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Loi Duplomb: après le succès de la pétition, la gauche promet de se mobiliser au Parlement

Forts du succès exponentiel de la pétition contre la loi Duplomb, la gauche et les écologistes ont promis lundi de maintenir la pression à l’automne autour de l’abrogation du texte agricole, décrié pour son impact environnemental.Lancée le 10 juillet, deux jours après l’adoption de la loi qui prévoit notamment la réintroduction à titre dérogatoire et sous conditions de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes – interdit en France mais autorisé en Europe -, la pétition avait récolté plus de 1,4 million de signatures lundi après-midi sur le site de l’Assemblée nationale.Un chiffre largement au-dessus du seuil requis des 500.000 pour obtenir un débat en séance sur cette pétition, si la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale, qui fixe l’agenda, en décide ainsi mi-septembre lors de la rentrée parlementaire.La présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), s’y est dite “favorable”. Tout comme Marine Le Pen, qui avait voté pour la loi, mais a estimé lundi que “seul un débat démocratique” pouvait restaurer “la confiance” des citoyens face aux “mensonges” accompagnant selon elle la pétition.Ce débat ne permettra toutefois pas un réexamen de la loi sur le fond, ce qui nécessiterait un nouveau texte législatif.Qu’à cela ne tienne, “c’est une lutte qui ne fait que commencer”, a prévenu la députée écologiste Sandrine Rousseau sur franceinfo. “Lors des prochaines niches parlementaires (journées réservées aux textes des groupes politiques, NDLR), chaque groupe du Nouveau Front populaire aura comme texte l’abrogation de la loi Duplomb”, a-t-elle assuré.Les socialistes ont confirmé vouloir porter “à la rentrée une proposition de loi abrogeant les graves reculs de la loi Duplomb”. Bien que n’étant pas à l’origine de la pétition, lancée par une étudiante qui refuse tout contact avec les médias, toute la gauche tente de tirer avantage de cette mobilisation citoyenne.”C’est une incroyable bonne nouvelle”, a estimé sur son blog Jean-Luc Mélenchon (LFI), louant “cette action populaire de masse”.- Deuxième délibération -“Instrumentalisation de la gauche et des écologistes”, répondent les défenseurs de la loi, en premier lieu son auteur, le sénateur LR Laurent Duplomb. “Quand on diabolise les choses et quand on fait peur à tout le monde, on peut avoir ce résultat”.L’acétamipride est réclamé par les producteurs de betteraves et de noisettes, qui estiment n’avoir aucune alternative contre les ravageurs et subir une concurrence déloyale de leurs concurrents européens. A contrario, les apiculteurs mettent en garde contre “un tueur d’abeilles”. Ses effets sur l’humain sont aussi source de préoccupations, même si les risques restent incertains, faute d’études d’ampleur.Dans le camp présidentiel, on cherche la bonne formule pour tenir compte du succès de la pétition sans remettre en cause la loi votée au Parlement. Gabriel Attal, patron du parti présidentiel Renaissance, a ainsi souhaité que le gouvernement saisisse l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) afin qu’elle donne son avis sur le texte en amont de l’éventuel futur débat parlementaire.”Une pétition ne peut pas défaire la loi mais, si elle respecte les conditions constitutionnelles qui peuvent conduire à un débat à l’Assemblée nationale, nous soutiendrons cette démarche”, a de son côté estimé le patron des députés MoDem Marc Fesneau.Mais pour M. Duplomb, la pétition vise surtout à “mettre de la pression sur le Conseil constitutionnel” qui doit se prononcer sur la loi d’ici au 10 août.S’il la valide, la gauche appelle Emmanuel Macron à demander alors au Parlement une deuxième délibération, comme le lui permet la Constitution.Une telle décision déclencherait cependant une crise gouvernementale avec les LR au coeur de l’été.”Le chemin de cette loi n’est pas terminé puisque le Conseil constitutionnel a été saisi. Le président ne peut dès lors pas s’exprimer tant que les Sages n’ont pas rendu leur décision”, a répondu à l’AFP l’entourage d’Emmanuel Macron.”Je pense que le président de la République est conscient des enjeux de souveraineté”, y compris alimentaire, a estimé lundi le président de la FNSEA Arnaud Rousseau. La loi Duplomb, présentée par ses défenseurs comme une réponse aux manifestations du monde agricole de 2024, contient d’autres mesures controversées, sur le rôle de l’Anses ou le stockage de l’eau pour l’irrigation des cultures (méga-bassines). Elle cristallise les tensions depuis de nombreux mois.Lundi, l’entourage du ministre de la Justice Gérald Darmanin a indiqué qu’il demanderait aux procureurs de la République d’être d’une “grande fermeté” face aux “menaces inacceptables” subies par “de nombreux parlementaires” du fait de leur vote sur la loi Duplomb. Selon le ministère de l’Intérieur, neuf “atteintes” à des parlementaires (dégradations de permanences, outrages sur les réseaux sociaux…) ont été recensés. 

