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“Une lutte des classes”: à Porto Rico, l’opposition à la gentrification

Gloria Cuevas pensait vivre toute sa vie dans une maison centenaire aux murs roses sur la côte ouest de Porto Rico, prisée des surfeurs pour ses eaux mirifiques et ses plages d’éden. Mais son propriétaire en a décidé autrement en transformant les lieux en Airbnb.La maison a été repeinte en mauve, divisée en deux unités, et Gloria a déménagé plus au sud, loin de la gentrification qui a fait exploser le coût de la vie à Rincon comme dans d’autres villes de Porto Rico, avec les locations à court terme et les investissements étrangers.”Avant je ne pouvais pas revenir ici, ça me rendait triste et en colère en même temps”, souffle Gloria, 68 ans, devant la maison qu’elle occupait. “Le colonialisme nous tue, nous étouffe. C’est un thème global en fait: la lutte des classes”, ajoute-t-elle.Gloria n’est pas seule à se sentir dépossédée sur l’île caribéenne, où les annonces de villas de luxe se multiplient comme les logos d’Airbnb sur des maisons ou appartements où vivaient encore récemment des Portoricains. En 2012, les lois locales ont permis aux étrangers et aux Américains continentaux de ne pas payer d’impôt s’ils achetaient une résidence sur place ce qui a contribué, selon une partie de la population, à faire grimper le prix des logements et à favoriser l’évasion fiscale.- “Injuste” -Ricki Ribeiro, 30 ans, a posé ses pénates il y a un peu plus d’un an à San Juan, la capitale de l’île, où il a relocalisé son entreprise d’emballage et de marketing spécialisé dans le secteur florissant du cannabis.Cette décision, explique-t-il à l’AFP, a permis à son entreprise de sauver des millions de dollars, et à lui personnellement de ne pas payer d’impôt. L’équivalent d’un deuxième salaire qu’il dit réinvestir dans l’économie locale.”La population locale est probablement frustrée de ne pas profiter des mêmes avantages que moi”, dit l’entrepreneur dont la famille vit dans les Etats de Pennsylvanie et de l’Oklahoma. Territoire rattaché et appartenant aux Etats-Unis, Porto Rico ne jouit pas de ce statut d’Etat, et la population qui y réside ne peut pas voter à la présidentielle américaine.Le système est “injuste, mais ce n’est pas moi qu’il faut blâmer pour ça, ce n’est pas moi qui ai créé ce programme”, se défend Ricki Ribeiro. – Méga-projet -Dans la ville balnéaire de Cabo Rojo, à environ une heure de route au sud de Rincon, des habitants prennent les choses en main pour protester contre le projet immobilier Esencia, qui aspire à transformer huit kilomètres carrés de terrain et cinq kilomètres de plage en un complexe hôtelier et résidentiel de luxe valant 2 milliards de dollars.Ce projet “changerait radicalement le paysage” de la ville, fait valoir Dafne Javier, 77 ans, dont l’arrière-grand-père fut le dernier maire de la municipalité sous l’occupation espagnole et le premier sous la domination américaine en 1898.Les opposants affirment que ce vaste complexe détruirait l’habitat naturel de la faune, notamment des espèces menacées, tout en aggravant les problèmes d’eau potable, d’électricité et de ramassage des ordures pour les autres habitants de la ville.Les investisseurs, pour qui Porto Rico est “l’un des marchés en croissance les plus prometteurs au monde”, ont promis la création “de milliers d’emplois”. Mais ces emplois seront au salaire minimum, prédit Dafne Javier, qui craint l’arrivée de nouveaux riches qui “ne se mélangeront pas” à la population locale.”Ils n’ont aucune idée de ce qu’ils détruisent, et s’ils en ont une, alors ils devraient avoir honte”, déplore Christopher Powers, établi depuis 20 ans à Cabo Rojo, où il vit avec son épouse portoricaine et leurs enfants.”Ce projet est non seulement écologiquement destructeur (…) mais il est aussi contraire à l’esprit et aux valeurs des +Caborojinos+”, la population locale, dit-il sur place.De retour à Rincon, plus au nord, Gloria Cuevas espère que son histoire et celles d’autres personnes déplacées par la gentrification permettront à la population de l’île de comprendre ce qu’elle risque de perdre. “Nous devons continuer à nous battre. Nous devons éduquer notre jeunesse. Avez-vous entendu parler de Bad Bunny ?”, lance la sexagénaire en évoquant la superstar portoricaine dont la musique et les 30 concerts locaux, cet été à San Juan, servent de caisse de résonance au débat sur les craintes d’une dilution de l’identité locale.Pour Gloria, le message est clair: “cette île nous appartient, nous ne partirons pas”

