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Nouvelles manifestations en Iran, une ONG met en garde contre un “massacre”

Des Iraniens ont de nouveau manifesté contre le pouvoir dans la nuit, une ONG s’inquiétant dimanche dans le pays privé d’internet d’un “massacre” des forces de l’ordre pour mettre fin à une contestation inédite depuis trois ans.Le mouvement, initialement déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants devant la cherté de la vie et la dépréciation de la monnaie, a gagné de nombreuses autres villes et pris de l’ampleur ces derniers jours.Des ONG ont signalé des dizaines de morts depuis le début du mouvement, alors que la République islamique fait face à l’un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979.Devant un Iran “aspirant à la liberté”, le président américain Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait “prêt à aider”.En cas de frappes américaines, l’Iran ripostera en ciblant des sites militaires et le transport maritime des Etats-Unis, a averti dimanche le président du Parlement.- Hôpitaux “débordés” -Sur le terrain, la mobilisation ne faiblit pas. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l’est du pays.Ces images sont probablement diffusées par des moyens satellitaires, alors que la coupure d’internet, depuis maintenant plus de 60 heures, rend quasi impossible toute communication avec le monde extérieur.”Cette mesure de censure constitue une menace directe pour la sécurité et le bien-être des Iraniens”, a souligné sur son compte X l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. Dans d’autres vidéos, qui n’ont pas pu être authentifiées par l’AFP à ce stade, on voit des familles qui semblent identifier dans une morgue de Téhéran les corps de proches tués dans les manifestations.L’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a déclaré avoir confirmé la mort de 116 personnes, dont 37 membres des forces de sécurité ou autres responsables, depuis le début du mouvement. L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, doit publier son bilan plus tard dimanche, après avoir fait état vendredi d’au moins 51 manifestants tués et de centaines de blessés.Mais les militants ont averti que la coupure d’internet limitait fortement la circulation de l’information et que le nombre réel de victimes risquait d’être bien plus élevé.Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a dit avoir reçu des “témoignages directs et des rapports crédibles” sur la mort de centaines de manifestants ces derniers jours.”Un massacre est en cours en Iran. Le monde doit agir maintenant pour empêcher de nouvelles pertes humaines”, avertit l’organisation.Elle ajoute que les hôpitaux sont “débordés”, que les réserves de sang diminuent et que de nombreux manifestants ont été délibérément visés aux yeux par des tirs.- Lignes téléphoniques coupées -Dans des déclarations à la télévision d’Etat, le ministre de l’Intérieur Eskandar Momeni a affirmé que les actes de “vandalisme” étaient en baisse, mettant en garde “ceux qui mènent les manifestations vers la destruction, le chaos et des actes terroristes”.Dimanche, le chef de la police a annoncé “d’importantes arrestations contre les principaux éléments impliqués dans les émeutes, qui, si Dieu le veut, seront punis après la fin des procédures légales”.A Téhéran, un journaliste de l’AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Le prix de la viande a presque doublé depuis le début de la contestation et beaucoup de boutiques ont baissé le rideau.Les écoles sont fermées et l’enseignement se fait désormais à distance mais sans internet, il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l’absence de réseau rend toute activité pratiquement impossible.Samedi soir, les lignes de téléphonie mobile ont également été coupées. Selon des habitants de Téhéran, lors de la dernière grande vague de manifestations en 2022-2023, elles continuaient de fonctionner et le niveau de perturbation de la vie quotidienne n’avait rien à voir avec la situation actuelle.Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a appelé à de nouvelles actions plus tard dimanche.”N’abandonnez pas les rues. Mon cœur est avec vous. Je sais que je serai bientôt à vos côtés”, a-t-il lancé.

