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Bar incendié en Suisse: enquête ouverte contre les gérants français, journée de deuil national

Les autorités suisses ont annoncé samedi l’ouverture d’une enquête pénale contre les deux gérants français du bar ravagé la nuit du Nouvel an par un incendie dans la station de ski de Crans-Montana, qui a fait 40 morts et 119 blessés, et décrété une journée de deuil national vendredi 9 janvier.Les deux gérants sont accusés d'”homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence”.Avant d’envisager un éventuel procès, cette enquête devra établir la responsabilité de ce couple, Jacques et Jessica Moretti, dans le drame vraisemblablement provoqué, selon l’enquête, par des bougies incandescentes fixées sur des bouteilles de champagne placées trop près du plafond du sous-sol de l’établissement.A ce jour, huit morts suisses, dont deux mineurs, ont été identifiés par la police cantonale. De son côté, l’ambassadeur d’Italie en Suisse a annoncé à l’agence AGI que trois corps d’Italiens avaient également été identifiés.Vendredi, la police avait annoncé qu’avaient pu être formellement identifiés 113 des 119 blessés.Parmi eux se trouvent 71 Suisses, 14 Français (16 selon le ministère français des Affaires étrangères samedi), 11 Italiens, quatre Serbes, mais aussi un Bosniaque, un Belge, un Luxembourgeois, un Polonais et un Portugais.- Deuil national -“Le 9 janvier, la Confédération prévoit, en collaboration avec les Églises suisses, une journée de deuil national”, a déclaré le président helvétique Guy Parmelin. En signe supplémentaire de solidarité nationale, toutes les cloches des églises de Suisse sonneront à 14h00 (13H00 GMT) lorsque débutera une cérémonie d’hommage à Crans-Montana.”La Suisse est profondément triste”, a déclaré sur place samedi le ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans.”C’est incroyablement émouvant de voir cet endroit et de réaliser la puissance de ces flammes, même au dernier étage où j’ai pu entrer. On peut sentir l’odeur… on voit les dégâts causés par ces flammes, elles devaient être d’une intensité incroyable. 500, 600 degrés (…) C’est une tragédie terrible”, a-t-il dit devant la presse.L’identification des corps et des derniers blessés devrait durer plusieurs jours selon les autorités.Plusieurs patients-grands brûlés ont été transférés dans des hôpitaux en France, en Belgique, en Allemagne et en Italie.- Marche silencieuse dimanche -Les hommages et appels à se rassembler se multiplient, et des messes sont organisées à l’intention des victimes. Samedi soir à Montana, l’église était pleine, certaines personnes étaient en larmes tandis que d’autres se serraient dans les bras.”On est venus pour soutenir ces familles qui sont dans le deuil”, a déclaré à l’AFP Maurice Robyr, de Crans-Montana, après la messe.”Je ne vais pas à l’église le reste du temps” mais “il faut venir aider, être solitaire, être humain”, a confié Patricia, 68 ans, se disant “tétanisée” et “choquée”.La messe dominicale, en présence de représentants d’autres confessions religieuses, sera elle suivie d’une marche silencieuse jusqu’à la chapelle ardente installée à proximité du lieu du drame.Des psychologues sont également sur place.”Parmi toute la gamme d’émotions que nous voyons et entendons chez les gens” qui viennent “il y a de la colère, de la tristesse, de la peur, bien sûr, car certains attendent toujours des informations sur leurs proches”, a indiqué l’une de ces psychologues, Guendalina Grossi, aux journalistes. De nombreux groupes ont été créés sur les réseaux sociaux pour proposer aide, services ou solutions de logement aux proches des victimes ou équipes de soin ou de secours à Crans-Montana, mais aussi à Genève, Lausanne ou Zurich, où des blessés ont été admis.- Mousse -Outre les bougies, les enquêteurs se penchent également sur la mousse – un isolant acoustique – recouvrant le plafond du sous-sol du bar, qui semble s’être rapidement embrasée.Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le début de l’embrasement du plafond du sous-sol du bar. Sur d’autres vidéos, on voit ensuite des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar, d’une capacité maximale de 300 personnes.Des témoins ont décrit des scènes d’horreur: des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s’échapper, tandis que d’autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue.L’enquête doit notamment porter sur les travaux effectués au sein de l’établissement, les matériaux utilisés, les autorisations d’exploiter et les mesures de sécurité.- “Laissez-nous tranquilles” -Le président de la commune de Crans-Montana Nicolas Féraud a assuré à la radio-télévision publique suisse RTS qu’il n’y avait eu aucun laxisme de la part de sa commune, mais qu’il est “évident que ce genre de catastrophe remet” des choses en cause, notamment sur “le contrôle de tous les établissements publics”.Interrogé samedi par des journalistes dont l’AFP devant son domicile de la commune voisine de Lens, le propriétaire du bar Jacques Moretti a lancé: “laissez-nous tranquilles, nous aussi nous sommes en deuil”. Vendredi, il avait assuré au quotidien La Tribune de Genève que son bar avait été contrôlé “trois fois en dix ans” et que “tout s'(était) fait dans les normes”.Au terme de l’instruction ouverte, le ministère public décidera de classer l’affaire ou d’émettre un acte d’accusation. En attendant, les intéressés n’ont fait l’objet d’aucune mesure de détention provisoire ni d’assignation à résidence, a confirmé à l’AFP un porte-parole de la police cantonale.

