AFP World

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Prélèvements et biopsies: sur les traces de l’ours polaire en Arctique

Touchée par la fléchette sédative, l’ourse polaire se couche doucement sur le flanc: quelques minutes plus tard, le vétérinaire s’approche, pose un collier GPS, prélève du sang, incise la chair. Tout doit s’enchainer rapidement.  La mission est périlleuse : il fait en moyenne -20°C dans l’Arctique norvégien et l’ours polaire est un prédateur dangereux pour l’homme, il ne faut pas qu’il se réveille.Depuis quarante ans, les experts de l’Institut polaire norvégien (NPI) observent l’ours du Svalbard, sa santé, ses déplacements et les effets du réchauffement climatique trois à quatre fois plus important dans cette région que la moyenne mondiale.  Lors de leur expédition annuelle, en avril, sur le brise-glace de recherche Kronprins Haakon, du nom de l’actuel prince héritier de Norvège, huit scientifiques, accompagnés par un photographe de l’AFP, ont expérimenté de nouvelles méthodologies de suivi de l’Ursus maritimus.Sur ce bâtiment de 100 mètres de long, la journée dépend de la météo qui détermine si l’hélicoptère peut voler et traquer les ours sur la banquise, au GPS ou à la trace. Les “jours blancs”, quand ciel, neige et glace se confondent, c’est impossible.Ce jour-là, le vétérinaire Rolf Arne Olberg est à bord avec deux scientifiques quand l’hélicoptère part en quête des mammifères à l’aide d’une application qui localise la dizaine de femelles équipées pour la première fois l’an dernier d’un collier GPS. – Fréquence cardiaque -Un pied sur le patin de l’hélicoptère, Olberg épaule sa carabine à air comprimé et déclenche le tir de fléchette anesthésiante sur l’animal qui au bruit de l’appareil a commencé à courir. Certains ours, déjà anesthésiés les années précédentes, ne paniquent plus à l’approche de l’hélicoptère.Le dosage de sédatif est adapté à la taille de l’ours et la fléchette doit atteindre un muscle pour être efficace. Observation à la jumelle : si l’anesthésiant a fait effet, l’hélicoptère peut se poser près de l’ours cinq à dix minutes plus tard.Tout doit alors être précis et rapide, malgré les gants chirurgicaux par une température qui peut descendre à -30°C ou le vent. “Nous essayons de minimiser le temps que nous passons près de l’ours” dit le vétérinaire.Au chevet de l’animal, Olberg place un collier GPS ou remplace sa pile, si la femelle est déjà équipée. Les mâles, qui peuvent atteindre 2,60 mètres pour 600 kilos, ne peuvent pas en être dotés car leur cou étant plus gros que leur tête ils le perdraient immédiatement.Le vétérinaire incise ensuite la peau du mammifère pour placer entre la graisse et la chair un capteur cardiaque, petit cylindre de 4 centimètres. Les cinq premiers ont été posés l’an dernier.”C’est un enregistreur qui nous permet d’avoir, sur toute une année, la température corporelle et la fréquence cardiaque des ours”, explique la chercheuse française Marie-Anne Blanchet, spécialiste en écologie spatiale au NPI.”Ces deux paramètres sont reliés aux dépenses énergétiques des ours. Et la dépense énergétique, c’est un petit peu la monnaie qui nous intéresse pour savoir quelle énergie les ours ont besoin de dépenser dans la mesure où leur environnement change”, détaille-t-elle.- Œufs et rennes -Pour la première fois cette année donc, les experts vont pouvoir croiser température corporelle, rythme cardiaque et données GPS, et savoir quand ces ourses appareillées marchent pour atteindre leur zone de chasse, nagent ou restent en tanière.Le vétérinaire prélève aussi de fines lamelles de graisse qu’il insère dans un tube conservé à 37°C, la température corporelle de l’ours. A bord du brise-glace, les tissus graisseux seront exposés à des hormones de stress et polluants puis plongés dans de l’azote liquide pour être analysés plus tard sur terre.Cette nouvelle technique, appelée “slices”, est destinée à mesurer l’impact des “polluants éternels” (PFAS) sur leur santé. “L’idée, c’est de représenter au mieux ce que les ours vivent dans la nature mais en laboratoire”, dit la toxicologue belge Laura Pirard, qui expérimente cette méthode de biopsie sur le mammifère.Ces échantillons de graisse et de sang révèlent déjà l’évolution du régime alimentaire des ours polaires alors que la glace de mer recule. “Ils mangent plus de nourriture terrestre que de phoques. Ils chassent toujours les phoques mais ils prennent également des œufs et des rennes, ils mangent même de l’herbe et des choses comme ça, bien que cela ne leur fournisse aucune énergie”, a constaté le chef scientifique du programme “ours polaires” au NPI, Jon Aars, Le phoque reste cependant une nourriture essentielle pour l’animal.”Même s’ils ne disposent que de trois mois pour chasser, ils peuvent obtenir environ 70% de ce dont ils ont besoin pour toute l’année pendant cette période. C’est probablement pour cette raison que nous constatons qu’ils s’en sortent bien et qu’ils se portent bien”, ajoute-t-il.Mais le chef de mission met en garde : “Si la période (de chasse du phoque) diminue encore, peut-être seront-ils à la peine”.

