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Suisse: identifier les victimes et trouver les causes de l’incendie meurtrier d’un bar

Les enquêteurs poursuivent samedi leur long travail d’identification des corps et de recherche des causes de l’incendie qui a fait 40 morts dans la nuit de nouvel an dans un bar bondé de la station de ski suisse de Crans-Montana, mais la piste de bougies incandescentes reste privilégiée. Fleurs, bougies et petites peluches continuaient d’affluer samedi à proximité du lieu du drame, le bar Le Constellation, où les personnes se recueillaient, souvent en silence.”Courage à toutes les familles de victimes, on pense fort à Stefan en espérant qu’il va bien, un héro(s)”, ce mot signé d’un coeur a été accroché à un petit sapin posé près d’une chapelle ardente à proximité du bar.Sur d’autres cartes, on peut notamment lire “on pense fort à vous” ou “qu’ils reposent en paix”. Le drame reste dans toutes les conversations, emplies de douleur, de tristesse mais aussi d’incompréhension.La priorité des autorités demeure l’identification des victimes. Elle est toujours en cours, mais elle avance.Vendredi, la police cantonale du Valais a annoncé que 113 des 119 blessés — Suisses, Français, Italiens, Serbes, Belge… — avaient pu être formellement identifiés. Ils sont traités dans plusieurs hôpitaux en Suisse, mais aussi en France, en Italie ou en Allemagne.Aucune information n’a été donnée sur l’identité des 40 morts, mais des dossiers ante mortem pour les disparus ont été ouverts en lien avec plusieurs pays parmi lesquelles la Belgique, la France, l’Italie, le Portugal, les Philippines, la Roumanie, la Serbie et la Turquie.Laetitia Brodard, une mère habitant les environs de Lausanne, dans l’ouest de la Suisse, a raconté à des journalistes vendredi sa recherche désespérée de son fils Arthur, 16 ans, venu comme de nombreux jeunes fêter le passage à 2026 au bar Le Constellation où l’incendie s’est déclaré vers 01H30, au sous-sol.Le dernier message d’Arthur disait à 00H03: “Maman, bonne année, je t’aime.” A 00H06, “je lui ai répondu +Je t’aime mon grand+ (…) A 01H28 du matin, j’ai trouvé une vidéo éphémère qu’il a envoyée à ses copains, où ils avaient toute la tablée ensemble à faire la fête”, a-t-elle narré.Les hommages et appels à se rassembler sont lancés dans la région. Plusieurs messes à l’intention des victimes sont prévues, dont une samedi à 18H00 (17H00 GMT) à Montana.- “N’importe quoi” -Selon les premiers éléments de l’enquête, “tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale qui ont été mis sur les bouteilles de champagne”, a annoncé vendredi la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud.Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le début de l’embrasement du plafond. A côté, de jeunes adolescents filment la scène, semble-t-il inconscients du danger. Sur d’autres vidéos, on voit ensuite des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar, d’une capacité maximale de 300 personnes.Des témoins ont décrit des scènes d’horreur: des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s’échapper, tandis que d’autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue.”C’est très triste, profondément triste”, se désole un touriste français, rencontré samedi à Crans-Montana skis dans les mains et qui veut rester anonyme.Mais cela semble être “un scénario habituel : un bar qui n’est d’après les premiers éléments pas forcément aux normes et qui a fait n’importe quoi, et des jeunes qui ne sont pas aperçus forcément des risques. Ce genre de drames est déjà survenu ailleurs. Si seulement celui pouvait faire prendre conscience aux jeunes ou moins jeunes des risques, de regarder les issues de secours, etc”, a-t-il dit à l’AFP.- “Embrasement généralisé” -Le visionnage de nombreuses vidéos par les enquêteurs tend à accréditer les affirmations de nombreux témoins sur ces dispositifs crachant des étincelles. Ces témoins ont également mentionné la présence de mousse sur le plafond du sous-sol, un isolant phonique, qui pourrait expliquer l'”embrasement généralisé” mentionné par les autorités.La suite de l’enquête “portera notamment sur les travaux effectués au sein du bar, les matériaux qui sont utilisés, les autorisations d’exploiter, les mesures de sécurité”, a détaillé la procureure.Les deux propriétaires du Constellation, un couple de Français, ont été entendus “à titre de personnes appelées à donner des renseignements”, selon la procureure, qui a précisé qu’aucune responsabilité n’avait été établie à ce stade.bur-apo-ag-al/bfi

