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Suisse: premiers corps identifiés après l’incendie meurtrier d’un bar
Les premiers corps des victimes de l’incendie en Suisse d’un bar bondé de la station de ski de Crans-Montana la nuit du nouvel an ont été identifiés par la police qui poursuivait samedi son difficile labeur d’identification et de recherche des causes du drame qui a fait 40 morts.Les corps de deux Suissesses âgées de 21 et 16 ans et de deux Suisses de 18 et 16 ans ont été remis à leurs familles, a indiqué la police du canton du Valais, dans le sud-ouest de la Suisse.Vendredi, la même source avait a annoncé que 113 des 119 blessés parmi lesquels 71 Suisses, 14 Français (16 selon le ministère français des Affaires étrangères samedi), 11 Italiens, quatre Serbes, mais aussi un Bosniaque, un Belge, un Luxembourgeois, un Polonais et un Portugais avaient pu être formellement identifiés.Au coeur de la station huppée des Alpes suisses, fleurs, bougies et petites peluches continuaient d’affluer samedi à proximité du lieu du drame, le bar Le Constellation, où les personnes se recueillaient, souvent en silence.”Courage à toutes les familles de victimes, on pense fort à Stefan en espérant qu’il va bien, un héro(s)”, ce mot signé d’un coeur a été accroché à un petit sapin posé près d’une chapelle ardente à proximité du bar.Alors que l’identification devrait durer plusieurs jours, selon les autorités, des dossiers ante mortem pour les disparus ont été ouverts en lien avec plusieurs pays parmi lesquelles la Belgique, la France, l’Italie, le Portugal, les Philippines, la Roumanie, la Serbie et la Turquie.Dans son dernier point sur l’activation de son mécanisme de protection civile pour répondre à des situations d’urgence, la Commission européenne a indiqué à Bruxelles que 24 patients-grands brûlés avaient été transférés dans des hôpitaux de France, Belgique, Allemagne et Italie jusqu’à vendredi.- Identifications délicates -A Milan, Guido Bertolaso, responsable régional de la santé de Lombardie, a indiqué à la presse qu’une jeune fille de 15 ans grièvement atteinte devait arriver samedi à Milan par hélicoptère en provenance de Lausanne.Deux autres garçons vraisemblablement italiens, a-t-il précisé, se trouvent également au centre des grands brûlés de Zurich, en attente de tests ADN.”Pourquoi ne pouvons-nous pas les identifier ? Parce que leurs visages sont entièrement recouverts de bandages. (…) Nous ne pouvons donc pas retirer les bandages pour les distinguer. Ils sont intubés et ne peuvent donc pas parler. Nous devons attendre de pouvoir les identifier formellement”, a déclaré M. Bertolaso.Les hommages et appels à se rassembler sont lancés dans le Valais. Plusieurs messes à l’intention des victimes sont prévues, dont une samedi à 18H00 (17H00 GMT) à Montana. Et le ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans, est attendu dans la journée dans la station.Selon les premiers éléments de l’enquête, “tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale qui ont été mis sur les bouteilles de champagne”, a annoncé vendredi la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud.Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le début de l’embrasement du plafond. A côté, de jeunes adolescents filment la scène, semble-t-il inconscients du danger. Sur d’autres vidéos, on voit ensuite des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar, d’une capacité maximale de 300 personnes.Des témoins ont décrit des scènes d’horreur: des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s’échapper, tandis que d’autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue.Outre les bougies, les enquêteurs se penchent également sur la mousse acoustique recouvrant le plafond du sous-sol du bar, qui semble s’être rapidement embrasée si l’on se fie aux vidéos circulant sur les réseaux sociaux. “L’enquête déterminera si cette mousse est conforme”, a déclaré vendredi devant la presse la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud.”On voit que les matériaux forment des flammes, les flammes se propagent, il y a des gouttes enflammées qui tombent. Donc là on est plutôt sur des matériaux facilement, voire très facilement inflammables, sur des matériaux qui en France ne sont pas autorisés”, a déclaré à l’AFP Freddy Rigaux, officier sapeur-pompier français professionnel pendant 15 ans et expert judiciaire auprès de la cour d’appel de Rouen.- Le patron “en deuil” -“C’est très triste, profondément triste”, se désole un touriste français, rencontré samedi à Crans-Montana skis dans les mains et qui veut rester anonyme.Mais cela semble être “un scénario habituel : un bar qui n’est d’après les premiers éléments pas forcément aux normes et qui a fait n’importe quoi, et des jeunes qui ne sont pas aperçus forcément des risques. Ce genre de drames est déjà survenu ailleurs. Si seulement celui pouvait faire prendre conscience aux jeunes ou moins jeunes des risques, de regarder les issues de secours, etc”, a-t-il dit à l’AFP.La suite de l’enquête “portera notamment sur les travaux effectués au sein du bar, les matériaux qui sont utilisés, les autorisations d’exploiter, les mesures de sécurité”, a détaillé la procureure.Les deux propriétaires du Constellation, un couple de Français, ont été entendus “à titre de personnes appelées à donner des renseignements”, selon la procureure, qui a précisé qu’aucune responsabilité n’avait été établie à ce stade.Interpellé samedi par quelques journalistes devant son domicile de la commune voisine de Lens, le propriétaire du bar, Jacques Moretti, a lancé: “laissez-nous tranquilles, nous aussi nous sommes en deuil”.bur-apo-ag-al/bfi
