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Iran: Ali Khamenei, un dirigeant impitoyable confronté à son plus grand défi

Fin manoeuvrier qui n’a jamais reculé devant le recours à la répression, le guide suprême Ali Khamenei a surmonté une succession de crises à la tête du système théocratique iranien, mais apparaît désormais contesté comme jamais. Agé de 86 ans, il domine la République islamique depuis qu’il en a pris la tête, à vie, en 1989, …

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Thaïlande: le gouvernement sévit après deux drames en deux jours liés à la même entreprise

Le gouvernement va engager des poursuites et résilier les contrats d’une compagnie du BTP impliquée dans les effondrements meurtriers de deux grues mercredi et jeudi sur des chantiers en Thaïlande.Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a annoncé que le gouvernement allait résilier les contrats d’Italian-Thai dans les deux projets concernés, engager des poursuites judiciaires à l’encontre de cette compagnie et la placer sur une liste noire.”Cela fait trois ou quatre fois que cela arrive. Le gouvernement n’a pas envie de travailler avec ce genre d’entreprises”, a-t-il affirmé à l’approche d’élections générales le 8 février.Le gouvernement a exigé des explications après l’effondrement meurtrier de deux grues mercredi et jeudi sur des chantiers liés à cette entreprise, l’une des plus grosses entreprises de BTP du royaume.La chute spectaculaire d’une première grue mercredi matin sur un train de passagers dans le nord-est du pays a fait 32 morts et des dizaines de blessés.Des proches endeuillés se recueillaient en silence sur le site poussiéreux au soleil levant lorsqu’un accident similaire s’est produit jeudi à plus de 200 kilomètres de là, dans la banlieue de Bangkok.Une autre grue est tombée, sur le chantier d’une autoroute en construction, tuant deux personnes, selon la police locale.Ces deux drames en l’espace de 24 heures ont pour dénominateur commun l’entreprise thaïlandaise Italian-Thai Development, a confirmé à un média local le ministre thaïlandais des Transports Phiphat Ratchakitprakarn.”Nous devrons établir les faits, s’il s’agissait d’un accident ou de quelque chose d’autre”, a-t-il déclaré.Italian-Thai a été impliquée dans plusieurs accidents mortels ces dernières années.Elle a été inculpée en août, avec son directeur, dans une affaire liée à l’effondrement d’un immeuble en construction à Bangkok lors d’un tremblement de terre. Environ 90 personnes avaient trouvé la mort, principalement des ouvriers.L’entreprise a annoncé mercredi après la tragédie ferroviaire qu’elle indemniserait les familles des victimes et couvrirait les frais médicaux des blessés.Elle a pris le même engagement le lendemain et promis de “revoir et renforcer (ses) mesures de sécurité”.- “Failli mourir” -Sur le site du deuxième accident, jeudi, dans la banlieue de Bangkok, Booncherd La-orium, un conducteur de moto-taxi, dit avoir “la chair de poule”.”Je ne m’étais toujours pas remis de l’accident d’hier (mercredi) et j’apprends ce matin qu’un autre a lieu juste à côté de chez moi”, raconte à l’AFP l’homme de 69 ans. “C’est encore la même entreprise, Italian-Thai…”Surachai Wongho, un retraité de 61 ans qui emprunte cette route tous les jours, partage la même lassitude: “C’est toujours la même chose en Thaïlande. Il est temps que le gouvernement fasse quelque chose”.Des images d’une caméra embarquée dans un véhicule montrent le moment où l’énorme grue s’est effondrée, déchirant la chaussée en béton surélevée dans un nuage de poussière.”J’ai failli mourir”, souffle une personne à bord. “C’est bon maintenant, ça ne tombe plus. C’est encore un effondrement de grue”, répond une deuxième.L’autoroute en construction doit permettre de fluidifier le trafic sur la route Rama II, qui relie Bangkok au sud du pays. Mais l’important chantier accumule les retards et les accidents mortels.L’effondrement d’une poutre en béton, conçue pour soutenir le futur pont autoroutier, avait déjà tué au moins six personnes en mars dernier près de la capitale, et trois ouvriers sont morts en novembre 2024 après la chute d’une grue, déjà.Celle qui a provoqué le déraillement du train mercredi dans le nord-est de la Thaïlande était utilisée sur le chantier d’une future ligne de TGV.Un projet colossal soutenu par la Chine dans le cadre de sa politique des “nouvelles routes de la soie”, destinée à accroître ses échanges commerciaux et son influence en Asie du Sud-Est.