“Une lutte des classes”: à Porto Rico, l’opposition à la gentrification

Gloria Cuevas pensait vivre toute sa vie dans une maison centenaire aux murs roses sur la côte ouest de Porto Rico, prisée des surfeurs pour ses eaux mirifiques et ses plages d’éden. Mais son propriétaire en a décidé autrement en transformant les lieux en Airbnb.La maison a été repeinte en mauve, divisée en deux unités, et Gloria a déménagé plus au sud, loin de la gentrification qui a fait exploser le coût de la vie à Rincon comme dans d’autres villes de Porto Rico, avec les locations à court terme et les investissements étrangers.”Avant je ne pouvais pas revenir ici, ça me rendait triste et en colère en même temps”, souffle Gloria, 68 ans, devant la maison qu’elle occupait. “Le colonialisme nous tue, nous étouffe. C’est un thème global en fait: la lutte des classes”, ajoute-t-elle.Gloria n’est pas seule à se sentir dépossédée sur l’île caribéenne, où les annonces de villas de luxe se multiplient comme les logos d’Airbnb sur des maisons ou appartements où vivaient encore récemment des Portoricains. En 2012, les lois locales ont permis aux étrangers et aux Américains continentaux de ne pas payer d’impôt s’ils achetaient une résidence sur place ce qui a contribué, selon une partie de la population, à faire grimper le prix des logements et à favoriser l’évasion fiscale.- “Injuste” -Ricki Ribeiro, 30 ans, a posé ses pénates il y a un peu plus d’un an à San Juan, la capitale de l’île, où il a relocalisé son entreprise d’emballage et de marketing spécialisé dans le secteur florissant du cannabis.Cette décision, explique-t-il à l’AFP, a permis à son entreprise de sauver des millions de dollars, et à lui personnellement de ne pas payer d’impôt. L’équivalent d’un deuxième salaire qu’il dit réinvestir dans l’économie locale.”La population locale est probablement frustrée de ne pas profiter des mêmes avantages que moi”, dit l’entrepreneur dont la famille vit dans les Etats de Pennsylvanie et de l’Oklahoma. Territoire rattaché et appartenant aux Etats-Unis, Porto Rico ne jouit pas de ce statut d’Etat, et la population qui y réside ne peut pas voter à la présidentielle américaine.Le système est “injuste, mais ce n’est pas moi qu’il faut blâmer pour ça, ce n’est pas moi qui ai créé ce programme”, se défend Ricki Ribeiro. – Méga-projet -Dans la ville balnéaire de Cabo Rojo, à environ une heure de route au sud de Rincon, des habitants prennent les choses en main pour protester contre le projet immobilier Esencia, qui aspire à transformer huit kilomètres carrés de terrain et cinq kilomètres de plage en un complexe hôtelier et résidentiel de luxe valant 2 milliards de dollars.Ce projet “changerait radicalement le paysage” de la ville, fait valoir Dafne Javier, 77 ans, dont l’arrière-grand-père fut le dernier maire de la municipalité sous l’occupation espagnole et le premier sous la domination américaine en 1898.Les opposants affirment que ce vaste complexe détruirait l’habitat naturel de la faune, notamment des espèces menacées, tout en aggravant les problèmes d’eau potable, d’électricité et de ramassage des ordures pour les autres habitants de la ville.Les investisseurs, pour qui Porto Rico est “l’un des marchés en croissance les plus prometteurs au monde”, ont promis la création “de milliers d’emplois”. Mais ces emplois seront au salaire minimum, prédit Dafne Javier, qui craint l’arrivée de nouveaux riches qui “ne se mélangeront pas” à la population locale.”Ils n’ont aucune idée de ce qu’ils détruisent, et s’ils en ont une, alors ils devraient avoir honte”, déplore Christopher Powers, établi depuis 20 ans à Cabo Rojo, où il vit avec son épouse portoricaine et leurs enfants.”Ce projet est non seulement écologiquement destructeur (…) mais il est aussi contraire à l’esprit et aux valeurs des +Caborojinos+”, la population locale, dit-il sur place.De retour à Rincon, plus au nord, Gloria Cuevas espère que son histoire et celles d’autres personnes déplacées par la gentrification permettront à la population de l’île de comprendre ce qu’elle risque de perdre. “Nous devons continuer à nous battre. Nous devons éduquer notre jeunesse. Avez-vous entendu parler de Bad Bunny ?”, lance la sexagénaire en évoquant la superstar portoricaine dont la musique et les 30 concerts locaux, cet été à San Juan, servent de caisse de résonance au débat sur les craintes d’une dilution de l’identité locale.Pour Gloria, le message est clair: “cette île nous appartient, nous ne partirons pas”