Prélèvements et biopsies: sur les traces de l’ours polaire en Arctique

Touchée par la fléchette sédative, l’ourse polaire se couche doucement sur le flanc: quelques minutes plus tard, le vétérinaire s’approche, pose un collier GPS, prélève du sang, incise la chair. Tout doit s’enchainer rapidement.  La mission est périlleuse : il fait en moyenne -20°C dans l’Arctique norvégien et l’ours polaire est un prédateur dangereux pour l’homme, il ne faut pas qu’il se réveille.Depuis quarante ans, les experts de l’Institut polaire norvégien (NPI) observent l’ours du Svalbard, sa santé, ses déplacements et les effets du réchauffement climatique trois à quatre fois plus important dans cette région que la moyenne mondiale.  Lors de leur expédition annuelle, en avril, sur le brise-glace de recherche Kronprins Haakon, du nom de l’actuel prince héritier de Norvège, huit scientifiques, accompagnés par un photographe de l’AFP, ont expérimenté de nouvelles méthodologies de suivi de l’Ursus maritimus.Sur ce bâtiment de 100 mètres de long, la journée dépend de la météo qui détermine si l’hélicoptère peut voler et traquer les ours sur la banquise, au GPS ou à la trace. Les “jours blancs”, quand ciel, neige et glace se confondent, c’est impossible.Ce jour-là, le vétérinaire Rolf Arne Olberg est à bord avec deux scientifiques quand l’hélicoptère part en quête des mammifères à l’aide d’une application qui localise la dizaine de femelles équipées pour la première fois l’an dernier d’un collier GPS. – Fréquence cardiaque -Un pied sur le patin de l’hélicoptère, Olberg épaule sa carabine à air comprimé et déclenche le tir de fléchette anesthésiante sur l’animal qui au bruit de l’appareil a commencé à courir. Certains ours, déjà anesthésiés les années précédentes, ne paniquent plus à l’approche de l’hélicoptère.Le dosage de sédatif est adapté à la taille de l’ours et la fléchette doit atteindre un muscle pour être efficace. Observation à la jumelle : si l’anesthésiant a fait effet, l’hélicoptère peut se poser près de l’ours cinq à dix minutes plus tard.Tout doit alors être précis et rapide, malgré les gants chirurgicaux par une température qui peut descendre à -30°C ou le vent. “Nous essayons de minimiser le temps que nous passons près de l’ours” dit le vétérinaire.Au chevet de l’animal, Olberg place un collier GPS ou remplace sa pile, si la femelle est déjà équipée. Les mâles, qui peuvent atteindre 2,60 mètres pour 600 kilos, ne peuvent pas en être dotés car leur cou étant plus gros que leur tête ils le perdraient immédiatement.Le vétérinaire incise ensuite la peau du mammifère pour placer entre la graisse et la chair un capteur cardiaque, petit cylindre de 4 centimètres. Les cinq premiers ont été posés l’an dernier.”C’est un enregistreur qui nous permet d’avoir, sur toute une année, la température corporelle et la fréquence cardiaque des ours”, explique la chercheuse française Marie-Anne Blanchet, spécialiste en écologie spatiale au NPI.”Ces deux paramètres sont reliés aux dépenses énergétiques des ours. Et la dépense énergétique, c’est un petit peu la monnaie qui nous intéresse pour savoir quelle énergie les ours ont besoin de dépenser dans la mesure où leur environnement change”, détaille-t-elle.- Œufs et rennes -Pour la première fois cette année donc, les experts vont pouvoir croiser température corporelle, rythme cardiaque et données GPS, et savoir quand ces ourses appareillées marchent pour atteindre leur zone de chasse, nagent ou restent en tanière.Le vétérinaire prélève aussi de fines lamelles de graisse qu’il insère dans un tube conservé à 37°C, la température corporelle de l’ours. A bord du brise-glace, les tissus graisseux seront exposés à des hormones de stress et polluants puis plongés dans de l’azote liquide pour être analysés plus tard sur terre.Cette nouvelle technique, appelée “slices”, est destinée à mesurer l’impact des “polluants éternels” (PFAS) sur leur santé. “L’idée, c’est de représenter au mieux ce que les ours vivent dans la nature mais en laboratoire”, dit la toxicologue belge Laura Pirard, qui expérimente cette méthode de biopsie sur le mammifère.Ces échantillons de graisse et de sang révèlent déjà l’évolution du régime alimentaire des ours polaires alors que la glace de mer recule. “Ils mangent plus de nourriture terrestre que de phoques. Ils chassent toujours les phoques mais ils prennent également des œufs et des rennes, ils mangent même de l’herbe et des choses comme ça, bien que cela ne leur fournisse aucune énergie”, a constaté le chef scientifique du programme “ours polaires” au NPI, Jon Aars, Le phoque reste cependant une nourriture essentielle pour l’animal.”Même s’ils ne disposent que de trois mois pour chasser, ils peuvent obtenir environ 70% de ce dont ils ont besoin pour toute l’année pendant cette période. C’est probablement pour cette raison que nous constatons qu’ils s’en sortent bien et qu’ils se portent bien”, ajoute-t-il.Mais le chef de mission met en garde : “Si la période (de chasse du phoque) diminue encore, peut-être seront-ils à la peine”.

