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La Cour internationale de justice ouvre la voie aux “réparations” climatiques

Les Etats qui violent leurs obligations climatiques commettent un acte “illicite” et pourraient se voir réclamer des réparations par les pays les plus affectés, a conclu mercredi la Cour internationale de justice dans un avis consultatif qui a dépassé les attentes des défenseurs du climat.La plus haute juridiction de l’ONU, dont le siège se trouve à La Haye, a établi à l’unanimité dans cet avis, initialement demandé par des étudiants sur l’archipel du Vanuatu, une interprétation juridique du droit international sur le climat. Les législateurs, avocats et juges du monde entier peuvent désormais s’en saisir pour changer les lois ou attaquer en justice les Etats pour leur inaction.”Il s’agit d’une victoire pour notre planète, pour la justice climatique et pour la capacité des jeunes à faire bouger les choses”, a réagi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un communiqué.Radieux, le ministre du Climat du Vanuatu, Ralph Regenvanu, a confié à l’AFP sa surprise de voir “tant de choses inattendues” dans les conclusions des juges. “Nous utiliserons évidemment ces arguments dans nos discussions avec les pays qui émettent le plus” de gaz à effet de serre, prévient-il.Chef d’une île du Vanuatu, George Bumseng s’est dit “très impressionné” par l’avis de la CIJ. “Nous attendions cette décision depuis longtemps dans la mesure où nous sommes des victimes du changement climatique depuis une vingtaine d’années”, a-t-il expliqué.La France a salué une “décision historique” et une “victoire pour le climat”, par la voix de sa ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.Parmi les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre, les Etats-Unis ont été les premiers à réagir, dans une déclaration certes lapidaire. “Les Etats-Unis examineront l’avis consultatif de la Cour dans les jours et les semaines à venir”, a fait savoir à l’AFP le département d’Etat.La dégradation du climat, causée par les émissions de gaz à effet de serre, est une “menace urgente et existentielle”, a déclaré le juge Yuji Iwasawa, président de la Cour, lors d’une lecture solennelle de deux heures, saluée par des applaudissements des militants qui ont suivi l’audience sur un écran géant, à l’extérieur du Palais de la Paix.