Japon: malgré sa débâcle électorale, Ishiba s’accroche au pouvoir

L’impopulaire Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a manifesté son intention de rester au pouvoir malgré la cuisante défaite aux élections sénatoriales de dimanche, à l’issue desquelles il ne dispose plus de majorité dans aucune des deux chambres du Parlement.Lors du scrutin de dimanche, qui a renouvelé 125 des 248 sièges de la chambre haute, le …

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Japon: malgré sa débâcle électorale, Ishiba s’accroche au pouvoir

L’impopulaire Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a manifesté son intention de rester au pouvoir malgré la cuisante défaite aux élections sénatoriales de dimanche, à l’issue desquelles il ne dispose plus de majorité dans aucune des deux chambres du Parlement.Lors du scrutin de dimanche, qui a renouvelé 125 des 248 sièges de la chambre haute, le Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice) de M. Ishiba et son allié Komeito (centre-droit) n’ont remporté que 47 sièges à eux deux, selon les résultats officiels rapportés lundi par la télévision publique NHK et d’autres médias.Quoique supérieur aux projections initiales des médias locaux, ce résultat reste en-deçà des 50 sièges nécessaires aux deux partis pour conserver leur majorité. Ils ne compteront plus que 122 sénateurs, même si l’opposition, très fragmentée, n’apparaît pas en mesure de former une majorité alternative.De quoi exacerber les spéculations sur une démission de Shigeru Ishiba, 68 ans, en fonction depuis dix mois seulement.Interrogé dimanche soir sur son intention de rester en place, le Premier ministre a répondu à un média local: “c’est bien cela”.”Des changements dans l’environnement extérieur, comme la situation internationle, ou des désastres climatiques, ne peuvent pas attendre que la situation politique s’améliore”, a expliqué M. Ishiba au cours d’une conférence de presse lundi. “Pour cette raison, bien que je sois tout à fait conscient de notre profonde responsabilité dans le résultat des élections, pour ne pas paralyser les affaires politiques, je pense que je dois assurer ma responsabilité en tant que parti ayant recueilli le plus de suffrages”, a-t-il dit.Pour Takeshi Nemoto, 80 ans, un militant du PLD, interrogé par l’AFP, le choix d’un nouveau chef de file “serait un combat perdu d’avance pour le parti” et compliquerait en outre les discussions sur les taxes douanières avec le président américain Donald Trump.- Terrain inconnu -La coalition gouvernementale est déjà en minorité à la chambre basse du Parlement, depuis une débâcle aux élections législatives anticipées de l’automne – que M. Ishiba avait lui-même convoquées après avoir pris en septembre la tête du PLD.Le PLD gouverne le Japon de manière quasi ininterrompue depuis 1955, malgré de fréquents changements de dirigeants.Le Japon entre désormais “en terrain inconnu, avec un gouvernement en minorité dans les deux chambres du Parlement, situation inédite depuis la Seconde Guerre mondiale”, rappelle Toru Yoshida, professeur de sciences politiques à l’Université Doshisha.Le Parti démocrate constitutionnel (centre-gauche), principale force d’opposition, a lui gagné 22 sièges, et le Parti démocrate du peuple (centriste) 17 sièges.Surtout, le parti populiste anti-immigration Sanseito, au slogan “Le Japon d’abord”, fait une forte percée avec 14 sièges remportés dans la chambre haute, contre deux auparavant.- Riz cher -En raison de leur absence de majorité à la Diète, le PLD et Komeito devaient déjà transiger avec l’opposition pour faire voter leurs textes, alors même que la conjoncture s’assombrit.L’inflation reste forte (+3,3% en juin hors produits frais), tirée par une vertigineuse flambée des prix du riz, qui ont doublé en un  an.Pour atténuer l’impact inflationniste, M. Ishiba a étendu les aides au logement, prolongé des subventions à l’énergie, et s’est engagé à verser des chèques d’aides aux citoyens. Les autorités ont également débloqué une partie des réserves stratégiques de riz pour faire baisser les prix, sans succès pour l’heure.Par ailleurs, l’offensive douanière de Donald Trump a fait plonger d’un quart les ventes automobiles vers les Etats-Unis, un secteur qui représente 8% des emplois dans l’archipel. La menace de surtaxes américaines généralisées de 25% au 1er août fragilise le tissu économique nippon, très dépendant des exportations.Alors que le négociateur japonais Ryosei Akazawa s’est rendu à sept reprises aux Etats-Unis, les pourparlers avec Washington s’enlisent. Les marchés financiers s’inquiètent, eux, des dérives budgétaires, les massifs plans de relance et d’aides du gouvernement Ishiba aggravant un endettement déjà lourd. Plusieurs émissions obligataires de Tokyo ont été boudées ces derniers mois, faisant s’envoler les taux nippons.

