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L’AFP, AP, Reuters et BBC News demandent à Israël un libre accès à Gaza

Les agences de presse AFP, AP et Reuters, ainsi que la BBC, ont lancé jeudi un appel commun à Israël à “autoriser l’entrée et la sortie des journalistes à Gaza”, après 21 mois de guerre.”Les journalistes doivent affronter de nombreuses privations et difficultés en zone de guerre. Nous sommes profondément inquiets du fait que, désormais, …

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L’AFP, AP, Reuters et BBC News demandent à Israël un libre accès à Gaza

Les agences de presse AFP, AP et Reuters, ainsi que la BBC, ont lancé jeudi un appel commun à Israël à “autoriser l’entrée et la sortie des journalistes à Gaza”, après 21 mois de guerre.”Les journalistes doivent affronter de nombreuses privations et difficultés en zone de guerre. Nous sommes profondément inquiets du fait que, désormais, la faim menace leur survie”, indiquent l’Agence France-Presse, l’américaine Associated Press, la canado-britannique Reuters et la chaîne britannique BBC News dans une déclaration conjointe.”Nous exhortons une nouvelle fois les autorités israéliennes à autoriser l’entrée et la sortie des journalistes à Gaza. Il est essentiel que des vivres en quantités suffisantes parviennent à la population sur place”, insiste ce texte.  Ces médias internationaux se disent “profondément préoccupés par la situation” de leurs journalistes à Gaza, “qui peinent de plus en plus à subvenir aux besoins alimentaires de leurs familles et d’eux-mêmes”. “Ces journalistes indépendants ont été les yeux et les oreilles du monde sur le terrain à Gaza. Ils font désormais face aux mêmes conditions dramatiques que celles des populations qu’ils couvrent”, soulignent-ils.L’ONU et les ONG ont poussé un cri d’alarme sur le risque de famine à Gaza. Le gouvernement israélien s’est défendu en affirmant qu’il n’était pas responsable des pénuries.Les témoignages de journalistes en grande détresse à Gaza se sont multipliés ces derniers jours. Ils évoquent une faim extrême, un manque d’eau potable et une fatigue physique et mentale croissante, qui les contraignent parfois à réduire leur couverture de la guerre, déclenchée le 7 octobre 2023 par une attaque sans précédent du Hamas en Israël.”Depuis des mois, nous assistons, impuissants, à la détérioration dramatique” des conditions de vie de plusieurs collaborateurs de l’AFP et “leur situation est aujourd’hui intenable”, affirmait un communiqué de cette agence de presse lundi, tandis que sa Société des journalistes alertait du risque de les “voir mourir”.Israël accuse le mouvement islamiste palestinien Hamas d’instrumentaliser la souffrance des plus de deux millions d’habitants de Gaza, notamment en détournant l’aide pour la revendre à prix fort ou en tirant sur ceux qui attendent cette aide.- Pression internationale croissante -Après avoir assiégé Gaza en octobre 2023, Israël a imposé au territoire un blocus total début mars, très partiellement assoupli fin mai, qui a entraîné de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant.Le Committee to Protect Journalists (CPJ), organisation indépendante américaine, a aussi réclamé mercredi qu’Israël cesse d’affamer les journalistes et les populations civiles à Gaza. “Le monde doit désormais agir: protéger (ces professionnels), les nourrir, leur permettre de se rétablir pendant que d’autres journalistes arriveraient pour les épauler”, a pressé la directrice régionale du CPJ, Sara Qudah, dans un communiqué. Depuis fin 2023, les seuls journalistes ayant pu se rendre dans la bande de Gaza à partir de l’extérieur y sont entrés embarqués avec l’armée israélienne, leurs reportages étant soumis à la censure militaire.Pour la France, le “risque de famine” à Gaza est “le résultat du blocus” imposé par Israël.”Il s’agit d’une pénurie provoquée par le Hamas”, a déclaré le porte-parole israélien, David Mencer, en accusant le mouvement palestinien d’empêcher la distribution et de piller l’aide.Le Hamas a toujours rejeté de telles accusations.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent otages à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l’armée.L’offensive de représailles israélienne a coûté la vie à Gaza 59.219 personnes, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Pour sa part, l’ONG Reporters sans frontières affirmait le 7 mai que “l’armée d’Israël a tué près de 200 journalistes, dont au moins 44 dans l’exercice de leurs fonctions”, dans la bande de Gaza. 