- “Fin parfaite” -La Cour a rejeté l’idée défendue par les grands pays pollueurs selon laquelle les traités climatiques existants – et notamment le processus de négociation des COP annuelles – étaient suffisants.Les Etats ont “des obligations strictes de protéger le système climatique”, arguent les juges. En accord avec les petits pays insulaires, la CIJ confirme que le climat doit être “protégé pour les générations présentes et futures” – alors que les pays pollueurs refusaient absolument de reconnaître les droits d’individus pas encore nés.La partie la plus conséquente de l’avis, qui suscitera le plus de résistance chez les pays riches, découle de ces obligations: les compensations dues aux pays ravagés par le climat.”Les conséquences juridiques résultant de la commission d’un fait internationalement illicite peuvent inclure (…) la réparation intégrale du préjudice subi par les Etats lésés sous forme de restitution, de compensation et de satisfaction”, estiment les 15 juges du tribunal.Mais la Cour place la barre haut: un lien de causalité direct et certain doit être établi “entre le fait illicite et le préjudice”, certes difficile à établir mais “pas impossible” pour autant, écrivent-ils.Il s’agit du cinquième avis unanime de la Cour en 80 ans, selon l’ONU. L’Assemblée générale des Nations unies avait voté pour le demander.Pour l’étudiant fidjien qui a mené la campagne depuis 2019, le jour restera mémorable.”Quelle fin parfaite pour une campagne qui a débuté dans une salle de cours”, dit à l’AFP Vishal Prasad, présent à La Haye. “Nous avons désormais un outil très, très puissant pour demander des comptes aux dirigeants”.- “Catalyseur” -Il faudra des jours pour que les juristes digèrent l’avis de 140 pages, et encore plus pour voir comment des tribunaux s’en emparent.Mais d’ores et déjà, de nombreuses voix interrogées par l’AFP, expertes et militantes, se réjouissent.L’interprétation par la Cour des obligations des Etats “sera un catalyseur pour accélérer l’action climatique”, a réagi l’ancien rapporteur spécial de l’ONU pour les droits humains et l’environnement, David Boyd.Les climatologues les plus déçus par l’action politique mondiale approuvent.”C’est une décision majeure”, dit à l’AFP Johan Rockström, directeur d’un des instituts européens les plus reconnus sur le climat, le Potsdam Institute for Climate Impact Research. Chaque pays peut “être tenu pour responsable” devant les tribunaux, même s’il n’est pas signataire des traités de l’ONU, ajoute-t-il.L’ancien émissaire pour le climat de Joe Biden, John Kerry, regrette qu’il faille “le poids du droit international pour inciter les pays à faire ce qui est profondément dans leur intérêt économique”.S’il est improbable que les Etats-Unis changent de voie sur le pétrole et les énergies fossiles, l’avis de la CIJ sera certainement “testé” devant les tribunaux du pays, prédit le professeur à l’école de droit du Vermont, Pat Parenteau. “Cela ne réussira pas avec la Cour suprême actuelle, mais ce n’est pas permanent”.Le Vanuatu, du reste, prévoit déjà la prochaine étape: demander à l’Assemblée générale de l’ONU de faire appliquer l’avis de la Cour.ric-ia-klm-np-dep-bl/rr/jnd