Ukraine: le Kremlin écarte des avancées diplomatiques rapides

Le Kremlin a estimé lundi qu’il faudrait “beaucoup de travail” pour obtenir des avancées dans des négociations de paix avec l’Ukraine, après une nouvelle nuit de frappes russes à travers le pays.Ces frappes, qui ont fait au moins un mort et neuf blessés à Kiev, ont eu lieu quelques heures avant la visite dans la capitale ukrainienne du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot.Lors de son point presse quotidien, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a lui affirmé que les propositions de paix russes et ukrainiennes étaient “diamétralement opposées”, plus de trois ans et demi après le début de l’invasion russe de l’Ukraine.”Il y a donc beaucoup de travail diplomatique à faire”, a-t-il ajouté, tout en affirmant que Moscou était prêt à de nouveaux pourparlers mais que leur date n’avait pas encore été fixée. Samedi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé à Moscou de tenir, cette semaine, un troisième cycle de discussions pour tenter d’arrêter la guerre après deux rencontres peu fructueuses entre des délégations russes et ukrainiennes en mai et en juin, à Istanbul.Selon un haut responsable ukrainien interrogé par l’AFP sous couvert d’anonymat, cette nouvelle session peut avoir lieu “entre mardi et jeudi” et “très probablement à Istanbul”.Les sujets discutés seront la poursuite des échanges de prisonniers et la préparation d’une éventuelle rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, a ajouté cette source.Jusqu’à présent, les positions des deux camps semblent irréconciliables: la Russie veut que l’Ukraine lui cède quatre régions occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et renonce à rejoindre l’Otan.Des conditions inacceptables pour l’Ukraine, qui veut le retrait pur et simple des troupes russes de son territoire et des garanties de sécurité occidentales dont la poursuite des livraisons d’armes et le déploiement d’un contingent européen, ce à quoi s’oppose Moscou.- Nouvelles frappes nocturnes -Face à l’enlisement des pourparlers, le président américain Donald Trump, qui avait ouvert le dialogue avec Moscou pour tenter d’obtenir des avancées, a exprimé sa frustration et a posé à la Russie un ultimatum de 50 jours pour parvenir à un accord, sous peine de sanctions sévères.Sur le terrain, la Russie a lancé au cours de la nuit une nouvelle vague de drones et de missiles sur l’Ukraine.D’après l’armée de l’air ukrainienne, 426 drones et 24 missiles russes ont été lancés, causant notamment des dégâts dans les régions de Ivano-Frankivsk (ouest), de Kharkiv (nord-est) et à Kiev. Elle a assuré avoir neutralisé 403 drones et la totalité des missiles.Le maire de la capitale Vitali Klitschko a indiqué que plusieurs incendies avaient éclaté en raison des frappes ou chute de débris de drones interceptés, qui ont touché notamment une école maternelle des immeubles résidentiels, un supermarché et l’entrée d’une station de métro.Le ministère russe de la Défense a, de son côté, indiqué avoir visé des “entreprises du complexe militaro-industriel ukrainien et des aérodromes militaires” et avoir atteint ses cibles.L’Ukraine ne communique quasiment jamais sur les dégâts ou pertes infligés à ses infrastructures militaires.- “Guerre contre l’Union européenne”  -Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a dénoncé des attaques “brutales”. “Nous pouvons mettre fin à cette terreur. Il est nécessaire pour cela que l’Ukraine obtienne des défenses antiaériennes supplémentaires et de capacités (de frappes) longue portée,” a-t-il ajouté sur X.Son homologue français, Jean-Noël Barrot, en visite de deux jours à Kiev, s’est rendu à la station de métro Loukianivska, l’un des sites endommagés par les frappes de la nuit et qui, comme d’autres stations, sert habituellement d’abri à la population lors des bombardements les plus intenses.Il a ensuite évoqué avec le président Volodymyr Zelensky la coopération militaire, dont le soutien en matière de défense antiaérienne, selon les deux hommes.Jean-Noël Barrot a également dénoncé dans un discours prononcé devant les ambassadeurs ukrainiens réunis à Kiev une guerre menée par la Russie contre “la liberté”, “contre l’Union européenne” et des frappes nocturnes russes visant à “terroriser” la population.L’armée ukrainienne frappe également quasiment quotidiennement le territoire russe avec des drones, y compris la région de Moscou.Lundi, l’armée russe a indiqué avoir abattu 107 drones ukrainiens au-dessus de son territoire. Des attaques ont forcé l’aéroport de Vnoukouvo, près de la capitale russe, à interrompre brièvement son fonctionnement.

