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Ukraine: le Kremlin s’attend à des négociations “très compliquées” avec Kiev à Istanbul

Le Kremlin a dit s’attendre à “une discussion très compliquée” avec Kiev lors des négociations de paix prévues mercredi soir à Istanbul, éloignant à nouveau la possibilité d’avancées diplomatiques rapides pour mettre fin à la guerre lancée en 2022.”Personne ne s’attend à un chemin facile. Bien entendu, ce sera une discussion très compliquée”, a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, en répétant que les propositions respectives des belligérants pour arrêter le conflit étaient “diamétralement opposées”.Une source au sein de la délégation de Kiev — arrivée en début d’après-midi à Ankara pour des réunions avec des responsables turcs avant de se rendre à Istanbul — a dit à l’AFP espérer une “position constructive” de la Russie et qu’elle renonce “à ses ultimatums”.La délégation russe est, pour sa part, arrivée par avion en milieu d’après-midi à Istanbul, ont rapporté les agences de presses russes.Cette troisième session d’échanges directs à Istanbul qui doit commencer autour de 19H00 locales (16H00 GMT), selon un responsable du ministère turc des Affaires étrangères, intervient une nouvelle fois sous la pression du président américain Donald Trump qui a donné à Moscou, mi-juillet, 50 jours pour parvenir à un accord avec Kiev, sous peine de sanctions sévères.Kiev et ses alliés occidentaux accusent le Kremlin de bloquer les négociations en maintenant des demandes maximalistes, alors que l’armée russe, plus nombreuse et mieux équipée, poursuit ses attaques sur le front, où elle grignote chaque jour du terrain.Mercredi, le ministère russe de la Défense a ainsi revendiqué la conquête d’un nouveau village, Varatchyné, dans la région ukrainienne de Soumy (nord-est).- “Mémorandums” et échanges de prisonniers -Dans ce sens, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas avait jugé que le délai de 50 jours de M. Trump représentait une durée “très longue” quand des “civils innocents meurent tous les jours”.  L’invasion russe de l’Ukraine déclenchée en février 2022 a fait a minima des dizaines de milliers de morts civils et militaires dans les deux camps.Les positions des deux camps semblent actuellement irréconciliables. Les précédents pourparlers à Istanbul de mai et juin n’avaient débouché que sur des accords d’échanges de prisonniers et de corps de soldats tués.La délégation ukrainienne à Istanbul sera menée comme les fois précédentes par l’ex-ministre de la Défense Roustem Oumerov, réputé fin diplomate.L’équipe russe sera elle menée, aussi comme les fois précédentes, par un responsable de second plan, au grand dam de Kiev: l’ex-ministre de la Culture et historien nationaliste Vladimir Medinski.Ces négociations se tiendront sous la houlette du chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan et en présence du patron des renseignements, le MIT, Ibrahim Kalin.Selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, les discussions prévues mercredi porteront principalement sur les “mémorandums” échangés en juin par les deux camps et comprenant leurs propositions de paix.Il sera également question, lors des pourparlers, “du processus très important” d’échanges de prisonniers, a confirmé M. Peskov.Kiev, selon une source au sein de la délégation ukrainienne à l’AFP, veut également discuter d’échange de prisonniers, ainsi que du rapatriement d’enfants ukrainiens emmenés en Russie et d’une potentielle rencontre entre les présidents Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine.- Nouvelles frappes nocturnes -Sur le terrain, les frappes et combats se poursuivent. Dans la nuit, 71 drones russes ont visé l’Ukraine, selon l’armée de l’air, blessant deux enfants dans la région ukrainienne de Kherson (sud) où une femme a également été tuée par une frappe d’artillerie russe, d’après les autorités locales.  Pour sa part, l’armée russe a affirmé avoir neutralisé pendant la nuit 33 drones ukrainiens lancés contre son territoire. La Russie réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées de l’est et du sud du pays, en plus de la Crimée annexée en 2014, renonce aux livraisons d’armes occidentales et à toute adhésion à l’Otan.Des conditions inacceptables pour l’Ukraine, qui veut le retrait des troupes russes de son territoire et des garanties de sécurité occidentales dont la poursuite des livraisons d’armes et le déploiement d’un contingent européen, ce à quoi s’oppose Moscou.Kiev insiste aussi, de concert avec ses alliés européens, sur la nécessité d’un cessez-le-feu de 30 jours, auquel se refuse Moscou, dont les forces ont l’avantage sur le terrain.Depuis son retour au pouvoir en janvier, le dirigeant américain Donald Trump a lui repris le contact avec Moscou pour tenter d’arrêter la guerre, sans grands résultats. Ces dernières semaines, il a exprimé sa frustration à l’égard de Moscou. Il a également affirmé que des équipements militaires américains, payés par des pays européens membres de l’Otan, seraient envoyés à l’Ukraine.

