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Thaïlande: deux accidents meurtriers en deux jours liés à la même entreprise

Les effondrements meurtriers de deux grues mercredi et jeudi sur des chantiers en Thaïlande sont liés à la même entreprise de BTP, a indiqué le gouvernement, qui exige des explications.La chute d’une première grue mercredi matin sur un train de passagers dans le nord-est du pays a fait 32 morts et des dizaines de blessés.Des proches endeuillés se recueillaient en silence sur le site poussiéreux au soleil levant lorsqu’un accident similaire s’est produit jeudi à plus de 200 kilomètres de là, dans la banlieue de Bangkok.Une autre grue est tombée sur le chantier d’une autoroute en construction, tuant deux nouvelles personnes, selon la police locale.Ces deux drames en l’espace de 24 heures ont pour dénominateur commun l’entreprise thaïlandaise Italian-Thai Development, a confirmé à un média local le ministre thaïlandais des Transports Phiphat Ratchakitprakarn.”Je ne comprends toujours pas ce qu’il s’est passé”, a-t-il déclaré. “Nous devrons établir les faits, s’il s’agissait d’un accident ou de quelque chose d’autre”.Italian-Thai – l’une des plus grosses entreprises de BTP du royaume – a été impliquée dans plusieurs accidents mortels ces dernières années.Elle a été inculpée en août, avec son directeur, dans une affaire liée à l’effondrement d’un immeuble en construction à Bangkok lors d’un tremblement de terre. Environ 90 personnes avaient trouvé la mort, principalement des ouvriers.L’entreprise a annoncé mercredi après la tragédie ferroviaire qu’elle assumerait “la responsabilité d’indemniser les familles des victimes et de couvrir les frais médicaux des blessés”.Mais elle pourrait avoir rapidement d’autres comptes à rendre.Le Premier ministre, Anutin Charnvirakul, a affirmé sur les lieux du drame qu’il s’agissait “clairement de la faute de l’entreprise”.”Il est temps de modifier la loi afin de mettre sur une liste noire les sociétés de BTP responsables d’accidents à répétition”, a-t-il par ailleurs suggéré à l’approche d’élections générales le 8 février.- “Failli mourir” -Sur le site du deuxième accident, jeudi, dans la banlieue de Bangkok, Booncherd La-orium, un conducteur de moto-taxi, dit avoir “la chair de poule”.”Je ne m’étais toujours pas remis de l’accident d’hier (mercredi) et j’apprends ce matin qu’un autre a lieu juste à côté de chez moi”, raconte à l’AFP l’homme de 69 ans. “C’est encore la même entreprise, Italian-Thai…””Ma femme ne veut plus que je roule ici, peu importe combien les clients paient”, ajoute-t-il. “Ca fait vraiment peur”.Des images d’une caméra embarquée dans un véhicule montrent le moment où l’énorme grue s’est effondrée, déchirant la chaussée en béton surélevée dans un nuage de poussière.”J’ai failli mourir”, souffle une personne à bord. “C’est bon maintenant, ça ne tombe plus. C’est encore un effondrement de grue”, répond une deuxième.L’autoroute en construction doit permettre de fluidifier le trafic sur la route Rama II, qui relie Bangkok au sud du pays. Mais l’important chantier accumule les retards et les accidents mortels.L’effondrement d’une poutre en béton, conçue pour soutenir le futur pont autoroutier, avait déjà tué au moins six personnes en mars dernier près de la capitale, et trois ouvriers sont morts en novembre 2024 après la chute d’une grue, déjà.Celle qui a provoqué le déraillement du train mercredi dans le nord-est de la Thaïlande était utilisée sur le chantier d’une future ligne de train à grande vitesse.Un projet colossal soutenu par la Chine dans le cadre de sa politique des “nouvelles routes de la soie”, destinée à améliorer ses échanges commerciaux et son influence en Asie du Sud-Est.