Ukraine: le Kremlin écarte des avancées diplomatiques rapides

Le Kremlin a estimé lundi qu’il faudrait “beaucoup de travail” pour obtenir des avancées dans des négociations de paix avec l’Ukraine, après une nouvelle nuit de frappes russes à travers le pays.Ces frappes, qui ont fait au moins un mort et neuf blessés à Kiev, ont eu lieu quelques heures avant la visite dans la capitale ukrainienne du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot.Lors de son point presse quotidien, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a lui affirmé que les propositions de paix russes et ukrainiennes étaient “diamétralement opposées”, plus de trois ans et demi après le début de l’invasion russe de l’Ukraine.”Il y a donc beaucoup de travail diplomatique à faire”, a-t-il ajouté, tout en affirmant que Moscou était prêt à de nouveaux pourparlers mais que leur date n’avait pas encore été fixée. Samedi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé à Moscou de tenir, cette semaine, un troisième cycle de discussions pour tenter d’arrêter la guerre après deux rencontres peu fructueuses entre des délégations russes et ukrainiennes en mai et en juin, à Istanbul.Selon un haut responsable ukrainien interrogé par l’AFP sous couvert d’anonymat, cette nouvelle session peut avoir lieu “entre mardi et jeudi” et “très probablement à Istanbul”.Les sujets discutés seront la poursuite des échanges de prisonniers et la préparation d’une éventuelle rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, a ajouté cette source.Jusqu’à présent, les positions des deux camps semblent irréconciliables: la Russie veut que l’Ukraine lui cède quatre régions occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et renonce à rejoindre l’Otan.Des conditions inacceptables pour l’Ukraine, qui veut le retrait pur et simple des troupes russes de son territoire et des garanties de sécurité occidentales dont la poursuite des livraisons d’armes et le déploiement d’un contingent européen, ce à quoi s’oppose Moscou.- Nouvelles frappes nocturnes -Face à l’enlisement des pourparlers, le président américain Donald Trump, qui avait ouvert le dialogue avec Moscou pour tenter d’obtenir des avancées, a exprimé sa frustration et a posé à la Russie un ultimatum de 50 jours pour parvenir à un accord, sous peine de sanctions sévères.Sur le terrain, la Russie a lancé au cours de la nuit une nouvelle vague de drones et de missiles sur l’Ukraine.D’après l’armée de l’air ukrainienne, 426 drones et 24 missiles russes ont été lancés, causant notamment des dégâts dans les régions de Ivano-Frankivsk (ouest), de Kharkiv (nord-est) et à Kiev. Elle a assuré avoir neutralisé 403 drones et la totalité des missiles.Le maire de la capitale Vitali Klitschko a indiqué que plusieurs incendies avaient éclaté en raison des frappes ou chute de débris de drones interceptés, qui ont touché notamment une école maternelle des immeubles résidentiels, un supermarché et l’entrée d’une station de métro.Le ministère russe de la Défense a, de son côté, indiqué avoir visé des “entreprises du complexe militaro-industriel ukrainien et des aérodromes militaires” et avoir atteint ses cibles.L’Ukraine ne communique quasiment jamais sur les dégâts ou pertes infligés à ses infrastructures militaires.- “Guerre contre l’Union européenne”  -Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a dénoncé des attaques “brutales”. “Nous pouvons mettre fin à cette terreur. Il est nécessaire pour cela que l’Ukraine obtienne des défenses antiaériennes supplémentaires et de capacités (de frappes) longue portée,” a-t-il ajouté sur X.Son homologue français, Jean-Noël Barrot, en visite de deux jours à Kiev, s’est rendu à la station de métro Loukianivska, l’un des sites endommagés par les frappes de la nuit et qui, comme d’autres stations, sert habituellement d’abri à la population lors des bombardements les plus intenses.Il a ensuite évoqué avec le président Volodymyr Zelensky la coopération militaire, dont le soutien en matière de défense antiaérienne, selon les deux hommes.Jean-Noël Barrot a également dénoncé dans un discours prononcé devant les ambassadeurs ukrainiens réunis à Kiev une guerre menée par la Russie contre “la liberté”, “contre l’Union européenne” et des frappes nocturnes russes visant à “terroriser” la population.L’armée ukrainienne frappe également quasiment quotidiennement le territoire russe avec des drones, y compris la région de Moscou.Lundi, l’armée russe a indiqué avoir abattu 107 drones ukrainiens au-dessus de son territoire. Des attaques ont forcé l’aéroport de Vnoukouvo, près de la capitale russe, à interrompre brièvement son fonctionnement.