Russie: un avion avec près de cinquante personnes à bord s’écrase en Extrême-Orient

Un avion de ligne avec près de cinquante personnes à bord s’est écrasé jeudi dans la région de l’Amour, en Extrême-Orient russe, ont annoncé les autorités locales de ces territoires reculés régulièrement endeuillés par des catastrophes aériennes.Le “fuselage en flammes” de l’appareil a été repéré par un hélicoptère des services de secours, a affirmé le ministère russe des Situations d’urgence sur Telegram.Le nombre de passagers de cet Antonov An-24 n’était pas clair dans l’immédiat. Le gouverneur de la région, Vassili Orlov, a annoncé initialement que 49 personnes, dont 5 personnes mineures et 6 membres d’équipage, se trouveraient à bord.Puis l’agence de presse russe TASS a affirmé, citant les services opérationnels, que 46 personnes pourraient avoir été dans l’avion, dont 2 enfants et 6 membres d’équipage.Le Centre de protection civile de la région a indiqué sur Telegram que l’hélicoptère des secouristes n’avait pas “découvert de survivants depuis les airs” en survolant le site du crash, précisant que des équipes se rendaient au sol.Selon cette source, le fuselage de l’avion a été repéré à 16 kilomètres de la localité de Tynda.Le lieu de la catastrophe se trouve dans un “endroit difficile d’accès”, a précisé le ministère des Situations d’urgence, ajoutant que plus de 50 secouristes et une dizaine d’équipements avaient été mobilisés dans cette opération.Le site se trouve au milieu d’une zone forestière, selon une vidéo filmée depuis l’hélicoptère ayant repéré l’appareil et publiée par le ministère. Sur ces images, on voit un panache de fumée s’élever au milieu de nombreux arbres et des flammes près de ce qui semble être des débris de l’appareil.Selon les autorités, il s’agissait d’un vol de la compagnie aérienne Angara Airlines, basée dans la région d’Irkoutsk, en Sibérie.- Tentatives d’atterrissage -Plus tôt, le gouverneur de la région, Vassili Orlov, avait annoncé que l’appareil, qui effectuait un vol entre Blagovechtchensk et Tynda, avait “disparu des radars”.D’après des informations préliminaires, fournies sur Telegram par le département du parquet russe en charge des transports en Extrême-Orient, le contact a été perdu avec l’appareil vers 13H00 locales (4H00 GMT) alors qu’il effectuait une “deuxième approche” pour tenter d’atterrir à l’aéroport de Tynda.Selon TASS, citant une source au sein des autorités aéroportuaires, l’avion avait été fabriqué il y a près de 50 ans, en 1976, par l’usine Aviant à Kiev en Ukraine, qui faisait alors partie de l’Union soviétique. En 2021, son certificat de navigabilité avait été prolongé jusqu’en 2036, toujours selon TASS.Les accidents d’avion et d’hélicoptère sont assez fréquents en Extrême-Orient russe, une région sauvage et reculée où de nombreux trajets doivent s’effectuer par les airs en raison des gigantesques distances à parcourir. Ces catastrophes peuvent être causées par des conditions météorologiques difficiles, des problèmes techniques liés à des équipements vétustes ou des erreurs de pilotage.Un hélicoptère de type Mi-8, de conception soviétique, s’était écrasé fin août 2024 au Kamtchatka, causant la mort des 22 passagers à bord.En août 2021, un hélicoptère Mi-8 avec 16 personnes à bord, dont 13 touristes, s’était écrasé dans un lac dans la péninsule volcanique du Kamtchatka, du fait de la mauvaise visibilité. L’accident avait fait huit morts.En juillet de la même année, un avion de ligne s’était écrasé avec 22 passagers et six membres d’équipage à bord, alors qu’il s’apprêtait à atterrir au Kamtchatka, ne laissant aucun survivant.