Les Birmans votent pour la deuxième phase des législatives organisées par la junte

La deuxième phase des élections législatives a débuté dimanche en Birmanie, où la junte au pouvoir promet un retour à la démocratie à l’issue de ce scrutin dénoncé par les observateurs occidentaux comme une manœuvre pour prolonger le régime militaire.L’armée dirige le pays d’Asie du Sud-Est depuis son indépendance en 1948, en dehors d’une parenthèse démocratique qui avait suscité une vague de réformes et d’optimisme entre 2011 et 2021.Les militaires ont repris le pouvoir lors d’un coup d’Etat il y a cinq ans, annulant le résultat des dernières élections, arrêtant la figure démocratique Aung San Suu Kyi et plongeant la Birmanie dans une guerre civile.Les bureaux de vote ont ouvert à 06H00 (23H30 GMT samedi) à Kawhmu, la circonscription de l’ancienne dirigeante et prix Nobel de la paix, ont constaté des journalistes de l’AFP. Ils doivent fermer dans l’après-midi.Than Than Sint, une agricultrice, a admis que le pays connaissait de “nombreux problèmes” et dit à l’AFP avoir voté pour remplir son devoir civique et parce qu’elle souhaitait la paix en Birmanie.”On sait que cela n’arrivera pas tout de suite. Mais on doit avancer étape par étape pour les générations futures”, a déclaré cette femme de 54 ans à la sortie d’une école primaire transformée en bureau de vote à Kawhmu.”Je pense que les choses s’amélioreront après l’élection”, a-t-elle jugé.Après avoir gouverné par la force pendant cinq ans, la junte présente ces législatives, qui doivent s’achever le 25 janvier à l’issue d’une troisième phase, comme un pas vers la réconciliation.Mais Aung San Suu Kyi, âgée de 80 ans, reste emprisonnée et son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a été dissous.De nombreux pays et observateurs internationaux ont condamné ces élections, marquées par une répression des voix dissidentes, et des listes majoritairement composées de partis favorables à l’armée.Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (PUSD), que des experts considèrent comme un relais civil de la junte, a remporté près de 90% des sièges de la chambre basse en jeu lors de la première phase du scrutin fin décembre.Peuplée d’environ 50 millions d’habitants, la Birmanie est déchirée par une guerre civile et les élections ne se tiennent pas dans les larges zones tenues par les rebelles.- “Façade de légitimité” -“Les résultats ne sortiront que de la bouche des militaires”, a déclaré un habitant de Rangoun âgé de 50 ans, sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.Les analystes estiment que l’armée cherche à redorer son image pour améliorer ses relations diplomatiques, attirer davantage d’investissements étrangers et couper l’élan des rebelles.”La junte a conçu le scrutin pour assurer la victoire de son relais (le PUSD), renforcer la domination militaire en Birmanie et fabriquer une façade de légitimité alors que la violence et la répression se poursuivent sans relâche”, a dénoncé jeudi l’expert de l’ONU Tom Andrews.La première phase a vu fin décembre un taux de participation d’environ 50%, bien en-deçà des 70% du scrutin de 2020 qui avait porté le parti d’Aung San Suu Kyi au pouvoir.”Le peuple a très peu d’intérêt pour cette élection”, a estimé l’habitant de Rangoun. “Elle ne mettra pas fin à nos souffrances.”La LND d’Aung San Suu Kyi avait largement devancé les candidats proches des militaires aux élections de 2020 avant que le général Min Aung Hlaing ne s’empare du pouvoir en invoquant une fraude électorale généralisée.Selon le Réseau asiatique pour des élections libres, les noms des partis qui avaient alors remporté 90% des sièges ne figurent pas cette fois sur les bulletins de vote après avoir été dissous par la junte.Dans le sillage du coup d’Etat de février 2021, l’armée a réprimé les manifestations pro-démocratie, mais des militants ont formé des guérillas qui combattent souvent aux côtés d’armées issues de minorités ethniques longtemps hostiles au pouvoir central.Le chef militaire Min Aung Hlaing n’a pas exclu l’idée d’échanger son uniforme kaki contre le costume civil de président lorsqu’un nouveau gouvernement sera formé.Il a affirmé lors de la première phase que l’élection était “libre et équitable”.