Les principaux contentieux entre les Etats-Unis et le Venezuela
Régularité des élections, embargo pétrolier, narcotrafic ou migrants, les Etats-Unis et le Venezuela de Nicolas Maduro, où Donald Trump a annoncé samedi avoir lancé une “attaque de grande envergure”, ont depuis 2013 de nombreux contentieux. Rappel des principaux:- Démocratie -Washington, comme une partie de la communauté internationale, ne reconnaît pas au socialiste Nicolas Maduro une …
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Iran: Khamenei estime “justes” les revendications économiques des manifestants
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a estimé samedi que les revendications économiques des manifestants en Iran étaient “justes” mais que les “émeutiers” devaient être “remis à leur place”, au septième jour d’un mouvement de contestation.Le mouvement, initialement lié au coût de la vie, est parti le 28 décembre de Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique, et s’est depuis élargi à des revendications politiques.Au moins huit personnes ont été tuées depuis mercredi lors d’affrontements, dont des membres des forces de sécurité, selon un bilan officiel.L’agence de presse Mehr a rapporté samedi la mort d’un membre des forces de sécurité, tué “à l’arme blanche et par balles” dans l’ouest de l’Iran.”Ali Azizi, membre du Bassidj, est tombé en martyr après avoir été poignardé à l’arme blanche et tué par balles dans la ville de Harsin, lors d’un rassemblement d’émeutiers armés” vendredi, a indiqué Mehr, citant les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.Les forces du Bassidj sont des milices de volontaires islamistes, affiliées aux Gardiens.La contestation touche ou a touché, à des degrés divers, au moins 25 villes différentes, selon un comptage de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias.Essentiellement de taille moyenne, ces villes sont situées dans l’ouest et le sud-ouest de l’Iran où des dégradations et des affrontements ont été rapportés.Devant des fidèles rassemblés à Téhéran à l’occasion d’une fête chiite, l’ayatollah Khamenei a estimé “justes” les revendications économiques des manifestants.”Les autorités du pays le reconnaissent, le président et d’autres responsables de haut rang s’efforcent de résoudre ce problème”, a-t-il déclaré. “C’est pourquoi les commerçants ont protesté contre cette situation, et c’est tout à fait juste”, a ajouté M. Khamenei, au pouvoir depuis 1989.”Nous dialoguons avec les manifestants (…) mais il est inutile de dialoguer avec les émeutiers. Ces derniers doivent être remis à leur place”, a toutefois affirmé le guide suprême.Depuis le début des protestations, le pouvoir joue à la fois sur l’apaisement, reconnaissant des “revendications légitimes” liées aux difficultés économiques, et sur la fermeté face à toute tentative de déstabilisation.L’agence Fars a fait état samedi de rassemblements la veille dans plusieurs quartiers populaires de Téhéran, qui compte environ 10 millions d’habitants. Samedi, jour férié, la situation semblait calme avec des rues quasi-désertes dans la capitale, par temps pluvieux et enneigé, a constaté l’AFP.- Drapeau brûlé -A Darehshahr, dans l’ouest de l’Iran, environ 300 personnes ont lancé des cocktails Molotov, bloqué des rues et “exhibé des kalachnikovs” vendredi, a rapporté l’agence de presse Fars.Selon l’agence Tasnim, qui cite un responsable local, un homme a par ailleurs été tué vendredi dans la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, par l’explosion “dans ses mains” d’une grenade qu’il comptait utiliser.Les autorités et les médias iraniens ne communiquent pas nécessairement et en détail sur tous les incidents, ce qui complique l’appréciation des événements. Des vidéos sur la mobilisation inondent les réseaux sociaux, mais toutes ne peuvent pas être authentifiées.A Karaj, en périphérie de Téhéran, “quelques personnes ont brûlé le drapeau iranien en criant +Mort au dictateur!+ et +C’est pas la dernière bataille, Pahlavi revient!+”, a rapporté Fars, ajoutant que ces slogans avaient suscité des “protestations”.La dynastie Pahlavi (1925-1979), pro-occidentale et alliée des Etats-Unis, a été renversée par la Révolution islamique.Ces protestations sont toutefois de moindre ampleur que celles qui avaient secoué l’Iran fin 2022 après la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée par la police des moeurs pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin. En 2019, des manifestations avaient aussi éclaté après l’annonce d’une envolée du prix de l’essence. La contestation avait alors touché une centaine de villes, notamment Téhéran, et fait des dizaines de morts.