Prélèvements et biopsies: sur les traces de l’ours polaire en Arctique

Touchée par la fléchette sédative, l’ourse polaire se couche doucement sur le flanc: quelques minutes plus tard, le vétérinaire s’approche, pose un collier GPS, prélève du sang, incise la chair. Tout doit s’enchainer rapidement.  La mission est périlleuse : il fait en moyenne -20°C dans l’Arctique norvégien et l’ours polaire est un prédateur dangereux pour …

Prélèvements et biopsies: sur les traces de l’ours polaire en Arctique Read More »

Le Venezuela dénonce des “tortures” dans une prison de haute sécurité du Salvador

Violences sexuelles, passages à tabac, nourriture avariée: le Venezuela a dénoncé lundi les “tortures” infligées à ses ressortissants expulsés par les Etats-Unis vers une prison pour membres de gangs au Salvador.Après quatre mois d’incarcération au Centre de confinement du terrorisme (Cecot), prison de haute sécurité du Salvador, ces 252 Vénézuéliens ont été rapatriés vendredi dans le cadre d’un accord entre Washington et Caracas, qui en échange a libéré dix citoyens et résidents américains détenus au Venezuela. “Nous avons décidé d’ouvrir une enquête officielle”, a déclaré le procureur général vénézuélien Tarek William Saab lors d’une conférence de presse à Caracas lundi. Elle vise le président salvadorien Nayib Bukele et d’autres membres de son gouvernement, accusés par le Venezuela de crimes contre l’humanité.”J’appelle la Cour pénale internationale, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, les organismes correspondants tant en Amérique qu’à travers le monde, à faire de même, à faire leur part”, a ajouté le procureur. Selon M. Saab, 80 fonctionnaires du ministère public ont interrogé les migrants à leur retour au pays.- “Sortis de l’enfer” -Andry Hernandez Romero, un coiffeur et maquilleur de 32 ans qui s’est retrouvé au Cecot, déclare dans l’une de ces vidéos avoir subi des violences sexuelles.”Nous avons subi des tortures, des agressions physiques et psychologiques”, dit-il. “J’ai été abusé sexuellement par les autorités salvadoriennes elles-mêmes”, affirme-t-il, ajoutant: “Nous pensions que nous ne reverrions jamais nos proches”.Le procureur vénézuélien a également évoqué “l’isolement dans des cellules inhumaines (…) sans contact avec la lumière du soleil, sans ventilation” et “les attaques systématiques” avec des balles en caoutchouc.De la nourriture avariée et de l’eau non potable étaient servies aux détenus, qui n’ont à aucun moment pu parler à un avocat ou à un membre de leur famille.”Le régime Maduro était satisfait de l’accord d’échange, c’est pourquoi il l’a accepté”, a réagi M. Bukele sur le