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Le ministère de la Justice publie des masses de documents du dossier Epstein

Le ministère américain de la Justice a annoncé publier vendredi trois millions de pages supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, affirmant avoir ainsi respecté l’obligation imposée à l’administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.”Aujourd’hui nous publions plus de trois millions de pages, dont plus de 2.000 vidéos et plus de 180.000 images”, a déclaré le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, lors d’une conférence de presse.Cela porte à pratiquement 3,5 millions le nombre de pages de ce dossier titanesque rendues publiques par le gouvernement américain depuis décembre sous la contrainte d’une loi votée par le Congrès, a-t-il souligné.”La publication d’aujourd’hui marque la fin d’un processus très approfondi de recensement et d’analyse de documents pour garantir la transparence au peuple américain et le respect de la loi”, a souligné M. Blanche, lisant la conclusion d’une lettre adressée parallèlement au Congrès.Une fois le rapport prévu par la loi remis au Congrès et les justifications des caviardages des documents publiés au Journal officiel, “le ministère aura rempli ses obligations fixées par la loi”, selon cette lettre signée par la ministre, Pam Bondi, et M. Blanche.Les plus de 2.000 vidéos et de 180.000 images publiées vendredi n’émanent pas toutes de Jeffrey Epstein ou de son entourage a précisé le numéro deux du ministère, expliquant qu’il s’agissait en grande partie de “pornographie”.Hormis la complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, qui purge une peine de vingt ans de prison, les images et vidéos de toutes les femmes ont été masquées, a indiqué Todd Blanche.- “Pas protégé le président Trump” -Les publications précédentes ont surtout éclairé le réseau spectaculaire de Jeffrey Epstein, richissime financier new-yorkais retrouvé pendu dans sa cellule en 2019 à New York avant d’être jugé pour avoir monté un système d’exploitation sexuelle de jeunes filles mineures.Elles ont aussi confirmé la proximité passée entre le criminel sexuel et Donald Trump, lorsque les deux hommes évoluaient au sein de la jet-set de New York dans les années 1990.Le président américain reconnaît l’avoir fréquenté à l’époque, assurant néanmoins avoir rompu avec lui avant qu’il ne soit inquiété par la justice.Mais contrairement à ses assurances selon lesquelles il n’aurait “jamais pris l’avion d’Epstein”, le nom de Donald Trump apparaît huit fois sur la liste des passagers de l’avion privé de Jeffrey Epstein entre 1993 et 1996, selon un courriel d’un enquêteur datant de 2020 diffusé dans le cadre des premières publications.”Nous nous sommes conformés à la loi et nous n’avons pas protégé le président Trump ni protégé ou omis de protéger qui que ce soit”, a assuré Todd Blanche.”Il y a un appétit et une soif d’information qui ne seront pas étanchés par la lecture de ces documents”, a-t-il cependant reconnu.- Compte-gouttes -Des parlementaires républicains et démocrates ont joint leurs forces pour pousser à la publication de cette énorme masse de photos, vidéos et documents écrits (courriers électroniques, auditions de témoins, etc), contre la volonté du président américain.Cette réticence de Donald Trump a indigné certains de ses partisans, qui voient dans l’affaire Epstein, terreau fertile pour les théories du complot les plus échevelées, la confirmation de leurs suspicions sur la dépravation et la corruption des élites.Le ministère de la Justice a justifié la précédente diffusion au compte-gouttes et le caviardage de nombreux documents, expressément autorisé sous strictes conditions par la loi, par la nécessité de protéger les victimes.Mais ces précautions n’ont fait qu’alimenter les accusations de dissimulation contre l’administration Trump.Parmi les documents publiés en décembre, des photos de l’ancien président démocrate Bill Clinton en compagnie de Jeffrey Epstein ou de femmes aux visages dissimulés avaient en particulier retenu l’attention.Bill Clinton a également toujours démenti avoir eu connaissance de ses crimes.