Ukraine: le Kremlin s’attend à des négociations “très compliquées” avec Kiev à Istanbul

Le Kremlin a dit s’attendre à “une discussion très compliquée” avec Kiev lors des négociations de paix prévues mercredi soir à Istanbul, éloignant à nouveau la possibilité d’avancées diplomatiques rapides pour mettre fin à la guerre lancée en 2022.”Personne ne s’attend à un chemin facile. Bien entendu, ce sera une discussion très compliquée”, a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, en répétant que les propositions respectives des belligérants pour arrêter le conflit étaient “diamétralement opposées”.Une source au sein de la délégation de Kiev — arrivée en début d’après-midi à Ankara pour des réunions avec des responsables turcs avant de se rendre à Istanbul — a dit à l’AFP espérer une “position constructive” de la Russie et qu’elle renonce “à ses ultimatums”.La délégation russe est, pour sa part, arrivée par avion en milieu d’après-midi à Istanbul, ont rapporté les agences de presses russes.Cette troisième session d’échanges directs à Istanbul qui doit commencer autour de 19H00 locales (16H00 GMT), selon un responsable du ministère turc des Affaires étrangères, intervient une nouvelle fois sous la pression du président américain Donald Trump qui a donné à Moscou, mi-juillet, 50 jours pour parvenir à un accord avec Kiev, sous peine de sanctions sévères.Kiev et ses alliés occidentaux accusent le Kremlin de bloquer les négociations en maintenant des demandes maximalistes, alors que l’armée russe, plus nombreuse et mieux équipée, poursuit ses attaques sur le front, où elle grignote chaque jour du terrain.Mercredi, le ministère russe de la Défense a ainsi revendiqué la conquête d’un nouveau village, Varatchyné, dans la région ukrainienne de Soumy (nord-est).- “Mémorandums” et échanges de prisonniers -Dans ce sens, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas avait jugé que le délai de 50 jours de M. Trump représentait une durée “très longue” quand des “civils innocents meurent tous les jours”.  L’invasion russe de l’Ukraine déclenchée en février 2022 a fait a minima des dizaines de milliers de morts civils et militaires dans les deux camps.Les positions des deux camps semblent actuellement irréconciliables. Les précédents pourparlers à Istanbul de mai et juin n’avaient débouché que sur des accords d’échanges de prisonniers et de corps de soldats tués.La délégation ukrainienne à Istanbul sera menée comme les fois précédentes par l’ex-ministre de la Défense Roustem Oumerov, réputé fin diplomate.L’équipe russe sera elle menée, aussi comme les fois précédentes, par un responsable de second plan, au grand dam de Kiev: l’ex-ministre de la Culture et historien nationaliste Vladimir Medinski.Ces négociations se tiendront sous la houlette du chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan et en présence du patron des renseignements, le MIT, Ibrahim Kalin.Selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, les discussions prévues mercredi porteront principalement sur les “mémorandums” échangés en juin par les deux camps et comprenant leurs propositions de paix.Il sera également question, lors des pourparlers, “du processus très important” d’échanges de prisonniers, a confirmé M. Peskov.Kiev, selon une source au sein de la délégation ukrainienne à l’AFP, veut également discuter d’échange de prisonniers, ainsi que du rapatriement d’enfants ukrainiens emmenés en Russie et d’une potentielle rencontre entre les présidents Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine.- Nouvelles frappes nocturnes -Sur le terrain, les frappes et combats se poursuivent. Dans la nuit, 71 drones russes ont visé l’Ukraine, selon l’armée de l’air, blessant deux enfants dans la région ukrainienne de Kherson (sud) où une femme a également été tuée par une frappe d’artillerie russe, d’après les autorités locales.  Pour sa part, l’armée russe a affirmé avoir neutralisé pendant la nuit 33 drones ukrainiens lancés contre son territoire. La Russie réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées de l’est et du sud du pays, en plus de la Crimée annexée en 2014, renonce aux livraisons d’armes occidentales et à toute adhésion à l’Otan.Des conditions inacceptables pour l’Ukraine, qui veut le retrait des troupes russes de son territoire et des garanties de sécurité occidentales dont la poursuite des livraisons d’armes et le déploiement d’un contingent européen, ce à quoi s’oppose Moscou.Kiev insiste aussi, de concert avec ses alliés européens, sur la nécessité d’un cessez-le-feu de 30 jours, auquel se refuse Moscou, dont les forces ont l’avantage sur le terrain.Depuis son retour au pouvoir en janvier, le dirigeant américain Donald Trump a lui repris le contact avec Moscou pour tenter d’arrêter la guerre, sans grands résultats. Ces dernières semaines, il a exprimé sa frustration à l’égard de Moscou. Il a également affirmé que des équipements militaires américains, payés par des pays européens membres de l’Otan, seraient envoyés à l’Ukraine.