Dans les camps de réfugiés rohingyas du Bangladesh, la grande pauvreté de l’éducation

Livres sous le bras, ils se glissent un à un dans une petite école des camps de réfugiés de Cox’s Bazar, dans le sud du Bangladesh. Pour ces jeunes garçons issus de la minorité rohingya, l’heure de la classe a sonné.”Ils rêvent tous de devenir pilote, médecin ou ingénieur”, assure leur maître, Mohammad Amin. “Mais difficile à dire s’ils y parviendront un jour. Ici, le chemin qui mène aux études supérieures est très tortueux…”Selon les estimations, la moitié du million de Rohingyas, la communauté musulmane de Birmanie, qui a trouvé refuge au Bangladesh pour fuir la répression de la junte militaire au pouvoir dans leur pays sont des enfants.Dans l’urgence qui a suivi l’arrivée des premières vagues en 2017, les ONG et le fonds de l’ONU pour l’enfance (Unicef) ont ouvert des écoles pour assurer leur éducation.Pour éviter de sédentariser ces réfugiés, le gouvernement de Dacca s’est opposé à l’accueil des jeunes Rohingyas dans ses écoles. Et leur a même interdit d’apprendre le bangladais.Sept ans plus tard, l’Unicef et ses partenaires gèrent dans les vastes camps de réfugiés de la ville de Cox’s Bazar plus de 6.500 centres éducatifs accueillant 300.000 élèves.  Mais ces infrastructures sont loin de suffire. Surtout depuis la décision l’an dernier de l’administration Trump de réduire drastiquement l’aide américaine, forçant de nombreux établissements à fermer.”Le système actuel offre trois heures d’instruction de base par jour à chaque enfant, sur la base des programmes en vigueur en Birmanie”, décrit Faria Selim, de l’Unicef. “Mais ces heures quotidiennes ne suffisent pas”.- Manque de profs -Membre du Conseil uni des Rohingyas, une instance représentative des réfugiés, Khin Maung confirme que l’enseignement financé par l’aide internationale ne permettrait pas aux élèves de réintégrer le système scolaire birman s’ils rentraient au pays.”Les programmes birmans n’y sont suivis que depuis 2022 et nous souffrons d’un manque de profs”, rappelle-t-il.”J’enseigne seule la langue birmane, les maths, la science et la vie pratique à 65 élèves répartis en deux classes”, confirme Hashim Ullah, 30 ans, enseignant dans une école primaire gérée par une ONG.Ces difficultés n’échappent pas aux nombreux parents pour qui l’éducation constitue l’unique issue offerte à leurs enfants pour échapper aux périls qui les menacent: malnutrition, mariages précoces, travail forcé, enlèvements ou enrôlement de force dans les milices birmanes.Alors des familles ont commencé à se tourner vers des écoles dites communautaires.”Mes enfants sont inscrits dans une école tenue par une ONG”, décrit Jamil Ahmad, père de 7 rejetons. “Et au lever et au coucher du soleil, j’envoie les plus âgés dans une école communautaire, où ils ont des profs de chez nous”.Ces établissements ont recruté des enseignants birmans, réfugiés eux aussi. Seule contrainte : de modestes frais de scolarité dont Jamil Ahmad s’acquitte en vendant des rations alimentaires.- Niveau trop faible-Hamima Begum, 15 ans, a suivi le même chemin. Elle fréquente à la fois les bancs d’une école dirigée par une ONG et ceux d’une école communautaire. “Comme beaucoup d’autres filles, je veux aller à l’université”, proclame l’adolescente, “étudier les droits humains, la justice, la paix, pour un jour aider les miens dans mon pays. Dans ce lycée communautaire, j’apprends plus”.Mais le nombre de ces écoles reste très insuffisant pour satisfaire toutes les demandes. Surtout celles des plus âgés.Selon une évaluation réalisée en 2024 par un consortium d’ONG et d’agences onusiennes, le taux de scolarisation des enfants des camps chute de 70% chez les 5-14 ans à moins de 20% chez les 15-18 ans, surtout chez les filles.Et pour ceux-là, le niveau d’apprentissage est trop faible pour leur ouvrir les portes d’une université.”Nous avons organisé cette année une évaluation à mi-année, 75% des lycéens ont échoué”, constate le représentant des réfugiés, Khin Maung.Le parcours de Jaitun Ara fait donc figure d’exception.Arrivée à Cox’s Bazar à l’âge de 12 ans, la jeune femme, qui en a aujourd’hui 19, a décroché une place à l’Asian University for Women (AUW) de Chittagong (sud du Bangladesh) grâce à un programme de soutien.Mais elle doute que beaucoup d’autres filles puissent l’imiter, faute de moyens. “Les familles peuvent à peine se payer à manger”, regrette-t-elle, “comment voulez-vous qu’elles financent l’éducation de leurs enfants ?”

