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Amazonie brésilienne: remonter la trace d’indigènes isolés pour protéger la forêt

Une carapace de tortue abandonnée par un chasseur et un vase en céramique: découvertes il y a trois ans, ces traces tendent à prouver que des communautés isolées vivent sur une terre indigène du nord de l’Amazonie brésilienne.Ce sont les indices les plus récents que des peuples autochtones “non contactés”, comme on les appelle (c’est-à-dire sans contact avec la société), habitent cette terre située dans l’Etat du Para et aussi vaste que Sao Paulo, la mégalopole du sud du pays.Appelé Ituna/Itata, ce territoire indigène est protégé par une ordonnance provisoire contre la déforestation. Mais des organisations demandent au gouvernement de mener davantage de recherches pour documenter la présence de groupes isolés: une condition essentielle pour que l’Etat délimite définitivement la zone en vue de les protéger et de préserver la forêt.A Ita’aka, village de 300 habitants aux petites maisons de bois et de paille situé dans le territoire indigène voisin de Koatinemo, les récits de rencontres fortuites avec de supposés membres de communautés “non contactées” d’Ituna/Itata circulent parmi les familles du peuple Asurini.”Ma belle-sœur m’a dit : +Regarde, regarde!+. Tout près il y avait un petit garçon qui me regardait”, raconte à l’AFP Takamyi Asurini, un homme âgé montrant la cicatrice à son flanc laissée par une flèche qu’il dit avoir reçue d’un de ces autochtones.Les autorités brésiliennes ont renouvelé en juin dernier la mesure temporaire qui, depuis 2011, restreint l’accès à Ituna/Itata afin de “garantir la protection intégrale des territoires où des peuples autochtones isolés sont présents”.Sur place, les éléments de preuves incluent des relevés remontant aux années 1970 ainsi que des découvertes réalisées depuis au moins 2009.- “Nous les percevons” -Le Brésil reconnaît 114 “indices de présence” de peuples indigènes isolés dans la plus grande forêt tropicale de la planète, c’est-à-dire de groupes qui volontairement se maintiennent sans ou avec peu de contact avec le reste du monde.Selon la Fondation nationale des peuples indigènes (Funai), un organisme public, cet isolement est parfois dû aux effets désastreux de l’interaction avec l’homme blanc depuis l’époque coloniale: maladies, violences, pillage des ressources naturelles.Parmi les “indices” compilés, près d’un quart sont officiellement reconnus comme des preuves à part entière. D’autres, comme ceux d’Ituna/Itata, sont vus comme des indications “fortes” de l’existence de peuples isolés, bien qu’il n’y ait pas eu de travail systématique pour les corroborer.L’Etat a depuis longtemps “laissé à l’abandon” les archives rassemblant ces preuves d’existence, déplore Luiz Fernandes, membre de la Coordination des organisations indigènes de l’Amazonie brésilienne (Coiab).”Pour prouver qu’il y a des isolés, l’Etat a besoin d’indices certifiés, mais pour nous c’est différent: nous les percevons dans la nature, dans les sons que nous entendons, les présences, parfois les odeurs”, souligne Mita Xipaya, une militante indigène de 24 ans.- Record de déforestation -En Amazonie brésilienne, les terres non indigènes ont perdu près de 30% de leur végétation native depuis le début des relevés en 1988, contre moins de 2% pour les terres indigènes délimitées par l’Etat, selon l’ONG Institut socio-environnemental.Depuis une décennie, Ituna/Itata subit les assauts de ceux qui veulent s’accaparer des terres pour l’exploitation minière illégale ou la déforestation à des fins agricoles.La situation s’est aggravée sous la présidence de Jair Bolsonaro (2019-2022), lorsque le gouvernement d’extrême droite a suspendu l’ordonnance de protection d’Ituna/Itata et que cette terre indigène est devenue la plus déboisée du Brésil.Malgré le rétablissement de l’ordonnance avec le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, les conséquences perdurent aujourd’hui sur le territoire: sur des kilomètres la végétation est trouée de larges bandes de terre, comme l’AFP a pu le constater en juin lors d’un survol de la région.Peuples indigènes et militants insistent pour que le gouvernement avance vers la démarcation permanente d’Ituna/Itata.Une revendication qui résonne d’autant plus à quelques mois de la COP30. Lula, qui se veut aux avant-postes dans la lutte contre le réchauffement climatique, accueillera la conférence climat de l’ONU dans la ville amazonienne de Belem, capitale du Para.”Il ne suffit pas de s’occuper de la forêt, il faut aussi s’occuper des peuples qui y vivent, car c’est à travers eux que la forêt tient debout”, exhorte Toya Manchineri, coordinateur général de la Coiab.