Trump assure que les “tueries en Iran ont pris fin” mais laisse planer la menace d’une intervention

Donald Trump a affirmé mercredi que “les tueries” en Iran avaient “pris fin” après la répression de manifestations par les autorités, mais a entretenu le flou sur une éventuelle intervention militaire américaine, indiquant que Washington suivrait de près la situation.”Nous avons été informés par des sources très importantes de l’autre côté, et elles ont dit …

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Les Ougandais votent, entre répression policière et blocage d’internet

Les Ougandais se rendent aux urnes jeudi pour des élections législatives et présidentielle, le président Yoweri Museveni cherchant à prolonger ses 40 années au pouvoir dans un contexte de répression et de blocage d’internet.Dans la capitale Kampala, au moins un bureau de vote était ouvert comme prévu à 07H00 (04H00 GMT) ce matin mais le scrutin n’avait pas encore commencé dans d’autres localités, ont constaté des journalistes de l’AFP présents sur place.Le quotidien ougandais Daily Monitor a publié une pleine page sur la manière de “protéger votre domicile en vue des élections”, conseillant aux citoyens de renforcer leurs portes et fenêtres et de s’aménager une pièce sécurisée. Cette tension est familière dans le pays d’Afrique de l’Est après les quatre décennies de règne et six mandats présidentiels de M. Museveni, 81 ans, ex-guérillero accuséd’abus généralisés des forces de sécurité contre ses opposants.Son principal adversaire est l’ancien chanteur de raggamuffin devenu politicien Bobi Wine, 43 ans, qui se présente comme le “président du ghetto”, en référence à son quartier natal situé dans un des bidonvilles de la capitale, Kampala.Nombre d’observateurs voient dans le scrutin de jeudi une formalité pour le président sortant, qui se déroule dans un climat condamné par l’ONU comme “marqué par une répression et une intimidation généralisées” et de contrôle total de M. Museveni sur l’appareil d’Etat. Des centaines de partisans de Bobi Wine ont été arrêtés durant sa campagne, lors de laquelle il a pris l’habitude de porter un gilet pare-balles, qualifiant la période pré-électorale de “guerre” et le président de “dictateur militaire”.Nombre d’entre eux gardent toutefois espoir: les rassemblements du candidat ont attiré des foules plus nombreuses que prévu.L’autre grand chef de l’opposition, Kizza Besigye, qui s’est présenté à quatre reprises contre M. Museveni, a été enlevé en 2024 au Kenya et est réapparu devant une cour martiale en Ouganda. Il reste détenu pour des accusations de trahison.Une importante présence policière et militaire était observée dans les rues de Kampala à la veille du scrutin. Beaucoup d’habitants étaient nerveux.”Nous ne parlerons pas des élections. Vous pouvez poser n’importe quelle question, mais pas celle-là”, a déclaré un comptable d’une trentaine d’années qui n’a pas voulu donner son nom. “Allez voter”, a déclaré le président dans un discours cette semaine. “Quiconque veut porter atteinte à votre liberté, je l’écraserai,” a-t-il averti.- L’ONU inquiète -Malgré des promesses répétées qu’il ne le ferait pas, le gouvernement a coupé l’accès à internet mardi pour une durée indéterminée, présentant la mesure comme un moyen d’empêcher la propagation de la “désinformation” et de l'”incitation à la violence”.Cette coupure et la suspension récente de 10 ONG dans le pays ont été jugées “profondément inquiétantes” par l’ONU, qui a appelé à des élections “libres et authentiques”.La police a averti que le vote n’était “pas une justification pour des actes criminels” et a déployé des “agents spéciaux auxiliaires” nouvellement recrutés pour maintenir l’ordre. “Nous sommes parfaitement conscients qu’ils prévoient de truquer l’élection, de brutaliser la population, de tuer des gens, et ils ne veulent pas que le reste du monde le voie”, a déclaré Bobi Wine à l’AFP. L’opposant, qui a été arrêté à plusieurs reprises et torturé en détention militaire avant la présidentielle de 2021 – sa première candidature – a promis des manifestations en cas de fraude électorale.En Tanzanie voisine, internet avait été bloqué plusieurs jours à partir du 29 octobre dernier, jour d’élections jugées frauduleuses par des observateurs étrangers. Des manifestations antipouvoir avaient alors été réprimées dans le sang, avec plus de 2.000 personnes tuées selon l’opposition, dans l’opacité la plus totale. En Ouganda, des journalistes ont été harcelés et empêchés d’assister au dernier meeting du président à Kampala. Malgré plusieurs scandales de corruption, Yoweri Museveni reste pour beaucoup le “père de la nation”, qui a tiré le pays du chaos politique et économique à l’issue d’une guerre de brousse contre ses rivaux dans les années 1980.Plus de 70% de la population de l’Ouganda a moins de 30 ans et n’a connu que le “Mzee” – “Le Vieux” en swahili, un surnom teinté de bienveillance.