A Birmingham, les fans d’Ozzy Osbourne se recueillent en mémoire d’une “icône de la ville”

“RIP Ozzy”, “Merci pour ta musique”. A Birmingham, ville natale d’Ozzy Osbourne, les fans rendent hommage à l’icône du heavy metal et leader du groupe Black Sabbath, décédé mardi à l’âge de 76 ans, deux semaines après un ultime concert dans cette cité du centre de l’Angleterre.À deux pas de la gare, des messages et des fleurs ont été déposés devant une grande fresque représentant les quatre membres fondateurs de Black Sabbath, dont un Ozzy jeune, sans ses célèbres lunettes de soleil.”Mon fils s’est récemment mis à écouter de la musique heavy metal (…) quand nous avons appris la nouvelle hier, nous nous sommes dit qu’il fallait venir”, raconte Rebecca Brownell, une habitante de 45 ans, accompagnée de son fils de 13 ans, Billy.Non loin de là, Nigel O’Connell, 63 ans, se remémore son premier concert du groupe: “Je les ai vus en live au début des années 80 (…) quand j’avais environ 20 ans”. “C’était juste chaotique, tout le monde sautait partout et s’amusait”.”Ozzy était une sorte d’icône de la ville, il était un peu fou, mais tout le monde l’aimait, et il a rendu la ville fière”, confie le retraité.Des affiches représentant le chanteur ont fleuri sur les murs de la ville tandis que le Black Sabbath Bridge, qui surplombe le canal, s’est aussi transformé en lieu de recueillement.Au pied d’un banc sur lequel trônent les visages des quatre musiciens, des bougies, des fleurs, des peluches, et même des canettes de bière s’empilent sous l’œil des caméras.Tous ont en tête le dernier concert de Black Sabbath avec Ozzy Osbourne, organisé le 5 juillet devant des dizaines de milliers de fans de metal venus du monde entier.Très affaibli, le chanteur, atteint de la maladie de Parkinson, avait dû rester assis, prisonnier de ses tremblements, tandis que les spectateurs, pour beaucoup en larmes, l’avaient encouragé et soutenu tout au long de ce dernier show.Pour l’occasion, le groupe avait réuni plusieurs figures majeures du genre, de Metallica à Anthrax, en passant par Guns N’Roses et Pantera.- “Rire sur scène” -La disparition de celui qui était surnommé le “Prince des ténèbres” a suscité des hommages des grands noms de ce style musical mais aussi au-delà: Elton John notamment a salué un “ami proche”.Les membres fondateurs du groupe, le guitariste Tony Iommi, le bassiste Geezer Butler et le batteur Bill Ward, ont également salué la mémoire de leur ancien camarade.Tony Iommi a déclaré à la BBC qu’il trouvait “génial” d’avoir pu se retrouver une dernière fois avec le groupe. Il a confié qu’Ozzy “voulait vraiment le faire” et “se sentait chez lui” à Birmingham.”Même si on prenait la musique au sérieux, on n’a jamais cessé de se faire rire sur scène et je l’ai toujours connu comme ça”, a-t-il ajouté.Selon les organisateurs, l’événement a permis de récolter 140 millions de livres (environ 160 millions d’euros), reversés à des hôpitaux pour enfants et à une association d’aide aux personnes atteintes de Parkinson.Légende du metal devenue star de la téléréalité avec son émission “The Osbournes” dans les années 2000, un des plus grands succès de MTV, Ozzy Osbourne était aussi connu pour ses excès d’alcool et de drogues et avait marqué les mémoires après avoir croqué la tête d’une chauve-souris vivante en plein concert.En 1989, il avait été arrêté pour avoir étranglé sa femme, Sharon Osbourne, alors qu’il était ivre — une agression qu’il évoquera lors d’une interview en 2007.Après plusieurs cures de désintoxication, ce père de six enfants était parvenu à remonter la pente.Un documentaire retraçant le parcours du chanteur, dont le tournage a commencé début 2022 pendant l’enregistrement de son 13e album studio, est attendu sur la plateforme de streaming Paramount+ d’ici à la fin de l’année.