Feu de forêt à Chypre, deux morts

Deux personnes ont péri dans un feu de forêt aux abords de Limassol, deuxième ville de Chypre, attisé par des vents violents et des températures annoncées jusqu’à 44°C, ont annoncé jeudi les autorités.La police a indiqué que deux corps carbonisés ont été retrouvés dans une voiture calcinée qui aurait été prise par le feu qui s’est déclaré mercredi dans des secteurs de la région côtière dans le sud de l’île.Les autorités sanitaires ont annoncé que deux personnes avaient été hospitalisées pour de graves brûlures, tandis que 16 ont été légèrement blessées.Selon le porte-parole des pompiers, Andreas Kettis, l’incendie, qui a débuté dans le village de Malia, sur les hauteurs de Limassol, a ravagé 100 kilomètres carrés. Le feu ne progresse pas mais des “flambées” persistent, a-t-il ajouté. Les autorités ont émis une alerte à la chaleur extrême pour l’île touristique méditerranéenne, où les températures devaient atteindre 44°C. Plus de 250 pompiers, 75 véhicules et des hélicoptères ont participé aux opérations pour lutter contre l’incendie. Le gouvernement a appelé plusieurs pays à envoyer des avions pour les aider.Le ministre de la Justice Marios Hartsiotis a indiqué au média public CyBC que 106 personnes avaient dû passer la nuit dans des hébergements temporaires après l’évacuation de plusieurs villages menacés par les flammes. De nombreuses habitations ont été endommagées ou détruites par l’incendie, et 16 secteurs se sont retrouvés privés d’électricité pour la climatisation ou la réfrigération sous une chaleur accablante. “En rentrant chez moi, j’ai vu la montagne et la vallée en flammes”, a déclaré Antonis Christou, un habitant de Kandou, l’un des villages touchés. “J’ai pleuré car quelqu’un a été brûlé dans sa voiture.”Le chef des pompiers, Nikos Logginos, a déclaré à CyBC avoir transmis à la police des témoignages suggérant que l’incendie aurait pu être déclenché délibérément.Chypre est touchée par des feux de forêt presque chaque année pendant les étés chauds et secs de l’île.

