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Macron appelle à faire plus en matière de défense, envoie plus de militaires au Groenland

“Plus vite et plus fort”. Emmanuel Macron a appelé jeudi la France et ses armées à consentir “des efforts à la mesure de notre rude époque” et annoncé, face à des alliés américains devenus des “compétiteurs” inattendus, l’envoi de nouveaux “moyens terrestres, aériens et maritimes” au Groenland.”Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort”, a déclaré le chef de l’Etat en présentant ses voeux aux armées sur la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), dans la foulée d’un conseil de défense à l’Elysée consacré à la situation au Groenland et en Iran.Dans un contexte de tension transatlantique inédit au sein de l’Otan, la France va envoyer des moyens supplémentaires, dans le cadre d’une mission européenne, “dans les prochains jours” au Groenland, territoire autonome danois convoité par les Etats-Unis.Une “quinzaine” de chasseurs alpins français ont déjà été mobilisés pour cette “opération de “dissuasion” visant à “montrer aux États-Unis que l’Otan est présente”, avait précisé un peu plus tôt sur franceinfo l’ambassadeur de France pour les pôles, Olivier Poivre d’Arvor.”Des certitudes qui parfois avaient des décennies sont remises en cause (…) L’Europe a des compétiteurs qu’elle ne pensait pas voir. Elle a parfois des alliés qu’on pensait prévisibles, impavides, toujours à nos côtés, qui se mettent à faire douter beaucoup, voire qui se retournent vers ceux qui doutaient le moins”, a lancé Emmanuel Macron dans une allusion au Danemark et aux pays de l’Est européen.Donald Trump, invoquant des nécessités de sécurité nationale face à des menaces russes et chinoises, menace de s’emparer du Groenland par tous les moyens, y compris la force si nécessaire.- Renseignement français -Le chef de l’Etat a aussi appelé le Parlement à “adopter d’ici le 14 juillet” l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit actuellement 413 milliards d’euros, afin de renforcer les moyens de la défense.Il réclame 36 mds d’euros de plus d’ici 2030 pour les armées “pour accélérer notre réarmement”, dont une rallonge de 3,5 mds dès cette année et une autre de 3 mds l’an prochain.Cette “surmarche” est toutefois suspendue pour 2026 à l’adoption d’un budget toujours dans les limbes.L’actualisation de la LPM a déjà été plusieurs fois reportée. Avec cette trajectoire, le budget de la défense aura quasiment doublé sous les deux mandats d’Emmanuel Macron pour atteindre 64 mds d’euros annuels dès 2027 et non plus 2030.En Ukraine, la France et ses partenaires européens sont pleinement mobilisés en appui de l’armée ukrainienne et pour le déploiement d’une force multinationale destinée à dissuader la Russie de toute nouvelle attaque le jour où une paix sera conclue, a-t-il souligné.Emmanuel Macron a affirmé au passage que la France fournissait désormais à l’Ukraine “les deux tiers” des “capacités de renseignement” nécessaires face à la Russie – là où les Etats-Unis étaient auparavant prépondérants – ajoutant que les 34 pays de la Coalition des volontaires finançaient “100%” des moyens accordés à Kiev.- “Dans le jardin de l’Europe” -Sur l’Iran, la France a “appelé à la cessation” des attaques “odieuses” contre les manifestants mais aussi à “ne pas escalader dans la région”, a-t-il insisté, alors que Donald Trump menace de recourir à la force contre le régime des mollahs.Le président délégué du groupe RN à l’Assemblée, Jean-Philippe Tanguy, a appelé Emmanuel Macron à “parler aux Français directement” pour expliquer “la position de la France” sur le Groenland et le soulèvement populaire en Iran.Le patron du PS Olivier Faure a pour sa part salué l’initiative européenne au Groenland. “On a aujourd’hui la nécessité tout simplement de faire en sorte que des limites soient fixées à la volonté de toute puissance de Donald Trump qui finit par considérer que l’Europe est son jardin”, a-t-il dit.Le chef de l’État a aussi fait de la restauration du service national, rémunéré et volontaire, un de ses chantiers pour 2026.Les armées comptent enrôler 3.000 candidats cette année, 4.000 en 2027, 10.000 en 2030 avec 42.500 comme ambition en 2035.Au retour, Emmanuel Macron embarquera à bord d’un avion ravitailleur et de transport de troupes – un Airbus A330 MRTT (Multirole Tanker Transport) – piloté par l’astronaute Thomas Pesquet, à destination d’Orly.L’ex-commandant de la Station spatiale internationale est depuis 2024 colonel de réserve dans l’armée de l’Air, affecté à Istres, et a “tous les brevets et diplômes pour piloter un MRTT”, a précisé l’Élysée.