Japon: malgré sa débâcle électorale, Ishiba s’accroche au pouvoir

L’impopulaire Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a manifesté son intention de rester au pouvoir malgré la cuisante défaite aux élections sénatoriales de dimanche, à l’issue desquelles il ne dispose plus de majorité dans aucune des deux chambres du Parlement.Lors du scrutin de dimanche, qui a renouvelé 125 des 248 sièges de la chambre haute, le Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice) de M. Ishiba et son allié Komeito (centre-droit) n’ont remporté que 47 sièges à eux deux, selon les résultats officiels rapportés lundi par la télévision publique NHK et d’autres médias.Quoique supérieur aux projections initiales des médias locaux, ce résultat reste en-deçà des 50 sièges nécessaires aux deux partis pour conserver leur majorité. Ils ne compteront plus que 122 sénateurs, même si l’opposition, très fragmentée, n’apparaît pas en mesure de former une majorité alternative.De quoi exacerber les spéculations sur une démission de Shigeru Ishiba, 68 ans, en fonction depuis dix mois seulement.Interrogé dimanche soir sur son intention de rester en place, le Premier ministre a répondu à un média local: “c’est bien cela”.”Des changements dans l’environnement extérieur, comme la situation internationle, ou des désastres climatiques, ne peuvent pas attendre que la situation politique s’améliore”, a expliqué M. Ishiba au cours d’une conférence de presse lundi. “Pour cette raison, bien que je sois tout à fait conscient de notre profonde responsabilité dans le résultat des élections, pour ne pas paralyser les affaires politiques, je pense que je dois assurer ma responsabilité en tant que parti ayant recueilli le plus de suffrages”, a-t-il dit.Pour Takeshi Nemoto, 80 ans, un militant du PLD, interrogé par l’AFP, le choix d’un nouveau chef de file “serait un combat perdu d’avance pour le parti” et compliquerait en outre les discussions sur les taxes douanières avec le président américain Donald Trump.- Terrain inconnu -La coalition gouvernementale est déjà en minorité à la chambre basse du Parlement, depuis une débâcle aux élections législatives anticipées de l’automne – que M. Ishiba avait lui-même convoquées après avoir pris en septembre la tête du PLD.Le PLD gouverne le Japon de manière quasi ininterrompue depuis 1955, malgré de fréquents changements de dirigeants.Le Japon entre désormais “en terrain inconnu, avec un gouvernement en minorité dans les deux chambres du Parlement, situation inédite depuis la Seconde Guerre mondiale”, rappelle Toru Yoshida, professeur de sciences politiques à l’Université Doshisha.Le Parti démocrate constitutionnel (centre-gauche), principale force d’opposition, a lui gagné 22 sièges, et le Parti démocrate du peuple (centriste) 17 sièges.Surtout, le parti populiste anti-immigration Sanseito, au slogan “Le Japon d’abord”, fait une forte percée avec 14 sièges remportés dans la chambre haute, contre deux auparavant.- Riz cher -En raison de leur absence de majorité à la Diète, le PLD et Komeito devaient déjà transiger avec l’opposition pour faire voter leurs textes, alors même que la conjoncture s’assombrit.L’inflation reste forte (+3,3% en juin hors produits frais), tirée par une vertigineuse flambée des prix du riz, qui ont doublé en un  an.Pour atténuer l’impact inflationniste, M. Ishiba a étendu les aides au logement, prolongé des subventions à l’énergie, et s’est engagé à verser des chèques d’aides aux citoyens. Les autorités ont également débloqué une partie des réserves stratégiques de riz pour faire baisser les prix, sans succès pour l’heure.Par ailleurs, l’offensive douanière de Donald Trump a fait plonger d’un quart les ventes automobiles vers les Etats-Unis, un secteur qui représente 8% des emplois dans l’archipel. La menace de surtaxes américaines généralisées de 25% au 1er août fragilise le tissu économique nippon, très dépendant des exportations.Alors que le négociateur japonais Ryosei Akazawa s’est rendu à sept reprises aux Etats-Unis, les pourparlers avec Washington s’enlisent. Les marchés financiers s’inquiètent, eux, des dérives budgétaires, les massifs plans de relance et d’aides du gouvernement Ishiba aggravant un endettement déjà lourd. Plusieurs émissions obligataires de Tokyo ont été boudées ces derniers mois, faisant s’envoler les taux nippons.