Aux îles Cook, la menace des étoiles de mer sur le corail

Aux îles Cook, des plongeurs armés de lances en bois mènent une guerre rudimentaire pour sauver les récifs coralliens des étoiles de mer, une lutte cruciale pour des écosystèmes déjà affaiblis par le changement climatique.Ces outils de fortune sont la meilleure arme de l’association Korero O Te Orau (“Connaissance de la terre, du ciel et de la mer” en langue maorie) dans la guerre contre les “couronnes d’épines”, une espèce d’étoiles de mer qui se nourrit de corail et dévore les récifs tropicaux.Les îles Cook, pays insulaire du Pacifique Sud de quelque 17.000 habitants, sont en proie à une invasion qui dure depuis des années, selon le biologiste marin Teina Rongo.”Elles peuvent détruire complètement l’ensemble du récif qui entoure l’île”, alerte M. Rongo, qui forme les groupes de bénévoles à la protection des récifs de l’île de Rarotonga.”Je pense qu’il s’agit actuellement d’une invasion à l’échelle du Pacifique, car nous savons que d’autres pays sont confrontés à des problèmes similaires.”Une seule “couronne d’épines” adulte peut manger plus de 10 mètres carrés de récif chaque année, en pressant son estomac à travers sa bouche pour recouvrir le corail de sucs digestifs.Ces invertébrés constituent une menace majeure pour la Grande Barrière de corail australienne, où les scientifiques ont mis au point des robots pour les repérer et leur injecter du poison.”Pour l’instant, on les tue essentiellement par injection”, explique Sven Uthicke, chercheur à l’Institut australien des sciences marines.”Il peut s’agir de vinaigre, de jus de citron vert ou de bile de bœuf” tandis que “d’autres mettent au point des pièges chimiques”, souligne-t-il.”Tout cela est très prometteur, mais ces techniques en sont encore au stade du développement.”- “Proportions épidémiques” -Teina Rongo trouve que le moyen le plus rapide pour détacher les étoiles de mer est d’utiliser un bâton taillé dans du bois de fer du Pacifique – un bois particulièrement dur.”Nous avons apporté quelques modifications au fil du temps, car nous nous faisions piquer par ces étoiles de mer. C’est douloureux”, raconte-t-il.Nommées ainsi en raison de leurs centaines de petits pics venimeux, les “couronne d’épines” peuvent atteindre une taille supérieure à celle d’un pneu de voiture.Et, selon l’Institut australien des sciences marines, elles se reproduisent dans des “proportions épidémiques”, constituant ainsi l’une des principales causes de la disparition des coraux.Les chercheurs soupçonnent que ces infestations sont déclenchées par une combinaison de facteurs, notamment les rejets dans la mer de substances d’origine agricole et les fluctuations du nombre de prédateurs naturels.Mais les dégâts qu’elles peuvent causer s’aggravent à mesure que les récifs sont affaiblis par le blanchiment des coraux et l’acidification des océans, deux phénomènes liés au changement climatique.Les étoiles de mer sont parfois difficiles à repérer, coincées dans des fissures peu éclairées.Une fois détachées du corail par les plongeurs bénévoles, elles sont transpercées d’une corde épaisse afin d’être remontées à bord d’un bateau qui les attend.La prise du jour est déversée dans un coffre en plastique avant que les étoiles de mer ne soient transportées à terre. L’objectif? Les compter, les mesurer… mais aussi les broyer pour en faire de l’engrais pour les jardins.Chaque année, les bénévoles de l’association Korero O Te Orau en retirent des milliers.Teina Rongo est motivé par les ravages causés par la dernière infestation majeure du pays dans les années 1990. Il dit avoir déjà participé à la lutte à l’époque.Mais “nous avons réagi trop tardivement. Le processus s’est poursuivi et a fini par détruire le récif”.