réseau social X. Il a ajouté que les autorités vénézuéliennes “crient et s’indignent maintenant, mais pas parce qu’elles ne sont pas d’accord avec l’accord, mais parce qu’elles viennent de se rendre compte qu’elles n’ont plus d’otages du pays le plus puissant du monde” (les États-Unis).Le Venezuela fait lui-même l’objet d’une enquête pour crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale. L’opposition au gouvernement Maduro dénonce régulièrement les tortures dans les prisons vénézuéliennes et l’interdiction pour les détenus de recourir à un avocat de leur choix.- Négociation -Les migrants rapatriés font l’objet d’examens médicaux et n’ont pas encore retrouvé leurs familles.Mercedes Yamarte a préparé une fête pour accueillir son fils Mervin dans le quartier de Los Pescadores, à Maracaibo (ouest). Ballons, banderoles et nourriture sont prêts, mais elle ignore quand il arrivera. Mervin lui a téléphoné. “Cela faisait quatre mois et sept jours que je n’avais pas entendu la voix de mon fils, l’entendre a été une joie que je ne peux pas décrire”, a déclaré Mme Yamarte à l’AFP.Invoquant une loi de 1798 sur les ennemis de l’étranger rarement utilisée, les Etats-Unis avaient expulsé en mars, sans procès, ces 252 Vénézuéliens, accusés d’appartenir au Tren de Aragua, un gang criminel que Washington qualifie d'”organisation terroriste”.Leur libération du Cecot a été le résultat d’une négociation avec les Etats-Unis. L’accord a été finalisé quelques heures à peine avant l’échange effectif vendredi, selon le gouvernement vénézuélien. “Les négociations ont été uniquement avec les Etats-Unis, avec le gouvernement des Etats-Unis”, a assuré dimanche le négociateur et président du Parlement vénézuélien, Jorge Rodriguez, à la chaîne officielle Telesur. “Il ne nous est jamais venu à l’esprit de parler au clown”, a-t-il ajouté, faisant référence au président salvadorien, Nayib Bukele. Ce dernier “était le messager de ceux qui avaient organisé la présence de Vénézuéliens dans ce camp de concentration”.Le président vénézuélien Nicolas Maduro a dénoncé des “manœuvres” de “dernière minute” de la part de M. Bukele pour tenter d'”empêcher le départ” de ses compatriotes, au cours de son émission télévisée.L’échange négocié avec Washington a inclus la libération de 80 autres Vénézuéliens détenus au Venezuela, considérés comme “prisonniers politiques” par les opposants au gouvernement de Nicolas Maduro. M. Rodriguez a assuré que cette mesure coïncidait avec un processus de négociation interne parallèle.La cheffe de l’opposition Maria Corina Machado a dit y voir un “échange de prisonniers de guerre”, dans une interview à Fox News.