Annulation du concert en Italie d’un chef d’orchestre russe pro-Poutine

Le très controversé concert du célèbre chef d’orchestre russe pro-Poutine Valeri Guerguiev, prévu le 27 juillet dans le cadre d’un festival près de Naples en Italie, a finalement été annulé, ont annoncé lundi les organisateurs.La direction du festival “a décidé l’annulation du concert symphonique dirigé par Valeri Guerguiev”, a-t-elle indiqué dans un communiqué succinct ne donnant pas d’explication à cette décision intervenant après de nombreuses critiques aussi bien en Italie qu’à l’étranger.Le chef d’orchestre, également directeur du célèbre Théâtre Bolchoï de Moscou et ami personnel du chef du Kremlin, devait se produire dans le cadre du festival “Un’Estate da Re” (“Un été de roi”) organisé au palais de Caserte, ex-résidence royale des Bourbons de Naples surnommée le “Versailles italien”.”Je n’ai pas été informé” de l’annulation du concert, a réagi auprès de l’agence de presse officielle russe TASS Valeri Guerguiev, boycotté en Occident depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 pour ne pas avoir dénoncé l’offensive contre Kiev.Le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), l’organisation de l’opposant Alexeï Navalny mort en prison qui avait activement milité pour cette annulation, s’est aussitôt félicité sur Telegram: “Hourra! Le concert en Italie est annulé”. “Les copains (du président russe Vladimir) Poutine ne devraient pas être en tournée en Europe comme si rien ne s’était passé”.Le FBK avait annoncé le 11 juillet l’envoi de lettres au festival et aux ministres italiens de la Culture et de l’Intérieur pour demander l’annulation du concert.Le ministre italien de la Culture Alessandro Giuli avait lui-même déploré la semaine dernière l’invitation de Valeri Guerguiev, craignant qu’elle puisse transformer le festival en “une caisse de résonance de la propagande russe”, alors que le gouvernement ultra-conservateur de Giorgia Meloni a toujours affiché un soutien sans faille à Kiev. Lundi, il a apporté son “soutien entier et convaincu” à la “décision libre” de la direction du palais de Caserte, qui selon lui “obéit à une logique de bon sens (…) contribuant à la protection des valeurs du monde libre”.- “Une situation scandaleuse” -L’ambassadeur de Russie en Italie Alekseï Paramonov a de son côté jugé “triste” que “l’Italie subordonne sa politique culturelle aux exigences des Ukrainiens”. Il a aussi fustigé les dirigeants occidentaux et leur “politique d’annulation de la culture russe”, jugeant l’affaire “scandaleuse”.La veuve d’Alexeï Navalny, Ioulia Navalnaïa, qui avait publié une tribune demandant l’annulation du concert la semaine dernière dans le quotidien La Repubblica, a salué lundi sur X une “bonne nouvelle”.”Aucun artiste soutenant la dictature actuelle en Russie ne devrait être accueilli en Europe. C’est précisément grâce à des loyalistes au régime comme Guerguiev que Poutine essaye de promouvoir une image d’+homme respectable+”, a-t-elle estimé.Le maestro de 72 ans, partisan de longue date du président russe, avait déjà été boycotté en 2022 par des orchestres occidentaux pour ne pas avoir dénoncé l’offensive contre Kiev.Valeri Guerguiev avait été nommé fin 2023 par le gouvernement russe au poste de directeur du prestigieux Bolchoï, en pleine mise au pas accélérée du secteur culturel en Russie après l’invasion de l’Ukraine.Il dirige aussi, depuis 1996, le prestigieux théâtre Mariïnski de Saint-Pétersbourg, devenant le premier homme depuis 1917 à diriger les deux principales scènes du pays.La proximité de M. Guerguiev avec le chef du Kremlin, notamment lors de l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, ainsi que sa participation à des concerts dans la région séparatiste d’Ossétie du Sud et à Palmyre avec l’armée syrienne, lui avaient déjà valu des polémiques.En mars 2022, l’orchestre philharmonique de Munich (sud de l’Allemagne) avait décidé de le congédier car il n’avait pas dénoncé l’invasion de l’Ukraine. Plusieurs orchestres et festivals en Europe et aux Etats-Unis avaient, eux, annulé leurs engagements avec le musicien.