Disparition de Delphine Jubillar: l’ex-petite amie de son mari auditionnée

L’ex-petite amie de Cédric Jubillar, qui affirme que le peintre-plaquiste lui a avoué avoir tué son épouse Delphine, était entendue mercredi par les gendarmes à Auch, dans le Gers.Elle était en cours d’audition par les enquêteurs de la section de recherches de gendarmerie de Toulouse, a-t-on appris de sources proches de l’enquête.La présidente de la cour d’assises du Tarn, Hélène Ratinaud, avait ordonné lundi l’audition avant le 31 juillet de cette jeune femme, alors que le procès de Cédric Jubillar pour meurtre par conjoint doit s’ouvrir le 22 septembre pour quatre semaines à Albi.Lundi, l’avocat de la jeune femme, Joaquinito Maria Alogo de Obono, s’est dit “ravi par la décision de Mme la présidente, ce jour, que (sa) cliente soit enfin écoutée”, ajoutant qu’elle souhaitait se constituer partie civile et “avait souhaité que la justice l’entende”.L’accusé, qui a toujours nié toute implication dans la disparition de l’infirmière à Cagnac-les-Mines (Tarn) en décembre 2020, aurait, selon des documents judiciaires, déjà affirmé à un co-détenu ainsi qu’à une autre ex-compagne l’avoir tuée.Jean-Baptiste Alary, l’un des trois avocats de Cédric Jubillar, s’est dit étonné mercredi du fait que, contrairement à ce qui s’est produit dans le passé, on ait “attendu trois mois” pour interroger la jeune femme.”Je ne comprends pas. Cette information semble être connue depuis le 14 mai. Mais qu’est-ce qu’ils font ? À l’époque du co-détenu, celui-ci était auditionné dans la journée. Et aujourd’hui, quelqu’un qui aurait reçu ces confidences, on attend trois mois pour l’auditionner. Je n’ai même plus d’explication”, a-t-il dit à l’AFP.Les services d’enquête avaient reçu le 14 mai le témoignage d’un “individu qui rapportait avoir reçu les confidences de la compagne de Cédric Jubillar sur son implication dans les faits qui lui sont reprochés”, avant qu’un procès-verbal retranscrivant ces propos ne soit transmis début juillet à la présidente de la cour d’assises.- “J’ai déjà tué” -L’accusé aurait confié à sa petite amie d’alors avoir étranglé son épouse. “J’ai déjà tué une fois, ne me trompe pas et tout se passera bien”, lui aurait encore dit le peintre-plaquiste, incarcéré depuis sa mise en examen en juin 2021, selon des propos rapportés le 11 juillet à l’AFP par l’avocat de cette dernière, Me Alogo de Obono.”Si ces propos ont été tenus, ils peuvent relever d’une provocation qui ne serait que la troisième. Je crois que, dans le caractère qui est le sien, il peut, peut-être de guerre lasse, à force d’entendre +mais qu’est-ce qui s’est passé ?+, par provocation, raconter n’importe quoi”, a estimé Me Alary.”Si on prend un peu de recul, les premières révélations ont fait l’objet d’investigations. Ça n’a strictement rien donné. Les deuxièmes révélations à son co-détenu ont fait l’objet d’investigations, ça n’a strictement rien donné non plus”, a-t-il encore affirmé.À la suite des déclarations de cet homme qui a occupé une cellule à côté de celle de Cédric Jubillar, des recherches d’ampleur pour trouver le corps de l’infirmière disparue avaient été entreprises, en vain, début 2022.Dans cette affaire sans corps, ni aveux, ni témoin, ni scène de crime, Cédric Jubillar nie toute responsabilité et clame son innocence.