Intenses affrontements entre la Thaïlande et le Cambodge, au moins 11 morts

La Thaïlande a mené jeudi des frappes contre des cibles militaires cambodgiennes tandis que Phnom Penh a lancé contre son voisin des tirs d’artillerie et de roquettes, faisant au moins 11 morts selon Bangkok, dans des affrontements frontaliers d’une rare intensité.Les deux royaumes d’Asie du Sud-Est se déchirent de longue date sur le tracé de leur frontière commune, définie durant l’Indochine française, mais des affrontements à ce niveau de violence n’avaient pas secoué la région depuis presque quinze ans.Le ministère thaïlandais de la Santé a fait état d’un bilan de 11 morts, dont 8 lors d’une attaque à la roquette près d’une station-service de la province de Sisaket (nord-est). Des images relayées sur les réseaux sociaux ont montré une supérette thaïlandaise en proie aux flammes. La plupart des victimes sont des étudiants, selon des responsables provinciaux.Un enfant de huit ans a aussi perdu la vie dans la province de Surin (nord-est), selon les autorités.La Thaïlande a de son côté déployé six avions de combat F-16 pour frapper “deux cibles militaires cambodgiennes au sol”, a déclaré le porte-parole adjoint des forces armées, Ritcha Suksuwanon. Le Cambodge n’a pas communiqué de bilan à la suite de ces frappes.La Chine, qui entretient traditionnellement de bonnes relations avec les deux pays, les a exhortés à résoudre leur différend frontalier par le dialogue, se disant “profondément préoccupée”, selon un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun.Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, qui occupe la présidence tournante de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), a lui appelé les deux pays à la “retenue”, disant espérer qu’ils ouvrent des négociations.Bangkok et Phnom Penh sont engagés dans un bras-de-fer depuis la mort d’un soldat khmer fin mai, lors d’un échange nocturne de tirs dans une zone contestée surnommée le “Triangle d’émeraude”.Des mesures de représailles, décrétées par les deux camps malgré des appels à l’apaisement, ont déjà affecté l’économie et le sort de nombreux habitants des régions concernées.- “intégrité territoriale” -Les tensions accumulées durant des semaines ont éclaté jeudi matin, lors d’un nouvel échange de coups de feu près de vieux temples disputés, au niveau de la province thaïlandaise de Surin (nord-est) et celle cambodgienne d’Oddar Meanchey (nord-ouest).Les deux armées se sont mutuellement accusées d’avoir fait feu en premier, et ont livré des versions opposées.L’armée thaïlandaise a affirmé que ses adversaires avaient tiré en premier vers 08H20 (01H20 GMT) à environ 200 mètres d’une base thaïlandaise, après qu’un drone avait survolé la zone contestée et que six soldats cambodgiens armés s’étaient approchés d’une clôture barbelée.De son côté, la porte-parole du ministère cambodgien de la Défense, Maly Socheata, a accusé l’armée thaïlandaise d’avoir “violé l’intégrité territoriale du Cambodge en lançant une attaque armée sur les forces cambodgiennes”.”Les forces armées cambodgiennes ont exercé leur droit de légitime défense, en pleine conformité avec le droit international, pour repousser l’incursion thaïlandaise”, a-t-elle assuré.Le ministère cambodgien des Affaires étrangères a condamné l'”agression militaire” thaïlandaise et Phnom Penh a annoncé avoir rétrogradé au “plus bas niveau” les relations diplomatiques avec son voisin.Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a partagé sur Facebook une lettre qu’il a adressée au président du Conseil de sécurité de l’ONU dans laquelle il dénonce les attaques “non-provoquées, préméditées et délibérées” de la Thaïlande, réclamant une réunion “d’urgence” du Conseil de sécurité.Le porte-parole du gouvernement thaïlandais Jirayu Houngsub a condamné les actions du Cambodge “avide de guerre” en ciblant des civils.L’ambassade thaïlandaise au Cambodge a aussi appelé ses concitoyens à quitter le pays “le plus tôt possible”.- Mines -Mercredi, Bangkok a rappelé son ambassadeur en place à Phnom Penh et expulsé de son territoire l’ambassadeur cambodgien, après qu’un soldat thaïlandais a perdu une jambe en marchant sur une mine à la frontière.Une enquête de l’armée thaïlandaise a permis de déterminer que le Cambodge avait posé de nouvelles mines terrestres à la frontière, ont indiqué les autorités thaïlandaises.Le Cambodge a rejeté ces accusations, et indiqué que des zones frontalières restent infestées de mines actives datant de “guerres du passé”.Les tensions ont provoqué de manière indirecte la suspension de la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra, à la suite d’un scandale provoqué par la fuite, côté cambodgien, d’un appel téléphonique passé à Hun Sen, qui a gouverné le Cambodge pendant près de quarante ans.L’épisode moderne le plus violent lié à la frontière remonte à des affrontements autour du temple de Preah Vihear entre 2008 et 2011, qui avaient fait au moins 28 morts et des dizaines de milliers de déplacés.