Les Etats-Unis “dirigeront” provisoirement le Venezuela après la capture de Maduro

Le président américain Donald Trump a déclaré samedi que les États-Unis “dirigeraient” le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition politique “sûre” puisse avoir lieu, après l’opération américaine de capture du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas.”Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse”, a dit le président américain lors d’une conférence de presse en Floride. Il n’a cependant pas précisé pour l’heure comment les Etats-Unis allaient diriger le pays. Et dans les rues de Caracas, aucun signe d’une présence militaire américaine n’était visible, a constaté l’AFP.Le président américain a ajouté que les Etats-Unis étaient prêts à lancer “une seconde attaque plus importante”. “Nous n’avons pas peur d’envoyer des troupes sur le terrain si besoin. En fait, nous avions des troupes au sol à un très haut niveau la nuit dernière”, a-t-il ajouté.Donald Trump avait annoncé à l’aube sur son réseau Truth Social que les forces américaines avaient capturé et exfiltré son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro, ainsi que son épouse, après une “attaque de grande envergure” contre le pays sud-américain. Présent au côté de Donald Trump, le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, a donné quelques détails sur l’opération militaire baptisée “Absolute Resolve” (Détermination absolue). L’opération “discrète, précise et menée pendant les heures d’obscurité maximale du 2 janvier, est le point culminant de mois de préparation et d’entraînement”, a déclaré le général Caine. Elle a mobilisé plus de 150 avions, a-t-il précisé. Les Etats-Unis ont affirmé qu’aucun Américain n’a été tué lors de l’opération, dont le bilan humain côté vénézulien reste inconnu.Première dans l’ordre de succession au pouvoir, la vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a réagi en direct à la télévision, affirmant que Nicolas Maduro était “l’unique président” du pays et exigeant sa “libération immédiate”.”Nous sommes prêts à défendre le Venezuela, nous sommes prêts à défendre nos ressources naturelles qui doivent servir au développement national”, a déclaré  Mme Rodriguez, à la tête d’un Conseil de défense.En conférence de presse, Donald Trump a assuré que la vice-présidente avait dit au secrétaire d’Etat américain Marco Rubio être prête à coopérer avec les Etats-Unis après l’éviction de Nicolas Maduro. Il a également déclaré qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre dans le pays sud-américain pour exploiter ses réserves de brut, ajoutant que l’embargo américain sur le pétrole vénézuélien restait en vigueur.- “Sans résister” -“Maduro et son épouse, tous deux inculpés, se sont rendus sans résister et ont été placés en détention par le ministère de la Justice, avec l’aide de notre incroyable armée américaine”, a précisé le général Caine.Nicolas Maduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, sont à bord d’un navire en route vers New York pour y être présentés à la justice, selon le président américain.Il a affirmé avoir regardé en direct la capture, dans une sorte de “forteresse”, du dirigeant vénézuélien.Lui et son épouse sont accusés par la justice américaine de “narcoterrorisme” et importation de cocaïne aux Etats-Unis, selon un nouvel acte d’accusation rendu public samedi.Sans préciser comment Washington envisageait la transition du pouvoir au