Alaska Airlines annonce suspendre tous ses vols à cause d’une panne informatique

La compagnie aérienne américaine Alaska Airlines a annoncé la suspension de tous ses vols, ainsi que de ceux de sa filiale Horizon Air, en raison d’une panne informatique dimanche soir.La compagnie aérienne a déclaré à l’AFP que dimanche, elle avait “subi une panne informatique affectant ses opérations” et qu’elle avait “demandé une interruption temporaire, à l’échelle de l’ensemble du système, de tous les vols d’Alaska Airlines et Horizon Air jusqu’à la résolution du problème”.Alaska Airlines n’a pas précisé la nature exacte de cette panne. Le site internet de la compagnie apparaissait en dérangement depuis environ 03H00 GMT lundi, selon des sites spécialisés.”Nous nous excusons auprès de nos clients pour ce désagrément”, a indiqué la compagnie dans un communiqué. “Il y aura des impacts résiduels sur nos opérations tout au long de la soirée”.La déclaration, également publiée sur X, a suscité des réactions négatives de la part de passagers apparemment frustrés. “C’est brutal. Cela fait deux heures que nous sommes assis à l’aéroport”, a répondu un utilisateur de X nommé Caleb Heimlich.Un autre utilisateur, BetterDays, a commenté: “Cela a commencé à 20 heures et vous ne publiez cela que maintenant ! Votre service s’est considérablement dégradé au cours des cinq dernières années”.Cet incident survient plus d’un an après qu’une porte-bouchon – opercule condamnant une issue de secours redondante – d’un Boeing 737 Max 9 nouvellement livré s’est détachée lors d’un vol d’Alaska Airlines entre Portland (Oregon) et Ontario (Californie) en janvier 2024.Les 171 passagers et les six membres d’équipage ont survécu à la décompression rapide, mais l’incident a conduit le régulateur américain de l’aviation civile (FAA) à clouer au sol de nombreux Boeing 737-9 exploités par des compagnies aériennes américaines.Le mois dernier, les enquêteurs américains ont déclaré que l’incapacité de Boeing à fournir une formation adéquate au personnel de fabrication était un facteur déterminant dans l’explosion en vol quasi-catastrophique de l’avion d’Alaska Airlines.Basée à Seattle, Alaska Airlines est la cinquième plus grosse compagnie aérienne des Etats-Unis depuis son rachat l’an dernier de Hawaiian Airlines.Les deux compagnies disposent d’une flotte de plus de 360 avions qui desservent environ 140 destinations, principalement dans l’ouest des Etats-Unis et dans l’archipel d’Hawaï.