Intenses affrontements entre la Thaïlande et le Cambodge, au moins 11 morts

La Thaïlande a mené jeudi des frappes contre des cibles militaires cambodgiennes tandis que Phnom Penh a lancé contre son voisin des tirs d’artillerie et de roquettes, faisant au moins 11 morts selon Bangkok, dans des affrontements frontaliers d’une rare intensité.Les deux royaumes d’Asie du Sud-Est se déchirent de longue date sur le tracé de leur frontière commune, définie durant l’Indochine française, mais des affrontements à ce niveau de violence n’avaient pas secoué la région depuis presque quinze ans.Le ministère thaïlandais de la Santé a fait état d’un bilan de 11 morts, dont 8 lors d’une attaque à la roquette près d’une station-service de la province de Sisaket (nord-est). Des images relayées sur les réseaux sociaux ont montré une supérette thaïlandaise en proie aux flammes. La plupart des victimes sont des étudiants, selon des responsables provinciaux.Un enfant de huit ans a aussi perdu la vie dans la province de Surin (nord-est), selon les autorités.La Thaïlande a de son côté déployé six avions de combat F-16 pour frapper “deux cibles militaires cambodgiennes au sol”, a déclaré le porte-parole adjoint des forces armées, Ritcha Suksuwanon. Le Cambodge n’a pas communiqué de bilan à la suite de ces frappes.La Chine, qui entretient traditionnellement de bonnes relations avec les deux pays, les a exhortés à résoudre leur différend frontalier par le dialogue, se disant “profondément préoccupée”, selon un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun.Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, qui occupe la présidence tournante de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), a lui appelé les deux pays à la “retenue”, disant espérer qu’ils ouvrent des négociations.Bangkok et Phnom Penh sont engagés dans un bras-de-fer depuis la mort d’un soldat khmer fin mai, lors d’un échange nocturne de tirs dans une zone contestée surnommée le “Triangle d’émeraude”.Des mesures de représailles, décrétées par les deux camps malgré des appels à l’apaisement, ont déjà affecté l’économie et le sort de nombreux habitants des régions concernées.- “intégrité territoriale” -Les tensions accumulées durant des semaines ont éclaté jeudi matin, lors d’un nouvel échange de coups de feu près de vieux temples disputés, au niveau de la province thaïlandaise de Surin (nord-est) et celle cambodgienne d’Oddar Meanchey (nord-ouest).Les deux armées se sont mutuellement accusées d’avoir fait feu en premier, et ont livré des versions opposées.L’armée thaïlandaise a affirmé que ses adversaires avaient tiré en premier vers 08H20 (01H20 GMT) à environ 200 mètres d’une base thaïlandaise, après qu’un drone avait survolé la zone contestée et que six soldats cambodgiens armés s’étaient approchés d’une clôture barbelée.De son côté, la porte-parole du ministère cambodgien de la Défense, Maly Socheata, a accusé l’armée thaïlandaise d’avoir “violé l’intégrité territoriale du Cambodge en lançant une attaque armée sur les forces cambodgiennes”.”Les forces armées cambodgiennes ont exercé leur droit de légitime défense, en pleine conformité avec le droit international, pour repousser l’incursion thaïlandaise”, a-t-elle assuré.Le ministère cambodgien des Affaires étrangères a condamné l'”agression militaire” thaïlandaise et Phnom Penh a annoncé avoir rétrogradé au “plus bas niveau” les relations diplomatiques avec son voisin.Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a partagé sur Facebook une lettre qu’il a adressée au président du Conseil de sécurité de l’ONU dans laquelle il dénonce les attaques “non-provoquées, préméditées et délibérées” de la Thaïlande, réclamant une réunion “d’urgence” du Conseil de sécurité.Le porte-parole du gouvernement thaïlandais Jirayu Houngsub a condamné les actions du Cambodge “avide de guerre” en ciblant des civils.L’ambassade thaïlandaise au Cambodge a aussi appelé ses concitoyens à quitter le pays “le plus tôt possible”.- Mines -Mercredi, Bangkok a rappelé son ambassadeur en place à Phnom Penh et expulsé de son territoire l’ambassadeur cambodgien, après qu’un soldat thaïlandais a perdu une jambe en marchant sur une mine à la frontière.Une enquête de l’armée thaïlandaise a permis de déterminer que le Cambodge avait posé de nouvelles mines terrestres à la frontière, ont indiqué les autorités thaïlandaises.Le Cambodge a rejeté ces accusations, et indiqué que des zones frontalières restent infestées de mines actives datant de “guerres du passé”.Les tensions ont provoqué de manière indirecte la suspension de la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra, à la suite d’un scandale provoqué par la fuite, côté cambodgien, d’un appel téléphonique passé à Hun Sen, qui a gouverné le Cambodge pendant près de quarante ans.L’épisode moderne le plus violent lié à la frontière remonte à des affrontements autour du temple de Preah Vihear entre 2008 et 2011, qui avaient fait au moins 28 morts et des dizaines de milliers de déplacés.