Venezuela, Donald Trump a d’ores et déjà rejeté sèchement toute possibilité d’une accession à la présidence de la cheffe de l’opposition vénézuelienne et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado.”Je pense qu’il lui serait très difficile d’être à la tête du pays. Elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect au sein de son pays”, a-t-il lancé, ajoutant que les Etats-Unis n’avaient pas eu de contact avec elle.”L’heure de la liberté est arrivée”, avait réagi l’opposante après l’annonce de la capture du président vénézuélien, estimant que le candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, devait “assumer immédiatement” la présidence.La France a plaidé pour une transition assurée “au plus vite” par M. Gonzalez Urrutia, tandis que Madrid a appelé à une transition “juste et dans le dialogue”. Londres a annoncé des discussions avec Washington “dans les jours à venir” sur le sujet.Un silence presque sépulcral et une odeur de brûlé ont envahi samedi Caracas, la capitale du Venezuela, a constaté l’AFP. Les rideaux métalliques des magasins sont baissés. Les rues, et même les grandes avenues, sont désertes ou presque.Quelque 500 partisans du président vénézuélien, se sont rassemblés non loin du Palais de Miraflores, le palais présidentiel à Caracas, brandissant des portraits de Nicolas Maduro et des drapeaux vénézuéliens.”Comment se fait-il qu’un gouvernement étranger vienne s’ingérer dans le pays et en expulse le président? (…) C’est la force du puissant, c’est la force du caïd de quartier”, a déploré Katia Briceño, une professeure d’université de 54 ans.- “Serrer les rangs” -Moscou a “exhorté” les Etats-Unis à “libérer le président légalement élu d’un pays souverain ainsi que son épouse”. Pékin, un autre allié de Caracas, a “condamné fermement le recours flagrant à la force par les Etats-Unis contre un Etat souverain et leur action contre son président”.En pleine nuit, les frappes nocturnes ont embrasé le ciel de Caracas et de ses environs, tirant les habitants brutalement de leur sommeil. De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 02H00 du matin (06H00 GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 03H15 (07H15 GMT), a constaté l’AFP. Des témoins ont rapporté avoir entendu des explosions à l’aéroport et au port de Caracas, ainsi qu’à Higuerote, à une centaine de kilomètres à l’est de Caracas. Des explosions suivies de panaches de fumée et d’incendies ont visé le Fuerte Tiuna, le complexe militaire le plus important du Venezuela, qui abrite le ministère de la Défense et l’Académie militaire.L’offensive américaine survient alors que Donald Trump avait évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président Maduro étaient “comptés”, après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes contre le narcotrafic et mené des frappes meurtrières contre des bateaux.Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est inquiété “que le droit international n’ait pas été respecté”, déplorant un “dangereux précédent”.Le Mexique et le Brésil ont condamné les frappes américaines, saluées à l’inverse par le président argentin pro-Trump, Javier Milei, et par Israël.Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a appelé les pays d’Amérique latine à “serrer les rangs” après l'”enlèvement” du président Maduro, au moment où Marco Rubio a estimé que le gouvernement communiste à La Havane devrait désormais s’inquiéter pour son avenir.