Orages et inondation: levée des vigilances orange sur l’ensemble du territoire

Météo-France a mis fin lundi matin à la vigilance orages et pluie-inondation qui concernait jusque là plusieurs départements du sud-est du pays, après un épisode de violents orages qui a conduit à la mort d’une personne en Saône-et-Loire.Les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, la Drôme, l’Isère, les Bouches-du-Rhône, le Gard et le Vaucluse, placés jusqu’ici en vigilance orange orages, ont tous été rétrogradés au vert lundi à 6h du matin.”L’épisode pluvio-orageux qui a concerné un grand quart sud-est entre la fin d’après midi de dimanche et jusqu’en fin de nuit de dimanche à lundi, a été accompagné comme prévu de forts cumuls de précipitations, de grêle, d’une forte activité électrique et de rafales de vent autour de 70 à 80 km/h”, a détaillé l’organisme dans son bulletin.En Saône-et-Loire, où de nombreuses toitures ont été endommagées ou arrachées, une personne est décédée après être “tombée de son échelle de 5 mètres” en intervenant sur son toît à Saint-Cyr, et une autre personne a été gravement blessée en chutant de son toit à Devrouze, “en lien avec l’épisode orageux”, ont indiqué à l’AFP les pompiers, qui ont comptabilisé 280 interventions sur le département.En Savoie, deux personnes ont été gravement blessées et trois plus légèrement par un arbre qui est tombé sur leur voiture sur une route départementale sur la commune de Flumet dimanche soir, ont indiqué les pompiers à l’AFP.Les victimes, qui ont du être désincarcérées du véhicule, ont été transportées à l’hôpital d’Albertville, ont-ils ajouté.Météo-France avait déjà levé dimanche soir la vigilance orange sur les départements du nord-est et du centre-est, touchés dans l’après-midi par des vents entre 70 et 90km/h voire plus localement, des chutes de grêle et une “activité électrique intense”.

Nucléaire iranien: les discussions entre Téhéran et Européens vont reprendre vendredi

L’Iran va tenir de nouvelles discussions sur son programme nucléaire avec l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni vendredi à Istanbul, un mois après la guerre de 12 jours qui l’ont opposé à Israël et aux Etats-Unis.”En réponse à la demande des pays européens, l’Iran a accepté de tenir une nouvelle séance de pourparlers”, a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï, cité lundi par la télévision d’Etat qui a précisé que cette réunion aura lieu à Istanbul.Une source diplomatique allemande avait indiqué plus tôt que Berlin, Paris et Londres continuaient “de travailler intensivement (…) pour trouver une solution diplomatique durable et vérifiable au programme nucléaire iranien” et prévoyaient une réunion dans la semaine.”L’Iran a montré qu’il était capable de faire échec (aux attaques) mais a toujours été prêt à une diplomatie réelle, réciproque et de bonne foi”, a écrit dimanche sur X le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.L’Iran est soupçonné par les pays occidentaux et par Israël de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu’il dément en soulignant son droit à poursuivre un programme nucléaire à des fins civiles.Le 13 juin, Israël avait lancé une attaque surprise en bombardant l’Iran et en tuant ses principaux responsables militaires et des scientifiques liés à son programme nucléaire. Les Etats-Unis se sont joints à l’offensive de leur allié israélien en frappant trois sites nucléaires dans la nuit du 21 au 22 juin.Depuis ces frappes ordonnées par le président américain Donald Trump, les discussions étaient suspendues. La dernière réunion entre représentants des E3 (Allemagne, France, Royaume-Uni) et de l’Iran s’était tenue à Genève le 21 juin, quelques heures avant les bombardements américains.- Rencontre avec Poutine -Parallèlement, le président russe Vladimir Poutine a reçu dimanche au Kremlin Ali Larijani, proche conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, pour évoquer le dossier nucléaire.M. Larijani “a transmis des évaluations de la situation qui s’aggrave au Moyen-Orient et concernant le programme nucléaire iranien”, a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.M. Poutine a exprimé les “positions bien connues de la Russie sur la manière de stabiliser la situation dans la région et sur le règlement politique du programme nucléaire iranien”, a-t-il ajouté. Cette rencontre à Moscou n’avait pas été annoncée au préalable. La Russie entretient de bonnes relations avec l’Iran, considéré comme son principal allié au Moyen-Orient, mais n’a pas soutenu avec force Téhéran lors de sa récente guerre avec Israël, ni après les frappes américaines sur des sites nucléaires. La semaine dernière, Moscou a fustigé un article du média américain Axios selon lequel Poutine aurait “encouragé” l’Iran à accepter un accord avec Washington qui empêcherait Téhéran d’enrichir de l’uranium.- Menaces de sanctions -L’Iran, plusieurs puissances occidentales, la Chine et la Russie avaient trouvé en 2015 un accord qui prévoyait l’instauration de restrictions importantes au programme nucléaire iranien en échange de la levée de sanctions visant le pays.Mais les Etats-Unis étaient sortis en 2018 de cet accord longuement négocié, lors du premier mandat de Donald Trump qui avait réimposé des sanctions.Téhéran et Washington avaient tenu plusieurs séries de négociations sur le nucléaire par l’intermédiaire de médiateurs omanais avant qu’Israël ne lance sa guerre de 12 jours contre l’Iran.Récemment, des pays européens ont pour leur part menacé de déclencher le mécanisme de “snap-back” inscrit dans l’accord de 2015 et qui prévoit d’imposer des sanctions si l’Iran manque à ses engagements.Le chef de la diplomatie iranienne a eu un entretien téléphonique la semaine dernière avec ses homologues britannique, français et allemand, ainsi qu’avec la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas. Lors de cet appel, les diplomates européens ont fait part à M. Araghchi de “leur détermination à utiliser le mécanisme de +snap-back+, en l’absence de progrès concrets” vers un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien.Le ministre iranien avait vendredi dénié tout fondement “moral ou légal” à cette menace.