Trump choisit Kevin Warsh pour présider la Fed, avec l’espoir de baisses de taux

Donald Trump a finalement choisi vendredi son candidat pour présider la Réserve fédérale (Fed): Kevin Warsh, un habitué des milieux d’affaires qui a passé les derniers mois à plaider pour des taux directeurs plus bas et à critiquer l’institution dont il a été un des gouverneurs.Pour être effective, la nomination de M. Warsh, 55 ans, devra être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire.Le mandat du président de la banque centrale américaine dure quatre ans et peut être renouvelé. L’actuel chef de la Fed, Jerome Powell, doit quitter son poste en mai.”Je connais Kevin depuis longtemps et je n’ai aucun doute qu’il restera dans l’histoire comme l’un des GRANDS présidents de la Fed, peut‑être le meilleur. Par‑dessus tout, il a +tout du premier rôle+, et il ne vous laissera jamais tomber. Félicitations Kevin!”, a écrit le président sur sa plateforme Truth Social.Plus tard, depuis le Bureau ovale, il a affirmé que M. Warsh était “bien sûr” favorable comme lui à un abaissement des taux directeurs, tout en assurant qu’il ne lui avait pas demandé de s’engager à œuvrer dans ce sens. L’orientation des taux n’est pas décidée par le seul président, qui représente une voix sur douze au sein du comité de politique monétaire de la Fed.- “Faucon” ou “colombe”? -Les marchés financiers ont semblé considérer vendredi que Kevin Warsh n’agirait pas en cheval de Troie de Donald Trump et saurait maintenir l’indépendance de l’institution, le dollar reprenant de la vigueur. En témoigne également le décrochage des cours de l’or et de l’argent après l’annonce, signe que les investisseurs estiment avoir moins besoin de ces valeurs refuges. Ils n’ont pas oublié que M. Warsh était classé dans la catégorie des “faucons” quand il était gouverneur (2006-2011).Dans le jargon des banques centrales, un “faucon” désigne un responsable très attaché à la lutte contre l’inflation, à l’inverse des “colombes”, plus enclins à la souplesse monétaire.Son plaidoyer récent pour des taux plus bas pourrait être “tactique plutôt que doctrinal” afin de se faire nommer, estime John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank, interrogé par l’AFP.Mais M. Warsh a aussi défendu ces derniers mois la politique économique de Donald Trump et qualifié de “défaillante” la gouvernance de la banque centrale.Kevin Warsh est bien connu des milieux financiers pour avoir notamment été un des dirigeants la banque Morgan Stanley. Il faisait partie des personnalités pressenties pour prendre la tête de l’institution en 2018. Donald Trump avait finalement préféré Jerome Powell — choix dont le chef de l’État n’a cessé de se lamenter par la suite.- Rendez-vous au Sénat -La révélation par Jerome Powell de l’existence d’une procédure du ministère de la Justice à son encontre a récemment suscité l’indignation des milieux économiques, qui y voient une nouvelle atteinte à l’indépendance de l’institution monétaire.Des élus républicains s’en sont également offusqués et ont prévenu qu’ils ne confirmeraient aucune nomination à la Fed tant que la procédure ne serait pas classée.Le passage devant les sénateurs s’annonce houleux pour Kevin Warsh.La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, qui le passera sur le gril, a jugé vendredi dans un communiqué que sa nomination était “le dernier développement en date de la campagne de Trump pour prendre le contrôle de la Fed”.C’est le président républicain George W. Bush qui avait fait de Kevin Warsh le plus jeune gouverneur de l’histoire de la banque centrale; il avait alors 35 ans.Il aurait pu rester plus longtemps en poste, mais avait démissionné en 2011 en critiquant la poursuite de l’exceptionnelle politique monétaire accommodante adoptée pour soutenir la reprise après la crise de 2008-2009. C’est ce qui lui avait alors valu son étiquette de “faucon”.

Minneapolis: un journaliste arrêté, Trump qualifie Alex Pretti d'”agitateur”