En Chine, des librairies design qui attirent surtout les amateurs de selfies

Avec son majestueux escalier en colimaçon et ses livres jusqu’au plafond, une immense librairie de Tianjin, dans le nord de la Chine, attire davantage les amateurs de selfies que les rats de bibliothèque, et elle n’est pas la seule.En Chine, les ventes de livre papier n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant la pandémie de Covid-19, malgré les efforts des autorités pour stimuler la consommation intérieure et l’essor du commerce en ligne. Pourtant, ces dernières années, le nombre de librairies y a “maintenu une croissance régulière”, a indiqué en janvier Ai Limin, qui dirige une association d’éditeurs. “Une vague de librairies aux caractéristiques uniques” a vu le jour, a-t-il expliqué.Avec ses grands volumes, la librairie Zhongshuge de Tianjin, qui a ouvert en septembre 2024, est souvent comparée sur les réseaux sociaux au château gothique de Poudlard, la célèbre école de sorcellerie de Harry Potter.”Les photos sont vraiment magnifiques”, s’enthousiasme Li Mengting, qui visitait la ville avec une amie et est entrée dans la librairie pour prendre quelques clichés.Mais l’étudiante de 24 ans a eu du mal à trouver l’angle idéal car “il y avait vraiment beaucoup de monde à l’intérieur”.Des touristes équipés de perches à selfie et de trépieds se pressent dans l’escalier central de couleur cobalt bordé d’imposantes colonnes longeant trois étages et qui s’arquent jusqu’au plafond.Au sol, des inscriptions ternies désignent ici et là: “Le meilleur endroit pour prendre des photos”.- “D’autres sources de revenus” -Il est devenu “relativement courant” que des librairies chinoises misent sur un design intérieur destiné à être photographié, explique Zheng Shiwei, architecte basé à Pékin et dont le cabinet participe à des projets de ce type.Mais, “cela peut inciter beaucoup de gens à ne pas venir uniquement pour lire, ce qui peut avoir des conséquences imprévues”, souligne-t-il.En juin dernier, une librairie de la ville de Nankin (est), devenue un lieu touristique très prisé, a pris la décision d’interdire les photographies avec flash, ainsi que les trépieds et les séances photo sans autorisation préalable.Les prises de vue incessantes à Librairie Avant-Garde “perturbaient la lecture”, a déclaré Yuan Jia, employé dans la finance, originaire de Nankin et grand lecteur.Dans une librairie du centre de Pékin aménagée dans un ancien temple taoïste, des dizaines de visiteurs se promènent entre les présentoirs de petits bibelots ou commandent du thé.”Les livres rapportent relativement peu”, explique Juli Hu, la fondatrice du lieu qui a ouvert en 2024, et “il faut trouver d’autres sources de revenus”.Elle dit accueillir volontiers les personnes qui prennent des photos pour les publier en ligne et explique changer régulièrement la disposition de ses produits culturels.Pour l’architecte Zheng Shiwei, les librairies qui aménagent des espaces dédiés à la prise de photos devraient être encouragées.”Au moins, les gens se pointent dans les librairies, et pas ailleurs, n’est-ce pas ?”, fait-il remarquer.

Joyau vieillissant de New York, le Chrysler Building cherche l’acheteur qui le ravivera