Bangladesh: un avion de l’armée s’écrase sur une école, au moins 19 morts

Un chasseur de l’armée de l’air du Bangladesh qui effectuait un vol d’entraînement s’est écrasé lundi sur une école de Dacca, causant la mort d’au moins 19 personnes dont de nombreux jeunes écoliers, selon un nouveau bilan officiel.Cette catastrophe aérienne est la plus meurtrière survenue au Bangladesh depuis des décennies.Le premier bilan de la catastrophe faisant état de 16 morts publié par le gouvernement provisoire a été révisé à la hausse à 19 morts par le service de presse des forces armées bangladaises (ISPR). La chute de l’appareil sur le campus scolaire Milestone, dans le nord-ouest de la capitale bangladaise, a également fait plus de 100 blessés, pour la plupart des écoliers âgés de 8 à 12 ans.Une vingtaine d’entre eux se trouvent dans un état critique, a indiqué à l’AFP le Dr Mohammad Nasir Uddin, directeur de l’Institut national des grands brûlés où de très nombreux blessés ont été hospitalisés après l’accident.L’avion impliqué est un monoréacteur de type F-7 BGI, de fabrication chinoise, qui avait décollé à 13h06 locales (7h06 GMT), a ajouté le service de presse de l’exécutif.Les causes de sa chute n’ont pas été immédiatement précisées.Son pilote, identifié sous le nom de Toukir Islam Sagar, est mort, selon l’armée, qui a affirmé qu’il avait tenté en vain d’éloigner son avion des zones habitées de la capitale.Les secours ont été rapidement déployés sur le site de l’école Milestone, où ils ont extrait les victimes des décombres sur des civières, a constaté un photographe de l’AFP.- “Tout a pris feu” -“Il y avait deux avions de chasse (dans le ciel), l’un est tombé ici sur la partie (du bâtiment) où se tenait un cours d’anglais pour des élèves de primaire”, a témoigné à l’AFP un élève, Shafiur Rahman Shafi, 18 ans.”Beaucoup de jeunes élèves et des enseignants ont été blessés”, a ajouté le jeune homme, qui se trouvait dans l’une des aires de jeu de l’école au moment de l’accident.”Ca a fait un grand boum. On a senti une secousse comme un tremblement de terre. Et puis tout a pris feu”, a-t-il encore déclaré.L’Institut national des grand brûlés a été rapidement pris d’assaut par de nombreux parents d’élèves venus pour tenter d’identifier leurs proches, a constaté une journaliste de l’AFP.”Nous avons désespérément cherché mon cousin de 12 ans dans plusieurs hôpitaux”, a raconté à l’AFP Tofazzal Hossain. “Nous avons finalement retrouvé son corps ici”, a-t-il poursuivi, en pleurs.En début de soirée, de nombreuses ambulances continuaient à débarquer des enfants blessés à l’Institut, devant lequel des dizaines de personnes donnaient spontanément leur sang.Le chef du gouvernement provisoire, le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, a fait part sur X de “son profond chagrin et sa peine”.”C’est un moment de profonde douleur pour toute la nation”, a -t-il ajouté. “Le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour enquêter sur l’origine de l’accident et prêter assistance à tous”.Les autorités ont décrété un jour deuil national dans tout le pays mardi.En 1984, un Fokker F-27 de la compagnie Biman reliant le port de Chittagong (sud-ouest) à Dhaka s’était écrasé, causé la mort des 49 passagers et membres d’équipage à bord.

Gaza: l’armée israélienne étend ses opérations terrestres au centre du territoire