Grèce: le destin douloureux de milliers d’enfants adoptés aux Etats-Unis

Joanna et Sophia utilisent un traducteur automatique pour communiquer entre elles. L’une ne parle qu’anglais et l’autre grec. Pourtant les deux femmes sont sœurs.”Ce qui me fait le plus mal, c’est de ne pas pouvoir mener de conversation avec Sophia”, regrette l’Américaine Joanna qui a retrouvé, en 2023, à 66 ans, sa citoyenneté grecque d’origine.Joanna s’appelle Robyn aux Etats-Unis où elle a grandi et vécu toute sa vie après son adoption en Grèce alors qu’elle était un bébé d’un peu plus d’un an.Elle fait partie des quelque 4.000 Grecs adoptés durant la Guerre froide, tout particulièrement dans les années 50 et 60. L’immense majorité a rejoint des familles américaines.- Chapitre douloureux -Il s’agit d’un chapitre douloureux mais encore mal connu de l’histoire mouvementée de la Grèce qui, après l’occupation nazie, s’est déchirée dans une guerre civile meurtrière (1946-1949).”Il est désormais impossible d’ignorer les adoptions de masse et organisées d’enfants grecs aux Etats-Unis durant les deux décennies qui ont suivi la fin de la guerre civile”, explique à l’AFP Gonda Van Steen, directrice du Centre d’études helléniques du King’s College de Londres qui a mené de longues recherches et rédigé un livre sur le sujet.La Gréco-Américaine Mary Cardaras a mené campagne durant des années pour que ces enfants nés en Grèce et aujourd’hui sexagénaires ou septuagénaires puissent retrouver leur nationalité de naissance. “Ce qui a suivi (les premières adoptions en Grèce) fut un tsunami d’adoptions internationales”, poursuit-elle, citant notamment la Chine, le Vietnam, la Russie et surtout la Corée du Sud où au moins 140.000 enfants ont été adoptés par des parents étrangers entre 1955 et 1999.”Au début des années 50, la Grèce a été le principal pays d’origine des enfants adoptés aux Etats-Unis”, reprend Mme Van Steen.”Des couples américains sans enfant étaient prêts à payer n’importe quel prix pour un nouveau-né blanc et en bonne santé”, selon elle.- Veuves, violées -Souvent les mères biologiques de ces enfants étaient veuves, très pauvres ou avaient été violées. Dans la Grèce des campagnes, elles étaient montrées du doigt quand elles avaient eu un enfant sans être mariées.”Elles n’ont vu aucune autre solution que de donner l’enfant pour qu’il ait ‘une meilleure vie'”, poursuit Mme Van Steen.  Aujourd’hui ces personnes adoptées jusqu’en 1976 peuvent retrouver leur nationalité de naissance grâce à une disposition légale adoptée en mai qui simplifie les démarches d’obtention de papiers en Grèce.A la terrasse d’un café athénien, Joanna Robyn Bedell Zalewa extrait fièrement son passeport et sa carte d’identité grecs de son sac à main. Bien que disposant notamment de son certificat d’adoption, elle a entamé ses démarches bien avant la nouvelle réglementation et a dû patienter longtemps avant de retrouver sa citoyenneté grecque. “J’ai toujours su que j’avais été adoptée en Grèce”, explique cette retraitée qui est née en Messénie, dans le Péloponnèse, avant d’être adoptée au Texas. Comme pour beaucoup, son histoire est celle d’une quête opiniâtre de ses origines. “Ce que j’ai toujours voulu durant ma vie entière, c’est retrouver ma famille”, poursuit cette femme dont les yeux s’embuent de larmes lorsqu’elle évoque avec pudeur l’amour dont elle a tant manqué au sein de sa famille adoptive.Elle a retrouvé ses frères et sœur en Grèce et même rencontré, avant sa mort, sa mère biologique, veuve avec 5 enfants à sa naissance.Les liens qu’elle a tissés en Grèce l’incitent à y séjourner quand elle peut.Mary Cardaras possède encore son passeport grec de naissance qui a été révoqué à sa sortie du territoire quand elle était bébé. Cette ancienne journaliste, adoptée dans la région de Chicago et qui a longtemps vécu en Californie, a toujours su, elle aussi, qu’elle était originaire de Grèce.- “Les odeurs, l’ambiance” -Quand elle est revenue pour la première fois dans son pays natal pour des vacances d’été en 1972, elle a “regardé chaque visage de femme” dans la rue.”Je me demandais(…) si c’était ma mère”, explique-t-elle.Tout lui semblait familier. “Les odeurs, l’ambiance, j’étais complètement à la maison”.”Mais c’est seulement quand mes parents (adoptifs) sont morts que j’ai vraiment commencé à m’interroger sur les premiers mois et années” de ma vie, souligne-t-elle.L’obtention facilitée de la nationalité grecque constitue une avancée pleine d’émotions pour ces personnes à la biographie cisaillée. L’une d’elles en a récemment témoigné sur les réseaux sociaux. “A 12h47, heure grecque, j’ai reçu un message m’annonçant que je suis maintenant réintégrée comme citoyenne grecque! Je suis submergée d’émotion, ravie et sur un petit nuage!”, a écrit Stephanie Pazoles sur Facebook.