La Cour internationale de justice ouvre la voie aux “réparations” climatiques

Les Etats qui violent leurs obligations climatiques commettent un acte “illicite” et pourraient se voir réclamer des réparations par les pays les plus affectés, a conclu mercredi la Cour internationale de justice dans un avis consultatif qui a dépassé les attentes des défenseurs du climat.La plus haute juridiction de l’ONU, dont le siège se trouve à La Haye, a établi à l’unanimité dans cet avis, initialement demandé par des étudiants sur l’archipel du Vanuatu, une interprétation juridique du droit international sur le climat. Les législateurs, avocats et juges du monde entier peuvent désormais s’en saisir pour changer les lois ou attaquer en justice les Etats pour leur inaction.”Il s’agit d’une victoire pour notre planète, pour la justice climatique et pour la capacité des jeunes à faire bouger les choses”, a réagi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un communiqué.Radieux, le ministre du Climat du Vanuatu, Ralph Regenvanu, a confié à l’AFP sa surprise de voir “tant de choses inattendues” dans les conclusions des juges. “Nous utiliserons évidemment ces arguments dans nos discussions avec les pays qui émettent le plus” de gaz à effet de serre, prévient-il.Chef d’une île du Vanuatu, George Bumseng s’est dit “très impressionné” par l’avis de la CIJ. “Nous attendions cette décision depuis longtemps dans la mesure où nous sommes des victimes du changement climatique depuis une vingtaine d’années”, a-t-il expliqué.La France a salué une “décision historique” et une “victoire pour le climat”, par la voix de sa ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.Parmi les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre, les Etats-Unis ont été les premiers à réagir, dans une déclaration certes lapidaire. “Les Etats-Unis examineront l’avis consultatif de la Cour dans les jours et les semaines à venir”, a fait savoir à l’AFP le département d’Etat.La dégradation du climat, causée par les émissions de gaz à effet de serre, est une “menace urgente et existentielle”, a déclaré le juge Yuji Iwasawa, président de la Cour, lors d’une lecture solennelle de deux heures, saluée par des applaudissements des militants qui ont suivi l’audience sur un écran géant, à l’extérieur du Palais de la Paix.- “Fin parfaite” -La Cour a rejeté l’idée défendue par les grands pays pollueurs selon laquelle les traités climatiques existants – et notamment le processus de négociation des COP annuelles – étaient suffisants.Les Etats ont “des obligations strictes de protéger le système climatique”, arguent les juges. En accord avec les petits pays insulaires, la CIJ confirme que le climat doit être “protégé pour les générations présentes et futures” – alors que les pays pollueurs refusaient absolument de reconnaître les droits d’individus pas encore nés.La partie la plus conséquente de l’avis, qui suscitera le plus de résistance chez les pays riches, découle de ces obligations: les compensations dues aux pays ravagés par le climat.”Les conséquences juridiques résultant de la commission d’un fait internationalement illicite peuvent inclure (…) la réparation intégrale du préjudice subi par les Etats lésés sous forme de restitution, de compensation et de satisfaction”, estiment les 15 juges du tribunal.Mais la Cour place la barre haut: un lien de causalité direct et certain doit être établi “entre le fait illicite et le préjudice”, certes difficile à établir mais “pas impossible” pour autant, écrivent-ils.Il s’agit du cinquième avis unanime de la Cour en 80 ans, selon l’ONU. L’Assemblée générale des Nations unies avait voté pour le demander.Pour l’étudiant fidjien qui a mené la campagne depuis 2019, le jour restera mémorable.”Quelle fin parfaite pour une campagne qui a débuté dans une salle de cours”, dit à l’AFP Vishal Prasad, présent à La Haye. “Nous avons désormais un outil très, très puissant pour demander des comptes aux dirigeants”.- “Catalyseur” -Il faudra des jours pour que les juristes digèrent l’avis de 140 pages, et encore plus pour voir comment des tribunaux s’en emparent.Mais d’ores et déjà, de nombreuses voix interrogées par l’AFP, expertes et militantes, se réjouissent.L’interprétation par la Cour des obligations des Etats “sera un catalyseur pour accélérer l’action climatique”, a réagi l’ancien rapporteur spécial de l’ONU pour les droits humains et l’environnement, David Boyd.Les climatologues les plus déçus par l’action politique mondiale approuvent.”C’est une décision majeure”, dit à l’AFP Johan Rockström, directeur d’un des instituts européens les plus reconnus sur le climat, le Potsdam Institute for Climate Impact Research. Chaque pays peut “être tenu pour responsable” devant les tribunaux, même s’il n’est pas signataire des traités de l’ONU, ajoute-t-il.L’ancien émissaire pour le climat de Joe Biden, John Kerry, regrette qu’il faille “le poids du droit international pour inciter les pays à faire ce qui est profondément dans leur intérêt économique”.S’il est improbable que les Etats-Unis changent de voie sur le pétrole et les énergies fossiles, l’avis de la CIJ sera certainement “testé” devant les tribunaux du pays, prédit le professeur à l’école de droit du Vermont, Pat Parenteau. “Cela ne réussira pas avec la Cour suprême actuelle, mais ce n’est pas permanent”.Le Vanuatu, du reste, prévoit déjà la prochaine étape: demander à l’Assemblée générale de l’ONU de faire appliquer l’avis de la Cour.ric-ia-klm-np-dep-bl/rr/jnd