Trump assure que les “tueries en Iran ont pris fin” mais laisse planer la menace d’une intervention

Donald Trump a affirmé mercredi que “les tueries” en Iran avaient “pris fin” après la répression de manifestations par les autorités, mais a entretenu le flou sur une éventuelle intervention militaire américaine, indiquant que Washington suivrait de près la situation.”Nous avons été informés par des sources très importantes de l’autre côté, et elles ont dit que les tueries ont pris fin”, a déclaré le président américain lors d’un événement à la Maison Blanche, précisant que ces mêmes sources avaient affirmé que les exécutions prévues de manifestants n’auraient finalement “pas lieu”.Interrogé par un journaliste de l’AFP pour savoir si une intervention militaire américaine était désormais écartée, Donald Trump a répondu: “On observera ça et on verra quelle est la suite.”Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a, lui, affirmé qu’il n’y aurait “pas de pendaison aujourd’hui (mercredi) ou demain (jeudi)” dans une interview accordée à la chaîne américaine Fox News.”Tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est sans aucun doute considéré comme un criminel”, a pour sa part lancé le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi, mercredi à des médias.Selon l’ONG Hengaw, basée en Norvège, l’exécution d’un Iranien de 26 ans arrêté au cours des manifestations, Erfan Soltani, prévue mercredi, a été reportée mais sa vie reste en danger.Le président américain a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement pour mettre fin à la répression du mouvement de contestation, l’un des plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979.Les défenseurs des droits humains accusent la théocratie chiite de mener une répression brutale à huis clos, dans un pays de près de 86 millions d’habitants coupé d’internet depuis près d’une semaine sur décision des autorités.Selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), également basée en Norvège, au moins 3.428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement, le 28 décembre. “Ce chiffre est un minimum absolu”, avertit l’organisation, qui fait aussi état de plus de 10.000 arrestations.Le Conseil de sécurité des Nations unies prévoit de se réunir jeudi, à la demande des Etats-Unis, pour “un briefing sur la situation en Iran”, a annoncé un porte-parole de la présidence somalienne.- Procès -Après un pic de manifestations en fin de semaine dernière, les autorités ont tenté de reprendre le contrôle de la rue en organisant une “marche de résistance nationale” et les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres “martyrs” tués.Des banderoles proclamant “mort à l’Amérique” et des photos du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, émergeaient de la foule, selon un journaliste de l’AFP, de même qu’une photo montrant Donald Trump, le visage ensanglanté, lors d’une tentative d’assassinat dont il a été victime en 2024, avec la légende: “Cette fois il ne manquera pas sa cible”.Selon le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, “le calme règne” à présent dans le pays, et les autorités ont le “contrôle total” de la situation.Si le ministre a dit que Téhéran était ouvert à la diplomatie, d’autres responsables ont durci le ton mercredi envers les Etats-Unis et Israël. L’Iran est prêt à riposter “de manière décisive” à toute attaque, a notamment averti le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour. Devant ces “tensions régionales”, le Qatar a fait état du départ d’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid, la plus importante au Moyen-Orient. En parallèle, le Royaume-Uni a annoncé avoir “fermé temporairement” son ambassade à Téhéran, tandis que l’Espagne et l’Inde ont appelé leurs ressortissants à quitter l’Iran. A Téhéran, le pouvoir judiciaire a promis des procès “rapides” et “publics”.”Toute société peut s’attendre à des manifestations, mais nous ne tolérerons pas la violence”, a insisté mercredi un responsable gouvernemental devant quelques journalistes, affirmant qu’aucune nouvelle “émeute” n’avait eu lieu depuis lundi.- Internet coupé -“L’Iran n’a jamais vu un tel niveau de destruction”, avait déclaré plus tôt le chef d’état-major de l’armée, Abdolrahim Moussavi, en référence aux actes de violence survenus lors des manifestations.Les autorités ne fournissent pas de bilan officiel à ce stade, l’identification des victimes étant toujours en cours, a précisé un autre haut responsable.Avant les propos de Donald Trump, les défenseurs des droits humains avaient exprimé leur inquiétude face à de potentielles exécutions express.Internet était toujours coupé mercredi dans tout le pays, pour le septième jour consécutif, entravant l’accès aux informations. Les communications téléphoniques restaient limitées.La répression pourrait être “la plus violente” de l’histoire contemporaine de ce pays, a déploré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, exhortant les autorités à y mettre fin “impérativement”.

