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Syrie: le cessez-le-feu tient, des civils évacués de Soueida
Les autorités syriennes ont évacué lundi des familles bédouines de la ville à majorité druze de Soueida, à la faveur d’un cessez-le-feu qui a mis un terme à des affrontements intercommunautaires ayant fait plus de 1.260 morts en une semaine, selon une ONG.Ces violences, survenues après des massacres en mars de centaines de membres de la communauté alaouite, dont est issu le président déchu Bachar al-Assad, fragilisent encore plus le pouvoir du président islamiste Ahmad al-Chareh qui s’est pourtant engagé à protéger les minorités, dans un pays meurtri par près de 14 ans de guerre civile.Le cessez-le-feu annoncé samedi par les autorités est entré en vigueur dimanche, après le retrait des combattants bédouins et des tribus sunnites d’une partie de la ville de Soueida, dont les groupes druzes ont repris le contrôle.- “Encerclés pendant dix jours” -La trêve était globalement respectée lundi, hormis des tirs signalés dans des localités au nord de Soueida, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).Un correspondant de l’AFP présent aux abords de Soueida a vu des civils parmi lesquels des femmes et des enfants évacués de la ville à bord de cars affrétés par les autorités et de véhicules privés.”Nous avons été encerclés pendant dix jours”, a déclaré à l’AFP Fatima Abdel Qader, une femme bédouine de 52 ans qui quittait sa localité. “On avait peur que quelqu’un vienne chez nous et nous tue”, a ajouté cette mère de trois enfants.Le gouverneur de Deraa, Anwar al-Zoabi, a déclaré que cette province voisine avait “reçu environ 200 familles bédouines” en provenance de la région de Soueida, soit un millier de personnes, selon l’agence officielle Sana.Damas a accusé les groupes druzes d’avoir tué des Bédouins lors des affrontements. Des ONG, des témoins et des groupes druzes ont eux affirmé que les forces gouvernementales avaient pris le parti des combattants bédouins et tribaux et commis des exactions massives.Les violences ont fait plus de 1.260 morts, selon l’OSDH, parmi lesquels 505 combattants et 298 civils druzes, dont 194 “exécutés sommairement” par les forces gouvernementales. Dans l’autre camp, 408 membres des forces gouvernementales et 35 bédouins ont été tués.Près de 128.000 personnes ont été déplacées, d’après l’Organisation internationale pour les migrations. Des barricades de sable étaient érigées lundi aux entrées ouest et sud de Soueida, selon le correspondant de l’AFP.Derrière ces barricades, des membres des forces de sécurité circulent, alors que des combattants des tribus sunnites, équipés de mitraillettes, sont assis sous les arbres bordant la route.Les affrontements ont éclaté le 13 juillet entre des groupes druzes et des bédouins sunnites, avant l’intervention des forces de sécurité et de combattants de tribus venus d’autres régions syriennes pour prêter main forte aux Bédouins, selon des ONG et des témoins.- Corps non identifiés -Au principal hôpital de Soueida, où flotte une odeur de mort, des dizaines de cadavres attendaient lundi d’être identifiés pendant que des corps étaient encore collectés dans les rues et les maisons.”Nous avons remis 361 corps à des membres de leur famille, mais nous en avons 97 autres non identifiés”, a déclaré à l’AFP un responsable de la morgue.Dimanche, un premier convoi d’aide humanitaire, chargé de vivres, de matériel médical, de carburant et de sacs mortuaires, était entré dans la ville de quelque 150.000 habitants, privée d’eau et d’électricité et où la nourriture commençait à manquer.L’annonce du cessez-le-feu est intervenue quelques heures après une déclaration de Washington affirmant avoir négocié une trêve entre la Syrie et Israël, qui, disant vouloir protéger les druzes, avait bombardé les forces gouvernementales syriennes.Cet accord a permis le déploiement des forces gouvernementales dans la province, mais pas dans la ville même de Soueida, ce que refusait jusqu’alors Israël.A Beyrouth, l’émissaire américain Tom Barrack a souligné que “le processus d’inclusion” des minorités “et de communication était primordial, tout comme la coordination” entre la Syrie et Israël.Israël, qui abrite une minorité druze, avait notamment bombardé la semaine dernière le palais présidentiel à Damas, ainsi que des positions des forces gouvernementales à Soueida, pour les contraindre à quitter la région.