L’ONU accuse les talibans de “violations graves” de droits humains visant des Afghans renvoyés dans leur pays

L’ONU accuse jeudi les autorités talibanes d’avoir commis des “violations graves” des droits humains comprenant des “cas de torture” contre des Afghans de retour chez eux après avoir été expulsés de pays tiers, visant notamment des femmes, des membres de l’ancien gouvernement ou des journalistes.Depuis 2023 et le début de vastes campagnes d’expulsion lancées par l’Iran et le Pakistan, des millions d’Afghans sont rentrés dans leur pays. Pour la seule année 2025, plus de 1,9 millions de personnes ont regagné le territoire, dont l’écrasante majorité en provenance d’Iran, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).Une fois en Afghanistan, certains ont été victimes de “violations graves” de leurs droits, commises “en fonction de leur profil” par les autorités talibanes, dénonce un nouveau rapport onusien.Ces violations, selon cette source, concerne des femmes, des employés de médias et des membres de la société civile, mais aussi des individus affiliés à la République tombée en 2021 et à ses forces de sécurité, malgré une amnistie décrétée par les talibans.”Ces violations comprennent des cas de torture, de maltraitance, d’arrestation et de détention arbitraire et de menaces à la sécurité”, rapportent la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, dans un rapport commun.Le document se base sur des entretiens menés en 2024 avec 49 Afghans contraints de rentrer dans leur pays.”Renvoyer chez eux des individus qui risquent d’y être persécutés, torturés ou d’y subir un traitement ou des punitions cruelles, inhumaines ou dégradantes, des disparitions forcées ou d’autres préjudices irréparables, est une violation du principe de non-refoulement et une entorse grave au droit international”, ont dénoncé la Manua et le Haut-Commissariat.- Vague d’expulsions -Les talibans, de retour au pouvoir depuis 2021, assurent que la loi islamique qu’ils ont instaurée “garantit” les droits de chacun.Mercredi, le chef de la diplomatie Amir Khan Muttaqi a estimé que le respect des droits humains était utilisé comme une “excuse” par “certains pays” –non nommés– pour ne pas reconnaître l'”émirat islamique”, ce que seule la Russie a fait.Pakistan, Iran, Tadjikistan, mais aussi Allemagne et Etats-Unis: de nombreux pays ont expulsé ou annoncé leur intention de renvoyer des Afghans.Cet afflux est un défi pour les autorités talibanes qui appellent régulièrement à l’aide les organisations internationales, pourtant confrontées à d’importantes coupes budgétaires.Le Pakistan et l’Iran, terres d’accueil pendant des décennies pour les Afghans fuyant guerres et autres fléaux, les accusent d’être liés au “terrorisme”, au narcotrafic ou de faire monter le chômage et la criminalité.Après avoir fixé à début juillet la date limite pour partir, Téhéran a finalement donné jusqu’à début septembre aux quatre millions d’Afghans illégaux pour plier bagage.En Iran, “nos conditions de vie étaient très mauvaises (…) Nous étions mal vus juste parce que nous étions Afghans”, a témoigné auprès de l’AFP Wahid Ahmad Mohammadi, 35 ans, après avoir traversé le point de passage d’Islam Qala jeudi. “Je n’ai pas de maison (en Afghanistan), pas d’argent pour en louer une. Il faudra que je m’installe sous une tente en ville”.- “Désastre” -Le Tadjikistan, autre pays voisin, a lui aussi annoncé vouloir expulser des Afghans. Depuis le 8 juillet, au moins 377 l’ont été, a indiqué le HCR à l’AFP.La semaine dernière, 81 Afghans ont aussi été expulsés d’Allemagne après avoir été condamnés par la justice, tandis que Washington a annoncé révoquer le statut de protection temporaire pour des milliers d’Afghans sur le sol américain, arguant que la sécurité avait été rétablie dans leur pays.Mais pour l’ONU, la situation humanitaire y est “désastreuse”. L’organisation a réclamé “l’arrêt immédiat” des renvois, surtout lorsqu’il y a un risque de “persécution” ou de “torture”.”En Afghanistan, cela est encore plus vrai pour les femmes et les filles, soumises à une série de mesures qui relèvent d’une persécution uniquement basée sur leur genre”, a relevé jeudi le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk.L’Afghanistan est le seul pays au monde où les filles ne peuvent plus aller à l’école au-delà de 12 ans et où les femmes sont interdites d’accès aux parcs, aux salles de sport, aux instituts de beauté et aux universités.