Manifestations en Iran: un membre des forces de sécurité tué par balles

Un membre des forces de sécurité a été tué “à l’arme blanche et par balles” dans l’ouest de l’Iran, a rapporté samedi l’agence de presse Mehr, au septième jour d’une mobilisation initialement liée à la vie chère, qui s’est depuis élargie à des revendications politiques.”Ali Azizi, membre du Bassidj, est tombé en martyr après avoir été poignardé à l’arme blanche et tué par balles dans la ville de Harsin, lors d’un rassemblement d’émeutiers armés” vendredi, a indiqué Mehr, citant un communiqué des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.Les forces du Bassidj sont des milices de volontaires islamistes, affiliées aux Gardiens.Ces derniers jours, au moins huit personnes ont été tuées, dont des membres des forces de sécurité, selon un bilan officiel.La contestation en Iran touche ou a touché, à des degrés divers, au moins 25 villes différentes, selon un comptage de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias.Essentiellement de taille moyenne, ces villes sont situées dans l’ouest et le sud-ouest du pays où des dégradations et affrontements parfois meurtriers ont été rapportés.L’agence Fars a fait état samedi de rassemblements la veille dans plusieurs quartiers populaires de la capitale Téhéran, qui compte environ 10 millions d’habitants. Samedi, jour férié, la situation semblait calme avec des rues quasi désertes, par temps pluvieux et enneigé, a constaté l’AFP.A Darehshahr (ouest), environ 300 personnes ont lancé des cocktails Molotov, bloqué des rues et “exhibé des kalachnikovs” vendredi, a rapporté l’agence de presse Fars.Selon l’agence Tasnim, qui cite un responsable local, un homme a par ailleurs été tué vendredi dans la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, par l’explosion “dans ses mains” d’une grenade qu’il comptait utiliser.Les autorités et les médias iraniens ne communiquent pas nécessairement et en détail sur tous les incidents, ce qui complique l’appréciation des événements. Des vidéos sur la mobilisation inondent les réseaux sociaux, mais toutes ne peuvent pas être authentifiées.- Revendications politiques -Le mouvement est parti dimanche de Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique. Il a ensuite gagné des universités et le reste du pays.La grogne s’est depuis élargie à des revendications politiques.A Karaj, en périphérie de Téhéran, “quelques personnes ont brûlé le drapeau iranien en criant +Mort au dictateur!+ et +C’est pas la dernière bataille, Pahlavi revient!+”, a rapporté Fars, ajoutant que ces slogans avaient suscité des “protestations”.La dynastie Pahlavi (1925-1979), pro-occidentale et alliée des Etats-Unis, a été renversée par la Révolution islamique.Depuis le début des protestations, le pouvoir joue à la fois sur l’apaisement, reconnaissant des “revendications légitimes” liées aux difficultés économiques, et sur la fermeté face à toute tentative de déstabilisation.Ces protestations sont toutefois de moindre ampleur que celles qui avaient secoué l’Iran fin 2022 après la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée par la police des moeurs pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin. En 2019, des manifestations avaient aussi éclaté après l’annonce d’une envolée du prix de l’essence. La contestation avait alors touché une centaine de villes, notamment Téhéran, et fait des dizaines de morts.