Syrie: le cessez-le-feu tient, des civils évacués de Soueida
Les autorités syriennes ont évacué lundi des familles bédouines de la ville à majorité druze de Soueida, à la faveur d’un cessez-le-feu qui a mis un terme à des affrontements intercommunautaires ayant fait plus de 1.260 morts en une semaine, selon une ONG.Ces violences, survenues après des massacres en mars de centaines de membres de …
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Syrie: le cessez-le-feu tient, des civils évacués de Soueida
Les autorités syriennes ont évacué lundi des familles bédouines de la ville à majorité druze de Soueida, à la faveur d’un cessez-le-feu qui a mis un terme à des affrontements intercommunautaires ayant fait plus de 1.260 morts en une semaine, selon une ONG.Ces violences, survenues après des massacres en mars de centaines de membres de la communauté alaouite, dont est issu le président déchu Bachar al-Assad, fragilisent encore plus le pouvoir du président islamiste Ahmad al-Chareh qui s’est pourtant engagé à protéger les minorités, dans un pays meurtri par près de 14 ans de guerre civile.Le cessez-le-feu annoncé samedi par les autorités est entré en vigueur dimanche, après le retrait des combattants bédouins et des tribus sunnites d’une partie de la ville de Soueida, dont les groupes druzes ont repris le contrôle.- “Encerclés pendant dix jours” -La trêve était globalement respectée lundi, hormis des tirs signalés dans des localités au nord de Soueida, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).Un correspondant de l’AFP présent aux abords de Soueida a vu des civils parmi lesquels des femmes et des enfants évacués de la ville à bord de cars affrétés par les autorités et de véhicules privés.”Nous avons été encerclés pendant dix jours”, a déclaré à l’AFP Fatima Abdel Qader, une femme bédouine de 52 ans qui quittait sa localité. “On avait peur que quelqu’un vienne chez nous et nous tue”, a ajouté cette mère de trois enfants.Le gouverneur de Deraa, Anwar al-Zoabi, a déclaré que cette province voisine avait “reçu environ 200 familles bédouines” en provenance de la région de Soueida, soit un millier de personnes, selon l’agence officielle Sana.Damas a accusé les groupes druzes d’avoir tué des Bédouins lors des affrontements. Des ONG, des témoins et des groupes druzes ont eux affirmé que les forces gouvernementales avaient pris le parti des combattants bédouins et tribaux et commis des exactions massives.Les violences ont fait plus de 1.260 morts, selon l’OSDH, parmi lesquels 505 combattants et 298 civils druzes, dont 194 “exécutés sommairement” par les forces gouvernementales. Dans l’autre camp, 408 membres des forces gouvernementales et 35 bédouins ont été tués.Près de 128.000 personnes ont été déplacées, d’après l’Organisation internationale pour les migrations. Des barricades de sable étaient érigées lundi aux entrées ouest et sud de Soueida, selon le correspondant de l’AFP.Derrière ces barricades, des membres des forces de sécurité circulent, alors que des combattants des tribus sunnites, équipés de mitraillettes, sont assis sous les arbres bordant la route.Les affrontements ont éclaté le 13 juillet entre des groupes druzes et des bédouins sunnites, avant l’intervention des forces de sécurité et de combattants de tribus venus d’autres régions syriennes pour prêter main forte aux Bédouins, selon des ONG et des témoins.