AFP World

Un jihadiste suédois de l’EI condamné à perpétuité pour l’assassinat d’un pilote jordanien brûlé vif

Le jihadiste suédois Osama Krayem, déjà condamné pour les attentats de Paris et Bruxelles de 2015 et 2016, a écopé d’une peine de prison à perpétuité en Suède pour sa participation à l’assassinat filmé d’un pilote jordanien brûlé vif dans une cage par le groupe Etat islamique (EI) en Syrie.Le tribunal de Stockholm est le premier, et le seul, à avoir jugé une personne pour cet assassinat commis par des membres de l’EI, qui avait choqué le monde entier en 2015.”L’accusé se trouvait sur le lieu de l’exécution, en uniforme, armé, et il a accepté d’être filmé (…) Il a contribué de manière si déterminante à la mort de la victime qu’il doit être considéré comme coauteur des faits”, a déclaré la juge Anna Liljenberg Gullesjö, citée dans un communiqué du tribunal de Stockholm.Le 24 décembre 2014, un avion de l’armée de l’air jordanienne avait été abattu en Syrie, près de Raqqa, et le pilote, Muath al-Kasasbeh, capturé par l’EI le même jour. Une vidéo publiée le 3 février 2015 mettra en scène sa mise à mort: la cage est incendiée par l’un des 13 combattants présents, parmi lesquels se trouve le Suédois, embrasant le pilote.”Son comportement a consisté, de concert avec d’autres hommes, à garder la victime aussi bien avant que pendant l’exécution, et à la conduire jusqu’à la cage où elle a été brûlée vive”, a ajouté la magistrate.Le verdict est conforme au réquisitoire des procureurs. Osama Krayem était jugé pour “acte de terrorisme” et “crime de guerre aggravé” lors du procès qui s’est tenu du 4 au 26 juin.Le tribunal a également accordé une indemnisation aux parents et aux frères et sœurs du pilote jordanien, à hauteur de 80.000 couronnes suédoises (près de 7.200 euros) chacun.Le jihadiste de 32 ans a gardé le silence pendant toute la durée des audiences.Une sélection d’interrogatoires filmés et écrits versés au dossier d’instruction a donc été lue et diffusée pendant le procès.- Ni empathie, ni regret -Le fait que le Suédois n’ait pas parlé n’a pas “eu d’importance notable (sur le jugement), car le parquet a présenté des preuves solides, et l’enquête a été rigoureuse”, a dit à l’AFP Mme Gullesjö.Osama Krayem admet avoir été présent sur les lieux mais assure qu’il ignorait ce qui allait s’y passer avant d’apercevoir les caméras, selon son avocate.Ce verdict apporte du “réconfort à la famille”, a assuré à l’AFP le frère du pilote, Jawdat al-Kasasbeh, qui s’est constitué partie civile.”Au nom de la famille de Muath al-Kasasbeh et du peuple jordanien, nous remercions la Suède et le système judiciaire suédois impartial pour les efforts qu’ils ont déployés dans cette affaire”, a-t-il dit.Il s’était déplacé depuis la Jordanie à l’occasion de ce procès pour y témoigner de la douleur, encore vive, qu’il partage avec ses proches.”Les Jordaniens se souviendront toujours de cet horrible crime, et que cette décision est un pas significatif vers l’accomplissement de la justice”, a réagi auprès de l’AFP le porte-parole du gouvernement jordanien Mohammad Momani.L’avocat de la famille de la victime a, lors de sa plaidoirie finale, déploré que l’accusé n’eût montré ni empathie ni regret devant la cour.”La plupart des personnes qui auraient été témoins de ce que Muath a subi auraient sans doute besoin d’un traitement à vie, ou du moins long, pour surmonter le traumatisme que cela provoque chez un individu normalement constitué”, avait plaidé Mikael Westerlund.”Krayem, lui, ne semble pas avoir été traumatisé, mais inspiré. Inspiré pour poursuivre son entreprise terroriste, qui l’a conduit à participer puis à être condamné pour des actes terroristes en Europe”, avait ajouté M. Westerlund. Le Suédois a déjà été condamné à 30 ans de prison en France pour complicité lors des attentats de Paris en 2015 et à la perpétuité en Belgique pour les attentats dans le principal aéroport de Bruxelles et dans le métro en 2016.La France a accepté le 12 mars de le remettre pour neuf mois à la Suède, le temps de l’enquête et du jugement.Il devra y être renvoyé au plus tard le 27 décembre 2025, a précisé le tribunal de Stockholm dans son communiqué jeudi.