Russie: un avion avec près de cinquante personnes à bord s’écrase en Extrême-Orient

Un avion de ligne avec près de cinquante personnes à bord s’est écrasé jeudi dans la région de l’Amour, en Extrême-Orient russe, ont annoncé les autorités locales de ces territoires reculés régulièrement endeuillés par des catastrophes aériennes.Le “fuselage en flammes” de l’appareil a été repéré par un hélicoptère des services de secours, a affirmé le ministère russe des Situations d’urgence sur Telegram.Le nombre de passagers de cet Antonov An-24 n’était pas clair dans l’immédiat. Le gouverneur de la région, Vassili Orlov, a annoncé initialement que 49 personnes, dont 5 personnes mineures et 6 membres d’équipage, se trouveraient à bord.Puis l’agence de presse russe TASS a affirmé, citant les services opérationnels, que 46 personnes pourraient avoir été dans l’avion, dont 2 enfants et 6 membres d’équipage.Le Centre de protection civile de la région a indiqué sur Telegram que l’hélicoptère des secouristes n’avait pas “découvert de survivants depuis les airs” en survolant le site du crash, précisant que des équipes se rendaient au sol.Selon cette source, le fuselage de l’avion a été repéré à 16 kilomètres de la localité de Tynda.Le lieu de la catastrophe se trouve dans un “endroit difficile d’accès”, a précisé le ministère des Situations d’urgence, ajoutant que plus de 50 secouristes et une dizaine d’équipements avaient été mobilisés dans cette opération.Le site se trouve au milieu d’une zone forestière, selon une vidéo filmée depuis l’hélicoptère ayant repéré l’appareil et publiée par le ministère. Sur ces images, on voit un panache de fumée s’élever au milieu de nombreux arbres et des flammes près de ce qui semble être des débris de l’appareil.Selon les autorités, il s’agissait d’un vol de la compagnie aérienne Angara Airlines, basée dans la région d’Irkoutsk, en Sibérie.- Tentatives d’atterrissage -Plus tôt, le gouverneur de la région, Vassili Orlov, avait annoncé que l’appareil, qui effectuait un vol entre Blagovechtchensk et Tynda, avait “disparu des radars”.D’après des informations préliminaires, fournies sur Telegram par le département du parquet russe en charge des transports en Extrême-Orient, le contact a été perdu avec l’appareil vers 13H00 locales (4H00 GMT) alors qu’il effectuait une “deuxième approche” pour tenter d’atterrir à l’aéroport de Tynda.Selon TASS, citant une source au sein des autorités aéroportuaires, l’avion avait été fabriqué il y a près de 50 ans, en 1976, par l’usine Aviant à Kiev en Ukraine, qui faisait alors partie de l’Union soviétique. En 2021, son certificat de navigabilité avait été prolongé jusqu’en 2036, toujours selon TASS.Les accidents d’avion et d’hélicoptère sont assez fréquents en Extrême-Orient russe, une région sauvage et reculée où de nombreux trajets doivent s’effectuer par les airs en raison des gigantesques distances à parcourir. Ces catastrophes peuvent être causées par des conditions météorologiques difficiles, des problèmes techniques liés à des équipements vétustes ou des erreurs de pilotage.Un hélicoptère de type Mi-8, de conception soviétique, s’était écrasé fin août 2024 au Kamtchatka, causant la mort des 22 passagers à bord.En août 2021, un hélicoptère Mi-8 avec 16 personnes à bord, dont 13 touristes, s’était écrasé dans un lac dans la péninsule volcanique du Kamtchatka, du fait de la mauvaise visibilité. L’accident avait fait huit morts.En juillet de la même année, un avion de ligne s’était écrasé avec 22 passagers et six membres d’équipage à bord, alors qu’il s’apprêtait à atterrir au Kamtchatka, ne laissant aucun survivant.

