success story à l’américaine, envoyé à 9 ans seulement, avec son frère, en internat dans un village du Kentucky (centre-est), recommandé par son oncle.Plus jeune élève de l’établissement, ne parlant pas anglais, Jensen Huang a été harcelé, et contraint par l’institution à nettoyer les toilettes, un passage de deux ans qui l’a transformé.”On travaillait vraiment beaucoup et les autres enfants étaient très durs”, a-t-il raconté dans un entretien à la radio publique NPR. Mais “le bilan, c’est que j’ai adoré le temps que j’ai passé là-bas”.- “Etre au top” -De retour auprès de ses parents désormais établis dans l’Oregon (nord-ouest), il sort diplômé de l’université à 20 ans seulement et rejoint AMD, puis LSI Logic, entreprises spécialisées dans les semi-conducteurs, pour concevoir des puces, la grande passion de sa vie.Mais il veut aller plus loin et fonde, en 1993, Nvidia, pour “résoudre des problèmes inaccessibles aux ordinateurs normaux”, avec des semi-conducteurs assez puissants pour gérer la 3D, a-t-il expliqué dans le podcast “No Priors”.Nvidia crée le premier GPU en 1999 et va accompagner le raz-de-marée des centres de données (data centers), de l’informatique à distance (cloud), puis de l’IA générative.”C’est la personne la plus motivée que j’ai vue de ma vie”, raconte un ancien employé de Nvidia sous couvert d’anonymat. “Vous voulez lui faire plaisir et vous avez honte si vous n’avez pas fait de votre mieux.”Charismatique, toujours vêtu d’un tee-shirt noir et d’un blouson de cuir, Jensen Huang n’entre dans aucune case des grands patrons de la tech.Son tatouage du logo de Nvidia, son goût pour les voitures de sport ou certaines de ses prises de position publiques l’éloignent des discrets comme Sundar Pichai (Google) ou Satya Nadella (Microsoft).Mais son positivisme forcené, une relative modestie et l’absence de tout alignement politique le tiennent à l’écart des Elon Musk ou Mark Zuckerberg. Contrairement à eux, il était absent de la cérémonie d’investiture de Donald Trump.”Il se met en retrait pour que les stars soient la technologie et la stratégie plutôt que lui”, observe Jeffrey Sonnenfeld, pour qui “c’est peut-être, aujourd’hui, la grande figure la plus respectée du milieu de la tech”.A chacune de ses visites à Taïwan, Jensen Huang est accueilli telle une célébrité, des dizaines de fans se pressant pour décrocher un autographe”Il est amical, ce qui est inhabituel” pour un dirigeant de ce calibre, relève Wayne Lin, du cabinet Witology Markettrend Research Institute. “Il n’est pas étonnant que Huang puisse devenir le parrain de l’IA, car il tient ses promesses. Peu importe qui il a en face de lui et quel est le travail de cette personne, il peut être sincère et accessible”, a réagi Chen Shih-chang un internaute, sur Facebook.L’ancien employé décrit quant à lui un individu “très paradoxal”, férocement protecteur de ses salariés et toujours à l’écoute, mais aussi capable, au sein du cercle des cadres dirigeants de Nvidia, de “tailler quelqu’un en pièces” en cas d’erreur ou de mauvais choix.”Il faut être au top et y rester, tout le temps”, décrit-il. “Je ne sais pas comment il est parvenu à faire ça toute sa vie.”