Un journaliste américain, ex-présentateur sur CNN, a été arrêté sur ordre de la ministre de la Justice en lien avec les manifestations à Minneapolis, où deux protestataires sont morts sous les balles de la police de l’immigration, dont l’un qualifié “d’agitateur” vendredi par Donald Trump.Le président américain ne cesse de souffler le chaud et le froid depuis la mort d’Alex Pretti et de Renee Good, qui provoqué une vive émotion dans cette ville du nord du pays et au-delà.Sur son compte X, la ministre Pam Bondi a annoncé l’arrestation à Los Angeles “sous (sa) direction” de Don Lemon, ancienne figure de CNN, ainsi que de trois autres personnes, “en lien avec l’attaque coordonnée contre l’église Cities à St Paul, Minnesota” il y a deux semaines. Parmi elles, figurent une journaliste indépendante et un ancien candidat démocrate à la Chambre des représentants.Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a condamné une “attaque flagrante” contre la presse tandis que le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom, critique virulent de l’administration Trump, taclait les autorités sur X. “Poutine serait fier”, a-t-il lancé en référence au président russe Vladimir Poutine.- “Violence déchaînée” -Après avoir parlé de sa volonté de “désescalade”, Donald Trump a qualifié vendredi Alex Pretti “d’agitateur” sur sa plate-forme Truth social.Le président américain est revenu sur une vidéo virale montrant l’infirmier de 37 ans, onze jours avant sa mort, se rebeller lors d’une interpellation par des policiers fédéraux. “Agitateur et, peut-être, insurgé, la cote d’Alex Pretti a fortement chuté” avec cette vidéo, lance-t-il.L’AFP n’a pu pour l’heure vérifier ces images, sur lesquelles on voit un manifestant qui serait Alex Pretti donner des coups de pied dans un véhicule de la police fédérale avant d’être plaqué au sol par des agents. “Ce fut une véritable démonstration de violence et de colère, visible de tous, déchaînée et hors de contrôle”, a assuré Donald Trump.”Le mec a donné un coup de pied dans le phare d’une voiture. Est-ce que ça signifie qu’il méritait de mourir ?”, s’indigne auprès de l’AFP Pedro Wolcott, propriétaire d’une sandwicherie dans les quartiers sud de Minneapolis.Dans la première réaction publique d’un haut-responsable de l’Union européenne, Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission européenne, a déploré vendredi les images “terrifiantes” venues des Etats-Unis.”C’était terrible le choc de voir comment Renee Good, Alex Pretti et des petits enfants, des femmes, des hommes sont traités avec une violence aveugle”, a-t-elle déclaré à l’AFP.- “Chaos trumpiste”-En début de semaine, Donald Trump avait promis un retrait partiel des hommes masqués qui quadrillent Minneapolis depuis des semaines pour arrêter des migrants sans-papiers et dont les opérations d’arrestations musclées indignent les habitants. Tom Homan, son envoyé spécial à Minneapolis, a promis jeudi de “bientôt” réduire les effectifs de la police fédérale qui y sont déployés. “Nous ne renonçons en aucun cas à notre mission. Nous la menons simplement de manière plus intelligente”, avait-il cependant affirmé, rappelant que les agences fédérales avaient “des normes de conduite” et que les agents violant les procédures légales seraient sanctionnés.Alex Pretti a été tué le 24 janvier par des membres de la police aux frontières (CBP). Renee Good, mère de famille de 37 ans, avait été tuée le 7 janvier, par un agent de ICE.Le sujet crispe jusqu’à Washington, où les démocrates refusent d’adopter un budget pour le ministère de la Sécurité intérieure sans que des réformes de la police fédérale de l’immigration (ICE) ne soient mises en place.Chose rare, une figure de la Sillicon Valley s’est emparée du sujet pour appeler le tissu économique à réagir.”Davantage d’entre nous doivent cesser de considérer le chaos trumpiste comme un simple théâtre politique dont on peut se tenir à l’écart. Il est temps pour nous tous d’en faire et d’en dire davantage”, a écrit Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, dans une tribune au San Francisco Standard. “Une grande majorité d’entre nous désapprouve la brutalité ostentatoire du régime Trump”.

Des responsables italiens jugés pour un naufrage meurtrier de migrants

Le procès de quatre policiers et deux garde-côtes italiens s’est ouvert vendredi à Crotone (sud-est), où ils sont accusés d’être intervenus trop tard pour secourir un bateau de migrants en 2023, dont le naufrage avait causé la mort d’au moins 94 personnes.Cette catastrophe survenue au large de la côte calabraise, dans le sud de l’Italie, …

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En Syrie, la facture d’électricité plus élevée que les salaires

Quand Hani Massalkhi est allé payer sa facture d’électricité jeudi à Damas, il a réalisé qu’avec les nouveaux tarifs en vigueur, la somme qu’on lui réclamait dépassait son salaire mensuel.L’ancien ingénieur agricole, qui vit avec une retraite d’environ 58 euros par mois, est reparti du centre de recouvrement sans payer.”D’habitude, ma facture varie entre 15.000 …

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Open d’Australie: Djokovic, increvable, défiera Alcaraz en finale