L’ONU accuse les talibans de “violations graves” de droits humains visant des Afghans renvoyés dans leur pays

L’ONU accuse jeudi les autorités talibanes d’avoir commis des “violations graves” des droits humains comprenant des “cas de torture” contre des Afghans de retour chez eux après avoir été expulsés de pays tiers, visant notamment des femmes, des membres de l’ancien gouvernement ou des journalistes.Depuis 2023 et le début de vastes campagnes d’expulsion lancées par l’Iran et le Pakistan, des millions d’Afghans sont rentrés dans leur pays. Pour la seule année 2025, plus de 1,9 millions de personnes ont regagné le territoire, dont l’écrasante majorité en provenance d’Iran, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).Une fois en Afghanistan, certains ont été victimes de “violations graves” de leurs droits, commises “en fonction de leur profil” par les autorités talibanes, dénonce un nouveau rapport onusien.Ces violations, selon cette source, concerne des femmes, des employés de médias et des membres de la société civile, mais aussi des individus affiliés à la République tombée en 2021 et à ses forces de sécurité, malgré une amnistie décrétée par les talibans.”Ces violations comprennent des cas de torture, de maltraitance, d’arrestation et de détention arbitraire et de menaces à la sécurité”, rapportent la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, dans un rapport commun.Le document se base sur des entretiens menés en 2024 avec 49 Afghans contraints de rentrer dans leur pays.”Renvoyer chez eux des individus qui risquent d’y être persécutés, torturés ou d’y subir un traitement ou des punitions cruelles, inhumaines ou dégradantes, des disparitions forcées ou d’autres préjudices irréparables, est une violation du principe de non-refoulement et une entorse grave au droit international”, ont dénoncé la Manua et le Haut-Commissariat.- Vague d’expulsions -Les talibans, de retour au pouvoir depuis 2021, assurent que la loi islamique qu’ils ont instaurée “garantit” les droits de chacun.Mercredi, le chef de la diplomatie Amir Khan Muttaqi a estimé que le respect des droits humains était utilisé comme une “excuse” par “certains pays” –non nommés– pour ne pas reconnaître l'”émirat islamique”, ce que seule la Russie a fait.Pakistan, Iran, Tadjikistan, mais aussi Allemagne et Etats-Unis: de nombreux pays ont expulsé ou annoncé leur intention de renvoyer des Afghans.Cet afflux est un défi pour les autorités talibanes qui appellent régulièrement à l’aide les organisations internationales, pourtant confrontées à d’importantes coupes budgétaires.Le Pakistan et l’Iran, terres d’accueil pendant des décennies pour les Afghans fuyant guerres et autres fléaux, les accusent d’être liés au “terrorisme”, au narcotrafic ou de faire monter le chômage et la criminalité.Après avoir fixé à début juillet la date limite pour partir, Téhéran a finalement donné jusqu’à début septembre aux quatre millions d’Afghans illégaux pour plier bagage.En Iran, “nos conditions de vie étaient très mauvaises (…) Nous étions mal vus juste parce que nous étions Afghans”, a témoigné auprès de l’AFP Wahid Ahmad Mohammadi, 35 ans, après avoir traversé le point de passage d’Islam Qala jeudi. “Je n’ai pas de maison (en Afghanistan), pas d’argent pour en louer une. Il faudra que je m’installe sous une tente en ville”.- “Désastre” -Le Tadjikistan, autre pays voisin, a lui aussi annoncé vouloir expulser des Afghans. Depuis le 8 juillet, au moins 377 l’ont été, a indiqué le HCR à l’AFP.La semaine dernière, 81 Afghans ont aussi été expulsés d’Allemagne après avoir été condamnés par la justice, tandis que Washington a annoncé révoquer le statut de protection temporaire pour des milliers d’Afghans sur le sol américain, arguant que la sécurité avait été rétablie dans leur pays.Mais pour l’ONU, la situation humanitaire y est “désastreuse”. L’organisation a réclamé “l’arrêt immédiat” des renvois, surtout lorsqu’il y a un risque de “persécution” ou de “torture”.”En Afghanistan, cela est encore plus vrai pour les femmes et les filles, soumises à une série de mesures qui relèvent d’une persécution uniquement basée sur leur genre”, a relevé jeudi le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk.L’Afghanistan est le seul pays au monde où les filles ne peuvent plus aller à l’école au-delà de 12 ans et où les femmes sont interdites d’accès aux parcs, aux salles de sport, aux instituts de beauté et aux universités.