Un jihadiste suédois de l’EI condamné à perpétuité pour l’assassinat d’un pilote jordanien brûlé vif

Le jihadiste suédois Osama Krayem, déjà condamné pour les attentats de Paris et Bruxelles de 2015 et 2016, a écopé d’une peine de prison à perpétuité en Suède pour sa participation à l’assassinat filmé d’un pilote jordanien brûlé vif dans une cage par le groupe Etat islamique (EI) en Syrie.Le tribunal de Stockholm est le premier, et le seul, à avoir jugé une personne pour cet assassinat commis par des membres de l’EI, qui avait choqué le monde entier en 2015.”L’accusé se trouvait sur le lieu de l’exécution, en uniforme, armé, et il a accepté d’être filmé (…) Il a contribué de manière si déterminante à la mort de la victime qu’il doit être considéré comme coauteur des faits”, a déclaré la juge Anna Liljenberg Gullesjö, citée dans un communiqué du tribunal de Stockholm.Le 24 décembre 2014, un avion de l’armée de l’air jordanienne avait été abattu en Syrie, près de Raqqa, et le pilote, Muath al-Kasasbeh, capturé par l’EI le même jour. Une vidéo publiée le 3 février 2015 mettra en scène sa mise à mort: la cage est incendiée par l’un des 13 combattants présents, parmi lesquels se trouve le Suédois, embrasant le pilote.”Son comportement a consisté, de concert avec d’autres hommes, à garder la victime aussi bien avant que pendant l’exécution, et à la conduire jusqu’à la cage où elle a été brûlée vive”, a ajouté la magistrate.Le verdict est conforme au réquisitoire des procureurs. Osama Krayem était jugé pour “acte de terrorisme” et “crime de guerre aggravé” lors du procès qui s’est tenu du 4 au 26 juin.Le tribunal a également accordé une indemnisation aux parents et aux frères et sœurs du pilote jordanien, à hauteur de 80.000 couronnes suédoises (près de 7.200 euros) chacun.Le jihadiste de 32 ans a gardé le silence pendant toute la durée des audiences.Une sélection d’interrogatoires filmés et écrits versés au dossier d’instruction a donc été lue et diffusée pendant le procès.- Ni empathie, ni regret -Le fait que le Suédois n’ait pas parlé n’a pas “eu d’importance notable (sur le jugement), car le parquet a présenté des preuves solides, et l’enquête a été rigoureuse”, a dit à l’AFP Mme Gullesjö.Osama Krayem admet avoir été présent sur les lieux mais assure qu’il ignorait ce qui allait s’y passer avant d’apercevoir les caméras, selon son avocate.Ce verdict apporte du “réconfort à la famille”, a assuré à l’AFP le frère du pilote, Jawdat al-Kasasbeh, qui s’est constitué partie civile.”Au nom de la famille de Muath al-Kasasbeh et du peuple jordanien, nous remercions la Suède et le système judiciaire suédois impartial pour les efforts qu’ils ont déployés dans cette affaire”, a-t-il dit.Il s’était déplacé depuis la Jordanie à l’occasion de ce procès pour y témoigner de la douleur, encore vive, qu’il partage avec ses proches.”Les Jordaniens se souviendront toujours de cet horrible crime, et que cette décision est un pas significatif vers l’accomplissement de la justice”, a réagi auprès de l’AFP le porte-parole du gouvernement jordanien Mohammad Momani.L’avocat de la famille de la victime a, lors de sa plaidoirie finale, déploré que l’accusé n’eût montré ni empathie ni regret devant la cour.”La plupart des personnes qui auraient été témoins de ce que Muath a subi auraient sans doute besoin d’un traitement à vie, ou du moins long, pour surmonter le traumatisme que cela provoque chez un individu normalement constitué”, avait plaidé Mikael Westerlund.”Krayem, lui, ne semble pas avoir été traumatisé, mais inspiré. Inspiré pour poursuivre son entreprise terroriste, qui l’a conduit à participer puis à être condamné pour des actes terroristes en Europe”, avait ajouté M. Westerlund. Le Suédois a déjà été condamné à 30 ans de prison en France pour complicité lors des attentats de Paris en 2015 et à la perpétuité en Belgique pour les attentats dans le principal aéroport de Bruxelles et dans le métro en 2016.La France a accepté le 12 mars de le remettre pour neuf mois à la Suède, le temps de l’enquête et du jugement.Il devra y être renvoyé au plus tard le 27 décembre 2025, a précisé le tribunal de Stockholm dans son communiqué jeudi.