Le Venezuela dénonce des “tortures” dans une prison de haute sécurité du Salvador

Violences sexuelles, passages à tabac, nourriture avariée: le Venezuela a dénoncé lundi les “tortures” infligées à ses ressortissants expulsés par les Etats-Unis vers une prison pour membres de gangs au Salvador.Après quatre mois d’incarcération au Centre de confinement du terrorisme (Cecot), prison de haute sécurité du Salvador, ces 252 Vénézuéliens ont été rapatriés vendredi dans le cadre d’un accord entre Washington et Caracas, qui en échange a libéré dix citoyens et résidents américains détenus au Venezuela. “Nous avons décidé d’ouvrir une enquête officielle”, a déclaré le procureur général vénézuélien Tarek William Saab lors d’une conférence de presse à Caracas lundi. Elle vise le président salvadorien Nayib Bukele et d’autres membres de son gouvernement, accusés par le Venezuela de crimes contre l’humanité.”J’appelle la Cour pénale internationale, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, les organismes correspondants tant en Amérique qu’à travers le monde, à faire de même, à faire leur part”, a ajouté le procureur. Selon M. Saab, 80 fonctionnaires du ministère public ont interrogé les migrants à leur retour au pays.- “Sortis de l’enfer” -Andry Hernandez Romero, un coiffeur et maquilleur de 32 ans qui s’est retrouvé au Cecot, déclare dans l’une de ces vidéos avoir subi des violences sexuelles.”Nous avons subi des tortures, des agressions physiques et psychologiques”, dit-il. “J’ai été abusé sexuellement par les autorités salvadoriennes elles-mêmes”, affirme-t-il, ajoutant: “Nous pensions que nous ne reverrions jamais nos proches”.Le procureur vénézuélien a également évoqué “l’isolement dans des cellules inhumaines (…) sans contact avec la lumière du soleil, sans ventilation” et “les attaques systématiques” avec des balles en caoutchouc.De la nourriture avariée et de l’eau non potable étaient servies aux détenus, qui n’ont à aucun moment pu parler à un avocat ou à un membre de leur famille.”Le régime Maduro était satisfait de l’accord d’échange, c’est pourquoi il l’a accepté”, a réagi M. Bukele sur le réseau social X. Il a ajouté que les autorités vénézuéliennes “crient et s’indignent maintenant, mais pas parce qu’elles ne sont pas d’accord avec l’accord, mais parce qu’elles viennent de se rendre compte qu’elles n’ont plus d’otages du pays le plus puissant du monde” (les États-Unis).Le Venezuela fait lui-même l’objet d’une enquête pour crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale. L’opposition au gouvernement Maduro dénonce régulièrement les tortures dans les prisons vénézuéliennes et l’interdiction pour les détenus de recourir à un avocat de leur choix.- Négociation -Les migrants rapatriés font l’objet d’examens médicaux et n’ont pas encore retrouvé leurs familles.Mercedes Yamarte a préparé une fête pour accueillir son fils Mervin dans le quartier de Los Pescadores, à Maracaibo (ouest). Ballons, banderoles et nourriture sont prêts, mais elle ignore quand il arrivera. Mervin lui a téléphoné. “Cela faisait quatre mois et sept jours que je n’avais pas entendu la voix de mon fils, l’entendre a été une joie que je ne peux pas décrire”, a déclaré Mme Yamarte à l’AFP.Invoquant une loi de 1798 sur les ennemis de l’étranger rarement utilisée, les Etats-Unis avaient expulsé en mars, sans procès, ces 252 Vénézuéliens, accusés d’appartenir au Tren de Aragua, un gang criminel que Washington qualifie d'”organisation terroriste”.Leur libération du Cecot a été le résultat d’une négociation avec les Etats-Unis. L’accord a été finalisé quelques heures à peine avant l’échange effectif vendredi, selon le gouvernement vénézuélien. “Les négociations ont été uniquement avec les Etats-Unis, avec le gouvernement des Etats-Unis”, a assuré dimanche le négociateur et président du Parlement vénézuélien, Jorge Rodriguez, à la chaîne officielle Telesur. “Il ne nous est jamais venu à l’esprit de parler au clown”, a-t-il ajouté, faisant référence au président salvadorien, Nayib Bukele. Ce dernier “était le messager de ceux qui avaient organisé la présence de Vénézuéliens dans ce camp de concentration”.Le président vénézuélien Nicolas Maduro a dénoncé des “manœuvres” de “dernière minute” de la part de M. Bukele pour tenter d'”empêcher le départ” de ses compatriotes, au cours de son émission télévisée.L’échange négocié avec Washington a inclus la libération de 80 autres Vénézuéliens détenus au Venezuela, considérés comme “prisonniers politiques” par les opposants au gouvernement de Nicolas Maduro. M. Rodriguez a assuré que cette mesure coïncidait avec un processus de négociation interne parallèle.La cheffe de l’opposition Maria Corina Machado a dit y voir un “échange de prisonniers de guerre”, dans une interview à Fox News.