Tour de France: une étape-reine dans les Alpes qui va “faire très mal”

Avec trois ascensions hors catégorie dont le terrifiant col de la Loze, où Tadej Pogacar avait connu la pire défaillance de sa carrière en 2023, l’étape-reine du Tour de France “va faire très mal” jeudi.Le Slovène compte toujours plus de quatre minutes d’avance sur son rival Jonas Vingegaard mais devrait, comme dans le Mont Ventoux mardi, être harcelé par la formation du Danois lors de la première des deux étapes alpestres.La journée s’annonce d’autant plus dantesque que cette étape est longue (171,5 km) avec trois cols interminables, le Glandon (21,7 km à 5,1%), la Madeleine (19,2 km à 7,9%) et enfin la Loze (26,4 km à 6,5%) pour un total monstrueux de 5.450 mètres de dénivelé positif.”C’est le type d’étape qu’on n’a pas fait depuis très longtemps. Enchaîner trois grands cols hors catégorie comme ça, c’est un retour à la tradition, à l’ancien cyclisme. Et ça va faire très mal”, explique le traceur du Tour de France, Thierry Gouvenou, à l’AFP.”Tu n’as pas le droit à la moindre faiblesse sur une étape comme ça”, ajoute-t-il.Pogacar en sait quelque chose après avoir définitivement perdu le Tour en 2023 face à Jonas Vingegaard sous le cagnard – pour jeudi on annonce un temps frais et peut-être de la pluie – dans le col de la Loze.”J’ai lâché, je suis mort”, avait-il soufflé dans son oreillette alors qu’on n’était même pas encore dans les derniers kilomètres si atypiques de ce col qui, au lieu des traditionnels lacets, propose un enchaînement infernal de bosses et de petits replats, un toboggan vers la souffrance.”Il n’existe pas de ruptures de pente comme ça en France. C’est le col du XXIe siècle”, dit le patron du Tour Christian Prudhomme.Les coureurs monteront par Courchevel et non par Méribel comme en 2023 et ce versant est un poil moins dur. Mais on atteindra quand même des pourcentages infâmes à plus de 14%, de quoi pratiquement tomber à la renverse, à une altitude (2.304 m, point culminant et souvenir Henri-Desgrange de cette 112e édition) où on commence à respirer avec une paille.”Et les coureurs auront déjà deux hors catégories dans les pattes, rappelle Gouvenou. C’est la grosse, grosse étape de montagne” où Vingegaard espère refaire le coup de 2023 et enfin prendre l’avantage sur Pogacar dans ce Tour de France.Le départ sera donné à 12h20 à Vif avant une arrivée prévue aux alentours de 17h30 au sommet du col de la Loze.