La Défense civile de la bande de Gaza et des témoins ont fait état lundi de tirs d’artillerie sur Deir al-Balah, dans le centre du territoire palestinien, au lendemain d’un appel israélien à évacuer la zone.L’armée israélienne avait annoncé lundi qu’elle allait étendre ses opérations militaires dans ce secteur, y compris “dans une zone où elle n’était jamais intervenue auparavant” en plus de 21 mois de guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas, sommant les habitants d’évacuer les lieux.Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), entre 50.000 et 80.000 personnes se trouvaient dans ce secteur.Des familles entières se sont alors mises en route, transportant leurs affaires à bout de bras ou sur des charrettes tirées par des ânes en direction du sud, selon des correspondants de l’AFP sur place.”Pendant la nuit, nous avons entendu des explosions énormes”, témoigne Abdallah Abou Slim, un habitant du secteur de 48 ans, faisant état de tirs d’artillerie.”Nous avons peur que l’armée israélienne prépare une opération terrestre à Deir al-Balah et dans les camps du centre de la bande de Gaza, où s’entassent des centaines de milliers de déplacés”, a-t-il poursuivi.Hamdi Abou Moughsib, 50 ans, a déclaré à l’AFP que lui et sa famille avaient fui dès l’aube vers le nord, quittant leur tente installée au sud de Deir al-Balah, après une nuit de bombardements intenses.”Nous avons vu des chars avancer sur plus d’un kilomètre depuis Khan Younès (sud) en direction du sud-est de Deir al-Balah”, a-t-il dit.”Il n’y a aucun endroit sûr dans la bande de Gaza”, note-t-il. “Je ne sais pas où nous pouvons aller.””Nous avons reçu des appels de familles assiégées dans la zone de Baraka, à Deir al-Balah, à cause des tirs de chars israéliens”, a déclaré à l’AFP Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile de Gaza.”Il y a plusieurs blessés, mais personne ne peut accéder à la zone pour les évacuer”, a-t-il ajouté.Mai Elawawda, responsable de la communication à Gaza pour l’ONG médicale britannique Medical Aid for Palestinians, a qualifié la situation d'”extrêmement critique”.”Les bombardements ont lieu tout autour de notre bureau, et les véhicules militaires se trouvent à seulement 400 mètres de nos collègues et de leurs familles”, a-t-elle déclaré, ajoutant que “tout le monde est en train d’évacuer, la plupart sans savoir où aller”.Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas commenté dans l’immédiat.