Frappes américaines sur le Venezuela, capture et exfiltration de Maduro, annonce Trump
Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi que les forces américaines avaient capturé et exfiltré le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une “attaque de grande envergure” contre le pays sud-américain.”Les Etats-Unis d’Amérique ont mené avec succès une attaque de grande envergure contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolas Maduro, qui, avec son épouse, a été capturé et exfiltré du pays”, a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social. Il a ajouté qu’il ferait une conférence de presse à 11H00 (16H00 GMT) dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, au sujet de ces frappes, dont le bilan humain est dans l’immédiat inconnu. Le numéro deux du Département d’Etat américain, Christopher Landau, a proclamé une “nouvelle ère” pour le Venezuela, dont le gouvernement socialiste est accusé par Washington de jouer un rôle majeur dans le narcotrafic.La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a déclaré à la télévision ignorer où se trouvait le président Maduro et exigé des Etats-Unis “une preuve de vie” du couple Maduro. Caracas a dénoncé une “très grave agression militaire” après les frappes en pleine nuit autour de la capitale et sa région, que le président colombien, Gustavo Petro, a attribuées à une attaque “de missiles”.De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 02H00 du matin (06H00 GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 03H15 (07H15 GMT), a constaté l’AFP.Donald Trump accuse depuis des mois le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, ce que l’intéressé dément.”Le Venezuela rejette et dénonce (…) la très grave agression militaire perpétrée par (…) les Etats-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens, dans les localités civiles et militaires de Caracas et les Etats de Miranda, Aragua et La Guaira autour de Caracas”, a indiqué un communiqué du gouvernement. “L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais, en tentant de briser par la force l’indépendance politique de la Nation”, poursuit le communiqué.Le gouvernement “appelle toutes les forces sociales et politiques du pays à activer les plans de mobilisation”, selon le texte qui annonce que Nicolas Maduro “a signé et ordonné la mise en œuvre du Décret déclarant l’état d’urgence”.- Déploiement massif -Le ministre vénézuélien de la Défense a accusé, dans un discours enregistré sur les réseaux sociaux samedi à l’aube, l’armée américaine d’avoir “frappé des zones résidentielles”, et a promis également un déploiement massif de tous les moyens militaires du pays. “Les forces envahisseuses (…) ont profané notre sol (…) allant jusqu’à frapper, au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat, des zones résidentielles de population civile”, a déclaré le général Vladimir Padrino Lopez, indiquant être de “train de recueillir les informations relatives aux blessés et aux morts”. Il a aussi promis “le déploiement massif de tous les moyens terrestres, aériens, navals, fluviaux et balistiques, système d’armes pour la défense intégrale”.L’offensive américaine survient alors que Donald Trump avait évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président Maduro étaient “comptés”, après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes contre le narcotrafic et mené des frappes meurtrières contre des bateaux.”Alerte générale, ils ont attaqué le Venezuela”, a écrit sur son compte X le président colombien, proche de M. Maduro. M. Petro a demandé une réunion “immédiate” de l’Organisation des Etats américains (OEA) et de l’ONU pour se prononcer sur la “légalité internationale” de cette “agression”.Il a annoncé samedi avoir ordonné le déploiement de militaires à la frontière avec le Venezuela. M. Petro a qualifié les bombardements américains d'”agression contre la souveraineté” de l’Amérique latine et affirmé qu’elles entraîneraient une crise humanitaire.L’Iran, qui entretient des liens étroits avec le Venezuela, a condamné “fermement l’attaque militaire américaine” contre ce pays et la Russie l’a jugée “profondément inquiétante et condamnable”. – “Beaucoup de détonations” -Des explosions ont été entendues à l’aéroport et au port de Caracas, a affirmé une habitante de la Guaira à l’AFP, sous couvert d’anonymat.D’autres habitants ont dit à l’AFP avoir entendu des explosions à Higuerote, à une centaine de km à l’est de Caracas.Dans beaucoup de quartiers, les habitants se sont rués à leur fenêtres et terrasses pour tenter de comprendre ce qui se passait.Le courant a été coupé dans certains secteurs de la ville, selon des habitants.”Depuis ici, on entend des explosions près de Fuerte Tiuna, je vis (dans le quartier voisin) à Valle. En ce moment, on entend quelque chose qui ressemble à une mitrailleuse, comme une défense contre les bombardiers”, a affirmé à l’AFP Emmanuel Parabavis, 29 ans, employé dans les relations publiques. “On entend beaucoup de détonations et de coups de feu”, a-t-il ajouté.”J’étais en train de dormir quand ma copine m’a réveillé et dit qu’ils étaient en train de bombarder. J’entends les avions”, a affirmé Francis Peña, 29 ans. “On commence à préparer à la maison, un sac avec les affaires les plus importantes: passeport, cartes, liquide, bougie, une tenue de rechange, des conserves. On commence à charger tout ce qu’on peut charger et on est déjà habillées, au cas où”, a-t-il ajouté.Le président Trump a déclaré lundi que les Etats-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela, ce qui serait la première attaque terrestre américaine sur le sol vénézuélien.Le président Maduro s’était lui montré confiant lors d’une interview diffusée jeudi affirmant: “le système de défense nationale a garanti et garantit l’intégrité territoriale, la paix du pays et l’usage et la jouissance de tous nos territoires”.