Le Royaume-Uni prend de premières sanctions contre des passeurs de migrants

Le Royaume-Uni a annoncé mercredi des sanctions à l’encontre de 25 individus et organisations soupçonnés d’être impliqués dans le trafic de migrants, une démarche inédite pour tenter d’endiguer les traversées de la Manche.Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est sous pression, alors que les arrivées de migrants et demandeurs d’asile à bord de petites embarcations …

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Le Royaume-Uni prend de premières sanctions contre des passeurs de migrants

Le Royaume-Uni a annoncé mercredi des sanctions à l’encontre de 25 individus et organisations soupçonnés d’être impliqués dans le trafic de migrants, une démarche inédite pour tenter d’endiguer les traversées de la Manche.Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est sous pression, alors que les arrivées de migrants et demandeurs d’asile à bord de petites embarcations ont dépassé le nombre de 23.500 depuis le début de l’année, un niveau record sur cette période. Des traversées dangereuses, qui ont fait 17 morts depuis le début de l’année, selon le ministère français de l’Intérieur.Les mesures prises par Londres -gel d’avoirs et/ou interdiction de séjour au Royaume-Uni- entrent dans le cadre d’un nouveau régime de sanctions spécifiquement mis en place à l’encontre des réseaux d’immigration clandestine.Ce premier train de sanctions vise notamment des chefs de réseaux basés dans les Balkans et en Afrique du Nord, une entreprise chinoise de bateaux gonflables, ainsi que des personnes au Moyen-Orient impliquées dans un système informel de transfert de fonds connu sous le nom de “hawala”, indique le ministère des Affaires étrangères.”De l’Europe à l’Asie, nous menons la lutte contre les passeurs qui facilitent la migration irrégulière, en les ciblant partout où ils se trouvent dans le monde”, a déclaré le ministre de l’Intérieur, David Lammy, dans un communiqué.- “Détruire les gangs” -Le Premier ministre Keir Starmer, qui a promis de “détruire les gangs” de passeurs, est confronté à la montée dans les sondages du parti anti-immigration Reform UK.La question est hautement sensible au Royaume-Uni, où des heurts ont eu lieu récemment devant un hôtel hébergeant des demandeurs d’asile à Epping, au nord-est de Londres. Les tensions ont démarré après l’inculpation d’un demandeur d’asile de 38 ans accusé d’agressions sexuelles.Le souvenir des émeutes anti-immigration qui avaient secoué le pays l’été dernier après le meurtre de trois fillettes dans la ville de Southport (nord-ouest de l’Angleterre) est dans toutes les têtes. Les fillettes avaient été