“Une Ukraine libre”: à Kiev, la rue se soulève contre la loi menaçant les agences anticorruption

Lors d’un rare rassemblement dans le centre de Kiev, des manifestants fustigent mercredi la loi qui limite les pouvoirs des agences anticorruption, avertissant que la lutte pour protéger la démocratie ukrainienne se déroule aussi bien sur le champ de bataille qu’à l’intérieur du pays.Cette loi, qui supprime l’indépendance de deux organismes anticorruption clés, a déclenché les premières manifestations d’importance en Ukraine depuis le début de l’invasion russe il y a trois ans et demi.Venu manifester, Viacheslav Bykov décrit une “lutte (qui) se déroule sur deux fronts. Notre principal ennemi est extérieur, mais nous menons également une bataille interne”.”Nous ne voulons pas que l’Ukraine fasse partie de la Russie, nous ne voulons pas d’une Ukraine corrompue ou autoritaire. Nous voulons une Ukraine libre”, ajoute-t-il.Plusieurs milliers de manifestants, pour la plupart jeunes, se sont rassemblés devant un théâtre à Kiev pour exhorter le président Volodymyr Zelensky à mettre son veto à la loi adoptée mardi par le Parlement ukrainien.Ce texte place le Bureau national anticorruption (Nabu) et le parquet spécialisé anticorruption (SAP) sous l’autorité directe du procureur général, nommé par le président.Les détracteurs de la loi considèrent qu’elle renforce de façon illégitime le pouvoir de la présidence et va permettre au gouvernement de s’immiscer dans les affaires de corruption.- “L’Ukraine, c’est l’Europe” – Volodymyr Zelensky a voulu calmer les inquiétudes mercredi soir en déclarant qu’il soumettrait un nouveau projet de loi garantissant “la mise en place de toutes les normes nécessaires à l’indépendance des institutions de lutte contre la corruption”.Les partenaires de Kiev ont manifesté leurs préoccupations, notamment la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui, selon un porte-parole de la Commission, a demandé des explications à M. Zelensky après la promulgation de la loi.Selon des groupes issus de la société civile, cette mesure s’inscrit dans un contexte de pressions gouvernementales croissantes sur les acteurs de la lutte anticorruption, dans ce pays fortement affecté par ce fléau.Certains alliés européens craignent que ces mesures ne compromettent les réformes anticorruption essentielles à la candidature de l’Ukraine à l’Union européenne, une crainte partagée par de nombreux manifestants mercredi.”Nous avons travaillé pendant des années pour nous rapprocher de l’Europe… pour être renvoyés 10 ans en arrière en une seule journée”, déplore la manifestante Anya Kutsevol.Les deux organismes anticorruption ukrainiens, Nabu et SAP, ont vu le jour il y a dix ans, à la suite de la révolution proeuropéenne de Maïdan en 2014.Les manifestations de Maïdan avaient mené à la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par le Kremlin, qui avait annulé un accord de partenariat crucial avec l’UE.Moscou, qui a refusé d’accepter le virage démocratique de l’Ukraine vers l’Europe, a alors lancé une première offensive contre l’Ukraine, conduisant les séparatistes soutenus par la Russie à occuper la Crimée et certaines parties de la région orientale du Donbass.”L’Ukraine fait partie de l’Europe”, clame Mme Kutsevol, “nous ne retournerons pas en Russie. Nous continuerons à nous battre pour l’Europe”.- “A notre tour d’agir” -Certains redoutent qu’une crise politique autour de cette loi ne profite à la Russie en sapant l’unité du pays.Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a saisi cette occasion pour déclarer qu’il y avait “beaucoup de corruption” en Ukraine. “Si j’étais la Russie, je ferais la même chose”, affirme un autre manifestant, Yevgen Popovychenko, convaincu que Moscou tenterait d’exploiter ces troubles.Il tient une banderole sur laquelle on peut lire: “Ne me ramenez pas” à l’époque de Maïdan, période pendant laquelle il était descendu dans la rue à l’âge de 21 ans.Mais beaucoup d’autres manifestants n’étaient encore que des enfants en 2014, notamment Anya Kutsevol, aujourd’hui âgée de 25 ans.”Quand les pneus brûlaient encore, j’avais 14 ans. A quoi pouvais-je bien servir?”, souffle-t-elle.Mercredi, elle participe à sa première manifestation politique et ses yeux se sont embués de larmes en voyant les gens rassemblés autour d’elle pour la deuxième journée consécutive, malgré la loi martiale interdisant les grands rassemblements. Elle s’est engagée à continuer de défendre la démocratie ukrainienne. “Nous sommes adultes maintenant. C’est à notre tour d’agir.”