Retour sur Terre de l’équipage de la Station spatiale internationale

Un équipage de la Station spatiale internationale contraint d’interrompre sa mission en raison d’un problème médical, une première dans l’histoire du laboratoire orbital, a effectué jeudi son retour sur Terre.Après 167 jours dans l’espace, les Américains Mike Fincke et Zena Cardman, le Russe Oleg Platonov et le Japonais Kimiya Yui, à bord d’une capsule Dragon de l’entreprise SpaceX d’Elon Musk, ont amerri de nuit dans l’océan Pacifique, au large de la Californie, à 08H41 GMT, selon les images en direct de la Nasa.”Au nom de SpaceX et de la Nasa, bienvenue à la maison Crew-11″, ont salué les contrôleurs basés à Houston peu après l’amerrissage de la capsule au large de San Diego. “C’est bon d’être à la maison”, a répondu Zena Cardman.Après l’amerrissage, la capsule a été hissée à bord d’un navire. Les astronautes ont été aidés à en sortir un par un, placés chaque fois sur une civière. La Nasa a précisé qu’il s’agissait d’une mesure habituelle pour leur adaptation à la gravité et non un signe de problème de santé.Le premier à sortir a été Mike Fincke, le pilote du vaisseau. Il a levé le pouce avant d’être installé sur la civière. Il a été suivi par Zena Cardman, très souriante puis par le Japonais Kimaya Yui et le cosmonaute russe Oleg Platonov.Les quatre astronautes devaient subir de premiers examens médicaux sur le navire avant d’être héliportés sur le continent pour subir des examens complémentaires.L’agence spatiale américaine avait annoncé la semaine dernière que les membres de la mission Crew-11 allaient être évacués de l’ISS en raison d’un problème de santé touchant un astronaute.Un “risque persistant” et “l’incertitude quant au diagnostic” ont motivé la décision de ramener l’équipage plus tôt, a expliqué le médecin-chef de la Nasa, James Polk, tout en soulignant qu’il ne s’agissait pas d’une évacuation d’urgence.Les responsables de l’agence n’ont pas communiqué sur la nature de ce problème ni sur l’identité de l’astronaute concerné.”Le membre de l’équipage était et reste dans un état stable”, a assuré Rob Navias, un responsable de la Nasa, peu avant que la capsule ne parte mercredi de l’ISS, qui évolue à quelque 400 km d’altitude autour de la Terre.- “Décision mûrement réfléchie” -“Nous allons tous bien”, a par ailleurs écrit le pilote de la mission, Mike Fincke, cette semaine sur le réseau social LinkedIn. “Il s’agit d’une décision mûrement réfléchie et qui vise à permettre la réalisation d’examens médicaux appropriés au sol, où toutes les capacités diagnostiques sont disponibles. C’est la bonne décision”, a-t-il poursuivi.Les quatre membres de la mission Crew-11 avaient rejoint la station orbitale en août. Ils devaient y rester jusqu’à une prochaine rotation d’équipage, prévue pour mi-février.Cette mission, Crew-12, pourrait donc partir plus tôt que prévu, a fait savoir la Nasa. La Française Sophie Adenot doit y prendre part et réaliser ainsi son premier vol dans l’espace, le premier pour une Française depuis Claudie Haigneré en 1996.Pour l’heure, la Station spatiale internationale reste occupée par trois personnes – un Américain et deux Russes arrivés en novembre à bord d’un vaisseau Soyouz.Habitée en permanence depuis 2000, l’ISS est un modèle de coopération internationale réunissant notamment l’Europe, le Japon, les Etats-Unis et la Russie. Depuis la guerre en Ukraine, elle est aussi l’un des derniers domaines de coopération entre Moscou et Washington.Ses équipages sont formés pour conduire des missions scientifiques mais aussi pour faire face aux possibles complications liées à la vie dans l’espace.L’équipage évacué avait été préparé à “gérer des situations médicales imprévues”, avait rappelé un haut responsable de la Nasa, Amit Kshatriya.Durant son séjour de plusieurs mois dans ce laboratoire spatial, l’équipage devait mener diverses missions scientifiques allant de l’étude de la division cellulaire des plantes aux cellules-souches humaines et même à la simulation de scénarios d’alunissage, dans le cadre du programme Artemis de la Nasa, qui prévoit le retour des Américains sur la Lune.