Une mission militaire européenne au Groenland, convoité par Trump

Une mission militaire européenne démarre jeudi au Groenland, territoire arctique sous souveraineté danoise convoité par le président Donald Trump, au lendemain d’une rencontre à Washington entre responsables américains, danois et groenlandais qui a débouché sur un constat de “désaccord fondamental”.La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège ont annoncé mercredi qu’elles allaient déployer du personnel militaire sur l’île pour une mission de reconnaissance qui, a précisé une source au sein du ministère français des Armées, s’inscrit dans le cadre de l’exercice danois “Arctic Endurance”. “De premiers éléments militaires français sont d’ores et déjà en chemin. D’autres suivront”, a précisé le président français Emmanuel Macron sur X.Et ce “en vue d’éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark dans la garantie de la sécurité dans la région, par exemple dans le domaine des capacités de surveillance maritime”, a expliqué le ministère allemand de la Défense.Cette “exploration du Groenland” aura lieu de jeudi à samedi, a-t-il précisé, ajoutant qu’une “équipe de reconnaissance” composée de 13 membres de la Bundeswehr y participerait.Mercredi, le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a dénoncé la volonté de M. Trump de “conquérir” le Groenland, à l’issue d’une rencontre à la Maison Blanche avec des responsables américains.”Le président a clairement exprimé son point de vue, et nous avons une position différente”, a-t-il dit à des journalistes.- “Intense” -“Nous avons donc toujours un désaccord fondamental, mais nous acceptons également d’être en désaccord”, a-t-il ajouté, annonçant la mise en place d’un “groupe de travail de haut niveau afin d’étudier si nous pouvons trouver une voie commune pour aller de l’avant”.Il a affirmé que Copenhague souhaitait “travailler en étroite collaboration avec les Etats-Unis, mais cela doit, bien sûr, être une coopération respectueuse”.Le ministre danois et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt ont été reçus à la Maison Blanche par le vice-président JD Vance et le secrétaire d’Etat Marco Rubio.”Cela a été très intense pour nous tous, mais je tiens à vous dire que la réunion d’aujourd’hui s’est très bien déroulée”, a commenté pour sa part Mme Motzfeldt.”J’ai de très bonnes relations avec le Danemark, et nous verrons comment tout cela évoluera. Je pense qu’une solution sera trouvée”, a ensuite déclaré Donald Trump, qui n’a pas participé à la réunion, à des journalistes à la Maison Blanche. Quelques heures plus tôt, il avait répété sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis avaient “besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d’Or que nous construisons”.C’est la première fois qu’il fait un lien entre ce gigantesque projet américain de bouclier antimissiles et la possession du territoire autonome danois.- Traîneaux -Donald Trump répète que les Etats-Unis ont besoin du Groenland pour contenir les avancées de la Russie et de la Chine en Arctique, et n’écarte pas un recours à la force pour s’en emparer.Pendant les discussions, la Maison Blanche a publié un dessin sur X, figurant deux traîneaux tirés par des chiens, face à deux destinations possibles: l’Amérique symbolisée par la Maison Blanche sous un grand ciel bleu, ou la Chine et la Russie, représentées par la muraille de Chine et la Place rouge dans les ténèbres.Il n’y a ni navires ni investissements “massifs” chinois au Groenland, a répliqué M. Løkke Rasmussen à la presse danoise.En amont de la rencontre à Washington, les drapeaux groenlandais rouge et blanc avaient fleuri dans les devantures des boutiques de la capitale du territoire, Nuuk, aux fenêtres des habitations, sur le toit des voitures et des autobus, et même sur le câble d’une grue, selon un journaliste de l’AFP sur place.”C’est très effrayant parce que c’est quelque chose d’énorme”, a commenté Vera Stidsen, une enseignante de 51 ans rencontrée à la sortie d’un supermarché.”J’espère qu’à l’avenir nous pourrons continuer à vivre comme nous l’avons fait jusqu’à présent: en paix et sans être dérangés”, a-t-elle dit à l’AFP.Pour tenter d’amadouer Washington, Copenhague a promis de “renforcer sa présence militaire” au Groenland dès mercredi, et de dialoguer avec l’Otan pour accroître la présence alliée dans l’Arctique.Il avait auparavant rappelé avoir investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d’euros) pour renforcer la défense de l’Arctique.Mais Donald Trump tourne volontiers les efforts danois en ridicule. Il a encore affirmé mercredi qu’il “ne suffisait pas de deux traîneaux à chiens” pour défendre le territoire face à la Russie ou la Chine.aue-cbw-lb-roc/lgo 