Yémen: le Conseil présidentiel annonce la reprise aux séparatistes de la province-clé d’Hadramout

Le Conseil présidentiel du Yémen a annoncé samedi soir que les forces soutenues par l’Arabie saoudite avaient repris la province clé d’Hadramout, frontalière du royaume, dont les séparatistes, appuyés par Abou Dhabi, s’étaient emparée en décembre. La prise de contrôle par les séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC) de cette province pétrolière, et de …

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A Caracas, silence pesant et odeur de brûlé après l’attaque américaine

Un silence presque sépulcral et une odeur de brûlé ont envahi samedi Caracas, la capitale du Venezuela, après les frappes nocturnes américaines qui ont secoué la capitale et conduit à la capture du président Nicolas Maduro. Les rideaux métalliques des magasins sont baissés. Les rues et même les grandes avenues sont désertes ou presque.Seules quelques voitures …

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A Kiev, l’Ukraine et ses alliés européens s’entendent sur la poursuite des pourparlers de paix

Les alliés européens de l’Ukraine se sont rencontrés samedi à Kiev pour examiner les détails de la dernière mouture du plan de sortie du conflit avec la Russie, en amont d’un sommet la semaine prochaine en France des pays de la “coalition des volontaires” soutenant l’Ukraine.Des conseillers à la sécurité de quinze pays, dont la France, l’Allemagne et le Canada, ainsi que des représentants de l’UE et de l’Otan, se sont réunis dans la capitale ukrainienne pour cette première rencontre de l’année à laquelle a participé l’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, à distance. Cette journée de diplomatie est tombée dans l’ombre de l’intervention militaire surprise des Etats-Unis au Venezuela.”La première partie de la réunion a porté sur les documents-cadres, notamment les garanties de sécurité et les approches relatives au plan de paix, ainsi que sur la séquence des prochaines étapes conjointes”, a déclaré samedi sur Telegram le négociateur en chef de l’Ukraine, Roustem Oumerov, à l’issue de la première session.Des responsables militaires ukrainiens et des pays alliés doivent encore se rencontrer à Paris avant la rencontre des dirigeants de la “coalition des volontaires”, a indiqué le président ukrainien, ajoutant qu’il y aura aussi “des rencontres avec l’équipe du président (Donald) Trump”.Les efforts diplomatiques se sont intensifiés depuis novembre pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, sous l’impulsion du président américain, dont l’administration a négocié séparément avec la Russie et l’Ukraine.”Nous avons un plan de compromis dans lequel il n’y a toujours aucun compromis sur deux points. C’est pourquoi nous disons 90% sur 100%”, a déclaré M. Zelensky lors d’un point presse auquel participait l’AFP. L’avenir des territoires occupés par la Russie, qui contrôle aujourd’hui près de 20% du territoire ukrainien, demeure l’un des points clés.Moscou a de son côté annoncé fin décembre son intention de “durcir sa position” après avoir accusé Kiev, qui dément, d’un raid de drones contre une résidence du président Vladimir Poutine.- Redémarrage de la Défense -Volodymyr Zelensky a averti qu’en cas d’échec de la diplomatie, l’Ukraine devra continuer à se défendre.”Si la Russie bloque tout ça, si nos partenaires ne contraignent pas la Russie à mettre fin à la guerre, il y aura une autre voie: nous défendre nous-mêmes”, a déclaré M. Zelensky, qui voudrait “voir les Etats-Unis faire davantage pression sur Moscou”.Il a annoncé vendredi la nomination du chef du renseignement militaire, Kyrylo Boudanov, pour diriger son cabinet, l’un des postes les plus importants du pays. Il a aussi annoncé son intention, sous réserve de l’approbation du Parlement ukrainien, de remplacer l’actuel ministre de la Défense Denys Chmygal par le ministre de la Transformation digitale, Mykhaïlo Fedorov, tandis que M. Chmygal prendrait la tête du ministère de l’Energie.M. Zelensky veut ainsi “procéder à un redémarrage parallèle de toutes les structures, juste au cas où” la Russie refuserait de mettre fin au conflit.- Frappes meurtrières -Les premiers jours de 2026 ont été marqués par des bombardements ukrainiens et russes meurtriers.La Russie a accusé Kiev d’une attaque ayant tué selon elle 28 civils, la nuit du Nouvel An, dans la partie de la région ukrainienne de Kherson contrôlée par l’armée russe.Un enfant de trois ans et une jeune femme sont morts à Kharkiv vendredi, et deux autres personnes ont été tuées samedi dans la ville de Kherson, toujours sous contrôle de Kiev, dans des frappes russes selon les autorités ukrainiennes.Les autorités ukrainiennes ont ordonné le même jour l’évacuation de plus de 3.000 enfants avec leurs parents d’une quarantaine de localités dans les régions de Zaporijjia (sud) et Dnipropetrovsk (centre-est), signe de la progression des troupes russes dans ces régions.Vladimir Poutine a répété ces dernières semaines que la Russie atteindrait ses objectifs en Ukraine “par la voie militaire” si les négociations échouaient et a salué les récents gains de son armée sur le front.