Manifestations en Iran: Téhéran se dit prêt à riposter après des menaces de Trump

Le président Donald Trump a menacé vendredi d’une intervention américaine en Iran si des manifestants y étaient tués dans le cadre de la mobilisation en cours, les autorités iraniennes prévenant qu’elles riposteraient si cette “ligne rouge” était franchie.Des affrontements localisés entre manifestants et forces de l’ordre ont fait six morts jeudi dans l’ouest de l’Iran, selon …

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L’Ukraine reçoit ses alliés à Kiev

De nouvelles négociations ont lieu samedi à Kiev entre l’Ukraine et ses alliés européens et américain sur un hypothétique accord pour mettre fin à la guerre avec la Russie, laquelle a annoncé son intention de “durcir” sa position.Des conseillers à la sécurité de pays européens alliés de Kiev doivent rencontrer à Kiev des responsables ukrainiens, avec la participation par visioconférence d’une équipe américaine.Selon le président Volodymyr Zelensky, une quinzaine de pays ont confirmé leur participation, ainsi que des représentants de l’Union européenne et de l’Otan. Cette réunion précède un sommet la semaine prochaine en France des pays de la “coalition des volontaires” soutenant l’Ukraine.Selon M. Zelensky, la réunion de samedi vise notamment à discuter des “garanties de sécurité” que peuvent apporter à l’Ukraine ses alliés.Le président ukrainien s’était entretenu en décembre avec Donald Trump à Washington sur le plan américain visant à mettre fin à près de quatre ans de guerre, mais des questions sensibles restent non résolues.En outre, la Russie a annoncé son intention de “durcir sa position” après avoir accusé Kiev d’un raid de drones contre une résidence du président Vladimir Poutine et d’une attaque ayant tué selon elle 28 civils, la nuit du Nouvel An, dans la partie de la région ukrainienne de Kherson contrôlée par l’armée russe.Cette dernière occupe environ 19,4% de la superficie de l’Ukraine, dont 0,94% ont été conquis au cours de l’année 2025, selon les données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), qui travaille avec le Critical Threats Project (CTP), deux centres de réflexion américains spécialisés dans l’étude des conflits.En décembre, Moscou a conquis 244 km2, sa plus faible progression mensuelle depuis mars dans un contexte de conditions météorologiques hivernales, mais a accéléré son offensive dans le Donbass, région orientale où se situent les principales défenses ukrainiennes.- Evacuations de civils -Signe de la progression russe, les autorités ukrainiennes ont ordonné vendredi l’évacuation de plus de 3.000 enfants avec leurs parents d’une quarantaine de localités dans les régions de Zaporijjia (sud) et Dnipropetrovsk (centre-est).Dans ses voeux pour 2026, Volodymyr Zelensky a affirmé qu’un accord pour mettre fin à la guerre était “prêt à 90%”, tout en avertissant que les 10% restants allaient déterminer le “destin de la paix”, l’avenir des territoires occupés par la Russie demeurant l’un des points clés.Cet accord n’est cependant pas négocié directement, Ukrainiens et Russes échangeant avec les Américains. Et l’adoption de sa dernière mouture par Moscou semble improbable, car elle abandonne certaines de ses revendications clés.Vladimir Poutine a répété ces dernières semaines que la Russie atteindra ses objectifs en Ukraine “par la voie militaire” si les négociations échouaient et salué les récents gains de son armée sur le front.Son homologue ukrainien a, lui, choisi vendredi le chef du renseignement militaire, Kyrylo Boudanov, pour diriger son cabinet, l’un des postes les plus importants du pays.Loin du profil de son prédécesseur, Andriï Iermak, tombé en disgrâce à cause d’un scandale de corruption, M. Boudanov est un militaire de carrière connu pour ses audacieuses opérations contre la Russie et honni par Moscou, qui le qualifie de “terroriste”.M. Zelensky a aussi annoncé son intention de remplacer l’actuel ministre de la Défense Denys Chmygal, nommé il y a moins d’un an, en juillet 2025, par le ministre de la Transformation digitale, Mykhaïlo Fedorov, un nouveau venu en politique âgé de seulement 34 ans.Les premiers jours de 2026 ont été marqués par des bombardements ukrainiens et russes.Vendredi, la Russie a, elle, frappé le centre-ville de Kharkiv, la deuxième cité d’Ukraine, faisant deux morts, selon les autorités locales.