“S’il vous plaît, pour manger”: à Cuba, des mendiants toujours plus nombreux

William Abel montre le contenu d’un sac plastique qu’il vient de trouver dans une poubelle d’un quartier de La Havane et qui va lui servir de repas: un peu de riz aux légumes et un os de poulet déjà rongé. S’y délectent déjà des dizaines de mouches. A 62 ans, ce Cubain dort dans la rue depuis l’effondrement de sa maison dans les environs de capitale, un phénomène fréquent en raison du délabrement de nombreux immeubles. “La nourriture, c’est le plus difficile. Cela fait deux ans que je fais les poubelles pour (trouver) quelque chose à manger”, raconte-t-il à l’AFP, l’élocution rendue difficile par la perte de plusieurs dents.Sous son t-shirt crasseux, le corps est osseux. Il dit souffrir d’arthrite, d’hypertension et d’un problème au foie. Il reconnaît qu’avant, il buvait “pas mal”.”Vous savez, on passe un sale moment”, lance-t-il. Selon lui, les mendiants ont “toujours existé” à Cuba, mais “aujourd’hui, il y en a plus que jamais (…) qui dorment dans la rue comme moi”. Mi-juillet, la ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Marta Elena Feito, a démissionné après avoir suscité l’indignation de la population en affirmant qu’il n’y avait pas de mendiants à Cuba, seulement des “gens déguisés en mendiants” ou qui ont choisi une “vie facile”.Chantre d’un socialisme égalitariste, Cuba a longtemps fait reculer la pauvreté grâce à d’importants programmes sociaux, notamment un système de santé gratuit et une distribution de nourriture subventionnée à l’ensemble de la population, la fameuse “libreta”.Mais la sévère crise économique qui secoue l’île depuis quatre ans ne permet plus à l’État, en proie à un manque cruel de devises, d’assurer l’ensemble de ses programmes d’aide. En cause, les faiblesses structurelles de son économie centralisée, une réforme monétaire ratée et le renforcement de l’embargo américain. Dans le même temps, entre 2018 et 2023, les prix des aliments ont augmenté de 470%. De nombreux Cubains sont tombés dans une précarité sans précédent, et certains ont basculé dans l’indigence.Juan de La Cruz, 63 ans, s’est résolu à mendier dans la rue il y a une quinzaine de jours. Amputé d’une jambe en 2021 en raison d’un diabète, il s’est assis sous une colonnade d’un quartier passant du centre de La Havane. Sur un carton, il a écrit: “S’il vous plaît, pour manger”. “Ce que me donne la Sécurité sociale ne me suffit pas”, explique le sexagénaire qui reçoit 1.092 pesos mensuels d’allocation, soit moins de 3 dollars au marché informel. Insuffisant pour acheter un kilo de poulet, déplore-t-il, et la cantine sociale n’est pas un réconfort: “la nourriture est mauvaise, du riz, sans beurre, sans huile”.Cet ancien brancardier, fâché avec sa famille, se réjouit seulement d’avoir encore un toit, “une toute petite chambre”, mais “vide, vide, vide”. – Garage à moto -A Cuba, les autorités n’utilisent jamais le mot “pauvres”, lui préférant les termes de personnes “vulnérables” ou “vagabondes”. Selon le gouvernement, en 2024, 189.000 familles et 350.000 personnes seules vulnérables ont bénéficié de programmes d’aide sociale sur une île de 9,7 millions d’habitants.Mais aucune statistique officielle n’est rendue publique sur la pauvreté, devenue pourtant en deux ans un phénomène visible dans les rues de La Havane. Face au tollé provoqué par les propos de sa ministre, le président Miguel Diaz-Canel est rapidement monté au créneau. “Ces personnes, que nous décrivons parfois comme des mendiants (…) sont en réalité les expressions concrètes des inégalités sociales”, a déclaré le chef de l’État. Le Premier ministre, Manuel Marrero, a reconnu “un problème réel”. En l’absence de données officielles, les experts tentent des “estimations”. Dans une interview récente au site Joven Cuba, la sociologue Mayra Espina Prieto a évalué qu'”entre 40 et 45%” des Cubains se trouvent “en situation de pauvreté”, incapables avec leurs revenus de couvrir leurs besoins de base.Et 9% des enfants cubains souffrent d’une “situation de pauvreté alimentaire”, selon l’Unicef. Arnaldo Victores dort dans un garage à moto, sur des sacs plastique, dans un quartier périphérique de La Havane. L’absence d’adresse formelle dans la capitale l’empêche d’accéder à des prestations sociales.Tous les jours, ce non-voyant de 65 ans, ancien kinésithérapeute, se rend dans le centre de la capitale et se poste dans une rue passante pour mendier.Son rêve? “Avoir une petite chambre avec une salle de bain”, dit-il sans voir que devant lui se dresse un hôtel d’État flambant neuf de 42 étages, le plus haut de la capitale. Un investissement durement critiqué par les Cubains face à la crise sociale. 