Un jihadiste suédois de l’EI condamné à perpétuité pour l’assassinat d’un pilote jordanien brûlé vif

Le jihadiste suédois Osama Krayem, déjà condamné pour les attentats de Paris et Bruxelles de 2015 et 2016, a écopé d’une peine de prison à perpétuité en Suède pour sa participation à l’assassinat filmé d’un pilote jordanien brûlé vif dans une cage par le groupe Etat islamique (EI) en Syrie.Le tribunal de Stockholm est le …

Un jihadiste suédois de l’EI condamné à perpétuité pour l’assassinat d’un pilote jordanien brûlé vif Read More »

“107 jours”: Kamala Harris va raconter dans un livre sa campagne express de 2024

L’ancienne vice-présidente américaine Kamala Harris a annoncé jeudi la parution en septembre d’un livre, intitulé “107 Days” (“107 jours”), où elle doit détailler “les coulisses” de sa campagne présidentielle de 2024, menée au pas de charge et finalement perdue face à Donald Trump.”Il y a un peu plus d’un an, j’ai lancé ma campagne pour …

“107 jours”: Kamala Harris va raconter dans un livre sa campagne express de 2024 Read More »

“107 jours”: Kamala Harris va raconter dans un livre sa campagne express de 2024

L’ancienne vice-présidente américaine Kamala Harris a annoncé jeudi la parution en septembre d’un livre, intitulé “107 Days” (“107 jours”), où elle doit détailler “les coulisses” de sa campagne présidentielle de 2024, menée au pas de charge et finalement perdue face à Donald Trump.”Il y a un peu plus d’un an, j’ai lancé ma campagne pour devenir présidente des Etats-Unis; 107 jours à parcourir le pays, à se battre pour notre avenir – la campagne présidentielle la plus courte de l’histoire moderne” des Etats-Unis, explique Kamala Harris dans une vidéo sur les réseaux sociaux.Le livre, publié aux éditions Simon & Schuster, paraîtra le 23 septembre aux Etats-Unis.Première femme à accéder à la vice-présidence américaine en 2021, elle avait été propulsée candidate du Parti démocrate à l’élection de 2024 après l’abandon de Joe Biden en juillet. Le président, âgé alors de 81 ans, avait été contraint de renoncer à ses espoirs de réélection en raison d’inquiétudes pressantes sur son état de santé.Kamala Harris dit avoir écrit son livre “avec sincérité et introspection”, et promet “un récit des coulisses de ce parcours” de campagne.L’ancienne sénatrice de Californie avait déjà annoncé mercredi qu’elle ne serait pas candidate en 2026 au poste de gouverneur de cet Etat, le plus peuplé du pays. Mais une nouvelle candidature à la Maison Blanche en 2028 n’est pas à exclure, selon la presse américaine. Dans sa vidéo, elle explique qu’une “vérité” s’est imposée à elle: “Parfois, le combat prend un certain temps”. Une déclaration qui devrait alimenter la machine à rumeurs sur son avenir politique.- Trump ironise -Alors qu’elle avait quasi disparu du débat public après sa défaite face à Donald Trump, Kamala Harris marque ainsi son retour.La démocrate fera également jeudi soir une apparition dans le “Late Show” de Stephen Colbert, l’un des talk-shows phares de la télévision américaine. La chaîne CBS a récemment annoncé qu’elle déprogrammerait l’émission, dont l’animateur est un critique notoire de Donald Trump, l’an prochain, officiellement pour des raisons économiques,Interrogé jeudi par la presse sur l’avenir politique de Kamala Harris, Donald Trump n’a pas été tendre avec son ex-rivale.”Elle ne sait pas s’exprimer, elle ne sait pas parler, elle n’arrive pas à faire d’interviews”, a déclaré le président républicain depuis la Maison Blanche.”Ce n’était pas une personne douée”, a-t-il asséné, affirmant que la démocrate n’avait pas mené “une bonne campagne”, tout en concédant qu’elle avait été “mise dans une position très compliquée”.”Oui, je pense que je vais l’acheter, j’adorerais le voir maintenant”, a aussi ironisé Donald Trump à propos de “107 Days”.Une autre figure de la Maison Blanche sous Joe Biden, la porte-parole Karine Jean-Pierre, avait également annoncé début juin la parution à venir d’un livre, intitulé “Indépendante”. Elle avait aussi annoncé quitter le Parti démocrate, qu’elle accuse d’avoir “trahi” son ancien patron Joe Biden.