Le nouveau taux du Livret A attendu en baisse jeudi

Les épargnants vont connaître jeudi le nouveau taux du Livret A, applicable au 1er février, qui risque de baisser à nouveau, en raison du ralentissement de l’inflation.Aujourd’hui à 1,7%, le rendement de ce produit d’épargne très populaire – 57 millions de Français détiennent un Livret A – sera d’abord calculé par la Banque de France, à qui il ne manque que les données définitives de l’inflation pour le mois de décembre, qui seront publiées par l’Insee à 8h45.Charge ensuite au ministre de l’Economie Roland Lescure d’avaliser ou non cette proposition.Eric Dor, professeur à l’IESEG School of Management contacté par l’AFP, table sur un nouveau taux à 1,4%, soit plus de deux fois inférieur aux 3% encore en vigueur il y a un an, en janvier 2025.C’est ce qu’indique en l’état la formule légale de calcul, qui prend en compte d’une part un taux dépendant de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et d’autre part l’inflation hors tabac du deuxième semestre 2025.Cette deuxième composante plombe le taux du Livret A car la hausse des prix, mesurée à 0,8% sur un an au dernier pointage de l’Insee, s’est considérablement ralentie en France, au bénéfice du pouvoir d’achat des Français.”Je proposerai demain (jeudi) au ministre des Finances un taux du livret A qui restera significativement supérieur à l’inflation”, a déclaré mercredi le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau lors d’une audition par les sénateurs de la commission des Finances.- Mauvaise passe -Cette nouvelle baisse ne devrait pas réconcilier les épargnants français avec le petit livret rouge.Ces derniers ont en effet eu tendance à le bouder l’année passée, au profit de leurs contrats d’assurance vie, qui voient eux leurs taux globalement stables ou orientés à la hausse en ce début d’année 2026.La baisse probable du rendement du Livret A permettra parallèlement aux acteurs du logement social, dont les conditions d’emprunt sont indexées sur son taux, de se financer moins cher.C’est aussi une aubaine pour les banques, qui rémunèrent une partie de l’épargne réglementée et commercialisent des produits concurrents plus lucratifs pour elles.La Banque de France et Bercy tenteront sûrement de mettre l’accent sur le Livret d’épargne populaire (LEP), cousin du Livret A réservé aux ménages modestes. Aujourd’hui à 2,7%, le taux du LEP pourrait bénéficier d’un soutien et ne descendre qu’à 2,4%, selon les pronostics de M. Dor, au lieu du théorique 1,9%, si la règle était strictement appliquée.M. Villeroy de Galhau a indiqué mercredi qu’il proposerait à Bercy “un avantage marqué pour le Livret d’épargne populaire” qui “est le vrai produit, le plus avantageux, d’épargne populaire”.Peu mis en avant par les agences et les sites internet des banques qui le commercialisent, ce produit peine pourtant à trouver son public.Les quelque 12 millions de LEP ouverts restent loin des 31 millions de personnes éligibles, en dépit des efforts de la Banque de France.Le taux de rémunération du Livret A, aussi valable pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), est révisé deux fois l’an, mi-janvier pour une application au 1er février, et mi-juillet pour une application au 1er août.Il avait été ramené l’an dernier de 3% à 2,4% puis à 1,7%.