Silhouette sans pareil de l’horizon new-yorkais, le Chrysler Building est à vendre mais les candidats ne se bousculent pas pour mettre la main sur ce joyau art déco vieillissant, après l’expropriation des derniers propriétaires.Coiffé de sa célèbre couronne en acier inoxydable, agrémenté de gargouilles et de casques ailés de Mercure – hommage aux bouchons de radiateur des premiers véhicules Chrysler -, il attire toujours les touristes qui restent néanmoins cantonnés au rez-de-chaussée depuis que sa plateforme d’observation a fermé en 1945.Pas facile de se démarquer de l’Empire State Building, qui lui a rapidement ravi le titre de bâtiment plus élevé au monde (depuis détrôné par d’autres), et de la poignée de gratte-ciels de Manhattan plus récents, plus hauts et ouverts aux visites.Le Chrysler Building, conçu juste avant la crise de 1929 et construit en seulement deux ans, voulait représenter l’exubérance et le modernisme, le monde des machines, avec sa flèche d’acier inspirée des enjoliveurs de la marque éponyme.L’édifice, qui a accueilli ses premiers locataires en avril 1930, culmine à 318 mètres et compte 77 étages pour 117.000 m2.L’adresse – 405 Lexington Avenue, au coeur de Manhattan – est prestigieuse et attire cabinets d’avocats, professions libérales mais aussi une grande agence artistique, des sociétés de coworking, etc.Pourtant des médias ont évoqué des occupants se plaignant de locaux vieillots, de peintures écaillées, d’ascenseurs en panne, d’eau impropre aux fontaines à eau, de fenêtres trop petites, de bureaux exigus, de rencontres avec des rongeurs, etc.Le “magnifique (Chrysler building) a beaucoup de problèmes techniques”, confirme Ruth Colp-Haber, de l’agence Wharton Property, spécialisée dans l’immobilier commercial. “Il faudra beaucoup de travaux et beaucoup d’argent”, dit-elle à l’AFP.Avec la popularisation du télétravail pendant le Covid, “ces vieux immeubles ne font pas le poids face aux récents, qui ont de hauts plafonds, des climatisations nec plus ultra”, explique-t-elle. – Rivalité -Difficile ainsi de rivaliser avec des tours de verre flambant neuves offrant de meilleures prestations, comme One Vanderbilt, ouverte en septembre 2020 à quelques rues à peine, ou celles du quartier revitalisé d’Hudson Yards.Une concurrence d’autant plus vive que l’immobilier de bureaux new-yorkais souffre de l’essor du télétravail post-pandémie. Les loyers, commerciaux comme résidentiels, sont particulièrement élevés dans la capitale économique des Etats-Unis.A cela s’ajoute une situation inhabituelle: le terrain sur lequel est construit le Chrysler Building appartient depuis 1902 à Cooper Union, une école d’ingénierie, architecture et sciences humaines, qui perçoit un loyer annuel du propriétaire du bâtiment (20,1 millions en 2018, 32,5 millions de 2019 à 2027).Mais le dernier propriétaire, un consortium composé du promoteur immobilier américain RFR et du groupe autrichien Signa, a été exproprié par un juge en septembre 2024 pour non-paiement du loyer.Le duo s’était porté acquéreur en 2019, pour 151 millions de dollars et la promesse de réaliser 250 millions de travaux. Mais Signa a fait faillite fin 2023.D’après des documents de justice consultés par l’AFP, RFR a cessé de payer en mai 2024 et l’arriéré atteignait 21 millions de dollars au moment de l’expropriation.”Nous avons constitué d’importantes réserves et surplus au cours des sept dernières années”, indiquait à l’époque Malcolm King, président par intérim de Cooper Union, dans un message aux employés et aux étudiants.Il affirmait que ces vicissitudes immobilières n’affecteraient pas les bourses estudiantines, ni les frais de scolarité.Depuis, Cooper Union cherche un repreneur pour cette tour classée au patrimoine de la ville de New York en 1978. Toute modification intérieure ou extérieure doit être validée par la Commission de préservation des monuments historiques (LPC) de la ville.En attendant, une certaine omerta domine concernant l’avenir du bâtiment. Sollicités par l’AFP, Cooper Union, la LPC, plusieurs agents immobiliers dont ceux chargés de la vente et RFR, entre autres, se sont refusés à tout commentaire.”Tout est gelé en attendant de connaître le nouveau propriétaire”, indique Mme Colp-Haber, évoquant une possible conversion partielle en hôtel ou en logements.Quoiqu’il en soit, “il est extrêmement rare que la Commission approuve la démolition d’un monument historique”, veut rassurer un spécialiste sous couvert d’anonymat.

Nouvelle manifestation à Téhéran, craintes d’une répression brutale

Des Iraniens ont défilé samedi soir à Téhéran et scandé des slogans hostiles au pouvoir, malgré les craintes grandissantes de répression brutale dans le pays coupé du monde par un blocage d’internet.Des ONG ont signalé des dizaines de morts depuis le début du mouvement il y a deux semaines, alors que la République islamique fait …

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Maduro depuis sa prison dit aller “bien”, les Américains invités à quitter “immédiatement” le Venezuela