Bar incendié en Suisse: enquête ouverte contre les gérants français, identification des corps au compte-gouttes

Les autorités suisses ont annoncé samedi l’ouverture d’une enquête pénale contre les deux gérants français du bar ravagé la nuit du Nouvel an par un incendie dans la station de ski de Crans-Montana, qui a fait 40 morts et 119 blessés.Ils sont accusés d'”homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence”.Avant d’envisager un éventuel procès, cette enquête devra établir la responsabilité de ce couple, Jacques et Jessica Moretti, dans le drame vraisemblablement provoqué, selon l’enquête, par des bougies incandescentes fixées sur des bouteilles de champagne placées trop près du plafond du sous-sol de l’établissement.A ce jour, huit morts, tous Suisses, dont deux mineurs, ont été identifiés.Vendredi, la police avait annoncé qu’avaient pu être formellement identifiés 113 des 119 blessés.Parmi eux se trouvent 71 Suisses, 14 Français (16 selon le ministère français des Affaires étrangères samedi), 11 Italiens, quatre Serbes, mais aussi un Bosniaque, un Belge, un Luxembourgeois, un Polonais et un Portugais.- “Emouvant” -“La Suisse est profondément triste”, a déclaré sur place samedi le ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans.”C’est incroyablement émouvant de voir cet endroit et de réaliser la puissance de ces flammes, même au dernier étage où j’ai pu entrer. On peut sentir l’odeur… on voit les dégâts causés par ces flammes, elles devaient être d’une intensité incroyable. 500, 600 degrés (…) C’est une tragédie terrible”, a-t-il dit devant la presse.L’identification des corps et des derniers blessés devrait durer plusieurs jours selon les autorités.Plusieurs patients-grands brûlés ont été transférés dans des hôpitaux en France, en Belgique, en Allemagne et en Italie.- Marche silencieuse dimanche -Les hommages et appels à se rassembler se multiplient, et des messes sont organisées à l’intention des victimes. Samedi soir à Montana, l’église était pleine, certaines personnes étaient en larmes tandis que d’autres se serraient dans les bras.”On est venus pour soutenir ces familles qui sont dans le deuil”, a déclaré à l’AFP Maurice Robyr, de Crans-Montana, après la messe.”Je ne vais pas à l’église le reste du temps” mais “il faut venir aider, être solitaire, être humain”, a confié Patricia, 68 ans, se disant “tétanisée” et “choquée”.La messe dominicale, en présence de représentants d’autres confessions religieuses, sera elle suivie d’une marche silencieuse jusqu’à la chapelle ardente installée à proximité du lieu du drame.Des psychologues sont également sur place.”Parmi toute la gamme d’émotions que nous voyons et entendons chez les gens” qui viennent “il y a de la colère, de la tristesse, de la peur, bien sûr, car certains attendent toujours des informations sur leurs proches”, a indiqué l’une de ces psychologues, Guendalina Grossi, aux journalistes. De nombreux groupes ont été créés sur les réseaux sociaux pour proposer aide, services ou solutions de logement aux proches des victimes ou équipes de soin ou de secours à Crans-Montana, mais aussi à Genève, Lausanne ou Zurich, où des blessés ont été admis.- Mousse -Outre les bougies, les enquêteurs se penchent également sur la mousse – un isolant acoustique – recouvrant le plafond du sous-sol du bar, qui semble s’être rapidement embrasée.Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le début de l’embrasement du plafond du sous-sol du bar. Sur d’autres vidéos, on voit ensuite des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar, d’une capacité maximale de 300 personnes.Des témoins ont décrit des scènes d’horreur: des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s’échapper, tandis que d’autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue.L’enquête doit notamment porter sur les travaux effectués au sein de l’établissement, les matériaux utilisés, les autorisations d’exploiter et les mesures de sécurité.- “Laissez-nous tranquilles” -Le président de la commune de Crans-Montana Nicolas Féraud a assuré à la radio-télévision publique suisse RTS qu’il n’y avait eu aucun laxisme de la part de sa commune, mais qu’il est “évident que ce genre de catastrophe remet” des choses en cause, notamment sur “le contrôle de tous les établissements publics”.Interrogé samedi par des journalistes dont l’AFP devant son domicile de la commune voisine de Lens, le propriétaire du bar Jacques Moretti a lancé: “laissez-nous tranquilles, nous aussi nous sommes en deuil”. Vendredi, il avait assuré au quotidien La Tribune de Genève que son bar avait été contrôlé “trois fois en dix ans” et que “tout s'(était) fait dans les normes”.Au terme de l’instruction ouverte, le ministère public décidera de classer l’affaire ou d’émettre un acte d’accusation. En attendant, les intéressés n’ont fait l’objet d’aucune mesure de détention provisoire ni d’assignation à résidence, a confirmé à l’AFP un porte-parole de la police cantonale.