Gaza: l’armée israélienne étend ses opérations terrestres au centre du territoire

La Défense civile de la bande de Gaza et des témoins ont fait état lundi de tirs d’artillerie sur Deir al-Balah, dans le centre du territoire palestinien, au lendemain d’un appel israélien à évacuer la zone.L’armée israélienne avait annoncé lundi qu’elle allait étendre ses opérations militaires dans ce secteur, y compris “dans une zone où elle n’était jamais intervenue auparavant” en plus de 21 mois de guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas, sommant les habitants d’évacuer les lieux.Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), entre 50.000 et 80.000 personnes se trouvaient dans ce secteur.Des familles entières se sont alors mises en route, transportant leurs affaires à bout de bras ou sur des charrettes tirées par des ânes en direction du sud, selon des correspondants de l’AFP sur place.”Pendant la nuit, nous avons entendu des explosions énormes”, témoigne Abdallah Abou Slim, un habitant du secteur de 48 ans, faisant état de tirs d’artillerie.”Nous avons peur que l’armée israélienne prépare une opération terrestre à Deir al-Balah et dans les camps du centre de la bande de Gaza, où s’entassent des centaines de milliers de déplacés”, a-t-il poursuivi.Hamdi Abou Moughsib, 50 ans, a déclaré à l’AFP que lui et sa famille avaient fui dès l’aube vers le nord, quittant leur tente installée au sud de Deir al-Balah, après une nuit de bombardements intenses.”Nous avons vu des chars avancer sur plus d’un kilomètre depuis Khan Younès (sud) en direction du sud-est de Deir al-Balah”, a-t-il dit.”Il n’y a aucun endroit sûr dans la bande de Gaza”, note-t-il. “Je ne sais pas où nous pouvons aller.””Nous avons reçu des appels de familles assiégées dans la zone de Baraka, à Deir al-Balah, à cause des tirs de chars israéliens”, a déclaré à l’AFP Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile de Gaza.”Il y a plusieurs blessés, mais personne ne peut accéder à la zone pour les évacuer”, a-t-il ajouté.Mai Elawawda, responsable de la communication à Gaza pour l’ONG médicale britannique Medical Aid for Palestinians, a qualifié la situation d'”extrêmement critique”.”Les bombardements ont lieu tout autour de notre bureau, et les véhicules militaires se trouvent à seulement 400 mètres de nos collègues et de leurs familles”, a-t-elle déclaré, ajoutant que “tout le monde est en train d’évacuer, la plupart sans savoir où aller”.Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas commenté dans l’immédiat.