Un équipage de la Station spatiale internationale de retour sur Terre après une évacuation médicale

Un équipage de la Station spatiale internationale contraint d’interrompre sa mission en raison d’un problème médical, une première dans l’histoire du laboratoire orbital, est revenu jeudi sur Terre.Après 167 jours dans l’espace, les Américains Mike Fincke et Zena Cardman, le Russe Oleg Platonov et le Japonais Kimiya Yui ont amerri de nuit dans l’océan Pacifique, au large de la Californie, à 08H41 GMT, selon les images en direct de la Nasa.”Au nom de SpaceX et de la Nasa, bienvenue à la maison, Crew-11″, ont salué les contrôleurs basés à Houston peu après l’amerrissage de la capsule au large de San Diego. “C’est bon d’être de retour”, a répondu Zena Cardman.La capsule Dragon de l’entreprise SpaceX d’Elon Musk a ensuite été hissée à bord d’un navire et les astronautes ont été aidés à en sortir un par un et placés sur des civières dans le cadre des procédures habituelles. Après de premiers examens médicaux, ils devaient être héliportés sur le continent pour subir des examens complémentaires.Le membre d’équipage concerné par le problème médical à l’origine de ce retour anticipé “va bien”, a tenu à rassurer le patron de la Nasa Jared Isaacman lors d’une conférence de presse ayant suivi leur retour.Tout en refusant d’en dire plus sur la nature de cette urgence médicale, il a néanmoins précisé qu’il s’agissait d’un “problème médical grave” qui “aurait pu se produire sur Terre, en dehors de l’environnement de microgravité” dans lequel vivent les occupants de l’ISS.- “La bonne décision” -L’identité de l’astronaute concerné n’a pas été dévoilée par l’agence spatiale américaine. Cette dernière avait annoncé la semaine dernière d’écourter le séjour de l’équipage Crew-11 dans l’ISS en raison de ce problème médical, une première.Un “risque persistant” et “l’incertitude quant au diagnostic” ont motivé cette décision, avait expliqué le médecin-chef de la Nasa, James Polk, tout en soulignant qu’il ne s’agissait pas d’une évacuation d’urgence.”Le membre de l’équipage était et reste dans un état stable”, a répété mercredi Rob Navias, un responsable de la Nasa, peu avant que la capsule ne quitte l’ISS, qui évolue à quelque 400 km d’altitude autour de la Terre.”Nous allons tous bien”, avait écrit le pilote de la mission, Mike Fincke, plus tôt cette semaine sur le réseau social LinkedIn.”Il s’agit d’une décision mûrement réfléchie et qui vise à permettre la réalisation d’examens médicaux appropriés au sol, où toutes les capacités de diagnostic sont disponibles. C’est la bonne décision”, avait-il poursuivi.- 900 heures -Les quatre astronautes avaient rejoint la station orbitale en août et devaient y rester jusqu’à une prochaine rotation d’équipage, prévue pour mi-février.Cette nouvelle mission, Crew-12, pourrait donc partir plus tôt que prévu, a fait savoir la Nasa. La Française Sophie Adenot doit y prendre part et réaliser ainsi son premier vol dans l’espace, le premier pour une Française depuis Claudie Haigneré en 1996.Pour l’heure, la Station spatiale internationale reste occupée par trois personnes, un Américain et deux Russes, arrivés en novembre à bord d’un vaisseau Soyouz.Habitée en permanence depuis 2000, l’ISS est un modèle de coopération internationale réunissant notamment l’Europe, le Japon, les Etats-Unis et la Russie. Depuis la guerre en Ukraine, elle est aussi l’un des derniers domaines de coopération entre Moscou et Washington.Ses équipages sont formés pour conduire des missions scientifiques mais aussi pour faire face aux possibles complications liées à la vie dans l’espace.L’équipage évacué avait été préparé à “gérer des situations médicales imprévues”, avait rappelé un haut responsable de la Nasa, Amit Kshatriya.Durant son séjour de plusieurs mois dans l’ISS, l’équipage aura mené “un peu moins de 900 heures d’expérimentation scientifique”, a détaillé jeudi Joel Montalbano, en charge des opérations spatiales.Parmi ces dernières figuraient des études sur la division cellulaire des plantes et les cellules-souches humaines, mais aussi des simulations de scénarios d’alunissage dans le cadre du programme lunaire de la Nasa, qui prévoit le retour des Américains sur la Lune et dont la prochaine mission, Artémis 2, doit s’envoler dans les prochaines semaines.