Ukraine: Zelensky appelle à un “changement de régime” en Russie après des bombardements meurtriers sur Kiev

Le président Volodymyr Zelensky a appelé jeudi les soutiens de l’Ukraine à œuvrer à un “changement de régime” en Russie, après des bombardements sur Kiev ayant fait au moins 16 morts et l’annonce par Moscou de la prise d’une localité stratégique dans l’est.”Si le monde ne vise pas un changement de régime en Russie, cela signifie que, même après la fin de la guerre, Moscou continuera à tenter de déstabiliser les pays voisins”, a-t-il déclaré à l’occasion d’une conférence internationale à laquelle il participait par lien vidéo.”Je crois que la Russie peut être poussée à mettre fin à cette guerre. C’est elle qui l’a commencée”, a-t-il ajouté.Quelques heures plus tôt, de nouvelles frappes russes ont causé la mort à Kiev d’au moins 16 personnes, dont deux enfants, selon le dernier bilan fourni par les secours.Cette attaque de drones et de missiles jeudi à l’aube a aussi fait 155 blessés, dont 16 enfants, toujours selon les secours. La municipalité a annoncé une journée de deuil vendredi dans la capitale.Volodymyr Zelensky a dénoncé un “nouveau spectacle meurtrier” infligé par la Russie, que les Etats-Unis pressent de mettre un terme à l’invasion de l’Ukraine déclenchée il y a plus de trois ans.Donald Trump a qualifié d'”écoeurante” jeudi cette dernière vague d’attaques russes sur l’Ukraine.Le président américain a confirmé qu’il allait bien prendre des sanctions contre la Russie, déclarant: “Je ne sais pas si cela va avoir un impact, mais nous allons le faire.”Il avait donné 10 jours à compter de mardi à Vladimir Poutine pour arrêter ce conflit armé – le pire en Europe depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale – qui a fait des dizaines, voire des centaines, de milliers de morts dans les deux camps.- “Terrifiant” -Plus tôt jeudi, M. Trump s’était emporté avec une virulence renouvelée, avertissant notamment l’ex-chef de l’Etat russe Dmitri Medvedev – l’actuel numéro deux du Conseil de sécurité qui a récemment écrit sur X que “chaque nouvel ultimatum est une menace et un pas vers la guerre” – qu’il entrait “dans une zone très dangereuse”.La Russie a lancé 309 drones et tiré huit missiles de croisière pendant la nuit sur l’Ukraine, a relevé l’armée de l’air ukrainienne, ajoutant que la principale cible était Kiev et affirmant avoir abattu 288 drones et trois missiles.Des journalistes de l’AFP ont vu des immeubles résidentiels détruits, des voitures calcinées et retournées. “C’est un choc, je n’arrive toujours pas à reprendre mes esprits, c’est très effrayant”, a raconté à l’AFP Valentyna Chestopal, une habitante de Kiev de 28 ans. Tymofiï a été réveillé par le “bruit d’un missile” : “Tout s’est mis à me tomber dessus, c’était terrifiant”, a dit cet homme vivant dans le quartier Solomyansky dont l’appartement a été détruit.Sur X, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga a estimé qu’il était “temps de mettre la pression maximale sur Moscou”.De son côté, l’armée russe a assuré avoir frappé la nuit dernière une base aérienne, un dépôt de munitions et des installations de production de drones en Ukraine.- Ville stratégique -Elle a aussi assuré avoir conquis Tchassiv Iar, une petite ville d’importance stratégique dans la région de Donetsk (est) où les troupes russes avancent lentement depuis des mois.”C’est un mensonge total”, a réagi auprès de l’AFP Viktor Tregoubov, le porte-parole du groupement de forces ukrainiennes Khortytsia, chargé de cette zone. Sur Telegram, Oleksandre Kovalenko, un spécialiste militaire ukrainien, a considéré qu’il était “trop tôt” pour annoncer que Tchassiv Iar était sous le contrôle des soldats russes, estimant que la défense de cette ville depuis plus de deux ans tenait déjà du “record absolu” pour l’armée ukrainienne.Les nouvelles frappes sont intervenues avant un vote crucial au Parlement ukrainien qui a approuvé jeudi à la mi-journée le rétablissement de l’indépendance des instances de lutte contre la corruption, revenant sur un précédent texte très critiqué. Un total de 331 députés – le minimum requis étant de 226 – ont voté en faveur du projet de loi de Volodymyr Zelensky, qu’il a promulgué dans la foulée.La Commission européenne a salué un texte qui rétablit les “principaux garde-fous” permettant l'”indépendance” des agences anticorruption.La précédente loi votée le 22 juillet avait provoqué les premières manifestations d’ampleur en Ukraine depuis le début de l’invasion russe en 2022.”Pendant que l’armée défend notre pays contre ces maudits Russes, nous, à l’arrière, sommes là pour faire pression sur nos dirigeants, pour que le pays pour lequel les soldats se battent en vaille la peine”, a commenté auprès de l’AFP Anastassia, qui manifestait jeudi devant le Parlement avant le vote.