Le gouvernement des Etats-Unis a appelé samedi ses ressortissants à quitter “immédiatement” le Venezuela en raison d’une situation sécuritaire jugée instable, une semaine après la capture de Nicolas Maduro qui, depuis sa prison à New York, a dit aller “bien”.”Nous allons bien. Nous sommes des combattants”, a déclaré le président vénézuélien déchu depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, selon son fils dans une vidéo publiée samedi par le parti au pouvoir au Venezuela.Accusés notamment de trafic de drogue, Nicolas Maduro et la Première dame Cilia Flores, qui ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi devant la justice américaine, sont incarcérés depuis aux Etats-Unis avant une prochaine audience le 17 mars.Avec des pancartes proclamant “Nous voulons leur retour”, un petit millier de sympathisants ont défilé samedi dans les rues de Caracas, scandant “Maduro et Cilia sont notre famille!” “Ici, il y a un peuple qui se bat”, dit dans le cortège Yusleidys Arroyo, 36 ans. Les appels à manifester en soutien au dirigeant socialiste déchu sont quotidiens depuis l’opération militaire américaine du 3 janvier. La mobilisation était moindre samedi, où aucune figure du Parti au pouvoir, le PSUV, n’était présente pour haranguer les foules. Peut-être aussi par lassitude de ces rassemblements quotidiens.La manifestation coïncidait également avec l’anniversaire de l’investiture de Maduro pour un troisième mandat, à l’issue des élections de 2024 dénoncées par l’opposition comme frauduleuses. La télévision publique a diffusé une visite de la présidente par intérim Delcy Rodriguez à une foire agricole à Petare, un quartier emblématique de Caracas où s’est également tenue une petite manifestation en faveur de Maduro.”Nous n’allons pas nous reposer une seule minute tant que nous n’aurons pas récupéré le président”, a lancé Rodriguez. “Nous allons le sauver, bien sûr que oui”.- “Contact étroit” -Dans la foulée de la chute surprise de Maduro, l’ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez a été investie présidente par intérim, et négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.Son gouvernement a “décidé d’entamer un processus exploratoire” en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019.Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, “l’administration Trump reste en contact étroit avec les autorités intérimaires”, indique samedi un responsable du département d’Etat. Donald Trump a affirmé avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas, et Washington entend “dicter” toutes ses décisions. Elle a rétorqué que son pays n’est ni “subordonné, ni soumis” à Washington.Samedi, le département d’Etat américain a enjoint tous ses ressortissants à ne pas voyager au Venezuela et ceux qui s’y trouvent à “quitter le pays immédiatement”, en raison d’une situation sécuritaire jugée “instable”.Il a évoqué la présence de “groupes de milices armées, connus sous le nom de colectivos, qui installent des barrages routiers et fouillent des véhicules à la recherche de preuves de citoyenneté américaine ou de soutien aux Etats-Unis”.- Une vingtaine de libérations -L’alerte américaine “repose sur des récits inexistants visant à créer une perception de risque qui n’existe pas”, a rétorqué Caracas dans un communiqué, ajoutant que “le Venezuela jouit d’un calme, d’une paix et d’une stabilité absolus”.”Le Venezuela a commencé, DE MANIERE SPECTACULAIRE, à libérer ses prisonniers politiques. Merci !”, a commenté samedi Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, en référence à l’annonce jeudi par le président du Parlement Jorge Rodriguez, frère de Delcy Rodriguez, de la libération de “nombreux prisonniers”. Depuis, des dizaines de familles d’opposants ou militants vivent dans l’angoisse et l’espoir de retrouver leurs proches. Certains campent jour et nuit devant des centres pénitentiaires comme celui de l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements, ou celui de Rodeo I, à l’est de Caracas. Là, des proches devaient allumer des bougies et prier en tenant des pancartes avec le nom des leurs emprisonnés, a constaté l’AFP.Des ONG et l’opposition font état à ce stade de 21 libérations. sur un total de détenus qui oscille entre 800 et 1.200 selon les estimations d’ONG et d’organisations.bur-pr-al-lab/roc/gmo

Week-end de protestations aux Etats-Unis contre la police de l’immigration

De nombreux rassemblements se sont tenus samedi à travers les Etats-Unis pour protester contre les méthodes de la police fédérale de l’immigration (ICE), après le tir mortel de l’un de ses agents contre une femme de 37 ans à Minneapolis.Dans cette ville du nord du pays, des milliers d’habitants ont bravé le froid (-7 degrés) …

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Syrie: les forces kurdes quittent Alep après des jours de combats meurtriers

Les forces kurdes en Syrie ont annoncé dimanche l’évacuation de leurs combattants des deux quartiers où ils étaient retranchés à Alep, après plusieurs jours de combats meurtriers contre les forces gouvernementales.”Nous sommes parvenus à un accord qui a conduit à un cessez-le-feu et permis l’évacuation des martyrs, des blessés, des civils pris au piège et …

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Nouvelle manifestation à Téhéran, craintes d’une répression brutale