Nucléaire iranien: les discussions entre Téhéran et Européens vont reprendre vendredi

L’Iran va tenir de nouvelles discussions sur son programme nucléaire avec l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni vendredi à Istanbul, un mois après la guerre de 12 jours qui l’ont opposé à Israël et aux Etats-Unis.”En réponse à la demande des pays européens, l’Iran a accepté de tenir une nouvelle séance de pourparlers”, a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï, cité lundi par la télévision d’Etat qui a précisé que cette réunion aura lieu à Istanbul.Une source diplomatique allemande avait indiqué plus tôt que Berlin, Paris et Londres continuaient “de travailler intensivement (…) pour trouver une solution diplomatique durable et vérifiable au programme nucléaire iranien” et prévoyaient une réunion dans la semaine.”L’Iran a montré qu’il était capable de faire échec (aux attaques) mais a toujours été prêt à une diplomatie réelle, réciproque et de bonne foi”, a écrit dimanche sur X le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.L’Iran est soupçonné par les pays occidentaux et par Israël de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu’il dément en soulignant son droit à poursuivre un programme nucléaire à des fins civiles.Le 13 juin, Israël avait lancé une attaque surprise en bombardant l’Iran et en tuant ses principaux responsables militaires et des scientifiques liés à son programme nucléaire. Les Etats-Unis se sont joints à l’offensive de leur allié israélien en frappant trois sites nucléaires dans la nuit du 21 au 22 juin.Depuis ces frappes ordonnées par le président américain Donald Trump, les discussions étaient suspendues. La dernière réunion entre représentants des E3 (Allemagne, France, Royaume-Uni) et de l’Iran s’était tenue à Genève le 21 juin, quelques heures avant les bombardements américains.- Rencontre avec Poutine -Parallèlement, le président russe Vladimir Poutine a reçu dimanche au Kremlin Ali Larijani, proche conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, pour évoquer le dossier nucléaire.M. Larijani “a transmis des évaluations de la situation qui s’aggrave au Moyen-Orient et concernant le programme nucléaire iranien”, a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.M. Poutine a exprimé les “positions bien connues de la Russie sur la manière de stabiliser la situation dans la région et sur le règlement politique du programme nucléaire iranien”, a-t-il ajouté. Cette rencontre à Moscou n’avait pas été annoncée au préalable. La Russie entretient de bonnes relations avec l’Iran, considéré comme son principal allié au Moyen-Orient, mais n’a pas soutenu avec force Téhéran lors de sa récente guerre avec Israël, ni après les frappes américaines sur des sites nucléaires. La semaine dernière, Moscou a fustigé un article du média américain Axios selon lequel Poutine aurait “encouragé” l’Iran à accepter un accord avec Washington qui empêcherait Téhéran d’enrichir de l’uranium.- Menaces de sanctions -L’Iran, plusieurs puissances occidentales, la Chine et la Russie avaient trouvé en 2015 un accord qui prévoyait l’instauration de restrictions importantes au programme nucléaire iranien en échange de la levée de sanctions visant le pays.Mais les Etats-Unis étaient sortis en 2018 de cet accord longuement négocié, lors du premier mandat de Donald Trump qui avait réimposé des sanctions.Téhéran et Washington avaient tenu plusieurs séries de négociations sur le nucléaire par l’intermédiaire de médiateurs omanais avant qu’Israël ne lance sa guerre de 12 jours contre l’Iran.Récemment, des pays européens ont pour leur part menacé de déclencher le mécanisme de “snap-back” inscrit dans l’accord de 2015 et qui prévoit d’imposer des sanctions si l’Iran manque à ses engagements.Le chef de la diplomatie iranienne a eu un entretien téléphonique la semaine dernière avec ses homologues britannique, français et allemand, ainsi qu’avec la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas. Lors de cet appel, les diplomates européens ont fait part à M. Araghchi de “leur détermination à utiliser le mécanisme de +snap-back+, en l’absence de progrès concrets” vers un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien.Le ministre iranien avait vendredi dénié tout fondement “moral ou légal” à cette menace.