Suisse: après l’incendie du bar de Crans-Montana, identifier les victimes, trouver les causes

Deux jours après l’incendie qui a tué au moins 40 personnes fêtant le nouvel an dans un bar populaire de la station de ski suisse de Crans-Montana, les enquêteurs continuent samedi leur long travail d’identification des corps et de recherche des raisons du drame. Le chef de la police cantonale du Valais, Frédéric Gisler, a indiqué devant la presse vendredi que 113 des 119 blessés – Suisses, Français, Italiens, Serbes, Belge… – avaient pu être “formellement” identifiés. Ils sont traités dans plusieurs hôpitaux en Suisse, mais aussi en France, en Italie ou en Allemagne.Aucune information n’a encore été donnée sur l’identité des 40 morts, mais des dossiers ante mortem pour les disparus ont été ouverts en lien avec plusieurs pays, dont la Belgique, la France, l’Italie, le Portugal, les Philippines, la Roumanie, la Serbie et la Turquie.Plusieurs véhicules transportant les dépouilles de victimes ont commencé à arriver vendredi au centre funéraire de Sion, la capitale régionale. Les autorités helvétiques répètent que le travail d’identification sera long.Laetitia Brodard, une mère habitant les environs de Lausanne, dans l’ouest de la Suisse, a raconté à des journalistes vendredi sa recherche désespérée de son fils Arthur, 16 ans, venu comme de nombreux jeunes fêter le passage à 2026 au bar Le Constellation.Le dernier message d’Arthur disait à 00H03: “Maman, bonne année, je t’aime.” A 00H06, “je lui ai répondu +Je t’aime mon grand+ (…) A 01H28 du matin, j’ai trouvé une vidéo éphémère qu’il a envoyée à ses copains, où ils avaient toute la tablée ensemble à faire la fête”, a-t-elle narré.L’incendie du bar s’est déclaré vers 01H30, au sous-sol.- Identifier un orteil -Sans nouvelles, elle a dû donner de l’ADN, décrire les habits de son fils, est allée en vain dans un hôpital de Lausanne. Le père d’Arthur est parti à Berne en pleine nuit pour tenter d’identifier un pouce. “J’ai reçu la photo de l’orteil d’un pied. On m’a demandé: +Est-ce que c’est votre fils?+”, a ajouté Mme Brodard. “Si on doit le trouver par nous-mêmes, eh bien on se déplacera dans tous les hôpitaux où on nous annonce que peut-être il y a un de nos enfants”, a-t-elle assuré. Et d’énumérer “des hôpitaux dont on n’avait pas parlé avant”, où pourrait être soigné Arthur: Bruxelles, Stuttgart, Milan, Fribourg, Lyon, Liège…Au vu des premiers éléments de l’enquête, “tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale qui ont été mis sur les bouteilles de champagne”, a annoncé la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud. “Et tout a été approché trop près du plafond.”- Brûlés, asphyxiés, écrasés -Le visionnage de nombreuses vidéos par les enquêteurs tend à accréditer les affirmations de nombreux témoins sur ces dispositifs crachant des étincelles. Ces témoins ont également mentionné la présence de mousse sur le plafond du sous-sol, un isolant phonique, qui pourrait expliquer l'”embrasement généralisé” mentionné par les autorités.Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le début de l’embrasement du plafond. A côté, certains filment la scène ou continuent de danser. Sur d’autres vidéos, on voit des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar, d’une capacité maximale de 300 personnes.En plus des brûlures, des victimes ont été écrasées et asphyxiées, tandis que certaines se sont blessées en tentant désespérément de sauver des gens, a indiqué à l’AFP le directeur général de l’Hôpital du Valais, Eric Bonvin.Des témoins ont décrit des scènes d’horreur: des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s’échapper, tandis que d’autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue.La suite de l’enquête “portera notamment sur les travaux effectués au sein du bar, les matériaux qui sont utilisés, les autorisations d’exploiter, les mesures de sécurité”, a détaillé la procureure.Les deux propriétaires du Constellation, un couple de Français, ont été entendus “à titre de personnes appelées à donner des renseignements”, selon la procureure, qui a précisé qu’aucune responsabilité n’avait été établie à ce stade.bur-apo-ag-al/liu/mba/tmt