Obama à nouveau ciblé par la Maison Blanche, enlisée dans la polémique Epstein

La Maison Blanche a redoublé d’efforts mercredi pour accuser l’ex-président démocrate Barack Obama de “complot” contre Donald Trump après la première élection de ce dernier en 2016, alors que le président républicain tente vigoureusement de détourner l’attention du public américain de l’affaire Epstein.Lors d’un point presse, la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, a dénoncé “un coup d’Etat sur plusieurs années, un complot traître contre le peuple américain, notre République, ainsi qu’une tentative de saper l’administration du président Trump”.Cette ex-élue démocrate devenue trumpiste avait publié vendredi un rapport où Barack Obama était mis en cause, accusé d’avoir orchestré les accusations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016, remportée par Donald Trump.Dans la foulée, le ministère de la Justice a annoncé mercredi dans un communiqué la formation d’une unité spéciale afin d'”évaluer les preuves rendues publiques” par Tulsi Gabbard.”Quand vous n’avez rien à présenter de concret aux Américains, les républicains font porter le chapeau à Barack Obama. C’est ridicule”, a dénoncé devant la presse le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries.Car ces accusations répétées contre l’ancien président démocrate (2009-2017) interviennent au moment où Donald Trump essaie d’éteindre l’incendie autour de l’affaire Epstein, riche financier mort en cellule en 2019 avant son procès pour crimes sexuels.- “Détourner l’attention” -La colère gronde en effet depuis plusieurs semaines au sein d’une partie de la base électorale du président, qui n’accepte pas les conclusions d’un memorandum publié début juillet par son administration, selon lequel Jeffrey Epstein serait bien mort d’un suicide et ne tenait pas de liste de clients pour son réseau présumé d’exploitation sexuelle.Ces partisans de Donald Trump lui reprochent aujourd’hui de revenir sur ses promesses de campagne en faisant preuve d’un manque de transparence.Le président s’en est ouvertement agacé en qualifiant ces soutiens de “stupides”.Signe du malaise au sein du camp présidentiel, les démocrates ont réussi mercredi à convaincre plusieurs républicains d’une sous-commission de la Chambre des représentants de voter pour enjoindre le ministère de la Justice à publier les documents judiciaires du dossier Epstein.Interrogé sur l’affaire, Donald Trump a assuré mardi qu’il “ne suivait pas cela de très près”. Devant des journalistes dans le Bureau ovale, il s’est ensuite lancé dans des diatribes virulentes contre Barack Obama, selon lui un “chef de gang” coupable de “trahison”. Grande figure démocrate, le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis est une cible de choix pour le milliardaire républicain dans sa volonté de voir sa base délaisser la question Epstein.Cette stratégie de “détourner l’attention” s’appuie sur le fait que ses fervents partisans “aiment défendre leur président quand ils estiment qu’il est une victime”, a analysé auprès de l’AFP Todd Belt, professeur de science politique à l’université George Washington.- “Fausses informations” -La relation entre Donald Trump et Jeffrey Epstein, deux figures de la jet-set des années 1990 et 2000, a été éclairée par de nouveaux éléments la semaine dernière par le Wall Street Journal, attribuant à l’actuel président une lettre salace adressée au riche financier en 2003.Attaqué en diffamation par Donald Trump, le quotidien new-yorkais a publié de nouvelles révélations mercredi.Selon le “WSJ”, le président avait été prévenu en mai par sa ministre de la Justice, Pam Bondi, que son nom apparaissait à plusieurs reprises dans les dossiers de l’affaire Epstein, aux côtés de celui d’autres personnalités de premier plan.Le quotidien précise que “le fait d’être mentionné dans ces documents n’est pas un signe de comportement répréhensible”.”Ce n’est rien d’autre qu’un prolongement des fausses informations inventées par les démocrates et les médias de gauche, exactement comme dans le scandale du Russiagate d’Obama”, a réagi le directeur de la communication de la Maison Blanche, Steven Cheung, en référence aux soupçons de collusion entre Moscou et Donald Trump en 2016.La polémique Epstein continue également de paralyser la Chambre américaine des représentants.Le président républicain de la chambre basse, Mike Johnson, fait en sorte de bloquer tout vote sur une résolution soumise par un élu de son propre camp qui appelle à la publication des documents judiciaires sur Jeffrey Epstein.Avec ce blocage, les travaux des députés sont au point mort depuis plusieurs jours.