poignardées par un jeune Britannique d’origine rwandaise, présenté à tort sur les réseaux sociaux comme un demandeur d’asile arrivé par bateau.Parmi les personnes visées par les sanctions figure un Albanais, Bledar Lala, décrit par le gouvernement britannique comme le dirigeant “d’un réseau organisant le passage clandestin de migrants de Belgique vers le Royaume-Uni via la Manche”.Mais aussi Alen Basil, “un ancien traducteur de la police qui a pris la tête d’un grand réseau de trafic de migrants en Serbie”, ou encore Mohammed Tetwani, présenté comme “le dirigeant d’un camp de migrants à Horgos, en Serbie” aux méthodes “violentes”.Le gouvernement cible aussi un “banquier hawala”, Muhammed Khadir Pirot, qui “reçoit l’argent de migrants pour payer leur passage clandestin du Kurdistan irakien vers l’Europe via la Turquie”.Une entreprise chinoise, Weihai Yamar Outdoors Product Co, est sanctionnée “pour la fabrication de bateaux pneumatiques dont elle promeut l’usage à des fins de trafic d’êtres humains”.- “Reste à prouver” -Des organisations et individus basés dans les Balkans soupçonnés de fournir de faux passeports aux migrants sont aussi sur la liste.Pour Tom Keatinge, directeur des études sur les crimes financiers et la sécurité au Royal United Services Institute (RUSI) de Londres, ces sanctions représentent “un nouveau front dans les efforts du Royaume-Uni” pour s’attaquer au commerce de l’immigration clandestine.Il en a toutefois relativisé l’impact: “je mettrais en garde contre les promesses excessives”, a-t-il dit à l’AFP. “Parler de geler les avoirs et d’utiliser des sanctions pour +détruire les gangs+ semble exagéré et reste à prouver”, a-t-il ajouté.Londres et Paris ont par ailleurs récemment annoncé un accord migratoire de principe, prévoyant le renvoi en France d’un migrant arrivé au Royaume-Uni par “small boat”, en échange de l’accueil sur le sol britannique d’un migrant se trouvant en France et justifiant de liens avec le Royaume-Uni.Le gouvernement britannique s’est aussi engagé à durcir la lutte contre le travail clandestin qui, selon Paris, alimente l’immigration illégale.Il a annoncé mardi qu’il fournirait aux plateformes de livraison de repas la localisation des hôtels hébergeant des demandeurs d’asile. Les autorités veulent empêcher que les personnes n’ayant pas le droit de travailler parviennent à devenir livreur en sous-louant le compte d’un utilisateur enregistré sur l’une de ces plateformes.Le ministère britannique de l’Intérieur a également annoncé qu’il comptait tester un système d’intelligence artificielle capable d’estimer l’âge des demandeurs d’asile à partir de leur visage, avec l’objectif de l’utiliser en 2026.