L’AFP, AP, Reuters et BBC News demandent à Israël un libre accès à Gaza

Les agences de presse AFP, AP et Reuters, ainsi que la BBC, ont lancé jeudi un appel commun à Israël à “autoriser l’entrée et la sortie des journalistes à Gaza”, après 21 mois de guerre.”Les journalistes doivent affronter de nombreuses privations et difficultés en zone de guerre. Nous sommes profondément inquiets du fait que, désormais, la faim menace leur survie”, indiquent l’Agence France-Presse, l’américaine Associated Press, la canado-britannique Reuters et la chaîne britannique BBC News dans une déclaration conjointe.”Nous exhortons une nouvelle fois les autorités israéliennes à autoriser l’entrée et la sortie des journalistes à Gaza. Il est essentiel que des vivres en quantités suffisantes parviennent à la population sur place”, insiste ce texte.  Ces médias internationaux se disent “profondément préoccupés par la situation” de leurs journalistes à Gaza, “qui peinent de plus en plus à subvenir aux besoins alimentaires de leurs familles et d’eux-mêmes”. “Ces journalistes indépendants ont été les yeux et les oreilles du monde sur le terrain à Gaza. Ils font désormais face aux mêmes conditions dramatiques que celles des populations qu’ils couvrent”, soulignent-ils.L’ONU et les ONG ont poussé un cri d’alarme sur le risque de famine à Gaza. Le gouvernement israélien s’est défendu en affirmant qu’il n’était pas responsable des pénuries.Les témoignages de journalistes en grande détresse à Gaza se sont multipliés ces derniers jours. Ils évoquent une faim extrême, un manque d’eau potable et une fatigue physique et mentale croissante, qui les contraignent parfois à réduire leur couverture de la guerre, déclenchée le 7 octobre 2023 par une attaque sans précédent du Hamas en Israël.”Depuis des mois, nous assistons, impuissants, à la détérioration dramatique” des conditions de vie de plusieurs collaborateurs de l’AFP et “leur situation est aujourd’hui intenable”, affirmait un communiqué de cette agence de presse lundi, tandis que sa Société des journalistes alertait du risque de les “voir mourir”.Israël accuse le mouvement islamiste palestinien Hamas d’instrumentaliser la souffrance des plus de deux millions d’habitants de Gaza, notamment en détournant l’aide pour la revendre à prix fort ou en tirant sur ceux qui attendent cette aide.- Pression internationale croissante -Après avoir assiégé Gaza en octobre 2023, Israël a imposé au territoire un blocus total début mars, très partiellement assoupli fin mai, qui a entraîné de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant.Le Committee to Protect Journalists (CPJ), organisation indépendante américaine, a aussi réclamé mercredi qu’Israël cesse d’affamer les journalistes et les populations civiles à Gaza. “Le monde doit désormais agir: protéger (ces professionnels), les nourrir, leur permettre de se rétablir pendant que d’autres journalistes arriveraient pour les épauler”, a pressé la directrice régionale du CPJ, Sara Qudah, dans un communiqué. Depuis fin 2023, les seuls journalistes ayant pu se rendre dans la bande de Gaza à partir de l’extérieur y sont entrés embarqués avec l’armée israélienne, leurs reportages étant soumis à la censure militaire.Pour la France, le “risque de famine” à Gaza est “le résultat du blocus” imposé par Israël.”Il s’agit d’une pénurie provoquée par le Hamas”, a déclaré le porte-parole israélien, David Mencer, en accusant le mouvement palestinien d’empêcher la distribution et de piller l’aide.Le Hamas a toujours rejeté de telles accusations.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent otages à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l’armée.L’offensive de représailles israélienne a coûté la vie à Gaza 59.219 personnes, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Pour sa part, l’ONG Reporters sans frontières affirmait le 7 mai que “l’armée d’Israël a tué près de 200 journalistes, dont au moins 44 dans l’exercice de leurs fonctions”, dans la bande de Gaza.