“S’il vous plaît, pour manger”: à Cuba, des mendiants toujours plus nombreux

William Abel montre le contenu d’un sac plastique qu’il vient de trouver dans une poubelle d’un quartier de La Havane et qui va lui servir de repas: un peu de riz aux légumes et un os de poulet déjà rongé. S’y délectent déjà des dizaines de mouches. A 62 ans, ce Cubain dort dans la rue depuis l’effondrement de sa maison dans les environs de capitale, un phénomène fréquent en raison du délabrement de nombreux immeubles. “La nourriture, c’est le plus difficile. Cela fait deux ans que je fais les poubelles pour (trouver) quelque chose à manger”, raconte-t-il à l’AFP, l’élocution rendue difficile par la perte de plusieurs dents.Sous son t-shirt crasseux, le corps est osseux. Il dit souffrir d’arthrite, d’hypertension et d’un problème au foie. Il reconnaît qu’avant, il buvait “pas mal”.”Vous savez, on passe un sale moment”, lance-t-il. Selon lui, les mendiants ont “toujours existé” à Cuba, mais “aujourd’hui, il y en a plus que jamais (…) qui dorment dans la rue comme moi”. Mi-juillet, la ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Marta Elena Feito, a démissionné après avoir suscité l’indignation de la population en affirmant qu’il n’y avait pas de mendiants à Cuba, seulement des “gens déguisés en mendiants” ou qui ont choisi une “vie facile”.Chantre d’un socialisme égalitariste, Cuba a longtemps fait reculer la pauvreté grâce à d’importants programmes sociaux, notamment un système de santé gratuit et une distribution de nourriture subventionnée à l’ensemble de la population, la fameuse “libreta”.Mais la sévère crise économique qui secoue l’île depuis quatre ans ne permet plus à l’État, en proie à un manque cruel de devises, d’assurer l’ensemble de ses programmes d’aide. En cause, les faiblesses structurelles de son économie centralisée, une réforme monétaire ratée et le renforcement de l’embargo américain. Dans le même temps, entre 2018 et 2023, les prix des aliments ont augmenté de 470%. De nombreux Cubains sont tombés dans une précarité sans précédent, et certains ont basculé dans l’indigence.Juan de La Cruz, 63 ans, s’est résolu à mendier dans la rue il y a une quinzaine de jours. Amputé d’une jambe en 2021 en raison d’un diabète, il s’est assis sous une colonnade d’un quartier passant du centre de La Havane. Sur un carton, il a écrit: “S’il vous plaît, pour manger”. “Ce que me donne la Sécurité sociale ne me suffit pas”, explique le sexagénaire qui reçoit 1.092 pesos mensuels d’allocation, soit moins de 3 dollars au marché informel. Insuffisant pour acheter un kilo de poulet, déplore-t-il, et la cantine sociale n’est pas un réconfort: “la nourriture est mauvaise, du riz, sans beurre, sans huile”.Cet ancien brancardier, fâché avec sa famille, se réjouit seulement d’avoir encore un toit, “une toute petite chambre”, mais “vide, vide, vide”. – Garage à moto -A Cuba, les autorités n’utilisent jamais le mot “pauvres”, lui préférant les termes de personnes “vulnérables” ou “vagabondes”. Selon le gouvernement, en 2024, 189.000 familles et 350.000 personnes seules vulnérables ont bénéficié de programmes d’aide sociale sur une île de 9,7 millions d’habitants.Mais aucune statistique officielle n’est rendue publique sur la pauvreté, devenue pourtant en deux ans un phénomène visible dans les rues de La Havane. Face au tollé provoqué par les propos de sa ministre, le président Miguel Diaz-Canel est rapidement monté au créneau. “Ces personnes, que nous décrivons parfois comme des mendiants (…) sont en réalité les expressions concrètes des inégalités sociales”, a déclaré le chef de l’État. Le Premier ministre, Manuel Marrero, a reconnu “un problème réel”. En l’absence de données officielles, les experts tentent des “estimations”. Dans une interview récente au site Joven Cuba, la sociologue Mayra Espina Prieto a évalué qu'”entre 40 et 45%” des Cubains se trouvent “en situation de pauvreté”, incapables avec leurs revenus de couvrir leurs besoins de base.Et 9% des enfants cubains souffrent d’une “situation de pauvreté alimentaire”, selon l’Unicef. Arnaldo Victores dort dans un garage à moto, sur des sacs plastique, dans un quartier périphérique de La Havane. L’absence d’adresse formelle dans la capitale l’empêche d’accéder à des prestations sociales.Tous les jours, ce non-voyant de 65 ans, ancien kinésithérapeute, se rend dans le centre de la capitale et se poste dans une rue passante pour mendier.Son rêve? “Avoir une petite chambre avec une salle de bain”, dit-il sans voir que devant lui se dresse un hôtel d’État flambant neuf de 42 étages, le plus haut de la capitale. Un investissement durement critiqué par les Cubains face à la crise sociale. 