“L’Amérique d’abord”: les Amérindiens de plus en plus séduits par Trump
Excédée par la hausse de l’essence, Nita Mexican a voté pour Donald Trump en novembre dernier. Un choix que cette Amérindienne Navajo revendique et qui se banalise de plus en plus chez les autochtones américains, longtemps acquis à la gauche.”Beaucoup de jeunes sont pour lui maintenant, y compris les amis de nos petits-enfants”, confie la retraitée à l’AFP.A 77 ans, cette républicaine de toujours a l’habitude d’être en minorité à Tuba City, petite ville isolée de l’Ouest américain, sur les plateaux désertiques de la Nation Navajo.Mais ces dernières années, elle a vu les attitudes changer. Comme elle, certains voisins ont commencé à blâmer l’immigration latino-américaine pour le chômage et le trafic de drogues qui minent ce coin pauvre.”Trump nettoie l’Amérique, c’est une bonne chose”, applaudit cette ex-employée d’une centrale électrique, ravie de la politique d’expulsions massives du président. “L’Amérique doit passer d’abord”, insiste-t-elle. “Nous les natifs, nous sommes Américains et nous devrions avoir les emplois en premier.”Dans cette région reculée, où la voiture est indispensable, l’inflation des dernières années fait encore grincer. Avec son mari Joe, Mme Mexican dépense 40 dollars d’essence par jour pour abreuver matin et soir leurs moutons, parqués dans un enclos à une quarantaine de kilomètres. Le couple aide aussi financièrement certains petits-enfants au chômage. “Parfois, nous n’avons plus assez pour faire les courses pour nous deux”, peste Mme Mexican, qui aimerait que le président “ralentisse” sur les droits de douane visant de nombreux produits importés. – “On se dispute” -A cheval sur l’Arizona, le Nouveau-Mexique et l’Utah, la Nation Navajo est la plus grande réserve amérindienne des Etats-Unis. Dans ce bastion démocrate depuis les années 1980, M. Trump a réalisé des percées surprenantes lors de la dernière présidentielle. Le milliardaire républicain a perdu avec 18,9 points de retard dans le comté d’Apache, contre 33,6 en 2020. Et il a gagné avec 17,1 points d’avance dans le comté de Navajo, doublant ainsi sa marge par rapport à l’élection précédente.De la Caroline du Nord au Montana, cette dynamique s’est confirmée dans tout le pays: l’électorat amérindien a globalement voté pour la gauche et sa candidate Kamala Harris, mais avec beaucoup moins d’enthousiasme que par le passé.Comme chez les Latino-Américains, le bulletin Trump a été plus choisi par les hommes que les femmes, selon les sondages.Dans sa maison sans électricité, Gilberta Cortes en sait quelque chose: son fils de 21 ans a voté pour le républicain.”On se dispute tout le temps à ce sujet”, raconte-t-elle. “Il parle de l’inflation, il dit que les cartels ruinent tout pour les Amérindiens.”A 42 ans, cette mère au foyer se sent méprisée par le président. Elle exècre ses moqueries envers les origines amérindiennes de la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, qu’il surnomme régulièrement “Pocahontas”.- “Beaucoup de racisme” -Les lois promulguées par le républicain lors de son premier mandat pour lutter contre la disparition de milliers de femmes amérindiennes chaque année l’ont laissée de marbre.”C’était juste du clientélisme pour obtenir nos voix”, balaie cette électrice de gauche.Et l’offensive anti-immigration du président l’inquiète. Plusieurs Navajos ont été interpellés ces derniers mois par la police de l’immigration à cause de leur couleur de peau, selon certains responsables de la réserve.”On voit beaucoup de racisme, je pense que c’est plus flagrant maintenant”, soupire-t-elle. “Lorsque je sors, j’ai l’impression de marcher sur des œufs.”Le climatoscepticisme de M. Trump la préoccupe également, elle qui interdit à ses enfants de jouer dehors l’été à cause des vagues de chaleur, de plus en plus intenses dans l’Ouest américain. “S’il fore du pétrole à tout va et coupe dans les agences environnementales, ça va empirer les choses sur le long terme”, craint-elle.Dans sa caravane, Elbert Yazzie croit que certains de ses amis regretteront bientôt leur choix. Car la “grande et belle loi” que le président vient de faire adopter prévoit une réduction drastique des aides sociales. “Ils ont voté pour lui parce qu’ils pensaient qu’il y aurait plus d’emplois pour nous les Américains. Mais au lieu de ça, il coupe les aides alimentaires”, résume ce quinquagénaire au chômage. “Ca va toucher beaucoup de gens ici.”
“L’Amérique d’abord”: les Amérindiens de plus en plus séduits par Trump
Excédée par la hausse de l’essence, Nita Mexican a voté pour Donald Trump en novembre dernier. Un choix que cette Amérindienne Navajo revendique et qui se banalise de plus en plus chez les autochtones américains, longtemps acquis à la gauche.”Beaucoup de jeunes sont pour lui maintenant, y compris les amis de nos petits-enfants”, confie la …
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