L’Iran annonce que le manifestant Erfan Soltani ne sera pas exécuté

L’Iran a annoncé jeudi qu’un manifestant dont le sort inquiète Washington et les défenseurs des droits humains ne serait pas condamné à mort après sa récente arrestation, tandis que Donald Trump a dit “observer” la situation dans le pays où il a menacé d’intervenir militairement.Les défenseurs des droits humains ont accusé ces derniers jours l’Iran de mener à huis clos une répression qui aurait fait des milliers de morts, dans un pays de près de 86 millions d’habitants privé depuis une semaine de communications par internet et largement coupé du monde.Les manifestations initialement liées au coût de la vie avaient commencé le 28 décembre avant de s’étendre à travers le pays, visant ouvertement le pouvoir, dans un mouvement de contestation parmi les plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979. Face aux informations sur la répression brutale menée par les autorités, notamment depuis la coupure de l’internet le 8 janvier, le président américain a brandi des menaces répétées d’intervention militaire. Mercredi, Donald Trump a cependant affirmé avoir été informé “par des sources très importantes” que “les tueries ont pris fin” et que les exécutions prévues de manifestants n’auraient finalement “pas lieu”.”On observera ça et on verra quelle est la suite”, a-t-il ajouté à propos d’une éventuelle action militaire.Les Etats-Unis de même que des organisations de défense des droits de l’homme s’inquiétaient en particulier du sort d’Erfan Soltani, un manifestant de 26 ans dont ils craignaient l’exécution, dans un pays qui applique largement la peine capitale par pendaison.L’Iran a démenti jeudi que le manifestant arrêté samedi ait été condamné à mort et puisse être exécuté.Erfan Soltani est incarcéré à la prison de Karaj, près de Téhéran, et accusé de rassemblements contre la sécurité nationale et de propagande contre le système, a déclaré le pouvoir judiciaire iranien, précisant que la loi ne prévoyait pas la peine capitale pour ces chefs d’accusation.”S’il est reconnu coupable il sera condamné à une peine de prison”, a ajouté le pouvoir judiciaire.- “Minimum absolu” -Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait affirmé qu’il n’y aurait “pas de pendaison” mercredi ou jeudi, dans une interview à la chaîne américaine Fox News.”Tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est sans aucun doute considéré comme un criminel”, a pour sa part lancé mercredi le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi.Selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 3.428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement. “Ce chiffre est un minimum absolu”, avertit l’organisation, qui fait aussi état de plus de 10.000 arrestations.Le Conseil de sécurité des Nations unies prévoit de se réunir jeudi, à la demande des Etats-Unis, pour “un briefing sur la situation en Iran”, selon sa présidence.Après un pic de manifestations en fin de semaine dernière, les autorités ont tenté de reprendre le contrôle de la rue en organisant mercredi à Téhéran une “marche de résistance nationale” et les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres “martyrs” tués.Des banderoles proclamant “Mort à l’Amérique” et des photos du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, émergeaient de la foule, selon un journaliste de l’AFP, de même qu’une photo montrant Donald Trump, le visage ensanglanté, lors d’une tentative d’assassinat dont il a été victime en 2024, avec la légende: “Cette fois il ne manquera pas sa cible”.- Procès “rapides” -Selon le chef de la diplomatie iranienne, “le calme règne” à présent dans le pays et les autorités ont le “contrôle total” de la situation.Si le ministre a dit que Téhéran était ouvert à la diplomatie, d’autres responsables ont durci le ton mercredi envers les Etats-Unis et Israël. L’Iran est prêt à riposter “de manière décisive” à toute attaque, a notamment averti le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour. Face à ces “tensions régionales”, le Qatar a fait état du départ d’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid, la plus importante au Moyen-Orient. En parallèle, le Royaume-Uni a annoncé avoir “fermé temporairement” son ambassade à Téhéran, tandis que l’Espagne et l’Inde ont appelé leurs ressortissants à quitter l’Iran. A Téhéran, le pouvoir judiciaire a promis des procès “rapides” et “publics”.”Toute société peut s’attendre à des manifestations, mais nous ne tolérerons pas la violence”, a insisté mercredi un responsable gouvernemental, affirmant qu’aucune nouvelle “émeute” n’avait eu lieu depuis lundi.Les autorités ne fournissent pas de bilan officiel à ce stade, l’identification des victimes étant toujours en cours, a précisé un autre haut responsable.