Dermatose des bovins: la ministre de l’Agriculture chez les éleveurs touchés

Près d’un mois après les premiers cas de dermatose des bovins, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, en déplacement en Savoie et Haute-Savoie où plus d’un millier de bêtes ont été euthanasiées et 310.000 doivent être vaccinées, a défendu la stratégie de lutte contre l’épizootie, contestée par des syndicats.”Il y a une stratégie qui a été parfaitement expliquée par les scientifiques, par les autorités”, a déclaré la ministre lors d’un point presse qui a suivi une “réunion de crise” avec des représentants des éleveurs, élus et autorités des deux départements. Elle a insisté sur la nécessité du protocole mis en place, “sur lequel personne n’a émis de réserve scientifique, en tout cas pas dans les organismes de référence”.A son arrivée en début de matinée, la ministre n’a pas croisé la cinquantaine de manifestant tenus à distance de la préfecture de Chambéry, rassemblés pour manifester leur colère dans la gestion de cette épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la première en France.”Genevard, t’arrives trop tard!” ont-ils scandé, emmenés par deux syndicats, la Confédération paysanne et la Coordination rurale.Le premier cas a été signalé le 29 juin et, en date du 23 juillet, 34 foyers ont été détectés en Savoie et Haute-Savoie, selon le ministère.Les mesures d’euthanasie des troupeaux concernés, destinées à stopper la propagation de la maladie, ont suscité une vive émotion dans les zones touchées où certains éleveurs ont tenté plusieurs jours durant de bloquer l’accès à leurs exploitations pour empêcher l’abattage.Quelque 1.500 bêtes, pour 33 troupeaux, ont été euthanasiés, selon Christian Convers, secrétaire général de la Coordination rurale et éleveur en Savoie.- “Héros” -“On est plus pertinent à être ici (dans la rue, ndlr) que d’être à l’intérieur pour cautionner un cirque qui encore une fois va amener juste à valider quelque chose qui a été décidé dans les bureaux parisiens”, a réagi Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne.La ministre a également signé une charte d’accompagnement destinée à “soutenir financièrement et psychologiquement les éleveurs” concernés. Elle a rendu “hommage aux éleveurs qui ont accepté, dans un esprit citoyen et pour protéger l’ensemble des élevages”, que leurs troupeaux, où des cas avaient été détectés, soient abattus.”Je veux saluer et remercier” les exploitants “qui ont accepté ce sacrifice pour sauver l’élevage. Ce sont des héros”, a déclaré la ministre.Elle a assuré que l’indemnisation “se déploiera rapidement” pour les éleveurs d’animaux euthanasiés, “à la hauteur du préjudice qui a été consenti”.Dehors, Christian Convers a déploré un “non-sens, de perdre une, deux, trois bêtes sur un troupeau et de tuer tout le troupeau”. Il a aussi dénoncé “une faute de l’Etat” qui a selon lui tardé à obtenir les vaccins malgré les avertissements “que la maladie arrivait”. “On a perdu du temps”.”Etre courageuse, c’est venir (…) rencontrer ceux qui ont eu des élevages abattus, ceux qui souffrent en fait, et discuter avec eux de quelles alternatives on peut avoir, quelles projections on va avoir. Parce que là il y a la vaccination: est-ce qu’elle va continuer à tuer les vaches ? C’est ça la question”, s’interroge Stéphane Galais.”Là où il y a eu des abattages partiels, à l’évidence, la maladie s’est installée durablement”, a répondu la ministre devant la presse. “Tout obstacle fait à l’éradication de la maladie retarde d’autant la reprise d’une vie normale”, a-t-elle ajouté.La ministre était ensuite attendue dans une exploitation de Hauteville-sur-Fier, près d’Annecy, pour assister à des opérations de vaccination, qui ont débuté le week-end dernier et concernent environ 310.000 bovins.La DNC, qui affecte bovins, buffles et zébus, se transmet par piqûres d’insectes comme le stomoxe (une mouche piquante) ou le taon, mais n’est pas transmissible à l’humain, ni par contact avec des bovins infectés, ni par l’alimentation, ni par piqûres d’insectes.La campagne de vaccination, “obligatoire et entièrement financée par l’État”, est effectuée dans une zone réglementée de 50 km autour des foyers, couvrant la majorité du territoire de Savoie et Haute-Savoie, ainsi qu’une partie de l’Ain et de l’Isère, indique le ministère sur son site.Un “maximum de doses de vaccins disponibles” a été commandé auprès de l’Union européenne “moins de 48 heures après le premier foyer confirmé le 29 juin”, souligne-t-il. Selon la ministre, la campagne se déroule de façon “intensive”, avec “près de 20.000 vaccinations par jour”.