Des Iraniens ont défilé samedi soir à Téhéran et scandé des slogans hostiles au pouvoir, malgré les craintes grandissantes de répression brutale dans le pays coupé du monde par un blocage d’internet.Des ONG ont signalé des dizaines de morts depuis le début du mouvement il y a deux semaines, alors que la République islamique fait face à une mobilisation inédite depuis trois ans et l’un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979.Selon une vidéo authentifiée par l’AFP, une manifestation a débuté tard samedi soir dans un quartier du nord de Téhéran. Des feux d’artifice ont été tirés au-dessus de la place Punak tandis que des manifestants tapaient sur des casseroles et scandaient des slogans en soutien à la dynastie Pahlavi, chassée par le Révolution islamique en 1979.Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, que l’AFP n’a pas pu vérifier dans l’immédiat, montraient des manifestations dans d’autres quartiers de la capitale, où des protestataires scandaient des slogans hostiles au gouvernement.Donald Trump a affirmé samedi que l’Iran “aspirait à la liberté” et que les Etats-Unis “se tenaient prêts à aider”, sur sa plateforme Truth Social. Il avait plus tôt menacé de “frapper très fort” le pays en cas de vague de répression meurtrière. Selon le New York Times, le président américain a été briefé ces derniers jours sur les options à sa disposition concernant de possibles frappes, y compris visant des cibles civiles.Le quotidien, qui cite des sources anonymes, souligne qu’il n’a pas pris de décision finale mais “envisage sérieusement” une nouvelle intervention, après avoir bombardé trois importants sites nucléaires iraniens en juin.Peu d’informations filtrent de la situation sur le terrain, les Iraniens étant privés d’internet depuis jeudi à la suite d’une décision des autorités, selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. – Corps entassés -Ce blocage vise “à dissimuler les violences infligées lors de la répression”, ont mis en garde les cinéastes iraniens dissidents Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof.”C’est le prix à payer pour la victoire du peuple”, a déclaré samedi un habitant de Téhéran.Depuis le début le 28 décembre de la contestation, initialement liée au coût de la vie, au moins 51 manifestants, dont neuf enfants, ont été tués et des centaines d’autres blessés, a dénombré vendredi l’organisation Iran Human Rights, basée en Norvège.Elle a diffusé des images montrant, selon elle, des cadavres de manifestants empilés dans un hôpital de Téhéran.Après une forte mobilisation jeudi, de nouveaux rassemblements avaient secoué Téhéran et d’autres grandes villes dans la nuit de vendredi à samedi, selon des images vérifiées par l’AFP, diffusées sur les réseaux sociaux via des moyens satellitaires.Dans le quartier de Saadatabad à Téhéran, des Iraniens avaient scandé des slogans anti-gouvernementaux, notamment “Mort à Khamenei”, du nom du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. L’ancien prince héritier Reza Pahlavi, figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, a appelé samedi les Iraniens à “se préparer à prendre” les centres-villes. – “Saboteurs” -Rues désertes et plongées dans l’obscurité, un journaliste de l’AFP avait décrit jeudi et vendredi une capitale inhabituellement peu animée, avant le début des manifestations en soirée. Il a aussi vu des vitrines de magasins brisées et des forces de sécurité se déployer.Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a fustigé des “vandales” et “saboteurs” à la botte de Donald Trump.L’armée iranienne a de son côté assuré qu’elle protégerait “les intérêts nationaux” contre un “ennemi cherchant à perturber l’ordre et la paix”. La télévision d’Etat a diffusé samedi des images des funérailles à Chiraz (sud) de membres des forces de sécurité tués lors des manifestations. Elle a également montré des images de bâtiments en feu, y compris des mosquées.De nombreuses capitales occidentales ont condamné l’usage de la force contre les manifestants. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé le plein soutien de l’Europe aux “femmes et hommes iraniens qui réclament la liberté”, dénonçant la “répression violente”.A Londres, le drapeau de la République islamique a brièvement été remplacé par celui, orné d’un lion et d’un soleil, de l’ancien régime monarchique au fronton de l’ambassade iranienne par un manifestant, lors d’un rassemblement de plusieurs centaines de personnes.Le pouvoir iranien n’avait pas été confronté à une telle contestation depuis celle provoquée par la mort en détention en 2022 de Mahsa Amini, une jeune Kurde arrêtée pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin.Cette mobilisation survient dans un pays affaibli par une guerre avec Israël en juin et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire rétablies en septembre par l’ONU. 