Obama à nouveau ciblé par la Maison Blanche, enlisée dans la polémique Epstein

La Maison Blanche a redoublé d’efforts mercredi pour accuser l’ex-président démocrate Barack Obama de “complot” contre Donald Trump après la première élection de ce dernier en 2016, alors que le président républicain tente vigoureusement de détourner l’attention du public américain de l’affaire Epstein.Lors d’un point presse, la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, a dénoncé “un coup d’Etat sur plusieurs années, un complot traître contre le peuple américain, notre République, ainsi qu’une tentative de saper l’administration du président Trump”.Cette ex-élue démocrate devenue trumpiste avait publié vendredi un rapport où Barack Obama était mis en cause, accusé d’avoir orchestré les accusations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016, remportée par Donald Trump.Dans la foulée, le ministère de la Justice a annoncé mercredi dans un communiqué la formation d’une unité spéciale afin d'”évaluer les preuves rendues publiques” par Tulsi Gabbard.”Quand vous n’avez rien à présenter de concret aux Américains, les républicains font porter le chapeau à Barack Obama. C’est ridicule”, a dénoncé devant la presse le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries.Car ces accusations répétées contre l’ancien président démocrate (2009-2017) interviennent au moment où Donald Trump essaie d’éteindre l’incendie autour de l’affaire Epstein, riche financier mort en cellule en 2019 avant son procès pour crimes sexuels.- “Détourner l’attention” -La colère gronde en effet depuis plusieurs semaines au sein d’une partie de la base électorale du président, qui n’accepte pas les conclusions d’un memorandum publié début juillet par son administration, selon lequel Jeffrey Epstein serait bien mort d’un suicide et ne tenait pas de liste de clients pour son réseau présumé d’exploitation sexuelle.Ces partisans de Donald Trump lui reprochent aujourd’hui de revenir sur ses promesses de campagne en faisant preuve d’un manque de transparence.Le président s’en est ouvertement agacé en qualifiant ces soutiens de “stupides”.Signe du malaise au sein du camp présidentiel, les démocrates ont réussi mercredi à convaincre plusieurs républicains d’une sous-commission de la Chambre des représentants de voter pour enjoindre le ministère de la Justice à publier les documents judiciaires du dossier Epstein.Interrogé sur l’affaire, Donald Trump a assuré mardi qu’il “ne suivait pas cela de très près”. Devant des journalistes dans le Bureau ovale, il s’est ensuite lancé dans des diatribes virulentes contre Barack Obama, selon lui un “chef de gang” coupable de “trahison”. Grande figure démocrate, le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis est une cible de choix pour le milliardaire républicain dans sa volonté de voir sa base délaisser la question Epstein.Cette stratégie de “détourner l’attention” s’appuie sur le fait que ses fervents partisans “aiment défendre leur président quand ils estiment qu’il est une victime”, a analysé auprès de l’AFP Todd Belt, professeur de science politique à l’université George Washington.- “Fausses informations” -La relation entre Donald Trump et Jeffrey Epstein, deux figures de la jet-set des années 1990 et 2000, a été éclairée par de nouveaux éléments la semaine dernière par le Wall Street Journal, attribuant à l’actuel président une lettre salace adressée au riche financier en 2003.Attaqué en diffamation par Donald Trump, le quotidien new-yorkais a publié de nouvelles révélations mercredi.Selon le “WSJ”, le président avait été prévenu en mai par sa ministre de la Justice, Pam Bondi, que son nom apparaissait à plusieurs reprises dans les dossiers de l’affaire Epstein, aux côtés de celui d’autres personnalités de premier plan.Le quotidien précise que “le fait d’être mentionné dans ces documents n’est pas un signe de comportement répréhensible”.”Ce n’est rien d’autre qu’un prolongement des fausses informations inventées par les démocrates et les médias de gauche, exactement comme dans le scandale du Russiagate d’Obama”, a réagi le directeur de la communication de la Maison Blanche, Steven Cheung, en référence aux soupçons de collusion entre Moscou et Donald Trump en 2016.La polémique Epstein continue également de paralyser la Chambre américaine des représentants.Le président républicain de la chambre basse, Mike Johnson, fait en sorte de bloquer tout vote sur une résolution soumise par un élu de son propre camp qui appelle à la publication des documents judiciaires sur Jeffrey Epstein.Avec ce blocage, les travaux des députés sont au point mort depuis plusieurs jours.