Le vieux lion a rugi vendredi dans son antre de Melbourne: Novak Djokovic a rempli la moitié de son pari en battant Jannik Sinner en demi-finales de l’Open d’Australie et s’est offert une chance de remporter dimanche un 25e titre du Grand Chelem, à condition de battre Carlos Alcaraz.L’Espagnol, N.1 mondial, s’est lui défait de l’Allemand Alexander Zverev au terme d’un match épique de près de cinq heures et demie.Alors que le tournoi avait été jusque-là sans surprise et sans grande passion, les deux rencontres de cette 13e journée ont atteint le sublime: deux matches fous en cinq sets.”C’est irréel”, a commenté Djokovic devant la foule qui l’acclamait après sa victoire en 4h09 face au N.2 mondial 3-6, 6-3, 4-6, 6-4, 6-4.”Ca me rappelle le finale de 2012 contre Rafa” Nadal, qu’il avait remportée en cinq sets et qui est à ce jour le plus long match de l’histoire du tournoi (5h53), a-t-il dit en luttant pour ne pas verser une larme.”C’est certainement une de mes meilleures prestations de la dernière décennie”, a-t-il insisté devant la presse tandis que Sinner encaissait une défaite qui fait “très mal” tout en espérant en “tirer des leçons”.L’atmosphère dans la Rod Laver Arena était celle d’une victoire finale et Djokovic, qui s’est agenouillé au milieu du court pour se signer en regardant les cieux, a lui-même donné cette impression.Le Serbe restait sur cinq défaites contre Sinner et n’avait plus joué de finale en Grand Chelem depuis sa défaite face à Alcaraz à Wimbledon en 2024.- “Très difficile, pas impossible” -L’an dernier, il a joué les demi-finales des quatre Majeurs, butant sur Sinner à Roland-Garros et Wimbledon puis sur Alcaraz à l’US Open. A Melbourne, il avait dû abandonner face à Zverev.Après sa défaite à Flushing Meadows, il avait dit que Sinner et Alcaraz jouaient à un autre niveau et que les battre en cinq sets devenait très difficile.”J’avais dit +très difficile+, pas +impossible+”, a-t-il souligné vendredi après sa victoire.”Je n’ai jamais cessé de croire en moi”, a-t-il ajouté, raillant les “experts” qui voudraient l’envoyer à la retraite.Dimanche, il affrontera donc l’autre ogre du circuit, qui vise un premier titre à Melbourne pour compléter sa collection avec le seul Majeur qui lui manque encore.”J’espère avoir assez d’énergie”, a conclu Djokovic.De l’énergie, Alcaraz lui-même en a dépensé des gigajoules vendredi, longeant longtemps le bord du gouffre contre Zverev avant de remporter l’un des matches les plus longs et fous de l’histoire du tournoi.Fort de six titres du Grand Chelem, mais sans avoir jamais passé les quarts à Melbourne, l’Espagnol a mis 5h27 pour écarter le finaliste de l’an dernier 6-4, 7-6 (7/5), 6-7 (3/7), 6-7 (4/7), 7-5.- “Tout mon cœur” -“Physiquement, c’était l’un des matches les plus difficiles de ma courte carrière, mais j’avais déjà joué ce type de match et je savais que je devais y mettre tout mon cœur”, a commenté le N.1 mondial.S’il jouera bien la finale, il le doit peut-être à un manque d’opportunisme de Zverev qui n’a pas su saisir sa chance de remporter le deuxième set pour égaliser à un partout ni profiter de la soudaine absence durant plus d’une heure d’Alcaraz, incapable de bouger en raison de douleurs aux cuisses.”Etonnamment, je n’ai pas vraiment de regret sur le cinquième set (dans lequel il a servi pour le gain du match, NDLR), parce que j’étais en mode survie. Mais si j’avais pu égaliser à un set partout alors que lui a eu des crampes dans le troisième set, ça aurait pu faire la différence”, a regretté l’Allemand.En face, le Murcien fait le dos rond, sachant que ses deux sets d’avance lui en donnaient la possibilité: “Le physio m’a dit que c’était une question de temps (pour que la douleur passe)”, a-t-il expliqué.Effectivement, il a retrouvé toutes ses facultés physiques dans le cinquième set et tentera dimanche de devenir le plus jeune joueur à décrocher un titre dans chacun des quatre tournois du Grand Chelem, à 22 ans et 272 jours.