Crash d’un avion militaire sur une école au Bangladesh: le bilan monte à 27 morts

Le bilan provisoire de la chute accidentelle d’un avion de chasse de l’armée de l’air du Bangladesh sur un complexe scolaire de Dacca s’est aggravé mardi pour passer à 27 morts, pour l’essentiel des élèves victimes de brûlures.”A cet instant, 27 personnes sont mortes, dont 25 enfants et le pilote”, a déclaré devant la presse un haut-responsable du ministère de la Santé et de la Famille, Sayedur Rahman.Sur les quelque 170 blessés recensés par les secours dans les heures qui ont suivi l’accident, “78 sont toujours soignés dans différents hôpitaux” de la capitale, a ajouté M. Rahman.Selon l’armée, l’avion, un F-7 BGI de fabrication chinoise, a été victime d’un problème technique et s’est écrasé lundi en début d’après-midi sur le complexe scolaire de Milestone, dans le nord-ouest de Dacca.Cette catastrophe aérienne est la plus meurtrière survenue depuis des décennies au Bangladesh, qui observe mardi une journée de deuil national.Le monoréacteur, qui avait décollé quelques minutes plus tôt d’une base aérienne de la banlieue de Dacca, a percuté un bâtiment de deux étages où se tenaient des cours, qui s’est aussitôt embrasé.Au lendemain de l’accident, le complexe scolaire de Milestone, qui accueille en temps normal quelque 7.000 élèves, est resté largement désert, a constaté une journaliste de l’AFP.”L’école a perdu la vie, comme ses enfants”, a commenté un enseignant, Shahadat Hosein, 45 ans, croisé près d’une aire de jeu vide.Devant le bâtiment détruit par la chute de l’avion, un enfant de 11 ans se tient debout, silencieux.”Il est sorti de la classe deux ou trois minutes avant la catastrophe. Il a perdu son meilleur ami”, a raconté à l’AFP son père, Abul Bashar, un des gardiens de l’école.- “Traumatisme” -“Il n’a pas pu dormir de toute la nuit et m’a demandé ce matin de le conduire à l’école”, poursuit le père. “Je ne sais pas combien de temps il faudra pour revenir à la normale, pour effacer ce traumatisme de l’esprit des élèves”.Autour d’une aire de jeu, des enseignants se sont réunis, en pleurs. A voix basse, certains se demandent comment un avion militaire a pu être autorisé à voler au-dessus de la ville.Sur le site de l’accident, délimité par une banderole jaune et débarrassé pendant la nuit des principaux débris de l’avion, des militaires continuent à fouiller à la recherche d’indices.”Ils continuent à ramasser des éléments de preuve, y compris des restes de corps ou des effets appartenant aux écoliers”, a expliqué à l’AFP un officier de police sur place, Pohone Chakma.Le pilote du F-7, le lieutenant Towkir Islam, 27 ans, qui selon son oncle effectuait son premier vol sans instructeur sur ce type d’appareil, est décédé des suites de ses blessures.Selon l’armée, il a vainement tenté d’éloigner son appareil en chute des zones habitées.Une enquête a été ouverte par l’armée pour déterminer les causes de l’accident, notamment de l’avarie technique subie par l’avion.”Il semble qu’il ait été victime d’un problème mécanique. La cause exacte fait l’objet d’une enquête”, a affirmé l’armée lundi.De nombreux élèves du bâtiment ont été victimes de graves brûlures. La plupart ont été hospitalisés au service des urgences de l’Institut national des grands brûlés de Dacca.Le chef du gouvernement provisoire bangladais, le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, a décrété mardi un jour de deuil national.