- Corps non identifiés -Au principal hôpital de Soueida, où flotte une odeur de mort, des dizaines de cadavres attendaient lundi d’être identifiés pendant que des corps étaient encore collectés dans les rues et les maisons.”Nous avons remis 361 corps à des membres de leur famille, mais nous en avons 97 autres non identifiés”, a déclaré à l’AFP un responsable de la morgue.Dimanche, un premier convoi d’aide humanitaire, chargé de vivres, de matériel médical, de carburant et de sacs mortuaires, était entré dans la ville de quelque 150.000 habitants, privée d’eau et d’électricité et où la nourriture commençait à manquer.L’annonce du cessez-le-feu est intervenue quelques heures après une déclaration de Washington affirmant avoir négocié une trêve entre la Syrie et Israël, qui, disant vouloir protéger les druzes, avait bombardé les forces gouvernementales syriennes.Cet accord a permis le déploiement des forces gouvernementales dans la province, mais pas dans la ville même de Soueida, ce que refusait jusqu’alors Israël.A Beyrouth, l’émissaire américain Tom Barrack a souligné que “le processus d’inclusion” des minorités “et de communication était primordial, tout comme la coordination” entre la Syrie et Israël.Israël, qui abrite une minorité druze, avait notamment bombardé la semaine dernière le palais présidentiel à Damas, ainsi que des positions des forces gouvernementales à Soueida, pour les contraindre à quitter la région.
Des dirigeants de gauche réunis au Chili pour défendre le multilatéralisme
Les dirigeants de gauche du Chili, de l’Espagne, du Brésil, de la Colombie et de l’Uruguay sont réunis lundi à Santiago pour défendre le multilatéralisme face à la politique protectionniste des États-Unis, et la démocratie face à la désinformation et aux extrémismes. Le sommet, baptisé “Démocratie toujours”, a lieu sur fond de progression des partis et gouvernements d’extrême droite ou autoritaires en Europe et en Amérique latine. Il intervient également alors que le président américain Donald Trump tente d’imposer unilatéralement des droits de douane à la majorité des pays et mène une politique étrangère agressive pour résoudre les conflits dans le monde. “Aujourd’hui, dans de nombreux endroits du monde, la démocratie est menacée”, a affirmé le président chilien Gabriel Boric en inaugurant la rencontre au palais présidentiel de La Moneda, en présence du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, du président colombien Gustavo Petro, du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, et du président uruguayen Yamandu Orsi. M. Boric a dénoncé “la désinformation, l’extrémisme de tout bord, la montée de la haine, la corruption, la concentration du pouvoir et une inégalité qui sape la confiance dans l’action publique et l’État de droit”. “À cela s’ajoute (…) l’expansion du crime organisé là où l’État est faible”, a-t-il affirmé.Cette rencontre survient alors que la tension monte entre Washington et Brasilia. Donald Trump a menacé d’imposer au Brésil des droits de douane supplémentaires de 50% à partir du 1er août, en soutien à l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro. Lula a réagi en brandissant la “souveraineté” du plus grand pays d’Amérique latine et en dénonçant un “chantage inacceptable”. Selon le président chilien, le groupe de dirigeants doit faire des propositions sur trois axes : renforcer la démocratie et le multilatéralisme, lutter contre la désinformation et à l'”utilisation malveillante des technologies”, combattre l’inégalité et les extrémismes. A l’issue de leur réunion au palais présidentiel, les cinq leaders déjeuneront avec diverses personnalités, parmi lesquelles le lauréat du prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet.