“Fito”, le plus grand narcotrafiquant d’Equateur, extradé vers les Etats-Unis

Le gouvernement équatorien a extradé dimanche vers les Etats-Unis Adolfo Macías, alias “Fito”, le plus grand trafiquant de drogue d’Equateur, arrêté fin juin après un an et demi de cavale, a annoncé l’autorité pénitentiaire.Le parquet américain a accusé en avril “Fito” de trafic de cocaïne et d’armes. John Durham, procureur d’un tribunal de Brooklyn, l’avait alors décrit comme “un leader impitoyable et un narcotrafiquant prolifique pour le compte d’une violente organisation criminelle transnationale”.Le baron de la drogue “a quitté le Centre de privation de liberté La Roca”, gardé par des policiers et des militaires, “dans le cadre d’un processus d’extradition”, a déclaré l’autorité pénitentiaire (SNAI), dans un message envoyé aux journalistes. Il a atterri à New York dans la nuit de dimanche à lundi, a montré le site de suivi du trafic aérien Flightradar.D’après un document publié dimanche par le ministère américain de la justice, “Fito” doit comparaître lundi devant un tribunal fédéral “sur la base d’un acte d’accusation complémentaire”.Depuis sa cellule dans une prison de haute sécurité, il avait accepté la semaine dernière d’être extradé vers les Etats-Unis lors d’une audience en visio-conférence.Il devient ainsi le premier Equatorien à être extradé par son propre pays depuis le rétablissement en Equateur de cette procédure par référendum en 2024, une mesure défendue par le président équatorien Daniel Noboa dans sa lutte contre le crime organisé.- “A jamais, Fito” -“A jamais, Fito”, a réagi M. Noboa sur X dimanche soir. “Fito est déjà aux Etats-Unis. C’est grâce à vous, Equatoriens, qui avez dit oui à la consultation populaire” organisée en avril 2024 et dont les thèmes principaux étaient la lutte contre le trafic de drogue et la criminalité.”Fito” s’était évadé en janvier 2024 du centre pénitentiaire de Guayaquil (sud-ouest de l’Equateur) où il purgeait depuis 2011 une peine de 34 ans de réclusion pour crime organisé, trafic de drogue et meurtre.Chef d’un des principaux gangs du pays, les Choneros, qui règne notamment sur le trafic de cocaïne, “Fito” a été associé à l’assassinat en août 2023 de l’un des principaux candidats à l’élection présidentielle équatorienne, Fernando Villavicencio.Ancien chauffeur de taxi, il était devenu l’ennemi public numéro un en Equateur, les autorités le désignant comme un “criminel aux caractéristiques extrêmement dangereuses”.Son évasion avait déclenché une vague de violences sans précédent dans le pays, faisant des dizaines de morts et générant des mutineries dans plusieurs prisons, des combats de rue déclenchés par les gangs et une prise d’otages sur un plateau de télévision.Daniel Noboa avait alors déclaré le pays en “conflit armé interne” et déployé l’armée pour tenter de neutraliser la vingtaine de groupes criminels impliqués.Du fait de sa situation entre la Colombie et le Pérou – les plus grands pays producteurs mondiaux de cocaïne – et de ses ports stratégiques sur le Pacifique, l’Equateur est devenu ces dernières années le théâtre de violents affrontements pour le contrôle des territoires destinés à l’acheminement de la cocaïne vers les Etats-Unis et l’Europe.Le gang des Choneros a des liens avec le cartel de Sinaloa au Mexique, le Clan del Golfo en Colombie, plus grand exportateur de cocaïne au monde, et les mafias des Balkans, selon l’Observatoire équatorien du crime organisé.Plus de 70% de toute la cocaïne produite dans le monde transite désormais par les ports de l’Equateur. En 2024, le pays a saisi un record de 294 tonnes de drogues, principalement de la cocaïne.