Dernières heures de négociations avant l’entrée en vigueur des droits de douane de Trump

Il ne reste plus que quelques heures aux pays qui espèrent encore limiter l’impact des droits de douane voulus par Donald Trump pour négocier, ceux-ci devant devenir réalité à minuit pour donner naissance à un ordre économique mondial inédit depuis l’entre-deux-guerres.Coïncidence du calendrier, une Cour d’appel fédérale a commencé jeudi à Washington à se pencher sur la légalité de ces droits de douane, que le président américain utilise comme moyen de pression pour obtenir des accords commerciaux favorables à son pays.Jusqu’ici, Washington a annoncé des accords avec le Royaume-Uni, l’Union européenne, les Philippines, l’Indonésie, le Vietnam, le Japon et, in extremis dans la nuit, avec la Corée du Sud.Les produits coréens, japonais et européens seront ainsi désormais taxés à hauteur de 15%.Le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a assuré jeudi que des accords avaient aussi été trouvés avec le Cambodge et la Thaïlande, sans donner plus de précisions. Taïwan a affirmé dans la nuit avoir atteint “un certain consensus” avec les Etats-Unis, là encore sans donner davantage de détails.Tous les pays n’ayant pas réussi à s’accorder avec Washington verront leurs droits de douane augmenter substantivement, bien au-delà des 10% actuellement en vigueur.Ces surtaxes suscitent un peu partout dans le monde l’inquiétude des entreprises exportant vers les Etats-Unis. “On ne sait pas quelle sera la gravité de l’impact mais il ne sera pas positif, c’est sûr”, anticipe ainsi Laubscher Coetzee, un éleveur sud-africain d’autruches dont le cuir sert à fabriquer les santiags des plus prestigieuses marques du Texas.La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a assuré jeudi que le décret instituant les droits de douane serait signé par Donald Trump avant la fin de la journée, pour une entrée en vigueur dès vendredi.- Outil de pression -Les accords conclus jusqu’à présent sont le plus souvent des cadres de négociations aux détails assez vagues, devant ultérieurement déboucher sur des accords plus techniques.Donald Trump a aussi annoncé jeudi avoir prolongé de 90 jours les droits de douane actuellement imposés au Mexique, ce qui revient à les maintenir à 25% sur les produits entrants aux Etats-Unis en dehors de l’accord de libre-échange nord-américain (ACEUM), et les droits de douane spécifiques sur l’automobile, l’acier et l’aluminium.En revanche, pas de détente en vue avec le Canada, toujours dans le viseur du républicain, et avec qui “nous n’avons pas parlé aujourd’hui”, a-t-il assuré.L’éventualité d’une reconnaissance de l’Etat de Palestine par Ottawa “rend plus difficile la possibilité d’un accord”, avait déclaré Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.L’administration Trump se montre particulièrement ferme avec certains pays. Donald Trump a ainsi signé mercredi un décret imposant 50% de surtaxe douanière au Brésil, à l’exception de certains produits.Cette surtaxe fait office de représailles contre les poursuites visant l’ex-président Jair Bolsonaro, son allié d’extrême droite, accusé d’avoir tenté un coup d’Etat après sa défaite lors de l’élection de 2022.L’Inde écopera elle de droits de douane de 25%, auxquels s’ajoutera une “pénalité”, car le pays achète du pétrole russe.- Risque juridique -Le président Trump a vanté les mérites des accords déjà conclus, destinés à gonfler les recettes tirées des taxes douanières, lesquelles ont déjà augmenté cette année, assurant également, sans donner plus de détails, que “l’on a obtenu quelques accords aujourd’hui”.L’impact des droits de douane continue cependant d’inquiéter les économistes, qui les voient peser sur l’inflation, en hausse en juin à 2,6%, et sur la croissance américaine.Jeudi un tribunal de Washington a commencé à examiner un appel devant déterminer si Donald Trump a outrepassé ses pouvoirs constitutionnels en imposant ces surtaxes sans l’approbation du Congrès.L’avocat des plaignants, des petites entreprises ainsi qu’une dizaine d’Etats américains, a notamment dénoncé jeudi “un accaparement de pouvoir sans précédent de la part d’un président en 200 ans”, tandis que la plupart des juges de la cour d’appel ont laissé entrevoir leur scepticisme face aux arguments du gouvernement.La Maison Blanche a déjà promis de saisir la Cour suprême si la décision lui était défavorable.