Macron et Merz s’affichent en duo uni malgré des dissonances sur la défense

Face au compte-à-rebours pour les exportations européennes menacées de surtaxes américaines, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont affiché mercredi un front uni dans la réponse à Washington mais constaté de profondes divergences sur un important projet de défense européen.Les dirigeants des deux premières économies de l’UE se sont retrouvés pour un dîner de travail dans le nord de Berlin, une discussion de trois heures “très intense, très amicale et confiante”, selon la chancellerie allemande.Paris et Berlin mettent volontiers en avant le nouvel élan de leur relation liée à l’arrivée du conservateur Friedrich Merz à la chancellerie. C’était le premier déplacement du chef de l’Etat français en Allemagne depuis l’investiture de M. Merz début mai.Plat de résistance de la rencontre: les difficiles négociations commerciales avec l’administration de Donald Trump qui a fixé la date butoir du 1er août pour de possibles surtaxes de 30% sur les exportations européennes aux Etats-Unis.”Le moment ne saurait être mieux choisi” pour évoquer cette question, a souligné le chancelier selon qui “des décisions” imminentes pourraient être prises entre le négociateur en chef de l’Union européenne, Maros Sefcovic, qui défend la position des 27 membres de l’Union, et ses interlocuteurs américains. Alors que la France pousse Bruxelles à adopter une position ferme pour faire pression sur Washington, d’autres pays, comme l’Allemagne, insistent sur l’importance de la désescalade avec les Etats-Unis.Au final, le président français et le chancelier allemand “ont mis en évidence leur vision commune des négociations”, a affirmé le porte-parole de Friedrich Merz à l’issue de la rencontre.Tous deux “sont d’accord pour se réserver d’autres instruments de politique commerciale si les négociations n’aboutissent pas et sont également prêtes à élaborer de nouvelles mesures”, a-t-il ajouté.- Rendez-vous en août à Toulon -Constat de désaccord franco-allemand, en revanche, sur l’avion de combat du futur (Scaf), un projet phare pour la défense du continent, dont le développement patine, bien que Paris et Berlin veuillent être les moteurs du réarmement de l’Europe.Le groupe aéronautique Dassault, qui représente la France dans ce projet, a fait savoir qu’il doutait de l’avenir et de la viabilité du programme, qui est encore loin de toute phase de prototype.Dassaut réclame un “vrai leader” industriel, plutôt que l’architecture actuelle entre “trois +co-co-co+” partenaires, selon les propos cette semaine de Eric Trappier, le PDG du groupe. Côté allemand, le projet est porté par Airbus via sa branche Defense and Space. Le troisième partenaire est l’Espagne.Friedrich Merz insiste lui sur la nécessité de “respecter les accord conclus” sur le partage des tâches.Le Scaf a pour objectif de remplacer le Rafale en France et Eurofighter en Allemagne et en Espagne à l’horizon de 2040.Pour tenter d’éviter l’échec pur et simple du programme, les deux ministres de la Défense français et allemand ont été chargés “d’évaluer d’ici fin août les perspectives réalistes de poursuite de la coopération au sein du consortium et de soumettre des propositions pour le règlement des conflits existants”, a indiqué la chancellerie.Avec l’idée d’en tirer des conclusions lors du Conseil des ministres franco-allemand qui se déroulera les 28-29 août en France, à Toulon, dont la rade abrite une des deux grandes bases navales françaises.- Axe Berlin-Paris-Londres -Paris et Berlin n’ont pas non plus aplani toutes leurs divergences sur la politique énergétique, un sujet qui les divise de longue date, même si des rapprochements sont esquissés.La France insiste particulièrement sur le concept de “neutralité technologique” pour que le nucléaire fasse l’objet d’un traitement similaire à celui des énergies renouvelables dans la législation européenne. Le classement du nucléaire en énergie “verte” au niveau de l’UE a été par le passé un point de désaccord majeur entre Français et Allemands.En difficulté sur le plan intérieur, où sa coalition est confrontée à ses premières turbulences, le chancelier allemand continue de vouloir renforcer le poids de l’Allemagne sur la scène internationale.Très critique d’une Union européenne freinée par ses règles et ses querelles internes, il mise sur le renforcement d’un axe avec Paris et Londres, où il s’est rendu en juillet – comme Emmanuel Macron – pour faire avancer des initiatives communes.

Macron et Merz s’affichent en duo uni malgré des dissonances sur la défense

Face au compte-à-rebours pour les exportations européennes menacées de surtaxes américaines, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont affiché mercredi un front uni dans la réponse à Washington mais constaté de profondes divergences sur un important projet de défense européen.Les dirigeants des deux premières économies de l’UE se sont retrouvés pour un dîner de travail dans …

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