Le taux du Livret A va de nouveau baisser au 1er février

Le taux du Livret A va connaître sa troisième baisse en à peine un an: le ministre de de l’Economie Roland Lescure l’a fixé jeudi à 1,5% à compter du mois prochain, conséquence logique du ralentissement de l’inflation.”Le Livret A est un support d’épargne privilégié pour les Français. Avec ce nouveau taux supérieur à l’inflation, le pouvoir d’achat des ménages est préservé”, a déclaré jeudi M. Lescure, cité dans un communiqué.Aujourd’hui à 1,7%, le rendement de ce produit d’épargne très populaire – 57 millions de Français détiennent un Livret A – est calculé chaque semestre par la Banque de France et son gouverneur, François Villeroy de Galhau, qui le transmet pour validation à Bercy.Il tient compte d’une part d’un taux dépendant de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et d’autre part de l’inflation, mesurée à 0,8% en décembre par l’Insee.C’est cette deuxième composante qui plombe aujourd’hui le taux du Livret A car la hausse des prix a considérablement ralenti en France, au bénéfice du pouvoir d’achat des Français.”Nous avons appliqué la formule en l’arrondissant à la hausse”, a précisé M. Lescure lors d’un échange avec la presse.Le gouverneur de la Banque de France et le ministre de l’Economie disposent en effet d’un pouvoir de dérogation au strict calcul de la formule. Sans cet arrondi, le taux du Livret A serait tombé encore plus bas, à 1,4%.- “Bouclier de sécurité” -Ce coup de pouce est une maigre consolation pour les épargnants, qui ont vu le taux du Livret A, aussi valable pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), divisé par deux en à peine un an.Il avait commencé 2025 à 3%, avant d’être ramené à 2,4% puis à 1,7% au cours de l’année. Il faut remonter à juillet 2022 pour retrouver un taux inférieur.”La baisse du taux du Livret A est une mauvaise nouvelle pour les épargnants”, a résumé dans une note le directeur du think tank Cercle de l’Epargne Philippe Crevel.La baisse du rendement du Livret A, même légèrement amortie, permettra parallèlement aux acteurs du logement social, dont les conditions d’emprunt sont indexées sur son taux, de se financer moins cher.C’est également une aubaine pour les banques, qui rémunèrent une partie de l’épargne réglementée et commercialisent des produits concurrents plus lucratifs pour elles.Les assureurs se réjouissent aussi de voir leurs assurances vie, qui ont fait le plein ces derniers mois, encore plus compétitives face au Livret A.Le Livret A “est un bouclier de sécurité, une formidable protection de l’épargne populaire, qui n’a pas d’équivalent: le capital est 100% garanti par l’État, 100% défiscalisé, 100% disponible”, a commenté jeudi Daniel Baal, patron du Crédit Mutuel et président de la fédération française des banques (FBF), sur le réseau social professionnel Linkedin.”Malgré la baisse annoncée, le livret A reste un produit indispensable et très rentable pour les ménages”, a-t-il souligné, “avec un taux très nettement supérieur à tout ce qui peut se pratiquer pour de l’épargne immédiatement disponible”.- Objectif LEP -La Banque de France et Bercy ont par ailleurs mis l’accent sur le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux épargnants modestes, qui bénéficie d’un geste en sa faveur encore plus important que le Livret A.”J’ai tenu à conserver un avantage marqué pour les plus modestes”, a souligné le ministre de l’Economie, en fixant le nouveau taux du LEP à 2,5% le 1er février, contre 2,7% aujourd’hui.Sans dérogation, les règles en vigueur auraient conduit à un rendement plus faible.M. Villeroy de Galhau avait souligné mercredi lors d’une audition par les sénateurs de la commission des Finances que le LEP était “le vrai produit, le plus avantageux, d’épargne populaire”.Peu mis en avant par les agences et les sites internet des banques qui le commercialisent, ce produit peine à trouver son public. Les quelque 12 millions de LEP ouverts restent loin des 31 millions de personnes éligibles.”J’engage les Français qui sont éligibles, qui sont en dessous des conditions de revenus qui permettent d’y avoir accès (…), à se rapprocher de leur banque pour ouvrir ce type de livret”, a insisté M. Lescure.

Privés de parents: au Salvador, les enfants victimes de la lutte anti-gangs

Les poussins piaillent avec impatience quand Jade arrive pour les nourrir. Depuis que son père a été arrêté dans le cadre de la lutte acharnée contre les gangs au Salvador, l’adolescente doit travailler à la ferme de sa grand-mère et supporter les railleries à l’école.Le président de droite Nayib Bukele, au pouvoir depuis 2019, se …

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