Procès pour corruption: les magistrats répliquent vigoureusement à Dati

Après la violente charge de la ministre de la Culture Rachida Dati contre les magistrats qui ont ordonné qu’elle soit jugée notamment pour corruption, l’indignation gronde dans la profession, le président du tribunal judiciaire de Paris dénonçant “l’opprobre jetée publiquement” sur leur profession.Estimant que l’ex-Garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy, elle-même magistrate de formation, a “gravement mis en cause des magistrats” lors d’une intervention mardi soir sur le plateau de LCI, Peimane Ghaleh-Marzban, président du tribunal judiciaire de Paris depuis quelques jours, a pris la défense des magistrats mis en cause.”Si toute personne peut librement apporter tout élément d’explication utile à l’appui de sa défense, au titre d’une prise de parole assurant le respect de sa présomption d’innocence, l’opprobre jetée publiquement sur des magistrats soumis au devoir de réserve et ne pouvant répondre à ces attaques, jette le discrédit sur l’autorité judiciaire et sape la confiance légitime des citoyens dans la justice”, a souligné le président du premier tribunal judiciaire de France.”Il doit être rappelé que tout justiciable a la possibilité de former un recours contre une décision de justice le concernant”, écrit le président du tribunal dans son communiqué.Mardi soir, Mme Dati avait dénoncé une “procédure émaillée d’incidents” et vilipendé des magistrats qui “marchent” sur les droits de la défense et perpétueraient des “atteintes graves” contre ces derniers.Elle a notamment mis en cause le procureur de la République financier qui, d’après elle, l’aurait assurée de son désaccord avec les charges portées contre elle lorsqu’il l’a “reçue deux heures trente dans son bureau” : “J’ai vu droit dans les yeux M. (Jean-François) Bohnert qui m’a dit que son parquet dysfonctionnait”.Dans un communiqué publié mercredi, M. Bohnert a rejeté les accusations de Mme Dati et réaffirmé son “total soutien” aux magistrats du parquet national financier (PNF).Ce n’est pas la première fois que des personnalités politiques mises en cause par la justice s’en prennent à des magistrats.Début juillet, le président du Rassemblement national Jordan Bardella avait dénoncé un “acharnement” après une perquisition au siège parisien du RN dans le cadre d’une enquête pour financement illicite des campagnes électorales du parti d’extrême droite en 2022 et 2024.- “Très dangereux” -“Transformer le juge en ennemi politique, c’est quand même très dangereux. C’est scier la branche sur laquelle on est tous assis”, a affirmé Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), interrogé par l’AFP.”Cette déclaration publique émanant d’une membre de l’exécutif est une atteinte intolérable à la séparation des pouvoirs et à l’indépendance de la justice”, a estimé de son côté Judith Allenbach, présidente du Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche), sollicitée par l’AFP.”Les potentielles atteintes aux droits de la défense se contestent par les voies légales et non en jetant le discrédit sur l’autorité judiciaire”, a souligné la magistrate.Mme Dati, 59 ans, sera jugée pour recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance, corruption et trafic d’influence passifs par personne investie d’un mandat électif public au sein d’une organisation internationale, le Parlement européen.Elle est soupçonnée d’avoir illégalement fait du lobbying au Parlement européen au tournant des années 2010, en quête de décisions favorables à Renault et Carlos Ghosn, l’ex-patron de Renault-Nissan également mis en cause, et ce contre 900.000 euros.Les magistrats instructeurs estiment dans leur ordonnance signée mardi dont l’AFP a eu connaissance que ce qu’a fait Rachida Dati au Parlement européen “s’apparente à du lobbying”, ce qui “paraît incompatible tant avec son mandat qu’avec la profession d’avocat”.La convention d’honoraires aurait pu servir à masquer cette activité, répondant à des “mécanismes de dissimulation”, soulignent les juges.D’abord placée sous le statut plus favorable de témoin assisté, Mme Dati a été mise en examen en juillet 2021.”Nous allons faire appel dès aujourd’hui de cette décision”, ont déclaré à l’AFP deux des avocats de Mme Dati, Olivier Baratelli et Olivier Pardo, dont l’un des nombreux recours sur la prescription des faits qu’ils allèguent a encore été écarté mi-juillet.