La défaillance d’un composant à l’origine de la suspension des vols d’Alaska Airlines
Alaska Airlines et sa filiale Horizon Air s’activaient lundi à reprendre un service normal, après une interruption de tous leurs vols pendant près de trois heures en raison d’une panne informatique dimanche soir causée par un composant défaillant, nouveau déboire pour la cinquième compagnie américaine par la taille.”Nous œuvrons pour remettre nos activités en place aujourd’hui au sein d’Alaska Airlines et Horizon Air après une panne informatique majeure dimanche soir qui a entraîné un arrêt de tous les vols”, a publié Alaska Airlines lundi matin sur le réseau social X, incitant les clients à vérifier le statut de leur vol avant de se rendre à l’aéroport.”Un composant crucial d’équipement à redondance multiple dans nos centres de données, fabriqué par un tiers, a subi une défaillance imprévue”, a expliqué la compagnie lundi matin dans une déclaration à l’AFP, au sujet de cette pièce traditionnellement installée en plusieurs exemplaires pour éviter, normalement, toute interruption de service.”Lorsque cela s’est produit, cela a affecté plusieurs de nos systèmes clefs nous permettant d’effectuer diverses opérations, nécessitant la mise en place d’un arrêt des vols”, a-t-elle poursuivi, assurant que la sécurité des vols n’avait “jamais été compromise”.”Nous travaillons actuellement avec notre fournisseur pour remplacer l’équipement” problématique, a expliqué Alaska Airlines, tout en précisant que le panne n’était “liée à aucun autre événement en cours, et n'[était] pas une cyberattaque”.Cette panne est survenue alors qu’une attaque informatique majeure a ciblé les jours précédents des serveurs de Microsoft SharePoint en exploitant une vulnérabilité du logiciel de partage de documents.Selon l’entreprise de cybersécurité néerlandaise Eye Security, cette faille a permis à des cybercriminels de compromettre des agences gouvernementales, des universités, des entreprises énergétiques et des institutions internationales, en particulier aux États-Unis.Depuis dimanche soir, plus de 150 vols ont été annulés — dont 64 sur la journée de lundi — et des perturbations devraient perdurer le temps qu’avions et équipages retrouvent leurs positionnements prévus, a indiqué la compagnie aérienne.Selon ses différents messages d’information postés sur X, la panne a commencé vers 03H00 GMT lundi — 20H00 dimanche sur la côte Ouest des États-Unis, où se trouve son siège. Son site internet était aussi en dérangement depuis cette heure-là, selon des sites spécialisés.”A partir de 23H00 (06H00 GMT), l’arrêt au sol a été levé et nos activités ont repris”, avait-elle ensuite annoncé, présentant des excuses pour “la gêne occasionnée”.Vers 15H50 GMT, l’action Alaska Airlines reculait de 0,16% à la Bourse de New York.- Panne en septembre -En septembre 2024, la compagnie avait déjà subi une panne informatique importante, provoquant aussi un maintien au sol de ses avions et des retards de vols.Elle avait alors assuré qu’il ne s’agissait pas d’une cyberattaque, mais d’un problème de certificat affectant plusieurs systèmes.En janvier 2024, une porte-bouchon — opercule condamnant une issue de secours redondante — d’un Boeing 737 MAX 9 nouvellement livré s’était détachée lors d’un vol d’Alaska Airlines entre Portland (Oregon) et Ontario (Californie), laissant un trou béant dans le fuselage.L’incident, qui n’avait fait que quelques blessés légers, avait conduit le régulateur américain de l’aviation civile (FAA) à clouer au sol les dizaines de Boeing 737 MAX 9 disposant de cette configuration.Il a aussi été le point de départ d’une crise profonde de l’avionneur, à cause de problèmes récurrents de qualité de sa production.Dans un rapport préliminaire publié un mois après, l’Agence américaine de sécurité dans les transports (NTSB) avait révélé que quatre boulons de fixation de cette pièce au fuselage manquaient.Elle a publié le 10 juillet son rapport d’enquête final: des défaillances de Boeing sont la “cause probable” de l’incident, cumulées à un “défaut de supervision” de l’avionneur par la FAA.Alaska Ailines est la cinquième compagnie aérienne des États-Unis par la taille depuis son rachat en 2024 de Hawaiian Airlines. Elles disposent d’une flotte de plus de 360 avions desservant environ 140 destinations.