Week-end de protestations aux Etats-Unis contre la police de l’immigration

De nombreux rassemblements se sont tenus samedi à travers les Etats-Unis pour protester contre les méthodes de la police fédérale de l’immigration (ICE), après le tir mortel de l’un de ses agents contre une femme de 37 ans à Minneapolis.Dans cette ville du nord du pays, des milliers d’habitants ont bravé le froid (-7 degrés) et les trottoirs glacés et glissants pour converger dans l’après-midi vers un parc enneigé situé non loin des lieux du drame, scandant le nom de la victime, Renee Good, et brandissant des pancartes hostiles à la police de l’immigration.Drew Lenzmeier, 30 ans, raconte à l’AFP qu’elle a le sentiment de “basculer dans une dictature autoritaire”. “Plus personne n’empêche désormais l’administration Trump de tuer des citoyens, de voler et d’enlever des êtres humains. Il est temps que ça s’arrête.”En fin de défilé – qui a ralenti devant le mémorial improvisé là où Renee Good a été tuée – Naïma, Américaine de 34 ans d’origine somalienne, dit à l’AFP sa “fierté de voir des gens de tous les âges, de toutes les origines, venant du monde entier, se mobiliser pour soutenir nos communautés”.A plus de 2.000 km de là, sur la côte Est, à Boston, Bill Torcaso a lui aussi rejoint d’autres protestataires. “Le seul principe qui nous unit, c’est l’égalité devant la loi. C’est ce en quoi je crois le plus profondément et c’est précisément ce que je pense que (Donald) Trump bafoue en permanence. C’est inacceptable”, dénonce-t-il.- Centaines de rassemblements -Derrière le slogan “ICE out for Good” (“ICE dehors pour de bon”, faisant aussi écho au nom de la victime, Renee Good), les appels à manifester sont notamment relayés par le mouvement “No Kings”, réseau d’organisations de gauche opposées à Donald Trump. D’autres ont été lancés pour dimanche, plusieurs centaines au total tout au long du week-end.La mort de cette mère de famille américaine, abattue mercredi au volant de sa voiture, a suscité une forte émotion dans sa ville, bastion démocrate, et au-delà parmi les Américains inquiets des dérives de la lutte contre l’immigration illégale, érigée en priorité nationale par Donald Trump.Samedi matin, trois élues démocrates du Minnesota à la Chambre des représentants se sont rendues dans un bâtiment fédéral de la banlieue de Minneapolis où officie la police de l’immigration, dont Ilhan Omar, figure de la gauche américaine d’origine somalienne.Mais sitôt sont-elles entrées qu’on leur a demandé de partir, ont-elles raconté. “Ce qui s’est passé aujourd’hui est une tentative flagrante d’empêcher des membres du Congrès d’exercer leur mission de contrôle”, a déploré Ilhan Omar.Selon le gouvernement américain, qui parle d’un acte de “terrorisme intérieur”, le policier a tiré en état de légitime défense au moment où Renee Good tentait de le renverser avec son véhicule.Mais plusieurs vidéos prises par des témoins circulant depuis mercredi tendent à suggérer que le policier n’est pas réellement menacé par la conductrice quand sa voiture avance. Elle semble au contraire tenter de l’éviter.- “Pas en colère” -Pour appuyer ses dires, l’administration a relayé vendredi une vidéo prise par l’agent incriminé, Jonathan Ross. Le clip montre le SUV rouge de la conductrice en travers de la route enneigée tandis que retentissent des sirènes. Au volant, Renee Good lance: “Je ne suis pas en colère contre toi” à l’agent, qui fait le tour de la voiture. Lorsque Jonathan Ross passe devant le capot, elle fait marche arrière, avant d’avancer en tournant, quand des coups de feu retentissent. “Putain de connasse”, lâche une voix masculine.Les élus démocrates déplorent que les enquêteurs locaux aient été écartés des investigations, menées par le FBI.”C’est le moment de respecter la loi. Le fait que le ministère de la Justice de Pam Bondi et cette administration présidentielle soient déjà parvenus à des conclusions sur ces faits est profondément préoccupant”, juge le maire de Minneapolis, Jacob Frey.Selon le média américain The Trace, spécialiste des violences par armes à feu, Renee Good est la quatrième personne tuée par des agents fédéraux de l’immigration depuis le lancement de la politique d’expulsion de l’administration Trump, et sept autres ont été blessées.